Author: tecnavia

  • De nouvelles implantations pour sortir du désert médical à Port-de-Bouc

    De nouvelles implantations pour sortir du désert médical à Port-de-Bouc

    « Nous sommes dans un désert médical, c’est une souffrance et nous allons faire ce qu’on peut pour renverser la tendance », assure le maire (PCF) de Port-de-Bouc et candidat à sa succession aux élections municipales. La réunion publique organisée à la salle Gagarine, jeudi soir, par ses soutiens est dédiée à la question de la santé.

    Le postulat de départ de l’édile est simple : « l’État a limité le nombre de médecins avec le numerus clausus », causant un déficit année après année, dès lors « il ne se passe pas une semaine sans que la population nous demande si des médecins vont venir s’installer ». « Nous avons décidé par tous les moyens possibles d’aider les projets d’installation publics comme privés même si ce n’est pas censé être notre compétence », poursuit le maire, annonçant que « nous avons repris le centre mutualiste avec l’hôpital de Martigues et les amis de la médecine sociale pour en faire une permanence de spécialistes de l’hôpital ».

    Un participant salue l’initiative, mais prévient : « Attention, il faut parfois avancer le tiers payant, qui peut être rédhibitoire pour certains » en fonction sa mutuelle. Laurent Belsola indique qu’« il n’y aura pas de problèmes » avec l’hôpital.

    Quel prix à payer ?

    Mais en dehors de la mutuelle, le principe d’avancer les frais dérange. « L’État a une responsabilité dans le manque de médecins, y’en a marre de payer à sa place », s’insurge une participante. Une autre nuance : « Si un spécialiste vient consulter en pratiquant des dépassements d’honoraire, c’est le prix à payer. » Plusieurs participants s’opposent.

    Le conseiller municipal sortant Houcine Rehabi indique en réponse que « les 11 médecins que nous avons à Port-de-Bouc ont tous plus de 1 500 patients. 24% de la population n’a pas de médecin traitant. On arrive à la rupture, on ne peut pas se priver des libéraux ». L’actuel adjoint (PCF) Akrem M’Hamdi développe : « Nous avons une population fragile et le reste à payer peut être gênant pour terminer son mois. C’est la politique d’écrasement de classe de l’État. Nous y faisons attention et nous mettrons en place des conventions pour tenter de contrôler le phénomène », avance l’élu. Houcine Rehabi rappelle que « certaines villes ont donné une maison et un cabinet à un interne avec une prime. Nous ne pouvons pas le faire. Mais nous les aiderons pour l’administratif, trouver des locaux ou un logement ». Comme à l’ancien bar de la paix, où « un médecin généraliste devrait venir s’installer » selon Laurent Belsola. Le maire indique que « les annonces seront confirmées lorsqu’elles seront signées » pour ces projets privés.

  • Aux antipodes des résultats de 2020, Robin Prétot se rêve un avenir à Istres

    Aux antipodes des résultats de 2020, Robin Prétot se rêve un avenir à Istres

    Cette année, les vœux revêtent une importance toute particulière. À l’approche des élections municipales, les candidats l’ont bien compris. À Istres, le principal opposant au maire sortant Robin Prétot (LR) profite de ce temps solennel pour revenir sur son entrée en campagne, dont on peut aisément dire qu’elle a été dense.

    Depuis septembre dernier, le conseiller municipal d’opposition a multiplié les actions : l’inauguration de son local en octobre, une réunion publique de questions-réponses à Entressen, puis le dévoilement de deux projets structurants que sont le parc de Boisgelin et la rénovation de la place d’Entressen. « On a quelques indicateurs qui témoignent de cette dynamique, affirme-t-il : 10 260 euros, c’est la somme d’argent qu’on a collectée de la part de 67 donateurs. Depuis le début de la campagne, on a ouvert 533 portes en porte à porte et on a désormais 80 militants dans l’équipe bénévole. »

    Robin Prétot est confiant pour la suite : « On est les seuls à avoir avancé des idées, des projets. On trouve que l’adversité n’est pas très puissante et l’accueil sur le terrain est hyper enthousiaste. Plus les jours passent plus on sent que le désir de changement est incontestablement là dans la ville. Maintenant il faut que ça se transforme en vote, mais on est confiants. Cette fois-ci, plus que jamais, on a des chances très sérieuses de l’emporter.» En 2020, l’élu d’opposition avait obtenu 15,63% des suffrages exprimés, tandis que François Bernardini avait été élu dès le premier tour avec 54,79% des voix. Son dynamisme suffira-t-il à inverser la tendance ?

  • Du cinéma pour débattre dans les établissements scolaires de la région

    Du cinéma pour débattre dans les établissements scolaires de la région

    Au programme, 13 films seront projetés dans les collèges et lycées d’Aix-en-Provence, Aubagne, Gardanne, Luynes, Marseille, Puyricard, Martigues et Salon-de-Provence. Des séances ciné-débats animés par deux animateurs du collectif les Rencontres cinématographiques des droits humains en Provence (RCDHP).

    Parmi les thèmes qui seront abordés : le militantisme, la liberté d’expression, les droits de la femme, les violences conjugales, le harcèlement, les menaces de l’intelligence artificielle, ou encore la guerre. Des problématiques connues des programmes scolaires, l’objectif est de proposer un autre format. « Les enseignants permettent de mettre en perspective ces thématiques, on souhaite faire davantage réfléchir les élèves », explique Sonia Velli, référente sur les séances scolaires.

    La place qu’occupe aujourd’hui l’intelligence artificielle est centrale, « les professeurs sont directement impactés par le développement de l’IA et l’utilisation de cet outil chez les étudiants questionne », souligne Sonia Velli.

    Faire questionner

    Depuis 2010, le collectif propose « des projections de films suivies de débats avec des spécialistes et des intervenants des associations, dans le but de sensibiliser le public à la problématique des droits humains », peut-on lire sur le communiqué. Pour Sonia Velli, « l’objectif est de susciter le débat et d’échanger sur des sujets sensibles, on attend des étudiants qu’ils aient tous un regard critique et qu’ils puissent l’exprimer », campe-t-elle.

    Le collectif RCDHP propose également des séances à destination du grand public à partir du 5 février. Jusqu’au 16 mars, sept projections sont prévues dans les villes de d’Aix-en-Provence, Châteaurenard, Gardanne, Istres, Marseille, ainsi qu’à la faculté d’Aix.

    Le programme : rcdhprovence.fr

  • Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Dans les Alpilles, les éleveurs s’organisent face à la menace du loup

    Le ronronnement de la machine à café couvre un instant les bruits de mastication. Tandis que les agneaux, déjà bien dodus bien que nés cet automne, engloutissent du foin, Lionel Escoffier et l’un de ses deux bergers, Aurélien, démarrent la journée autour d’un gobelet d’où s’échappent des volutes de fumée. Chacun son petit-déjeuner.

    Au Mas de la Tapie, le travail est exigeant mais le cadre est paradisiaque : les 430 hectares de prairies sont plantés au pied du massif des Alpilles. Le maire d’Aureille et ses deux associés, ses cousins, ont repris l’exploitation de leur grand-père il y a une trentaine d’années. Ils y produisent du foin de Crau et élèvent 1 600 brebis et près de 1 300 agneaux chaque année, « sans compter les béliers », précise Lionel Escoffier. Une affaire qui roule.

    Mais depuis 2020, une nouvelle problématique vient perturber cette paisibilité : le loup. Longtemps cantonné aux Apennins, en Italie, il a fini par franchir la frontière au début des années 1990. En 1992, un premier couple est observé dans le Mercantour. Ce n’est que deux ans après qu’un troupeau de l’éleveur subit un premier assaut à Colmars-les-Alpes, dans le Haut Verdon, lors de la transhumance. Mais « en montagne, à part une grosse attaque survenue il y a une dizaine d’années qui nous a coûté une quarantaine de brebis à cause de mauvaises conditions météorologiques, on a toujours eu de la chance », assure l’éleveur.

    Une meute identifiée

    Depuis, le loup a avancé vers l’Ouest. « Une meute a été identifiée sur Roquemartine et Eyguières grâce à des pièges photo posés par le Parc naturel régional des Alpilles, mais il y a aussi des loups solitaires qui cherchent de nouveaux territoires », analyse-t-il. Finalement, c’est à Aureille que les dégâts sont les plus nombreux. Depuis le début de l’année 2025, le Mas de la Tapie a connu trois attaques. Une au printemps, qui a coûté la vie à 17 brebis, et « deux, deux jours de suite au mois de décembre ». À chaque fois, la procédure est la même : « On fait un signalement à l’Office français de la biodiversité, qui envoie un agent. Il vient sur place faire des prélèvements, des mesures des crocs, des photos, puis le dossier remonte à la Direction départementale des territoires et de la mer, qui confirme ou non si l’attaque est causée par un loup. »

    Si la prédation lui est imputée, les animaux tués et blessés sont indemnisés par l’État « en fonction de leur âge et de leur race ». Malgré ça, les attaques peuvent avoir des effets pervers, selon Lionel Escoffier : « Si ça devenait régulier, il y a quelques éleveurs qui pourraient arrêter, ce qui pourrait entraîner une déprise de terres agricoles ici quand on sait la pression foncière qu’il peut y avoir sur certains terrains. »

    Pour épauler les éleveurs qui font face à ce nouveau phénomène, le Parc naturel régional des Alpilles a relancé sa commission pastoralisme, jusque-là « en sommeil ». « Il y a eu une première réunion en décembre. » L’objectif : assurer une meilleure circulation de l’information concernant les attaques de loups.

    D’autres précautions sont utiles, affirme Laurent Escoffier : « Si vous avez un berger et des patous qui font leur boulot et un parc de nuit, vous arrivez à limiter les dégâts. » S’agissant du décret autorisant les tirs de défense, l’Aureillois assure : « Même s’il est publié, ça ne va pas être simple. Pour tuer du loup il faut être très bon. C’est surtout une manière de dire aux éleveurs : “On vous entend, on vous écoute”. C’est une mesure diplomatique. »

  • Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Depuis les années 90, les loups sont de retour en France, dans les Alpes et le Sud-Est, alors que l’espèce avait disparu. à l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité. Ce retour réjouit les associations de protection de l’environnement, mais la réapparition de ce prédateur inquiète les éleveurs, dont le bétail est de plus en plus attaqué. Pour répondre à ces inquiétudes, un arrêté national devait faciliter les tirs de défense et de prélèvement pour les éleveurs, mais sa publication a été repoussée.

    Le projet d’arrêté « fait l’objet de travaux interministériels supplémentaires, incompatibles avec une publication au 1er janvier 2026 comme prévu initialement », a indiqué le ministère de la Transition écologique à La Marseillaise. Cet arrêté devait aligner la réglementation française sur la décision de l’Union européenne (UE).

    Le 5 juin 2025, le Conseil de l’UE a adopté la révision du statut de protection du loup gris, affaiblissant la protection de l’espèce sur le sol européen, passant de « strictement protégée » à seulement « protégée, susceptible de mesures de gestion ». Un changement de statut que de nombreuses associations de protection de l’environnement ont contesté, en août, devant la Cour de Justice de l’UE. Cette modification, soutenue notamment par la France, a été saluée par la Région Paca. « C’est une victoire pour les éleveurs de la Région Sud », déclarait alors Renaud Muselier, président (Ren). Ce changement de statut au niveau européen justifie, selon l’état, cette baisse des réglementations.

    Simplifier les démarches

    Si le texte est publié, il permettra aux éleveurs des principales zones concernées par ces attaques de tirer sur les loups sans avoir le besoin de « démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives ou le risque de dommages importants aux élevages ». Aucune dérogation ne serait donc nécessaire. En dehors de ce cadre, tout abattage d’un loup resterait puni de 3 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour le moment, en l’absence de publication de cet arrêté, c’est bien l’ancienne réglementation qui reste en vigueur. Ainsi, toute démarche de prélèvement de loup doit faire l’objet d’une dérogation que seuls les préfets peuvent délivrer.

    Développer les moyens de protection

    Dans un communiqué commun, France Nature Environnement et d’autres associations de protection de l’environnement, dénonçaient la proposition d’arrêté de l’État. Pour Justine Poncet, directrice du réseau Montagne Paca de FNE : « Cette réglementation ne changerait pas grand-chose sur le terrain car la plupart des éleveurs ont déjà des dérogations. » Pour elle, « il faut accompagner les éleveurs de ces zones, en faisant des efforts sur la cohabitation plus que sur la destruction ». Elle craint notamment que les éleveurs soient abandonnés à leur sort et que l’on reproduise les erreurs d’avant. « Les efforts ne sont pas mis là où il faut », conclut-elle.

  • [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette rencontre de l’Insee auprès des citoyens ?

    Valérie Roux : C’est une démarche à la fois nationale et régionale. Nous travaillons beaucoup avec des acteurs publics et quand nous produisons de la donnée, des analyses, nous la diffusons sur notre site et par la presse. Mais nous ne sommes jamais au contact direct des citoyens, et nous nous rendons compte que nous sommes dans une période où les chiffres peuvent être source d’incompréhensions alors que nous sommes dans un monde où la donnée est omniprésente. Nous souhaitons donc vraiment que ce soit un temps d’échanges, pas seulement expliquer comment nous faisons la statistique, mais aussi écouter ce qui ne va pas, ce qui est mal compris, ce qui manque pour alimenter ensuite la façon dont on va construire nos indicateurs, voire modifier notre façon de travailler. Nous voulons avoir des citoyens représentatifs de toute la diversité de la population pour avoir un dialogue intense, par thématique.

    Quelles sont justement les principales incompréhensions que vous rencontrez ?

    V. R. : Si je peux en citer une, je dirais le pouvoir d’achat. C’est un sujet qui est fréquemment interrogé, quand on dit qu’il a augmenté, les gens n’ont pas l’impression que le leur a augmenté. Surtout que l’on parle beaucoup en moyenne, ce qui ne reflète pas forcément ce que chacun vit. On essaie de développer des outils pour mieux rendre compte de la réalité de chacun, et parfois, nos chiffres ne collent pas aux ressentis. Ils peuvent être biaisés : il y a souvent un sentiment d’inflation plus fort que ce qui est mesuré parce qu’il y a des biais cognitifs, on est plus sensibles aux biens que l’on achète fréquemment, comme une baguette, que ceux que l’on achète tous les dix ans, comme un ordinateur. Notre objectif, c’est de produire des données utiles à la compréhension de notre société et de notre économie, qui vont servir à construire des politiques publiques adaptées.

    Face à de la désinformation qui peut se propager vitesse grand V, quel rôle pouvez-vous être amenés à jouer ?

    V. R. : On nous a dit à Nantes : vous avez un rôle dans l’usage qui est fait des données que vous produisez. Si elles sont mal utilisées, vous devez corriger. Aujourd’hui, nous, on diffuse l’information, mais si certaines personnes ne l’interprètent pas comme il faut, on estime que ce n’est pas dans notre rôle de rectifier tous les mauvais usages des chiffres tellement nombreux que l’on produit. Mais cela nous interroge, nous pouvons être amenés à changer notre action. Nous ne communiquons peut-être pas assez sur les méthodes mises en place pour réaliser nos enquêtes, afin de redonner confiance dans des données de la statistique publique, qui ne doivent pas être comparées à n’importe quelle donnée sur internet.

    Vous parliez de votre rôle dans les politiques publiques, comment vos données peuvent façonner le monde autour de nous, au quotidien ?

    V. R. : Tout ce que l’on publie aide à voir les problématiques : dans la région, quand le précédent préfet est arrivé, on lui a produit une note de synthèse avec notre diagnostic, avec nos chiffres sur les différentes thématiques de la région. Cela pointe des difficultés, par exemple sur l’accès au logement. Nous travaillons aussi beaucoup avec le conseil régional sur les déplacements domicile-travail, sur la pollution, sur des projections du nombre de lycéens, pour déterminer s’il faut implanter un nouveau lycée à un endroit. Tout cela doit les aider à arbitrer.

    Les chiffres de l’Insee sont déjà au milieu des municipales. Quel éclairage pouvez-vous apporter au débat public ?

    V. R. : Cela fait partie de notre réflexion, est-ce que nous ne devons pas présenter nos travaux d’une autre façon pour que, quand les débats de chiffres vont faire rage, on puisse les trouver plus facilement, pour que les données objectives puissent être le plus partagées possible…

    Il y a aujourd’hui énormément de données autour de nous, produites soit par du sondage, soit par les big data des nouvelles technologies… À quel point le travail de l’Insee reste-t-il pertinent dans ce contexte ?

    V. R. : Nous utilisons des sources variées. Nous faisons des enquêtes sur des sujets sur lesquels c’est la meilleure façon d’avoir de la donnée, comparable dans le temps et avec d’autres pays. Mais nous utilisons aussi depuis longtemps beaucoup les fichiers administratifs, les déclarations de salaires des entreprises, les données fiscales, qui sont retravaillées pour produire de la statistique. Pour l’indice des prix, on utilise des extractions des enregistrements aux caisses de ce qui est acheté. Ce qu’on observe, c’est que la donnée, quand elle n’est pas travaillée, analysée, organisée, si sa qualité n’est pas vérifiée en amont, elle peut donner n’importe quoi.

    Programme et inscriptions sur rencontres.insee.net

  • Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    La cérémonie officielle des vœux de la mairie des 1er et 7e arrondissements s’est déroulée jeudi soir en grande pompe dans le palais du Pharo (7e). Empêchés par leur devoir de réserve à l’approche des municipales, les élus n’ont pas pu évoquer les projets prévus pour 2026, se contentant donc d’aborder « par une forme brève et succincte », comme le veut la loi, les actions menées en 2025. Une vidéo a dans un premier temps énuméré une dizaine d’initiatives municipales de l’année passée, parmi lesquelles : l’inauguration de l’école Baya (1er), du centre sportif Pape Diouf (1er) et du Jardin Saint-Nicolas (7e). Trois projets que Sophie Camard a rappelé dans son discours car, selon elle, représentatifs « de la volonté [de la Ville, Ndlr] de maintenir des espaces de rencontre, de dialogue et de vie collective, dans un contexte où notre quotidien numérique est souvent marqué par la rapidité et la distance ».

    « Rompre la peur »

    L’élue glissera un mot pour Noailles, quartier du 1er arrondissement, où un pôle d’équipement associatif pour la mairie de secteur est en cours d’installation. Il comprendra deux espaces, « un lieu de mémoire et de ressources au 63 rue d’Aubagne, choisi avec les familles des victimes de l’effondrement des immeubles, et un immeuble en réhabilitation au 44 rue d’Aubagne, pour accueillir des activités sociales et associatives ». La maire aura aussi une pensée pour Belsunce, « marqué récemment encore par l’actualité tragique du narcotrafic ». « Néanmoins, l’action conjointe des services publics, des forces de sécurité, du tissu associatif, de la régie de quartier, des collectifs d’habitants s’est poursuivie sans relâche. Nous avons besoin de cette solidarité dans un monde angoissant qui marche à la guerre. La proximité permet de se parler. Parler, c’est rompre la peur et l’isolement », a-t-elle déclaré dans la foulée.

    Dans son intervention, Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a lui proposé une sorte d’ode à l’amour, une forme de résistance « dans ce monde où tout est basculé, où les politiques internationales nous montrent que des destins changent en quelques mois, à des moments où le président des États-Unis d’Amérique veut s’emparer d’une partie de l’Europe comme d’une proie et (..) où celle et ceux qui n’acceptent plus les différences se lèvent sans complexe ». Et de conclure : « Vous [Sophie Camard, Ndlr] avez donc compris que je n’ai pas pu dire, à quel point votre secteur est formidable. »

  • Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    « Le débat public c’est quelque chose de sain, je ne comprends pas cette suspension immédiate », déplore toujours Jean-Philippe Vigneron, entouré de quelques proches. Fondateur de son propre think tank Marseille vision, le militant de Renaissance était convoqué ce jeudi soir devant la commission départementale des conflits du parti, pour se prononcer sur son cas. En cause, un billet de blog qu’il avait publié le 30 novembre dernier sur le site d’information Marsactu, et dans lequel il déplorait qu’au sein du parti présidentiel, « tout a été fait pour écarter les voix qui refusaient la dérive droitière et la stratégie d’alignement ». Des propos qui lui ont valu une suspension dès le lendemain, à titre transitoire, avant une sanction qui devra être prise par la commission nationale des conflits.

    « Le sujet n’est pas ce que pense Jean-Philippe Vigneron, pose d’emblée le responsable départemental, Bertrand Mas-Fraissinet. Nous sommes un parti politique et comme dans tout collectif humain, il y a des règles à respecter. » Et d’indiquer que plusieurs militants ont demandé que des sanctions soient prises envers celui qui avait rejoint les rangs macronistes dès 2017, des sanctions qui peuvent aller du blâme à la suspension temporaire ou définitive. « Il a diffamé des cadres de Renaissance », pointe le porte-parole marseillais Maxime Boudet, rappelant que son texte était publié sous des publications d’Erwan Davoux comme de Franck Allisio… Et soulignant que liberté de ton ne vaut pas sanction : « Lionel Royer-Perreaut est contre le soutien à Martine Vassal, mais il n’est pas exclu. »

    « Je ne cite personne », conteste Jean-Philippe Vigneron, étrillant encore l’union avec la candidate de droite. « C’est l’alliance avec une droite revancharde prête à toutes les compromissions quitte à s’allier avec le RN », estime-t-il. « Le sujet lié au positionnement de Martine Vassal a été clarifié par elle-même », rappelle Bertrand Mas-Fraissinet. Peu importe : le militant suspendu qui avait milité avec Yvon Berland en 2020 lance cette fois un appel du pied à Benoît Payan : « Il faut qu’il élargisse le Printemps marseillais à des gens responsables et compétents, et je veux bien en faire partie. »

  • Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Rallié à la France insoumise en vue des élections municipales, le collectif écologiste et citoyen, Vaï !, présentait ses vœux et de futurs candidats, jeudi sur le toit de l’Artplex aux Réformés (1er). Ils étaient cinq autour de Sébastien Barles, adjoint (ex-EELV) au maire de Marseille en charge de la transition écologique, à pointer le bilan du Printemps marseillais.

    Pas assez vite, pas assez radical, pas assez démocratique. C’est en substance le fond de la critique ouvertement formulée ici. « Avec en plus à Marseille une approche conservatrice du pouvoir », pousse Sébastien Barles déplorant le manque de « vision et de volonté de transformation de la ville ». Pour lui l’arrivée d’un nouvel acteur (La France insoumise) qui avait enjambé les dernières élections municipales change la donne.

    Maria Mouries Estevens, « artiste-performeuse curatrice et facilitatrice », Lisa-Dounai Soncin, neuropsychologue dans les quartiers Nord, Antoine Bennahmias, enseignant en urbanisme et « fils » de l’ancien député européen (Les Verts), Pierre Brechet, professeur d’occitan, et Elise Méouchy, militante associative engagée dans le Donut Infolab ou le Collectif des écoles de Marseille, l’ont suivi dans son aventure.

    Le programme insoumis dévoilé le 15 janvier

    Tous seront candidats dans un secteur. À l’instar de celle-ci, portée sur les questions d’ouverture des données qu’elle met en lien avec l’engagement citoyen, tous ont fait part de leur sensibilité et décliné la trame de propositions programmatiques devant figurer dans le programme de La France insoumise. Il sera présenté le 15 janvier après une plénière qui permettra aux insoumis, vaïstes et citoyens engagés sur la campagne, de se « l’approprier » a expliqué Hedi Bounouar, directeur de la campagne de LFI, venu assister au point presse.

  • Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    « Je respire depuis que j’ai emménagé dans cet appartement. Enfin, je dors tranquillement. L’hôtel c’est sale, plein de bêtes et impossible d’y cuisiner. » Placée en hébergement d’urgence à l’hôtel depuis début mai, Amina s’est installée dans ce petit T1 le 3 septembre dernier. Elles sont ainsi neuf femmes, dont une maman et ses deux filles, en fin d’hébergement à l’hôtel, à avoir signé une convention de logement avec l’Armée du Salut, qui les accompagne socialement au quotidien.

    Cette infirmière algérienne est arrivée à Marseille en 2023 pour y rejoindre son conjoint français. Mais ce dernier s’est révélé violent et l’a « jetée à la rue ». Leur histoire s’est soldée devant le tribunal. Mais celle d’Amina peut rebondir. « Je vais pouvoir reconstruire ma vie, devenir aide-soignante. Mais d’abord, avec Sinita, on s’occupe de mon titre de séjour. » La travailleuse sociale de l’Armée du Salut qui accompagne chacune de ces nouvelles locataires, adressées par le SIAO, dans leur parcours d’autonomie a déjà son « fauteuil attitré » dans l’appartement, « et avec les autres femmes, on fait des repas partagés », ajoute Amina. En plus d’offrir à ces femmes éprouvées des conditions d’hébergement dignes et de rompre leur isolement, ce dispositif « permet un véritable suivi social, assure Sitina, elles y resteront jusqu’à ce qu’elles retrouvent une stabilité et soient en situation de vivre de manière autonome ».

    Un partenariat salutaire

    « Cet immeuble est une première acquisition, précise Xavier Bosiger, chef de service à l’Armée du Salut, un investissement sur le long terme pour mieux adapter l’offre aux besoins et qui complète les 250 places en unité d’urgence et la quarantaine d’autres en pension de famille » dont dispose l’organisation humanitaire à Marseille. La fondation est depuis peu devenue propriétaire de 60% de ses lieux d’hébergements. Deux autres petits immeubles sont en cours d’acquisition dans le cadre de ce partenariat avec Marseille Habitat. Anciennement sous convention avec le Crous, ces logements avaient été squattés et un incendie avait endommagé la cage d’escalier. La société d’économie mixte y a engagé 200 000 euros dans des travaux, en associant l’Armée du Salut au choix des matériaux et des aménagements. Un partenariat, « ouvert à d’autres acteurs associatifs » précise la présidente et adjointe (PS) au maire, Audrey Gatian. Qui se félicite : « Nous avons accepté l’offre la plus qualitative, pas la plus chère, dans le sens de l’intérêt général. Nous avons besoin de loger et de faire revivre le centre-ville. » De même que pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge de la solidarité, l’opération signe « la volonté de la Ville de participer à la création de mille places d’hébergement diversifiées, de renforcer l’offre à destination des femmes ». De quoi faire reculer les coûteuses et inadaptées prises en charge à l’hôtel.