Author: tecnavia

  • Qualité de l’air : « Le climat est un facteur déterminant »

    Qualité de l’air : « Le climat est un facteur déterminant »

    L’Atmo Occitanie dresse le bilan de 2025. « La qualité de l’air s’améliore globalement mais il reste du contraste entre les territoires », déclare d’entrée Émilie Dalix, présidente de l’association agrée par l’État pour surveiller et informer sur la qualité de l’air. Un travail vital dans un contexte où la pollution atmosphérique constitue la 2e cause de mortalité évitable en France, faisant chaque année 40 000 victimes.

    À l’occasion du 40e anniversaire de la Loi Laure qui reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé, le groupe est optimiste. « La situation reste stable en Occitanie et les tendances de fond sont plutôt positives » se félicite la présidente d’Atmo. Baisse d’émissions des gaz à effet de serre (GES) sur le territoire, diminution de 6% des consommations d’énergie et recul sur le long terme des émissions de polluants atmosphériques : 2025 tire un bilan encourageant malgré un été chaud propice à la formation d’ozone. Les politiques de modernisation du parc de véhicules et des processus industriels semblent porter leurs fruits.

    L’urgence d’agir

    Mais 2026 s’annonce difficile. L’Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées étaient en alerte rouge pollution aux particules en suspension PM10 la semaine passée. Un phénomène expliqué par les retombées des poussières désertiques, de plus en plus fréquentes en raison des épisodes répétés de fortes chaleurs. « Le climat devient un facteur déterminant de la qualité de l’air », assure Émilie Dalix, expliquant que les incendies même très éloignés alimentent la dégradation de la qualité de l’air, comme ceux qui ont touché le Canada, l’Espagne et le Portugal. « La pollution n’a pas de frontières », rappelle-t-elle.

    Les particules fines et le dioxyde d’azote se concentrent à proximité des axes routiers. Un enjeu de santé publique qu’une future directive européenne entend traiter en divisant par deux les valeurs limites d’exposition à plusieurs polluants d’ici 2030. Les aires urbaines de Toulouse, Montpellier, Nîmes et Perpignan font donc l’objet d’un suivi accru via des Plans de Protection Atmosphérique. L’Atmo est pleine d’espoir : malgré une augmentation démographique, les émissions de GES ont diminué, tout comme et le nombre de personnes exposées aux dépassements des taux de pollution encadrés. Un bilan qui se veut positif mais qui montre que la sensibilisation aux questions de pollution reste une priorité sanitaire.

  • Alerte sur l’hébergement d’urgence à Marseille

    Alerte sur l’hébergement d’urgence à Marseille

    D’année en année, les recours dans le cadre du droit à l’hébergement opposable (Daho) explosent dans la région. 2 195 demandes ont été déposées en 2025, en hausse de 24% sur une seule année, concentrés essentiellement dans les Bouches-du-Rhône. Plus des deux tiers obtiennent une réponse favorable. « L’effectivité de l’accès à une offre d’hébergement n’est pas systématique », alerte cependant le rapport annuel publié à la mi-juin. Chaque mois, 11 246 nuitées ne sont pas pourvues par le numéro d’urgence, le 115. Jusqu’à la mise en place de critères qui « peuvent impacter la notion d’inconditionnalité de l’accueil prévue par le législateur » note pudiquement le rapport.

    Et les signaux d’alerte se multiplient. Dans un courrier adressé le 24 juin dernier à la préfète déléguée à l’égalité des chances, le réseau Hospitalité de Marseille dénonce des expulsions de lieux précaires qui se sont multipliées ces derniers mois, avec l’annonce de nouvelles interventions cet été. « La multiplication des expulsions sans perspectives crédibles de relogement ou de mise à l’abri risque d’alimenter une véritable fabrique de la grande précarité, écrivent les 17 associations du réseau. Elle entraîne des ruptures de parcours, fragilise les liens sociaux, nourrit le découragement et compromet les efforts engagés depuis plusieurs années. » Elles soulignent les conséquences directes « particulièrement lourdes », de la privation des accès à l’eau et électricité à une exposition accrue aux violences et risques sanitaires. « Les personnes concernées ne disparaîtront pas à la suite de leur expulsion », alertent-elles en réclamant un dialogue « constructif ».

    Lors du conseil municipal de Marseille le 26 juin, Audrey Garino l’adjointe (PCF) au logement avait aussi alerté sur le risque de fermetures de places. « On nous annonce une nouvelle fois des coupes budgétaires dans les crédits de l’hébergement quand trop de personnes appellent sans obtenir de réponses », dénonçait-elle (notre édition du 27/06), déplorant que les expulsions ne soient plus suivies systématiquement de mises à l’abri. Un message aussi relayé par le député LFI Manuel Bompard ce jeudi : à travers un courrier, il sollicite l’appui du préfet « afin d’éviter toute réduction des capacités d’hébergement sur notre territoire ».

  • Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    « On nous a annoncé la fin de la pause méridienne comptée dans le temps de travail », dénonce Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues. C’est notamment pour cette raison, que le syndicat appelle à une assemblée générale des agents jeudi contre « les mesures qui dégradent nos vies ».

    En l’occurrence, il s’agit de plusieurs décisions prises par la direction de l’hôpital de Martigues suite aux rapports de la Chambre régionale des comptes Paca fin octobre 2025, et plus récemment de l’Agence nationale de la performance sanitaire (Anap).

    Une pause travaillée

    Le retrait de la pause de mi-journée dans le temps de travail est l’une des décisions parmi les plus fortement contestées. « Comment ça va être organisé ? » se demande Laure Privat, expliquant qu’ « aujourd’hui, quand on est en pause, on pose la fourchette dès qu’il y a un besoin. On répond au téléphone, aux appels des patients… ». « C’est pour ça qu’elle est comptée dans le temps de travail, car c’est du réel, c’est du travail. On ne peut pas nous sortir 40 minutes du service, nous dire de quitter l’hôpital et faire notre vie » développe la responsable syndicale.

    En clair, entre 20 et 40 minutes de temps de travail compté en moins pour la même présence sur place, d’après le communiqué du syndicat, en fonction de l’organisation du temps de travail en sept ou douze heures. En conséquence, certains agents peuvent perdre jusqu’à 10 jours de RTT selon le poste.

    L’assemblée générale de jeudi à 14h au self, pendant l’heure d’information syndicale, servira donc à « construire le rapport de force pour obtenir le retrait de ces mesures » d’après le communiqué du syndicat.

  • Un nouveau bateau-école pour les sauveteurs

    Un nouveau bateau-école pour les sauveteurs

    Inauguré à la Pointe rouge par le commandant et formateur Jean Jacques Grenaud, ce nouvel équipement sera bientôt mis à la disposition des stagiaires de L’Entente Valabre. L’organisme internationalement reconnu forme, chaque année, plus de 1 583 stagiaires issus des Sdis (service départemental d’incendie et de secours) de France à des missions de sauvetage ou d’intervention en milieu immergé ou aux noyades. De nombreux partenaires nationaux et internationaux sont aussi formés, tout comme des plongeurs qui s’entraînent au secours en environnement complexe, exigeant ou hostile.

    Le désir de l’Entente, avec ce renouvellement de bateau, est « d’investir dans des moyens performants, au service de la formation, de la sécurité et de l’excellence opérationnelle. » L’idée est aussi de « proposer à ses stagiaires des moyens actuels de formation face aux risques nautiques qui évoluent et se diversifient. » Le nouvel appareil vient renforcer et moderniser une flotte de quatre bateaux.

    Ce 5e navire a été baptisé « La Bonne Entente », un nom qui fait référence à la cohésion qui anime ces héros des mers. Il lui a été donné par sa marraine, Alexandra Oppenheim-Delauze, présidente directrice générale de la Comex, une entreprise marseillaise de renommée internationale, spécialisée dans l’ingénierie et les interventions en milieu hyperbare.

    À l’occasion de l’inauguration, le 30 juin, une convention de partenariat a été signée entre l’entreprise d’ingénierie et l’organisme de formation. Selon Alexandra Oppenheim-Delauze, elle vise à « mettre sur le papier un partenariat déjà existant qui résulte en un échange d’expertise ».

    Louis Golliot

  • Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    Une appli pour découvrir la biodiversité environnante

    « Il suffit de taper geonature.fr… Voilà ! Là où on se trouve, le site liste 167 espèces qui ont été observées. » En cet après-midi ensoleillé au domaine de Charance, Camille Monchicourt, responsable du système d’information au Parc national des écrins, fait défiler les photos de plantes, amphibiens et autres oiseaux sur son téléphone. Grâce à BAM, (pour Biodiversité Autour de Moi), site collaboratif de collecte de données, il a accès à la liste des espèces observées dans les environs. « Ça c’est tout ce que des gens ont répertorié, que ce soit des professionnels, des associations, des amateurs. Là par exemple, on a beaucoup de flore car on est voisins du Conservatoire Botanique, mais si un dingue d’oiseau est passé, il y aura beaucoup d’oiseaux répertoriés dans la zone », explique-t-il. Il clique sur l’image d’un petit oiseau trapu au bec long, la sittelle torchepot. S’affichent alors plusieurs informations dont son nom, sa photo, le nombre de fois où elle a été observée et son statut de conservation. On peut même écouter le cri du passereau, pour apprendre à le reconnaître.

    Un système collaboratif

    à la manière d’un jeu comme Pokémon Go, le site liste les espèces animales et végétales qui nous entourent mais permet d’ajouter à son tour ses propres observations. Si quelqu’un observe une espèce de plante et la répertorie sur une appli, ou une plateforme collaborative, comme Naturalist ou Plantnet, l’information est vérifiée par des professionnels puis ajoutée à cette grande base de données ouvertes dans laquelle puise BAM. « Notre but c’est de sensibiliser le public à la biodiversité qui l’entoure pour qu’il puisse devenir acteur de sa préservation. Souvent, c’est un peu abstrait, on sait qu’il y a un arbre, un moineau… Pour nous il manquait cet outil. Là, en deux clics je peux voir tout ce qui a été observé ici », développe Camille. Toutes ces données sont agrégées au niveau national par le Museum d’histoire naturelle et le ministère de la Transition écologique, puis au niveau international. « Ces données sont accessibles librement, mais souvent ce sont les scientifiques qui les connaissent et qui savent y accéder », détaille-t-il.

  • Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Depuis des décennies, chaque second samedi du mois, plusieurs associations humanistes et militants variés se rassemblent à l’entrée des Allées Provençales, en « Cercle du Silence ». Cette mobilisation, pacifique et silencieuse, vise à afficher une solidarité avec les personnes étrangères, leurs conditions d’accueil difficiles et leurs parcours, tout en invitant les passants à se joindre, le temps de quelques minutes, au cercle. Pourtant, dans un courrier rédigé par les élus du groupe d’opposition municipale Aix Avenir (DVG), que nous avons pu consulter, et adressé au sous-préfet, Mathieu Gatineau, ces derniers écrivent que le Cercle est « régulièrement la cible de factieux d’extrême droite qui n’hésite pas, pour rompre le cercle, à proférer des insultes et bousculer les participants. »

    Deux fois perturbé

    Dans la suite de cette lettre, il est rappelé que « le cercle de juin a été perturbé pendant près d’un quart d’heure, avec banderole vindicative et porte-voix, par un groupuscule d’une dizaine de personnes qui s’intitule le Maquis ». Soit la « deuxième fois en quelques mois – après le collectif Némésis le 8 novembre 2025 – que ces manifestations sont l’objet d’intrusions identitaires et xénophobes où il est haineusement reproché de soutenir les étrangers, lesquels sont systématiquement présentés, par ces groupuscules, comme de dangereux criminels. » En fin de courrier, l’ensemble des élus demande au sous-préfet d’Aix-en-Provence de s’assurer « que ces groupuscules violents, forcément connus de vos services qui veillent à la tranquillité publique, ne viennent plus jamais perturber un rassemblement qui a lui toute sa place dans notre démocratie et notre République. »

  • Le Sénat adopte un projet de loi de simplification décisif pour le futur Parc naturel régional des Maures

    Le Sénat adopte un projet de loi de simplification décisif pour le futur Parc naturel régional des Maures

    Né en 2022 suite aux violents incendies de 2021, qui avaient ravagé 8 000 hectares dans le massif des Maures et provoqué des dommages dramatiques pour la biodiversité (avec, notamment, l’extinction de 40% de la population des tortues d’Hermann), le projet de Parc naturel régional (PNR) des Maures, Estérel et Tanneron vise à apporter davantage de moyens pour la protection du territoire. Il permettra une gestion durable et sécuritaire de la forêt, de l’entretien des pistes pour les pompiers au débroussaillement.

    Mais jusqu’ici, le projet se heurtait à un obstacle : une commune ne pouvait pas être classée à la fois en Parc national sur une partie de son territoire et en PNR sur une autre. Cela posait problème pour un certain nombre de communes, comme Hyères, la Londe et le Lavandou, qui font partie du Parc national de Port-Cros.

    Une loi de simplification désirée depuis des années

    Ce blocage a été résolu grâce à un projet de loi de simplification des normes applicables aux collectivités territoriale adopté au Sénat le 24 juin, pour laquelle la Région milite depuis des années. Celui-ci doit permettre une meilleure cohérence et une complémentarité entre Parc national et Parc naturel régional. « C’est une excellente nouvelle. Cela démontre que lorsqu’un obstacle administratif freine un projet d’intérêt général, il est possible de le lever par le dialogue et la détermination », se réjouit le président de la Région Renaud Muselier, qui parle d’ « une étape essentielle pour la création du 10e PNR de la région. »

    Le projet de PNR a reçu l’aval du préfet en mars 2025, et veut désormais adopter une charte d’ici la fin de l’année, à l’issue d’une consultation publique courant jusqu’au 30 septembre. L’ouverture du parc est prévue pour 2028.

  • La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    La lutte sociale se joue aussi sur les planches

    Comme chaque année depuis 18 ans désormais, le théâtre de la Bourse du Travail d’Avignon a, pendant le Festival, sa propre programmation. Six pièces sont ainsi à voir cette année dans l’enceinte d’une cinquantaine de places jusqu’au 25 juillet.

    « Ce lieu résonne à nouveau d’un sentiment de partage, de solidarité, d’échange et d’ouverture aux autres », lance ainsi Fred Laurent, directeur du théâtre et ex-secrétaire général de la CGT Vaucluse.

    Les journées, hors relâche les 6, 13 et 20 juillet, démarrent dès 11 heures avec Ça commence comme ça de la compagnie La Théière. Un seul-en-scène d’une heure sous la forme « d’une traversée sinueuse et passionnée des trésors littéraires qui peuplent la bibliothèque intérieure de l’autrice-personnage », explique la CGT. Suit à 13 heures Îles de la compagnie Le Chahut des Murmures. Une pièce où l’on suit la jeune Léo dans un voyage sur les traces de sa grand-mère, étudiante à la Sorbonne et militante féministe en plein printemps 1968. Un spectacle « qui fait dialoguer luttes féministes, utopies collectives et transmission entre générations ». À 15 heures, Ulysse à Gaza du Bar de la Poste prend le relais. On y suit un prisonnier attrapé en pleine mer alors qu’il voulait forcer le blocus sur la bande de Gaza pour aller enseigner la littérature russe aux habitants. À 17 heures, le seul-en-scène Misérables de la compagnie Franche Connexion nous emmène au XIXe siècle et dans l’épopée de Jean Valjean, Javert, Fantine ou encore Cosette. Puis Giono, la nuit, la lumière innove avec, les jours pairs, une pièce sur les écrits sur la guerre du Manosquin, et les jours impairs, sur les paysages de ses œuvres. Et, pour conclure en musique, Rendez-vous avec Serge Reggiani à 21 heures. Tandis que les cheminots du syndicat tiennent aussi une salle au théâtre des Rotondes, en extra-muros.

    Les valeurs

    L’occasion pour Fred Laurent de rappeler que « les attaques vont bon train sur notre protection sociale » et que « le monde de la culture n’y échappe pas. » Et explique souhaiter « pérenniser cette démarche » afin de « relever les défis d’un monde qui a bien changé avec l’aggravation des inégalités sociales qui a conduit à péjorer l’épanouissement culturel de nombreux salariés. » Des menaces qui risquent de s’aggraver « avec la montée des extrêmes droites et l’arrivée probable du RN au pouvoir » regrette-t-il.

  • Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Les médias internationaux le qualifient déjà de « plus grand scandale de la coupe du monde ». Le président Américain, qui ne se cache pas de sa longue amitié avec le président de la Fifa (Fédération internationale de football association) depuis 2016, Gianni Infantino, l’a contacté afin de faire réexaminer la suspension prévue contre Folarin Balogun. Donald Trump a jugé la décision de l’arbitre de « très douteuse » et « injuste ».

    L’attaquant des États-Unis avait reçu un carton rouge mercredi 1er juillet lors du match contre la Bosnie-Herzégovine pour s’être réceptionné avec ses crampons sur la jambe de l’adversaire Bosnien Tarik Muharemovic après un saut.

    L’action avait été réexaminée longuement avec l’aide de la VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage) et l’arbitre avait conclu à « un geste constituant une faute grave mettant en danger l’intégrité physique de son adversaire. » Le joueur américain devait être exclu du match suivant comme le prévoit l’article 10.5 du code disciplinaire de la Fifa.

    Cependant, un autre article, le 27, vraisemblablement introduit par Gianni Infantino lui-même en 2019 selon le journal sportif l’Équipe, permet également d’atténuer, modifier ou lever une sanction. C’est celui qui a été utilisé afin d’annuler l’interdiction de jouer le prochain match pour Balogun permettant à l’attaquant de disputer la rencontre avec la Belgique en toute impunité mardi soir.

    « Une injustice »

    Alors que le président américain salue déjà la « réparation d’une grande injustice » sur son réseau social Truth, Mauricio Pochettino, le sélectionneur de l’équipe américaine, a félicité lui aussi Gianni Infantino pour avoir levé la sanction de son attaquant.

    En revanche, le président de l’UEFA (l’Union européenne des associations de football) ne cache cependant pas sa stupeur et parle de « ligne rouge » franchie par la Fifa : « Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ses gardiens, c’est l’intégrité de la discipline qui est en jeu et la crédibilité d’une compétition qui est mise à mal.(…)Nous tenons à exprimer notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable. »

    Le ministre Belge des affaires étrangères Maxime Prévot a jugé « incompréhensible » l’intervention de la Fifa et évoque un « bafouement des règles les plus élémentaires du sport et du football ».

    La ministre des sports de Wallonie Bruxelles Jacqueline Galant complète : « la vraie force c’est de gagner avec fair-play » et ajoute que « c’est ce que les Belges feront demain [ce lundi soir à 20h] », lors de leur match contre les États-Unis. Le sélectionneur des diables rouges, Rudi Garcia a, quant à lui, ironisé : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa. »

    Une décision qui pourrait faire jurisprudence

    La crainte du monde du football aujourd’hui est que cet article ayant été utilisé pour une décision controversée, beaucoup le réclament désormais pour des cas jugés similaires.

    ET AUSSI

    Les Norvégiens ont refroidi le Brésil

    Après s’être imposée mardi dernier face à la Côte d’Ivoire, la Norvège a dominé les Brésiliens 2-1. Portée par le géant Haaland qui inscrit un doublé en deuxième mi-temps, cette victoire emmène les Vikings directement en quarts de finale, au cours desquels ils affronteront les Anglais ce samedi 11 juillet.

    Neymar raccroche les crampons

    Le n° 10 de la Seleção, Neymar Jr, a annoncé sa retraite à l’issue du match perdu 2-1 contre la Norvège. Sa carrière internationale s’est achevée dans le même stade où elle avait commencé 18 ans plus tôt, avec la sélection brésilienne, non sans amertume, en partant en huitièmes de finale de cette coupe du monde. « ça a commencé ici, ça s’achève ici », a-t-il commenté.

    Les Mexicains battus à domicile

    Dimanche soir les Anglais se sont imposés contre le Mexique chez eux au stade de Mexico City, la victoire 3-2 propulse les Three Lions en quarts de finale grâce notamment à un Jude Bellingham et un Harry Kane en pleine forme. Ils ont inscrit respectivement un doublé à deux minutes d’intervalle en première mi-temps et un but à la 60esur penalty.

    La Colombie de Luis Diaz face aux Suisses

    Le redoutable ailier Colombien Luis Diaz qui affrontera l’équipe suisse, mardi en 8es de finale, fait la fierté des siens. Après une saison exemplaire au Bayern Munich avec 26 buts et 23 passes décisives, son entraîneur le décrivait comme « bon dans le chaos ». Suite à un début de coupe du monde en trombe face aux Ouzbeks, le Colombien s’est tout de même fait plus discret en termes de buts inscrits, malgré un jeu très offensif. Et il lui faudra redoubler d’effort face à la tacticité Suisse.

  • « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    Une création d’opéra est toujours un événement d’importance. Le Festival d’Aix joue depuis des années ce rôle essentiel. Accabadora, le dernier opus du compositeur italien Francesco Filidei, créé au Théâtre du Jeu de Paume, peut être d’ores et déjà considéré comme un classique. En témoigne le succès public de l’ouvrage, longuement applaudi. Adapté d’un roman de Michela Murgia, paru en 2009 sur un livret de Manuelle Mureddu, Accabadora nous plonge dans l’univers âpre de la culture sarde. Dans les années 1950, Maria grandit auprès de Tzia Bonaria Urrai, une couturière qui, dans la tradition sarde, exerce l’Accabadora, la fonction ancestrale de donner la mort aux agonisants pour abréger leurs souffrances. La tzia est une femme stérile qui n’accouche donc que de la mort. Viennent enfin la révélation, insupportable et l’exil dans le Nord. Maria revient et se charge à son tour de ce terrible rôle de Parque. La boucle est bouclée. On n’échappe pas à ses racines.

    Antique et masqué

    Pour cet opéra de chambre, le compositeur joue de 16 pupitres qui dessinent de courtes cellules répétitives, à l’expressivité raffinée et intense. La partition se double d’un bruitage de chants d’oiseaux, souffle du vent et rumeur domestiques. L’ensemble plonge l’auditeur dans un bain sonore à la fois étrange et envoûtant. Les personnages suivent un parlando qui se concentre sur une vérité des sentiments et des émotions toujours très exacte. Le chœur, mêlé parfois de chants sardes, est traité à l’antique. Il accentue le côté tragédie grecque de cette histoire au sous-texte fortement mythologique. La cheffe Lucie Leguay et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon font sonner cette délicate dentelle avec beaucoup de lumière et de transparence. La mise en scène très inventive de Valentina Carrasco suscite une émotion de chaque instant. De grands métiers à tisser qui s’effondrent à chaque décès rappellent Atropos, la Moire qui rompait le fil de la vie. Les morts avancent masqués. L’espace éclairé de teintes automnales, laisse l’action et les personnages circuler avec fluidité. Tout y est lisible et l’émotion prend le spectateur à la gorge.

    Délivrance

    Actrice et chanteuse remarquable, Noa Frenkel joue de son contralto, presque « masculin », oserait-on dire, pour incarner cet implacable Zia Bonaria Urrai. Elle accomplit pourtant une dernière fois son rôle d’accoucheuse à rebours, le dernier, dit-elle. « J’ai été la dernière mère que certains ont vue ». Rachel Masclet est Maria, la jeune protégée, plus fragile avec un soprano ductile et lumineux mais tout aussi déterminée à fuir pour accepter d’être « l’ultime couturière ». Hugo Brady est un fort joli Andría, le jeune homme amoureux par qui la vérité foudroie. Issu de l’Académie Européenne, on peut lui prévoir un bel avenir lyrique. Même remarque pour Filippo Ravizza, bouleversant quand, mutilé, devenu un poids mort, il réclame l’accabadora qui le délivrera. L’ensemble du plateau mérite une mention d’honneur.

    Accabadora est une œuvre émouvante, envoûtante qui se laisse découvrir avec plaisir. Il nous dit aussi que l’opéra, malgré certaines remarques, est un art toujours profondément vivant.