Author: tecnavia

  • [Tribune] Tunnel Prado-Carénage : et si un péage devenait une opportunité pour les mobilités de demain ?

    [Tribune] Tunnel Prado-Carénage : et si un péage devenait une opportunité pour les mobilités de demain ?

    Le Tunnel Prado-Carénage (TPC) accompagne Marseille depuis plus de trente ans. Sa concession, attribuée en 1990 à la SMTPC, s’achève le 18 janvier 2033. À cette date, un choix déterminant s’offre à nous : répéter le passé ou bâtir l’avenir de nos mobilités. Nous pouvons faire du Tunnel Prado-Carénage un levier de transition ou un symbole du « tout routier ». Notre choix : faire du TPC le moteur financier d’un investissement massif dans les transports collectifs.

    Ni prolongement de la concession, ni gratuité : deux impasses. Prolonger le contrat actuel serait une erreur : c’est se limiter aux investissements routiers, et maintenir un péage pour des actionnaires privés plutôt que des transports publics, au moment même où la collectivité devrait en récolter les bénéfices. Supprimer le péage serait tout aussi grave. Cela reviendrait à demander à tous les contribuables de financer l’usage d’une infrastructure que seule une minorité emprunte. C’est un cadeau qui coûte cher : plus de 10 millions d’euros par an uniquement pour financer maintenance et exploitation, sans parler des rénovations futures. C’est enfin ouvrir les vannes aux voitures au cœur de Marseille, en rendant l’accès plus attractif que la L2. Cela signifie embouteillages massifs, bruit et pollution accrus.

    Baisser ou supprimer le péage, ce serait nuire à l’intérêt général. Les exemples étrangers témoignent : en Espagne, la gratuité post-concession en 2018 a entraîné explosion du trafic, routes dégradées, CO2 en hausse, budgets publics saturés, moins d’alternatives financées. Un modèle perdant. Marseille ne peut pas s’offrir ce scénario. Notre choix est clair : conserver le péage, mais le rendre public. À l’échéance 2033, la dette du Tunnel Prado-Carénage sera amortie. Ce contexte crée un espace inédit : libérer une ressource financière pérenne au bénéfice des mobilités et de la transformation écologique. Notre proposition est simple et transparente : métropoliser le péage pour dégager 30 à 35 millions d’euros par an et en faire un levier d’investissement massif dans un plan métropolitain de transports collectifs. De l’ordre de 30 millions par an, ce n’est pas un détail budgétaire. C’est la colonne vertébrale d’un financement structurant qui, avec l’effet de levier de la dette peut représenter 1 à 2 milliards d’euros d’investissements sur vingt ans. C’est 2 à 4 fois plus que les 500 millions d’euros de subventions apportées par l’État dans Marseille en Grand.

    Une dynamique nationale nous y encourage. Les débats nationaux vont dans ce sens : d’ici 2036, 7 concessions autoroutières arrivent à échéance. Lors de la conférence « Ambition France Transport » (2025), experts et élus ont convergé : conserver les péages est indispensable pour éviter hausse des impôts et explosion du trafic. Le potentiel redéployable vers la transition écologique est estimé à 11 milliards d’euros par an dès 2037. D’autres l’ont déjà fait : le pont de l’Île de Ré ou le contournement nord de Lyon ont vu leur péage devenir public, tout en maintenant une exploitation technique privée. Pourquoi pas ici et maintenant ?

    Mars prochain : un mandat décisif pour notre destin métropolitain. L’élection qui arrive conditionnera la capacité de la Métropole à agir sur les mobilités, sur les inégalités territoriales, sur la qualité de vie, sur notre avenir écologique. Il ne s’agit plus de gérer, mais de changer d’échelle, pour que chacun -jeune, actif, retraité, personne en situation de handicap- puisse se déplacer librement et respirer dans la métropole. Il nous faut un cap, du courage, des financements pérennes et sanctuarisés. Le TPC peut être une clé de cette bascule, de ce futur respirable, connecté, accessible. 2033 n’est pas une échéance technique : c’est une opportunité historique. Saisissons-la.

    Par Pascaline Lécorché et Thierry Dallard*

    * Pascaline Lécorché est déléguée nationale Place publique et Thierry Dallard, président de la Société
    de la Rocade L2, ancien président du directoire de la Société du Grand Paris

  • [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    [Passerelle interculturelle] 10e anniversaire de l’Accord de Paris : rencontre avec Laurent Fabius

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    À l’occasion du dixième anniversaire de l’Accord de Paris, nous avons rencontré Laurent Fabius pour revenir sur ce moment historique et sur la décennie qui a suivi. Laurent Fabius demeure l’un des artisans essentiels de la diplomatie climatique mondiale. L’image de lui frappant le petit marteau vert, le 12 décembre 2015, est restée gravée dans la mémoire du monde entier, en Chine aussi, ce geste a suscité une immense émotion. En se remémorant cette scène, Laurent Fabius raconte « Il y avait près de 200 ministres. Lorsque j’ai vu qu’il n’y avait aucune opposition, j’ai dit : L’Accord de Paris est adopté. Il y a eu une explosion de joie dans la salle. Même les ministres très posés, très calmes, s’embrassaient. Je me souviens particulièrement de la délégation chinoise, avec M. Xie Zhenhua, qui m’a beaucoup aidé à obtenir cet accord. »

    Un monde transformé, de nouveaux défis

    Dix ans plus tard, le contexte international a profondément changé. Les crises géopolitiques se multiplient, les événements climatiques extrêmes deviennent plus fréquents, et l’intelligence artificielle introduit de nouveaux défis énergétiques. Laurent Fabius prévient « Le développement de l’IA exige des data centers, qui consomme énormément d’électricité. On estime que, d’ici quelques années, la consommation d’électricité nécessaire sera équivalente à celle de l’ensemble de l’Europe. À l’époque, on n’en parlait pas, donc la situation est plus compliquée. Et surtout, ce qui me frappe, c’est que les pays agissent en ordre dispersé. »

    La Chine, un acteur clé et moteur de la transition

    Dans ce contexte complexe, Fabius tient à souligner le rôle déterminant de la Chine dans la lutte contre le changement climatique. Il rappelle que « Au mois de septembre dernier, le président Xi Jinping a présenté aux Nations unies le plan en matière climatique de la Chine. Nous voyons donc qu’il va y avoir un effort continue, et c’est une chose très importante. Alors bien sûr, beaucoup disent qu’il faudra en faire encore plus ; et souvent, la Chine d’ailleurs fait plus que ce qu’elle annonce, donc ça c’est de ce point de vue là une bonne chose ».

    Il insiste aussi sur les contributions concrètes de la Chine surtout dans les technologies vertes, les véhicules électriques, les moteurs électriques et les panneaux solaires. Ces progrès accélèrent la transition énergétique mondiale et rendent accessibles des solutions indispensables pour réduire les émissions. Les performances chinoises suscitent parfois des inquiétudes, notamment en Europe, où certains secteurs se sentent fragilisés. L’inquiétude face aux déséquilibres commerciaux est compréhensible, mais chaque grande révolution industrielle crée des tensions avant de générer de nouvelles coopérations. L’ancien premier ministre insiste néanmoins « Les problèmes sont faits pour être surmontés. »

    Alors que le président français vient d’achever sa visite en Chine, un nouveau cycle de dialogue s’ouvre entre les deux pays. À ce moment charnière, les enjeux du climat, de l’économie et de la technologie appellent une vision à long terme. C’est désormais l’heure de mettre à l’épreuve la sagesse des dirigeants et de redonner à l’Accord de Paris l’élan collectif qui avait ému le monde entier il y a dix ans.

    Par Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

  • Cyclisme : les Pommiers doivent jongler entre développement et pérennisation

    Cyclisme : les Pommiers doivent jongler entre développement et pérennisation

    L’heure du bilan de la saison, qui vient de s’achever, a sonné pour le Vélo Club la Pomme, samedi, lors de leur assemblée générale annuelle, en présence de son président d’honneur Jean-Pierre Carminati. Le club phare du 11e arrondissement de Marseille a accompli une année réussie sur de nombreux points, au travers de son projet « Ambition la Pomme 2028 ». « Ça commence à sérieusement prendre forme sur tous les aspects, que ce soit dans la féminisation du club, où il y a des chiffres vraiment positifs, sur la gestion des budgets, sur les sections encadrées qui ont toutes performé et sur le développement d’une section handisport », liste Claire Lafforgue, directrice sportive de l’équipe U19 et responsable du pôle formation. La Jurassienne d’origine, débarquée dans la cité phocéenne en début d’année, a pu se réjouir des excellentes résultats de la catégorie U17, qui a terminé deuxième meilleure équipe française. Groupe dans lequel figurait Matisse Bonnet, qui va intégrer le programme junior de l’équipe professionnelle Décathlon CMA-CGM.

    Pérenniser le sport-santé

    Au-delà de l’aspect purement sportif, où le club ne cesse de se développer, les Pommiers souhaitent pérenniser leur ancrage social. « Tous les voyants sont au vert pour nos organisations l’année prochaine », glisse Guy Epinat, vice-président du club aux 300 licenciés désormais, dont les opérations de sport-santé comme « Roulons pour la santé de l’homme » et les célèbres Bosses de Provence en sont les fers de lance.

  • Le monde du football s’active pour Christophe Gleizes

    Le monde du football s’active pour Christophe Gleizes

    « Indignation et solidarité. » Ce sont les mots qu’a tenus à exprimer l’Union des journalistes de sport en France (UJSF), vendredi, dans un message envoyé à tous ses adhérents, après la confirmation de la condamnation en appel de Christophe Gleizes, journaliste à So Foot, à sept ans de prison en Algérie pour « apologie au terrorisme ». « Cette décision s’inscrit en contradiction totale avec les principes de liberté d’informer et de liberté de la presse que nous défendons collectivement, a souligné l’UJSF. Parce qu’aucun journaliste ne devrait être inquiété, poursuivi ou emprisonné pour son travail, nous appelons à un geste de solidarité simple, visible et commun, à l’occasion des événements sportifs qui se tiendront ce week-end dans les stades et les salles de France. »

    Une lettre de la Ligue

    au président Tebboune

    L’Union syndicale provençale n’est d’ailleurs pas la seule à réagir. Après avoir voté à l’unanimité cette motion lors de l’assemblée générale de la Ligue Méditerranée de football, le président Éric Borghini s’apprête à envoyer une lettre au président de la République algérienne démocratique et populaire Abdelmadjid Tebboune, via l’ambassadeur d’Algérie, pour lui demander de bien vouloir gracier le journaliste.

    « C’est une histoire qui nous touche particulièrement, parce que nous avons une diaspora algérienne importante dans notre Ligue », souligne celui qui évoque des liens fraternels très forts entre « les peuples des deux rives de la Méditerranée ». « Ce n’est pas que moi, c’est l’ensemble du football méditerranéen, tous les clubs, avec leur diversité, qui demandent ce geste humanitaire », ajoute Borghini.

  • Toulon a cru à l’exploit pendant une heure avant de lâcher prise

    Toulon a cru à l’exploit pendant une heure avant de lâcher prise

    Le voyage à Édimbourg n’a pas été de tout repos pour les Toulonnais.

    Après une entame de match réussie, ponctuée de deux essais signés Ben White, les Varois ont pris l’eau et ont multiplié les fautes de main, incapables de contrôler un ballon transformé en savonnette par une pluie battante qui tombait sur la capitale écossaise. Des conditions météorologiques favorables aux Écossais qui ont dominé la première période.

    Outre de perdre la main, le RCT a surtout rapidement perdu Melvyn Jaminet, dont le drop avait ouvert le score dès la 2e minute, victime d’une blessure musculaire juste après avoir transformé le second essai de Ben White.

    Toulon s’accroche

    Évitant de peu un troisième essai dans le temps additionnel, les Varois sortaient la tête de l’eau après les citrons, mais se heurtaient à une défense de fer, qui les exposait à des contres. Sur l’un d’eux, Darcy Graham pensait faire le break en profitant d’un cafouillage aux abords de l’en-but des Rouge et Noir. Mais le troisième essai écossais était refusé par l’assistance vidéo (48e).

    Les hommes de Pierre Mignoni n’abdiquaient pas. Mais leur point de retard semblait une montagne insurmontable face à des Écossais qui se battaient sur tous les ballons comme si leur vie en dépendait.

    C’est d’abord au pied, avec une pénalité réussie de part et d’autre par Cameron Scott et Matéo Garcia, que les deux équipes faisaient évoluer le score, alors que la pluie rendait de plus en plus difficile le contrôle du ballon et un jeu à la main précis et appliqué.

    Mais en étant pris en flagrant délit de jeu dangereux, David Ribbans laissait ses coéquipiers à 14, au plus mauvais moment de la soirée. Ce dont profitait Édimbourg pour reprendre les devants dans les débats, en imposant le jeu dans les 22 varois.

    Un travail de sape récompensé d’un essai de pénalité, après que Baptiste Serein ait serré le frein à main quelques secondes plus tôt. Mais sur la mêlée à 5 qui a suivi, la puissance du pack écossais a eu raison de la cohésion de son homologue rouge et noir, poussé à la faute.

    Édimbourg venait de réussir le coup parfait, exploitant la sortie temporaire du deuxième ligne toulonnais qui fragilisait sa mêlée. Avec un avantage de huit points à moins d’un quart d’heure de la sirène, les Écossais se dirigeaient vers un trois sur trois lors de leurs confrontations avec le RCT en Coupe des Champions.

    Ces retrouvailles devaient être un test de niveau pour des Toulonnais qui rêvent de franchir un palier européen et renouer avec un passé qui les a vus gagner trois coupes consécutivement, il y a bientôt dix ans.

    Ils ont tenu une heure. Jusqu’à la faute de David Ribbans qui a tout changé. Édimbourg en profitant pour prendre le bonus offensif.

    L’UBB et Toulouse tranquilles

    Cette nouvelle campagne européenne a vu l’UBB, tenant du trophée, s’imposer très nettement à Pretoria face aux Blue Bulls. Un succès bonifié 46-33, avec sept essais, dont un doublé de Louis Bielle-Biarrey. Toulouse, finaliste malheureux, a lui aussi lancé sa campagne en atomisant un adversaire sud-africain. Une victoire à huit essais (56-19) face à des Sharks très émoussés.

    RÉSULTATS

    Édimbourg 33 (18) Toulon 20 (17)

    1ère journée, groupe 2.

    Stade de Hive

    Arbitre : M. Carley.

    ÉDIMBOURG : 4 essais Schoeman (14), Vellacott (29), de pénalité (61) , Venter (75), 1 transformation (14) et 3 pénalités (10, 34, 54) de Scott.

    TOULON : 2 essais de White (6, 21), 2 transformations et 1 drop (2) de Jaminet, 1 pénalité (55) de Garcia. Avertissement : Ribbans (58).

  • [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    La Marseillaise : Cette assemblée générale était l’occasion pour vous de rassembler les cinq Districts qui composent votre Ligue. Sentez-vous un groupe uni derrière vous ?

    Éric Borghini : C’est la première saison de ma dernière mandature, qui dure quatre ans, jusqu’en 2028, où nous avions, pendant la campagne électorale, fait un certain nombre de propositions qui ont été acceptées avec ma réélection. Et c’est ce qu’on a commencé à mettre en œuvre avec beaucoup de bonheur, puisque l’un des points principaux était de resserrer les liens au niveau de la gouvernance entre la Ligue et les Districts. C’est ce qui a été fait. Les présidents de Districts font partie intégrante du bureau exécutif de la Ligue, c’est-à-dire qu’ils participent à sa marche quotidienne. Je crois que c’était très important dans l’aboutissement de la démocratie pour le fonctionnement de la Ligue avec les instances de proximité que sont les Districts.

    Quel bilan dressez-vous
    de la saison 2024/2025 qui s’est achevée il y a quelques mois ?

    E.B. : Ce fut une saison magnifique, surtout au niveau du nombre de licenciés. Depuis l’année dernière, on dépasse la barre historique des 135 000 licenciés. C’est une très grande source de satisfaction. Et puis, sur le plan financier, on termine l’exercice avec un excédent de 70 000 euros. C’est positif parce que, la marche de la Ligue est comme toutes les organisations. On est une petite PME [petite et moyenne entreprise, Ndlr] de 47 employés. On compte sous et centimes d’euros. Mais on a réussi à mener toutes nos actions et je crois surtout, à diversifier les sources de revenus parce qu’on ne peut plus, comme par le passé, vivre uniquement des subventions. Même si la Région, l’État et surtout la Fédération ont fait des efforts. Le président Diallo fait ruisseler un peu cette manne extraordinaire, que représentent les contrats avec Nike, jusque dans les Ligues et dans les Districts.

    On constate une évolution de la féminisation très inférieure par rapport aux saisons précédentes. Comment l’expliquez-vous ?

    E.B. : Sur la féminisation, nous avons, ici, en Méditerranée, je pense, un problème spécifique, qui est celui des équipements. Le prix du terrain au mètre carré en Méditerranée n’est absolument pas comparable avec le prix du mètre carré dans la Creuse, dans d’autres départements ruraux. Les mairies ne peuvent pas construire des terrains de football, autant qu’on en aurait besoin. Il y a des clubs qui voudraient ouvrir des sections féminines, mais qui ne le peuvent pas, qui sont obligés de refuser les petites, parce qu’ils n’ont pas de créneaux pour s’entraîner. Il ne faut pas oublier non plus la baisse de la natalité. C’est une catastrophe qu’on a découverte il n’y a pas longtemps. Les chiffres de la natalité en France se sont effondrés, et naturellement, on a subi les conséquences. Ça explique, en partie, la baisse du nombre de licenciés.

    Le plus grand combat du football moderne reste la lutte contre la violence. Un fléau de plus en plus présent dans les stades, surtout dans le monde amateur…

    E.B. : La recrudescence de ce phénomène de violence s’explique, à mon avis, par l’état de la société française actuelle. Nous vivons dans une France qui est fracturée, désenchantée et complètement la tête à l’envers. Comme d’ailleurs en témoigne la politique aujourd’hui, où on voit de la violence partout, à commencer à l’Assemblée nationale. Il n’y a plus de débat, c’est des injures, des invectives, des violences physiques entre députés. Donc, derrière, il faut bien comprendre que le football n’est jamais qu’un microcosme de la société française. Donc, que faire ? Alors, bien sûr, on renforce l’appareil répressif. Moi-même, dès la première assemblée générale qui a suivi mon élection, j’ai fait voter le principe de la radiation à vie de n’importe quel acteur du football qui provoquerait des blessures volontaires entraînant une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours. Fort heureusement, on n’a pas eu besoin d’en arriver là. Après, il y a le volet pédagogique. Si la répression permettait de régler tous les problèmes, ça fait longtemps qu’on aurait trouvé la solution. Des formations en gestion des conflits pour les dirigeants vis-à-vis des parents, des réunions où on réunit tous les capitaines, sans oublier les dispositifs de la Fédération, comme le carton blanc ou le dispositif de la pause apaisement, sont aujourd’hui les outils qu’on invite à utiliser pour lutter contre ce fléau qui nuit à notre sport.

  • Ax-les-Thermes triomphe au Trophée des Villes à Nice

    Ax-les-Thermes triomphe au Trophée des Villes à Nice

    On s’attendait à voir au moins l’un des trois cadors de notre région en finale du Trophée des Villes. Mais ni l’équipe niçoise de Mickaël Bonetto, ni la formation crauroise d’Henri Lacroix, ni le quatuor de choc fréjusien de Dylan Rocher n’a réussi à se hisser jusqu’à l’ultime face-à-face pour soulever la prestigieuse coupe. Après avoir respectivement battu Nice 2 et Freyming-Merlebach, Ax-les-Thermes et Canohes se sont disputé la victoire finale. Une finale inédite, mais néanmoins relevé sur le papier. D’un côté, les Axéens, menés par le champion de France Luc Laille, ont maîtrisé le sujet d’une main de maître tout au long des trois jours de compétition. De l’autre, les Canouhards, dont la présence du double champion du monde Simon Cortes et du canonnier Maison Durk, ont dû batailler face à de grosses cylindrées, comme Arlanc du maître Christian Fazzino.

    Fréjus voit double

    Après une première partie spectaculaire, où Luc Laille et le jeune Mathias Sogno ont réussi à remporter le premier point alors qu’ils étaient largement menés (1-8), les Ariègeois ont doublé la mise dans la deuxième doublette. Mais les Catalans, qui pouvaient compter sur le trio de choc Cortes-Durk-Bacchin, ont recollé au score avec un fanny. Cette finale a donc dû se départager avec l’épreuve du tir de précision en relais, où la solidité mentale de Sacha Solana a fait la différence pour permettre à Ax-les-Thermes, présent pour la première fois en finale du Trophée des Villes, d’inscrire son nom au palmarès de la compétition.

    Dans le Grand Prix, une sorte de consolante, Fréjus a nettement dominé les débats. La fabuleuse triplette composée de Dylan Rocher, Diego Rizzi et Stéphane Robineau, associé au jeune Dylan Fernandez, s’est imposée en finale face Limoges, et succède ainsi à Revin. Les Varois du Fréjus International Pétanque (FIP) repartent avec un deuxième trophée dans leur valise : celui du tir de précision, remporté par Dylan Rocher contre le grand Henri Lacroix.

  • Roberto De Zerbi avertit ses joueurs après le fiasco lillois

    Roberto De Zerbi avertit ses joueurs après le fiasco lillois

    Roberto De Zerbi l’avait mauvaise, vendredi après la mauvaise soirée qu’il a vécu au stade Pierre Mauroy.

    « Je suis très en colère ! » a-t-il lâché. Tout en prenant sa part de responsabilité, « j’en suis responsable. Mais je ne suis pas le seul en cause ». Face au LOSC, son OM a été méconnaissable. Incapables d’aller inquiéter le gardien nordiste, les Marseillais ont offert le premier but, qui sera leur seul du match, permettant ainsi aux Dogues d’engranger suffisamment de confiance pour contenir la trop timide réaction phocéenne.

    Ce qui est encore plus incompréhensible, et qui a fait enrager Roberto De Zerbi, c’est l’absence totale de réaction. Une abdication collective que l’Italien ne s’explique pas. Car dans la configuration de vendredi à Villeneuve d’Ascq, son équipe avait livré une toute autre prestation.

    Du meilleur au pire

    « À une exception, puisque Kondogbia a remplacé Höjbjerg, c’est le onze qui avait réussi la plus belle première mi-temps de notre début de saison. Et là, nous sommes passés du meilleur au pire ! » Avec un OM qui n’a jamais donné le sentiment d’être entré dans son match.

    « Nous étions inexistants sur les deuxièmes ballons. Nous avons été incapables de faire trois passes d’affilée. Nous avons manqué d’agressivité et le jeu était trop lent, trop passif. » Pour lui, rien n’est à sauver dans cette soirée nordiste. Pas même le rush de Mason Greenwood en fin de match, qui aurait pu servir de cache-misère. « Même s’il avait marqué, cela aurait été insuffisant. »

    Il y a une semaines, son équipe avait la possibilité de prendre, seule, les rênes de la Ligue 1. Deux matches ratés plus tard, alors qu’avant de se rendre à Lille, il estimait que « mon équipe peut aller tout gagner », Roberto De Zerbi tempère ses propos. « Après un tel match, peut-être faudra-t-il revoir à la baisse nos ambitions et nous dire que nous n’avons pas le potentiel pour réussir certaines choses. » L’Italien est même allé plus loin, « parfois, il vaudrait mieux se taire ! ».

    Samedi, les victoires de Lens à Nantes (2-1) puis du PSG face à Rennes (5-0) ont accentué le malaise. Des résultats qui distancent l’OM du duo de tête. Côté joueurs, Leo Balerdi a conscience d’une faute collective dont les conséquences risquent d’être lourdes. « Nous avons perdu trois points très importants pour notre saison. Nous devons revoir les erreurs, oublier cette défaite et aussi le match nul de la semaine dernière. Penser à ce que nous pouvons améliorer. »

    Le capitaine marseillais, qui n’a pas été le plus mauvais vendredi, a lancé un message sur la réaction à venir. C’est le vestiaire qui doit se prendre en charge. Montrer qu’il y a une prise de conscience collective. « Cela dépend de nous, pas du coach, pas du président. Seulement de nous sur le terrain. Il faut montrer un autre visage. Le prochain match, c’est en Ligue des champions, et nous allons le gagner. »

    C’est le minimum acceptable. Toutefois, à la victoire, il faudra également y ajouter la manière.

    L’Union Saint Gilloise tenue en échec

    Prochain adversaire de l’OM en Ligue des Champions, mardi, l’Union Saint Gilloise s’est fait peur dans son championnat.

    Le champion de Belgique a dû batailler ferme pour arracher le nul à domicile. La Gantoise n’a pas fait de cadeau, en ouvrant le score après quatre minutes de jeu par Matisse Samoise.

    Les Apaches, déjà poussés dans leurs derniers retranchements par Zulte Waregem en coupe, ont dû attendre le dernier quart d’heure pour revenir à égalité, grâce à Kevin Mac Allister, qui a également été averti.

    Malgré les deux points perdus, l’USG conserve la première place de la Ligue 1 belge, suivie par le Club de Bruges.

  • [Entretien] Matthieu Rey : « La Syrie est un laboratoire inédit pour la région »

    [Entretien] Matthieu Rey : « La Syrie est un laboratoire inédit pour la région »

    Les Syriens célèbrent ce lundi le premier anniversaire du soulèvement qui a mis fin à la dictature. Il y a un an, en quelques jours seulement, une coalition rebelle dirigée par le mouvement islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) renverse la dynastie Assad et son régime sanguinaire qui dirige le pays depuis plus d’un demi-siècle.

    Un an plus tard, le chef de HTS et ancien djihadiste Ahmed al-Charaa est nommé présidentde la transition en cours. Le nouveau pouvoir doit faire face à de nombreux défis, le premier étant de réconcilier une nation brisée par quatorze années de guerre civile, hantée par ses milliers de morts et de disparus.

    La Marseillaise : Le régime syrien a été renversé il y a un an. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette première année de transition ?

    Matthieu Rey : Les premiers mois sont portés par un optimisme général, un certain élan en se disant qu’un nouveau monde est en train d’émerger, que tout redevient possible, qu’un tas de questions mises en suspens, telles que la dégradation du pays, les libertés, le retour des déplacés, pourront être résolues. Puis, il y a l’éclatement de ces espoirs liés au fait que la chute d’une personne ou son départ, en l’occurrence, ne règle pas tout du jour au lendemain. Le legs de l’ancien régime et de ses sbires n’est pas réglé. Ces derniers côtoient des populations qui elles-mêmes ont des particularités confessionnelles et des rapports aux nouvelles autorités loin d’être faciles, aisées ou établies. La superposition de tout ça a conduit au massacre de mars. Enfin, il y a eu une désillusion face à un certain nombre de questions non traitées dont les politiques économiques et le processus de justice transitionnelle qui n’est pas du tout lancé. On voit des arrestations, mais il n’y a pas de procès, il n’y a pas de codification de ce qui doit être fait, une commission des disparus se met en place mais encore une fois sans véritable prérogative. Le début d’institutionnalisation du nouveau régime procède largement sous la forme d’un conseil de personnalités désignées qui se réunit à Damas, entérine la transition en faisant d’Ahmed al-Charaa le nouveau président temporaire.

    Comment les nouvelles autorités organisent la reconstruction ?

    M.R. : Les autorités se sont principalement concentrées sur la diplomatie, en se disant qu’une fois que les sanctions levées, la reconnaissance de l’État adviendra et tout s’améliorera. En interne on a une fragmentation très forte en localité ou en province, ce qui est une réalité historique pour la Syrie mais qui surgit d’autant plus à ce moment-là. On le voit particulièrement dans toutes les forums régionaux de reconstruction, on organise des levées de fonds par ville ou par province mais aucun effort national de reconstruction n’est mis en œuvre. Enfin, on a une montée en puissance surtout pendant l’été des sentiments confessionnels, ce qui complexifie le débat. Tout ceci souligne à la fois le caractère morcelé et la difficulté à avancer un projet politique. Localement, le pays demeure extrêmement fatigué avec des préoccupations très terre à terre pour la plupart, c’est-à-dire à combien d’heures d’électricité ou d’eau, allons nous pouvoir bénéficier par jour.

    Ahmed al-Charaa est-il reconnu président par toute la population syrienne ?

    M.R. : La question qui se pose c’est : est-ce qu’ils ont la capacité de dire que ce n’est pas leur président ? C’est ça la principale innovation dans le monde syrien. Aujourd’hui, on peut avoir des gens qui disent ce n’est pas mon représentant voire même c’est un tyran et je veux le chasser. Le président refuse toute représentation personnelle. Ce président a par ailleurs entériné le fait qu’il n’y aura pas d’élection tout de suite, le temps que l’espace public se reconstruise, elles ne peuvent pas se tenir dans un pays de déplacés. L’exemple égyptien l’a très bien montré, organiser des élections directement c’est prendre une photo des forces en présence sur le moment, telles qu’elles sont structurées et non pas ce que veulent les populations. On voit que les réseaux sociaux sont viscéralement polarisés en ce moment avec des niveaux de violence qu’on n’avait pas connus même à l’époque d’Assad, avec des niveaux de désinformation similaires de toutes les parties et donc une difficulté à organiser une discussion collective.

    D’autant que le pays est actuellement attaqué par Israël…

    M.R. : On a une année particulièrement troublée avec trois questions lancinantes. La première est celle de l’occupation israélienne massive du territoire telle que ne l’a jamais connue la Syrie depuis sa fondation qui commence par la destruction systématique de tout son appareil militaire dans le week-end suivant la chute du régime. Ce qui signifie que le nouveau régime n’a plus les moyens techniques de conduire un certain nombre d’opérations militaires et de maintien de l’ordre. Le deuxième facteur de déstabilisation c’est le legs de l’année 2014, avec ces deux pendants, qu’est-ce qu’on fait de l’État islamique et comment le nouveau pouvoir s’arrime à sa lutte parce qu’il est lui-même menacé ? La problématique autour de Daesh soulève une autre question, à savoir : qu’est-ce qu’on fait avec les forces kurdes qui se sont retrouvées au lendemain de la chute de Bachar al-Assad comme des forces militaires constituées aussi par leurs alliances occidentales ? Cette question est aussi celle de l’identité politique de la future Syrie parce que les Kurdes réclament une kurdicité que le nouveau pouvoir est prêt à leur accorder.

    Qui sont les soutiens d’Assad dont vous dîtes qu’ils tentent de créer des zones d’instabilité ?

    M.R. : Les grands du régime ont disparu, il n’y en a plus en Syrie. La plupart sont partis en exil et quelques-uns se sont fait arrêter, comme l’ancien gouverneur de Deraa, qui était l’auteur et le responsable des premiers événements qui ont abouti au déclenchement de la Révolution. Il est en prison. Les Iraniens ont plié bagage parce qu’ils ont bien compris qu’ils ne sont pas les bienvenus. Les Russes ne se sont pas interposés dans la lancée des troupes, n’ont pas nui à la transition. De toute façon, ils ont quand même une grosse préoccupation autre qui est l’Ukraine. Mais ils ont quelques armes de négociation à travers la production de la monnaie syrienne et la présence de Bachar el-Assad sur leur territoire. Ce qui est plus problématique et constitue aujourd’hui la zone de désordre, c’est toutes les têtes de milices. Parce que le régime Assad, à l’arrivée, n’en est plus un régime mais un écho de milices plus ou moins autonomes les unes des autres, dirigées par des chefs de guerre.

    Êtes-vous optimiste pour la suite ?

    M.R. : La Syrie est un énorme laboratoire totalement inédit pour la région, duquel peut se dessiner un avenir vraiment différent de ce qu’on a connu ces 30 ou 40 dernières années. Je reste optimiste parce que ce renversement, c’est le fruit d’une population qui a résisté face à l’une des pires dictatures au monde. Cela me donne un espoir assez fort, à condition que deux choses restent en place : un espace public qui n’est pas verrouillé et que le travail de la société sur elle-même continue.

  • Le littoral marseillais à découvrir à travers les siècles

    Le littoral marseillais à découvrir à travers les siècles

    Les Archives municipales donnent à vivre jusqu’au 24 avril une exposition-balade pour découvrir ou redécouvrir l’histoire de l’aménagement du littoral marseillais à travers l’histoire et les siècles grâce à 150 documents, cartes, photographies ou encore peintures allant du XVIe siècle à nos jours. Le vernissage de l’exposition « Entre terre et mer : une histoire du littoral marseillais » a eu lieu samedi en présence de Perrine Prigent, adjointe au maire déléguée à la valorisation du patrimoine, et d’Hervé Menchon, adjoint au maire en charge de la mer. « Ce n’est qu’une infime partie que nous avons pu exposer mais cette promenade illustre les différents modes d’entrées des territoires », commente Olivier Muth, directeur des Archives municipales. « C’est aussi l’histoire de l’aménagement du littoral. Un passé qui donne à voir les missions et enjeux qui sont les nôtres pour que nous puissions continuer la valorisation et la conservation d’éléments précieux et peut-être écrire la mer de demain. »

    Un passé qui se tourne vers l’avenir

    Parmi les œuvres exposées il est possible d’observer, entre autres, un plan aquarellé très rare ainsi que des cartes précises et détaillées allant du littoral sauvage des calanques et des îles à celui urbanisé du centre-ville, des plages aménagées de la rade sud aux bassins du port autonome dans la rade nord. Le tout dans une ambiance lumineuse et sonore rappelant la rade. D’ailleurs, l’exposition s’ouvre sur un goéland, emblème de la ville, accompagné d’une très belle carte colorée de la géologie de Marseille réalisée par Paul Gourret et Achille Gabriel en octobre 1890. « Entre terre et mer : une histoire du littoral marseillais » vient clôturer un cycle de trois ans au sein des Archives municipales pour en ouvrir un nouveau en 2026. « Le cycle sur les loisirs s’achève et nous ouvrons un cycle d’expositions sur l’environnement dont le terroir et l’eau. Sans oublier un temps fort à la fin de l’année 2026 qui sera consacré au bicentenaire de la photographie », souligne Olivier Muth. « Elle vient aussi clôturer une année que la municipalité a voulu dédier à la mer », poursuit Perrine Prigent.