Author: tecnavia

  • Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    Michaël Delafosse veut un office municipal du pouvoir d’achat à Montpellier

    À deux mois des municipales, Michaël Delafosse entre en campagne. Le maire PS sortant, candidat à sa réélection, vient de dévoiler les premières mesures de son programme, le 26 janvier dans son tout nouveau local de campagne dans le quartier Antigone.

    Dans le contexte austéritaire infligé par l’État, le maire socialiste veut agir en faveur du pouvoir d’achat des Montpelliérains. Des mesures qui s’inscrivent dans la lignée du mandat actuel, durant lequel a été mise en place la gratuité des transports dont bénéficient plus de 470 000 résidents de la métropole de Montpellier. « Nous allons amplifier ce bouclier social avec la création d’un office municipal du pouvoir d’achat, qui s’inspirera de la mutuelle communale que nous avons mise en place. Cet outil permet d’avoir une garantie santé moins chère que celles existantes. Il fonctionne bien, nous allons donc l’élargir à l’assurance habitation multirisque », soutient Michaël Delafosse.

    En résumé, la collectivité négociera directement avec les opérateurs pour réaliser une commande groupée, ce qui permettra de faire baisser la facture pour les habitants. Le même mécanisme sera à l’œuvre pour les alarmes, les ventilateurs ou encore les pompes à chaleur. L’énergie est également au cœur du programme de l’édile puisque ce dernier ambitionne de poursuivre le raccordement des logements au réseau de chaleur urbain. « Avec cet accès maîtrisé du prix de l’énergie, la facture sera moins chère de 10% », soutient Michaël Delafosse.

    Soutenir les centres de santé associatifs

    Après la gratuité des transports, c’est celle des médiathèques que le candidat veut instaurer. « L’immense défi de notre société est notre rapport au livre, à l’écriture. Les médiathèques sont une ressource pour le savoir et nous proposerons un accès universel au réseau des quinze médiathèques  », développe le socialiste.

    La lutte pour le pouvoir d’achat passe également par la santé. « Même si nous ne sommes pas un désert médical, il faut être vigilant sur l’accès aux soins en renforçant l’offre », fait valoir Michaël Delafosse. Ainsi, le maire sortant s’engage à soutenir les centres de santé associatifs déjà existants et à aider à la construction de maisons de santé de la Région Occitanie dans les quartiers prioritaires de la Ville. Tout comme l’implantation d’une antenne du CHU à la place de l’ancienne tour d’Assas, dans le quartier Mosson.

    Montpellier compte près de 46 000 habitants âgés de 65 ans et plus. Un plan de lutte contre leur isolement figure également en bonne place dans le programme. Il comprend la réinstallation de concierges dans le parc social, le développement d’une application « anti-chute », l’installation de bancs publics. Surtout, il prévoit le développement de résidences intergénérationnelles et la construction de quatre résidences sociales seniors – deux sont déjà engagées. Une manière de « prendre soin de nos aînés », insiste le maire-candidat.

    « De bonnes choses »

    Ces annonces sont bien accueillies par Claude Gaubert, responsable montpelliérain de l’UFC-Que Choisir. « Se regrouper pour obtenir de meilleurs prix est une bonne chose. D’autant que pour certains produits, comme les pompes à chaleur, le risque d’arnaque est non négligeable. Si cet office municipal du pouvoir d’achat peut apporter aussi de la sécurité, c’est mieux ». Des mesures qui devront être accompagnées d’une meilleure information : Claude Gaubert regrette le faible engouement actuel des consommateurs pour ces achats groupés.

  • [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    [Entretien] Bernard Clément : « Être maire rural, c’est être disponible 365 jours par an »

    La Marseillaise : Après plus 36 ans de mandat, pourquoi repartir en 2026 ?

    Bernard Clément : J’ai beaucoup réfléchi. J’ai eu un cancer du sein, dont je suis guéri aujourd’hui, mais cette épreuve m’a obligé à me poser les bonnes questions. Et parmi les objectifs que je me suis fixés, il y avait celui-là : continuer à servir. Tant qu’il y a du travail à faire, je considère qu’il faut être là.

    Vous parlez souvent de passion pour définir votre fonction…

    B.C. : Oui, parce que sans passion, on ne peut pas tenir. Être maire d’un village de 800 habitants, c’est être au contact quotidien des gens. On ne fait pas de la politique politicienne, même si chacun a ses idées au sein de l’équipe municipale. On est dans quelque chose de profondément humain : se rendre utile, construire avec les habitants, accompagner leurs difficultés comme leurs projets.

    Être maire, concrètement, ça ressemble à quoi au quotidien ?

    B.C. : C’est être joignable tout le temps. Tout le monde a mon numéro de portable. Je ne fonctionne pas avec des permanences. Si quelqu’un appelle à 22h ou 23h, c’est qu’il a un problème. Être maire rural, c’est être maire 24 heures sur 24, 365 jours par an. Ce n’est pas une contrainte que je subis : c’est un engagement que j’assume.

    Le métier de maire a-t-il changé depuis 1989 ?

    B. C. : Énormément. Ce qui a le plus changé, c’est la disparition progressive des services publics de proximité. À la fin des années 1980, on avait encore des subdivisions locales de la DDE, d’EDF, de France Télécom, des perceptions de la DGFIP, des ingénieurs de l’État qui connaissaient le territoire et accompagnaient concrètement les communes. Quand il fallait refaire une route, réparer un réseau ou monter un dossier, un simple appel suffisait et tout s’enchaînait : diagnostics, devis, marchés, demandes de subventions. Aujourd’hui, tout a été centralisé, externalisé, parfois privatisé. Nous devons faire appel à des bureaux d’études privés, multiplier les procédures, gérer une technicité de plus en plus lourde. Résultat : les petites communes doivent fonctionner comme de grandes collectivités, avec beaucoup moins de moyens humains et financiers, et beaucoup plus de responsabilités sur les épaules des élus.

    Justement, comment un village comme Domessargues parvient-il à investir autant sans s’endetter ?

    B.C. : C’est vrai que la question peut se poser quand on connaît les difficultés économiques des communes rurales, qui se sont creusées au cours des dernières années. Pour nous, c’est simplement parce qu’on a fait le choix d’aller chercher toutes les recettes possibles, notamment les subventions. Chaque projet a été construit sérieusement, avec rigueur. Et surtout, nous avons toujours donné la priorité à ce qui est utile aux habitants : l’enfance, la jeunesse, les équipements, la vie associative.

    Vous revendiquez aussi un rôle politique au-delà de la commune.

    B.C. : Évidemment. Les décisions nationales ont un impact direct sur nos finances locales. La suppression de la taxe d’habitation, la fin de la gestion de l’assainissement, la disparition de la taxe professionnelle et, demain, celle de la CVAE ont profondément modifié l’autonomie financière des communes. Aujourd’hui, il ne reste quasiment plus que la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui pèse essentiellement sur les habitants. C’est une évolution que je juge dangereuse, car elle fragilise durablement les collectivités et crée une forme d’injustice. Je demande donc une révision forfaitaire d’environ 20 000 euros par an pour les plus petites communes. Pour l’agglomération, c’est une goutte d’eau. Pour nous, c’est vital.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir du 7 février ?

    Bertrand Perrin : Un grand plaisir de renouer avec un journal qui porte les aspirations des citoyens et de celles et ceux qui font bouger le territoire. J’adresse un grand remerciement au journal qui nous fait confiance en tant qu’habitants de territoires reculés vis-à-vis des grandes métropoles et qui fait le pari de venir se réimplanter en croyant à la vie collective de nos départements. C’est un vrai plus pour le pluralisme de la presse et donc pour la démocratie. Les Alpins sont très attachés à la République, on habite le territoire qui s’est levé en 1851 pour la défendre contre le coup d’État de Napoléon III. C’est un héritage toujours présent. Je pense qu’il y a une vraie attente d’un journal avec un point de vue différent, une ligne éditoriale assumée. On est hyper-heureux de retrouver La Marseillaise. C’est ce que les gens confirment quand on va les voir le journal à la main. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. Ils sont enthousiastes, ils trouvent chouette de renouer avec une part de notre histoire mais aussi avec l’idée de nous reconnecter au reste de la région. Ils espèrent un éclairage sur leur vie quotidienne dans un territoire qui est souvent oublié par l’État.

    Quels sujets prégnants dans les Alpes méritent, selon vous, un traitement spécifique ?

    B.P. : On a besoin d’une approche éditoriale qui ne se résume pas aux vide-greniers. Nos départements ont une réalité territoriale très différente du bassin métropolitain et qui nécessite des journalistes qui vivent ici. C’est important pour appréhender en profondeur les enjeux de la ruralité. Je trouve très intéressant qu’ils figurent dans une édition de dimension régionale. Ce qui se passe dans les Alpes rayonnera ainsi sur le reste de la région et on sera informé de ce qui se passe ailleurs. C’est une ouverture au monde, une manière de ne pas être en vase clos. C’est une source d’inspiration également d’avoir accès à des expériences ou des combats qui se mènent ailleurs.

    Vous évoquez l’histoire républicaine des Alpes-de-Haute-Provence, mais il est aussi le théâtre de la progression de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    B.P. : Oui, la montée de l’extrême droite se construit sur un sentiment de relégation. Territoire oublié de la République, plus d’éducation pour nos enfants, pas assez d’emplois, des difficultés à se soigner… Il y a un vrai sentiment d’abandon. La Marseillaise contribuera à nous reconnecter à la région, au reste du pays. D’autant plus qu’elle assume son histoire et prend position pour éclairer les débats. Ça ne peut apporter que du positif en rupture avec le discours dominant.

    « La Marseillaise » défend les services publics. Ça entre en résonance avec les combats menés dans votre département ?

    B.P. : Oui, malheureusement, les Alpes comme les autres départements ruraux sont en avance sur le recul des services publics que connaît tout le pays. Chez nous, l’ensemble des services publics sont attaqués, à commencer par l’éducation, on est en bagarre perpétuelle pour éviter les fermetures de classes ou d’écoles, en passant par la santé qui est un point central pour l’activité des communistes dans le département. On affronte un plan de réduction du personnel hospitalier. Mais il faut aussi défendre les bureaux de poste, la tranquillité publique, on manque de gendarmes… Une question fondamentale se pose chez nous également, c’est celle des transports dans un territoire très morcelé où il faut prendre la voiture parfois 30-40 mn pour avoir accès à un service de base. Ça complique beaucoup la vie des jeunes, des jeunes couples, des personnes âgées ou à mobilité réduite.

    Comment appréhendez-vous l’enjeu des JO ? En quoi vont-ils influer sur la vie quotidienne dans les Alpes ?

    B.P. : Les épreuves auront lieu dans le 05, mais le 04 est le département qui est au centre de la région et qui sera nécessairement traversé par ceux qui viendront des grandes métropoles. C’est l’occasion de poser en grand la question des transports, de la desserte ferroviaire, des aménagements durables et j’insiste sur le mot « durable » qui pourront être réalisés à cette occasion. On ne veut pas d’infrastructures jetables mais qui s’inscrivent en réponse aux besoins de la population à long terme. Il y a beaucoup à faire au niveau du train.

  • Miramas donne rendez-vous aux stars de l’athlétisme

    Miramas donne rendez-vous aux stars de l’athlétisme

    Le monde de l’athlétisme se donne rendez-vous à Miramas, ce vendredi. Le meeting international revient pour une 7e édition avec plusieurs disciplines au programme et quelques stars dans les starting-blocks. Au menu, 60 m plat et haies, triple saut, 3 000 m, mais aussi saut à la perche. Pour la première fois, l’événement se centre également sur le handisport. Le médaillé paralympique Dimitri Pavadé a acté sa présence. « Le club est labellisé sport handicap, c’était important de l’intégrer complètement à notre communication et au programme », rappelle le directeur Patrice Ouvrier-Buffet.

    Miramas est désormais un meeting qui compte dans le microcosme de l’athlétisme. L’épreuve est classée « Argent » par la fédération internationale, ce qui la place au même niveau que Metz et Val-de-Reuil, habitués à accueillir de nombreux médaillés olympiques et mondiaux. Sans détailler la complexité des règlements, la compétition octroie plus de points aux athlètes selon leurs résultats.

    La course aux minima est lancée

    Meeting à dimension planétaire, concurrence féroce et la chasse aux minima sera donc importante. Les championnats du monde en salle ont lieu du 20 au 22 mars à Torun (Pologne). Pour y participer, les athlètes doivent réaliser une performance donnée en début de saison par World Athletics. La Française Laeticia Bapté sera présente dans les Bouches-du-Rhône, lors du 60 m haies, mais a déjà sécurisé son billet, dimanche dernier, à Paris.

    D’autres Tricolores de renom seront présents avec Valentin Lavillenie, Robin Emig (5m92 à la perche en 2025), la championne d’Europe du 1 500 m Agathe Guillemot alignée sur 800 m ce vendredi, tout comme Clara Liberman. La Martégale Maeliss Trapeau, courant pour le Canada, sera aussi en lice. Nous pouvons également signaler que le vice-champion du monde en salle 2024 du triple saut, Yasser Triki (Algérie), sera engagé. Entre 19h et 22h30, 16 épreuves se disputeront dans le Stadium pouvant contenir jusqu’à 5 000 spectateurs.

  • Élimination de l’OM : Roberto De Zerbi sous pression

    Élimination de l’OM : Roberto De Zerbi sous pression

    Humiliés, piétinés, écrasés. Les Olympiens sont un peu tout cela au terme de la phase de poule de la Ligue des Champions.

    La défaite à Bruges (3-0), mercredi, a été celle de trop. Celle qui n’aurait jamais dû se produire et qui a fait sortir de sa réserve Medhi Benatia. « C’est une soirée de merde, une soirée honteuse », est venu dire le directeur du football en zone mixte du stade Jan-Breydel. « Quand tu es à l’OM, tu peux perdre des matches, mais pas comme ce soir. » Il souligne que ce résultat confirme un constat : « Nous sommes sur un problème récurrent… Le football, il faut le respecter. Il faut d’abord demander pardon aux supporters et ceux qui font des sacrifices pour ce club. Ce soir, c’est une faute professionnelle. J’ai rarement ressenti autant de honte dans ma carrière. »

    Au coup de sifflet final à Bruges, l’OM était pourtant encore qualifié, accroché à la 24e place. Mais il y a eu un but improbable à Lisbonne (98e), celui du gardien du Benfica qui permettait aux Lisboètes de doubler les Olympiens. Mais pour Medhi Benatia, « nous aurions pu nous qualifier en bon dernier, mais même ça, nous ne l’avons pas mérité ».

    De son côté, Roberto De Zerbi a admis « avoir honte ». Avant de soupirer, les larmes aux yeux : « En treize ans de carrière, je n’ai jamais vécu ça. C’est très lourd, très mauvais, nous n’avons pas d’excuses. » Il rêvait d’être l’entraîneur qui ramènerait l’OM en phase finale de la Ligue des Champions. Mais, comme Igor Tudor en 2022, il s’est retrouvé dans le rôle d’Icare. Avec une sortie de route prématurée qui risque de coûter cher pour la suite de la saison. Et va surtout priver son club d’une belle manne financière.

    Un entraîneur fragilisé

    En concédant six buts sur ses deux derniers matches, l’équipe a donné l’impression d’avoir lâché prise. Comme résignée sur son sort, alors qu’avant la réception de Liverpool, l’OM pouvait encore aller chercher une qualification directe en huitièmes de finale.

    En une semaine, les Olympiens ont tout perdu sur la scène européenne. Leur place en Ligue des Champions. Mais, plus grave, leur crédibilité à jouer de nouveau dans la cour des grands. Une accumulation qui risque d’entraîner le départ de Roberto De Zerbi, selon RMC. L’intéressé est clairement fragilisé. Et, malgré son amour pour l’OM, ses dirigeants pourraient-ils être tentés de lui montrer la sortie ? Ou l’Italien pourrait-il lui-même choisir de démissionner ? Rien n’était acté jeudi en fin de journée.

    Une retraite, pour quoi faire ?

    Après la défaite à Bruges, mercredi soir, la délégation olympienne n’est pas rentrée sur Marseille.

    Roberto De Zerbi avait organisé une retraite près de Rambouillet (Yvelines), afin de préparer au calme le prochain match de championnat face au Paris FC, samedi. Mais la défaite à Bruges et l’élimination en Ligue des Champions vont modifier le programme de ces jours qui devaient permettre aux Olympiens de se ressourcer entre eux, loin de la Commanderie.

    La saison dernière, l’entraîneur marseillais avait utilisé à deux reprises le levier « retraite » pour évacuer la pression, suite à des lourdes défaites contre Auxerre et à Reims. La méthode fonctionnera-t-elle pour remettre l’OM dans le bons sens ? Et Roberto De Zerbi sera-t-il encore sur le banc, samedi, face au Paris FC ?

    Les prochaines heures seront cruciales.

  • Conflit judiciaire et bulles d’air frais

    Conflit judiciaire et bulles d’air frais

    Franck Bondoux est accusé par certains auteurs et collectifs de dérives mercantiles, management toxique, ou encore d’avoir licencié une salariée, suite à la plainte de cette dernière pour un viol commis en marge du festival d’Angoulême. Mais lors de la conférence de presse qu’il organisait jeudi 29 à Paris, le patron de 9e art+, association qui avait jusqu’à présent la charge de cette Mecque de la BD, balaye d’un revers de main ce qui lui est reproché. Les « où commence la toxicité ? » et autres « dans toutes les entreprises, des gens vont et viennent » illustrent le déni de celui qui a annoncé hier assigner en justice l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême, chargée de nommer un nouvel organisateur du festival suite aux revendications des auteurs et éditeurs, pour « concurrence déloyale et parasitisme ». Une « tentative de spoliation », selon Franck Bondoux.

    Grosses vs petites mains

    « 9e art+ n’a jamais fait preuve d’une prise de conscience de ce qui lui était reproché. Il faut que le festival d’Angoulême change de mains », estime l’autrice marseillaise Nine Antico. Alors que la 56e édition d’Angoulême, qui devait se tenir actuellement, a été annulée, des autrices ont répondu à l’appel du collectif Girlxcott pour tenir des Fêtes interconnectées de la BD. Au menu, à Marseille, du 30 janvier au 1er février, des rencontres avec de nombreuses artistes et expositions à l’Alcazar et à la Friche Belle de Mai, ou encore le parcours « Loisirs créatifs » autour de l’œuvre de l’Istréenne Anouk Ricard, Grand prix d’Angoulême 2025, à la salle polyvalente de l’Articho (3, rue des Abeilles, 1er).

    Programme complet sur girlxcott.org

  • [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    La Marseillaise : Comment le mouvement Girlxcott est-il né ?

    Nine Antico : Un mécontentement germait depuis une dizaine d’années et a explosé l’an passé, suite à un article paru dans L’Humanité qui exposait clairement les dérives aussi bien artistiques que de gestion du festival d’Angoulême. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est le licenciement d’une employée de 9e Art+ [association gestionnaire du festival, Ndlr], au lendemain qu’elle ait annoncé avoir été violée lors d’une soirée professionnelle.

    Dans le monde de la BD, comment les violences faites aux femmes, et plus généralement aux personnes vulnérables, se manifestent-elles ?

    N.A. : C’est un milieu, comme tous les milieux artistiques, qui a été très masculin. Et donc, l’incursion de plus en plus d’autrices, ces dernières années, a provoqué certaines situations. Il existe de nombreux témoignages de violences sexistes ou sexuelles, d’agressions. C’est un milieu qui ressemble malheureusement à d’autres milieux artistiques où il y a eu très peu de représentations de femmes. Pour que les choses bougent, il faut du temps. Cela passe aussi parfois à travers l’expression de ras-le-bol comme cette année. Des autrices ont été à l’initiative du mouvement, mais on a été aussi rejoint par des hommes, des auteurs, des éditeurs… C’est un mouvement qui englobe plein de choses, mais décrit, en gros, une volonté de penser autrement un festival qui serait plus horizontal et inclusif. Qui représenterait le milieu de la BD tel qu’il est vraiment aujourd’hui.

    Certains ont aussi pu déplorer le côté « machine à cash » du festival. Quel cynisme face à la précarité dans laquelle les auteurs de BD se trouvent…

    N.A. : Ce festival, qui était payant, a vu son prix d’entrée pour le public augmenter ces dernières années avec des places autour d’une trentaine d’euros. Or le but du jeu est de rencontrer les auteurs et acheter des livres. Ça manquait aussi de générosité dans les lieux pour que les auteurs se rencontrent. Il y a aussi le cas de la présentation de certaines expositions qui ont déclenché de vives polémiques. L’enquête de Lucie Servin dans L’Humanité racontait comment l’esprit mercantile a écarté au fur et à mesure l’aspect ludique de ce festival qui avait été pourtant créé dans les années 1970 par une association à une tout autre échelle.
    Avec les auteurs qui vendent beaucoup, une minorité, et les autres, il y a deux endroits qui ne se rencontrent pas, qui plus est dans les bulles telles qu’elles avaient été façonnées à Angoulême. Les publics se croisaient dans les rues, mais pas du tout sous les chapiteaux. À côté des grosses maisons d’édition et des livres à gros tirages qu’on peut trouver en supermarché, il y a un nombre conséquent et majoritaire d’auteurs qui n’arrivent pas à vivre de leurs productions. Et qui, à Angoulême, se retrouvaient dans des conditions de festival se rapprochant davantage du camping qu’autre chose. Il y a en ce moment une vraie lutte pour faire exister nos droits, en faveur d’un système qui nous protégerait entre deux livres. Une BD, c’est un temps de fabrication très long, un travail solitaire. Pour que l’on gagne de l’argent sur nos livres, il faut que nos ventes dépassent les droits d’auteur qu’on a eus.

    L’idée des Fêtes interconnectées de la BD, c’est de renouer avec une dimension humaine ?

    N.A. : Oui, l’aspect solidaire, déjà. Rien que le fait de s’emparer de la programmation et de se rencontrer entre auteurs et autrices est déjà une avancée. On est au cœur de la décision et cela à un gros impact sur nos motivations à être là. On le fait de manière bénévole. Mais le but du jeu n’est pas que le festival d’Angoulême soit détruit ad vitam aeternam. Mais plutôt de dire : on n’est pas contents de cette version-là, on en voudrait une autre dans laquelle on serait plus impliqués, mieux traités et avec plus de diversité. Une diversité qu’Angoulême avait tendance à effacer.

    Et dans le cadre des Fêtes interconnectées de la BD, vous participez avec d’autres autrices, le 31 janvier, à une table ronde à l’Alcazar ainsi qu’à une exposition à la Friche Belle de Mai…

    N.A. : On se penche sur le désir sous l’angle féminin. Une thématique qui afflue dans nos derniers livres ou revues. Tout un imaginaire a été monopolisé par les hommes. On discute sur ce que nos regards et récits peuvent apporter au monolithe sur lequel on s’est construit, qui est un regard essentiellement masculin. Il y aura aussi par exemple Claire Fauvel, qui photographie les hommes nus, l’anthropologue Morgane Tocco dont le sujet de recherches est la représentation du nu masculin dans l’art. Elle montre à quel point il y a peu de représentations. La femme nue est toujours au cœur de l’art, tandis que le nu masculin, beaucoup moins. On soulève plein de points à propos du désir féminin ou queer sur l’homme.

  • Avignon : fin de morne plaine au stade nautique

    Avignon : fin de morne plaine au stade nautique

    En juillet 2019, puis quelques mois plus tard en décembre, la municipalité a redonné un coup d’éclat sportif à un écrin en friche de plus de 7 ha, à Saint-Chamand, quartier populaire en rénovation urbaine, à l’entrée sud d’Avignon.

    D’abord en investissant 3,7 millions d’euros pour réhabiliter la plaine des sports, qui dispose de 17 équipements accessibles à tous : piste d’athlétisme, terrains de rugby et de foot, skate park, pump track, city stades, tables de ping-pong, mur d’escalade ou grande aire de jeux pour enfants. Ce n’est pas un hasard si, en juin 2024, le lieu a été choisi comme point de départ du passage de la flamme olympique, lors du parcours avignonnais.

    Quelques mois après, la Ville a inauguré le stade nautique mitoyen, à l’abandon depuis presque dix ans, « avec des herbes folles dans les bassins », rappelle Cécile Helle. Près de 20 millions d’euros d’investissement pour remettre à neuf cet équipement classé patrimoine du XXe siècle, livré en 1966 et fermé en 2010. Un bassin olympique de 50 m extérieur, chauffé à 29 degrés, est aujourd’hui prisé, auquel s’ajoutent deux autres bassins de loisirs et plongeons, accessibles l’été.

    À l’automne dernier, la Ville a aussi remunicipalisé un service du stade nautique : la salle de sport et centre de remise en forme avec salle de fitness, hammams, saunas, jacuzzis et solarium. Toute l’année, des activités types aquagym y sont proposées de même qu’une école de natation, avec des créneaux dédiés aux ados ne sachant pas nager. L’été, des nocturnes animées y sont programmées.

    Quant aux tarifs, ils sont destinés prioritairement aux Avignonnais avec une entrée pleine à 2,50 euros contre 6 euros hors Avignon (1,60 et 3,60 euros en tarif réduit). La Ville a même créé un budget annexe dédié, « activités aquatiques », qui regroupe aussi la gestion des quatre autres piscines toutes modernisées ou en passe de l’être. En 2026, ce budget de fonctionnement s’élève à 5,1 millions d’euros, dont la moitié pour le seul stade nautique.

  • Durance, les raisons d’une crue peu habituelle mais sans dégâts

    Durance, les raisons d’une crue peu habituelle mais sans dégâts

    La Durance est sortie de son lit dans la nuit de ce mercredi 28 au jeudi 29 janvier, et a débordé sur la départementale 900 à Caumont. Ce qui a poussé le Département de Vaucluse à mettre en place une déviation en début de matinée.

    Mais aucun dégât, de maisons inondées ni de blessés n’ont été constatés suite à cet épisode. La décrue, amorcée dans la nuit, était déjà bien engagée à la mi-journée ce jeudi. Le pic aux abords d’Avignon s’étant tenu vers 1h du matin avec un débit de 900 mètres cubes d’eau par seconde. « C’est un épisode assez courant », commente Bertrand Jacopin, directeur des études et des travaux du Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD). Tout en constatant que « c’est la première fois que ça déborde avec un débit aussi faible » et que « des agents sont sur place pour identifier le mécanisme ».

    Les fortes pluies sur le secteur de Sisteron sont pointées du doigt par les autorités comme responsables de la montée du niveau de l’eau.

    Ce n’était donc pas une crue particulièrement virulente, mais le SMAVD reste particulièrement vigilant quant aux évolutions de ces prochaines semaines. « On a vu qu’avec des pluies fortes mais pas énormes, il y a de belles réactions en rivière. Même si on fait attention tout le temps et que l’on anticipe », assure Bertrand Jacopin. Nous sommes actuellement en pleine période de surveillance accrue, qui s’étend d’octobre jusqu’en mai. 300 000 personnes sont exposées à un risque d’inondation le long du fleuve.

  • Un pacte des solidarités pour accompagner les plus précaires à Avignon

    Un pacte des solidarités pour accompagner les plus précaires à Avignon

    Pour lutter contre la grande précarité à Avignon, l’État, la municipalité et les acteurs associatifs mettent l’accent sur l’accompagnement individuel avec la signature, ce jeudi 29 janvier, du Pacte local des solidarités de Vaucluse 2026.

    Le document, co-construit depuis mars dernier entre les services de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), la collectivité et une dizaine de structures d’accompagnement, propose plusieurs actions sur l’année. Avec par exemple la création d’un « coffre-fort numérique » pour pouvoir suivre le parcours de ces personnes plus simplement à travers une même plateforme. Ou encore la création d’« un espace qui pourrait accueillir les personnes à la rue proposant des services de bagagerie, des actions socio-esthétiques, des actions autour de l’éducation à la santé et de l’hygiène, afin de retrouver des temps de socialisation et renforcer l’estime de soi », peut-on lire dans ce document. Mais aussi l’objectif d’« améliorer la coordination entre les partenaires signataires du pacte, pour développer la complémentarité des interventions », avec des réunions et des échanges plus fréquents entre les structures et la collectivité.

    Rue de la République

    « Je crois beaucoup en la méthode qui consiste à s’intéresser à chacune des personnes concernées plutôt que d’apporter des réponses globales », précise le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet. Un document lancé, d’après lui, après des discussions lors de la réunion mensuelle entre la préfecture et la municipalité du Palais des Papes pour « aider les marginaux à sortir de la rue. Et notamment de la rue de la République ». Et il espère que cela permettra de « faire d’Avignon une ville apaisée et accueillante ». De son côté, la première édile de la cité des Papes a, quelques minutes auparavant, affirmé qu’une « mobilisation collective est nécessaire avec les enjeux autour de la grande marginalité » et qu’il faut « casser les stéréotypes d’exclusion ».

    Un dispositif dans le cinquième département le plus pauvre de France qui peut, si c’est un succès, se démocratiser. « C’est un outil précieux qui a valeur d’expérimentation, donc d’essaimage. Si ce que je vois marche bien, d’autres territoires pourront en bénéficier. Pour ça, il faut aussi se donner les moyens d’observer ce que nous allons faire, d’évaluer et de mesurer l’impact », précise Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région.