Author: tecnavia

  • Marseille : un policier avoue avoir menti sous pression

    Marseille : un policier avoue avoir menti sous pression

    Un mois après une série de mises en examen, l’affaire « Angelina », initialement appelée « Maria », le pseudo que s’était donné la jeune femme dont le crâne a été fracassé par des policiers en décembre 2018 en marge d’une manifestation des gilets jaunes à Marseille, prend une nouvelle tournure, selon les éléments de nos confrères de Mediapart.

    En 2019, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait conclu à un non-lieu, faute d’identification des auteurs. Une seconde instruction en 2022 avait abouti au même résultat. Mais en 2023, la justice a rouvert le dossier à la demande d’Angelina et de son avocat marseillais, Brice Grazzini.

    Convoqué « dans le bureau du syndicat Alliance »

    En réexaminant les vidéos et en récupérant de nouvelles images, la juge Karine Lebrun et une nouvelle équipe de l’IGPN parviennent, cette fois, à identifier les policiers en civil, casqués, masqués, sans insignes et parfois équipés de matériel non réglementaire. L’un d’eux est reconnaissable à son attelle à la main gauche. Six agents vont alors être placés en garde à vue début octobre.

    Mais avant même d’être entendu, l’un d’eux, Christophe M., brigadier-chef du service de sécurité des transports, avoue avoir menti lors de sa première audition en 2019, et explique avoir alors subi des pressions de sa hiérarchie et du syndicat Alliance pour nier sa présence et celle de ses collègues, rapporte Mediapart.

    Dans un rapport administratif daté du 10 septembre auquel a accédé le média en ligne, il raconte avoir été convoqué en décembre 2019 « dans le bureau du syndicat Alliance ». Rudy Manna, alors délégué et porte-parole départemental du syndicat, aujourd’hui référent sécurité de Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, candidate à la mairie de Marseille, lui aurait demandé de « ne pas donner une version contradictoire à celle du capitaine » et de son collègue à l’attelle. Auditionnés, ceux-ci expliquaient ne pas reconnaître Christophe M., ni aucun membre de leurs effectifs.

    Ce dernier obéit. Présent sur le lieux où il a vu la jeune femme au sol, il avait pourtant transmis à son commandant les noms de deux agents de la BAC qu’il pensait impliqués. Des informations qui ne seront jamais communiquées.

    Ces aveux ont entraîné la mise en examen de deux policiers de la BAC le 14 novembre 2025 pour « non-assistance à personne en danger », détaille Mediapart. Parmi eux, Ludovic B., le policier à l’attelle, admet aujourd’hui avoir été présent et avoir donné des coups au jeune homme qui accompagnait Angelina. Il reconnaît aussi de sa hiérarchie, des « conseils appuyés ayant orienté [s]es déclarations », rapporte l’article de nos confrères. Cinq des six agents mis en examen en octobre se sont reconnus sur la vidéo mais aucun ne dit avoir été témoin des violences ni avoir perçu de blessure. Un seul a reconnu sa responsabilité. « Je n’ai pas fait ce qu’il fallait faire » assume Franck H. Le seul à ne pas contester sa mise en examen.

    Sept ans après les faits, l’instruction se poursuit. Pour Angelina, qui vit avec des séquelles neurologiques et psychologiques, l’espoir renaît que la vérité éclate et que les responsables soient jugés.

  • Les anciennes douanes du Vieux-Port bientôt rénovées

    Les anciennes douanes du Vieux-Port bientôt rénovées

    Les fenêtres aveugles des anciennes douanes vont de nouveau pouvoir se rouvrir sur les quais du Vieux-Port de Marseille. Après avoir obtenu au mois de juillet 2023 le permis de construire, la Métropole Aix-Marseille se prépare à réhabiliter complètement le pavillon du XIXe siècle qui jusqu’en 2023 abritait la Consigne à images, centre d’initiations aux arts visuels portée par le conseil départemental en partenariat avec le centre Pompidou. Une deuxième phase de rénovations prévue pour durer huit mois, et placée sous la houlette du cabinet d’architecture Fabrica Traceorum, pour un montant estimé à 1,7 million d’euros.

    Construites en 1862, les anciennes douanes reproduisent la consigne sanitaire voisine édifiée près d’un siècle et demi plus tôt, le ciment naturel employé par dessus la maçonnerie de moellons reproduisant la pierre de taille et les ornements de son modèle voisin. Si les enduits d’origine sont toujours en place, « ils présentent cependant, de nombreuses lacunes, des réparations malheureuses, une érosion et un encrassement généralisé », s’inquiètent les architectes du patrimoine dans le projet présenté en septembre 2023, que l’intercommunalité espérait alors achever courant 2024 pour rouvrir définitivement la Consigne à images. Celui-ci prévoit de réaménager les lieux en un établissement recevant du public « dédié à la culture artistique contemporaine pour le jeune public ». Avec des espaces au rez-de-chaussée pour les ateliers et expositions, des bureaux à l’étage complétés par un atelier d’artistes et un espace pour des projections vidéos. Sollicitée, la Métropole n’était cependant pas en mesure d’apporter de précisions.

    Projets pour l’ancienne consigne sanitaire

    « Ils ont lancé un appel à projets sans nous avoir consulté », déplore de son côté Marie-Dominique Champloy, la cofondatrice de Marseille capitale de la mer, installée dans le pavillon voisin de la consigne sanitaire. C’est que l’association, qui a signé en juin 2023 une convention d’occupation avec le Grand Port maritime propriétaire des lieux, doit elle aussi réhabiliter le bâtiment qui avait remplacé, en 1719, le bureau flottant affecté aux officiers de santé. Le permis signé en septembre 2024, reste à obtenir les fonds nécessaires aux chantiers, notamment auprès de la Direction régionale des affaires culturelles. « Ce qu’on aimerait, c’est ouvrir une salle dédiée aux métiers de la mer en septembre prochain », avance la directrice générale de l’association. De quoi faire de ce lieu emblématique, au pied du fort Saint-Jean, un tiers-lieu dédié à la mer, avec notamment une salle polyvalente pour accueillir publics et expositions, un espace de travail partagé pour les associations liées au monde maritime, une salle de découverte des métiers de la mer… De quoi redonner vie à l’ancienne consigne sanitaire qui a déjà accueilli près de 5 000 personnes l’an passé, notamment en proposant un apprentissage de la nage et des sorties en mer aux jeunes défavorisés.

  • Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Missions locales : en Vaucluse, un impact pour 2 300 jeunes

    Cette semaine, la mission locale du Grand Avignon démontrera, s’il y en avait besoin, son rôle majeur auprès des 16-25 ans du territoire. Deux initiatives sont prévues : ce mercredi après-midi à Sorgues, le forum « Bouger pour réussir », dédié à la mobilité, à la prévention routière, à l’emploi et à la formation, est organisé. Le lendemain, à Avignon (Château Saint-Chamand), c’est l’orientation qui sera mise en avant à l’occasion d’un forum dédié. Deux événements qui s’adressent potentiellement aux plus des 5 500 jeunes (16-25 ans) suivis par la structure du Grand Avignon. Qui, à l’instar de ses trois autres collègues vauclusiennes (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse) s’inquiète de la potion budgétaire amère actuellement concoctée par le gouvernement. Si la baisse de 13% des crédits est actée, une vingtaine de postes de conseillers pourraient être supprimés. Avec comme répercussion immédiate un défaut de suivi pour 2 300 jeunes Vauclusiens. Le tout dans un département présenté comme le 5e plus pauvre de France.

    « La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, c’est de l’investissement dans l’avenir du pays », revendiquait, il y a dix jours, la présidente de la mission locale du Grand Avignon, Lilou Quennesson, également conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. Le dossier budget doit arriver au Sénat la semaine prochaine, les missions locales poussant pour des amendements annulant cette coupe financière.

  • Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    En ce mois sans tabac, un laboratoire pharmaceutique, Bristol Myers Squibb France, propose une exposition pour briser le tabou autour de cette maladie. « Tout le monde sera touché par le cancer, de près ou de loin », campe Frédérique Saas, directrice des Affaires Corporates de Bristol Myers Squibb France, laboratoire pharmaceutique à l’origine du projet et qui consacre 80% de ses recherches au cancer, « et le tabac est le premier facteur de risque », 8 cancers sur 10 y étant liés.

    Récolter 100 000 euros pour la recherche

    Une semaine durant, trois espaces mêlant art et sciences sondent les origines de la maladie, l’immersion et l’espoir car d’« incroyables préventions thérapeutiques sont à venir tels que les immunothérapies, les car-T », explique Frédérique Saas. L’artiste marseillais Gaetan Marron y présente des œuvres inédites : « l’inspiration », souffle de vie, devient cellule cancéreuse qui explose, sons, lumières, papillon suspendu dans les airs…

    Chaque entrée, visite sur le site #InspireForCancer et interaction sur les réseaux permettront de mobiliser 0,10 euro. Bristol Myers Squibb France fait le pari de récolter 100 000 euros. Pour Frédérique Saas, l’« objectif financier est atteignable ». « L’opération, certes éphémère, oriente directement vers nos réseaux sociaux. De plus, les visiteurs ont le sentiment de faire une bonne action en entrant dans l’exposition », ajoute-t-elle optimiste. Les fonds seront directement reversés à l’Institut Paoli-Calmettes et à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille pour un projet public de recherche sur le cancer. L’opération prend sa source à Marseille en raison de ces deux centres scientifique d’excellence.

    Gratuit. 10h-17h. 41 rue Montgrand (6e).

  • Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Réunion au sommet contre le narcotrafic marseillais

    Le drame de trop ? La réaction viendra-t-elle du sommet de l’État après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste, Amine Kessaci. Toujours est-il que le président de la République a pris l’initiative d’une réunion portant sur la lutte contre le narcotrafic.

    Les ministres Gérald Darmanin (Justice), Laurent Nuñez (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères) et Amélie de Montchalin (Comptes publics), ainsi que le procureur de Marseille Nicolas Bessonne seront autour de la table, a fait savoir l’Élysée, confirmant une information de franceinfo.

    Le directeur général de la police nationale, de la police judiciaire, ainsi que le préfet des Bouches-du-Rhône seront également présents.

    Lors de la réunion, « un point à l’ordre de jour sera spécifiquement consacré à la situation à Marseille », a déclaré l’Élysée.

    Jeudi, le frère d’un militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, Amine Kessaci, a été abattu par balles à Marseille. Le procureur Nicolas Bessone n’a pas exclu un assassinat d’avertissement. Un autre frère d’Amine Kessaci avait été tué en 2020 (lire ci-dessous). À Grenoble, un jeune adolescent a par ailleurs été touché dans la nuit de samedi à dimanche par trois balles près d’un point de vente de drogue, et était toujours dans le coma lundi.

    Cette réunion au sommet doit porter selon l’Élysée sur la « mise en œuvre » et « la montée en puissance » de la loi narcotrafic, qui a été promulguée en juin.

    Celle-ci prévoit entre autres « l’installation du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) qui sera officiellement créé le 1er janvier prochain », précise l’Élysée.

    Ce nouveau parquet sera compétent sur les dossiers les plus graves et complexes en matière de crime organisé, sur le modèle du parquet national antiterroriste (Pnat) et du parquet national financier (PNF).

    « Le chef de l’État suit ce sujet de très près et s’était notamment rendu en mai dernier à l’état-major de lutte contre le crime organisé à Nanterre », a précisé l’Élysée.

    Reste à savoir quels seront les délais pour cette installation et les moyens alloués, au-delà des effets d’annonce.

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    « C’est à ce stade la piste privilégiée. » Après l’assassinat de Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu en plein après-midi le jeudi 13 novembre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone a confirmé sur France Inter la forte probabilité du crime d’avertissement. Même si « toutes les hypothèses » restent envisagées à ce stade de l’enquête.

    Totalement inconnu des services de police a rappelé le magistrat, le jeune homme de 20 ans était le frère du militant écologiste, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Ce dernier a créé en 2020 l’association Conscience après la mort de son grand frère, Brahim, dont le corps avait été retrouvé calciné dans une voiture.

    Inhumé dans l’intimité

    Il a aussi publié un ouvrage le 2 octobre, intitulé Marseille, essuie tes larmes, vivre et mourir en terre de narcotrafic, dénonçant l’engrenage dans lequel a été pris Brahim, n’hésitant pas à plusieurs reprises à dénoncer haut et fort une « narcocratie ». Depuis plusieurs semaines, Amine Kessaci était sous protection policière après avoir reçu des « menaces et des pressions très fortes » a précisé le procureur de la République qui réclame plus de moyens pour la police judiciaire, en mal d’enquêteurs, pour permettre de démanteler les réseaux.

    Après une cérémonie à la mosquée de Frais Vallon (13e), Mehdi Kessaci sera inhumé « dans l’intimité » ce mardi 18 novembre au cimetière de Saint-Henri (16e). La priorité de la famille étant de « rassembler le plus de monde possible » au cours d’une marche blanche ce week-end, dont les modalités restent encore à préciser indique l’association Conscience.

    Cet assassinat intervient aussi alors que le procès où seront jugés les auteurs présumés du meurtre de Brahim doit avoir lieu prochainement. « Ce sera le procès qui marquera la fin de l’impunité. La justice doit être claire, ceux qui ont du sang sur les mains doivent être traqués sans relâche », avait commenté Amine Kessaci.

  • L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    L’industrie ouvre une halle immersive pour recruter à Istres

    « Il faut rendre l’industrie désirable », répète à qui veut l’entendre Pascal Kuhn, directeur du site marignanais d’Airbus Helicopters et président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée. Ce lundi 17 novembre, le secteur fait un pas de plus vers cet objectif en inaugurant sa toute nouvelle halle immersive 360° au sein du CFAI d’Istres, alors que s’ouvre la 14e édition de la Semaine de l’industrie.

    C’est au premier étage du pôle de formation sud de l’UIMM que les publics peuvent désormais découvrir ce lieu innovant. Après avoir franchi le pas de la porte, un premier espace interactif dédié à la découverte des métiers se dévoile. Les visiteurs peuvent pianoter sur les écrans pour se familiariser avec les filières et entreprises qui embauchent localement – telles que l’aéronautique, la sidérurgie, la défense ou la chimie – avant de passer dans un couloir consacré à l’expérimentation. Là, plusieurs outils sont à disposition : le jeu vidéo Forindustrie, un atelier pour choisir l’intensité du vent et l’orientation des pales d’une éolienne ou encore un poste à souder virtuel pour s’essayer au procédé d’assemblage… Équipée d’un écran incurvé, une dernière salle présente des témoignages vidéo de travailleurs et de travailleuses du bassin industriel.

    Imaginée avec France Travail, la halle est un outil à destination des scolaires mais surtout des demandeurs d’emploi. Jean-Pierre Dos Santos, le directeur du CFAI d’Istres, explique : « Ça permet de démystifier les métiers de l’industrie de manière rapide et démonstrative. Un travail de fond est ensuite fait avec des services publics de l’emploi comme l’Apec, Cap avenir, la Maison de l’emploi ou les missions locales pour assurer un accompagnement social du bénéficiaire dans sa recherche, son évolution ou sa reconversion. »

    Un besoin en main-d’œuvre grandissant

    Cette halle immersive s’inscrit dans le Contrat d’objectif sectoriel. Créé pour renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les défis du marché du travail, cet outil comprend deux autres piliers que présente Jean-Pierre Dos Santos : « Le parcours industrie avec l’Éducation nationale pour travailler sur l’attractivité des jeunes à partir de la 5e jusqu’en seconde pour pouvoir redonner du sens à la voie professionnelle, qui est aujourd’hui remplie à 50%. (…) Le troisième volet s’attaque à l’enseignement supérieur avec le plan de Renaud Muselier qui vise à diplômer 1 000 ingénieurs supplémentaires par an d’ici 2030. »

    Dans la région, les enjeux sont grands. Selon la Chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence, l’industrie pèse pour 32% de l’emploi salarié privé, soit environ 467 000 emplois directs et induits. Et le secteur va se développer dans les années à venir, rappelle Sébastien Debeaumont, directeur de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités : « 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés sont annoncés d’ici 2030-2040, si tous les projets portés se réalisent c’est 10 000 emplois supplémentaires créés et donc le défi à relever collectivement est de répondre à ce besoin de main-d’œuvre en suscitant des vocations ou en amenant progressivement les demandeurs d’emploi et les personnes en reconversion à s’intéresser à ces métiers. » Sans oublier les « 60 000 personnes qui seront recrutées pour remplacer les départs à la retraite », précise Pascal Kuhn.

    Linda Khenniche, directrice régionale adjointe de France Travail est confiante : « Ce sont ces lieux un peu différents, ces formats ludiques et attractifs qui permettent la rencontre des candidats avec les recruteurs. »

    Les rendez-vous de la semaine de l’industrie

    Féminiser les métiers

    Tout au long de la semaine de l’industrie, des groupes comme Eiffage, CMA CGM, CS Group ou Vinci ouvrent leurs portes à des étudiantes, lycéennes et collégiennes pour des journées dédiées à la féminisation du secteur. Avec ateliers et rencontres de travailleuses de l’industrie.

    Forum régional de l’industrie

    Une trentaine d’entreprises majeures de la maintenance industrielle, des industries aéronautique, navale et nucléaire donnent rendez-vous aux visiteurs et curieux le jeudi 20 novembre, de 14h à 17h, au pôle d’activités Yvon-Morandat à Gardanne.

    Visite de la centrale EDF de Martigues

    Lundi 24 novembre, la centrale thermique, en service depuis 2012, organise une visite d’1h30 sur inscription. À noter que les cycles combinés gaz de Martigues sont les premiers construits en France en utilisant une partie des installations de l’ancienne centrale au fioul.

    Une conférence sur la 5G

    Mercredi 26 novembre, à 9h, une conférence présentera les résultats d’une expérimentation menée au Technocentre Henri-Fabre à Marignane. Un rendez-vous pour comprendre comment la 5G privée peut améliorer la performance et la connectivité dans les ateliers industriels.

  • [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    La Marseillaise : Pourquoi les missions locales se mobilisent aujourd’hui ?

    Claude Fournet : Dès la parution du projet de loi de finances 2026, nous avons vu qu’il était prévu une baisse significative de 13%, qui représente 77 millions d’euros de moins sur l’ensemble des missions locales. C’est énorme, d’autant que l’an dernier nous avions déjà eu une baisse, le tout arrivant à 20%. Les organisations syndicales de la région organisent notamment ce rassemblement à la préfecture. C’est complémentaire avec la mobilisation nationale impulsée par les présidents et conseils d’administration des missions locales notamment pour mobiliser les élus contre cette baisse.

    Quelles conséquences de ces baisses ?

    C.F. : Les premiers touchés seront les jeunes et les salariés des missions locales. On estime à 13 000 jeunes qui seront peu, mal ou pas accompagnés, seulement pour notre région si ce budget passe. Ce sont aussi 120 emplois menacés. Et donc des points d’accueil qui vont fermer ou qui seront moins longtemps ouverts.

    Quelle est votre analyse de cette politique de l’emploi ?

    C.F. : Il y a quelque chose d’antinomique. Il y a trois ans, le Président a fait une loi du plein-emploi et donne des moyens et des mesures pour l’accompagnement des jeunes. Les missions locales ont donc recruté, accueilli beaucoup plus de jeunes. Mais depuis, les financements diminuent ! Alors qu’on est au moment où on en a le plus besoin : le chômage remonte, et c’est celui des jeunes qui remonte le plus fort, avec plus de 20% sur un an.

    Pourtant, vous défendez un modèle d’accompagnement bien spécifique…

    C.F. : Nous sommes un exemple de décentralisation. Nous avons une mission de service public de proximité qui répond aux besoins des jeunes et aux exigences des territoires. Je rappelle qu’on travaille avec 12 000 entreprises dans la région pour les jeunes, nous sommes donc aussi une forme de développement économique. Il faut aussi avoir en tête qu’on propose un accompagnement global. Parfois, avant de parler d’emploi à un jeune, il faut qu’on parle de mobilité, de logement, de santé, de famille. On a une série de dispositifs qui aident à avoir une certaine autonomie, laquelle participe à l’entrée dans le monde du travail. On fait un travail de formation citoyenne, et même plus : culturelle, civique… Nous ne sommes pas une structure d’emploi bis de France Travail. On a une certaine vision de l’emploi pour les jeunes.

    Au niveau du calendrier parlementaire, il y a encore de l’espoir d’amoindrir la baisse prévue ?

    C.F. : Il y a une forte mobilisation des parlementaires, grâce à notre pression, et un certain nombre d’amendements, qui ont été retenus en commission des finances contre cette baisse. Et ça a été relativement transpartisan. Il y a donc des chances.

  • « Investir » pour la jeunesse

    « Investir » pour la jeunesse

    Dans le « musée des horreurs » du projet de loi de finances 2026, en débat à l’Assemblée nationale, la baisse de l’engagement de l’État dans les missions locales tient une place de choix car c’est l’avenir d’une grande partie de la jeunesse qui y est une nouvelle fois traitée par le mépris. Alors que le chômage des 16-24 ans atteignait 19,2% au premier trimestre, c’est en toute conscience que le projet de budget contient un recul de 13% des crédits de l’État aux missions locales qui viennent s’ajouter au recul des financements des collectivités locales.

    Vent debout

    Côté État, les financements étaient déjà en berne en 2025 (moins 6,8%) et, en 2024, le financement du Parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (PCAEA) a été divisé par deux avec une baisse de 5% des crédits de paiement. C’est-à-dire l’argent sonnant et trébuchant qui permet concrètement aux 430 missions locales du pays de mener leur mission auprès des jeunes de 16 à 25 ans. Vent debout, l’Union nationale des missions locales appelle à la mobilisation ce mardi. Leur légitime inquiétude et leur appel à bloquer un tel projet ont déjà payé, partiellement, auprès de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Le 9 novembre, les députés qui la composent ont limité la casse en adoptant un amendement pour rétablir les crédits de 2025. C’est un minimum mais qui ne sera pas au niveau des nouveaux besoins tant le nombre de jeunes venant taper aux portes des missions locales est en hausse. Un budget devrait « investir » pour la jeunesse. Pour l’heure, la Nation lui tourne le dos.