Author: tecnavia

  • François Bazzoli à Luminy : l’enseignant majeur

    François Bazzoli à Luminy : l’enseignant majeur

    C’était un Diogène du XXe siècle : né en 1947, ce célibataire drôle et éclectique, fut inventif et curieux en face des brèches de son époque. Avant de devenir un insatiable découvreur-recenseur d’images contemporaines, il explora plusieurs registres. Dans son logis, 13 boulevard Longchamp, on heurtait des empilements de livres, des accrochages furieusement discrets. Les DVD et les cassettes d’enregistrements de films rares et d’émissions improbables se multipliaient. La littérature du côté de Buzzati et d’Alphonse Allais, la science-fiction, les bandes dessinées, Charlie Hebdo, les monstres, les fous et la transversalité le passionnaient ; pour Pilote, Métal Hurlant et Caza, il rédigea des scénarios. Un accident de voiture avait tué son père, il fut employé par la Caisse d’Épargne des Chartreux, libraire à la Touriale où il organisa une exposition de Roland Topor, rédacteur assidu du Breteuil boulevard Notre-Dame, coprogrammateur de la Cinémathèque de Marseille basée en Maison Diamantée.

    Avant d’œuvrer à Luminy entre 1984 et 2012, ses activités d’enseignant débutent en 1976 à l’École d’Art de Toulon. Il noue amitié avec Marie-Claude Beaud (1946-2024) qui lui demande d’aider au musée pour Louis Pons et Georges Bru ou bien d’offrir une première chance à Judith Bartolami. De 1984 à 2008 il donne des cours à l’École nationale de photographie d’Arles.

    Levé à cinq heures du matin, jusqu’au bout clivant-blaguant, François Bazzoli travaillait prodigieusement, pour confier à ses auditeurs l’énorme iconothèque, les complicités qu’il avait croisées. En sus de ses cours pendant plusieurs années joyeusement orchestrés avec Gérard Traquandi, il siégeait dans des jurys et commissions afin de frayer la voie aux artistes : ses amitiés électives, ce sont entre autres Anne-Marie Pêcheur, Caccavale, Gérard Fabre, Eric Pasquiou, Olivier Rebufa, Patrick Sainton.

    En dépit de ses innombrables publications et des amis qui sollicitaient ses conférences depuis Bruxelles jusqu’à Saint-Étienne-les-Orgues, depuis l’Algérie de son enfance en passant par La Clayette en Bourgogne, malgré ses greffes aux Bains-Douches de la Plaine qu’il a cofondés, sa place sur l’échiquier fut celle d’un outsider. Son diabète engendra chutes, désastres, amputation, hospitalisations. Dans l’émotion d’un ultime retournement grâce à l’écoute à Digne de Nadine Gomez, Sandra Cattini et Lydie Rekow-Fond, ses donations furent menées jusqu’au terme. Des camions arrivèrent au port qu’il souhaitait : 3 000 ouvrages pour la bibliothèque de Luminy, sa collection d’œuvres d’art offerte au musée Gassendi.

    Obsèques samedi 22 novembre, 9h30 cimetière Saint-Pierre, 11h au crematorium.

  • [Entretien] Souleymane Bachir Diagne : « Marseille montre l’avenir de notre humanité »

    [Entretien] Souleymane Bachir Diagne : « Marseille montre l’avenir de notre humanité »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur Marseille ?

    Souleymane Bachir Diagne : J’ai eu l’occasion d’y venir quelques fois. Je connais un tout petit peu la ville, le chemin entre le Vieux-Port et la gare. J’ai une attirance particulière pour Marseille car elle me semble être le type même de la ville cosmopolite et multiculturelle. De ce point de vue, je pense qu’elle nous indique l’avenir de notre humanité, celle que nous avons en partage. Des cultures et langues différentes mais toujours orientées vers l’universalité.

    Dans les années 1920, Marseille a été l’une des terres d’élection du poète jamaïcain Claude McKay, qui a inspiré le mouvement de renouveau artistique afro-américain Harlem Renaissance, qui a lui-même préfiguré le courant de la Négritude…

    S.B.D. : Il faut souligner la conscience qui a été la sienne, notamment avec son roman Banjo. Claude McKay a donné une impulsion au mouvement de la Négritude. Mais cette histoire marseillaise a été éclipsée par ce que l’on appelait le Paris noir. Pour autant, il ne faut surtout pas oublier l’importance de Marseille mais aussi de Claude McKay, et l’influence qu’il a pu avoir sur quelqu’un comme Ousmane Sembène [un Sénégalais qui a débarqué à Marseille en 1946, où il devient docker CGT, de tous les combats anticolonialistes, avant de devenir une figure majeure de la littérature et du cinéma, Ndlr].

    Au contraire de Marcus Garvey, précurseur du panafricanisme, Claude McKay estimait que tous les noirs à travers le monde étaient différents et qu’ils devaient s’émanciper partout où ils se trouvaient. Une réflexion aidée par sa grande conscience de classe. Vers « l’universel » auquel vous appelez, quel rôle doit jouer cette dernière ?

    S.B.D. : Sur ce point, je suis plutôt du côté de McKay avec son insistance du pluriel. Il ne faut pas avoir l’impression que tous les noirs aillent dans la même direction car les cultures noires sont des cultures au pluriel. Quant à la question de classes, il ne faut pas la négliger. Quand on parle de classes, cela implique de parler d’inégalités socio-économiques. Dans la construction d’une humanité commune, qui est le premier universel, il est donc important que nous combattions tout ce qui s’y oppose, parmi lesquels les inégalités socio-économiques.

    La quête de « l’universel » est entravée par les replis identitaires qui submergent le globe. Un « monde de tribus », dîtes-vous…

    S.B.D. : Ce sont les tribus qui estiment qu’elles sont tout naturellement opposées et hostiles aux autres tribus. Cette manière de s’enfermer dans une conception carcérale de l’identité, comme une sorte de forteresse assiégée, relève d’un esprit de tribu. On le voit aujourd’hui avec une sorte de réaffirmation de suprématie où certains se regroupent par exemple entre blancs. Une solidarité nouvelle comme c’est le cas avec les Afrikaners en Afrique du Sud. Leur suggestion récente, qu’on puisse les considérer comme des réfugiés, ne tient qu’à une chose : une sorte de concept d’identité raciale. Que dire encore de ceux qui veulent partir en croisade, censément pour protéger les chrétiens au Nigeria ? Ce sont des manières de penser immédiatement en termes d’identités : « Ce sont des gens de ma tribu car nous partageons la même couleur de peau ou la même religion. » Cet esprit tribal, on le voit partout. Pas seulement en Europe ou en Amérique, mais aussi en Afrique. Il y a une recrudescence de nationalismes aplatis sur les identités. Et l’on parle beaucoup plus de souveraineté que d’ouverture.

    L’universel auquel vous aspirez nécessite que les hommes ne soient plus ethnocentrés. Votre dernier livre et votre travail autour de la Galerie des cinq continents du Louvre, anciennement Pavillon des sessions, va dans ce sens. Pouvez-vous revenir sur ces enjeux ?

    S.B.D. : Il y a d’abord eu le fait que le Louvre, sous l’impulsion du président Jacques Chirac en 2000, s’est ouvert à des arts venus des quatre autres continents. Si l’Égypte et la Mésopotamie étaient présentes auparavant, tout cela était centré autour d’un universalisme européen. La présence d’œuvres venues d’Océanie, d’Asie, du Pacifique, d’Afrique et de l’Amérique précolombienne était une forme d’ouverture. Mais tant qu’elles restaient au Pavillon des sessions, dans l’entre-soi, elles restaient encore un peu en marge. Alors le passage du Pavillon des sessions à la Galerie des cinq continents, c’est donc l’idée qu’il faut, non pas seulement mettre les arts, que l’on appelait les arts premiers, dans une sorte d’espace à part, mais qu’il faut faire véritablement en sorte que les œuvres venues du monde entier se retrouvent ensemble et dialoguent. Cela permet à quelqu’un qui vient visiter le Louvre de les regarder ensemble, de considérer ensemble les créations venues de l’ensemble de l’humanité, et d’avoir le sens de la créativité d’une seule et même humanité. C’est la raison pour laquelle le passage du Pavillon des sessions à la Galerie des cinq continents est une forme de matérialisation de ce que j’appelle l’universel latéral : un universel de cultures posées côte à côte, dans leurs équivalences et qui, toutes, donnent un visage particulier à notre humanité commune.

  • Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    Vaucluse : une petite éclaircie financière en vue dans le budget du Département

    L’an dernier, au moment d’aborder l’exercice du rapport d’orientations budgétaires (ROB), Dominique Santoni évoquait « l’art difficile de gouverner, encore plus pour construire un ROB quand tant d’informations divergentes ajoutent encore à l’incertitude… ». La présidente LR du Département tablait sur 15 millions d’euros d’économies, actés finalement en janvier lors du vote du budget.

    Ce vendredi matin, lors d’une séance plénière consacrée en ouverture au ROB, le ton sera certainement plus adouci qu’il y a un an. Le climat est loin d’être au beau fixe non plus. « L’exercice 2026 semble à ce jour extrêmement incertain notamment en raison du contexte parlementaire qui complique l’adoption d’une loi de finances avant fin décembre », lit-on dans le document. Si le Département redoute toujours une ponction de l’État sur ses recettes de fonctionnement [baptisée Dilico], le discours, la semaine passée, du Premier ministre lors de l’assemblée des Départements de France, a plutôt rassuré. Sébastien Lecornu a ainsi confié que le Dilico ne concernerait que les Départements les plus riches.

    « Les notes de conjoncture laissent augurer une tendance pour les finances locales 2025 plus favorable qu’espérée en début d’exercice », relève le ROB. Pour 2026, le conseil départemental table sur des recettes en hausse à 791 millions d’euros contre 776 l’an dernier, quand elles n’avaient progressé que de 10 millions entre 2024 et 2025. Le Vaucluse s’en sort mieux que la moyenne « grâce à la discipline budgétaire ». Les divers indicateurs en termes d’en-cours de dette ou de capacité de désendettement [1,9 an contre 6,7 en moyenne pour les départements] restent largement en dessous des ratios nationaux. Reste à connaître ensuite les choix politiques qui en découleront, le ROB restant très flou en la matière.

    La CGT encore sur le pont

    Cela devient une habitude. Depuis plusieurs séances, le syndicat CGT des territoriaux installe un barnum revendicatif devant l’hôtel du Département pour inviter les agents à faire part de leurs doléances et poser une heure de grève. Un nouveau rendez-vous est fixé ce vendredi (10h30). Dans un communiqué, le syndicat relaie également une lettre ouverte adressée à la présidente Dominique Santoni (LR) « à la suite du retrait abusif d’un agrément d’assistant familial ». Une décision, retoquée par la justice, mais qui selon la CGT est le symbole « de choix arbitraires et inhumains, contraires à l’intérêt supérieur des enfants ». Et de réclamer plus de « dignité dans la protection de l’enfance ».

  • La procureure Florence Galtier sur le départ

    La procureure Florence Galtier sur le départ

    Après presque quatre ans en Cité des Papes, la procureure de la République d’Avignon, Florence Galtier, quitte Avignon.

    En effet, un décret publié le mercredi 5 novembre au Journal officiel la nomme avocate générale à la cour d’appel de Montpellier.

    La magistrate a notamment été avocate générale lors du procès du meurtrier du policier Éric Masson, contre lequel elle avait requis la réclusion criminelle à perpétuité. Elle était également en fonction lors du procès des viols de Mazan. Elle quittera son poste le vendredi 28 novembre.

    Remplaçante de Charente

    Elle est remplacée par Stéphanie Loreau-Aouine, actuelle procureure de la République au tribunal judiciaire d’Angoulême (Charente). Dans un portrait publié sur le site de la préfecture de la Charente en mars dernier, on apprend notamment que la Parisienne de naissance est sortie major de promotion de son DESS grâce à un mémoire sur la femme victime de viol. Elle est nommée tout d’abord procureure de la République à Châteauroux (Indre) en 2014, où elle a été faite chevalier de l’ordre du Mérite en 2018, puis à Angoulême en mars 2020. « Aujourd’hui, je vois encore des jeunes filles qui ne s’autorisent pas certaines filières. Mais il ne faut pas se mettre soi-même des barrières, il faut se faire confiance. Rien n’est impossible si on travaille et si on a la chance, comme moi, de trouver des personnes qui vous renvoient que vous êtes compétente et que vous avez raison de faire les choses telles que vous les faites », confie-t-elle notamment dans ce portrait.

  • Le forum de l’orientation de Saint-Chamand bat son plein

    Le forum de l’orientation de Saint-Chamand bat son plein

    Le château de Saint-Chamand, à Avignon, était bondé de collégiens et de quelques jeunes plus âgés en ce jeudi 20 novembre, à l’occasion de la 3e édition du forum de l’Orientation qui se tient sur place.

    Un événement organisé par l’association Un Sourire pour Tous 84 avec l’aide de la mission locale du Grand Avignon pour montrer la diversité d’établissements et de formations à disposition. Se côtoyaient ainsi un stand de la gendarmerie, trois lycées professionnels du territoire, la CCI de Vaucluse et, quelques lettres plus loin, un représentant d’une prépa en médecine. Pendant la journée, entre 400 et 500 enfants, majoritairement de 13 classes de 3e des collèges Anselme-Mathieu et Roumanille, ont pu jeter un œil aux 30 stands de structures venues pour présenter leurs activités.

    « Il y a plein de trucs que je ne connaissais même pas. J’avoue que je n’ai toujours pas trop d’idées mais j’ai pris quelques papiers pour mes parents », lâche un des élèves, tandis que son camarade à côté de lui était particulièrement attentif aux formations proposées par le lycée professionnel Montesquieu, à Sorgues. « C’est possible de devenir agent immobilier en allant chez vous ? », demande-t-il au représentant de l’établissement, qui propose des formations commerciales, et qui le rassure avec des exemples d’élèves travaillant aujourd’hui dans des agences immobilières. « L’un des plus gros intérêts est de sensibiliser les élèves à l’apprentissage. Beaucoup pensent qu’en intégrant nos établissements, c’est la fin d’un schéma d’apprentissage classique. Mais on peut continuer les études et aller jusqu’en bac +5. On a longtemps renvoyé l’image d’un échec scolaire mais c’est loin d’être le cas. Et aussi de rappeler qu’il ne faut pas voir nos formations uniquement par le prisme du salaire », explique Jean-Emmanuel Lefèvre, responsable du CFA Provence de Miramas. « On a plus de 300 métiers chez nous. Le but est de transmettre l’amour du métier aux jeunes », ajoute Gaëlle, référente recrutement de la gendarmerie de Vaucluse.

    Autre image des quartiers

    « Ces formations ne sont pas mises en avant alors que l’on sait qu’il y a des débouchés. Il faut changer cette image-là des boulangers ou encore de l’industrie quand on sait que localement, il y a des besoins avec des difficultés à recruter », assure Lilou Quenesson, présidente de la mission locale jeunes Grand Avignon. Tandis qu’Hakima Kabbour, organisatrice de la journée avec l’association Un Sourire pour Tous 84, mais aussi mère de trois enfants qui ont grandi dans les quartiers populaires d’Avignon, souligne le choix du lieu. « Les quartiers de la Rocade n’ont pas bonne réputation et il faut que ça change. Il y a de belles choses qui se passent et on réfléchit déjà à une quatrième édition », confie-t-elle. Le rendez-vous est déjà donné.

  • En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    Dans le Var, le constat est implacable : 96% des aidés vivent sous le seuil de pauvreté dont 66% en situation d’extrême pauvreté. Les principales bénéficiaires sont les femmes seules ou mères célibataires (60,9%), alors qu’elles ne représentaient que 6% en 2003. « Avant, la pauvreté était associée au chômage et aux crises économiques. Mais elle n’est plus conjoncturelle. Elle est continue, multidimensionnelle et stigmatisée. Ça rejoint un discours des pouvoirs publics de critique des pauvres, perçus comme coupables de leur condition », résume Jean-Michel Permingeat, président du Secours catholique du Var.

    Créé en 1994, le Secours catholique est un acteur majeur de la lutte contre la pauvreté en France, avec 1,11 million de personnes aidées en 2024 dans 2 500 lieux d’accueil, grâce à 3 500 équipes locales composées de 58 000 bénévoles et 910 salariés. Ils sont 28 dans le Var, pour 530 bénévoles, 7 salariés et 5 000 bénéficiaires. Des chiffres qui ont tous connu une nette augmentation en 30 ans.

    Le très attendu rapport annuel de l’association s’attelle à dresser un bilan évolutif des niveaux de pauvreté depuis sa création. Si le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté (60% du salaire médian de 2 193 euros, soit 1 316 euros en 2024) a un temps stagné, de 14,5% en 1996 à 14,4% en 2022, il a connu une nette progression en 2023 pour atteindre 15,4%. « La pauvreté n’a pas reculé mais a profondément changé de nature et de visage » , pointe le rapport. Les salariés et bénévoles varois abondent. Mêmes constatations ici.

    En effet, en 1994, 10% d’entre eux vivaient dans l’extrême pauvreté, contre 74% 30 ans plus tard. Parmi eux, un nombre croissant de femmes et d’enfants, de 51% en 1994 à 56,5% en 2024. Les familles sans aucunes ressources constituent 25,7% des bénéficiaires (10% en 1994), parmi lesquels 50% d’hommes seuls, mais le nombre de mères seules a aussi explosé (de 7 à 15% entre 1999 et 2024). La majorité sont étrangers (71%, 26 il y a 25 ans).

    « Une pauvreté continue »

    En cause, notamment, les réformes de l’assurance chômage et du RSA, rendant les aides moins accessibles, les conditions drastiques pour obtenir un titre de séjour (et donc pouvoir travailler), le manque d’accès aux aides (38% des ménages éligibles n’en font pas la demande). Le niveau de chômage (23,7%) reste supérieur à la moyenne nationale (7,4%) mais a largement baissé (44% entre 2005 et 2015). Enfin, 18% des bénéficiaires travaillent, mais occupent des postes précaires pour un faible niveau de vie (855 euros par mois contre 2 443 pour la population en général).

    Autres facteurs aggravants : les problèmes de santé et le handicap (23% des bénéficiaires, 15% en 1994), qui complexifient l’accès à l’emploi, renforcés par les difficultés d’accès aux allocations. L’âge entre aussi en ligne de compte : parmi les personnes aidées, la part des seniors de 60 ans et plus a triplé, de 2,6 à 7,3%. Et les associations sont au bout du rouleau.

  • « Toulon en grand » samedi dans son local de campagne

    « Toulon en grand » samedi dans son local de campagne

    Le sénateur LR Michel Bonnus candidat déclaré à la mairie de Toulon va inaugurer samedi son local de campagne.

    Depuis sa déclaration de candidature on le voit occuper le terrain médiatique et se montrer en première ligne dans toutes les actions de terrain. Dernièrement c’est même comme colleur d’affiches qu’on l’a vu sur les réseaux sociaux aller au contact, sous les traits d’un élu de la République qui n’a pas peur de mettre la main à la pâte, ou plutôt en l’occurrence dans le seau de colle.

    Quelle feuille de match ?

    Il multiplie également les rencontres avec la population dans les quartiers, sous forme de réunions publiques, parfois même chez l’habitant façon Valéry Giscard d’Estaing, mais sans l’accordéon.

    Michel Bonnus annonce ici une nouvelle étape dans « l’aventure Toulon en grand » avec l’ouverture de ce local de campagne au numéro 11 avenue Colbert. Un espace qui a pour ambition d’être un « lieu d’accueil, de travail et de rencontres, ouvert à toutes celles et ceux qui veulent échanger, proposer et construire ». Parmi les nombreux défis auxquels va être confronté d’ici peu l’ancien joueur du RCT, celui d’user des compétences de sélectionneur sans trop créer de désillusions au sein du collectif qu’il a regroupé autour de lui.

    Parmi ses soutiens déclarés on compte en effet de nombreux élus de la majorité qui sont persuadés qu’ils feront partie de son équipe de titulaires. Le problème c’est qu’il affirmait avant ces ralliements qu’elle était déjà constituée. C’est peut-être à l’ex-capitaine et aujourd’hui entraîneur Hubert Falco que reviendra alors le soin de rédiger la feuille de match finale. Gare alors aux dissensions. Mais on n’en est pas là, tout le monde étant parfaitement convaincu aujourd’hui qu’il en sera.

  • Alinea doit proposer un plan de relance

    Alinea doit proposer un plan de relance

    L’enseigne française d’ameublement de la galaxie Mulliez, Alinea, qui compte 36 magasins dont six en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en tout 1 200 salariés, a été placée jeudi en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille.

    Il y a cinq ans, l’enseigne avait déjà connu le même sort. Le 12 janvier prochain, la direction devra présenter à ce même tribunal un plan de relance. Le redressement judiciaire de l’entreprise en grande difficulté financière (moins 47 millions d’euros de résultat net en 2024 pour 162 millions d’euros de chiffre d’affaires), sera assorti d’une période d’observation de six mois, selon des sources syndicales. La première des conséquences du redressement judiciaire se traduit par le gel des dettes de l’entreprise. Cela signifie que les créanciers de l’entreprise en redressement judiciaire ont l’impossibilité de se faire rembourser les créances échues avant le jugement d’ouverture.

    1 000 salariés licenciés

    en 2020

    La marque espérait atteindre la rentabilité en 2024, selon les prévisions affichées en 2023, lorsqu’elle avait présenté son plan prévoyant la transformation d’une vingtaine de magasins Zodio (également galaxie Mulliez) en enseignes Alinea.

    Fondée en 1989 à Avignon, Alinea avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2020 en pleine pandémie de Covid-19. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire, perdant au passage 17 magasins sur 26 et près de 1 000 salariés sur 1 800. « La direction a exprimé l’espoir de trouver un ou des repreneurs, mais pour l’instant elle est dans la confidentialité et nous ne pouvons rien savoir. Nous craignons cependant que cette éventuelle reprise ne soit que partielle, et ne porte pas sur tous les magasins », a déclaré une source syndicale proche du dossier.

  • La Marianne d’or remise au maire de La Ciotat

    La Marianne d’or remise au maire de La Ciotat

    Lors d’une opération intitulée « Aux arbres citoyens », début février, la Ville avait convié les habitants de La Ciotat à planter 10 000 arbres remis à chaque volontaire, dans le parc du Domaine de la Tour. La Ville, qui a participé au concours des Marianne d’or, créé en 1983 par Edgar Faure et Alain Trampoglieri, a décroché une Marianne d’or du développement durable. Cette année, 600 maires ont concouru, et 22 ont reçu une Marianne d’or. Pour Alain Trampoglieri, le maire de La Ciotat a mérité cette distinction « car l’audace de planter 10 000 arbres, c’est relever un défi. On parle beaucoup de développement durable, on fait peu de choses. Alors quand un conseil municipal répond aux attentes des citoyens, c’est formidable ! », a-t-il commenté jeudi par téléphone.

    Projets innovants

    Le concours national de la Marianne d’or « distingue l’exemplarité des politiques locales et valorise les élus et acteurs des territoires qui portent des projets innovants et utiles à la collectivité ». Le 1er février dernier, le maire, sur place pour lancer l’opération avait déclaré : « En ces temps où l’amplitude thermique et le réchauffement climatique sont plus que jamais d’actualité, il était important que l’on puisse dire à nos enfants que nous avons fait le premier pas vers une végétalisation qui permet à la fois d’apporter des îlots de fraîcheur, de réduire l’amplitude thermique, et de donner la vie. À La Ciotat, nous avons fait quelque chose d’unique, d’exceptionnel, de porteur de sens, qui donne une véritable dimension au verdissement de notre commune. »

  • La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    La barre de la Lèque et des immeubles bientôt démolis à Port-de-Bouc

    Arrivée il y a peu à la tête de 13 Habitat, la nouvelle direction du plus important bailleur social des Bouches-du-Rhône arpente le terrain. Ce jeudi 20 novembre, c’est à Port-de-Bouc que le président Jean-Marc Perrin et Damien Vanoverschelde, à la tête de son équipe technique, se sont arrêtés. « On essaie d’aller vers nos plus gros patrimoines comme à Miramas, à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou ici, où on gère 1 400 logements », explique le successeur de Nora Preziosi qui rappelle : « 13 Habitat, ce sont 526 résidences réparties sur 73 communes et 34 000 logements. »

    Dans la commune de 16 000 habitants, qui compte 42% de logements sociaux, le bailleur gère quatre quartiers et y mène des projets structurants financés par l’Agence nationale de pour la rénovation urbaine (Anru), suite à la signature de la convention en avril 2023.

    À la Lèque, la grande barre de 71 appartements doit être détruite par grignotage dans les mois qui viennent. « On s’organise pour que ce soit fait au cours du premier semestre 2026, détaille Damien Vanoverschelde, directeur général de 13 Habitat. Il reste une famille qui y vit, pour laquelle on est en train de finaliser le relogement. »

    Du logement étudiant

    La tour à proximité sera quant à elle réhabilitée. « Une fois la barre tombée, on construira trois petits immeubles d’Action Logement pour le 1% patronal [à destination des salariés du privé, Ndlr], de nouvelles rues perpendiculaires vont traverser le quartier, ce sera plus sympa, plus aéré », se projette le maire Laurent Belsola (PCF).

    Toujours sur la presqu’île, aux Aigues-Douces, deux bâtiments seront démolis à la fin de l’année 2026. Un troisième sera à moitié détruit et fera l’objet d’une restructuration pour que les appartements soient plus adaptés aux besoins actuels. « On va vers du concret, se réjouit l’édile. Après l’école Victor-Hugo, complètement rénovée énergétiquement, et le nouveau city-stade inauguré en avril 2024, la population va voir des immeubles tomber, des aménagements extérieurs, des réhabilitations… »

    À Bellevue, une barre et une quarantaine de villas sociales doivent être rasées. La Ville et 13 Habitat réfléchissent à un projet de logements étudiants dans ce quartier où sont implantés le lycée professionnel Charles-Mongrand et le CFA Henri-Rol-Tanguy. « Nous avons des établissements et des industries qui font de la formation, comme l’institut de soudure ou l’atelier d’usinage John-Cockerill, donc on va s’orienter vers un habitat accessible aux jeunes car il y a un réel besoin », révèle Laurent Belsola.

    Pour Jean-Marc Perrin, « il faudrait qu’il y ait un Anru 3 pour qu’on puisse continuer le travail ». Mais le président du bailleur social reconnaît que ce n’est pas une mince affaire, dans la mesure où « l’État manque d’argent public ».