Author: tecnavia

  • Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    « L’Aubagne conviviale, solidaire, attentive à tous sans discrimination, l’Aubagne que nous aimons n’a pas disparu dans la médiocrité des clientélismes et dans l’esprit de clan », assure Jean-Pierre Squillari, lors de ses vœux, face à plus de 600 personnes, mardi soir. Il poursuit : « Beaucoup, de toutes opinions, nous le disent : Aubagne n’est plus Aubagne. Par manque d’imagination pour sa ville, par incompétence et par souci unique de sa carrière politique, le maire Gérard Gazay a rendu inaudible tout ce qui faisait sa notoriété et la créativité dont elle est encore capable. Un maire-éteignoir ! »

    Après avoir rhabillé pour l’hiver Gérard Gazay (LR), candidat pour un 3e mandat, Jean-Pierre Squillari, qui a dirigé notamment le centre de secours d’Aubagne, a fait de même pour Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille : « Cette Métropole technocratique et hypertrophiée doit impérativement être remise en cause, au service des habitants. Le long chapitre d’immobilisme ouvert chez nous par le duo Gazay-Vassal doit se refermer. »

    Pour opérer cette « rupture avec les années Gazay », Jean-Pierre Squillari suit, avec son équipe, trois caps : « Réparer, respirer, protéger. » Parce que, « depuis deux ans à sillonner Aubagne, on a entendu beaucoup de détresse », a témoigné Clémentine Fardoux, avant que le candidat ne prenne la parole. Il est nécessaire de « protéger ». Aubagne en commun annonce vouloir créer « un abri immédiat pour les personnes en détresse sur la voie publique ». Mais aussi « une mutuelle municipale qui sera moins chère et remboursera mieux ». De même qu’un « service public des pompes funèbres. Le prix des obsèques baissera et pas qu’un peu. »

    Cantine municipale

    La gauche veut aussi s’emparer de la question de la sécurité : « Nous avons une police municipale dont il faut changer le fonctionnement, avec prévention et répression, sans angélisme. » Sitôt l’équipe d’Aubagne en commun élue, un vaste plan écoles sera lancé. « L’entretien des établissements et la cantine scolaire reviendront en gestion municipale. Nous nous opposerons à toute tentative de remettre en cause la gratuité des bus, une menace que n’écarte pas la Métropole », réaffirme Jean-Pierre Squillari.

    « Réparer » passera aussi par « redonner à cette ville une place à toutes les cultures, car c’est un élément essentiel du vivre ensemble », a évoqué Gaëlle Rodeville. « Respirer » consistera à agir pour « une ville plus fraîche et plus saine » : ombre, fontaines… Pour rappeler le cap politique, enfin, Jean-Pierre Squillari a martelé : « Nous, nous marchons sur nos deux jambes : ni Macron ! Ni Le Pen ! Ni Gazay ! Ni Mélin ! Nous, c’est Aubagne ! »

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Avignon, l’intra-muros à préserver

    On ne peut pas dire que la régulation du marché locatif saisonnier suscite de vifs débats dans une campagne où le temps des projets n’a pas encore éclos. Seule Mathilde Louvain (LFI) a jusque-là mis la focale sur la question du logement, souhaitant encadrer les loyers et mener une « action résolue contre la spéculation immobilière ». Une thématique qui frappe principalement Avignon et son centre-ville.

    D’après une étude de l’agence d’urbanisme Rhône Avignon Vaucluse (Aurav), publiée en décembre dernier, 5 400 annonces de logement de courte durée étaient actives en 2024, à Avignon, dont la moitié en centre-ville. Dans l’intra-muros, sur 100 annonces de locations, 18 concernent ces meublés touristiques. Un marché qui a généré 38 millions d’euros de revenus. Sans surprise, l’été, en particulier juillet, concentre 42% de ces réservations, Festival oblige. « Le nombre de locations saisonnières avec au moins une nuit réservée a plus que doublé en l’espace de 8 ans », constate la municipalité.

    La prochaine équipe aux manettes ne partira pas d’une feuille blanche. Par deux fois, en septembre 2023 puis février 2025, la majorité a mis ce sujet sur la table du conseil municipal pour réguler ce marché très prisé des investisseurs immobiliers, mais qui « créé une pénurie d’offres accessibles pour les ménages ». En six ans, la part de studios, T1 et T2, est passé de 55% à 60% en centre-ville. « La part de loueurs possédant au moins deux biens est de 39% en 2024 et a fortement progressé en 6 ans », constate l’Aurav.

    La taxe sur les résidences secondaires majorée

    Pour s’en prémunir, la Ville a d’abord majoré de 50% sa taxe sur les résidences secondaires. Il a fallu attendre que le gouvernement place la commune en zone tendue, permettant ainsi d’actionner le levier fiscal. Le gain pour les finances municipales était espéré autour d’un million d’euros. Une mesure rejetée par le RN qui parlait de « taxe punitive ». Autres actions, actées il y a un an, la limitation de la location des meublés touristiques à 90 jours par an contre 120 auparavant. Mais également l’obligation de « soumettre le changement d’usage de locaux d’habitation à une autorisation préalable ».

  • La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    La France insoumise présentera une liste à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Pas d’union à gauche à Port-Saint-Louis-du-Rhône. LFI a annoncé, lors d’une réunion publique organisée lundi, en présence du député et candidat à la mairie de Marseille Sébastien Delogu, qu’elle présenterait sa propre liste.

    « On a eu des discussions avec le PCF pour l’éventualité d’une union, mais les conditions n’étaient pas réunies, donc on a pris acte, explique le chef de file local, William Silvestre Da Silva. On veut quand même faire porter notre voix qui est différente de celle du PCF, qui a un ancrage très fort à Port-Saint-Louis avec ses atouts et ses inconvénients, et de celle de Martial Alvarez (DVD). »

    Parmi les priorités de LFI : l’accès à la santé. Bien que le maire-candidat ait confié une mission extra-municipale au centre communal d’action sociale intégrant les professionnels pour lutter contre la désertification médicale, William Silvestre Da Silva estime que cela ne suffit pas : « On voudrait prendre contact avec les acteurs de la santé et les communes avoisinantes pour éviter la concurrence et mettre en place une coopération avec des permanences. Cette situation est assez liée aux transports : Port-Saint-Louis est enclavée, assez mal desservie et on perd des horaires de bus pour aller vers Istres. Il faudra qu’on se batte contre ça. » Une large partie du programme sera dédiée aux jeunes avec des dispositifs pour leur « redonner la parole ».

    Les têtes de liste n’ont pas encore été dévoilées, mais William Silvestre Da Silva et Martine Charrier, chefs de file du parti, sont pressentis.

  • Un besoin de services publics aux Pennes-Mirabeau

    Un besoin de services publics aux Pennes-Mirabeau

    Aux Pennes-Mirabeau, cinq listes se sont aujourd’hui déclarées, dont deux d’extrême droite. Le RN encouragé par son score au 2nd tour des législatives de 2024, plus de 67%, lorgne sur cette commune de 22 000 habitants, entre Marseille et Aix.

    Une commune est urbaine, agricole, forestière et aussi commerciale. Avec sa liste citoyenne et plurielle « Les Pennes-Mirabeau demain », rassemblant largement des personnes de tout l’arc républicain, clairement soutenue par les forces de gauche et écologistes (PCF, PS, EELV), Jean-Philippe Musso accorde une attention particulière à la proximité et à l’écoute. Aussi, avant toute promesse, il se propose de « commencer par aller au bout du programme sur lequel il a été élu en 2020 sur la liste de Michel Amiel », qui ne se représente pas et soutient la liste de Grégory Bouchet.

    C’est sur le territoire des Pennes qu’est née, il y a 60 ans, la plus grande zone commerciale d’Europe : Plan de Campagne, qu’elle partage avec Cabriès. Pour Jean-Philippe Musso, Plan de Campagne mérite un traitement plus attentif concernant les services publics qui y sont globalement absents. Parmi ces services publics une absence criante est pointée par les trois communes du bassin de vie : celle d’un outil indispensable pour faire face aux problèmes de sécurité et de tranquillité publique, un commissariat de plein exercice. Jean-Philippe Musso a annoncé sa volonté, parmi bien d’autres, d’agir avec les communes voisines de Cabriès et Septèmes pour l’obtention de ce commissariat de plein exercice. À noter, le Docteur Groselle sera le 35e de liste, « une place symbolique qui aux Pennes a du sens », dit le candidat.

  • L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    « Bonjour Madame, voilà le bilan de ce qui a été fait par l’équipe municipale sortante de Gaby Charroux ! » Ce mardi soir, à Paradis-Saint-Roch, ils sont une vingtaine, comme Marianne Bocca, à se répartir dans tout ce quartier de Martigues pour distribuer le bilan de la majorité du maire (PCF) Gaby Charroux et de son équipe.

    Les militants sont souriants, motivés. Sportifs même, parfois. Notre militante communiste fraîchement retraitée monte les escaliers d’un immeuble et sonne à deux portes. « Et si ça répond aux deux, eh bien, je discute avec les deux à la fois » répond-elle candidement. L’accueil des habitants est positif : « Les gens ouvrent, prennent le bilan, sont polis… Je suis même tombé sur des employés municipaux qui m’ont reconnu », confie Béatrice, une militante et ancienne agente.

    Thomas, doctorant trentenaire, est porté sur la discussion. Une habitante qui ouvre sa porte, Angèle Vellan, l’interpelle non pas sur le bilan qu’elle vient de recevoir, mais sur l’avenir. « Je trouve qu’on n’aide pas beaucoup les jeunes », estime-t-elle.

    « Le sport est gratuit avec les Centres d’initiation sportive, le conservatoire est gratuit, sinon parmi les moins chers selon l’âge », défend le militant. « Oui, j’y emmène ma petite-fille, reprend la septuagénaire, mais je parle surtout pour l’après-bac, ça peut angoisser d’aller à Aix ou Marseille pour les études », fait-elle remarquer.

    « Une ville universitaire »

    Le doctorant originaire de Carro est bien placé pour en parler. « Je suis d’accord avec vous, il y a besoin de faire revenir des études supérieures à Martigues, que nos jeunes ne partent pas tous à Aix ou Marseille. Et ça commence avec la licence pro industrielle que va ouvrir l’université d’Aix-Marseille bientôt », détaille Thomas. « Il y a aussi les formation aux métiers du cinéma », abonde-t-il. « C’est très bien » reconnaît Angèle Vellan sur ce point.

    Le militant, non encarté, estime en aparté qu’« il y a une dynamique, la mairie actuelle a pris en compte cette attente des gens d’avoir des études sur place, c’est un enjeu », estime-t-il. Lui qui a effectué ses études à Marseille considère que « la nouvelle licence entre dans ce cadre ». Et ce, aux côtés de l’Institut de soins infirmiers, entre autres.

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.

  • À Marseille, les CIQ échaudés par le démarchage du RN

    À Marseille, les CIQ échaudés par le démarchage du RN

    Plus que jamais à l’approche des municipales, la politique est partout. Institution désormais plus que centenaire quadrillant chaque arrondissement de Marseille, les comités d’intérêt de quartier (CIQ) n’y échappent pas, malgré leur apolitisme revendiqué. « À chaque élection, ils sont dragués », opine un cadre de la droite marseillaise. « Nous avons un maillage, une représentation qui sont énormes par rapport à beaucoup d’associations », souligne le président de leur confédération, Philippe Yzombard, qui doit présenter le livre blanc des doléances des 180 structures marseillaises d’ici une dizaine de jours. « Nous avons plus de 100 ans, alors oui, nous sommes sollicités parce que cela représente du monde. »

    Chacun s’efforce ainsi de les caresser dans le sens du poil. « Il faut les connaître, les comprendre et les respecter, c’est un maillon important du dialogue citoyen et de la démocratie locale », appuie le directeur de campagne du Printemps marseillais, Arnaud Drouot. « Ce sont des lanceurs d’alerte, dont on a besoin dans la vie démocratique de la ville », défend la cheffe de file (LR) de la droite dans les 6-8, Catherine Pila. Malgré leur neutralité, leurs responsables s’investissent pour certains auprès des différentes équipes de campagne, consultés en coulisses. « Nous avons des présidents de CIQ qui participent à nos réunions militantes, c’est précieux pour nous, cela veut dire que le travail que nous avons mené pendant six ans sur le terrain est productif », confirme celle qui menait l’opposition municipale de droite. « Quand nous avons organisé 74 ateliers thématiques, parmi les 1 125 personnes, il y avait des présidents de CIQ, explique de son côté Arnaud Drouot. Nous leur demandons une expertise, pas de prendre une carte. » Même si certains sont prêts à figurer sur les listes. « Nous avons toujours une dizaine de présidents qui partent en politique », explique Philippe Yzombard. « C’est leur droit absolu », complète-t-il. Pourvu qu’ils respectent l’obligation de démissionner.

    Appels « très insistants »

    Mais la percée de l’extrême droite bouscule les équilibres. « La droite ou la gauche sont en place depuis cinq ans et donc connaissent les présidents, savent vers qui s’orienter. L’extrême droite arrive un peu sur le terrain en ce moment et vient davantage solliciter », déplore le président de la confédération. Ainsi, le 4 décembre, le candidat RN annonçait le ralliement des ex-présidentes des CIQ des Caillols et de la Pauline. « Le RN est plus fort, avec des possibilités qu’il n’avait pas jusque-là, c’est peut-être plus attractif pour certains », glisse Philippe Yzombard. « Beaucoup de CIQ se sont à juste titre radicalisés à cause de l’insécurité », note un cadre de la droite. Mais ces ralliements sont aussi le fruit d’un pressing. « C’est soit l’attaché parlementaire, soit une autre personne qui contacte des présidents de CIQ de manière très insistante », rapporte le maire (LR) sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. « J’ai des personnes qui me parlent depuis des mois d’appels pour prendre des nouvelles, à qui on fait miroiter des postes », assure-t-il, évoquant aussi des associatifs, des forces de l’ordre contactés. « Certains de leurs membres ont souhaité rejoindre Franck Allisio, ni plus, ni moins », assure-t-on cependant au RN. En contestant toute « campagne spécifique auprès des CIQ ».

  • Non aux villes Disneyland

    Non aux villes Disneyland

    En 18 ans d’existence,
    la plateforme de location de courte durée, la multinationale américaine Airbnb (9,18 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 et 2,1 milliards de bénéfices) a bouleversé le marché du logement et met en péril les équilibres résidentiels. Son activité dérégulée prive des habitants de logements en location de longue durée.

    C’est un enjeu des élections municipales des 15 et 22 mars. Les citoyens appelés au vote doivent faire un choix démocratique éclairé et, pour cela, connaître les programmes au sujet du logement et de la régulation drastique des locations saisonnières.

    Ces dernières années, des décisions politiques locales, comme à Paris et Marseille, permettent de mieux encadrer l’activité de la multinationale. Mais face à l’augmentation du nombre de locations saisonnières (25% du parc locatif dans le centre de Marseille), il convient de donner de nouveaux tours de vis.

    Loi plus stricte

    D’ores et déjà, une loi plus stricte, adoptée en novembre, a rendu la fiscalité des locations saisonnières moins avantageuse. Mais cette régulation doit aussi s’accompagner d’une politique massive de construction de logements accessibles et de réhabilitation de l’ancien. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des ménages sont éligibles au logement social. Faute de constructions, ils se tournent vers le privé où les loyers explosent. Selon les données connues, le revenu mensuel moyen des bailleurs de locations saisonnières se situe entre 2 000 et 4 700 euros par mois. Certains, multipropriétaires
    en ont fait une rente qui transforme certaines villes en Disneyland, au détriment de la vraie vie dans la cité et donc du droit au logement.

  • L’OM va devoir avoir la frite à Bruges

    L’OM va devoir avoir la frite à Bruges

    Bruges. Comme en 1993, l’OM s’y rend avec une idée en tête. Cette fois, il ne sera pas question de venir chercher un billet pour la finale de la Ligue des Champions. Car, même si les retrouvailles avec le « Club » local auront les ingrédients majeurs d’un match couperet, l’enjeu de cette nouvelle confrontation sera, seulement, de rester en vie dans l’épreuve reine du football européen.

    En effet, les deux protagonistes ne visent qu’une chose. Accrocher les barrages. Avec un ballottage favorable pour les Marseillais. Ces derniers ont leur destin en main, puisqu’ils font partie, pour le moment, des heureux élus. Tandis que les Brugeois sont, pour l’instant, du mauvais côté de la ligne de qualification. Mais cette soirée hivernale peut encore tout chambouler.

    L’éventuel gagnant sait qu’un succès lui garantira le précieux sésame. Reste à voir qui des deux prétendants au passé prestigieux décrochera la lune. « Nous sommes un grand club. Le moment est venu de le démontrer, en y mettant la manière, face à Marseille », insiste Alexandar Stankovic, le meneur de jeu de Bruges.

    Pour Roberto De Zerbi, c’est plutôt « d’avoir la bonne mentalité qui nous fera gagner ! » L’entraîneur marseillais ne veut pas faire de comptes d’apothicaire. « L’objectif est de gagner. Car avoir douze points serait le meilleur capital pour continuer en barrage », insiste-t-il.

    Afin d’être focalisé sur le jeu, l’entraîneur olympien ne demandera pas l’évolution des scores sur les autres terrains. « Je donnerai toute ma concentration pour pousser mon équipe », confirme-t-il.

    Il connaît l’importance pour l’OM d’aller chercher une place de barragiste. « C’est un match historique que nous nous devons de gagner », comme a souligné Facundo Medina. Avec le soutien de 1 500 supporters, les Olympiens comptent faire aussi bien qu’en 1993, quand leurs aînés étaient venus chercher une place en finale.

    Cette fois, ce sera plus modeste. Mais ô combien important pour ce groupe. Mais aussi pour Roberto De Zerbi. « Ce serait une première pour moi ! », confirme-t-il. Ensuite, il sera temps de songer à d’autres échéances.

    « La maîtrise du milieu sera la clef du match »

    Ivan Leko sait la tâche qui attend son équipe et l’entraîneur croate du Club Bruges a confiance en ses troupes. « Les statistiques nous donnent 40% de chances de réussir, cela nous laisse des perspectives », indique-t-il. Tout en reconnaissant avoir « conscience que, face à nous, il y aura un monument du football français ».

    Il s’attend à un duel ouvert, « avec des équipes qui vont jouer la carte de l’offensive ». Pour lui, le fait de disputer ce match capital à la maison « est un atout. Car, poussés par nos supporters, nous sommes capables de réaliser de très belles choses. »

    Néanmoins, il est conscient que son équipe est aussi capable de passer à côté de son sujet. « Nous travaillons sur nos faiblesses défensives, a-t-il reconnu. Et nous savons que la maîtrise du milieu sera la clef du match. »

    Ces aspects font-ils que le Bruges d’Ivan Leko est le favori de la soirée ? « Non, quand tu joues contre Marseille et Roberto De Zerbi, un club comme nous ne peut pas l’être. »

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    Face à l’explosion des meublés touristiques (12 722 locations fin 2024, avec une croissance annuelle de +23%) la Ville de Marseille poursuit sa stratégie de régulation pour freiner une « jungle spéculative » particulièrement concentrée autour du Vieux-Port et dans le centre-ville, où les locations de courte durée représentent jusqu’à 25% du parc.

    En 2022, la municipalité a d’abord imposé que toute location hors résidence principale nécessite une autorisation de changement d’usage. Depuis 2024, les propriétaires souhaitant transformer une résidence secondaire en meublé sont tenus d’appliquer une compensation sous forme de la création d’un logement de même surface dans le secteur. Enfin, depuis le 1er janvier, la limitation de la durée de location pour les résidences principales est passée de 120 à 90 jours. Encore loin des 30 jours imposés à New York.

    Pour faire respecter ces règles, la municipalité compte sur sa brigade des meublés créée en 2023 : sept agents aujourd’hui, bientôt dix, explique Patrick Amico, l’adjoint (GRS) au logement de la ville.

    Leur mission : traquer les annonces irrégulières, contrôler les logements, dresser des PV et initier les procédures administratives. Les amendes peuvent aller jusqu’à 10 000 euros pour absence d’enregistrement et 20 000 euros pour fausse déclaration. La municipalité estime que 40% des meublés pourraient être illégaux sur la ville.

    Lundi dernier, Patrick Amico et la maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, supervisaient une nouvelle opération d’enlèvement de boîtes à clés illégalement fixées sur l’espace public. La 6e du genre. Le rendez-vous était donné place Charles-de-Gaulle, à deux pas du Vieux-Port, sur un des périmètres les plus saturés. « On est dans le spot touristique de la ville : Panier, Plaine, cours Julien, Vieux-Port… », insiste Sophie Camard.

    Sur le circuit empruntant les rues Paradis et Lodi, une vingtaine de boîtes ont été recensées et stickées, quinze jours plus tôt. Plusieurs ont été retirées par leur propriétaire, preuve que la médiatisation produit un effet immédiat, apprécie Sophie Camard. Au final, cinq dispositifs restants seront retirés par les services municipaux.

    L’enlèvement nécessite de la préparation : repérage, photos, stickage, mobilisation de la régie et de la police municipale. « On le fait par secteur, petit à petit, mais de manière systématique », insiste Patrick Amico, pour qui l’exercice est devenu routinier.

    « Ces opérations ont permis, chaque fois, d’enlever entre 30 et plus de 40 boîtes à clés. C’est extrêmement difficile de donner un chiffre global, mais on les fait partout et on continuera à le faire », explique-t-il. Pour mesurer l’impact de ces politiques, lui se base sur un autre indicateur : « En 2023, j’avais 800 demandes de changement d’usage et en 2025, j’en ai eu moins de 100, c’est très significatif. D’autant qu’on en accepte 20% seulement. »

    Pour Sophie Camard, une des clés du succès réside dans la visibilité de ces interventions. « L’ampleur de leur médiatisation fait que cela marche. Les propriétaires commencent à comprendre », explique-t-elle. La maire de secteur veut croire à un infléchissement du phénomène : « La boîte à clés est un vecteur de communication plus large, pour dire qu’on veut réguler cette activité. À côté, il y a les procès, les réglementations plus sévères… Je pense qu’on va voir les choses se réguler. Je fais le pronostic que le pic est un peu passé », glisse-t-elle, tablant sur le fait que les effets de la réduction à 90 jours et la suppression des niches fiscales au national se feront sentir en 2026.

    « On n’a pas la capacité de tomber à zéro, mais notre objectif, c’est permettre aux habitants d’habiter le centre-ville », rappelle-t-elle. Et les boîtes à clés en sont révélatrices. « Quand on se tient dans les 90 jours de sa résidence principale, c’est légal… J’aimerais que les copros soient bien tenues, que leur règlement interne ne permette pas n’importe quoi, qu’on ne mette pas un immeuble entier en location… La boîte à clés, c’est le résultat final, c’est la porte d’entrée et de sortie de tout ça. C’est un symbole matériel qui se voit. Ce qu’on veut, juste, c’est que les choses soient bien faites et les habitants respectés. »

    Au-delà de l’espace public, la municipalité a engagé les premières assignations en justice contre quatre multipropriétaires contrôlant 33 meublés dans sept immeubles, certains en péril. Lors de l’audience du 24 novembre dernier, la Ville leur a réclamé près de 3 millions d’euros. Le délibéré est attendu le 2 février. L’objectif affiché est clair : frapper les acteurs les plus massifs pour freiner un phénomène devenu structurel.