Author: tecnavia

  • Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    Municipales : les communistes de Montpellier « dans la dynamique » avec des propositions sociales fortes

    C’est Place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc» (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre, que les communistes de Montpellier ont rendu publiques ce lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies», introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée. Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Mickaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020.» résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Hervé Martin rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers…»

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes de Montpellier ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le projet municipal de la prochaine mandature. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix», quelle que soit sa forme : «une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental», insiste Hervé Martin.

    la deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule», explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer «on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits».

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. «Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances» annonce Hervé Martin. « On propose que la ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental».

    Alors que le maire sortant Mickaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes de Montpellier précise : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine», précise Hervé Martin.

  • Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Les journalistes provençaux exigent la libération de Christophe Gleizes

    Liberté pour Christophe Gleizes », peut-on lire sur des dizaines de pancartes, ce lundi matin, sur le Vieux-Port. à l’appel de la section de Provence de l’Union des journalistes sportifs en France (UJSF), une quarantaine de journalistes sont venus apporter leur soutien à Christophe Gleizes, incarcéré depuis un an et demi en Algérie,

    Le journaliste sportif a été arrêté dans le nord du pays le 28 mai 2024, alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football Jeunesse sportive de Kabylie. Il est condamné, en juin 2025, à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme ». La justice algérienne lui reproche de s’être entretenu avec le président du club de foot qui est également responsable du mouvement de l’autodétermination de la Kabylie (MAK), considéré comme terroriste par l’Algérie depuis 2021. La cour d’appel de Tizi-Ouzou a reconfirmé sa condamnation mercredi dernier.

    Face à cette nouvelle décision judiciaire, l’UJSF a appelé à une mobilisation nationale en soutien à Christophe Gleizes. Un appel auquel a répondu la section de Provence. « Cette action est symbolique pour marquer notre désapprobation, car cet emprisonnement est en contradiction avec la liberté de la presse », explique Gérard Poncié, président de la section Provence de l’UJSF.

    Défendre le métier

    Un rassemblement qui ne se limite pas aux journalistes sportifs, mais qui a mobilisé toute la profession. Eric Miguet, journaliste au service podcast de La Provence tenait à être présent : « En tant que journaliste, c’est important de prendre part à cette mobilisation pour témoigner notre soutien à un confrère, emprisonné pour avoir fait son travail. »

    Une entrave à la liberté de la presse qui, d’après Dine Gazoul, journaliste franco-algérien présent au Vieux-Port, n’est plus si rare en Algérie. « Il y a d’autres journalistes qui sont incarcérés simplement pour avoir dit qu’ils n’étaient pas d’accord avec le gouvernement, explique le journaliste. Il faut que les instances internationales et françaises bougent pour exiger que la liberté d’expression soit garantie. »

    Le 27 novembre dernier, un journaliste algérien, Saâd Bouakba, a été condamné à 3 ans de prison pour « insulte et diffamation des symboles de la Révolution », après une émission accusant d’anciens membres du FLN (Front de libération nationale) d’avoir pris le contrôle d’une partie du « trésor du FLN ».

    Noa Thevenin, photojournaliste en formation, est aussi venu pour protéger son futur métier. « L’incarcération de Christophe Gleizes ne fait que confirmer que c’est de pire en pire pour la liberté de la presse, en Algérie, mais aussi partout dans le monde, se désole-t-il. Il faut se mobiliser maintenant pour défendre le métier. »

  • Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Carte postale : l’OM au pays des fontaines humoristiques

    Entre le chocolat, les gaufres, les bières et autre stoemp, Bruxelles possède un riche patrimoine culinaire. Mais la capitale belge possède également des trésors qui se découvrent au hasard de pérégrinations urbaines.

    Au voisinage des monuments de la Grand place, entre deux façades illustrées de personnages de bandes dessinées, ces petites perles sont un concentré d’humour et d’ironie belge. Quelques grands noms, à l’image de Jacques Brel, attisent la curiosité. Mais, ce sont quelques fontaines et statues plus discrètes qui font tout le charme de la cité.

    Le plus connu est sans aucun doute le Manneken pis. Il représente l’insolence et la candeur de l’enfant. Et se moque bien du va-et-vient incessant, rue de l’Etuve, qui se moque de son minuscule attribut. A quelques rues, sa petite sœur Jeannekepis l’imite, dans son alcôve de la petite rue des Bouches. Face aux halles Saint Géry, c’est le Zinnekepis qui attire l’œil. Lui, c’est le clébard des rues, celui que l’on chasse à coup de pied, mais qui se moque bien des humains ingrats, puisqu’il lève la patte et se soulage sur la jambe des plus beaux pantalons de la ville. Tandis que dans la rue de l’Amigo, sur la façade du palace de Bruxelles, on comprend ce que fait le « Gros dégueulis ».

    De toutes ces allégories, c’est sans doute celle de la Dame au Chapeau qui est la plus touchante. Lors de la création de la pièce de théâtre dont elle est un des personnages clefs, les auteurs de « Bossemans et Coppenolle » ne pensaient pas qu’un jour, la rivalité footballistique entre l’Union Saint-Gilloise et Moleenbeck aurait droit à un éclairage en Ligue des Champions et rattraperait la longue histoire de l’OM. Située rue des Moineaux, elle mène sa petite vie de statue, impassible au temps qui passe et au retour des Apaches de Saint-Gilles au plus haut niveau du football belge.

  • Sondage : Payan en tête devant Allisio et Vassal à Marseille

    Sondage : Payan en tête devant Allisio et Vassal à Marseille

    Un match à trois, avec une issue incertaine, semble se dessiner pour la campagne des élections municipales 2026, à Marseille. C’est ce qui ressort d’un sondage Ifop-Fiducial pour La Provence et Sud Radio, révélé vendredi soir.

    à cent jours du scrutin, Benoît Payan (DVG), maire sortant, vire en tête avec 30% des intentions de vote. Sans être officiellement entré en campagne, il peut s’appuyer sur un socle solide chez les cadres et les 35-49 ans, selon l’enquête publiée par nos confrères. L’édile capterait 60% des électeurs du Printemps marseillais en 2020.

    Samia Ghali, maire adjointe (DVG), a réagi sur X : « Face à la menace du Rassemblement national, Benoît Payan représente la seule alternative pour une ville apaisée et tournée vers l’avenir. Pour que l’extrême droite ne s’empare pas de Marseille, toutes les forces de progrès et les forces vives doivent s’unir. »

    Volatilité

    Les projections restent indécises. Le sondage précise qu’un tiers des électeurs pourrait encore changer d’avis. Et la volatilité est forte chez les soutiens de Benoît Payan et de Martine Vassal, candidate de la droite et du centre. Seuls 40% des Marseillais qui ont l’intention de voter pour ces candidats seraient certains de leur choix.

    Franck Allisio, candidat du RN, arrive en deuxième position avec 27% des intentions de vote. Un niveau inédit pour l’extrême droite à Marseille. Il semble bénéficier d’un électorat plus âgé, avec une forte présence d’anciens électeurs de droite (28%). « Martine Vassal peut encore faire le bon choix : celui du rassemblement avec l’équipe en position de gagner autour de Franck Allisio », juge sur X Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête).

    Martine Vassal (DVD), soutenue notamment par LR et Renaissance, complète le podium avec 26% des intentions de vote. La présidente de la Métropole conserve plus de la moitié de son électorat de 2020. « Trois blocs politiques sont en mesure de gagner les élections municipales. Parmi ces forces, Martine Vassal (…) est la seule à voir son score progresser depuis un an », observe Romain Simmarano, porte-parole de la candidate.

    Sébastien Delogu (LFI) atteint 15%, en 4e position. Le député des quartiers Nord compte sur son premier meeting de campagne à la Belle de Mai, ce samedi, pour lancer une dynamique. Erwan Davoux, candidat aux côtés de Nora Preziosi (SE), ferme la marche avec 2%.

  • Un cap pour prendre soin de Gardanne

    Un cap pour prendre soin de Gardanne

    « Je ne suis pas un homme de parti, je porte des valeurs de gauche », a affirmé le candidat DVG aux municipales de 2026. En 2020, c’est une gauche fragmentée qui avait fait virer de bord une commune confiée depuis la Libération aux mains des communistes. PS, PCF, les Écologistes et Place publique, ainsi que des militants associatifs, se rassemblent aujourd’hui autour de l’ancien colistier de Roger Meï, pour porter une vision « collectiviste », face au « modernisme sectariste » d’une mandature LR entachée d’erreurs.

    Derrière le fondateur de l’établissement de soins palliatifs La Maison, c’est une gauche unie qui avance. D’abord pour réparer les plaies, « restaurer la confiance abîmée » par une « politique d’improvisation », a enjoint Jean-Marc La Piana. Après 5 ans aux manettes, Hervé Granier laisse un goût amer dans l’ex-cité minière : « Une gestion de la rénovation des écoles qui impose une délocalisation des élèves dans des modulables pendant trois ans de travaux, un projet de smart city à 40 millions d’euros retoqué pour ses irrégularités », rappelle un militant PCF. « L’abandon du centre de culture scientifique, des services publics dégradés et des agents municipaux en souffrance », ajoute une habitante de la cité Veline.

    Travail de terrain

    Pour balayer ce faux pas, Jean-Louis Guil, Gardannais depuis trois générations, s’est engagé dans le comité de soutien à la liste Ensemble, changeons de cap car, dit-il, « je retrouve dans cette équipe les valeurs de bienveillance et proximité de la ville de mon enfance ». Personnalité de la vie culturelle et sportive gardannaise, Silvia Caramanna a également choisi d’épauler « un homme de confiance, qui connaît nos enjeux, écoute et agit ».

    C’est à la fois en héritier et en bâtisseur d’un avenir « à construire ensemble » que Jean-Marc La Piana veut fédérer. De même que durant 31 ans, il a géré de manière collective La Maison, il invite les Gardannais et Biverrois à participer aux ateliers de travail déjà à l’œuvre « pour une action publique qui s’appuie sur l’écoute, le travail de terrain, car on ne construit pas la politique dans des bureaux ». En s’appuyant sur les atouts de la commune « son industrie, son offre de formation, sa capacité de résistance, de résilience », le candidat de gauche veut voir s’éloigner le spectre d’une ville-dortoir et rendre « leur fierté » à ses habitants. Une ville où « la sécurité ne se prône pas sur la peur mais sur la protection, qui accompagne les plus fragiles, répare les fractures ». Cette liste lance une invitation à prendre « un chemin collectif » avec « pour seule boussole l’intérêt général ».

    Nouvelle séance du conseil lundi soir

    Les élus gardannais se réunissent à nouveau ce lundi soir, à partir de 18h30, en salle du conseil municipal de l’hôtel de ville pour débattre et voter 32 délibérations, dont plusieurs portant sur les finances de la ville. Une décision modificative du budget 2025, les recettes et dépenses du budget 2026, des autorisations de programme et aussi quelques ventes de terrains communaux… Il ne devrait pas en falloir plus pour entrer dans le vif des débats sur la gestion controversée des finances de la ville, à quelques mois des prochaines élections municipales. À noter que les élus auront l’occasion aussi de faire un point sur l’avancée des travaux de rénovation du Cinéma 3 Casino dont « l’inauguration de l’établissement et de son parking est prévue pour novembre 2025 », annonce encore fièrement le site de la Ville… Une dizaine de délibérations portent également sur la gestion du personnel. LM

  • [Quoi de neuf] Hébergement d’urgence : « l’État pris en défaut »

    [Quoi de neuf] Hébergement d’urgence : « l’État pris en défaut »

    À l’heure où la précarité s’accroît en France – impactant notamment les étrangers – les membres de la Ligue des droits de l’Homme de Montpellier, Titouan Cady et Michel-Yves Billotte reviennent sur la question de l’hébergement d’urgence et le droit des étrangers.

    Louis Dupin : 200 000 personnes sont logées dans des centres d’hébergement par l’État. À cela s’ajoute plus de 100 000 personnes vivant dans la rue. Ce chiffre malheureusement progresse…

    Titouan Cady : Je n’ai pas de chiffres exacts sur cette progression, en revanche la pauvreté augmente, elle était environ à 14,3% de la population il y a 3 ans, elle est maintenant à 15,8%. La France est un des seuls pays d’Europe où la pauvreté augmente et ça s’accompagne forcément d’une précarité accrue et donc plus de personnes à la rue. On se rappelle tous les propos de Macron en 2017 où il disait à la fin du quinquennat il n’y aura plus personne dans la rue. C’est clairement un échec. Ce qu’on remarque et ce qui est troublant, c’est un désengagement de l’État, en tout cas de ses missions, parce que l’État assume de ne pas donner plus pour l’hébergement d’urgence alors que normalement l’hébergement est inconditionnel.

    L.D. : L’État est hors la loi ?

    T.C. : C’est compliqué. Il y a une différence en droit entre ce qu’on appelle l’obligation de résultat – quand on oblige une personne à atteindre un résultat – et l’obligation de moyens – quand on l’oblige à prendre les moyens nécessaires pour atteindre un hypothétique résultat. Sur la question de l’hébergement d’urgence, on est sur une obligation de moyens. Théoriquement, on ne peut pas dire que le fait qu’il y ait des personnes dans la rue, en tant que tel, met l’État dans une situation d’inégalité. En revanche, il y a des décisions de justice qui sont intéressantes, qui ont notamment été poussés par des municipalités qui montrent que l’État ne met pas les moyens suffisants pour héberger toutes les personnes qui sont là.

    Olivier Nottale : Et on l’a vu avec deux cas récents à Bordeaux et à Grenoble…

    T.C. : Oui c’est intéressant pour les municipalités parce que c’est une boîte à outils juridiques. Plusieurs municipalités – dont Grenoble et Bordeaux – ont lancé des contentieux devant le tribunal administratif en attaquant l’État. En fait, ces communes ont hébergé des personnes qui étaient à la rue alors que c’est à l’État théoriquement de le faire. Après les avoir hébergées, elles ont demandé à l’État de les indemniser pour avoir exercé la compétence à la place. C’est une forme d’innovation juridique parce qu’on n’avait pas eu ce format de contentieux avant. Les juges administratifs ont donné raison aux municipalités et ont obligé l’État à rembourser une partie des frais.

    L.D. : Est-on condamné à s’en remettre aux associations ou aux collectivités locales ?

    Michel-Yves Billotte : Oui effectivement, à partir du moment où l’État se désengage, il reste les collectivités et les citoyens, la solidarité entre citoyens. Mais du côté des collectivités locales, il faut quand même bien reconnaître qu’elles sont elles-mêmes en difficulté financière, elles sont obligées de faire des choix budgétaires drastiques pour arriver à tenir leur budget et qu’une partie des compétences qui ont été dévolues aux collectivités n’ont pas été compensées en termes financiers depuis des années. Donc c’est un peu la quadrature du cercle de ce côté-là.

    L.D. : Dans un autre registre, on voit qu’il y a eu 117 textes sur l’immigration depuis 1945, avec une accélération ces dernières années…

    T.C. : Il y a des obstacles de plus en plus importants pour la régularisation des personnes sans papiers. Ce qui est dû à l’origine à une forme d’impossibilité politique. Les responsables politiques n’arrivent jamais à faire ce qu’ils promettent, à massifier les expulsions. En réalité, ça ne fonctionne pas. Quel que soit le caractère autoritaire des ministères de l’Intérieur, il n’y a pas d’augmentation du taux d’exécution des OQTF. Ce taux n’a jamais dépassé les 20%. Les politiques ne peuvent pas le changer parce qu’il y a des centaines de milliers d’OQTF rédigées chaque année. À partir du moment où on fait ça, il n’y a pas de suivi administratif possible pour permettre l’expulsion de toutes ces personnes. Donc en fait, on précarise des gens. Ils savent très bien qu’ils n’y arriveront pas, donc ils pourrissent la vie de ces personnes, avec l’idée que ça va les faire partir. Ce qui est très faux.

    O.N. : On observe un durcissement des conditions de régularisation, notamment le niveau de français…

    T.C. : La logique des ministères de l’intérieur successifs est de renforcer l’intégration par l’apprentissage du français, c’est une condition pour l’obtention de la nationalité et de titres de séjour. Pour un titre de séjour pluriannuel c’est niveau B1 et pour la nationalité, niveau B2. Il y a aussi des QCM de connaissances de la République française avec des questions sur l’épouse de Napoléon III. Je pense qu’il y a pas mal de français qui ne seraient pas en mesure d’y répondre de manière aisée et pourtant ce sont des questions qu’on pose aux personnes qui sont en chemin pour acquérir la nationalité française.

  • Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Voilà plusieurs années que Raymond Depardon tisse un lien fort avec Montpellier. En 2022, le Pavillon populaire, avait déjà accueilli l’exposition « Communes », dans laquelle le célèbre photographe rendait hommage, en noir et blanc et à la chambre, à ces villages oubliés de l’arrière-pays méditerranéen menacés par un projet d’extraction de gaz de schiste. L’année suivante, en 2023, Raymond Depardon et son épouse Claudine Nougaret faisaient don, au musée Fabre, de près de 200 tirages issus de l’œuvre du photographe, permettant de faire entrer la photographie au sein des collections du musée montpelliérain.

    L’exposition « Extrême Hôtel », à découvrir depuis le 3 décembre au Pavillon populaire -dont elle marque la réouverture après plusieurs mois de travaux- vient encore renforcer ce lien et l’empreinte artistique de Raymond Depardon sur la ville.

    Cette carte blanche au célèbre photographe s’écrit, cette fois, en couleur. Co-commissaires de l’exposition, Simon Depardon, son fils -également photographe- et Marie Perennès, historienne de l’art spécialiste de la photographie, ont eu envie de faire découvrir aux visiteurs les archives couleur de celui qu’on connaît surtout pour ses clichés en noir et blanc. « Raymond a fait, dès 1960, beaucoup de photographies en couleur, or on s’est rendu compte qu’elles étaient très peu montrées », explique Simon Depardon. « On le connaît surtout pour des photoreportages importants, politiques, dans une actualité forte, mais on connaît moins les photographies qu’il a faites pour son plaisir. Celles qu’on montre ici sont, pour beaucoup, des photos plus personnelles, intimes, qu’il faisait pour lui dans une forme de douceur », livre le commissaire d’exposition. Un grand nombre des 150 clichés présentés n’ont d’ailleurs jamais été vus auparavant. « On a pu accéder à ses planches contacts et à ses négatifs pour sortir des inédits », confie son fils.

    Explorations solitaires

    C’est notamment le cas dans la série principale, « Extrême Hôtel », qui donne son nom à l’exposition. Celui d’un hôtel sans chichi à Addis-Abeba, où Raymond Depardon aimait séjourner lors de ses voyages en Éthiopie. Cette série réunit des images, pour beaucoup inédites, donc, réalisées dans différents endroits du monde entre 2004 et 2019, pour le plaisir. Une photographie de l’errance, éloignée des contraintes du photojournalisme.

    Organisée en différentes séries, l’exposition s’ouvre sur « La terre des paysans », un hommage de Depardon à la ruralité française, lui qui est né dans une exploitation agricole de la vallée de la Saône. Celui qui n’a jamais osé photographier ses parents immortalise en couleur, dans les années 2000, ces paysans qui disparaissent, la fin d’un monde.

    La séquence « Press color », elle, retrace le parcours de photojournaliste de Raymond Depardon, de l’Algérie au Vietnam, des Jeux olympiques à l’affaire Claustre. « À l’époque Raymond avait deux appareils photos. Un chargé en noir et blanc pour les reportages que lui commandait son agence, et l’autre en couleur pour tenter d’accrocher la couverture, qui était en couleur et qui était le Graal du photoreporter », rapporte Marie Perennès.

    D’autres séries, plus solitaires, intitulées Datar, USA, Glasgow, Carthagène, Tokyo ou encore Méditerranée complètent cette plongée tout en douceur dans le regard de Depardon. Attentif aux couleurs et à la lumière, il y photographie des lieux où il ne se passe rien, des scènes de vie ordinaires… Une exploration intime et intense du monde qui l’entoure.

    * À découvrir jusqu’au 12 avril. Entrée libre et gratuite.

  • L’espoir d’une gauche soudée demeure à Alès

    L’espoir d’une gauche soudée demeure à Alès

    Depuis la dissolution de « Maison commune » fin septembre, on pensait les trois gauches alésiennes irréconciliables. En mars, le Printemps alésien de Paul Planque (PCF) avait déjà perdu ses alliés Insoumis, socialistes et écologistes. Et voilà qu’à la fin de l’été LFI divorçait elle aussi du PS et des Verts. Alors, game over ?

    Non, car la perspective de trois listes de gauche ne convient à personne. Si bien que chacun espère et appelle toujours à l’union. Le 28 novembre, les insoumis se sont prononcés majoritairement pour cette option. Les 6 et 13 décembre, deux réunions viennent d’être calées avec le Printemps alésien de Paul Panque (PCF) pour « dépasser les blocages », indique Armand Crépin. Si l’Insoumis avait quitté le Printemps alésien car, dit-il, « tout était verrouillé », il ne « désespère pas de mettre les ego de côté ». « On est d’accord sur le programme à quelques nuances près mais rien d’insurmontable », glisse-t-il à l’attention des socialistes avec qui il s’est brouillé au sujet du chef de file mais auprès de qui il veut encore bien discuter. « Avec le départ d’un baron (Max Roustan) après 30 ans de règne, on a une fenêtre, ce serait dommage de ne pas s’entendre ».

    Les raisons de se retrouver ne manquent pas. Le programme fait quasi l’unanimité, le volonté d’écarter le risque RN (Pierre Meurin) est forte et la moindre notoriété du maire LR Christophe Rivenq ouvre une brèche inédite.

    C’est aussi l’avis de Paul Planque. Fort de son expérience de 2020, désigné par 112 militants, il s’estime « légitime » pour conduire une liste d’union de la gauche. « On prend le chemin du rassemblement avec LFI. J’ai proposé un vote mais les socialistes refusent. Je vais les relancer, j’espère qu’au final ils seront avec nous ».

    Mais aujourd’hui, le jeune Basile Imbert (PS), qui voudrait incarner le changement, estime qu’il existe un « désir de renouveau à Alès ». « La désunion me chagrine mais j’en prendrais acte. Si nous échouons, le 1er tour sera la primaire de la gauche ». À condition de dépasser les 10%… « L’union ne sera pas suffisante pour gagner. On devra récupérer une partie de l’électorat roustanien. La gauche ne doit pas se parler qu’en vase clos ».

    Certes, mais elle doit d’abord faire bloc. Le déclic viendra-t-il de plus haut ? « Cette situation commence à interroger à Paris. Nos États majors pourraient nous obliger à nous entendre », confie Basile Imbert, misant sur la carte de l’équilibre PCF/PS entre Nîmes et Alès. Pas du goût de Paul Planque. « Pourquoi cet équilibre ne vaudrait-il que pour le Gard ? ».

  • Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    Tribunal pour enfants : le SOS du bâtonnier d’Alès

    « Voilà 7 ou 8 ans déjà qu’on réclame la création d’un tribunal pour enfants à Alès, sans succès. Aujourd’hui malheureusement, avec cette explosion de la criminalité, nous payons les pots cassés de cette inertie. Quand on voit la dégradation de la situation sur notre ressort, il y a urgence. C’est pour ça que j’ai lancé ce SOS sur les réseaux sociaux », confie Guillaume Garcia. Le 24 novembre en effet, le bâtonnier d’Alès publiait sur sa page Facebook « un appel de détresse » à l’attention du garde des Sceaux afin de réclamer des moyens ciblés permettant de créer un tribunal pour enfants à Alès. « Il suffirait d’un décret de Gérald Darmanin », écrit-il. « C’est seulement deux magistrats, un juge des enfants et un substitut pour la partie “mineur” du parquet. »

    « Une explosion de la délinquance des mineurs »

    S’il y a urgence, c’est qu’aujourd’hui « la délinquance et la criminalité explosent » dans la capitale des Cévennes, assure le bâtonnier. « On a eu une série d’affaires médiatiques : au moins 8 homicides depuis le printemps, à chaque fois plus sordides, entre le meurtre barbare à la mosquée de la Grand-Combe en avril et une exécution par gros calibre sur le parking d’un restaurant de restauration rapide sur la rocade d’Alès il y a peu, en passant par un lynchage sur un point de deal ; sans oublier la malheureuse victime accrochée à un arbre, tuée et brûlée, le tout filmé et diffusé sur les réseaux sociaux », énumère Guillaume Garcia. « Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg », assure-t-il. « En tant qu’avocats, on assiste les mineurs dans toutes les mesures pénales qui les concernent dans le ressort judiciaire d’Alès (qui englobe 200 000 personnes). Entre 2022 et les trois premiers trimestres de 2025, on est sur une hausse de 128%. Et nous avons déjà dépassé, sur ces trois premiers trimestres de 2025, le nombre de mesures d’audition et de gardes à vue de 2024. On a donc une explosion de la délinquance des mineurs », insiste le bâtonnier. « Or il y a une anomalie au niveau du tribunal judiciaire d’Alès : nous n’avons pas de tribunal pour enfants, les mineurs dépendent de Nîmes », déplore-t-il.

    « On va nous dire qu’un juge des enfants ne réglera pas ce qu’on appelle les “narchomicides”. Certes. Mais le but est de prendre le problème à la racine, avec un juge des enfants qui puisse mettre les premières mesures éducatives. Aujourd’hui, l’éloignement avec Nîmes (il faut entre 1h15 et 1h30 pour se rendre du commissariat d’Alès à Nîmes) fait que dans un certain nombre de petits faits délictuels ou contraventionnels commis par des mineurs, il n’y a pas de réponse pénale. Hélas ensuite ces jeunes basculent rapidement dans des faits de plus en plus graves. Ils vont notamment sur les points de deal », explique Guillaume Garcia.

  • Grand Avignon : l’ex-chef des services livre sa vision de l’audit sur la gestion des transports

    Grand Avignon : l’ex-chef des services livre sa vision de l’audit sur la gestion des transports

    Comme déjà tracé dans notre édition de vendredi, révélant le contenu de l’audit sur la société publique locale (SPL) Tecelys – en charge de la gestion des transports en commun du Grand Avignon -, l’homme par qui l’affaire a éclaté n’en reste pas là. L’ancien directeur général des services (DGS) du Grand Avignon, qui pour solde de tout compte avait alerté sur des irrégularités au sein d’une « SPL en roue libre », est loin de se contenter des résultats de l’audit qui évoque seulement « des dysfonctionnements ».

    Dans une analyse détaillée, Alain Cluzet plaide pour « la dissolution de cette SPL qui coûte très cher aux contribuables pour un bilan quasi nul et des pratiques toxiques ». En fonction désormais loin d’Avignon, il n’a pu lui-même être audité, face au refus du Grand Avignon que « l’entretien se réalise en visio », lit-on dans l’audit. L’ex-DGS critique aussi bien la forme que le fond de l’enquête. Il moque un « auto audit », sans « aucun contradicteur potentiel entendu » et « présenté comme un mémoire en défense face “aux accusations portées par l’ancien DGS” et non comme une analyse à 360 degrés des finances et de la gestion de Tecelys comme il se doit pour tout audit ».

    Sur le fond, il apporte ses contradictions à 10 points soulevés, qui « omettent ou travestissent de nombreux éléments », maintenant ses accusations. « Le but de cet audit bidon est uniquement de déminer à la suite des accusations que j’ai proférées, conclut le cadre administratif. Celles-ci ne sont pas que miennes. De nombreux anciens et actuels cadres du Grand Avignon comme de Tecelys témoigneront dès lors qu’ils ne seront plus menacés de perdre leur travail. Mais pendant ce temps, le gaspillage de millions d’euros d’argent public continue ». Alain Cluzet compte sur la chambre régionale des comptes, qui a lancé un contrôle, pour valider ses dires.