Author: tecnavia

  • Ehotil transforme nos urines en or agricole

    Ehotil transforme nos urines en or agricole

    « Une matière première riche et sous-exploitée. En la valorisant, nous pouvons alléger le poids des stations d’épuration, réduire les engrais de synthèse et renforcer les usages pour l’agriculture durable », est convaincu Emmanuel Morin, cofondateur, avec Stéphane de Lacroix de Lavalette, et directeur général d’Ehotil. Pour enrichir les cultures, crottin de cheval, fumier de lapin, purin ou lisier, c’est bien. Mais l’urine humaine, c’est le top, a déjà démontré le programme de recherche Ocapi, lancé en 2014 « et avec qui on travaille », précise Stéphane de Lacroix de Lavalette. L’idée se démultiplie. Toopi organics, start-up girondine, a gagné le respect de l’Adème : depuis 2019, elle installe des urinoirs sans eau dans des lieux publics et a collecté 1,2 million de litres d’urine. Ce volume est utilisé pour produire un biostimulant par fermentation, permettant de fertiliser 45 000 hectares de terres agricoles.

    Des toilettes aux champs

    Dans leur laboratoire du boulevard de Plombières, les Marseillais attaquent la phase de test de leur procédé de production d’engrais liquide par filtrage au charbon, développé en partenariat avec l’AMU. Quelques cuves de mille litres, issus des urinoirs de Marsatac, sont stockées dans l’ancien entrepôt commercial en attendant leur traitement. Déjà à l’origine d’Ecodomeo, qui vend depuis 2009 des toilettes qui séparent urines et matières fécales « jusque dans un temple bouddhiste népalais », par soucis d’économie d’eau potable, Emmanuel Morin pousse la chaîne vertueuse jusqu’aux champs. « En un mois de repos l’urine s’autostérilise, indique Stéphane de Lacroix de Lavalette, puis 3 semaines sont nécessaires à sa purification. »

    Un procédé qui ne demande « quasiment que de l’air », précise le jeune président devant des machines à analyser les teneurs en azote, ammoniac ou nitrate. Prochaine étape : le test sur sols agricoles pour la certification européenne et la commercialisation de l’engrais.

  • Une soirée dédiée à la sécurité et à la prévention des blessures dans le sport

    Une soirée dédiée à la sécurité et à la prévention des blessures dans le sport

    Chaque année, trop nombreux sont les joueurs de rugby victimes de blessures invalidantes, ou décédés en pleine pratique. Endeuillé en mars par le décès de Nicolas Haddad, 15 ans, suite à un choc en match, le RCT a décidé de renforcer sa prévention des risques. Des dispositions détaillées auprès des parents et joueurs mercredi au campus RCT.

    « Vos enfants on les aime, donc on veut bien s’en occuper. Le rugby a changé, nous n’étions alors pas alignés sur la sécurité des joueurs. Aujourd’hui, on est dans la bonne direction », a introduit Pierre Mignoni, entraîneur des pros et directeur du rugby.

    Tour à tour, éducateurs, préparateurs et membres de la fédération ont pris la parole pour évoquer les priorités en la matière. Les trois grands facteurs de blessures « sont les plaquages subis, réalisés et la course », évoque Didier Demory, médecin de l’équipe pro. Pour prévenir, « on fait de l’évaluation : où se situent les déficits ? Il y a un suivi régulier sur la proprioception, la force et la mobilité. »

    Des méthodes reproduites chez les jeunes. Un accent est mis sur les cervicales (pour lequel le club a mis en place un protocole de suivi en 2024). Mais aussi sur une multitude d’aspects : équipements (casque et protège-dents – bientôt obligatoire au club – diminuent grandement les risques de commotion), mental, posture et technique de plaquage, appréciation des mouvements… Le tout en fonction des catégories d’âge, « car avant d’apprendre à forcer, il faut apprendre à utiliser son corps », soutient Tristan Canessa, préparateur physique, en charge du pôle réathlétisation. Sans oublier l’aspect réglementaire, à la charge de la Ligue Nationale de Rugby, « avec des plaquages limités à la ceinture en amateur, l’interdiction du plaquage à deux, le carton bleu… », détaille Pierre Leroy, directeur technique de la Ligue Paca, qui met enfin en garde les parents contre « les comportements déplacés, qui ont beaucoup d’incidences sur le jeu ».

  • Le 100e but

    Le 100e but

    Il était important de marquer le coup. Et grâce à Igor Paixão, qui a ouvert le score à la 14e minute, l’attaque olympienne a atteint une barre symbolique. Celles des cent buts inscrits dans la compétition.

    Quant au premier buteur, il s’agit de Rudi Völler, lors du succès 5-0, à Glentoran.

  • Un nouveau partenaire institutionnel dans la course

    Un nouveau partenaire institutionnel dans la course

    Jean-Michel Leclercq a pris ses fonctions de délégué régional de la Drajes de la région Sud-Paca le 1er mai dernier.

    Après avoir exploré son nouveau territoire, ce Pas-de-Calaisien de naissance a souhaité impliquer sa structure dans les diverses manifestations du Mois de l’inclusion par le sport. « C’est une de nos missions, à savoir rapprocher des publics éloignés de la pratique sportive par un incident de la vie », indique-t-il. Le choix de Marseille-Cassis coulait de source. « Il s’agit d’un événement de très haut niveau, où se côtoient des gens qui viennent pour la performance et d’autres pour se mesurer à eux-mêmes. »

    Jeunes adolescents et scolaires

    Il pense ainsi aux diverses déclinaisons de l’épreuve, comme « le Marseille-Cassis des quartiers, qui permet de sortir des gamins en difficulté en les préparant à la course dans les conditions du haut niveau. Ou cette initiative d’accompagner des patients en rémission de cancer pour les amener à prendre le départ de la course, ce qui constitue une aide non négligeable pour lutter contre la maladie ».

    Le public visé par les actions de la Drajes sont les jeunes adolescents et les scolaires. « Nous sommes dans la course pour accompagner sa dynamique, dans un domaine, le sport, qui est une activité universelle. »

    Outre Marseille-Cassis, la délégation de Jean-Michel Leclercq a également accompagné l’Algernon, où valides et handicapés partent sur un pied d’égalité dans une épreuve disputée le long de la Corniche de Marseille, les diverses courses organisées dans le cadre d’octobre rose pour la prévention du cancer du sein, ou encore les courses de la Mémoire dans le cadre du Mois de l’inclusion par le sport.

    « Nous nous sommes lancés dans le bain en utilisant des épreuves de course à pied. C’était pour lancer une dynamique », précise-t-il. « À terme, nous souhaitons que la Drajes apparaisse sur d’autres terrains. Tout au long de l’année », conclut-il.

  • Le Sporting a usé la défense olympienne

    Le Sporting a usé la défense olympienne

    Même si les Lisboètes, à l’image de Luis Suarez dans son duel avec Leo Balerdi, ont cherché à repousser les Marseillais le plus loin possible de leur zone défensive, cette tactique n’aura pas porté ses fruits. Quand bien même la ligne offensive du Sporting est allée presser l’arrière-garde phocéenne, sans parvenir à désorganiser le trident défensif commandé par Leo Balerdi et sécurisé par Gerónimo Rulli.

    Le but rapidement inscrit par Igor Paixão a remis son équipe dans le sens du jeu. Le Sporting devait accuser le coup. Avant d’être remis en selle par l’expulsion d’Emerson, juste avant le repos.

    Mason Greenwood et Arthur Vermeeren étaient sacrifiés pour revoir le schéma marseillais de la seconde période. Un OM qui avait plus de mal à ressortir les ballons. Et sa défense finira par céder à deux reprises, offrant au Sporting une victoire à l’usure.

  • Marseille-Cassis, l’ouverture et l’inclusion

    Marseille-Cassis, l’ouverture et l’inclusion

    Le Marseille-Cassis des quartiers passe la seconde. Pour la deuxième fois consécutive, cette initiative, imaginée par André Giraud et portée par la SCO Sainte-Marguerite, propose à près de 100 jeunes issus de quartiers défavorisés de découvrir l’emblématique course de plusieurs manières. « L’idée est de faire courir ou devenir bénévole des jeunes de quartiers, qui sont un peu éloignés du sport, de l’école, du monde professionnel. C’est également pour les rapprocher des mondes de l’emploi ou associatif, mais aussi mettre en avant leur don de soi » explique Laurent Manneveau, directeur sportif du club d’athlétisme de la SCO.

    La course représente donc un challenge conséquent pour toutes les personnes concernées. Mais, derrière, d’autres opportunités pourraient s’ouvrir à eux. Là est tout le principe de ce dispositif. « Ils seront ensuite invités à une opération “Stade vers l’emploi”. C’est-à-dire faire du sport avec des chefs d’entreprise, personne ne sait qui est qui et à la fin il y a un job dating pour, peut-être, décrocher un emploi », synthétise Laurent Manneveau.

    Parrainé par le champion du monde Jimmy Gressier

    Les instigateurs de ce Marseille-Cassis des quartiers sont aussi heureux de voir le nombre de participants augmenter d’une année sur l’autre. Ce nombre a quasiment doublé, avec une présence féminine accrue pour cette « aventure humaine », version 2025. Ces jeunes ont notamment été conseillés par l’Epide, l’École de la 2e chance ou encore l’Entreprise éphémère, des instituts de formation pour les adultes.

    Vendredi, à 18h, ils entreront réellement dans le vif du sujet avec la remise des dossards pour la course. Ils seront attribués par un invité spécial, que présente le directeur sportif de la SCO Sainte-Marguerite. « Jimmy Gressier va leur remettre les dossards. C’est très bien, je trouve, car lui aussi vient d’un quartier défavorisé, même si ce n’est pas de Marseille mais de Boulogne-sur-Mer. Il a suivi le même parcours, le sport a été un tremplin pour lui. » Champion du monde du 10 000 mètres et médaillé de bronze sur 5 000 m, le mois dernier, le Nordiste participera aussi à la course. Il courra avec sa compagne, Aude Clavier, elle aussi athlète de l’équipe de France.

    Rattaché au Mois

    de l’inclusion

    Cette initiative n’aurait pas été possible sans André Giraud, figure du sport marseillais et ancien président de la Fédération française d’athlétisme (2017-2025). Le Marseille-Cassis des quartiers s’inscrit désormais dans le Mois de l’inclusion, créé cette année, pour combler un vide persistant. « Il est né d’un coup de colère. J’ai en partie participé à la construction des Jeux de Paris, surtout sur le côté héritage. Quand les JO se sont finis, il y a un peu plus d’un an, on parlait beaucoup d’héritage, mais il n’y avait pas beaucoup d’actions » lance Giraud, lui-même enfant des quartiers Nord de la ville et natif des Rosiers (14e). Ce dernier a même été professeur de maths dans son quartier d’origine.

    Le mois d’octobre, dans la cité phocéenne, est à caractère sociétal avec des événements liés à la course à pied (Algernon, Marseille en rose, la course pour la mémoire…). Une première édition qui n’en appelle pas une autre puisque le but est d’ancrer l’inclusion sur toute l’année, pour André Giraud : « À l’origine, j’ai contacté les organisateurs de ces événements qui ont tous adhéré au projet. Il ne faut pas s’arrêter là, fédérer d’autres associations et faire vivre l’inclusion. » Marseille, à jamais la première, car aucune autre ville en France ne s’est investie autant sur la mixité et l’inclusion, qui plus est par le sport.

  • Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Les Semaines de l’engagement associatif sont ouvertes

    Une foule de jeunes engagés a envahi, mercredi soir, le hall de l’Alcazar (1er), à l’occasion de l’ouverture des traditionnelles Semaines de l’engagement associatif, cette année organisées du 22 octobre au 6 décembre. Devant l’auditorium de la plus grande bibliothèque de la ville, les jeunes bénévoles marseillais sont passés tour à tour derrière un appareil automatique, repartant avec un cliché imprimé que, peut-être, ils colleront sur le passeport bénévole qu’ils viennent d’acquérir.

    Pour lancer les Semaines de l’engagement, événement mis en place par la Ville de Marseille, en partenariat avec de nombreuses associations locales, Ahmed Heddadi, adjoint au maire en charge de la Vie associative (PM), a en effet remis à plusieurs associations un lot de passeports bénévoles nominatifs. « L’objectif de ce support est que les associations valorisent et reconnaissent l’engagement du bénévole, en mettant en avant les compétences qu’il ou elle a acquises et développer au cours de son expérience dans l’associatif », détaille la représentante de France Bénévolat Marseille, collectif d’associations créateur du passeport bénévole en 2007. Elle ajoute : « Nous recommandons que le document soit remis lors de petite manifestation solennelle, comme c’est le cas aujourd’hui. »

    Le passeport se matérialise sous la forme d’un petit livret qu’il est possible de remplir progressivement. Aussi imaginé pour permettre aux bénévoles de prendre conscience du temps qu’ils ont dédié à leur engagement associatif, le document est pensé pour être complété par les présidents d’associations, en présence du bénévole concerné. « En revenant sur toutes les heures qu’il a passées à travailler pour l’association, le bénévole se réapproprie les compétences qu’il a développées et aura ensuite moins de mal à les mettre en valeur pour une demande d’embauche, par exemple », insiste la représentante France Bénévole Marseille.

    Florilège d’engagements

    Lutte contre la discrimination et le racisme, soutien aux étudiants en situation de précarité, cours de français gratuits, aides administratives aux familles démunies, réseau d’accueil de mineurs non accompagnés ou cours de musique, les causes défendues par les associations présentes mercredi soir à l’Alcazar sont presque aussi nombreuses que ceux qui les portent. Dans l’auditorium de la bibliothèque pour cette ouverture des Semaines de l’engagement : Action Bomaye, le centre social de la Martine, le conseil municipal des jeunes, Donne-moi ta chance, Espoirs étudiants, IMSP, Kipawa, la Ligue de l’Enseignement, Marseille Bénévolat, Ramina, Restons solidaires ou encore Voix d’artistes.

    « C’est une bonne manière d’ouvrir les Semaines particulières, qui ont pour objectif de sensibiliser sur les valeurs de l’engagement, fraternité et lien social, car cela permet de valoriser ceux qui travaillent et donnent de leur temps », explique Ahmed Heddadi. Le 4 novembre sera la prochaine échéance des Semaines de l’engagement, avec une conférence-débat organisée sur le thème de l’engagement comme levier d’insertion professionnelle.

    TÉMOIGNAGES

    Josiane, 24 ans, bénévole pour Marseille Bénévolat

    J’ai choisi Marseille Bénévoles parce qu’ils interviennent sur des événements qui rassemblent beaucoup de monde et j’avais besoin de rencontrer de nouvelles personnes. C’était l’occasion de passer de bons moments tout en aidant. J’ai appris beaucoup sur l’esprit d’équipe avec des personnes qui ne se connaissent pas mais qui évoluent en harmonie pour aider d’autres personnes.

    Chaina, 21 ans, présidente de l’association Espoir étudiant

    Notre mission c’est d’aider les étudiants en situation de précarité. On distribue des colis alimentaires, on fait des vide-dressings, des collectes pour les redistribuer par la suite. On écoute les étudiants, on est là pour eux. J’ai choisi d’aider car je pense qu’on peut tous se retrouver dans une situation compliquée un jour dans notre vie. C’est une démarche de solidarité.

    Ibrahim, 15 ans, bénévole pour la Ligue de l’enseignement

    Je suis bénévole pour une junior association de la ligue qui a été créée par des amis à moi. On y fait de l’éducation populaire, de l’éducation à la citoyenneté. J’ai gagné énormément d’expérience. Ça m’a ouvert des portes. Ça m’a permis de découvrir ce que je voulais faire plus tard, c’est-à-dire un métier en lien avec l’informatique, que j’aimais déjà, et la politique, que j’ai découverte.

    Jinane, 23 ans, bénévole pour Restons solidaires

    C’est dans le cadre de ma recherche d’emploi que j’ai découvert l’association. Elle m’a beaucoup aidée, j’ai appris à construire un CV, à rédiger une lettre de motivation. Ça m’a beaucoup touchée et j’ai donc décidé d’à mon tour de devenir bénévole. J’ai appris à aider les gens et j’ai été confrontée à beaucoup de situations difficiles, avec des gens qui n’avaient plus de vie sociale, qui ne parvenaient plus à payer leurs factures…

  • Les supporters marseillais ont teinté Lisbonne de bleu, blanc et orange

    Les supporters marseillais ont teinté Lisbonne de bleu, blanc et orange

    Si certains n’ont pas reculé devant l’interminable voyage en bus, la plupart des quelques 2 500 supporters olympiens ont opté pour la voie des airs pour rejoindre Lisbonne. « Les Ultras et les Fanatics ont préféré la route. Ils ne sont arrivés qu’en fin de matinée et auront tout juste le temps de boire un coup avant d’aller au stade » estime un membre éminent des South Winner’s, qui a préféré l’avion. « C’est top. En deux heures, tu arrives. Tu peux profiter tranquille de Lisbonne ».

    Attablé à la terrasse du Museu da cerveja, il savoure une mousse bien fraîche. Avec son groupe de potes, il révise ses chants avant de « monter » vers le nord de la capitale portugaise.

    Accent lorrain

    à deux pas de là, au No solo Italia, c’est avec l’accent lorrain que Léa, Mathieu et Pierre évoquent le match à venir. « Nous sommes de Nancy et n’avions pas pu aller à Metz. Alors, nous nous rattrapons en venant ici. Nous enchaînerons avec le match à Lens. Merci à l’aéroport de Luxembourg ! »

    Dans le lacis des rues commerçantes de Lisbonne, les porteurs des maillots aux diverses couleurs de l’OM, dont un au nom de Didier Drogba, prennent des forces dans les tavernes et cervecerias. Hésitent à acheter un maillot de Cristiano Ronaldo. « à plus de 100 euros, ils ne se mouchent pas avec les doigts », soupire Théo.

    à trois heures du coup d’envoi, le moment vient de rejoindre le stade, via la ligne verte du métro. En s’engouffrant dans la station Bairro-Chiado, la masse a croisé la route de Paul le Guen et sa famille. L’ancien capitaine du PSG, tout de vert vêtu, a rapidement changé ses plans de visite. Même s’il n’a pas été reconnu.

    Le cortège mettra du temps, mais il arrivera juste à temps pour assister au coup d’envoi et donner de la voix, dans un stade José-Alvalade qui n’avait pas fait le plein. Malgré des tarifs attractifs.

  • [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    [Entretien] Pierre Dharréville : « La Maison de la culture, repaire pour une culture populaire »

    La Marseillaise : Que vous inspire la figure de Pierre Ambrogiani ?

    Pierre Dharréville : Un grand peintre populaire qui a justement cherché à représenter le peuple, à lui donner toute sa place. à titre personnel, je me rappelle de la toile magnifique d’Ambrogiani qui était dans le bureau de la direction de La Marseillaise [Il a été président du journal entre 2015 et 2017, Ndlr]. Ne l’ayant pas connu, c’est le contact le plus intime que j’ai pu avoir avec lui.

    Il a notamment participé à la création et à l’aventure de la Maison de la culture de Marseille, établie en 1936 au 68, rue Sainte…

    P.Dh. : Dans les années 1930, au niveau national, un certain nombre d’artistes ont envie de se rencontrer et sont préoccupés par la situation politique nationale et internationale. Il y a des initiatives diverses, comme la création de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires en 1932. Puis, surviennent les émeutes du 6 février 1934 (la manifestation antiparlementaire organisée par des ligues d’extrême droite provoque 15 morts et plus de 1 000 blessés), qui sont un mouvement déclencheur de l’engagement de beaucoup de gens. Le milieu artistique n’y fait pas exception. C’est dans ce contexte que l’association essaye de prendre de l’élan. à Paris, elle a besoin d’un nouveau siège car ses actions se développent. C’est à cette occasion que la première Maison de la culture est créée, en 1935. Elle va rapidement devenir un lieu de foisonnement, un centre de convergences, là où se croisent et s’installent les associations du cinéma indépendant, du théâtre indépendant, des amis des musées, des peintres… Un peu partout dans le pays, des cercles culturels se forment. C’est dans ce cadre que naît la maison de la culture de Marseille, la deuxième maison à voir le jour en France, avant bien d’autres.

    Quels buts étaient poursuivis par les Maisons de la culture ?

    P.Dh. : D’abord, regrouper les spécialistes des arts et des lettres pour défendre la culture. Puis, permettre la rencontre entre le peuple et les artistes. Une double dimension qui est finalement l’un des vecteurs de la montée en puissance du Front populaire. Une épine dorsale. La Maison de la culture de Marseille a, par exemple, connu une belle inauguration avec la présence d’Aragon et une exposition autour de Daumier. Avec une foule importante pour y assister. Cette maison va vivre et organiser des rencontres. Elle deviendra un repaire pour une culture populaire.

    C’est le régime de Vichy qui signe sa fin ?

    P.Dh. : Lorsque le PCF est interdit en 1939, d’autres organes le sont avec lui. Identifiées comme organes du Front populaire, les Maisons de la culture sont prises pour cibles et les journaux pétainistes parlent d’« établissements d’empoisonnement intellectuel ».

    Les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) sont-elles les héritières des Maisons de la culture ?

    P.Dh. : On peut dire qu’il y a une parenté car il y a un esprit d’éducation populaire. à l’époque, elles organisent la rencontre, la pratique du théâtre, de la peinture. L’idée n’est pas seulement de faire parler les grands artistes, même s’il y a bien sûr des événements, spectacles et conférences. Après guerre, les Maisons de la culture ont ressurgi en 1959 sous l’égide d’André Malraux, mais de manière plus institutionnelle. C’est l’une des choses que l’on retient de son mandat au ministère de la Culture.

  • Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Marseille : un réseau de bus en attente d’un nouveau souffle

    Le réseau de bus marseillais est-il en train de craquer ? C’est le ressenti de beaucoup d’usagers et de traminots depuis la rentrée de septembre. Bus qui ne passent pas, largement en retard ou dans un état « catastrophique », les critiques contre le service rendu par la Régie des transports métropolitains (RTM) sont de plus en plus nombreuses.

    « Ma fille attend le 10 en direction des Caillols depuis une heure ! Aucun bus n’est passé ! », témoigne Sabine, sur les réseaux sociaux, avant de remercier ironiquement la RTM pour « le bus fantôme des Caillols tous les matins ». Des bus fantômes, c’est aussi ce que pointe la CGT RTM, dans une communication assassine à l’endroit de leur direction, en date du 16 octobre. Le tableau que dresse l’organisation syndicale fait froid dans le dos : « Certains bus sont dans un état d’épaves, désastreux. Plus de pare-chocs, trappes ouvertes, pare-brise fissuré. »

    La liste est évidemment non exhaustive, mais c’est surtout la face visible d’un iceberg bien plus alarmant pour les transports en commun marseillais : « Le pire, ce n’est pas seulement l’état, mais le manque de matériel, nous n’avons plus de bus pour faire tourner le réseau correctement, et ceux qui restent tombent en panne (avaries, incidents techniques, fuites etc…) et ne peuvent pas être réparés. » Le constat est sans appel du côté des représentants des traminots : « Des tours délestés, des lignes amputées, des usagers en colère, des chauffeurs épuisés, un centre de régulation essoufflé. »

    « Il y avait 185 véhicules immobilisés »

    Nicolas Ruiz, secrétaire général de FO RTM, développe : « Pendant des mois, sur de grandes lignes comme la 32, on avait la moitié des bus effectifs, avec donc des retards conséquents. » « Tous syndicats confondus, on reproche la mise en fonction de nouvelles lignes à la rentrée, la B3, B4 et B5, alors qu’on n’était pas prêts, on n’avait pas assez de bus. » La CGT pointe également une ligne B3, qui relie Saint-Jérôme et Château-Gombert, « à bout de souffle » avec des « temps de parcours irréalistes » et demandait des véhicules supplémentaires. « Au gros de la crise, il y avait 185 véhicules immobilisés, aujourd’hui c’est moins de 100 », abonde Nicolas Ruiz, qui cite des exemples de bus roulants malgré la présence de « voyants rouges » au tableau de bord.

    Contactée, la RTM ne nie pas les difficultés récentes. « La RTM a rencontré, depuis la rentrée de septembre, des difficultés de disponibilité de son parc autobus sur le réseau de Marseille, qui ont eu un impact sur les fréquences de passage. […] En septembre, le taux d’indisponibilité du parc était de l’ordre de 5% », explique la Régie. Une indisponibilité « qui peut apparaître relativement faible, mais qui est pour autant directement perceptible par la clientèle ».

    La RTM reste positive : « La situation est aujourd’hui en très nette amélioration avec un service très proche de l’offre nominale. » Elle en veut pour preuve le recrutement de « 22 opérateurs de maintenance pour accélérer la réparation des véhicules immobilisés ». Et renvoie surtout sur la livraison de bus électriques Iveco, qui a du retard, mais dont « la totalité devait être livrée au 1er semestre 2025 ». Avant de conclure : « Daimler Buses France (Mercedes) a remporté l’appel d’offres portant sur un ensemble de 200 bus articulés 100% électriques, qui devront être livrés à partir de l’automne 2026. »