Author: tecnavia

  • [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    [Entretien] Emmanuel Négrier : « L’essentiel des bascules s’opère de gauche à droite »

    La Marseillaise : La conquête de Nîmes par la gauche peut-elle, à l’avenir, freiner la poussée constante du RN dans le Gard ou est-ce l’arbre qui cache la forêt dans un Département menacé en 2028 ?

    Emmanuel Négrier : Le succès remporté par la gauche à Nîmes s’explique à la fois par des divisions circonstancielles des héritiers de la droite, la forte mobilisation d’entre-deux tours dans les quartiers populaires, où la croissance d’un tour à l’autre est proche de 50%, et une incapacité chronique du RN à incarner une offre politique dans ces quartiers. C’est le paradoxe du RN, parti populiste en panne dans le vote populaire.

    Cependant, cette configuration n’est pas prédictive de ce qu’il se passera pour les prochaines échéances, et notamment pour les élections départementales et régionales. En effet, dans ces scrutins, les quartiers populaires sont jusqu’à présent marqués par une abstention structurelle et leur engagement dans ces prochaines élections est tout sauf assuré. D’autre part, les conquêtes gardoises du RN autour de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze vont très probablement conduire à des dilemmes stratégiques pour la droite, avec à la clef des ralliements possibles, comme on pourra d’ailleurs le voir très vite à l’occasion de l’élection des exécutifs des intercommunalités concernées. La gauche devra batailler sur ces fronts en position de relative faiblesse, en raison d’une influence politique qui décline globalement et des divisions qui, jugulées à Nîmes, se révèlent perdantes dans beaucoup d’autres contextes, dans le Gard comme ailleurs. Ces élections départementales et régionales, situées après l’échéance présidentielle dont nous ne savons pas ce qu’elle va produire, sont donc hautement risquées pour la gauche départementale.

    Au contraire du RN, LFI n’est parvenue à conquérir aucune ville majeure en Occitanie. Est-ce dû à l’épouvantail Mélenchon ou à la stratégie insoumise souvent jugée anti-PS ?

    E.N : LFI pouvait virtuellement compter sur un sortant, à Grabels, et sur une influence considérable lors des précédentes élections présidentielles et législatives dans certains bastions comme Montpellier. Le problème que rencontre LFI est de plusieurs ordres. D’une part, la déconnexion des logiques de vote entre les scrutins nationaux et cette élection singulière qu’est la municipale fait significativement baisser son influence là où il n’est pas implanté. Ensuite, le pari qu’il faisait de remobilisation des quartiers populaires s’est très peu produit (le cas de Nîmes étant exceptionnel) et guère à son profit, comme on l’a vu à Montpellier où il est le plus souvent devancé par le vote en faveur du sortant ou de la liste Mohed Altrad. Quant à Grabels, l’évolution sociologique de la population, associée à une certaine usure du pouvoir municipal, ont été fatales à son maire sortant, René Revol. Derrière ces considérations localisées, il y a une évolution plus générale qui est que le vote LFI s’est sociologiquement transformé. En 2022, c’était celui qui correspondait le mieux à un profil moyen des Français en termes d’âge, de catégorie sociale et professionnelle, d’habitat. En quatre ans, c’est l’électorat du RN qui s’est homogénéisé, en se rapprochant, sur tous ces critères en dehors du niveau de diplôme, du « Français moyen ». Le vote LFI, à l’occasion de ces élections municipales, est devenu « spécifique », ce qui explique ses succès ponctuels (Saint-Denis, Roubaix), mais aussi ses échecs. Évidemment, dans un contexte où la gauche, prise globalement, ne dépasse guère un tiers de l’électorat et qu’elle se divise sur des considérations qui sortent totalement des contextes précis de vote, elle ne peut que s’affaiblir, en particulier son aile gauche.

    En dépit du fiasco agathois,
    la droite héraultaise sort-elle renforcée de ces Municipales même si les couleurs des Républicains sont peu visibles
     ?

    E.N : La droite est en effet renforcée dans ces élections, mais c’est au prix d’une logique d’euphémisation des étiquettes politiques, qui posent d’ailleurs certains problèmes au chercheur que je suis. Globalement, lorsque la droite a perdu une commune, c’est le plus souvent au profit d’une autre liste de droite (Castelnau-le-lez), ou de l’extrême droite dans le cas d’Agde. Et quand un maire d’extrême-droite (Vias) ou anciennement associé à Robert Ménard (Cers) perd, c’est au profit d’un centriste, et non de la gauche. Ailleurs, on peut se poser la question de savoir si un certain électorat de gauche n’a pas fait le choix de la droite sortante plutôt que de la liste de gauche encore en lice au second tour. Ainsi, je fais l’hypothèse qu’il y a un peu de gauche (politique et sociologique, du côté des professions artistiques, par exemple) dans le maintien de la droite au pouvoir à Sète. L’essentiel des bascules s’opère donc de gauche à droite, mais il serait extrêmement hasardeux pour la droite d’en tirer un indicateur de retour en grâce électorale, tant les contextes localisés pèsent plus que l’identité partisane des nouveaux maires. Par ailleurs, comme on l’a observé dans le Gard, même si c’est pour l’Hérault d’une moindre intensité, la droite va être confrontée, face à la pâleur de son identité politique, à la progression du vote RN, encore peu sensible lors de ces élections municipales, et aux enjeux stratégiques qui ne manqueront pas de se poser à elle lors des prochaines échéances.

    La gauche héraultaise a-t-elle perdu plus que certaines villes (Lodève, Grabels, Mauguio, Villeneuve-lès-Maguelone, Saint-Jean de Védas…) dans l’optique des Sénatoriales 2026 et des Départementales 2028 ?

    E.N : La gauche héraultaise a perdu une douzaine de villes, ce qui représente près de 10% de la population héraultaise (100 000 habitants), qui passent de gauche à droite en termes de gouvernance municipale. C’est un recul considérable pour une élection dont on dit d’ordinaire qu’elle favorise les sortants. Cette évolution vers la droite, même pâle et diverse, ne pourra pas ne pas avoir d’influence pour l’élection sénatoriale de septembre prochain. Celle-ci se déroule à la proportionnelle pour désigner les 4 parlementaires et elle est, plus que pour une élection directe, sous l’influence des grands électeurs des mondes ruraux et petites villes, précisément là où la gauche a perdu des positions. L’incertitude est donc assez grande pour ce prochain rendez-vous politique. Quant aux élections départementales, l’Hérault se caractérise par une meilleure résistance à la progression du RN, la gauche y conserve une influence certaine à la fois dans ses bastions urbains et l’arrière-pays, qui peut lui permettre de ne pas perdre le leadership départemental, contrairement à l’Aude, aux Pyrénées-Orientales ou au Gard, trois départements où, ce n’est pas un hasard, tous les députés sont d’extrême droite.

  • Un appel citoyen pour en finir avec le sans-abrisme dans l’Hérault

    Un appel citoyen pour en finir avec le sans-abrisme dans l’Hérault

    Ils sont une soixantaine venant de tous horizons : médecins, éducateurs spécialisés, artistes ou encore journalistes. Se joignent à eux des associations et des syndicats. Ensemble ils viennent de signer un appel pour en finir avec le sans-abrisme. « Que quelqu’un puisse mourir de froid à deux pas d’un lieu d’hébergement saturé à Montpellier, c’est inadmissible. Nous appelons les pouvoirs publics […] à ouvrir au plus vite suffisamment d’hébergements d’urgence pour que plus personne ne soit contraint de dormir à la rue », écrivent les signataires.

    La genèse de cet appel remonte à début janvier, à la suite du décès d’un jeune SDF à Montpellier en face d’un hébergement d’urgence qui ne pouvait l’accueillir. Une première pétition est lancée pour demander l’ouverture d’un gymnase. La réponse des pouvoirs publics jugée insuffisante, l’idée d’un second appel fait son cheminement. « On voulait dire notre colère et faire connaître cette situation insupportable. Cet appel ne concurrence pas du tout le travail réalisé sur le terrain par les associations mais vient en complément », détaille Claude Dubois, membre du NPA héraultais.

    48 ans d’espérance de vie

    Car l’urgence est là. Selon les estimations, 2 800 personnes dorment à la rue dans la capitale héraultaise. « On veut informer sur les conditions de survie dans la rue. En 2025, 34 personnes sont décédées à Montpellier. L’espérance de vie pour ceux qui ont connu la rue à un moment dans leur vie est de 48 ans », soutient Gilles, du collectif citoyen contre le sans-abrisme. Des familles, des mineurs non accompagnés, des femmes seules, des personnes en situation de handicap, beaucoup de publics sont touchés. « J’ai rencontré une jeune fille à la rue qui venait d’arriver à Montpellier. Elle ne trouvait pas de place d’hébergement, elle est partie à Grenoble. Elle est décédée là-bas, à l’âge de 21 ans », soupire Samuel Forest, président de l’association Solidarité Partagée.

    Ce dernier espère « une prise de conscience et qu’on mette la pression aux politiques pour qu’ils en fassent une priorité. » D’autant que les logements vacants foisonnent à Montpellier, que la municipalité pourrait réquisitionner. Mais face à la faible volonté des pouvoirs publics, dont l’État, premier responsable du sans-abrisme, l’action pourrait venir des militants. Le 16 avril, le porte-parole du Droit au logement d’abord (DAL) viendra donner une formation sur la réquisition de logements vides. « Une des autres missions est de nous fédérer », reprend Gilles. En ce sens, les signataires viennent de se regrouper au sein d’une « coordination plus personne à la rue ». Aussi, la pétition de janvier* vient d’être réactualisée dans l’espoir de bouger les lignes. Car les signataires sont clairs : « Si aucune solution n’est trouvée, nous soutiendrons toutes les initiatives en faveur du logement ».

    * change.org.

  • Une explosion de tulipes et de couleurs à Jonquières

    Une explosion de tulipes et de couleurs à Jonquières

    C’est devenu l’un des événements incontournables dans le Vaucluse au moment où le printemps pointe le bout de son nez. Petits et grands ont rendez-vous au domaine Martin de Grangeneuve à Jonquières pour profiter de la floraison des champs de tulipes présentes par milliers offrant des couleurs et variétés diverses.

    Un spectacle éphémère qui a débuté pour la saison actuelle le week-end dernier et se poursuit jusqu’au 6 avril.

    Une parcelle destinée à la cueillette

    Elles y sont plantées ici depuis plusieurs années par l’entreprise néerlandaise Triflor France qui a choisi Jonquières et le Vaucluse pour son climat, permettant une floraison et donc une cueillette précoce par rapport aux Pays-Bas.

    « Fêtons les tulipes de Jonquières » est donc une fête unique en son genre, spontanée, gratuite et joyeuse portée par l’association du même nom créée en 2019 qui, au retour du printemps s’attelle a offrir le plus beau des événements aux curieux venus de la région et d’ailleurs, transformant les parcelles cultivées dont les bulbes sont plantés à l’automne en véritable tableau vivant qui semble s’étendre jusqu’aux Dentelles de Montmirail avec le Géant de Provence en toile de fond.

    Tout au long de l’ouverture au public, une parcelle spécifique est mise à disposition des visiteurs pour que chacun puisse cueillir son bouquet. Une vente qui permet de soutenir l’association organisatrice mais aussi de valoriser le travail réalisé sur ces terres dont la culture est professionnelle et destinée à l’export. D’ailleurs, une fois la floraison terminée, les bulbes enfouis sous terre sont récoltés puis triés pour être expédiés vers de nouveaux horizons auprès d’horticulteurs et fleuriste en Europe, notamment aux Pays-Bas où ils pourront de nouveau fleurir.

    Ouvert tous les jours pendant la période de floraison de 10h à 18h30 en accès libre. Parking gratuit à proximité.

  • Le festival de Pâques débute à Aix-en-Provence

    Le festival de Pâques débute à Aix-en-Provence

    Ateliers pour enfants, concerts, tables rondes ou encore conférence… Le festival de Pâques est de retour à partir de samedi et avec lui une programmation soignée, riche et variée qui s’adresse à tous les publics à travers divers lieux de la ville jusqu’au 12 avril.

    Pour débuter les festivités ce sont des ateliers musicaux à destination des enfants qui sont proposés aux côtés de Solesne Loy, violoniste et pédagogue au sein du salon Jessye Norman du Grand théâtre de Provence. Dès samedi et dimanche de 10h30 à 12h et ce tous les week-ends que dure le festival, les débutants entre 7 et 10 ans pourront s’essayer au violon.

    Sinon, à partir de 6 ans, samedi à 14h et dimanche à 15h30, les minots pourront découvrir la « Symphonie Pastorale » de Beethoven, une ode à la nature en lien avec le concert familial, illustré et accompagné de six musiciens du même nom qui est prévu le 31 mars à 19h au Conservatoire Darius-Milhaud.

    Le pouvoir de l’Art et de la musique

    Un atelier où la musique prend vie et où les jeunes mélomanes sont invités à éveiller tous leurs sens. Un autre le samedi à 15h30 leur proposera de créer leur propre univers sonore en inventant les sons de la nature en musique.

    Le dimanche, à partir de 14h et pendant une heure les enfants pourront tout savoir du compositeur de génie, Ludwig van Beethoven.

    Du côté du camp des Milles, dimanche c’est toute une journée gratuite qui est prévue sur le thème « Penser, ne pas oublier » et fait de tables rondes et concerts pour s’interroger ensemble sur « le pouvoir de l’Art comme ciment du vivre ensemble dans une période où les crises et changements permanents peuvent conduire à un affaiblissement de nos repères ». À vivre à partir de 9h30.

    L’ensemble des événements présentés sont gratuits sur réservation.

  • [Grand entretien] Yael Naim : « Mon album est une libération »

    [Grand entretien] Yael Naim : « Mon album est une libération »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à retourner en studio pour créer « Solaire », cinq ans après votre album précédent ?

    Yael Naim : En réalité, je suis retournée au studio tout de suite après Nightsongs [son précédent album sorti en 2020, Ndlr]. J’ai tout le temps envie de faire de la musique, c’est ma manière de m’exprimer. Mais ça a pris cinq ans pour achever cet album car il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie privée comme professionnelle. Et aussi sur le marché de la musique, ce qui m’a conduit à devenir artiste indépendante. J’ai mis beaucoup de temps à chercher un nouveau son pour ce projet.

    Votre album « Solaire » sonne comme un autoportrait qui, même s’il est surtout marqué par la musique pop, est aussi coloré par de l’électro, de la soul et même du trip-hop. C’est une manière de s’affranchir des étiquettes ?

    Y.N. : En tant qu’artiste, j’ai fait cela naturellement. Mais mettre des étiquettes, ça, ce n’est pas naturel. C’est ce qui nous fait le plus de mal. L’être humain est complexe, tout comme la musique qui digère plein de choses. Tous les genres musicaux naissent car ils se mélangent. L’idée, c’est d’exprimer toute sa complexité.

    Sur votre titre « La fille pas cool », vous parlez de « toujours chercher [votre] place »…

    Y.N. : Je me suis rendu compte qu’à une époque, j’ai essayé de correspondre à l’image des réseaux sociaux et de bien d’autres choses. Cela m’a épuisée. J’ai donc décidé d’arrêter de courir après cela. Dans La fille pas cool, je fais toute la liste de ce que j’ai toujours senti que je ne suis pas mais que j’aurais aimé être. Et à la fin de la chanson, j’explique que j’aime en fait la force tranquille et m’envoler sans partir. J’ai besoin d’un grand espace de liberté. J’aime prendre les petites routes car les autoroutes me font peur. Il faut cultiver le doute, c’est encore plus important de nos jours. On est tous issus d’une histoire et d’un point de vue. Mais il faut toujours prendre du recul et être curieux pour communiquer avec le monde.

    « J’avais honte de cette lumière en moi. Aujourd’hui, je l’assume »,
    avez-vous notamment déclaré…

    Y.N. : Avant, j’avais honte de montrer mes désaccords, ma colère, d’être comme je suis. On est dans un monde où il faut présenter les choses d’une manière particulière. Mais il y a une certaine typologie de gens qui ne rentrent pas dans ces cases et qui sont un peu moqués. Avant, dès que j’exprimais des désaccords, on me répondait : « Toi, tu es solaire, reste dans cette case. » Cet album est du coup une libération.

    L’idée de lumière est aussi accolée à celle de paix. Qu’est-ce qui vous a convaincu, ces dernières années, d’accompagner les Guerrières de la paix, ce « mouvement de femmes pour la paix et la justice et contre les formes de haine, dont le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et la haine anti LGBT » ?

    Y.N. : J’ai toujours été pour l’ouverture entre les cultures, l’égalité et la paix. Mais j’ai aussi eu des moments de fuite. Avant j’étais très loin de la guerre [Elle est née en France, puis a grandi en Israël]. Mais le 7 octobre 2023 est arrivé et je me suis retrouvée au cœur de ce conflit avec tous les traumatismes que cela implique. Les journaux ont commencé à m’appeler pour que je me positionne. J’ai même subi des pressions de gens que je connaissais pour que je me prononce publiquement alors que je n’étais pas concernée par ce conflit. Je me suis retrouvée paralysée. Des gens très proches me disaient : « Tu n’as pas le droit de penser ceci ou cela. » J’ai retrouvé cela d’un côté comme de l’autre. Je suis allée voir une psychologue qui m’a aidée à comprendre ce qu’il se passait. J’ai ensuite commencé à beaucoup m’informer et lire toutes les opinions. J’ai rencontré de nombreux collectifs, parmi lesquels celui des Guerrières de la paix. À cette époque, venaient à Paris toutes les associations pour la paix israélo-palestinienne. J’ai vu des deux côtés des gens qui avaient perdu beaucoup de famille et de proches. Sauf que contrairement à beaucoup d’autres, ils travaillent ensemble pour que tout cela cesse. Ils ne choisissent aucun camp et condamnent la violence, d’où qu’elle vienne. C’était de la lumière pour moi.

    Vous, la franco-israélienne, devez vous sentir encore plus coincée entre les crimes de guerre du gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et l’instrumentalisation du conflit et de l’antisémitisme opérée en France…

    Y.N. : Les cases que les politiciens nous proposent ne me donnent pas envie et ne me convainquent pas. Je n’ai pas envie de me positionner pour le moins pire, mais pour une solution qui reconnaisse les droits humains de tout le monde. Il faut un discours plus responsable et travailler ensemble pour se débarrasser des extrémistes.

    Finalement, votre album est une réponse à tous les intégrismes, non ?

    Y.N. : C’est une réponse mais pas que. Parmi les propositions sur la table aujourd’hui, comme on ne te propose pas quelque chose qui te correspond, tu vas choisir le moins pire. Mais il faut plutôt créer ensemble petit à petit des alternatives qui nous correspondent mieux, qui sont plus dans la nuance.

  • Football – National : score nul et vierge entre Aubagne et Valenciennes

    Football – National : score nul et vierge entre Aubagne et Valenciennes

    Aucun but ce vendredi soir au Stade du Hainaut puisque les deux formations se sont quittées sur le score de 0 à 0. Le SCAAB brise sa série de 5 défaites avec ce résultat, mais stagne toujours. Les Bucco-Rhodaniens sont actuellement 13e du championnat de National, avec dix points de marge sur la zone de relégation.

  • Les ambitions de la Ronde de Château-Gombert

    Les ambitions de la Ronde de Château-Gombert

    La Ronde de Château-Gombert s’est lancée un nouveau challenge. Cette 25e édition, qui se dispute ce dimanche 29 mars, aura forcément un caractère inédit puisque la participation a explosé en 2026. « Jusqu’à l’année dernière, on refusait du monde. On était resté sur une jauge de 500 personnes. La course à pied, c’est quelque chose qui est vraiment très apprécié, en plein développement, et on s’est dit qu’on allait passer le cap des 500. C’est un investissement parce qu’au niveau de la législation et même de l’organisation, ce n’est pas du tout la même chose à partir de 500 personnes. Les coureurs ont répondu présents puisqu’on a plus de 750 inscrits », annonce Jonathan Tropé, président de l’Athletic Club Phocéen (ACP), organisateur de l’événement.

    Le record est donc plus que battu pour cette année 2026, qui sera celle du 25e anniversaire de l’épreuve. Déjà un succès de réussir à étirer sa longévité au milieu des innombrables courses naissant un peu partout en France. « Je pense qu’on a une grande richesse, c’est qu’on a le départ et l’arrivée au cœur, en pleine nature. C’est un gros point positif pour les coureurs, pour l’expérience », justifie le président de l’ACP. Justement, ces courses se déroulent dans le massif de l’Étoile et démarrent précisément au Domaine de la Nègre.

    Une course hommage à Alban Gervaise

    Pour cette 25e édition, le nombre de courses reste le même. Elles sont trois, avec différentes distances, pour permettre aux concurrents de se mesurer à des parcours à leur niveau. La plus longue est le Challenge terre de running, avec 24 kilomètres au programme et 700 mètres de dénivelé positif.

    Le format originel s’appelle la Ronde (12 kms, D+ 300m) et le plus court est l’Inoubliable, souvenir Alban Gervaise, avec ses 5,5 kilomètres et 200 mètres de dénivelé, une course accessible à tous, servant d’hommage. Alban Gervaise était un membre de l’Athletic Club Phocéen et médecin militaire de métier. Il a été tué le 26 mai 2022 devant l’école de ses enfants, dans le 15e arrondissement de Marseille. L’événement est un moyen d’honorer sa mémoire. « Toutes les trois courses, notre événement soutient les Bleuets de France. Pour chaque dossard, un euro est reversé. C’est important pour nous de rester dans la lignée, dans cet objectif-là, dans ce soutien-là. La course est en hommage à Alban, explique Jonathan Tropé. On va avoir une certaine représentation au niveau des coureurs aussi, qui sont du corps des armées, des médecins militaires, pour lui rendre hommage. »

    L’épreuve fait également partie de plusieurs challenges et se retrouve même support des championnats régionaux FSGT cette année. « C’est un petit peu notre mission aussi, de faire briller le monde fédéral », ajoute l’organisateur. Le rendez-vous est donc pris pour dimanche matin avec des départs prévus peu après 8h du matin. Les 750 participants seront encadrés par une centaine de bénévoles, sans qui rien ne serait organisable. La Ronde de Château-Gombert devrait pouvoir souffler sa 25e bougie, sous le soleil et sans mistral.

  • Top 14 : face à un RCT en méforme, l’USAP va jouer le coup à fond

    Top 14 : face à un RCT en méforme, l’USAP va jouer le coup à fond

    Avant-dernier du Top 14 avec 19 points, soit 12 de plus que la lanterne rouge montalbanaise, l’Usap devra remporter tous ses matches avec bonus et voir Bayonne ne prendre aucun point pour se sauver sans passer par les barrages. Mission impossible, donc. L’objectif pour les Catalans est désormais, de fait, de prendre un maximum de points pour consolider sa 13e place, et empêcher Montauban de revenir.

    D’autant qu’après leur défaite face au LOU samedi dernier (28-32), les hommes de Laurent Labit ont vu leur objectif de rester invaincus à Aimé-Giral jusqu’en fin de saison s’envoler, eux qui restaient sur trois victoires (dont une face à Toulouse) et un nul en Challenge Cup. « On perd de peu, on se le perd nous-mêmes. L’équipe est très revancharde. On va essayer de faire le meilleur match possible pour gagner », prévient l’ailier Théo Forner, pour qui cette fin de saison doit justement servir à peaufiner « les réglages et arriver à l’access match avec beaucoup de confiance ».

    Dans cette optique, le RCT semble être un adversaire idoine : « S’ils veulent rester dans le top 6, il faut qu’ils aillent chercher des matches à l’extérieur, donc c’est un déplacement qui compte pour eux », déroulait Mathieu Cidre, l’entraîneur des avants perpignanais, sur l’antenne d’Ici Roussillon. « On a travaillé sur cette équipe de Toulon. J’ai présenté le contexte aux joueurs. Une fois qu’on le connaît, il faut mettre l’énergie sur l’équipe pour préparer ce match au mieux, gagner et laver cette défaite contre Lyon. » Le piège est tendu.

  • Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Top 14 : Toulon au pied du mur sur le terrain de Perpignan

    Voilà maintenant deux mois, et une victoire au forceps (30-27), face à Montpellier, le 25 janvier, à Mayol, que le RC Toulon n’a plus goûté aux joies du succès. Une éternité, pour les joueurs, le staff, et les supporters, malgré les seuls quatre matches qui ont eu lieu depuis, en raison de la période internationale. Quatre matches qui ont cependant changé – négativement – le cours de la saison du club de la Rade. Défaits par trois fois, dont deux de suite à Mayol, ce qui ne leur était pas arrivé depuis près de dix ans, et deux revers contre le Racing en fin de saison 2015-2016, et Brive au début de la suivante, les coéquipiers de David Ribbans, qui n’avaient jamais quitté le top 6 depuis le début de la saison, ont inexorablement glissé de la 4e à la 9e place.

    Relégués à 7 points des places qualificatives pour les phases finales, et à 12 points d’une deuxième place désormais occupée par Montpellier, qui se trouvait pourtant à trois longueurs au soir de sa défaite à Mayol lors de la 15e journée, les Varois ont vu leurs objectifs s’éloigner, au cours d’une période de crise inédite depuis que Pierre Mignoni a repris les rênes de l’équipe première en 2022. À force de tirer sur la corde, entre les professionnels et le pilotage de la stratégie rugby de l’ensemble du club, le manager toulonnais a été contraint de prendre du repos pendant deux semaines, victime d’un burn-out que personne n’avait pourtant vu venir.

    « Continuer à y croire »

    Revenu avec la résolution de davantage se reposer sur son staff, l’ancien demi-de-mêlée n’a pas fait de miracle, dans une équipe qui semble encore bien loin des moyens qu’elle a pu afficher par séquences cette saison. Face au Stade Français samedi dernier, bien qu’en supériorité numérique pendant près de 20 minutes en première période, le RCT a à nouveau sombré. Avec 41 points encaissés, et une incapacité chronique à se montrer dangereux, les Rouge et Noir ont encore fait montre de leurs limites du moment sur le plan collectif et psychologique. Malgré l’envie apparente de bien faire, ils n’ont pas su réagir dès que le doute s’est installé, en fin de première période, et surtout, en début de seconde, quand les Parisiens ont pris le large, multipliant les erreurs défensives et balle en main.

    En stage cette semaine, le groupe a pu prendre l’air avant d’aller affronter Perpignan ce samedi. « On sait ce qu’il nous reste à faire. Il nous reste sept matches à jouer. Tout est encore possible même si forcément beaucoup de monde en doute. Mais il faut continuer à y croire, rester positif, et faire bien mieux les choses », martelait l’entraîneur du RCT en conférence de presse. Sept matches couperets, qui auront tous des airs de finale, pour renverser une situation bien mal embarquée.

    Perpignan – Toulon

    20e journée de Top 14

    Samedi 28 mars, 16h35

    Stade Aimé Giral, Perpignan

    Arbitre : Thomas Charabas

    USAP : Tetrashvili, Ruiz, Ceccarelli ; Yato, Warion ; Hicks, Van Tonder, Oviedo ; Ecochard (c), Urdapileta ; Forner, Mascarenc, Buliruarua, Joseph ; Fahy

    RCT : Priso, Lucchesi, Gigashvili ; Mézou, Alainu’uese ; Ludlam, Coulon, Shioshvili ; White, Albornoz ; Ferté, Frisch, Brex, Tuicuvu ; Jaminet.

    En bref

    Frisch et Halagahu de retour

    Blessé au pied et opéré en octobre, Antoine Frisch est de retour après 5 mois d’absence et sera titulaire au centre. Il en va de même pour Mathias Halagahu, sur la touche depuis 6 mois après avoir été opéré d’un orteil. Nacho Brex et Ben White font aussi leur retour après avoir disputé le tournoi des VI nations.

    Pas de luxation ni de fracture pour Serin

    Nouvelles rassurantes pour Baptiste Serin. Touché à l’épaule face au Stade Français, le demi-de-mêlée ne souffre ni d’une luxation ni d’une fracture, mais passera des examens supplémentaires la semaine prochaine.

  • OM féminines : un rêve nommé Vélodrome

    OM féminines : un rêve nommé Vélodrome

    C’est un jour à marquer d’une pierre blanche. Les Marseillaises vont disputer pour la première fois de leur histoire un match de championnat au stade Vélodrome, ce samedi à 18h30, à l’occasion de la 19e journée d’Arkema Première Ligue, le plus haut niveau du football féminin français, face à leurs voisines de Montpellier.

    « Pour moi, c’est un rêve d’enfant », lance Tess Laplacette, capitaine de la formation phocéenne. « Si on m’avait dit ça il y a huit ans, je n’y aurais pas cru. C’est quelque chose d’incroyable, le club en plus a mis les petits plats dans les grands. C’est ce qui fait aussi rêver tout le vestiaire et on a très hâte d’y aller », poursuit la défenseure hyéroise de 26 ans, consciente qu’elle va évoluer devant près de 50 000 spectateurs. « Je pense que pendant deux secondes, on n’aura pas les pieds sur terre », surenchérit celle qui a disputé le plus de minutes cette saison (1 521). « Dès la première seconde du match, ça va être important d’être concentrées, de faire abstraction de tout ce qui va se passer autour, et je pense que les supporters vont nous pousser, vont nous aider à garder les pieds sur terre et à nous motiver pour ce match à pression », ajoute-t-elle, en appréhendant tout de même les frissons que procure l’entrée dans le tunnel. Une atmosphère électrique qu’a bien connue Corinne Diacre lors de ses deux précédentes expériences au stade Vélodrome : le 16 août 2000 (1-0 contre l’Angleterre) en tant que joueuse de l’équipe de France et le 20 janvier 2018 (1-1 contre l’Italie) en tant que sélectionneuse. « Comme j’ai affaire à des joueuses qui ont très peu l’habitude de vivre ce genre d’événements, il faut que je puisse leur apporter mon expérience et surtout leur donner un peu de sérénité. Parce qu’on ne va pas se cacher, c’est un peu difficile pour certaines en ce moment d’appréhender ce match », révèle l’entraîneure marseillaise, en poste depuis le 6 octobre 2025, persuadée que ses protégées répondront présentes au rendez-vous. « Ce match a un enjeu particulier pour nous puisque si on bat Montpellier demain, on est à 90% assurées d’être maintenues en Arkema Première Ligue la saison prochaine », résume la technicienne de 51 ans.

    Neuvièmes du championnat avec sept points d’avance sur la lanterne rouge, les Marseillaises s’apprêtent à affronter une équipe héraultaise en grande difficulté à la dernière place et au bord d’une relégation assurée. « Je préfère être à ma place quand même qu’à la leur », souligne Diacre, qui souhaite avant tout que ses joueuses soient « efficaces » avant d’être « belles ».

    Repères

    Record battu

    Près de 50 000 personnes ont pris un billet pour assister à cette grande première historique au stade Vélodrome. Un record dans l’histoire du football féminin français, qui bat celui établi en avril 2022, lors de la demi-finale retour de Ligue des champions entre le PSG et lOL (1-2) au Parc des Princes, avec 43 254 spectateurs présents.

    Des animations toute la journée

    Dès la matinée, la fête du football féminin débutera au Stade Delort, avec un tournoi des catégories U8F à U10F réunissant les jeunes joueuses de la région, de 10h à 16h. Dès 14h45, le parvis Ganay s’anime avec de nombreuses activités accessibles à tous avant le préfiltrage, dans une ambiance festive et populaire. Sans compter les animations prévues au sein de l’enceinte.

    Le pari stratégique du directeur Petruzzo

    En début de saison, Stefano Petruzzo, directeur général des Marseillaises, s’interrogeait sur l’affiche la plus pertinente pour faire évoluer ses joueuses sur la mythique pelouse du Vélodrome. Plutôt que d’opter pour un choc face à l’une des grosses écuries du championnat, comme Lyon ou Paris, avec le risque d’un revers sévère, comme lors de récentes confrontations, le dirigeant italo-argentin a préféré miser sur une rencontre offrant une réelle chance de l’emporter. L’objectif : proposer un beau spectacle aux spectateurs. « Dès le moment où l’on a décidé de faire le match au Vélodrome, on a étudié toutes les dates et toutes les options possibles. On a voulu donner une visibilité maximale à l’équipe féminine. On a donc choisi la trêve internationale des garçons. C’est l’une des raisons », explique-t-il, enthousiaste à l’idée de vivre ce moment historique, avant de se projeter déjà vers l’avenir. « On a envie de pérenniser un rendez-vous au Vélodrome chaque saison », martèle l’ancien directeur de la stratégie au club anglais de Liverpool.