Author: tecnavia

  • Bienvenue dans l’ère de la météo spatiale extrasolaire

    Bienvenue dans l’ère de la météo spatiale extrasolaire

    Les éruptions solaires sont bien connues : notre soleil éjecte parfois des bulles de plasma – un gaz ionisé très chaud – dont l’interaction avec le champ magnétique de la Terre provoque les fameuses aurores polaires. Cette activité solaire est suivie à la loupe dans le cadre d’une météo spatiale. « Nous supposions que le phénomène pouvait exister sur d’autres étoiles, indique Laurent Lamy, astrophysicien au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. Mais cela n’avait jamais été détecté directement. » Jusqu’à la parution récente d’un article dans Nature qui relate la première observation sur une étoile à 133 années-lumière. « Il s’agit d’un événement au moins 10 000 fois plus violent que ceux produits par notre soleil », précise le chercheur qui a participé à l’étude pilotée par des collègues néerlandais.

    À l’origine, un signal d’à peine deux minutes enregistré en 2016 par le radiotélescope européen Lofar. « Cette détection a pris du temps car il a fallu développer une nouvelle méthode d’analyse mise au point à l’Observatoire de Paris par mon collègue Cyril Tasse », souligne Laurent Lamy.

    Plus précisément, le signal détecté est d’un genre particulier : un « sursaut radio de type 2 », « très caractéristique de l’éruption d’une bulle de plasma à la surface d’une étoile », pointe Laurent Lamy. Le résultat de l’onde de choc générée par le plasma qui se déplace bien plus vite que le plasma émis auparavant. « Une étude de 2021 relatait déjà l’observation d’un sursaut radio en provenance de notre étoile voisine : Proxima du Centaure, admet le chercheur. Mais c’était un type différent – le type 4 – moins directement associé à une éruption stellaire que le type 2. » Ce dernier étant une sorte de preuve qui ne laisse plus de place au doute.

    Érosion d’atmosphère

    Le phénomène existe donc sur d’autres étoiles. Provoque-t-il des aurores polaires sur les exoplanètes autour ? Difficile à dire. « Mais cela a des conséquences sur l’habitabilité de ces systèmes stellaires », indique Laurent Lamy. Car des éruptions stellaires violentes peuvent éroder l’atmosphère d’une planète – qui est importante pour que de l’eau liquide puisse exister à sa surface et donc, peut-être, une forme de vie. « Aucune exoplanète n’a encore été détectée autour de l’étoile qui a produit l’événement observé », ajoute-t-il. Mais les étoiles de la même famille – les naines rouges – sont connues pour être des hôtes fréquents de planètes de masse terrestre dont la zone où l’eau liquide peut exister est proche de l’étoile, donc sujette à des tempêtes stellaires intenses.

    Après cette première détection, les scientifiques ont l’intention d’en détecter plus. Sur la même étoile ou d’autres « pour faire de la physique comparée », précise Laurent Lamy. Et se décentrer de notre soleil, l’étoile que nous connaissons le mieux mais qui n’est pas forcément représentative de toutes les autres.

  • La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    Il n’y a plus qu’à couper le ruban. Le vendredi 19 décembre dernier, le préfet de région Jacques Witkowski a signé les autorisations de la mise en service commerciale des extensions du tramway T3 au nord et au sud, avec l’approbation de leur dossier de sécurité. De quoi concrétiser les 350 millions d’euros d’investissements, cofinancés par l’État dans le cadre du plan Marseille en grand, pour prolonger la ligne jusqu’à Capitaine-Gèze au nord et la Gaye au sud. Après les inaugurations prévues les 6 et 10 janvier prochain, les Marseillais pourront enfin profiter de ces 6,2 km de rails supplémentaires.

    Mais ces autorisations s’accompagnent de quelque dix-sept prescriptions imposées par les services de l’État, auxquelles s’en ajoutent dix supplémentaires pour le dossier de sécurité de la phase deux de l’extension du tramway vers le nord, jusqu’à la Castellane. Ainsi, les services de l’État ordonnent-ils de retirer avant la mise en service un panneau directionnel au croisement de la rue d’Anthoine et le boulevard Salengro (2e) « situé au milieu de la piste cyclable ». Des aménagements supplémentaires doivent aussi être réalisés, d’ici un mois, au niveau du carrefour du parc Bougainville, « afin d’interdire aux cycles d’emprunter le site banal en contresens », alors que les conflits d’usages des voies entre cyclistes et tramway font partie des points noirs de la marche à blanc. « Les stations de l’extension devront respecter la réglementation d’accessibilité », réclame aussi la préfecture. Deux points qui inquiètent pour la phase 2 de l’extension du tramway : l’État demande plus de vigilance « à la continuité et la lisibilité des aménagements cyclables », plus particulièrement sur le boulevard de la Méditerranée (15e) et rappelle à la Métropole qu’elle ne peut pas demander à déroger aux règles d’accessibilité pour la future station La Castellane. Et de pointer des quais « parfois en dessous des largeurs préconisées ».

    La Métropole rassure

    « L’accessibilité est au cœur du projet », nous répond la Métropole, qui indique que « toutes les nouvelles stations sont pensées pour être faciles d’accès », avec chemins piétons continus et rampes lorsque le terrain le nécessite. Quant aux aménagements cyclables, « ils sont travaillés avec les services techniques et les associations de cyclistes, afin de garantir des déplacements sûrs et confortables, même dans des rues étroites », promet l’intercommunalité.

  • Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Des agents de sécurité de Grand Littoral menacés de mutation après une grève

    Pas de trêve de Noël dans l’entreprise Triomphe Sécurité. Ce vendredi 26 décembre, les agents de sécurité de la société, qui officient sur le centre commercial de Grand Littoral à Marseille, dans le 16e arrondissement, se sont mobilisés dès 10h à l’appel de la CGT.

    En cause ? Mustapha et Joseph, deux militants de l’organisation syndicale et travailleurs du site, sont dans le viseur de leur direction. « On avait des revendications et en retour, on n’a pas reçu nos plannings. Ils nous mettent la pression car l’on a revendiqué des primes que d’autres touchent », dénonce Mustapha, devant la porte du centre commercial. Si l’absence de planning pourrait être anodine, il faut avoir en tête qu’elle fait suite à un mouvement de grève, le 5 décembre dernier. Et surtout que leurs collègues « ont bien reçu leurs plannings ». D’où la crainte très concrète d’une mutation : « On risque d’être envoyés à Martigues, Port-de-Bouc ou l’autre bout du département », dénonce Joseph. Un comble alors que les deux « habitent à 5 minutes de Grand Littoral ». Ils en arrivent à la conclusion logique : « C’est de la discrimination syndicale, ce sont des représailles. »

    Au lendemain de Noël, ce traitement a de quoi faire tache. D’autant que les deux salariés auraient des états de service irréprochables selon la CGT. « Ce sont deux salariés irréprochables, investis, respectueux des règles de déontologie, appréciés par leurs collègues comme par les clients », assure Bader Maoudj, secrétaire général de la CGT Prévention Sécurité 13. Mustapha est sur le site depuis un an quand son collègue Joseph est là depuis quatre ans. « Je me suis donné pour ce travail et voilà ce que j’ai comme remerciements ! », tempête Joseph. « On demande simplement d’avoir notre planning et de pouvoir rester ici », martèle Mustapha.

    « Ils m’ont fait le même coup »

    Si rien n’est acté pour l’heure, les deux concernés sont sûrs d’eux : « Ils veulent nous diviser. En plus, on n’a pas reçu de lettres, de convocations ni de coups de fil, c’est quelle manière de faire ? ». Ils prennent l’exemple de Christopher, un ancien agent du site « qui a été envoyé à l’autre bout du département alors qu’il n’avait pas le permis ». Ce dernier, présent au rassemblement confirme : « La direction m’a fait le même coup ! ». Un des collègues de Mustapha et Joseph se désole : « Dans notre métier, les patrons pensent qu’il y aura toujours du monde pour nous remplacer. » Tous font le lien avec leur mobilisation du 5 décembre, qui portait sur des revendications salariales mais aussi sur une « reconnaissance de l’insécurité du site et les risques encourus par les salariés dans leur métier » (lire notre article du 04/12). « Notre grève était paisible, c’était un piquet classique, il n’y a pas eu de débordements ni rien », rappelle Mustapha.

    Contactée, Triomphe Sécurité n’a pas encore répondu à nos sollicitations. Mais la CGT prévient : « On ne lâchera pas Mustapha et Joseph. »

  • A Toulon, le projet de plan de mobilité métropolitain fait réagir

    A Toulon, le projet de plan de mobilité métropolitain fait réagir

    Les déclarations d’intention sont toujours des plus vertueuses en matière de mobilité comme du reste. Ici, il s’agit dans les textes de mettre en avant le renforcement de la cohésion sociale en permettant à chacun de se déplacer en sécurité sur tout le territoire. Et cela en réduisant l’empreinte environnementale et l’impact sur la santé des transports. Difficile en effet, de ne pas adhérer à ces priorités.

    Ainsi, le nouveau plan de mobilité se fixe pour objectif en 2035 de parvenir à 43% de modes actifs, c’est-à-dire d’un recours à la marche à pied et au vélo, contre 37% aujourd’hui.

    Et pour ce qui est des transports en commun, il est question de passer de 7% seulement, aujourd’hui, à 12%.

    Concernant la part modale des transports individuels motorisés qui est de 56% actuellement, la Métropole TPM veut s’employer à la faire chuter de 11 points pour atteindre 45% dans une décennie.

    Pour y parvenir le plan d’actions prévoit de « donner aux transports collectifs le pouvoir de concurrencer l’autosolisme », c’est-à-dire l’usage individuel de son véhicule. Ce qui va supposer de les rendre beaucoup plus attractifs. La question est de savoir si le Bus à haut niveau de service (BHNS) dont la première ligne est attendue pour 2029 seulement aura cette capacité, en sachant qu’il ne sera pas en site propre sur une bonne partie du trajet.

    Le BHNS peut-il suffire ?

    Autre bonne volonté mise en avant, celle « de faire évoluer le partage de l’espace public en mettant les mobilités actives au cœur des aménagements ». Là-dessus, même la situation a beaucoup évolué, à Toulon notamment, il reste encore beaucoup d’attentes de la part des associations et collectif qui militent pour l’essor de la pratique du vélo en sécurité depuis longtemps.

    En attendant la consultation et l’avis d’enquête publique pour une approbation de ce PDM pour la fin 2026, des voix se sont déjà élevées pour dire toute leur perplexité.

    Le conseiller métropolitain d’opposition de Toulon en Commun Philippe Leroy trouve, pour commencer, que les objectifs ne sont pas suffisamment ambitieux par rapport au retard pris par la collectivité, et rappelle que TPM est descendue à la 18e place, sur les 21 métropoles, en termes de fréquentation des transports en commun. Et qu’elle réussit en la matière 3 à 5 fois moins bien que Montpellier, Marseille et Nice.

    Pour le collectif tramway, le Bus à haut niveau de service ne pourra répondre aux besoins de la population. En particulier à cause du fait qu’il circulera sur au moins 30% de son trajet mêlé à la circulation automobile, en particulier à Saint-Jean-du-Var et à la Coupiane, « ce qui dégradera la vitesse commerciale et la régularité du service ». Contrairement à un tramway qui circule, lui, en totalité en site propre, et peut transporter beaucoup plus de voyageurs.

    Autre grief : une fin des travaux prévue en 2038, alors que les autres métropoles réalisent leurs lignes de BHNS en 3 ans en moyenne. Mais aussi « que les travaux déjà réalisés pour le tramway, d’un montant de 180 millions d’euros, ont permis de faire l’acquisition d’une grande partie du site propre ».

    Pour le collectif, le BHNS ne permettra donc pas de compenser l’augmentation de la population et fera stagner le niveau des transports en commun à moins de 10%, alors que les autres métropoles en sont à plus de 20%.

    Le débat sur le tramway est donc relancé.

  • Ces incendies urbains qui font la bascule

    Ces incendies urbains qui font la bascule

    Novembre 2019. Les riverains se souviennent encore d’immenses flammes noires léchant les façades de la brasserie des 2G. Le fleuron touristique d’Aix, érigé sur le cours Mirabeau, vient de brûler. Six ans plus tard, la cause de cet incendie n’est toujours pas connue. L’enquête est toujours en cours. « Il y avait une histoire commerciale et politique à cette époque. Le fond de commerce avait été mis en liquidation, il y a eu une vente au tribunal de commerce, le procureur a fait appel de l’achat donc retour au tribunal de commerce… Tout cela, entre avril et novembre 2019 », retrace Éric Hampartzoumian, propriétaire des murs du bâtiment depuis la fin des années 1990. Si la cause du sinistre reste mystérieuse, la métamorphose du bâtiment, elle, avance. Là où autrefois se tenaient les salles ornées de la brasserie, animées du ballet incessant de serveurs et de clients et les étalages de spiritueux, Éric Hampartzoumian a l’image claire de ce à quoi ressemblera l’espace, une fois les restaurations bouclées. « J’ai lu et relu les plans tellement de fois, je les connais par cœur », plaisante-t-il.

    Pour ceux qui auraient moins étudié le dossier, difficile à ce stade de visualiser le devenir des 1 300m2 carrés de surface de plancher, occupés par les truelles, les bâches et les allers retours d’ouvriers affairés aux restaurations. Même si déjà, les premiers indices prennent vie : Un immense escalier monumental, reliant les trois salles historiques de la brasserie aux premier et dernier étage a été recréé. « On l’a refait, il n’existait pas. On a retrouvé des emmarchement et recréé l’escalier en pierres », précise Éric Hampartzoumian. Des fenêtres âgées d’une centaine d’années ont été retrouvées et réouvertes, la toiture vitrée, plus tard teintée de vitraux, a été rénovée et cet été, à l’occasion de l’année dédiée au peintre Cezanne, les échafaudages côté rue Fabrot ont été démontés, révélant une partie des murs aux soins des mains de l’Atelier Renaissance. Les mêmes en charge des finitions de la marquise, longue de quinze mètres. « Les trois salles historiques du bas, les façades, la marquise et la toiture sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques », précise Éric Hampartzoumian. Pour conserver l’authenticité du lieu
    – condition sine qua non pour celui qui prend en charge le gros œuvres des travaux – la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et les Architectes des bâtiments de France (ABF) ont leur mot à dire : notamment sur les choix de restaurations et d’agencements. Le devenir des pièces lui, n’est plus entre les mains d’Éric Hampartzoumian.

    L’âme restera conservée

    La raison ? La gérance sera attribuée au Château La Coste, dont le domaine viticole luxueux et centre d’art contemporain sont installés au Puy-Sainte-Réparade. « J’ai reçu plusieurs offres de grands groupes qui voulaient récupérer les lieux. Ils proposaient des prix colossaux mais qui n’ont rien à voir avec la restauration, retrace Éric Hampartzoumian. Je veux que ce lieu reste une brasserie. J’ai toujours connu les 2G et je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est devenu les Deux Garçons fin des années 1700. C’est une des plus vieilles brasseries de France. Tout le monde est passé par ici : de Cezanne à Belmondo. » Fin septembre 2023, Château La Coste se manifeste et après réunion « brève » avec son propriétaire, Paddy McKillen, la décision pour Éric Hampartzoumian est prise. « Ce qu’il m’a proposé me plait : une brasserie en bas, un restaurant au premier, six chambres de luxe au dernier étage, poursuit Éric Hampartzoumian. J’ai donné les plans de mon permis en 2023. Cette année au mois de juillet, ils m’ont expliqué déposer un permis modificatif. Il y a un mois, j’ai consulté leur avant projet définitif : c’est vrai que c’est très beau. » Le lieu revient de loin. Si aujourd’hui l’immeuble est sécurisé, que sa colonne vertébrale reprends vie, les quelques semaines après incendies ont été un bouleversement teinté de son « lot de surprises ». « Sur les deux étages de l’Hôtel de Gantès, on ne voyait rien de cassé. Mais au rez-de-chaussée et premier étage il fallait tout refaire, retrace le propriétaire. On a aussi découvert que le mur de refend, qui tient l’immeuble, s’est lui tassé de 15 centimètres à cause de la chaleur en emmenant avec lui les planchers, la toiture… ça a tordu tout l’immeuble, il fallait tout refaire. » Mi-2027 pourrait être une échéance de livraison plausible pour Éric Hampartzoumian. Pour Château La Coste, cela pourrait être encore plus tôt. Et si le doute planait toujours : la brasserie conservera évidemment le nom des 2G. « Je me suis battu pour ça je ne vous dis pas comment. Si on enlève le nom, ce n’est plus le même endroit, rapporte le propriétaire. En 1930, sur une photo de Henry Ely, le bar s’appelait le Grand Café des deux garçons. J’ai donc déposé le Grand café des deux garçons. » Pour l’anecdote.

    Eva Bonnet-Gonnet

    « Je ne me voyais pas la donner à n’importe qui. C’est une des plus vieilles brasseries de France. »

  • Histoires de phénix

    Histoires de phénix

    Le « café de Flore » provençal, la brasserie des Deux garçons, située cours Mirabeau à Aix-en-Provence renaît de ses cendres. Lieu emblématique de la cité du Roi René, l’établissement multiséculaire a vu se succéder dans ses murs, artistes, écrivains, musiciens et hommes de pouvoir.

    Paul Cezanne, Raimu, Pablo Picasso, Francis Poulenc, Jean Cocteau, Alain Delon, Darius Milhaud, Jean-Paul Belmondo se sont succédés dans cette institution également fréquentée par tous les acteurs de premier plan du monde politique.

    Les stigmates de l’incendie qui l’a ravagé en 2019 et dont l’origine est toujours l’objet d’une enquête, disparaissent peu à peu grâce à la rénovation complète qui est en cours. Les échafaudages ont été démontés et l’avenir du lieu se devine au milieu du chantier.

    Le château La Coste, autre institution du pays d’Aix, s’apprête à reprendre la gestion du lieu. Gage de solidité dans le projet qui s’y dessine.

    Du pire peut parfois surgir le meilleur

    Dans notre région, les précédents ne manquent pas. Et parfois, comme pour l’incendie des Nouvelles galeries, ces feux qui ont dévoré des institutions du territoire, ne sont pas resté sans conséquence.

    C’est de cette catastrophe de 1938 qu’est née le bataillon des marins pompiers de Marseille. Le signe que du pire, peut parfois surgir le meilleur.

    Des histoires de phénix qui montrent que la fatalité n’est pas un horizon indépassable et qui donne espoir dans notre capacité commune de résilience.

  • Philippe Klein est candidat Horizons pour les élections

    Philippe Klein est candidat Horizons pour les élections

    Il était entré en campagne sans être candidat, multipliant les discussions avec les formations politiques du bloc central. Jusqu’au soir du dernier conseil municipal de l’année, et du mandat : Philippe Klein, second d’Anne-Laurence Petel (Ren.) en 2020, sera bien candidat aux élections municipales de 2026, investi par Horizons dont il est le référent aixois. Le conseiller métropolitain, meneur du groupe Aix-Autrement, qu’il a fondé après s’être séparé du groupe Petel, entraînant avec lui Béatrice Bendelé et Alain Parra, a, pendant plusieurs mois, tendu à la main à Sophie Joissains, maire (UDI) sortante. Sans succès. Il la concurrencera tout comme Marc Pena (PS), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), à la tête de la liste Aix pour vous. « Je n’ai pas eu de réaction à cette annonce de candidature, rapporte Philippe Klein. Mais je suis très heureux d’avoir été investi par Edouard Philippe. C’est un gage de récompense du travail que j’ai pu faire ces quatre dernières années au service de ce parti, en créant un groupe Horizons, devenu un groupe politique important. En période électorale, c’est une grosse force politique. » Certes. Mais n’y a-t-il pas un risque de division au sein du bloc central ? « Je suis le candidat le plus fédérateur et le plus rassembleur possible : je suis le seul a avoir déclaré que je tendais la main. Personne ne m’a répondu », rappelle le candidat.

    Programme déjà établi

    La liste, dont la composition ne sera pas révélée avant la mi-janvier, reste « très ouverte : il y a des gens d’Horizons, de gens de la société civile, et des gens issus d’un bloc central très élargi », laisse entendre Philippe Klein. Jusqu’ici, la possibilité de retrouver les noms des colistiers actuels du groupe Aix Autrement ne peut pas être confirmée. « Ils sont eux-mêmes tenus par leurs différents partis, qui n’ont pas pris position. Je ne peux pas répondre à cette question encore », admet-t-il. Avocat au barreau d’Aix depuis 42 ans, ancien bâtonnier, trois ans à la tête du Conseil national du barreau de France, Philippe Klein entend être « l’avocat pour la ville ». Une poignée de grands axes dessinent déjà la ligne du programme. À commencer par la sécurité en « exerçant le pouvoir donné aux maires en la matière ». Pourquoi ne pas convoquer les auteurs de toute petite délinquance en mairie ou s’attaquer au narcotrafic via le consommateur ? Les sujets de réchauffement climatique et de mobilité font aussi partie des priorités de Klein. Pour le premier, « j’ambitionne d’être la ville la plus en avance sur cette lutte ». Pour le second, l’urgence est à raccorder les villages et quartiers aux réseaux de transports. « Le dialogue avec la métropole doit être incessant », estime Klein. À court terme, le candidat a déjà ses idées. Entre autre être « attentif » au devenir des associations, ou réduire les budgets de fonctionnement pour rehausser le budget d’investissement… En bref, faire « mieux avec moins », dans un contexte budgétaire tendu et « faire avec ce qui existe ».

  • « Transit », espace alternatif pour des rencontres et des créations

    « Transit », espace alternatif pour des rencontres et des créations

    Leurs valises bourrées de livres proposaient dans les centres sociaux et culturels des quartiers Nord et pendant des événements comme « Paroles de galère » des titres liés aux luttes du moment, autour du féminisme, des sans-abri, du racisme et de l’anticolonialisme. Quatorze années plus tard, les fondateurs sont toujours actifs au sein d’une association de 15 bénévoles qui gèrent une librairie permanente : « Transit » continue de se déplacer en dehors de ses murs, programme chaque semaine des débats, rassemble plus de 5 000 ouvrages.

    Arrivé à Marseille en 2001, Michel Touzet est l’un des plus constants piliers de Transit. Pendant deux ans, jusqu’à la fermeture définitive de 2009, il fut libraire chez Païdos qui s’était établi en 1996 au 54 cours Julien. Il n’ignore pas qu’une librairie atypique, porteuse d’engagements et d’esprit critique doit surveiller sa ligne de flottaison, consentir toutes sortes de sacrifices pour ne pas subir un découvert bancaire.

    Avant d’avoir élu pour domicile depuis mai 2021, juste après la rue des Abeilles, le 51 boulevard de la Libération, Transit tenait débats au n° 45. Ce fragment de rue est austère et tristounet : il faut identifier la vitrine, lire les dazibao des poèmes qui s’affichent (actuellement Darwich, des écrivaines palestiniennes, la couverture d’un livre peinte par Thomas Azuelos) franchir la porte, scruter les ouvrages, aller vers la mezzanine où figurent des illustrés et des livres pour la jeunesse. Ce qu’on trouve ce ne sont pas seulement des livres de sciences humaines, Frantz Fanon, Rosa Luxembourg ou Edward Saïd, les éditions Agone, la Découverte et La Fabrique : on rencontre de nouvelles problématiques du côté de l’écologie et des minorités sexuelles, les multiples visages et rebonds d’une extrême gauche pas sectaire ni agressive, quelque chose de sobrement « expérimentale ». Cinq ou six fois par mois, des rencontres avec des auteurs et des autrices incarnent les couleurs et les interrogations du moment.

    « Nous sommes les voix de celles qui n’en ont plus »

    Pour l’heure, les employés de Transit sont tous des bénévoles. Les ventes et les commandes auprès des éditeurs ne sont jamais véritablement conséquentes. Les bénéfices engrangés servent uniquement pour renforcer les rayons de la librairie, héberger en hôtel les auteurs qui participent aux débats ou bien se décentraliser dans les quartiers, par exemple pendant les agoras de la Busserine.

    Créer des passerelles et des répercussions en dehors du milieu local – par exemple, avec des vidéos de lectures de poésie palestinienne enregistrées sur place, par la suite envoyées à Gaza – tisser des liens pas seulement avec les lecteurs, mais aussi avec des éditeurs et des écrivains fait partie des priorités de Transit. Présidente de l’association depuis sept ans, Nora Mekmouche est la responsable des éditions Cris-Ecrits. Avec plusieurs proches, Zora Boukenuche, Alain Castan, Elise Debureau, Muriel Modr et Michel Touzet, Nora a participé à la réalisation d’un travail collectif qui fait aujourd’hui partie des long-sellers de la librairie : Transit estime avoir vendu plus de 300 exemplaires du Guide du Marseille colonial que la librairie a coédité avec Syllepse et La Courte Echelle. En complicité avec Soraya Guendouz et l’association Approches Cultures et Territoires, Nora Mekmouche conduit aussi un travail de long cours depuis la parution en 2023 des trois cahiers de la collection Silence Barré qui vient de publier un volume titré Gaza / Voix sous les cendres, un ensemble où l’on retrouve les multiples ressources et connexions de Transit : entre autres, des ateliers d’écriture avec des proches de Noailles, des dessins et des photographies remarquablement maquettés, des participations d’autrices comme Faïza Guène.

    Depuis l’ouverture 55 rue de la Palud, entre Domaine Ventre et rue Estelle, de la BaaM, la Bibliothèque Arabe Associée de Marseille, en interaction avec les éditions Fidel Anthelme X de Frédérique Guétat-Liviani et Le port a jauni de Mathilde Chèvre, une nouvelle donne, d’autres échos et rebondissements, des publications et des traductions consonnent actuellement avec les désirs et les combats de la librairie. Dans ces conditions, on ne s’en étonne pas, la presse locale et hexagonale en a fait l’écho, la haine et l’agressivité du camp adverse ont pris cet hiver pour cible Transit dont la vitrine et le trottoir ont été plusieurs fois maculés de signes néo-nazis. Sur son site, la librairie a clairement répondu que sa volonté était « de rendre audibles et intelligibles les voix étouffées dans le vacarme des voix dominantes » : Transit « lutte contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme et l’islamophobie ».

    51, boulevard de la Libération

  • On nage à l’intérieur jusqu’au 22 février au Port-Marchand

    On nage à l’intérieur jusqu’au 22 février au Port-Marchand

    Dans le contexte de sobriété énergétique qui s’impose à tout un chacun mais aussi à l’ensemble des collectivités territoriales, la Ville de Toulon a fait à nouveau le choix de fermer l’accès au bassin extérieur chauffé du stade nautique du Port-Marchand durant une partie de la période hivernale, ce dernier rouvrant le 22 février prochain.

    Économie énergétique

    Pour offrir à tous les usagers (scolaires, particuliers, associations et institutions) un service optimisé permettant de pratiquer la discipline de leur choix, les autres bassins couverts verront leur amplitude d’utilisation élargie.

    Il faut savoir que les eaux des piscines toulonnaises de Pins d’Alep, Léo-Lagrange et celle du bassin couvert du Port-Marchand sont chauffées par un système de récupération de la chaleur solaire grâce à des capteurs placés sur le toit des bâtiments. L’énergie économisée grâce à ce système est estimée à 20%.

    Pour mémoire, construit entre 1970 et 1972, le stade nautique du Port-Marchand, labellisé aujourd’hui Patrimoine du XXe siècle, s’inscrit alors dans un programme national lancé par le ministère de la Jeunesse, des sports et des loisirs suite aux résultats décevants des nageurs français aux Jeux olympiques de Mexico en 1968.

    Organisé autour d’un bassin olympique à ciel ouvert et d’un imposant plongeoir, entouré de gradins, le bâtiment surmonté à l’ouest d’une toiture en ailes d’oiseau, et percé en façade par de larges baies vitrées, abrite la piscine couverte.

  • Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Plus de 400 participants au grand loto de La Marseillaise

    Salle comble pour le traditionnel loto organisé par l’association « Ensemble pour La Marseillaise », 400 participants et amis du journal se sont retrouvés pour honorer le pluralisme de l’information dans une ambiance festive.

    Une célébration qui a commencé par quelques mots de Léo Purguette, président de La Marseillaise : « Je souhaite remercier les bénévoles qui ont rendus possible ce traditionnel loto de Noël », il poursuit : « L’existence de La Marseillaise, issue de la Résistance, est un défi de chaque instant, car notre journal n’est pas adossé aux puissances d’argent. » Pour dire l’importance d’une telle manifestation. Les participants ont pu aussi profiter d’une tombola au profit du Secours populaire, « cela fait quatre ans que nous venons au loto, notre association a toujours besoin d’argent pour acheter des denrées alimentaires ». Et aux deux bénévoles de poursuivre : « On soutient 180 familles, soit près de 500 personnes qui comptent sur nous. »

    De nombreux lots à gagner

    Le gros lot de cette année était un séjour pour deux personnes Baie de Rosas offert par Les Voyages Sabardu, de quoi réjouir les gagnants. L’après-midi de loto s’est déroulé en sept tours, parmi les lots on retrouve des paniers garnis, une télé ou encore des appareils ménagers.

    C’est Sylviane Chiarello, bénévole pour « Ensemble pour La Marseillaise » qui donne le coup d’envoi, premier tour du boulier, c’est le numéro 6, et ils s’enchaînent. « C’est important que je sois là parce que La Marseillaise fait qu’il y a du pluralisme dans l’information », estime Jeanine, une des participantes.

    Et les parties se sont poursuivies dans la joie et la bonne humeur.