Author: tecnavia

  • Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Ces entreprises qui investissent dans la région Sud

    Les entreprises tricolores sont à l’honneur. Habituellement destiné à attirer des investissements étrangers, le 9e sommet Choose France, qui s’est ouvert lundi 17 novembre à la Maison de la chimie à Paris, se décline pour la première fois en version française pour encourager quelque 150 boîtes qui choisissent d’investir dans l’hexagone malgré un contexte international compliqué, en particulier dans les secteurs stratégiques de l’industrie. Au total, un peu plus de 30 milliards d’euros d’investissements sont valorisés, dont 9,2 milliards dans de nouveaux projets. Du côté de la région Sud, huit projets représentant 2 milliards d’euros sont mis en avant.

    Parmi eux, Airbus  Helicopters, qui investit 600 millions d’euros pour moderniser et augmenter la production de son site de Marignane qui compte aujourd’hui 8 500 salariés. Intégré au Pacte Sud Avenir Hélico, ce projet pourrait créer jusqu’à 5 700 emplois supplémentaires d’ici 2032.

    Total La Mède figure également sur la liste. Le géant de la pétrochimie ambitionne de créer une unité d’hydrogène renouvelable d’une capacité de 25 000 tonnes par an en partenariat avec Air Liquide afin de décarboner l’hydrogène utilisé sur sa plateforme de Châteauneuf-les-Martigues, pour un coût total de 150 millions d’euros.

    Un moteur de la réindustrialisation

    L’usine d’acier bas-carbone GravitHy portée par un consortium d’acteurs internationaux, qui représente un investissement de 2,2 milliards d’euros et bénéficie d’une avance remboursable de 800 000 euros de la Région Sud, fait office d’exemple de projet novateur lors de ce sommet. L’usine devrait créer 3 000 emplois (dont 500 directs) et produire 2 millions de tonnes par an de minerai de fer pré-réduit, contribuant à la décarbonation de la filière acier. Le démarrage des travaux est prévu d’ici 2026-2027, pour une mise en production commerciale autour de 2029.

    Devant cette vitrine, Renaud Muselier, président de la Région Sud (Ren), fait part de sa fierté : « Ici en Provence-Alpes-Côte d’Azur, le développement durable crée de l’emploi, l’industrie se décarbone et l’innovation se développe. Grâce à la mobilisation de risingSUD et de nos partenaires, nous faisons de la région un moteur de la réindustrialisation française. »

    Car l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région et la collectivité accompagnent également d’autres investissements stratégiques pour renforcer la souveraineté économique du territoire. La start-up française spécialisée dans l’aéronautique Hynaero jouit de ce soutien pour l’installation de son usine d’assemblage de l’avion amphibie bombardier d’eau « Frégate F-100 » à Istres. Le projet bénéficie de 7 millions d’euros de soutien public via France 2030, pour un investissement global d’environ 1 milliard d’euros.

    Du côté de Fos-sur-Mer, Elyse Energy, via son projet Neocarb, est aussi accompagnée par la Région et risingSUD pour implanter une giga-usine de carburants de synthèse bas-carbone destinée à verdir le transport maritime et aérien. Avec un investissement de plus d’1 milliard d’euros et la création de 600 emplois directs et indirects, le projet prévoit une mise en service en 2030.

    Depuis 2 ans, risingSUD dévoile le bilan des investissements français dans la région. En 2024, la région avait ainsi attiré 1 487 nouveaux projets, permettant la création de 9 357 emplois.

  • Marseille : les 2 ans du réseau des entreprises centenaires de la région

    Marseille : les 2 ans du réseau des entreprises centenaires de la région

    Leur point commun : être de vénérables acteurs économiques du territoire et célébrer ensemble les deux ans du réseau Centaure. Forte du constat de l’existence de nombreuses entreprises centenaires sur son périmètre, la CCI Aix-Marseille-Provence a en effet créé en septembre 2023 ce réseau pour les fédérer. Aujourd’hui, il compte 82 entreprises qui emploient 10 700 personnes et génèrent 1,74 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

  • Les Baumettes 3 ouvrent, un soulagement temporaire

    Les Baumettes 3 ouvrent, un soulagement temporaire

    « C’est un début de soulagement qui ne sera que temporaire. Forcément les établissements surpeuplés d’Aix, de Nice et d’autres directions régionales vont se faire un plaisir de nous envoyer des détenus », observe Aicha Khelfa, secrétaire régionale adjointe de la CGT Pénitentiaire qui souligne le manque de 60 surveillants. Preuve d’une surpopulation prévisible et déjà anticipée, des lits superposés sont installés et les détenus sont déjà placés par deux en cellule. Tous ne sont pas emballés car « qui dit bascule, dit une fouille réglementaire qui est crainte par certains et donc grand ménage », note la syndicaliste.

    « On ne peut que se réjouir de l’ouverture d’un établissement supplémentaire à Marseille qui permettra au moins dans un premier de temps de désengorger les Baumettes 1 et 2. Cela va améliorer les conditions de détention et d’exercice professionnel des personnels pénitentiaires », se félicite le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, qui livre à La Marseillaise les derniers chiffres de population carcérale : l’ensemble des Baumettes comptait hier 1 214 détenus incarcérés, soit un taux d’occupation de 208%, quand le protocole de régulation carcérale instaurée à Marseille fixe le seuil d’alerte à 175%. « Si la progression se poursuit, on peut craindre que ce nouvel établissement n’arrive lui aussi rapidement à une population très importante. Après avoir désengorgé les Baumettes 1 et 2, ce nouvel établissement va également servir à désengorger d’autres établissements de la région pénitentiaire », ajoute M. Leurent pour qui « l’explosion de la population carcérale est liée à des causes profondes multifactorielles. »

    Il faut noter que 434 autres détenus purgeaient mardi leur peine sous détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE) quand 23 autres étaient en placement extérieur (aménagement de fin de peine). Un nouveau juge de l’application des peines (JAP) a été nommé. Un second le sera bientôt, ce qui portera à terme à 9 le nombre de JAP pour mieux traiter les demandes d’aménagement de peine. Le narcotrafic pèse sur la détention provisoire qui est majoritaire. 2 000 personnes sont actuellement mises en examen dans des cabinets d’instruction à Marseille pour trafics de stupéfiants dont 900 sont en détention provisoire aux Baumettes et ailleurs.

  • Le Marché des Arnavaux veut se reconstruire sur lui-même

    Le Marché des Arnavaux veut se reconstruire sur lui-même

    Il se passe quelque chose à Minopolis. Imaginé en 2017 puis relancé il y a cinq ans, le projet de construction d’une plateforme logistique au-dessus du Marché d’intérêt national (MIN) des Arnavaux, dans le 14e arrondissement de Marseille, commence à se préciser. Propriétaire des lieux, la Métropole Aix-Marseille a mandaté la société publique locale pour réaliser de premières études préalables de faisabilité, qui doivent être livrées d’ici fin 2026.

    « Nous avons retravaillé le projet, explique Didier Ostré, le directeur général du Marché Marseille Méditerranée. Dans le projet initial, on construisait une dalle au-dessus de l’existant pour accueillir les bâtiments dédiés à la logistique, avec de chaque côté des rampe d’accès. Mais l’existant a plus de 50 ans, il est vieillissant et même de certains côtés obsolètes. » Ainsi le carré des grossistes ne dispose d’aucun quai de livraison malgré les besoins des professionnels, à quoi s’ajoutent des hauteurs de plafond insuffisantes, des risques de ruptures de la chaîne du froid.

    300 millions d’euros

    Le choix, finalement, a été fait de démolir et reconstruire entièrement l’ensemble du MIN, le carré des grossistes comme celui des producteurs, en plusieurs phases, pour ajouter cet étage supplémentaire. De quoi doubler la surface, avec 100 000 m² supplémentaires dédiés à la logistique. Une solution qui a l’avantage de réhabiliter l’existant, tout en réduisant le coût du projet. Un temps chiffré à 600 millions d’euros, celui-ci devrait s’élever autour de 300 à 350 millions, avec une livraison projetée à l’horizon 2030.

    « Il y a un vrai besoin sur Marseille, pour faire en sorte de basculer sur de la livraison douce, défend Didier Ostré. Nous sommes sur un emplacement exceptionnel, cela peut avoir un réel intérêt. » Malgré l’explosion des besoins, les derniers projets a Marseille ont en effet pris du plomb dans l’aile. Dernier épisode en date, en mars dernier, le projet de plateforme à la Valentine (11e arr.) a été abandonné face à la mobilisation des riverains et associations environnementales. « Le modèle envisagé de plateforme logistique aux Arnavaux se base sur un changement de paradigme en matière de distribution urbaine des marchandises », promet le cahier des charges soumis le 6 novembre dernier aux candidats susceptibles d’accompagner le MIN pour réaliser les études préfiguratrices. Plutôt que de se reposer sur des plateformes éloignées, le projet vient concentrer les flux logistiques à l’entrée de la ville, sur ce site proche de la rocade L2 et de la sortie de l’A8, pour ensuite les redistribuer avec des véhicules plus adaptés, moins polluants, pour la logistique du « dernier kilomètre ». De quoi faire sortir les poids lourds du centre-ville, sans artificialiser de foncier supplémentaire. Ainsi un rapport du cabinet d’études Jonction daté du 28 mai 2024 estime que le projet ferait chuter la congestion routière liée à la plateforme de 63% à l’échelle métropolitaine, avec une baisse de 38% des kilomètres parcourus. Et donc une réduction de 45% des tonnes de CO2 émises.

    Du fret ferroviaire ?

    Parmi les six études projetées, la Métropole met aussi sur la table un possible raccordement ferroviaire. « Une ligne arrivait sur le MIN, qui est aujourd’hui sous l’emprise de la L2, explique Didier Ostré. L’étude que l’on va mener permettrait de regarder comment nous sommes capables de prendre la ligne existante située aujourd’hui sur le camp de Sainte-Marthe. » Quatre scénarios sont déjà étudiés, pour un coût qui va de 25 à 103 millions d’euros, indique un deuxième rapport rendu le 31 mai 2024.

    Avec ou sans desserte ferroviaire, le projet qui doit être centré sur la logistique agroalimentaire suscite déjà l’intérêt du secteur. « La Poste comme la Caisse des dépôts et consignations sont intéressés, mais des acteurs privés de la logistique sont aussi prêts à discuter avec nous, comme Sogaris, la CMA-CGM », glisse Didier Ostré. Restera à trouver les fonds nécessaires si la Métropole donne son feu vert. « En ces temps de contraintes budgétaires, ce sera peut-être un mixte public-privé », avance le directeur général.

  • Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    Un délai pour classer Arcelor comme site amianté

    La CGT crie au scandale sanitaire. Après avoir engagé une procédure pour faire classer l’usine fosséenne d’ArcelorMittal comme site amianté en mars dernier, ce lundi 17 novembre, le syndicat a évité de peu un refus du ministère du Travail et a obtenu un délai pour pouvoir apporter des pièces justificatives supplémentaires.

    Zidane Merabet, responsable syndical CGT au pôle juridique, explique : « On avait 479 salariés bénéficiant d’un suivi médical renforcé en lien avec l’amiante début 2025 sur les 2 300 du site. » Près de 150 travailleurs se seraient rajoutés à cette liste dans le courant de l’année. « Sur ces 600 personnes, le ministère a dit qu’il ne savait pas combien étaient exposées de manière quasi quotidienne aux matériaux amiantés. »

    Dans un courrier envoyé à La Marseillaise le 14 novembre, la direction d’Arcelor détaillait : « Les salariés de l’établissement dont le classement est demandé doivent en effet effectuer une activité significative de calorifugeage [une isolation thermique ou acoustique appliquée aux tubes ou conduits, Ndlr] à l’amiante. Or, les salariés de l’établissement de Fos [n’en] effectuent pas. »

    Un mensonge, selon la CGT, qui accuse l’aciériste de faire de la « rétention d’informations ». Le syndicat affirme avoir des preuves « factuelles et irréfutables » de l’exposition « quasi quotidienne » à l’amiante de 30% de la masse salariale. « Ce sont des documents qui nous ont été présentés par la direction lors de comités sociaux et économiques ou de commissions de santé, sécurité et conditions de travail qui montrent des carences, suite à des alertes de danger grave et imminent et des alertes de droits environnementaux qui émanaient de la CGT », assure Zidane Merabet.

    Au-delà du classement du site, qui permettra aux travailleurs exposés d’obtenir réparation, le syndicat demande une cartographie amiante complète du site et son renseignement dans le document unique d’évaluation des risques professionnels.

  • Les missions locales en action face à l’austérité

    Les missions locales en action face à l’austérité

    « On est la voix des jeunes les plus fragiles ! ». Devant la préfecture de la région Sud Paca à Marseille ce mardi, Daniel Wehrle, secrétaire régional de la CGT Missions locales, tient à rappeler le rôle essentiel de ces structures dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. « On fait un accompagnement intensif, qui prend en compte les problématiques globales des jeunes. On ne s’arrête pas uniquement à la demande d’emploi, on voit aussi les besoins périphériques du jeune : mobilité, logement, santé mentale… », développe le syndicaliste. Devant lui, des salariés de structures de toute la région, d’Avignon à Aubagne en passant par Carpentras et Martigues, ont fait le déplacement pour cette mobilisation à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, SUD et CFDT). Et ils donnent de la voix à grands coups de slogans maison : « Plus de budget, jeunesse en danger ! Investir dans les jeunes, pas les ignorer ! ».

    Il faut dire qu’il y a urgence pour les petites mains de l’insertion des jeunes vers l’emploi : une baisse de 13% des financements des missions locales est prévue dans le projet de loi de finances 2026 (lire notre édition du 18/11). Laquelle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ) et une baisse de plus de 6% du budget des missions locales l’année passée. Bien qu’amendé en commission des finances et pas encore voté, l’inquiétude est vive. « C’est le coup de trop ! Qu’est-ce qu’on va faire de notre jeunesse sans ces moyens ? », s’insurge Isabelle Urbano, déléguée régionale pour la CFDT-Synami (Syndicat national des métiers de l’insertion). In fine, elle craint une forme d’arrivée de la politique du chiffre dans les structures : « On est déjà en état de saturation, il y a bon nombre de missions locales qui sont déjà en difficulté… Faire rentrer les jeunes dans des cases, ce n’est pas notre travail ! ». Elle dénonce : « Moins de moyens, ce sont des territoires qui seront pas, ou moins, couverts. Et donc des jeunes à l’abandon ! ».

    « Un impact pour les jeunes les plus éloignés »

    Car concrètement, cette baisse équivaudrait à « 1 100 fins de contrats ou contrats non renouvelés, selon l’UNML [Union nationale des missions locales Ndlr] », précise Daniel Wehrle. Soit entre 120 et 200 salariés en moins au niveau régional selon les calculs syndicaux, qui estiment à 25 pertes de contrats pour les antennes marseillaises. Un comble à l’heure où le chômage des jeunes est en constante augmentation. « On essaie de maintenir un accompagnement humain, mais sans moyens ça va devenir impossible », déplorent deux salariées de la mission locale de Marseille. Avant de faire un triste constat : « Ça va aboutir à moins d’équité et il y aura un impact pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. »

    Autre conséquence à craindre : « La hausse des délais d’attente pour un accompagnement », selon Fouzia Staali, salariée de la mission locale de Martigues et déléguée CGT. Laquelle insiste sur le travail effectué au quotidien : « Des jeunes à la rue, des jeunes qui ne mangent pas, c’est ça la réalité de notre accompagnement. Notre but c’est de les sortir du marasme. » D’où le débrayage du jour, avec maintien de salaire pour la plupart des travailleurs des structures de la région. Le tout, permis grâce à une alerte commune avec les directions et présidences des missions locales qui se mobilisaient devant l’Assemblée nationale à Paris, au même moment. Si une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Marseille, « tout se jouera lors de l’examen final de cette loi de finances », conclut Daniel Wehrle.

  • Restos du cœur : moins d’argent mais toujours là

    Restos du cœur : moins d’argent mais toujours là

    « Il y a 40 ans, Coluche lançait un appel. Cette petite idée d’aide alimentaire devait être éphémère, mais elle continue, parce que la pauvreté touche de plus en plus de monde », affirme Alain Evezard, responsable départemental des Restos du cœur des Bouches-du-Rhône. Entouré des bénévoles de l’association, et en présence de Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental, il était au centre de Granoux à Marseille (4e), ce mardi, pour lancer la 41e campagne annuelle de l’association.

    « Nous sommes prêts à accueillir 650 familles ici pour cette nouvelle campagne », s’enthousiasme Christine Deliere, responsable du centre de Granoux, l’une des 12 antennes marseillaises. Un lieu qui a accompagné 1 515 familles l’année précédente. Chaque semaine, les personnes inscrites peuvent y faire leurs courses gratuitement grâce à un système de points. Des distributions alimentaires nécessaires alors que « rien qu’à Marseille, 330 000 personnes sont en précarité alimentaire », précise Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille, chargée de la lutte contre la pauvreté.

    Accès aux droits

    L’association ne se contente d’ailleurs pas de distribuer des denrées. « Quand on est en grande précarité, trouver à manger, c’est la première nécessité, explique Alain Evezard. Mais la solitude de certaines de ces personnes est aussi un fléau, et peut dégrader leur santé physique et mentale. » Les Restos du cœur deviennent alors des lieux pour recréer du lien, en proposant des ateliers. « On organise aussi des vacances familiales ou des journées dans des centres UCPA pour les enfants », ajoute Christine Deliere. L’association a également mis en place des partenariats avec des administrations publiques telles que la CAF ou la Caisse d’assurance maladie afin de faciliter l’accès aux droits de ces personnes. « Beaucoup ne connaissent pas leurs droits. Nous les accompagnons donc dans leurs démarches », explique le responsable départemental.

    Alors que la précarité augmente partout en France, et particulièrement dans les Bouches-du-Rhône, les subventions que reçoit l’association fondée par Coluche diminuent.

    Subventions en baisse

    « Entre 2024 et 2025, on a par exemple perdu 15% d’une aide que l’on recevait », se désole Alain Evezard. Face à ces coupures, la structure a dû revoir le seuil de revenu pour pouvoir bénéficier de son aide. « C’est décidé au niveau national. Comme on a perdu beaucoup de subventions publiques, et que les donateurs donnent moins à cause de la crise, on ne pouvait pas accueillir plus de monde », se désole Alain Evezard.

    Un changement dans les critères qui explique que le nombre de bénéficiaires des Restos du cœur n’a que très peu augmenté, alors que la précarité ne cesse de progresser. Une pauvreté qui n’épargne plus personne : des personnes âgées aux étudiants en passant par les travailleurs. Une réalité qui pousse l’association à « appeler les pouvoirs publics à prendre des mesures pérennes pour les personnes précaires », soutient Alain Evezard.

  • Lutte contre les narcotrafics : Nuñez et Darmanin attendus à Marseille

    Lutte contre les narcotrafics : Nuñez et Darmanin attendus à Marseille

    Poursuivre et amplifier la lutte contre le narcotrafic. C’est le mot d’ordre lancé par Emmanuel Macron lors de la réunion d’urgence tenue mardi à l’Élysée, après l’assassinat à Marseille du frère d’Amine Kessaci, un militant écologiste engagé dans ce combat. Autour du Président, les ministres des Comptes publics, et des Affaires étrangères, des magistrats spécialisés dont le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, et le directeur national de la police judiciaire. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin était en visio depuis les Émirats arabes unis.

    Cet assassinat « n’est pas un règlement de compte classique mais manifestement un crime d’intimidation inédit » marquant « un point de bascule » a répété devant la presse Laurent Nuñez à la sortie de la réunion. Alors que l’enquête a été transférée à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée à Paris, le ministre de l’Intérieur sera avec le garde des Sceaux ce jeudi à Marseille à la demande du chef de l’État qui devrait s’y rendre lui-même mi-décembre.

    « Les mafias marseillaises de plus en plus à cran »

    « Les trafiquants et notamment ceux qui dirigent les mafias marseillaises sont de plus en plus à cran parce que nous menons des actions qui sont extrêmement efficaces », a poursuivi le ministre de l’Intérieur chiffres à l’appui : 2 000 mises en examen pour trafic de stup à Marseille, 900 détentions provisoires, une baisse de 30% des narchomicides en 2025, déjà passés de 49 à 24 entre 2023 et 2024, une réduction de moitié des points de deal recensés, 80 environ…

    Une manière de répondre aux responsables politiques qui appellent l’exécutif à passer de la parole aux actes. Car le thème s’invite dans la campagne municipale. Candidat de l’extrême droite à la mairie de Marseille, Franck Allisio (RN), a réclamé « l’état d’urgence ». « Une punition collective par lâcheté et incapacité à cibler les véritables coupables » lui a répondu le macroniste Romain Simmarano (Ren.), porte-parole de Martine Vassal (DVD) pour les municipales.

    L’objectif de la réunion élyséenne visait à intensifier la mise en œuvre de la loi pour lutter contre le narcotrafic. Promulguée en juin elle monte « en puissance » assure l’Élysée. Elle prévoit l’installation du parquet national anticriminalité organisée qui sera créé le 1er janvier et compétent sur les dossiers les plus graves et complexes, sur le modèle du parquet national antiterroriste ou du parquet national financier.

    Ce qui a été fait « sur la lutte contre le terrorisme doit aussi nous inspirer dans la lutte contre le narcotrafic », a affirmé le Premier ministre à l’Assemblée, espérant « une forme d’unité nationale ». Sébastien Lecornu répondait à l’écologiste Cyrielle Chatelain, applaudie par tous les députés debout lorsqu’elle a rendu hommage à Mehdi Kessaci, dont les obsèques se tenaient au même moment à Marseille. « Marseille restera toujours une priorité pour le gouvernement », abondait encore Laurent Nuñez interrogé par le député PS Laurent Lhardit.

  • Stopper la pieuvre

    Stopper la pieuvre

    L’assassinat de Mehdi Kessaci marque une rupture. La pieuvre du narcotrafic s’en est prise cette fois à un jeune sans histoire pour atteindre son frère, engagé contre la mafia. Après avoir pourri la vie des habitants des quartiers populaires, après avoir fait couler le sang entre réseaux rivaux, les narcotrafiquants ont donc décidé de faire régner la terreur en tuant « pour l’exemple ».

    Il n’y a pas d’accommodements possibles avec ces criminels. Ils doivent être pourchassés, retrouvés et punis car dans notre société c’est à la Justice de faire l’exemple.

    Depuis trop longtemps, les pouvoirs publics ont laissé la pieuvre grossir. Par lâcheté, inconséquence et cynisme. En supprimant des effectifs de police, en sabotant les services publics dans les quartiers populaires, en ouvrant grand les frontières à la drogue.

    C’est de l’état de droit dont a besoin Marseille

    Dans la dernière période, bien sûr que des résultats ont été obtenus dans la lutte contre le narcotrafic à Marseille et dans la région mais l’emprise du narcotrafic est telle qu’ils n’ont pas empêché ce « point de bascule ».

    Face à cette situation, comme toujours l’extrême droite tente de se nourrir du désordre et de la peur. Derrière ses propositions démagogiques : toujours la même volonté de restreindre les libertés publiques. Le candidat RN à la mairie de Marseille propose ainsi d’instaurer l’état d’urgence dans la ville. Mais c’est de l’état de droit dont Marseille comme tout le pays ont besoin.

    Pour cela, la réponse doit être massive et globale comme le propose les près de 20 000 signataires de l’Appel de Marseille. La pieuvre peut être stoppée. C’est notre affaire à tous.

  • Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Les raisins de la colère avant un salon viticole tendu à Montpellier

    Attendue au Salon international des filières viticole, vinicole, arboricole et oléicole (Sitevi) du 25 au 27 novembre à Montpellier, Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, pourrait avoir les oreilles qui sifflent.

    Au sortir de vendanges qui laissent augurer d’une récolte historiquement faible (avec l’arrachage), les viticulteurs, en proie à une crise systémique de surproduction en raison de l’effondrement de la consommation de vin et du jeu pervers des puissants intermédiaires (négoce, grande distribution), ont le moral en berne.

    Samedi 15 novembre, après plusieurs mois de faux calme, entre 4 000 et 7 000 vignerons ont à nouveau dit leur inquiétude pour l’avenir d’une profession qui subit aussi les droits de douane de Trump ou les taxes chinoises (Cognac, Armagnac). La colère s’est exprimée aussi. En marge du calme cortège, un magasin Lidl et un radar ont été dégradés.

    Malgré la belle affluence, une viticultrice du Minervois se montre pessimiste. « On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous », lâche-t-elle tandis qu’une réunion doit se tenir au ministère le 24 novembre, veille du Sitevi au parc des expos.

    À l’heure où la profession doit s’adapter (eau, cépages…) aux effets du dérèglement climatique (sécheresse, gel, grêle…), le président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard, Romain Angelras s’agace. « On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café ».

    Les propositions du PCF

    Attentifs, les élus du groupe communiste, républicain et citoyen d’Occitanie se disent solidaires. Ils réclament « l’instauration de prix planchers pour les vins de table, IGP, AOP et biologiques, fixés par une conférence exceptionnelle réunissant l’ensemble de la filière et garantissant une rémunération juste du travail des vignerons ». Le groupe se prononce aussi en faveur de « l’activation de mesures de sauvegarde et le blocage des importations lorsque le maintien de filières de production spécifiques est en jeu ». À plus long terme, les élus PCF prônent la « diversification des exploitations viticoles afin de sécuriser une partie du revenu agricole en cas d’aléa climatique ou sanitaire sur la vigne ». Enfin, ils réclament la mise en place d’un « véritable régime public d’assurance contre les risques climatiques, sanitaires et environnementaux ».

    Vendanges : les résultats dévoilés par Sun’Agri au salon Sitevi

    Mardi 25 novembre à 9h30, au premier jour du Sitevi au parc des expositions de Montpellier, Sun’Agri dévoilera les résultats agronomiques des vendanges 2025. Un millésime qui pourrait être de bonne qualité mais d’une quantité historiquement faible, selon les craintes des syndicats. Tout au long de ce salon, Sun’Agri, agritech filiale d’Eiffage Concessions, pionnière et leader de l’agrivoltaïsme dynamique, propose plusieurs animations sur son stand. Mardi 25 novembre (11h), une dégustation du premier vin agrivoltaïque de Damien Besombes. Les 26 et 27 novembre, d’autres dégustations de vins agrivoltaïques comparés. Forte de 15 années de recherches conduites avec l’Inrae, auteure du premier démonstrateur agrivoltaïque dynamique, Sun’Agri équipe 41 parcelles agrivoltaïques.