Author: tecnavia

  • [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    [Entretien] David Gehant : « Les territoires alpins incarnent l’avenir »

    La Marseillaise : « La Marseillaise » arrive dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir de ce samedi 7 février. Quelle est votre réaction ?

    David Gehant : C’est une très bonne chose ! Je vois d’un très bon œil qu’on puisse valoriser et s’intéresser aux territoires alpins et ruraux. La recherche d’une forme d’équité territoriale est à la base de mon engagement. Je m’y retrouve forcément. Les territoires ruraux ont beaucoup de choses à faire valoir et sortir de l’image qu’on peut en avoir. Les territoires alpins, par beaucoup d’aspects, incarnent l’avenir. Plus il y a d’acteurs médiatiques, mieux c’est d’un point de vue du pluralisme et de la diffusion des informations fiables. À l’heure des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, on a besoin de vecteurs d’informations vérifiées et donc l’arrivée dans les Alpes de La Marseillaise, avec une histoire aussi riche que la sienne, y participe. C’est un signe de l’attrait de nos territoires.

    Notre journal n’est pas de la même sensibilité politique que vous, c’est sain pour le débat démocratique ?

    D.G. : Je pense que les questions de sensibilités sont secondaires pour les élus locaux. Pour les journalistes de terrain, ce qui importe c’est avant tout le professionnalisme. Je suis persuadé que ce sera le cas de La Marseillaise. La pluralité des médias est une bonne chose. Plus il y a d’acteurs, plus de voix peuvent s’exprimer, mieux c’est. À l’heure où la vérité est devenue un « point de vue » comme les autres, c’est le cas malheureusement de plus en plus sur les réseaux sociaux, il est nécessaire de pouvoir compter sur des professionnels de l’information. Quand on voit ce que l’IA peut faire, je crains que nous soyons submergés par des fake news, des vidéos, images, voix manipulées. Quelles que soient les sensibilités, cette exigence de vérification des faits est essentielle et doit être largement partagée.

    Quelles sont, selon vous, les préoccupations des habitants de votre département, les sujets prégnants du territoire ?

    D.G. : Je crois que les préoccupations des habitants des Alpes rejoignent celles de l’ensemble de la population. On me parle beaucoup de santé, de sécurité, de logement et de mobilité. La particularité d’ici, c’est les initiatives qui relèvent du système D. Je pense par exemple au centre de soins non-programmés qu’on a mis en place à Forcalquier, qui apporte une solution de santé 7 jours/7 et qui est assez unique en son genre. Ce qui pourrait être intéressant pour un journal comme le vôtre, ce serait de se fonder sur les innovations qui émanent des territoires ruraux dans lesquels on a plus qu’ailleurs le sens de la débrouille et la dimension concrète des choses. On dit souvent que le maire est un élu à portée d’engueulade. C’est encore plus vrai à Forcalquier qu’à Nice ou Marseille. Ici, on ne peut pas ne pas répondre aux attentes de la population. On n’est pas des réserves d’Indiens où on vient en vacances, nous sommes des territoires vivants, novateurs et qui incarnent l’avenir notamment sur la qualité de vie.

    Quel regard portez-vous sur les JO ? Le 05 en bénéficiera plus que le 04 ?

    D.G. : Une personne qui regardera depuis les États-Unis ou la Chine ne va pas se poser la question de quel département accueille les épreuves. Ce sont toutes les Alpes françaises qui deviendront attractives. Et puis la question de l’héritage sera centrale avec la structuration de l’activité ski, du développement de la pratique sportive qui est un sujet de santé publique mais aussi de cohésion sociale. La solidarité, le dépassement de soi, le goût de l’effort sont des valeurs auxquelles je suis très attaché. On a bien vu les retombées des Jeux de Paris dans tous les clubs sportifs. Et le dernier élément de l’héritage, c’est la desserte ferroviaire avec notamment l’axe Marseille-Briançon. Cela va permettre de désenclaver la vallée durancienne.

  • [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur l’Olympique de Marseille, cinq ans après avoir quitté le club ?

    Alain Soultanian : Les temps ont changé. Aujourd’hui c’est une autre époque à laquelle je ne me suis pas adapté. Pourquoi ? Parce que mon travail je l’ai toujours fait de la même façon, mais j’ai toujours travaillé dans une certaine forme d’affect. Aujourd’hui tout est scindé. Il y a l’administratif, la direction, les joueurs, l’entraîneur, et une institution qui s’appelle le médical, mais qui est totalement à part et qui n’est pas mélangée à tout le reste. Alors qu’avant, nous étions une grande famille, où tout le monde se connaissait, tout le monde se côtoyait, on faisait des grands repas ensemble, pour que ceux qui ne se connaissent pas fassent connaissance, et ça facilitait les rapports, ce qui fait que le bateau allait toujours dans la même direction. Aujourd’hui c’est quelque chose que je ne reconnais plus, qui existe peut-être encore, mais que moi je ne reconnais plus. Et je répète, ce n’est pas péjoratif, c’est un constat personnel. Mais aujourd’hui avec l’OM j’ai mal et je souffre. Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance, parce que c’est le club de tout Marseille. Je regarde beaucoup de matches à la télé, et sur deux heures de match, je passe la dernière demi-heure debout, et je fais le tour du canapé, les yeux fixés sur la télé, parce que je ne tiens pas en place, parce que j’ai peur, parce que je sais qu’on a l’habitude de prendre des buts en fin de match, et qu’un match n’est jamais terminé. On n’a pas de tranquillité.

    Même si vous ne faites plus partie de la maison olympienne désormais, comment analysez-vous la gestion des joueurs du point de vue médical ? Est-ce que les entraîneurs sont vigilants sur le côté prévention ?

    A.S. : S’il n’y a pas une étroite collaboration entre le chef d’un service médical et le chef d’un service technique, c’est compliqué d’arriver à un résultat positif. Il faut se parler, il faut expliquer et il faut argumenter pourquoi je pense que tel joueur ne devrait pas jouer ce match-là parce que nous, on sait peut-être qu’il a des problèmes familiaux qu’on ne va pas dévoiler, mais on va faire comprendre que ça serait bien qu’il ne joue pas parce qu’il n’est pas bien dans sa tête. Je prends le cas de Rulli. Tout le monde voit que Rulli qu’aujourd’hui n’est pas le même qu’avant la trêve. Ce garçon, il a peut-être des problèmes internes qu’on ne connaît pas. Il se confie certainement à certaines personnes qui savent. Mais ces personnes-là ont peut-être peur de dire à l’entraîneur ou au directeur sportif qu’il a des problèmes et qu’il faudrait peut-être le mettre sur la touche pendant deux ou trois matches pour qu’il se refasse une santé, mentale surtout. Parce que je pense que son problème est plutôt mental qu’autre chose. Je sais qu’il y a des joueurs qui vous disent je ne suis pas bien, ça ne va pas avec ma femme, ou j’ai le bébé qui est malade, il doit rentrer à l’hôpital. Ce joueur-là ne va pas forcément s’étaler devant tout le monde. Je ne suis ni entraîneur, ni préparateur physique, mais mon expérience me fait dire que nous sommes des confidents. C’est-à-dire qu’on enregistre certains messages que les joueurs nous font passer, on essaie de les récupérer mentalement comme on peut, mais il faudrait pouvoir avoir aussi la possibilité d’avoir un dialogue direct avec l’entraîneur. Et non pas simplement bonjour, au revoir, alors son genou, comment il va ? Son dos, comment va-t-il ? Son épaule, ça en est où ? Il faut une cohésion. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd’hui. Moi, ce que je sais, c’est que quand il y a la cohésion, il y a un dialogue, il y a des échanges, et de ça ressort quelque chose de positif. Vous constaterez que dans tous les sports, que ce soit la natation, le cyclisme ou le tennis, ils ont tous un suivi psychologique. Demandez à Djokovic s’il n’a pas un préparateur mental.

    Tout le monde n’a donc pas le bagage mental nécessaire pour s’imposer à l’OM, selon vous ?

    A.S. : Il y a des joueurs qui dans leur tête peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, peuvent jouer à Liverpool, peuvent jouer à Manchester, peuvent jouer au Bayern Munich. Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, qui sont faits pour jouer à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. Quand vous avez les Carlos Mozer, quand vous avez des Basile Boli, Eric Di Méco, Manuel Amoros, Franck Sauzée, Bernard Pardo, Jean-Pierre Papin, Klaus Aloffs, Karl-Heinz Forster dans l’équipe, mais vous craignez quoi ? Ils ne vont rien lâcher les mecs. Ils ne vont rien lâcher.

    Vous citez principalement des joueurs qui ont connu les grandes années olympiennes. L’un des grands moments reste cette malheureuse finale européenne perdue à Bari face à Belgrade…

    A.S. : Dans le vestiaire, tout le monde est en pleurs, moi y compris, parce que moi je suis une pleureuse, je suis très émotif, et la déception l’emporte, mais tout le monde était en pleurs. Et je vais voir Franz Beckenbauer, qui était un peu à l’écart avec son adjoint, Holger Osieck, et je lui dis, mais Franz, comment on fait pour perdre ce match ? Et la réponse c’est, on perd ce match, parce qu’on ne joue pas pour le gagner, on joue pour ne pas le perdre, justement. On a joué petit bras. On était tellement sûr de la gagner, que je pense que les joueurs se sont dit, la veille déjà, ils se voyaient en train de soulever la coupe, et au moment du match, ils ont dû avoir quelque part une réflexion, en se disant, pourvu qu’on ne prenne pas un but, ça va tout foutre en l’air. Donc, ça les a inhibés quelque part. Et on est allé jusqu’aux tirs au but, et on connaît la suite, on perd ce final aux tirs au but. Mais, cette défaite nous rend plus forts. Chaque défaite rend plus forts. L’année d’après, 92, c’est l’année où on digère la déception de l’année précédente, et puis arrive 93. Et là, en 93, les joueurs n’ont plus la même attitude. Ils n’ont plus du tout la même attitude. Ce sont des monstres qui ont déjà l’expérience de la défaite, et ils se disent, là, on n’a plus rien à perdre, on va tout donner. Et on va jouer. Et on a gagné. Contre l’équipe la plus forte, peut-être, du monde à cette époque-là. Comme quoi, le football, c’est aussi dans la tête.

    Cette époque est notamment marquée par la présidence de Bernard Tapie. Quel homme était-il à vos yeux ?

    A.S. : Je me félicite d’avoir connu un tel personnage. C’est quelque chose qu’on rencontre une fois dans sa vie. Le charisme, ce n’est même pas la peine d’en parler, parce que c’est reconnu de partout. Mais c’était quelqu’un, je pense, qui savait y faire. Et pour ce qui est, je parle de mon cas, j’ai toujours gardé mes distances avec lui. Je ne l’ai jamais tutoyé, contrairement à d’autres qui l’appelaient Bernard. Moi c’était bonjour Président, au revoir Président. Et quand il arrivait souvent, comme je me souviens d’une fois à Moscou, je suis en train de fumer ma clope sur le parvis de l’hôtel où nous étions à Moscou, et on venait de finir le repas, et il monte les escaliers, il me voit, il vient, il me donne un coup d’épaule, il me dit ça va ma poule, comment ils sont ? Et je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit tu crois qu’il faut que je leur parle ? Je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit ça va j’ai compris. Il a fait ce qu’il fallait, il les a ouverts en deux. Et après il savait aussi les remercier. Mais c’était un patron, un vrai patron. Quelqu’un à qui on ne peut pas manquer de respect. Pendant toute cette période où il était à l’OM, il nous a régalés à tous, les supporters, le staff, on était tous heureux de travailler. C’est quelqu’un d’unique, j’en ai pas connu deux comme lui. Quelquefois, dans une discussion, vous sentez qu’il est en train de vous mener en bateau. Et vous dites toi tu es en train de me mener en bateau, mais surtout continue parce que tu es en train de me régaler.

  • Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Avec Facundo Médina, c’est blanc ou noir. Soit on adore sa grinta, soit on déplore son excès d’engagement parfois agaçant. Mais peu importe dans quel camp on se trouve, on ne peut que reconnaître sa très bonne prestation face au Stade Rennais. Présent au rendez-vous comme dernier rempart défensif, en réalisant un marquage très efficace sur l’avant-centre breton Esteban Lepaul – soit dit en passant le troisième meilleur buteur de Ligue 1 cette saison avec neuf buts – le défenseur central international argentin a également apporté sa pierre à l’édifice offensivement en relançant proprement et sans trembler.

    Lieutenant de choix du capitaine Balerdi

    Pour sa sixième titularisation de suite, lui qui a longtemps été blessé à la cheville dans la première partie de saison, « Facu » trouve enfin de la régularité dans ses performances. Avant d’être indisponible pendant un peu plus de deux mois, l’ancien lensois affichait une réelle volonté de s’imposer dans cette charnière centrale olympienne, avec des matches plus que cohérents lors des victoires à Strasbourg (1-2) et face à l’Ajax (4-0).

  • Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Dans les locaux de l’administration du centre hospitalier d’Avignon, une douzaine de membres de la direction et du corps médical de l’établissement se sont présentés à la presse au lendemain de la communication d’un rapport d’un cabinet d’expertise agréé qui mettait en avant des « indicateurs alarmants » sur les conditions de travail. « Il a eu un effet de résurgence plutôt négatif car le travail mis en place a été un peu pris à défaut », regrette le docteur Jean-Pierre Meunier, chirurgien et chef de pôle de chirurgie et du bloc opératoire.

    Certains chiffres présentés dans ce même document comme des éléments inquiétants sont notamment contestés, tels que le taux d’absentéisme de 15,10%, qui serait en réalité de 10,81%, « soit, selon le barème du cabinet, un taux normal », assure Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital. Mais aussi le taux de turnover de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE), de 25% chez les aides-soignants ou de 11% chez les infirmiers anesthésistes, qui serait en réalité respectivement de 10%, de 13% et de 7,5%. Tout en concédant un taux de 50% chez les encadrants d’unité de soins, « qui peut paraître élevé », mais qui serait « sur trois personnes dont l’une part à la retraite », et qu’il y a « une réelle difficulté à recruter des cadres de proximité dans les hôpitaux », précise le centre hospitalier dans sa présentation.

    Une divergence sur les données que l’hôpital explique en remettant en doute la neutralité du rapport d’expertise, en évoquant notamment l’appartenance de l’expert à la CGT. « Un article du règlement sur la déontologie rappelle que l’indépendance du cabinet doit être totale vis-à-vis de l’employeur mais aussi vis-à-vis des représentants du personnel. On ne peut pas passer au-dessus du sujet de la neutralité. La conduite de l’audit est menée par un monsieur impliqué dans diverses mobilisations sociales. Ce n’est pas une critique de la personne car on a bien travaillé ensemble. Mais sur le point idéologique, permettez-moi de faire part d’une petite interrogation », tout en confiant qu’il « ne balaie pas d’un revers de main » tout ce qui y figure.

    Travail en cours

    En amont, une longue présentation du fonctionnement du bloc opératoire, avec les nombreux changements récents, a été donnée par l’équipe de direction, notamment la mise en place depuis plus d’un an d’un « pilotage médico-soignant » du service. « On sort d’un état de crise, donc c’est sûr que tout n’est pas blanc. Mais il faut avancer dans un climat serein et cette situation ternit l’image du bloc. On souhaite ici insister sur la qualité du bloc opératoire car ce qui est décrit blesse ceux qui y travaillent », avance le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » va être présenté lors de la prochaine formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), programmée en février. Il comporte sept propositions de la gouvernance du service, dont certaines convergent avec celles du rapport, telles que la poursuite des recrutements, l’engagement « rapide » de l’analyse du travail, ou la mise en œuvre « rapide » d’un suivi des risques psychosociaux par des professionnels rompus à l’exercice et indépendants. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise. Plusieurs indicateurs nous le font penser. Nous ne sommes pas dans un état de chaos comme il est décrit par la CGT. Nous sommes toujours face à des difficultés et nous essayons de nous en défaire », ajoute le docteur Vincent Pestre.

  • Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une semaine après le premier rassemblement devant la poudrerie Eurenco de Sorgues, il y avait à nouveau un peu moins de 150 personnes sur le piquet de grève. La CGT et FO demandent depuis plusieurs semaines de meilleures conditions de travail après avoir refusé de signer les négociations annuelles obligatoires avec la direction.

    Ils revendiquent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. Les discussions sont actuellement au point mort.

    Jouer au dur

    Jérémy Durou, secrétaire général central FO Eurenco, évoque notamment le fait que la direction n’aurait pas du tout l’intention de revenir vers les organisations syndicales pour négocier… Face aux employés mobilisés à Sorgues, il évoque même une « intimidation de salariés grévistes », assurant que le directeur général adjoint de l’opérationnel a « ouvertement dit à un salarié de Bergerac [l’autre site de production du groupe en Dordogne, Ndlr] que s’il n’était pas content, il pouvait aller ramasser des pommes ». Des agissements qui seront portés devant l’inspection du travail par FO et la CGT.

    « On va durcir le mouvement avec des actions plus fortes, par des grèves plus longues ou des actions coup de poing, plus visibles », confie de son côté Jérémy Caillé, secrétaire général central CGT à Eurenco. « Certains se croient supérieurs aux autres. S’ils veulent jouer les durs, on va durcir aussi », ajoute Jérémy Durou.

  • [Étoile de Bessèges] À Bellegarde, l’amour du vélo toute l’année

    [Étoile de Bessèges] À Bellegarde, l’amour du vélo toute l’année

    À l’extrémité du plateau des Costières, au sud-est du Gard, la commune de Bellegarde, un peu plus de 8 000 habitants au compteur, n’est pas seulement une terre de bons vins et de randonnées pour les amateurs de marche. On y cultive aussi depuis longtemps l’amour du sport et celui du cyclisme en particulier. Signe de cet attachement profond à la petite reine, Bellegarde accueille ce mercredi la première étape de l’Etoile de Bessèges-Tour du Gard, Créée en 1971, la course par étapes est inscrite au calendrier UCI Europe Tour. Un monument du cyclisme sur une terre de cyclistes !

    Plus de 40km de pistes cyclables

    En effet, sous l’impulsion du maire de Bellegarde, Juan Martinez, depuis 2018, la Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence* (CCBTA), qu’il préside, a investi « fortement pour développer la pratique du vélo sur son territoire. Plus de 8,1 millions d’euros ont été mobilisés pour aménager plus de 40 km de pistes cyclables, notamment dans le cadre du tracé de la ViaRhôna », explique-t-on à la CCBTA qui a su mobiliser collectivités et autres acteurs publics. Les résultats sont là : la ViaRhôna en Terre d’Argence a été dotée de trois tronçons structurants dédiés au cyclisme. Le premier relie Beaucaire à Bellegarde sur 11,4 km. Réalisé en 2022, le tronçon longe du canal du Rhône à Sète et a été inauguré le 22 juin 2022. En 2023, sa fréquentation a été de 55 610 passages au port de Bellegarde. Une réussite.

    Le 2e tronçon relie Beaucaire à Fourques sur14,6 km et a été réalisé en 2023, en partie en crête de digue. Inauguré le 21 juin 2023, sa fréquentation s’est établie en 2024 à 26 379 passages à la chapelle de Saujan.

    Quant aux travaux de Bellegarde à Saint-Gilles du troisième tronçon, sur 15,6 km ils se sont déroulés en 2025, en bordure du canal du Rhône à Sète. Ces trois tronçons ont bénéficié des subventions du fonds européen Feder géré par la Région Auvergne Rhône Alpes pour un million d’euros. L’État a financé 939 644 euros dans le cadre du contrat de plan et 300 000 euros grâce au Fonds national d’aménagement et de développement du territoire (FNADT). La Région Occitanie a accordé une subvention de 500 000 euros et le Conseil départemental du Gard, un financement de 861 507 euros. Autres financeurs, la Compagnie nationale du Rhône, dans le cadre du Plan Rhône Saône, a apporté 616 000 euros de subventions et les Voies navigables de France, 53 756,64 euros tandis que la mairie de Saint-Gilles a financé 498 182 euros. Et parce qu’on ne s’arrête pas en si bon chemin, la CCBTA a lancé en 2024 son Plan Vélo « pour construire un territoire cyclable cohérent et durable ».

  • L’Etoile de Bessèges revient dans la danse pour une 56e édition

    L’Etoile de Bessèges revient dans la danse pour une 56e édition

    Historiquement, c’est ici que tout commence. Le passage à la nouvelle année permet de remettre les compteurs à zéro et de se concentrer sur le début de la saison suivante. Arrive le mois de février et petites et grandes formations du peloton mondial sont encore en pleine préparation avant les importantes échéances du printemps puis de l’été. En France, les coureurs ont l’habitude, depuis plusieurs décennies, de mettre le cap vers le sud pour trouver les premières chaleurs. 72 heures seulement après le Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise, première course du calendrier hexagonal, les équipes sont au départ de l’Étoile de Bessèges.

    Le Gard accueille la première épreuve par étapes de l’année et 2026 ne déroge pas à la règle. Pour cette 56e édition, 150 coureurs répartis dans 17 équipes seront au départ, ce mercredi, à Bellegarde. Cinq jours de compétition sont au programme dans les Cévennes. 650 kilomètres au total avec, en bouquet final de la semaine, un contre-la-montre dans les rues d’Alès qui pourrait décider du vainqueur final de ce Tour.

    Teuns pour succéder à Vauquelin ?

    Directrice historique de l’Étoile, Claudine Fangille garde en tête le traumatisme de Bessèges 2025. Une voiture était entrée en sens inverse sur le tracé, causant une pagaille monstre. Révolté par ces problèmes de sécurité, plus de la moitié du peloton avait plié bagage lors de la troisième étape. « 70 à 80% des routes seront fermées bien au-delà du parcours et presque une heure avant le passage. Seules les voitures qui rouleront dans le sens de la course pourront être autorisées à circuler », précise Patrick Herse, chargé de l’organisation de l’Étoile. Des mesures plus conséquentes cette fois, alors que l’épreuve était bien allée à son terme l’an passé.

    Il était l’un des grands favoris avant même les premiers tours de roues et Kévin Vauquelin avait confirmé sur le vélo. Leader de la défunte Arkea – B&B Hôtels, le Normand s’était nettement imposé au classement général, devançant le Belge Dylan Teuns (Cofidis) d’une minute et 22 secondes. Le Tricolore, désormais chez le mastodonte britannique Ineos Grenadier, ne sera pas aligné cette année, contrairement à Teuns. Le cycliste de 33 ans est un multiple vainqueur sur les Grands Tours et le Gard est incontestablement un terrain à sa convenance. Toujours sous contrat avec les Français de Cofidis, il fait partie des noms à surligner pour la victoire finale.

    Les équipes World Tour, la première division mondiale, sont au nombre de quatre cette année. Ce sont elles qui devraient se disputer cette première place au global et plusieurs coureurs sortent du lot. La Groupama – FDJ United aligne plusieurs redoutables Français avec Ewen Costiou, Cyril Barthe mais aussi le coureur de La Ciotat Maxime Decomble. Alpecin – Premier Tech a décidé d’emmener le Canadien Hugo Houle dans le sud de la France, lui qui possède un beau palmarès. Il est également à l’aise dans l’exercice du contre-la-montre et la bosse finale, à Alès, pourrait aussi lui correspondre.

    Autre nom connu mondialement, celui de Dylan Groenewegen. Le Néerlandais a signé cet hiver chez Unibet Rose Rockets, écurie néerlandaise sous licence française. Le sprinteur aux 78 victoires en carrière (!) peut être un vainqueur d’étape sur l’Étoile. Dans la même équipe, nous retrouvons le champion de Slovaquie Lukas Kubis, toujours tranchant sur un profil vallonné. Ce dernier n’a pas dû cocher qu’une seule étape sur son roadbook.

    Bref, Bessèges est toujours une épreuve atypique dans le paysage du cyclisme mondial. Un événement fonctionnant grâce à la volonté de la famille Fangille, orpheline de Roland depuis cinq ans, mais portant encore l’Étoile à bout de bras. « Heureusement qu’il y a encore des courses comme l’Étoile de Bessèges, organisées par des bénévoles, avec des gens qui ont vraiment envie de faire des choses », nous disait Bernard Hinault il y a quelques jours.

    La liste des engagés

    MBH BANK CSB TELECOMFORT

    Samuele ZOCCARATO

    Christian BAGATIN

    Lorenzo MASCIARELLI

    Davide PERSICO

    Nicolo’ BURATTI

    Matteo AMBROSINI

    Edoardo CIPOLLINI

    TEAM FLANDERS-BALOISE

    Victor VERCOUILLIE

    Siebe DEWEIRDT

    Dylan VANDENSTORME

    Milan LANHOVE

    Tom CRABBE

    Ward VANHOOF

    Vincent VAN HEMELEN

    GROUPAMA-FDJ UNITED

    Ewen COSTIOU

    Lorenzo GERMANI

    Blake AGNOLETTO

    Maxime DECOMBLE

    Victor LOULERGUE

    Cyril BARTHE

    Axel HUENS

    VAN RYSEL-ROUBAIX

    Arnaud TENDON

    Joes OOSTERLINCK

    Joppe HEREMANS

    Kévin AVOINE

    Killian THÉOT

    Daniel Smajkic ARNES

    Léandre HUCK

    UNIBET ROSE ROCKETS

    Wessel MOURIS

    Ronan AUGÉ

    Niklas LARSEN

    Elmar REINDERS

    Dylan GROENEWEGEN

    Lukas KUBIS

    Tomas KOPECKY

    DECATHLON CMA CGM

    Noa ISIDORE

    Jordan LABROSSE

    Kasper HAUGLAND

    Rasmus Søjberg PEDERSEN

    Nate PRINGLE

    Sander DE PESTEL

    Paul LAPEIRA

    CIC PRO CYCLING ACADEMY

    Lenaic LANGELLA

    Léandre LOZOUET

    Similien HAMON

    Mathias SANLAVILLE

    Maël GUÉGAN

    Axel MARIAULT

    Victor GUERNALEC

    ELITE FONDATIONS CYCLING TEAM

    Guillaume BAGOU

    Nils AEBERSOLD

    Arnaud TISSIÈRES

    Valentin DARBELLAY

    Victor JEAN

    Alfred GEORGE

    Jan SOMMER

    ALPECIN-PREMIER TECH

    Ramses DEBRUYNE

    Lennert BELMANS

    Simon DEHAIRS

    Noah RAMSAY

    Hugo HOULE

    Henri UHLIG

    Tobias BAYER

    SOLUTION TECH-NIPPO-RALI

    Franklin ARCHIBOLD

    Matteo REGNANTI

    Ben GRANGER

    Yukiya ARASHIRO

    Alessandro IACCHI

    Alexandre BALMER

    Kamiel BONNEU

    TEAM POLTI VISITMALTA

    Javier SERRANO RODRIGUEZ

    Gabriele RACCAGNI

    Tommaso BESSEGA

    Francisco MUNOZ LLANA

    Dario GIULIANO

    Davide BAIS

    Manuel PENALVER ANIORTE

    PINARELLO-Q36.5 PRO CYCLING TEAM

    Walter CALZONI

    Joseph PIDCOCK

    Kamil MALECKI

    Aimé DE GENDT

    Nicolò PARISINI

    Nickolas ZUKOWSKY

    Xabier Mikel AZPARREN IRURZUN

    LOTTO-INTERMARCHÉ

    Lorenz VAN DE WYNKELE

    Matys GRISEL

    Mathieu KOCKELMANN

    Lorenzo ROTA

    Sébastien GRIGNARD

    Liam SLOCK

    Shunsuke IMAMURA

    COFIDIS

    Oliver KNIGHT

    Clément IZQUIERDO

    Jan MAAS

    Dylan TEUNS

    Paul OURSELIN

    Jenthe BIERMANS

    Alexis RENARD

    TOTALENERGIES

    Nicola MARCEROU

    Alexandre DELETTRE

    Sandy DUJARDIN

    Alexys BRUNEL

    Samuel LEROUX

    Thomas GACHIGNARD

    Valentin RETAILLEAU

    ST-MICHEL-PREFERENCE HOME-AUBER 93

    Axel BOUQUET

    Morne VAN NIEKERK

    Simon GUGLIELMI

    Romain CARDIS

    Jérémy LECROQ

    Yohann SIMON

    Théo DELACROIX

    NICE MÉTROPOLE CÔTE D’AZUR

    Victor PAPON

    Baptiste GILLET

    Clément DAVY

    Laurens HUYS

    Alexander KONIJN

    Jaakko HANNINEN

    Tom MAINGUENAUD

    Palmarès

    • Course d’un jour

    1971 Jean-Luc MOLINERIS (FRA)

    1972 Jean-Luc MOLINERIS (FRA)

    • Course sans classement général

    1973 Jean-Claude MEUNIER (FRA)

    Cyrille GUIMARD (FRA)

    Robert MINTKIEWICZ (FRA)

    • Courses avec classement général

    1974 Jacques ESCLASSAN (FRA)

    1975 Patrick BEON (FRA)

    1976 Maurice LE GUILLOUX (FRA)

    1977 Willy PLANCKAERT (BEL)

    1978 Dietrich THURAU (ALL)

    1979 Jacques MICHAUD (FRA)

    1980 Francky DE GENDT (BEL)

    1981 Jan RAAS (NED)

    1982 Cees PRIEM (NED)

    1983 Bert OOSTERBOSCH (NED)

    1984 Eddy PLANCKAERT (BEL)

    1985 Guy NULENS (BEL)

    1986 Niki RUTTIMANN (SUI)

    1987 Ronan PENSEC (FRA)

    1988 Adri VAN DER POEL (NED)

    1989 Etienne DE WILDE (BEL)

    1990 Frans MAASSEN (NED)

    1991 Adri WIJNANDS (NED)

    1992 Beat ZBERG (SUI)

    1993 Armand DE LAS CUEVAS (FRA)

    1994 Jean-Paul VAN POPPEL (NED)

    1995 Sergueï OUTCHAKOV (UKR)

    1996 Jan SVORADA (CZE)

    1997 Patrice HALGAND (FRA)

    1998 Jo PLANCKAERT (BEL)

    1999 David LEFEVRE (FRA)

    2000 Jo PLANCKAERT (BEL)

    2001 Nico EECKHOUT (BEL)

    2002 Robbie MC EWEN (AUS)

    2003 Fabio BALDATO (ITA)

    2004 Laurent BROCHARD (FRA)

    2005 Freddy BICHOT (FRA)

    2006 Frederik WILLEMS (BEL)

    2007 Nick NUYENS (BEL)

    2008 Yuri TROFIMOV (RUS)

    2009 Thomas VOECKLER (FRA)

    2010 Samuel DUMOULIN (FRA)

    2011 Anthony RAVARD (FRA)

    2012 Jérome COPPEL (FRA)

    2013 Jonathan HIVERT (FRA)

    2014 Tobias LUDVIGSSON (SUE)

    2015 Bob JUNGELS (LUX)

    2016 Jérome COPPEL (FRA)

    2017 Lilian CALMEJANE (FRA)

    2018 Tony GALLOPIN (FRA)

    2019 Christophe LAPORTE (FRA)

    2020 Benoît COSNEFROY (FRA)

    2021 Tim WELLENS (BEL)

    2022 Benjamin THOMAS (FRA)

    2023 Nelson POWLESS (USA)

    2024 Mads PETERSEN (DAN)

    2025 Kévin VAUQUELIN (FRA)

  • La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    La basse-ville ou le récit d’un siècle d’histoire toulonnaise « dévergondée »

    Jonchée entre le cours Lafayette, la rue des Remparts, la rue de Lorgues et la rue Vincent-Courdouan, dans la zone piétonne du centre-ville, la basse-ville est encore, de nos jours, le cœur battant de Toulon. Il regroupe les rues les plus animées de la commune, entre cafés, commerces, et l’emblématique marché du cours Lafayette.

    Du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’après Seconde Guerre mondiale, ce quartier était surnommé le « Chapeau Rouge », et constituait la seule zone de la ville où la prostitution était libre et autorisée. De nombreux auteurs écrivirent à son sujet (Farrère, Loti, puis Cocteau, Vérane, Morand, Carco, Kessel, Cendrars ou encore Bernanos), forgeant l’imaginaire de la basse-ville, empreint de sensualité et de légèreté, que Pierre Loti décrivait comme « ivre de soleil, de chaleur, d’alcool, de cris et de chants », et où les matelots se pressaient pour oublier, le temps d’une soirée, la rudesse de la vie en mer. Toulon était alors considérée comme « capitale de la prostitution et de l’opium », et devint dans l’entre-deux-guerres celle de « l’homosexualité », au grand dam des autorités, notamment de la Marine nationale.

    Une époque fantasmée et bien heureusement révolue que Marc Bayle et André Fourès, deux auteurs natifs de Toulon, racontent dans leur livre consacré Toulon dévergondée, la Basse-Ville (années 1880-1980). Une plongée inédite dans le passé sensible de ce quartier à part, riche de nombreuses archives, qui sera racontée et discutée par ses auteurs, en compagnie du Club de la presse 83, ce jeudi, à 18h30, à la librairie Charlemagne de Toulon.

    Inscriptions par mail : resa.clubpresse83@gmail.com

  • Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Une grande collecte pour prôner la solidarité et l’intelligence collective à Martigues

    Les piles de cartons prennent de la hauteur. Dans le hall de la Halle de Martigues, les bénévoles s’affairent pour organiser et répartir les denrées alimentaires et les produits d’hygiène récoltés lors de l’opération Martigues solidaire, qui se poursuit jusqu’au concert de Chimène Badi ce vendredi 6 février.

    « Il y a six palettes, pour les six organisations partenaires », pointe Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative : le Secours populaire, la Croix rouge, les Restos du cœur, les « mastodontes », et les Équipes Saint-Vincent, Partage et le Secours catholique. « Cette action, c’est collecter ensemble, mais c’est aussi fonctionner ensemble, et le challenge de la Ville c’est de coordonner tout ça ! »

    La coopération

    L’agente municipale pense que 2026 ne sera pas l’année de tous les records comme 2025, où sept tonnes de dons avaient bénéficié aux associations. Mais pour elle, ce qui compte, c’est aussi la dynamique que l’événement crée. « C’est un énorme collectif de partenariats polymorphes, avec 39 points de collecte répartis entre les grandes, moyennes et petites surfaces de la commune, les lieux associatifs, les collèges, les lycées, les centres sociaux et espaces publics. » Sans compter les entreprises, qui s’y mettent aussi, à l’instar de Petroineos.

    Colette, dite « Coco », des Équipes Saint-Vincent, affirme : « Non seulement les dons récoltés représentent un mois ou deux de fournitures pour accompagner nos 300 familles bénéficiaires, mais en plus ça stimule notre engagement bénévole, notre implication. » Après huit éditions de Martigues solidaire, des amitiés se sont nouées et des coopérations inter-asso se sont engagées. À la fin de chaque opération, les organisations redistribuent les denrées à la hauteur des besoins et des capacités de stockage de chacune. « C’est de l’intelligence collective », glisse Valérie Fernandez-Campazzo.

    Les échanges se poursuivent ensuite tout au long de l’année. « On essaye de se rencontrer pour trouver un consensus et harmoniser nos pratiques de sorte, notamment, à ce que l’été il n’y ait pas de manque pour aider et que les personnes en difficulté ne se retrouvent pas démunies », confie Colette.

  • Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Les derniers d’Encagnane exigent un relogement digne

    Dans un local du quartier d’Encagnane, le collectif est de nouveau réuni. Accompagné, ce jour, de Mounir Ben Ammar, pour l’association Droit et Accès au Droit, aussi investi par Aymeric Caron pour les élections municipales. Ils ne sont plus qu’une vingtaine de foyers du Calendal et du Méjanes en attente de relogement, alors que les deux immeubles doivent être rasés dans le cadre du projet de rénovation urbaine dont le quartier fait l’objet.

    Si cette partie de la ville semble déjà vidée, une poignée de résidents restants demandent à nouveau, à être relogés dans des appartements aux loyers équivalents, salubres. « Sauf que nous n’avons aucune promesse écrite », rappelle Pierre. Face à lui, un dossier épais, les doléances des habitants, rapportées régulièrement lors de permanences relogement organisées par le bailleur social, Famille et Provence. « Mais force est de constater qu’on a une absence de suivi écrit et de calendrier. Rien, n’est acté. Lors de ces permanences, nos documents ne sont pas recueillis, nos accusés de réception ne sont pas signés », poursuit-il. Une promesse écrite de relogement provisoire est aussi demandée, en attendant la réalisation du projet Phares et Balises, issu de la restructuration urbaine.

    Insécurité, insalubrité

    « La mairie nous dit que 83% des relogés sont satisfaits. À entendre les témoignages, c’est l’inverse. On nous dit qu’on est des résistants : on veut partir mais dans de bonnes conditions », scande Hakim. Alors Nicole attrape son téléphone, met en ligne une ancienne habitante du quartier, dont les parents sont relogés au Paradou. « Ils se sont sentis obligés de partir et de prendre ce qu’on leur donnait. Ils ont laissé un 65 m² pour un loyer d’à peu près 550 euros. Ils se retrouvent dans 50 m² à 629 euros », explique cette dame. Plusieurs courriers auraient été envoyés au bailleur pour dénoncer des moisissures, une « multitude » de cafards, jusque dans le lit, la vaisselle… Un autre coup de fil, à une mère de famille cette fois-ci. Dans ce nouveau logement, à l’Îlot Europe, il n’y aurait pas d’eau chaude depuis deux mois. « Rien n’a été fait », conclut l’interlocutrice. La Ville, de son côté, rappelle que la minoration de loyer Anru obéit à un cadre strict et s’applique uniquement lorsque le relogement entraîne un coût que le ménage ne peut assumer, chaque situation étant étudiée individuellement : « Si des ménages n’y ont pas eu droit, c’est parce que les conditions pour appliquer la minoration n’étaient pas réunies. » Outre le « manque de visibilité sur les propositions », les habitants dénoncent des conditions de vie indignes, tout en payant des charges. Des squats dans les halls d’immeubles, qui auraient déclenché un incendie début décembre, des tirs dans le quartier, des détecteurs incendie défectueux… Déjà, des chauffages en panne cet hiver, avaient suscité la colère. « Sentiment d’insécurité totale », conclut Pierre. Le bailleur n’a pas pu nous répondre dans les temps. Eva Bonnet-Gonnet