Author: tecnavia

  • Torea Tairio, les liens du cœur

    Torea Tairio, les liens du cœur

    Un arbre ne peut pas vivre sans ses racines. Torea Tairio non plus. Malgré les 16 000 km qui la séparent de Tahiti, rien ne peut défaire ses liens avec sa terre natale. C’est là qu’elle a grandi, là où vivent ses parents, là aussi qu’elle a joué ses premières parties de pétanque. « C’est venu dès l’enfance, explique-t-elle. Mes grands-parents jouaient à la pétanque, mon père et ma mère aussi, c’est des passionnés. Et moi j’ai commencé la compétition vers mes 15 ans. »

    Son premier club, l’AS Tamarii Punaruu, est celui de Punaania, la ville où elle est née il y a 37 ans. Elle est vite repérée comme un talent en devenir, avec les qualités nécessaires pour atteindre le haut niveau. Confirmation en octobre dernier à Douai, où elle participe pour la première fois au championnat du monde triplette avec l’équipe de France, aux côtés notamment de Nelly Peyré. « On se connaît depuis 3-4 ans, quand Torea est entrée en équipe de France, précise Nelly. Elle a du caractère, et malgré la rivalité sportive, on a une grande complicité. » Idem avec Ludivine Lovet, son autre partenaire lors de cette Marseillaise.

    Les trois jeunes femmes racontent en se chambrant leur affrontement au championnat de France 2023, où Torea a battu Ludivine en demi-finale, avant d’échouer pour le titre face à Nelly. Leur entente ne leur a pas permis de triompher cette année. Avec six participations au Mondial, Torea a atteint sa deuxième finale, après sa victoire en 2024. Arrivée en métropole en 2009, la Tahitienne n’a jamais vraiment quitté son île. Elle la porte dans son cœur et même à fleur de peau, avec ce long tatouage qui recouvre tout son bras gauche. « C’est Maohi, c’est mes racines, c’est précieux. Ça raconte mon histoire, des dessins représentent ce que j’ai souffert, d’autres sont des protections. » Elle montre alors un Tiki, les divinités tahitiennes, qui sont à la fois des humains et des dieux. Bien que Torea soit habituellement discrète, voire secrète, sa sensibilité se révèle à l’évocation de Tahiti. « Tout me manque de là-bas, confie-t-elle émue. Heureusement, on s’appelle tous les jours avec mes parents. Ma famille, ma communauté, c’est mon pilier. » Le lien avec sa terre est si fort qu’elle n’envisageait pas que ses enfants naissent ailleurs qu’à Tahiti. Quand elle a suivi son compagnon, Manaia, venu pour l’armée en métropole, elle a d’abord attendu la naissance de son fils, Roihau, qui a fait ses premiers pas sur l’île. Puis en 2013, elle a tenu à rentrer à Tahiti pour que sa fille, Nunaaehau, naisse et passe ses premiers mois là-bas. « C’est pour leur transmettre nos valeurs, le partage, la joie de vivre. » Désormais installée en Haute-Garonne, elle est licenciée à Cazères. « Gilles Rey, le président, a voulu que je signe. Il me suit depuis longtemps, il compte beaucoup dans mon parcours. » Un parcours qui fait bien sûr la fierté des siens. « Quand je joue, mon compagnon et mes enfants sont là, c’est mon ancrage. En début de partie, je les regarde toujours. »

    En défiant la distance, son père lui a fait la surprise d’être présent lors du championnat du monde. « Il m’avait dit qu’il ne pourrait pas venir, et d’un coup, je l’ai vu, c’était incroyable ! »

    « Quand je joue, mon compagnon
    et mes enfants sont là, c’est mon ancrage »

  • Les jeunes artilleurs du Département ont fait le show

    Les jeunes artilleurs du Département ont fait le show

    Ils étaient 200 au départ et il n’en restait plus que 8, ce lundi soir. Le Mondial La Marseillaise, en collaboration avec le Comité bouliste 13, organisait les finales des championnats des Bouches-du-Rhône. Trois catégories de jeunes étaient en lice : les benjamins, les minimes, les cadets et les cadettes. Enfants et adolescents ont eu le plaisir de jouer sur le stade d’honneur, alors que le soleil tombait peu à peu sur le parc Borély. Président du Comité, Patrick Fara décrivait cet événement : « Les sélections se sont déroulées en mars, avec 200 petits. La compétition a été mise en place par l’organisation de La Marseillaise et le Comité. On voulait leur offrir le terrain d’honneur pour leurs finales. »

    Plusieurs clubs locaux étaient représentés comme Fuveau, Fos-sur-Mer mais aussi Pélissanne, lors de ces finales en cinq étapes. Plusieurs ateliers ont été effectués pour départager les finalistes : tirer la boule seule, une boule derrière un bouchon, une boule entre deux autres, une boule sautée et le cochonnet seul.

    Hauts comme trois boules de pétanque, mais déjà très habiles, les benjamins ont ouvert le bal. Wyatt Buche et Mayven Marsille se faisaient face sous les yeux de quelques dizaines de spectateurs. C’est finalement le dernier cité qui s’est imposé sur le score de 24-15. Ensuite, les minimes sont entrés en piste avec encore plus de précision. Le jeune tireur de Fuveau Maysson Herlemann a finalement battu de peu Essaie Lucchesi (24-20).

    Il ne restait ensuite plus que les cadettes et cadets. Toujours calme durant sa partie, Paloma Mathieu a battu sa partenaire de club Manon Bert. Score final : 18-6. Pour boucler la soirée, le vainqueur du trophée des jeunes la veille, Dunkan Baudino, a remporté le titre départemental face à Esteban Bontoux. Tout ceci en réalisant le meilleur score général (32-18). Tous les finalistes ont reçu des cadeaux et ont pu fermer le terrain principal.

    « On voulait leur offrir
    le terrain d’honneur »

  • Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Recycler pour aider, l’ambition de l’association Ramh

    Depuis une demi-décennie, l’association Relais d’aides matérielles aux handicapés (Ramh) prend part au Mondial La Marseillaise pour mener à bien sa mission : récolter les déchets, les recycler et verser les bénéfices aux personnes en situation de handicap. « Il y a 22 ans, quand j’ai créé l’association, nous avons démarré par le recyclage de bouchons ou couvercles en plastique, retrace Jean-Philippe Jaen, président de la structure. Aujourd’hui, nous avons élargi à tous les types de bouchons : plastique, métal, liège, couvercles de pots de confiture… On recycle aussi les radiographies médicales, les cartouches d’encre, et même l’informatique, que l’on réadapte ». Le principe : revendre les objets récupérés et utiliser les gains pour aider « toute personne non valide, c’est-à-dire handicapée par sa santé dans son quotidien, qu’il s’agisse d’un handicap moteur, d’une maladie mentale ou autre », détaille le président. Et le format des aides proposées est très variable : certaines sont « spécifiques », comme celle fournie chaque année à l’Institut Paoli-Calmettes, centre de traitement du cancer à Marseille (9e), ou plus ponctuelles, proposées à des particuliers. « À titre d’exemple, nous avons récemment aidé un couple de jeunes parents en fauteuil roulant à financer un lit adapté pour qu’ils puissent s’occuper de leur nourrisson », détaille Jean-Philippe Jaen.

    L’occasion d’une grande récolte

    Au départ, seulement présente pour le Mondial des femmes, l’association a depuis deux à trois ans élargi son niveau d’implication pour devenir « presque sponso » de l’AJCM, structure à l’origine de l’organisation du Handi Mondial à Pétanque. « On finance une grande partie des tee-shirts », détaille le président.

    Les six jours d’événement sont aussi bien sûr l’occasion de récolter de quoi recycler. Lundi après-midi, Ramh en était à 120kg de bouchons.

  • Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Palalalala, je t’ai battu ! Ça va, pas trop dur d’être nul ? », s’exclame, railleur, le cadet du petit groupe venu du centre Saint-Raphaël (14e), foyer de vie pour personnes atteintes de handicaps mentaux, pour participer à une initiation pétanque en marge du Mondial. « Trop concentré » pour répondre à nos questions, le jeune homme a été invité, comme ses cinq autres camarades, par le Département des Bouches-du-Rhône pour prendre part à une matinée conviviale autour des boules. Avec eux, six résidents du foyer Exister, installé à Peypin, ont eux aussi été conviés.

    Pour les coacher lundi matin : « Mimi » des Amis de Saint-Julien et Yannick, tous deux éducateurs en école de pétanque. Trois épreuves leur sont présentées : le point, le tir, et la boule « [Philippe] Quintais », joueur de pétanque cinq fois vainqueur du Mondial. « Sans doute l’épreuve qui repose le plus sur la chance », note Mimi. Le principe ? Parvenir à coincer sa boule dans l’un des trous creusés sur une planche à l’effigie du mythique joueur. « Ils sont bon public, partout où on les emmène ils se régalent, à partir du moment où ils arrivent motivés », glisse Arnaud Farin, éducateur spécialisé à Exister, ravi de l’enthousiasme que suscite l’activité.

  • Lee Taehloon de retour dans le temple de Borély

    Lee Taehloon de retour dans le temple de Borély

    Son retour est motivé par une envie simple : apprendre et s’inspirer du plus grand rendez-vous mondial de la discipline afin d’accompagner son développement dans son pays.

    À Marseille, Lee Taehloon observe, échange et apprend. Une expérience précieuse dont il entend se servir, une fois rentré en Corée du Sud, pour faire grandir la pétanque à l’autre bout du monde. « C’est un très grand événement et en Corée, la pétanque ne fait que débuter », explique-t-il dans un français presque parfait. « Je vois beaucoup de techniques ici, notamment dans l’organisation. Je voudrais rapporter tout ça et que la discipline se développe davantage. »

    Car dans son pays, la pétanque est encore une pratique émergente. Elle rassemble environ 200 licenciés et passionnés, bien loin toutefois des sports rois que sont le baseball, le foot ou le basket. Mais elle gagne progressivement du terrain auprès d’un public curieux.

    L’histoire de Lee Taehloon avec la pétanque a commencé presque par hasard. Employé dans une entreprise francophone, il découvre le jeu au moment où la discipline lorgnait sur les JO 2024. « Avec des amis enseignants de français en Corée, nous avons commencé à structurer une fédération et à promouvoir ce sport », raconte-t-il.

    Aujourd’hui, les premiers pratiquants sont issus de la communauté francophone et du milieu scolaire, où des initiations sont organisées dans certains lycées. Pour lui, la force de la pétanque réside dans sa simplicité. « On peut jouer n’importe quand, sur presque n’importe quel terrain. C’est un sport accessible à tous et qui convient aussi très bien aux personnes âgées. »

  • Messonnier a imposé sa Loy à l’équipe Grégori

    Messonnier a imposé sa Loy à l’équipe Grégori

    Après un rude cinquième tour, où une équipe de Gémenos les ont poussés dans leurs retranchements, Patrick Messonnier, double vainqueur du Mondial, Yohan Cousin, membre du collectif France, et Michel Loy, triple champion du monde, ont connu lundi une fin de journée plus confortable. Pourtant, sur le papier, leur 64e de finale face à la formation des Provençaux Steve Gimenez et Patrice Grégori, aujourd’hui pensionnaires du Saint-Georges Pétanque sur l’île de Beauté, pouvait grandement les inquiéter par leur force de frappe. Mais le niveau de jeu de Michel Loy a fait la différence. Dura lex, sed lex.

    6e partie

  • Des pépites malgaches « picqués » au vif

    Des pépites malgaches « picqués » au vif

    La journée de dimanche s’était déroulée sans véritable accroc. À aucun moment, Yves Zigle et ses partenaires n’avaient été mis en difficulté. Le lundi s’annonçait comme un copier-coller de la veille. Exemptés des cadrages, ils n’avaient plus que trois rencontres à disputer pour décrocher leur billet vers la finale, et ils les ont parfaitement négociées. Leur premier obstacle était une triplette marseillaise composée de Jean-Luc Coudene, Michel Nicaud et Joëlle Ville (Boule de Beaumont). Les Provençaux entamaient pourtant la rencontre de la meilleure des manières et menaient 7 à 3 après quatre mènes. En difficulté au tir, Ludovic Imbert et ses partenaires décidaient alors de changer de stratégie en optant pour le tir « de rafle ». Ce choix leur permettait de rivaliser avec Zigle et les siens, notamment en noyant le bouchon à plusieurs reprises.

    « Picqotements »

    Revenus à 7-5, les Marseillais ne parvenaient toutefois pas à inverser la tendance. La triplette de Zigle reprenait définitivement le contrôle des opérations pour s’imposer, démontrant une nouvelle fois que le beau tir reste le plus efficace.

    Après la pause déjeuner, Zigle et ses coéquipiers retrouvaient les allées ombragées du parc Borély pour y défier une solide formation corse composée de Ludovic Imbert, Sabatier Porcher et Éric Vinciguerra, venus de Bastia et Corte. C’est sans doute cette équipe insulaire qui aura le plus sérieusement inquiété Yves Picq, Zigle et leurs partenaires malgaches.

    Au moment où les Corses avaient l’occasion de prendre l’avantage, ils laissaient passer leur chance. Dans la dernière mène, Zigle remportait le carreau décisif. Le Malgache concluait avec autorité et envoyait les Corses à l’économat sur le score de 13 à 8.

    La dernière rencontre ne fut qu’une formalité. Opposés aux Ardéchois Mathys Merlin, Kenzo Bertrand et Herbert Choppick, les hommes de Zigle prenaient rapidement les commandes. Éprouvés par la chaleur et la fatigue, leurs adversaires ne parvenaient jamais à entrer dans la partie. Le score sans appel de 13 à 2 illustrait parfaitement la domination de la triplette malgache. Direction cette belle journée de mardi.

  • La fête de la Conf paysanne censurée ?

    La fête de la Conf paysanne censurée ?

    C’est par un simple mail envoyé fin mai que Marie-Camille Dugas, la nouvelle maire de Garrigues-Sainte-Eulalie, petite commune entre Nîmes et Alès, a annoncé à la Confédération paysanne qu’elle ne mettrait pas son foyer municipal à disposition cette année. « Après avoir demandé des rendez-vous pour leur expliquer ce qu’on faisait à cette fête, on nous a annoncé que suite à une demande de la Coordination rurale, ils étaient dans l’obligation de nous retirer la salle pour le premier week-end d’octobre », précise Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne dans le Gard.

    Après un échange avec les responsables de la Coordination rurale (CR), syndicat proche de l’extrême droite, avec qui la Conf n’est pas à « couteau tiré » dans le département, il s’avère en réalité que la CR s’est également vue refuser la réservation de la salle. La nouvelle municipalité s’est justifiée en s’appuyant sur la « neutralité politique » des nouveaux élus. Dans un communiqué, elle précise qu’elle n’était par contre pas opposée à l’organisation d’une « fête mettant à l’honneur les producteurs locaux […] dans un cadre dénué de toute considération politique ». Un argument que réfute la Conf car depuis l’an dernier, la fête n’est pas celle du syndicat agricole mais « une fête de l’agriculture paysanne » portée désormais par trois organisations : la Confédération paysanne, l’Addearg et Solidarité paysans 30. « On s’amuse à nous catégoriser comme extrême gauche sympathisants LFI donc ça ne m’étonne pas qu’il y ait de plus en plus d’élus qui veulent nous mettre par terre. C’est ce qui nous choque car nous sommes là pour le monde paysan, pour trouver des solutions à nos campagnes qui vont très mal », rappelle Simon Le Berre.

    « Des valeurs qui dérangent le RN »

    Mais pour la Conf paysanne, cette décision interroge surtout puisqu’elle intervient quelques jours après la réception du député Rassemblement National Pierre Meurin par Marie-Camille Dugas. « Nous faisons le lien entre la venue de Pierre Meurin et le mail que l’on a reçu. On comprend que sur la petite commune de Garrigues, on ne veut pas avoir une fête politisée qui met en avant des valeurs qui dérangent le RN », confirme Simon Le Berre. L’attaque n’est pas passée inaperçue du côté du député d’extrême droite de la 4e circonscription du Gard qui a condamné par communiqué « l’utilisation politicienne faite par quelques groupuscules malveillants, et relayée avec complaisance par certains médias, d’une visite purement institutionnelle ».

    « Ce communiqué où nous sommes qualifiés de groupuscule malveillant a été partagé par la municipalité de Garrigues », fustige Simon Le Berre, qui voit donc « une incapacité de la municipalité de communiquer par elle-même ».

    Face à la polémique, un « bel élan de solidarité » a eu lieu et une dizaine de communes se sont manifestées pour accueillir cette fête. Les propositions sont aujourd’hui à l’étude pour réfléchir à la logistique nécessaire pour accueillir les 3 000 participants habituels de la fête.

  • L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    L’Arlésienne et StreetPress face au bâillon beaucairois

    Dans quelques jours, le couperet tombera. Le tribunal judiciaire de Nîmes rendra, le 8 juillet, son délibéré dans une affaire qui dépasse largement les frontières du Gard : celle d’une mairie d’extrême droite qui a choisi les tribunaux plutôt que le débat contradictoire pour faire taire deux rédactions indépendantes.

    Tout part d’une enquête publiée à l’automne 2025 par l’Arlésienne et Street Press. Témoignages à l’appui, les deux médias y documentaient une politique d’attribution des locaux commerciaux du centre-ville de Beaucaire qui écarterait systématiquement les commerçants d’origine maghrébine ou latino-américaine. Sollicitée à trois reprises avant publication, la municipalité n’avait jamais daigné répondre. Elle a préféré, quelques mois plus tard, saisir la justice.

    « On ne lâchera rien »

    Le 27 mai, à l’audience de Nîmes, ni le maire Nelson Chaudon ni son prédécesseur Julien Sanchez – devenu entretemps directeur de campagne du RN pour 2027 -n’ont jugé utile de se déplacer. C’est leur avocate, Sylvie Josserand, également députée RN du Gard, qui a porté seule la charge, dénonçant une enquête relevant selon elle de « la désinformation au service d’une idéologie » et réclamant 18 000 euros de dommages et intérêts. Une formule bien pratique quand une enquête vient gratter le vernis d’une gestion locale.

    Une accusation à laquelle l’avocate de la défense, Me Valentine Rebérioux, a opposé une évidence : aucun propos précisément diffamatoire n’a jamais été désigné. Pour elle, la qualification ne fait aucun doute : « Il s’agit bien là d’une procédure-bâillon. » Une arme de plus en plus prisée par l’extrême droite locale pour épuiser financièrement et psychologiquement les rédactions indépendantes, sans jamais, ou presque, obtenir gain de cause : Street Press comptabilise à ce jour zéro condamnation sur la quinzaine de procédures similaires en cours.

    Éric Besatti, directeur de publication de l’Arlésienne, ne plie pas : « Ce procès nous coûte de l’argent, nous demande du temps pour nous défendre, mais n’entame pas notre volonté d’enquêter. » Avant de résumer : « On ne lâchera rien, on continuera de faire notre travail. » Le 8 juillet, le tribunal dira le droit. Mais le message politique, lui, est déjà lisible. D’ici là, les articles restent en ligne et dans les kiosques. À lire, à partager, et à défendre.

  • Les employés de Truffaut en grève dénoncent une chaleur accablante

    Les employés de Truffaut en grève dénoncent une chaleur accablante

    La chaleur avoisine les 40°C dans les allées du magasin. Samedi 4 juillet, 10 salariés de la jardinerie Truffaut, à Cabriès, se sont réunis devant l’enseigne pour défendre leurs conditions de travail. La raison de cette grève : une climatisation « qui tombe en panne à répétition », selon un employé et délégué syndical qui préfère garder l’anonymat.

    Ces défaillances obligent les employés à travailler sous une chaleur étouffante, avec des conséquences directes sur leur santé, estiment-ils. Parmi les 30 salariés, beaucoup expliquent souffrir « de vertiges, maux de tête ou de boutons de chaleur ». La situation n’est pas nouvelle. Le délégué syndical explique avoir « envoyé des mails à la direction depuis 2020 ». Il réclame « le changement complet du système de refroidissement », estimant que les réparations successives sont inefficaces.

    « Un pansement »

    La direction régionale assure pour sa part que le dossier est en cours mais s’interroge « sur la pertinence d’un remplacement complet » du système de climatisation. Des déclarations « très mal prises par les salariés ». Face à cette situation, les moyens de la direction locale sont dérisoires. En guise de solution : des glaces à l’eau et des pauses régulières sont offertes aux salariés. « Un pansement sur le problème », estime le délégué syndical.

    Fantine Lambey