Author: tecnavia

  • Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Entre 2020 et 2026, les réalisations se sont multipliées : le bassin extérieur de 50 mètres de la piscine Avatica a permis au club de gagner des dizaines d’adhérents et d’attirer l’entraîneur Philippe Lucas, les terrains de padel ont donné un nouveau souffle au club de tennis, le stade Francis-Turcan a été remis aux normes, le collège Henri-Wallon s’est vu doter d’un gymnase, la base de voile de Tholon a été rénovée et étendue, la « Zone Jeun’s d’Aurélio » a démocratisé la pratique du BMX, des plateaux d’évolution (ou city stades) ont été construits dans les quartiers…

    Martigues est « une terre de sport », affirme Éliane Isidore, conseillère municipale (DVG) en charge de la question. Et ce n’est pas nouveau. « On a 1 300 gamins qui s’essaient à plus de 25 activités dans nos Centres d’initiation sportive (CIS), qui sont un véritable fleuron de notre politique. Ces CIS ont été créés il y a plus de 60 ans. C’est dire si on a été précurseurs en la matière. » Depuis 2020, ces centres proposent du sport adapté aux enfants en situation de handicap. Trois créneaux par semaine sont animés par des éducateurs formés et habilités à encadrer ces publics.

    Mixité sociale et éducation

    Les amateurs de sport ont de quoi faire et les résultats sont là : la commune de près de 50 000 habitants compte 11 000 licenciés au sein des différents clubs. Éliane Isidore résume : « Notre politique est l’accès au sport pour tous. (…) On a à cœur de soutenir toutes les pratiques, qu’elles soient de loisir, de compétition ou hors du cadre fédéral. (…) Ces chiffres n’arrivent pas par hasard, c’est le fruit d’une politique sportive mise en place il y a longtemps, rendue possible par la stabilité politique de la ville. »

    L’élue souligne le travail mené par les associations et leurs bénévoles : « Je leur témoigne ma reconnaissance et leur dire à quel point ce qu’ils font est essentiel pour le lien social. C’est dans le sport que la mixité existe et c’est un endroit d’éducation populaire pour les jeunes. C’est là, aussi, où on apprend les règles du vivre ensemble, le respect de l’autre. »

  • Cadarache : un « socle essentiel » de souveraineté industrielle

    Cadarache : un « socle essentiel » de souveraineté industrielle

    Pour Christophe Bourmaud, même dans un temps marqué par les tensions géopolitiques, le CEA de Cadarache (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) « garde le cap ». Le directeur du site présente, à l’occasion de la cérémonie des vœux de ce mercredi 28 janvier, tenue au Château de Cadarache, le bilan d’une année 2025 « singulière », tant par l’anniversaire de ses 80 ans que par les réussites nées sur site. Deux, notamment. Primo, la « divergence » de la chaufferie nucléaire du sous-marin d’attaque de Grasse. Secundo, les 650 000 euros levés par la start-up Fluiid pour « industrialiser sa technologie », spécialisée dans la détection de défauts dans les écoulements issus de procédés industriels et créée par un chercheur de Cadarache. Aussi, parmi la liste égrenée par Christophe Bourmaud, le site de Cadarache peut aussi se féliciter du prix Nobel de physique attribué à Michel Devoret, formé sur le site de Cadarache. Ou le maintient, pour la quatorzième année consécutive, « à la première place mondiale des organismes de recherche les plus innovants ».

    Le projet Iter avance

    Christophe Bourmaud, le rappelle : « Les recherches que nous menons au CEA constituent un socle essentiel pour notre souveraineté scientifique, technologique et industrielle. » 2025, pour Cadarache, rime aussi avec un « record mondial de durée de plasma sur le tokamak West, qui a marqué une étape majeure (…) il illustre notre avance dans la maîtrise des plasmas de fusion », les progrès du chantier RJH (réacteur Jules Horowitz, lancé à la fin des années 1990), « et le développement de ses futurs dispositifs expérimentaux, qui confirment notre rôle structurant pour la recherche nucléaire ». Il faudra s’attendre, pour 2026, à maintenir cette dynamique selon Christophe Bourmaud, notamment sur le projet Iter. D’abord parce que « la confiance renouvelée du président de la République lors du conseil de politique nucléaire de mars dernier est un signal fort, poursuit le directeur du CEA de Cadarache. Il nous a demandé d’établir une feuille de route pour la fermeture du cycle combustible, aux côtés d’EDF et d’Orano. Il nous a également demandé d’étudier l’implantation de SMR sur nos sites dans le cadre du programme France 2030 ». Sur le projet Iter, justement, Pietro Barabaschi, directeur général du projet Iter, annonce qu’au cours de l’année 2025 « nous avons accompli 84% de travail en plus que toutes les années précédant 2023, avec la même quantité de ressources et le même nombre de personnel ». À l’heure de la cérémonie des vœux, « le quatrième module sectoral, de 1 400 pounds (environ 635 kilos) est en train d’être soulevé. Il se trouve maintenant à environ trois mètres du sol et ce soir, il sera installé dans la fosse [espace toroïdal, Ndlr]. (Cette opération) a quatre mois d’avance sur le planning », annonce Pietro Barabaschi. Il en reste quatre, à installer au cours de l’année 2026. « Le Conseil, qui s’est tenu au mois de décembre, a été très positif. Il a été démontré que le projet, n’est plus seulement un symbole de coopération, mais aussi un symbole de haute performance (…) il n’y a pas beaucoup de projets dans le monde, qui marchent aussi bien que Iter », estime le directeur général.

    Pour les mois à venir, les enjeux diplomatiques restent l’un des objectifs majeurs pour Iter. « Nous faisons en sorte de sécuriser le soutien que nous recevons de tous nos membres. Au milieu des tensions géopolitiques, Iter est un symbole de paix (…) nous essayons de communiquer et de recevoir le soutien de tous nos membres, les États-Unis compris. Nous espérons pouvoir recevoir des élus des États-Unis. » 2026, s’annonce forte en enjeux.

  • Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    « Le salon est un lieu où les seniors peuvent retrouver toutes les informations qui les concernent, délivrées par les services de la Ville, et des exposants. On met aussi en évidence des associations ciotadennes pour que les seniors découvrent leurs activités », présente Patricia Tudose, adjointe à la vie du Bel âge. Dans une ville qui compte près de 36% de plus de 60 ans, ce salon, où l’entrée est gratuite, qui propose aussi des ateliers a attiré l’an dernier 2 500 personnes. À la fois pratique et ludique, le salon est scindé en deux espaces.

    Initiation à l’escrime

    La salle Paul-Eluard réunira 60 exposants. Des acteurs institutionnels tels que le Centre communal d’action sociale (CCAS), la Maison des seniors, guichet unique créé par la Ville en 2016, la Maison du Bel âge ainsi que le pôle infos seniors « Garlaban-Calanques » tiendront des espaces dédiés pour orienter les familles. L’offre sera complétée par les associations. L’antenne ciotadenne de l’action coordination de lieux d’accueil aux personnes âgées (Aclap), par exemple, « s’occupe de personnes âgées isolées à domicile. Nous avons une vingtaine de bénévoles et nous en recrutons pour aller leur rendre visite, les accompagner dans leurs tâches administratives, les écouter, les distraire », explique une dame. Une asso de professionnels de santé libéraux se propose « de repérer les points d’alerte » en matière de santé chez les visiteurs du salon. Le Pôle animation s’installera salle St-Marceaux. Le 6 février de 10h à 12h, Georges Nagy animera un atelier de prévention en matière de vols (escroquerie par internet, vols par ruse…). De 16h à 18h, l’infatigable Caro (asso As de Caro) initiera le public à la danse en ligne. Le 7 février, de 10h à 12h, Maxime Schneider fera découvrir l’escrime aux seniors (club de Gémenos). De 14h à 18h, découverte du jeu de poker, par une asso ciotadenne.

  • Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Dans le bloc opératoire de l’hôpital de Martigues, la science n’est plus fiction. Au-dessus de la table d’opération, quatre bras articulés se déploient, équipés d’une caméra endoscopique, d’un bistouri ou d’une petite pince. Un morceau de tissu inaugural est saisi, patiemment découpé par la lame miniature manipulée dans un espace équivalent à celui d’une balle de tennis. Sur des écrans, le retour de la caméra permet de voir cet exercice ainsi que celui de manipulation de petits élastiques sur une surface d’entraînement en plastique. De l’autre côté de la salle, le docteur Harry Toledano manipule les commandes grâce à un viseur en trois dimensions, assis « de manière ergonomique » face à la console du robot Da Vinci Xi, de l’entreprise Intuitive Surgical.

    C’est un « game changer » pour le chirurgien urologue, comprendre un changement de donne, dans le traitement de tous types de cancers, de la chirurgie fonctionnelle ou de l’obésité. « On réduit la durée de prise en charge, il y a moins de complications, de saignements, d’infections et une récupération beaucoup plus rapide. » Le médecin illustre : « Là où il y avait de grandes cicatrices auparavant, on a maintenant des petits orifices d’un centimètre. ».

    L’humain n’est pas pour autant remplacé. « Ça ne signifie pas moins de personnel car nous sommes très attachés à l’hôpital public et à la qualité des soins pour nos patients », insiste le Dr Toledano, et parle même d’un « outil indispensable pour l’attractivité du 3e hôpital des Bouches-du-Rhône, sans lequel nous n’aurions pas pu renouveler notre pool de chirurgiens », estime-t-il.

    Un symbole de modernité

    Le sentiment de fierté habite les participants à cette démonstration. C’est le cas du Dr Luigi, président de la communauté médicale d’établissement de l’hôpital : « Je suis fier de ce symbole de modernité pour le bloc opératoire, qui voit 4 500 interventions par an. » « Quand on va au bloc on confie son corps et sa santé à l’équipe médicale, et pas juste à ce robot », rappelle-t-il.

    L’urgentiste pointe d’ailleurs un « paradoxe dans tous les hôpitaux de France, qui sont en déficit ». Car à près de 2 millions d’euros le système robotisé, sans compter les travaux d’aménagement nécessaire pour soutenir son poids pachydermique, c’est un investissement. Stéphane Luigi replace le contexte du « plan d’efficience et des économies qui nous sont demandées » et présente le robot comme un moyen d’y participer.

    Mais comme le rappelle le directeur Loïc Mondoloni, « ce n’est pas une folie » mais une réponse au « défi d’accompagner l’innovation et l’énergie de nos équipes ». Tout comme le défi de l’« attractivité pour faire tourner cet équipement » se pose avec « des chirurgiens libéraux qui pourront venir exercer » ainsi que ceux de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) pour lesquels « une convention de partenariat sera bientôt établie », dans le cadre d’« un projet universitaire territorial ».

    « Un rêve qui se réalise » pour le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, insistant sur sa volonté d’avoir « le meilleur et l’égalité pour tous dans le droit à la santé et à se soigner ». L’édile considère le robot comme « un premier pas à d’autres compléments », au regard de l’extension immobilière et du conflit social à l’hôpital.

  • Le Rove : la brousse AOP est enfin de retour !

    Le Rove : la brousse AOP est enfin de retour !

    Après trois mois de pause, de la fin octobre à la fin janvier, la brousse du Rove AOP signe son grand retour. Une période dite « creuse », nécessaire au respect du cycle naturel du troupeau, marquée notamment par les mises bas de la mi-janvier. Cette année encore, de nombreux cabris sont nés à la bergerie de la Varune, nichée au cœur du massif du Rove.

    À cette occasion symbolique, le maire de la commune s’est rendu sur place, au moment de la traite, afin de souhaiter une excellente saison aux bergers-producteurs Franck, Marc et Rafael Gouiran. « C’est une tradition locale, et c’est pourquoi il était important d’être ici aujourd’hui pour marquer ce moment essentiel pour nos amis éleveurs, que nous soutenons tout au long de l’année. Nous leur souhaitons une saison pleine et riche en événements », confie l’édile du Rove.

    Âgés de 43 et 40 ans, Franck et Marc Gouiran exercent leur métier dans le respect d’une tradition pastorale ancestrale au service du consommateur. Ils perpétuent ainsi l’héritage de leur famille (André, Marie-Ange, Gilbert, Gabrielle….), comme de nombreuses familles rovenaines.

    À la ferme, le travail est quotidien et sans relâche. La traite, assurée sept jours sur sept, dès 4h30 le matin puis le soir, représente à elle seule près de 35 heures de travail hebdomadaire. Le troupeau, fort de près de 400 têtes, est conduit toute l’année dans les collines classées du Rove – près de 2 000 hectares – par les bergers et la bergère Lison. Une alimentation naturelle qui confère aux brousses et fromageons ce goût délicatement parfumé de garrigue.

    Pour rappel, la brousse du Rove, fabriquée exclusivement à partir du lait de chèvre de la race du Rove, bénéficie depuis 2018 de l’Appellation d’origine contrôlée (AOC), devenue Appellation d’origine protégée (AOP) en 2021. Cette reconnaissance est l’aboutissement de onze années de combat menées auprès de l’Inao par les producteurs du département, avec à leur tête la famille Gouiran, et avec le soutien actif de la municipalité du Rove. Ils sont aujourd’hui huit producteurs à porter fièrement cette AOP.

    Infos pratiques Fromagerie Gouiran – 17, rue Adrien Isnardon, Le Rove

    Les 9 producteurs de brousse du Rove AOP dans les Bouches-du-Rhône sont : François Borel, La Roque-d’Anthéron ; Laurence Chaullier, Meyreuil ; Natacha Duverdier, Les Baux-de-Provence ;Bastien Falcot, Cuges-les-Pins ; Franck et Marc Gouiran, Le Rove ; Jean-Pierre Hueso, Salon-de-Provence ; Eric Prioré, Septemes les Vallons ; Bernard Thoron, St-Julien-les-Martigues ; Isabelle Boggio-Pola, Grambois

  • Place Bargemon, encore un platane à abattre

    Place Bargemon, encore un platane à abattre

    La Métropole doit procéder à l’abattage d’un nouveau platane atteint de la maladie du chancre coloré sur le haut de la place Villeneuve Bargemon. Après l’élimination ces dernières années de quatre sujets malades, l’esplanade de l’hôtel Daviel (MH) fait triste mine en dépit de jardinières posées. L’organisme sanitaire Fredon avait préconisé d’abattre préventivement les deux derniers sujets, considérant les soudures racinaires entre eux, mais l’Architecte des bâtiments de France s’y est refusé sur cette place à valeur historique et architecturale. « Le platane encore vivant sera conservé et soigné aussi longtemps que possible. Les arbres à planter seront des sujets devenant de haute tige, le choix est laissé à l’appréciation des services de la Métropole en accord avec les services arboricoles de la Ville », a-t-il exigé.

    Quelles espèces choisir pour cette dalle en béton armé ? Régulièrement interpellé par des collectifs citoyens et l’association Sites & Monuments, la Ville a exigé de la Métropole d’être associée. « Dans le cadre des échanges avec la Métropole et afin de répondre aux enjeux de diversification végétale et de préservation des infrastructures, nous avons préconisé deux micocouliers de Provence et deux chênes lombards » explique Nassera Benmarnia, l’adjointe au maire en charge des espaces verts, des parcs et jardins, du retour de la nature en ville. Ces choix viennent d’être validés dans une déclaration préalable modificative, formalité à laquelle s’est soumise la Métropole suite à un rappel à la loi de l’ABF.

    Pour la direction de la nature en ville, « la plantation de deux espèces distinctes permet de limiter les risques sanitaires liés à une attaque de pathogènes et de ravageurs en évitant la monoculture et la perte potentielle de l’ensemble des arbres. Les essences ont été sélectionnées pour leur système racinaire non invasif réduisant les risques de dégradation des structures souterraines présentes sous la place ».

    Car le choix en arbre de haute tige est restreint du fait des problèmes d’infiltration d’eau sous la dalle, le pavillon Daviel étant relié sous terre à l’hémicycle du conseil municipal. De grands travaux d’étanchéité de la dalle sont prévus. Le cèdre du Liban, le tilleul argenté ou le Sophora du Japon ont été jugés inadaptés au site.

  • Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Les syndicats des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale dans l’académie d’Aix-Marseille ne décolèrent pas.

    Du côté de l’académie, et donc du ministère de l’Éducation nationale, le calcul est simple : le nombre d’élèves scolarisés est en baisse : près de 4 600 élèves en moins dans les écoles primaires : 36 postes en moins dans quatre départements de l’académie (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Même tendance et même résultat pour le second degré, en collège et lycée : 883 élèves en moins globalement, 40 emplois supprimés. Du côté de l’administration, cette « forte baisse des effectifs » va de pair avec « l’augmentation des moyens d’enseignement » depuis 2020. Les dispositions pour cette rentrée permettraient, toujours selon les documents officiels de l’Académie que La Marseillaise a pu consulter, une « convergence des taux d’encadrement par types d’établissements par rapport aux ratios nationaux ».

    Effectivement, « l’académie a un niveau d’encadrement bien inférieur à la moyenne nationale », confirme Charlotte Bourgougnon, enseignante et cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. « Cette baisse des effectifs aurait pu nous permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, mais au contraire, ces suppressions vont encore plus les affaiblir. Elles vont notamment toucher les remplacements, les enseignements spécialisés, et les établissements des quartiers prioritaires », détaille-t-elle. « Cela va être encore plus difficile voire impossible de dédoubler les classes » dans ces établissements, poursuit Françoise Julia, représentante CGT. Alors que le nombre de ces établissements devrait être à la hausse, théoriquement. « C’est un budget de guerre contre l’Éducation nationale ! », résume Tanguy Langlet, délégué des enseignants FO du Vaucluse, qui a claqué la porte de cette réunion. « Ces suppressions résultent d’un véritable choix politique. L’Éducation n’est clairement pas une priorité pour ce gouvernement ! », dénonce-t-il. Les syndicats ne comptent pas en rester là.

  • La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    Mardi, l’AED intervient pour séparer une bagarre. Bousculée, elle tombe à terre et se fait piétiner par « le moulon ». En langage d’ado, un attroupement d’élèves, « un jeu sur les réseaux », précise un collégien, encore choqué. En début d’année un surveillant avait déjà subi une agression similaire. Il n’a pas été remplacé et ils ne sont à ce jour plus que huit dans cet établissement de 935 élèves qui n’est pas en zone prioritaire.

    Des faits de violence extrêmement alarmants que les parents et les personnels du collège ont dénoncés jeudi lors d’une grève et d’un rassemblement devant l’établissement du 13e. Dans le rassemblement organisé devant les grilles de Malraux, une élève de 5e confie : « Moi, ça va, j’ai la chance, et la malchance, de connaître un de ceux qui sèment le trouble, mais ceux qui sont plus isolés ont peur, alors il y a l’effet de groupe. » Déjà 16 élèves sont convoqués en conseil de discipline. Un père réagit également : « Ils ont entre dix et quinze ans et provoquent des bagarres de rue à l’école. Et ça n’a rien à voir avec le milieu social. »

    L’enveloppe est vide

    Les parents sont déroutés. Car ce n’est pas le seul établissement en proie à de telles dérives. « Le jour où c’est arrivé, il y a eu des déclenchements d’alarme dans plusieurs collèges, c’est comme si tout ça était organisé. Et ils font des vidéos, fascinés par les réseaux sociaux », s’épouvante une maman. Comme dans une mauvaise série, « c’est le manque d’adultes qui a permis une prise de pouvoir par des ados ! », accuse une autre.

    « On a des classes gonflées à 32 élèves, la pause méridienne, avec 800 demi-pensionnaires, est ingérable », dénonce Séverine Vernet, professeure, élue au conseil d’administration et représentante des personnels pour le Snes-FSU. Elle souligne aussi le manque d’accompagnement en termes de santé mentale. Une seule infirmière reçoit jusqu’à 50 passages par jour. « On a une super équipe éducative, c’est un bon collège, confirme Christelle Sanchez, de l’association MPE 13, mais ça fait presque 5 ans que l’établissement dépasse sa capacité maximum. » Une construction nouvelle est bien prévue dans le secteur, mais elle arrive en remplacement du collège Mallarmé.

    Face à cette montée en puissance, des parents d’élèves et enseignants réclament des effectifs depuis plusieurs années. Ainsi que la construction d’un nouvel établissement dans ce secteur où la pression immobilière est intense. En témoignent les résidences neuves et les grues qui s’activent alentour. « On ne peut pas pousser les murs. C’est la troisième fois cette année que la violence éclate au sein du collège et on n’a pas de réponses pour des effectifs suffisants, sinon que l’enveloppe est vide », déplore la représentante syndicale reçue avec les instances représentatives mercredi en audience au rectorat.

    En 2024, une agression au couteau d’une élève sur un enseignant avait déjà secoué le collège. Contactée, l’inspection académique n’a pas donné suite.

  • Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    Les travailleuses sociales en quête de reconnaissance à Marseille

    « Ce mouvement est inédit. » Ce jeudi, devant la préfecture des Bouches-du-Rhône à Marseille, les travailleuses sociales de la région mettent les bouchées doubles pour se faire entendre des pouvoirs publics. La sono du camion de la CGT pousse les décibels à fond et elles redoublent de slogans autour d’une demande unanime : « La reconnaissance de nos métiers. »

    La mobilisation est en effet inédite à plusieurs titres. D’abord, elle rassemble des assistantes sociales, éducateurs spécialisés ou conseillers de plusieurs organismes sociaux, des caisses d’allocations familiales (CAF), des caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et des mutualités sociales agricoles (MSA). Ensuite, car elle est à l’initiative « des agents » réunis en collectifs pour une grève nationale, appuyée par les syndicats, CGT et FO localement. Enfin, puisque « le mouvement est particulièrement bien suivi avec des services en grève à 100% », comme le résume Béatriz Marques, responsable régionale de la fédération CGT des organismes sociaux. Il faut dire que les travailleuses sociales ont de quoi revendiquer. « Elles ont des Bac+3, mais sont reconnues comme des Bac+2 dans la classification professionnelle, ça a un impact négatif sur le niveau de rémunération qui ne correspond pas à leur diplôme », explique la syndicaliste.

    Des centaines d’euros de manque à gagner

    Selon les calculs syndicaux, le manque à gagner de cette mauvaise reconnaissance dépasse les 600 euros mensuels, a minima, en comparaison avec des travailleurs sociaux de collectivités territoriales. « On a une différence de presque 1 000 euros avec nos homologues de la fonction publique territoriale ou hospitalière pour une ancienneté similaire », abonde Isabelle Becchere, secrétaire générale de la CGT cadres et employés à la Carsat Sud-Est. De quoi pointer « un double discours » : « D’un côté, on nous dit que les travailleurs sociaux sont l’entrée essentielle dans la vie sociale pour les assurés précaires. Mais de l’autre, les budgets sont réduits. » Et surtout, c’est l’illustration d’un manque global de reconnaissance de leur métier. L’exemple de la « prime Ségur », résume à leurs yeux le manque de considération auxquelles elles font face. « Elle a été étendue aux métiers du social et du médicosocial suite à la deuxième version du Ségur. Mais les travailleurs sociaux de nos organismes en sont exclus », pointe Adeline Constantino, assistante sociale et représentante de la CGT CAF 13. Une situation ubuesque alors que des travailleurs sociaux de certaines collectivités y ont droit. « Il y a une fin de non-recevoir de nos ministères de tutelles pour nous y inclure », rajoute Sabrina Jorda, toujours pour la CGT CAF 13.

    Forcément, le refus de la revalorisation unanimement demandée est vécu comme « une injustice ». « On fait pas un métier anodin, on a des missions difficiles avec de l’épuisement professionnel », insiste Florence, du service social de la Carsat d’Aubagne. Sabrina Jorda conclut : « Au-delà de nous et de nos salaires, c’est une question de choix de société. Au travers du manque de reconnaissance de nos métiers et du manque de reconnaissance, c’est la rupture avec le système de solidarité voulu par le Conseil national de la Résistance dont sont issus nos organismes. »

  • Avec son programme, Olivier Galzi sécurise sa droite à Avignon

    Avec son programme, Olivier Galzi sécurise sa droite à Avignon

    Un petit film de présentation montre une belle carte postale d’Avignon, avec du monde dans les rues, de l’activité partout. Une vidéo diffusée ce jeudi soir, en ouverture de la présentation du programme du candidat DVD Olivier Galzi, à la salle de la Scala, archi comble avec quelque 700 personnes. Pourtant, à peine monté sur scène, l’ex-journaliste TV décline son antienne du déclin : « Avignon n’est plus assez sûre, propre, fluide, ambitieuse, attractive. »

    Une rhétorique déjà distillée à la mi-novembre, lors de sa première réunion publique, où il avait déjà insisté sur ce triptyque sécurité-propreté-circulation. La présentation globale du projet permet aussi de « mettre les points sur les i ». Se définissant comme le seul candidat en lice à n’avoir jamais été encarté, Olivier Galzi redit son opposition farouche à ne pas vouloir du soutien de Renaissance et de leur « chef de file [Julien Paudoie] qui ne sera pas dans mes équipes ». Il conserve toutefois le soutien de l’UDI ou d’Horizons et n’a pas démenti pencher à droite.

    Il glisse aussi quelques amabilités à ses concurrents sans les nommer : « Des héritiers qui réclament le trône, mais pas le bilan » [David Fournier, PS], « les vendeurs de rêve venus de Rognonas » [Stéphan Fiori, DVD], « les extrêmes qui surfent sur les colères mais n’apportent aucune solution » [Anne-Sophie Rigault, RN et Mathilde Louvain, LFI]. Sur le volet sécurité, abordé en premier, Olivier Galzi égratigne « la volonté politique » qui aurait manqué à la majorité sortante.

    Croire encore à la LEO

    Incognito dans la salle, venue « en observatrice mais pas en soutien », Catherine Gay a dû rire jaune. Celle qui fut adjointe à la sécurité durant ce mandat s’est vu retirer la délégation par la maire il y a quelques mois… Davantage de policiers sur le terrain et de caméras dites intelligentes, bouton d’alerte, tasers sont évoqués. Redisant sa volonté de prendre la présidence du Grand Avignon, Olivier Galzi souhaite ainsi mieux coordonner les actions de propreté entre Ville et agglo. Tout en « récompensant » les agents qui travaillent et « sanctionnant » ceux « qui nuisent au service ». Enfin, sur la circulation, le candidat veut encore croire à la liaison est-ouest (LEO) telle qu’imaginée en « mettant la pression pour récupérer les fonds ». Sans surprise, il veut revoir « massivement le plan Faubourgs », ou privilégie le bus à haut niveau de service vers Agroparc plutôt que le tramway.

    Le reste des thématiques est ensuite balayé plus rapidement. Santé (bus santé dans les quartiers), attractivité (animations toute l’année comme un rendez-vous médiéval), culture (fin de la gratuité des musées pour les non-Avignonnais, mieux mailler entre eux les musées), éducation (revenir à la semaine des 4 jours à la rentrée 2027, créer 150 places en crèches), logement (aider les classes moyennes à accéder à la propriété, lutter contre la vacance). Des mesures promises sans hausse d’impôts. Le social ? Pas un mot. Le terme pauvreté n’a pas été prononcé, ni ne figure dans le programme. Curieux dans une ville où plus de 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Sans étiquette peut-être, mais pas sans boussole.