Author: tecnavia

  • La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    La justice remet en selle le père Bompard, candidat à Orange

    Les Bompard, c’est comme les trains : l’un peut en cacher un autre. Alors que lundi, on pensait que la justice avait définitivement remisé ces locomotives de l’extrême droite à Orange sur des voies de garage, voilà qu’une autre juridiction vient, ce mardi, de permettre à Jacques Bompard de se raccrocher aux wagons de la politique. La cour d’appel de Nîmes lui a en effet accordé une réduction de la peine de son inéligibilité de 5 ans, qui courait initialement jusqu’à novembre 2026.

    Maire d’Orange de 1995 à 2021 -sous les étiquettes FN, MPF puis Ligue du Sud-, il avait dû quitter son poste contraint et forcé après avoir usé de tous les recours pour faire tomber sa condamnation pour prise illégale d’intérêts. Une affaire à laquelle étaient mêlés sa fille et son gendre. Le 30 novembre 2021, c’est son fils, Yann, qui avait été élu maire à sa place. Un poste en passe d’être vacant puisque ce lundi, le tribunal correctionnel de Marseille l’a condamné pour emploi fictif et détournement de fonds publics avec notamment 5 ans d’inéligibilité à effet immédiat. Ce mardi, Yann Bompard a d’ailleurs indiqué qu’il allait faire appel de la décision, qui s’applique toutefois. Le maire condamné se projette même déjà sur les municipales de 2032.

    Alors que l’on pensait l’ère Bompard et ses trois décennies achevées, ce hasard de calendrier judiciaire vient à nouveau percuter le jeu des municipales. « Je suis libéré ! Le bon Dieu est intervenu aujourd’hui », s’est félicité, auprès de La Provence, Jacques Bompard, qui ne s’attendait pourtant pas à une décision favorable. L’ex-édile de presque 83 ans n’a pas traîné pour se remettre en lice en annonçant sa candidature pour les municipales. « Je suis candidat, ma popularité est intacte », jure Jacques Bompard.

    Un ex-maire resté jamais loin du pouvoir

    Élu maire à l’issue d’une triangulaire en 1995, il a ensuite été réélu dès le 1er tour en 2001, 2008 et 2014, mais a dû passer par un second tour en 2020 n’ayant recueilli « que » 47% au 1er tour, affaibli par la candidature RN de Xavier Magnin. Malgré sa condamnation, Jacques Bompard est resté très actif à l’hôtel de ville, se voyant même attribuer un bureau et le titre de collaborateur bénévole du maire avant que le préfet n’intervienne. « J’espère que la décision de justice ne repose pas sur la bonne conduite, car en continuant à donner des ordres au cabinet et services, il a eu une façon particulière de mettre en œuvre son inéligibilité », raille Fabienne Haloui, élue d’opposition PCF.

    En attendant la probable tenue d’un conseil municipal extraordinaire pour élire un maire transitoire, la candidature de Jacques Bompard règle la question de la succession dans la majorité sortante. « C’est la démonstration que les ambitions politiques de cette famille sont de servir leurs intérêts privés avant l’intérêt général. J’en appelle à un sursaut citoyen des Orangeois devant les urnes », enjoint Fabienne Haloui, qui ne sera pas candidate. Le RN, malgré la condamnation lundi de la députée et conseillère municipale Marie-France Lorho, ambitionne de détrôner les Bompard et a pioché dans la majorité pour désigner sa tête de liste, Jean-Dominique Artaud.

    Dans cette bataille à l’extrême droite, le collectif Tous Orangeois espère tirer son épingle du jeu. « La décision de ce jour n’est pas une relaxe, elle n’efface ni les faits, ni la faute, ni la question essentielle de l’exemplarité attendue d’un maire », réagit sa tête de liste Antoine Boudet, qui appelle donc la population à mettre fin à « un système marqué par des condamnations répétées et des pratiques contestables ».

  • Rencontre des colistiers de Renouveau pour Sanary pour l’intérêt commun

    Rencontre des colistiers de Renouveau pour Sanary pour l’intérêt commun

    Loin des querelles de clocher, les candidates et les candidats de la liste Renouveau pour Sanary, s’inscrivent dans une démarche porteuse de propositions visant à favoriser le mieux vivre tous ensemble », commence Jean-Pierre Meyer (PCF), le capitaine de l’équipe largement ouverte sur la société civile.

    Des citoyens qui, quel que soient les résultats des urnes, promet le responsable politique, resteront pleinement investis dans les valeurs qu’ils défendent et pour que soit apporté des réponses aux besoins, de la population, loin des querelles partisanes.

    A l’image du combat exemplaire mené par leur chef de file qui tout au long de son mandat de conseiller municipal d’opposition, le seul du camp progressiste, qui est parvenu à force de discussion et de persuasion à arracher des avancées, notamment sur le logement, à une majorité de droite a priori très rétive aux propositions portées par les progressistes.

    « Favoriser le dialogue respectueux et constructif avec les différentes composantes du conseil municipal, défendre nos projets et soutenir tous ceux allant dans le sens de l’intérêt général, voilà la stratégie apaisée qui nous a animé hier et qui nous animera demain », affirme à nouveau Jean-Pierre Meyer.

    Il invite donc la population à venir faire connaissance avec l’ équipe et échanger avec elle, sur leurs objectifs et propositions le jeudi 29 janvier dès 18h salle Marie Mauron, à la médiathèque de Sanary.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un ratapoil famélique et vaniteux

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, un ratapoil famélique et vaniteux

    La nervosité et les frémissements de son apparition ne l’empêchent pas d’exister fortement. Son positionnement en encoignure contrarie ses contemporains, introduit un brin d’ironie parmi les grands formats de ses proches voisins, l’immense « Cerf aux abois » de Gustave Courbet et la « Femme qui fait manger son enfant » de Jean-Baptiste Millet.

    Sa verve de caricaturiste ne s’éteindra pas.

    Daumier déteste les médiocres et les imposteurs, pressent les dangers qu’ils peuvent provoquer pendant les premiers balbutiements d’une République. Tous les signaux d’alerte sont allumés quand il invente et griffonne dans les alentours de 1850 les cinquante lithographies de son « Colonel Ratapoil » pour les pages du Charivari commanditées par son ami Édouard Philippon. La Révolution de 1848 venait d’échouer, le personnage que Victor Hugo et Karl Marx maudissent, Louis-Napoléon Bonaparte imagine son Coup d’État du 2 décembre 1851. Dans les bistrots et parmi les boulevards de Paris, des petits nervis, des agents de propagande dont Ratapoil est le funeste archétype s’agitent énormément.

    Avec ses pleins, ses vides et ses soubresauts qui anticipent joyeusement les travaux d’Alberto Giacometti et de Germaine Richier, le bronze de Ratapoil n’est pas complètement antipathique. Ce faux jeton, ce minable exécuteur de basses œuvres se croit malicieux et élégant. Prescription oblige, le grand bâton qu’il ne dissimule pas derrière son dos n’est plus dangereux. Sa fausse désinvolture, sa prestance et ses accoutrements de fantoche inspirent la crainte et la pitié. C’est attesté par les soins qu’il prodigue quand il taille sa barbichette et sa moustache de bouffon, il prétend ressembler à Napoléon le Petit. Sa maigreur, son chapeau qui se ratatine et les virevoltes de sa redingote le trahissent. Ses frasques et ses agissements de subalterne seront dérisoires, mal payés par les dominants.

    L’histoire orale insiste, elle voudrait que Jules Michelet ait aperçu en atelier le plâtre de Ratapoil lors de sa première rencontre avec Daumier. Son enthousiasme était contagieux, l’historien félicita le témoin de son époque : « Vous avez atteint en plein l’ennemi ! ».

  • Pour tout savoir sur les papillons de Marseille

    Pour tout savoir sur les papillons de Marseille

    Porté par trois auteures passionnées de lépidoptères et de leur conservation dans les espaces urbains, Magali Deschamps-Cottin, Chloé Duque et Louise Seguinel ont créé l’association du Parc urbain des papillons (PUP) afin de sensibiliser et former tous les publics à la relation entre les papillons et leur environnement. Une association qui a donné naissance à un parc physique qui a vu le jour en 2012 dans le 14e arrondissement de Marseille, sur le domaine de la Tour des Pins. Fermé au public, le dispositif permet de suivre les communautés de Lépidoptères Rhopalocères en accueillant des plantes nectarifères et hôtes avec une gestion raisonnée. S’ensuit donc tout naturellement l’ouvrage Papillons de Marseille, un guide consacré aux papillons de jour que l’on peut observer dans la ville.

    Un livre qui s’adresse
    à tous les publics

    S’adressant à un large public allant des étudiants en écologie aux agents techniques des espaces verts en passant par les passionnés ou les curieux, Papillons de Marseille est présenté comme un outil d’identification pratique et précis puisque pour chacune des espèces, des informations détaillées sur les différents stades de développement y sont inscrites, accompagnées de photographies.

    L’objectif étant d’observer, d’identifier mais aussi de comprendre et de s’émerveiller devant tant de douceur et de raffinement où chacun, bien que faisant partie d’une espèce commune, a des caractéristiques bien spécifiques. Et, apprendre à les reconnaître c’est déjà leur accorder une attention particulière.

    Les fiches des 71 espèces recensées sont conçues comme des cartes d’identité vous indiquant où, quand et comment les observer. Pour faire exister tout cela, des recherches ont été conduites au sein du Laboratoire Population-Environnement Développement de l’université d’Aix-Marseille ainsi que des suivis de communautés de papillons menés pendant plus de dix ans sur plusieurs dizaines de parcs et de friches de la ville. Sans oublier 35 espèces supplémentaires qui elles, ont été observées dans les espaces naturels périphériques dont le Parc national des Calanques.

    Plus qu’un guide, l’ouvrage est aussi une invitation à agir pour la restauration et la conservation de la biodiversité urbaine qui est fortement menacée et questionnée. Un guide qui raconte aussi une histoire, celle de l’interdépendance de l’homme avec la nature. Redonner toute leur place aux papillons d’une manière très simple c’est un moyen de restaurer et protéger la biodiversité urbaine.

    Paru aux éditions
    Le Naturographe en décembre
     2025. 22 euros

  • [Carte postale] L’OM a rendez vous avec son histoire à Bruges

    [Carte postale] L’OM a rendez vous avec son histoire à Bruges

    Bruges est-elle la Martigues belge ou la Venise flamande ? Avec la météo qui plombe les derniers jours du mois de janvier, la ressemblance avec la grande sœur italienne est plus frappante. Certes, il n’y a pas d’Acqua alta à Bruges, mais lorsque la pluie s’amuse à faire des claquettes sur les rues pavées et les parapluies, le visiteur a le sentiment d’être téléporté dans la lagune du fond de l’Adriatique.

    Néanmoins, malgré la présence de quelques glaciers, les vendeurs de gaufres, brugeoises avec leur forme particulière évoquant une marguerite, sont là pour accueillir les rares personnes à s’être aventurées dans les rues. Car, si la pluie fait sortir les escargots, à Bruges, elle a tendance à inciter les locaux à faire du cocooning, devant une bon feu de cheminée. En sirotant un chocolat chaud de chez Callebaut.

    Or, comme la Bretagne chère à Jean Michel Caradec, Bruges a ses charmes sous la pluie. Dans un plat pays au ciel si bas, qu’un canal s’est noyé, elle est telle une île minérale qui se dresse au milieu de la platitude flamande. Et l’on trouve dans les estaminets la chaleur qui fait défaut à l’extérieur. Trinquant avec une Brugse Zot ou une Bourgogne des Flandres, locaux et touristes en oublient leurs différences. Et les Flamands se prêtent même au jeu de parler français. C’est aussi ça, la magie de Bruges.

  • À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    « Comme nous les attendions et maintenant que sont déclarées les candidatures pour la droite d’Alexandre Doriol (DVD), pour l’extrême droite de Daniel Salenc (RN), d’Hervé Itrac, et pour la gauche celles de Martine Cuccaroni (PS) et du communiste Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble)*, nous pouvons désormais nous adresser à vous pour vous proposer de créer et valider ensemble et au plus vite notre liste définitive d’union des forces de gauche en vue des élections municipales à La Ciotat en mars 2026 », écrit, dans un communiqué, le secrétaire de section du PS ciotaden, Toni Delogu.

    « C’est la dernière chance pour qu’on puisse débattre », affirme-t-il, lundi. Le rendez-vous a été fixé pour ce mercredi, à La Ciotat. L’Après, Pour que vive le NFP, Debout, la France insoumise, les Écologistes, le Parti animaliste, le PCF et Place publique ont été invités. Pour l’heure, seul José Sterenzi (NFP La Ciotat) a confirmé sa venue. La socialiste Martine Cuccaroni « se positionne toujours comme candidate » pour être tête de liste d’une union de la gauche. « Mais si une candidature issue de la société civile devait émerger, je me retirerais au profit de cette candidature », ajoute-t-elle.

    Mais pourquoi une union aboutirait-elle maintenant, alors qu’elle n’a jamais pu voir le jour depuis l’été ? « L’union de la gauche aux municipales est compromise », estime José Sterenzi. « Pour qu’il y ait un élan populaire, car aujourd’hui les gens sont déçus par les organisations, nous avons voulu recréer une unité large, appuyée sur les citoyens, autour du programme du Nouveau Front populaire (NFP). Mais chacun tire la couverture à lui », regrette-t-il. « Je me battrai jusqu’au bout pour cette union sur les bases du programme de rupture du NFP », lance-t-il. Avant d’avertir, inquiet : « Car si LFI fait sa liste, si Bernard Ougourlou-Oglou aussi, si Martine Cuccaroni pour le PS veut être tête de liste, alors que Karim Ghendouf s’est déclaré candidat vendredi, on risque d’avoir au premier tour quatre listes à gauche, ce qui est suicidaire alors que l’extrême droite est aux portes de la ville. Lors des dernières élections législatives, le RN a remporté plus de 30% des voix à La Ciotat… »

    « Les fédérations trancheront »

    « Honnêtement, l’union à gauche, moi, je n’y crois plus… Même si nous aimerions une liste unique », réagit Isabelle Mazuc, responsable du sous-groupe La Ciotat-Ceyreste pour les Écologistes. « Car La France insoumise serait pour une union sans le Parti socialiste et le PS sans LFI… Lors de ses vœux, Karim Ghendouf a appelé à l’union, mais il a déroulé un programme très marqué PCF. Son projet offre peu de possibilités pour une union. J’appelle cela plus une soumission qu’un compromis », tranche-t-elle.

    Jean-Paul Coste, représentant de LFI à La Ciotat, est clair : pour lui, l’union de la gauche peut se faire, mais sans le PS. « Que Martine Cuccaroni se présente comme tête de liste et revendique l’héritage d’Olivier Faure, 1er secrétaire du PS, lequel traite Jean-Luc Mélenchon par exemple de “salopard antisémite”, pour nous, ça ne peut pas passer », argumente-t-il. De son côté, LFI « a mis en place une procédure pour constituer une liste électorale. Deux candidats ont été désignés, Antoine Vichy et Dominique Sabatini. Nous attendons la validation départementale » .Pour Jean-Paul Coste, « il y a peut-être un risque à faire une liste de plus, mais ça peut aussi inciter plus de gens à aller voter. Rappelons-nous que, lors des dernières municipales à La Ciotat, il y a eu 60% d’abstentions, c’est énorme ! ».

    Dans ce paysage politique nébuleux, Toni Delogu rappelle : « Si certains s’entêtent dans leur choix, les fédérations, au PS, au PCF et pour les Écologistes, trancheront pour une candidature unique. » À La Ciotat, l’ex-1er secrétaire de section PS, Bernard Ougourlou-Ouglou, travaille à constituer sa liste « Pour les Ciotadens », sous l’étiquette gauche social-démocrate.

  • [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    [Entretien] Fabien Cros : « Il manque des infos sur la sécurité de la plateforme »

    Totalenergies et Air Liquide se sont associés pour produire sur place l’hydrogène nécessaire à la bioraffinerie de la Mède (voir notre édition du 13/01). Fabien Cros, délégué CGT de la plateforme, aborde les enjeux de cette évolution à la suite de la clôture de l’enquête publique, le 13 janvier.

    La Marseillaise : Comment accueillez-vous la perspective de ces deux nouveaux outils industriels ?

    Fabien Cros : Nous sommes satisfaits de voir l’investissement de 30 millions d’euros qui signifie que l’intérêt du site n’est pas remis en cause. Après tout, nous sommes le seul site européen de Totalenergies où le groupe a maintenu ses investissements dans les secteurs du raffinage et de la chimie. Mais le diable se cache dans les détails. On a été consulté sur l’étude d’impact, nous nous sommes abstenus, car nous avons estimé qu’il manquait des informations. Car la sécurité n’est abordée à aucun moment dans les dossiers d’enquête publique.

    Quelles sont vos inquiétudes ?

    F.C. : Déjà du contexte. Le site de la Mède va devenir une plateforme au sens juridique, c’est-à-dire qu’il n’y a plus qu’une seule entreprise sur place. C’est un statut récent, nouveau dans la loi [décret de 2019, loi inscrite au code de l’environnement en 2023, Ndlr]. Cela signifie des accords économiques et en termes de sécurité. Dans notre cas, c’est Totalenergies la Mède qui s’en occupera. Notre reformer [outil de production d’essence à partir de produit pétrolier, Ndlr] présente des risques connus, mais nous ne connaissons pas la nouvelle unité SMR d’Air Liquide [production d’hydrogène à partir d’hydrocarbures, Ndlr]. Est-ce que nos pompiers seront aussi efficaces sur cette installation ? Le scénario de plus gros danger actuel est pensé autour du bac à gasoil. Est-ce que ce scénario va changer ? Nous n’avons aucune étude pour l’instant, la loi oblige l’employeur à préparer ce scénario un an avant la mise en service des installations [prévue en 2028, Ndlr].

    La cohabitation entre les deux unités vous pose-t-elle un souci ?

    F.C. : Le SMR d’Air liquide sera opéré à distance. Les opérateurs viendraient de Lavéra, où ils en ont déjà un. Mais avec quel cadre horaire ? C’est une donnée cruciale pour nous, on ne sait pas qui vient, quelles mesures de sécurité, ni s’ils passeront par nos installations. Aussi, qui intervient s’il y a un accident sur le SMR ? Priorité à la protection de nos installations, celles d’Air Liquide, les deux ? Quels moyens supplémentaires ? On ne sait pas. En attendant, pour la CGT, il est hors de question qu’une structure qui n’est pas sur la plateforme fasse de l’ingérence. Comme pour la maintenance, sous-traitée sur tout le site. Nous sommes pour la réinternalisation.

    Vous restez donc méfiant…

    F.C. : Il y a une bonne nouvelle : l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site [cancérigène, mutagène et reprotoxique CMR, Ndlr]. L’étude d’impact fait 6 000 pages, les directions nous disent de leur faire confiance car ils maîtrisent. Nous n’avons pas confiance, nous avons porté plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui contre Total pour l’exposition au benzène.

    Quid du modèle économique ?

    F.C. : Nous sommes plus un démonstrateur industriel qu’une unité de production. Soit on perd un peu d’argent, soit on en gagne beaucoup. On a perdu 300 millions d’euros en 2025, mais on en a gagné 70 en 2024. On est capables de gros résultats, avec seulement 250 salariés c’est énorme, mais cyclique.

  • OM : Neal Maupay attendu à Séville

    OM : Neal Maupay attendu à Séville

    L’OM est en passe de finaliser le départ de Neal Maupay. L’ancien Niçois, arrivé d’Everton en août 2024, doit passer dans la journée sa visite médicale, avant de s’engager avec le FC Séville sous forme de prêt avec option d’achat.

  • [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    [Quoi de neuf] Luis Pannier, Paola Cadenas et Aurora Sambrano : « Les Vénézuéliens veulent reconstruire leur pays »

    Après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis, au mépris du droit international, nos invités reviennent sur la situation au Venezuela.

    Louis Dupin : Dans quel état est le peuple vénézuélien ?

    Luis Pannier : Le peuple a été soumis à un fort exode. Effectivement, sur les 28 millions, on pense que 11 millions de Vénézuéliens ont fui le pays en 26 ans. Il y a effectivement des Vénézuéliens, qui se sont installés aux États-Unis, en Europe, depuis la mise en place de ce régime autocratique qui a appauvri, qui a détruit le pays. Pour certaines raisons dont le monde ne connaît pas, il faut aller là-bas pour voir ce qui se passe réellement. Dans un sondage réalisé du 6 au 11 janvier, où l’on demandait au peuple vénézuélien plusieurs questions concernant la situation de l’enlèvement. 92% remercient Trump d’avoir enlevé Maduro, d’extraire un dictateur. 14% pensent que les États-Unis contrôlent le Venezuela, 68% pensent que non et 17% n’ont pas d’opinion. 80% craignent d’être arrêté s’ils manifestent leur contentement ou qu’ils s’expriment publiquement contre le chavisme. 86% pensent que Maduro a été trahi par les autres chavistes de son gouvernement. Par rapport à cette idée de transition, 90% de la population vénézuélienne ne fait confiance à aucun dirigeant chaviste.

    Olivier Notale : En France, il y avait une vague d’admiration devant ce bolivarisme. Mais en allant sur place, on se rend compte qu’il y a un malaise…

    Paola Cadenas : En 2024, quand les élections ont été remportées avec beaucoup de difficultés, sans institutions, mais avec une organisation citoyenne admirable, épique. Il y a eu des manifestations de joie avec la victoire d’Edmundo Gonzalez. 2 000 personnes sont allées en prison à ce moment-là et on en parle trop peu, il y a des Françaises, des Français, des Américains, c’est impressionnant. Ils sont en train de libérer, il y en a encore 900. On parle de « portes tournantes » parce que quand 20 personnes sont libérées, 30 autres vont en prison. Des jeunes ont été incarcérés. Mon frère m’a envoyé par WhatsApp une photo de gardes de la police nationale, parfois cagoulés, qui peuvent t’arrêter. J’insiste, on n’est pas dans un débat politique ou idéologique. Au moment où il y avait le gouvernement de Chavez, on pouvait penser la gouvernance. Là, on a une organisation criminelle qui s’approprie le pays. Ce sont des petits mafieux.

    L.D. : Comment expliquer cette dérive de Maduro ?

    P.C. : Maduro a été désigné comme héritier de Chavez. Chavez l’a laissé au pouvoir. À partir de là, toutes les élections ont été contestées, pas reconnues par les organisations internationales. Il y a eu 17 tentatives de dialogue et de négociation pour arriver aux élections. Et à chaque fois, ils gagnaient du temps et volaient de l’argent. Il y a 176 lingots d’or que la Suisse vient de découvrir sur un compte personnel de Maduro. Il y a donc la géopolitique d’un côté, et
    tout ce qui est de l’organisation interne, comment les Vénézuéliens font pour survivre. Le salaire mensuel n’arrive pas à deux euros.

    O.N. : Cette transition -qui se met en place- sera longue ou le peuple vénézuélien va se prendre en charge ?

    Aurora Sambrano : On ne peut pas savoir parce qu’on commence par étapes. La première étape, c’est la libération des prisonniers politiques. C’est ce qui a été à peu près convenu avec les secteurs de position un peu influents, parce qu’il y a plusieurs oppositions au Venezuela. La majoritaire, c’est celle de María Corina Machado, mais il y en a d’autres. Il y a un consensus pour la libération des prisonniers politiques. C’est un début mais, pour l’instant, il y a que 160 qui ont été libérés et il en manque un millier. Et encore, certains prisonniers politiques ne sont pas recensés, et cetera. En même temps, il y a la mise à pied de certains de dirigeants en conflit avec les États-Unis.

    L.D. : On pense par exemple à Alexis Saab, proche de Maduro et ministre de l’Industrie, qui a été limogé récemment. Un signe de cette transition qui se déroule enfin par étapes ?

    A.S. : Oui mais c’est pour l’instant le seul, un prête-nom de Maduro, parce qu’il y en a, il y en a des vingtaines ou des trentaines. Il y a d’autres personnalités qui sont dans une liste, mais on n’en connaît pas tous les détails. Et c’est par ailleurs à cause de ça que Trump a menacé [la présidente par intérim] Delcy Rodirguez de connaître un sort pire que Maduro si elle ne fait pas les choses comme il faut.

    O.N. : Le peuple vénézuélien a décidé de se prendre en main. Pour autant, il n’y a pas de manifestations extraordinaires…

    P. C. : On ne veut pas être tué, on ne veut pas être la chair de chair à canon. Je pense qu’il y a une maturité politique et on les voit avec le calme qui a suivi le 3 janvier et l’enlèvement. Il y a beaucoup d’attention, on est attentif et on surveille ce qui se passe. Il y a une volonté de démocratie, d’aller voter.

    Avant, on faisait des manifestations et on voulait que tout se passe vite. Maintenant, j’entends les gens vouloir reconstruire leurs pays, être là pour reconstruire.

    C’est une joie énorme. On veut tous être tous réunis et il y a plein de gens qui veulent retourner dans leur pays, moi y compris.