Author: tecnavia

  • L’Europe pour respirer ?

    L’Europe pour respirer ?

    Les semaines se suivent et se ressemblent sur la Rade. Encore défait sur la pelouse de l’avant-dernier Perpignan samedi dernier
    (36-20)
    , le RCT vient d’enchaîner cinq matches sans victoire. Et donne l’impression de ne pas trouver les ressorts qui lui permettraient d’inverser la tendance, après une nouvelle tentative d’électrochoc incarnée par un stage dans les Pyrénées-Orientales la semaine dernière. Dès lors, quels leviers peuvent encore être activés ? « Il nous en reste », veut encore croire Pierre Mignoni, à qui on ne saurait reprocher la combativité en ces temps difficiles. « On continue à travailler dans l’ombre, à se taire et à essayer de trouver des solutions, l’énergie. On en a besoin. C’est contradictoire, avec, malheureusement, l’image qu’on donne en ce moment. »

    Dans cette voie de garage, la Coupe d’Europe peut-elle apporter la fraîcheur mentale qui fait cruellement défaut aux Rouge et Noir ? « On a un matelas de confiance qui est faible. Quand on loupe, on peut vite se recroqueviller, tenter moins de choses. Ça peut nous faire du bien, mais il faut gagner face à un très bel adversaire », acquiesce leur homme fort. « C’est une autre compétition, tout est différent. C’est une bonne opportunité de retrouver de la confiance », pousse aussi en ce sens le capitaine David Ribbans.

    « Besoin d’être soutenus »

    Une rencontre qui symbolise aussi le fait que tout n’est pas à jeter dans cette saison à la tournure décevante, positive Pierre Mignoni : « Il ne reste pas beaucoup d’équipes dans la compétition, ça montre qu’on a fait le boulot. On a fini deuxième de notre groupe. Ça nous donne la possibilité, et c’est génial, de recevoir un huitième de finale, pour la deuxième fois de rang. »

    Ce sera également l’occasion de redonner du baume au cœur à un public gagné par la morosité ambiante : « Je comprends leur inquiétude. L’avenir, je le prépare à court, moyen et long termes. Il faut garder espoir, changer des choses, et je vais en changer », promet-il, demandant, en attendant, de l’unité : « On a besoin de se sentir soutenu, même si on ne le mérite pas toujours. Le but est de revibrer tous ensemble, à travers ce match. Mais derrière, il restera des matches. »

    Et pour remettre un peu de soleil dans les têtes, l’entraîneur toulonnais pourra compter sur le retour des internationaux, au repos – en décalé – après le tournoi des VI Nations : « On a besoin de Charles Ollivon, de sa fraîcheur. Je l’ai senti très impliqué. J.-B. (Gros) aussi. C’est l’un des plus grands piliers du club. Il fait partie de ces grands joueurs. On a besoin du niveau qu’il a montré durant le Tournoi des VI Nations. » Avec ses leaders en forme, Toulon pourra croire en ses chances.

    Villière et Jaminet pas retenus

    Pierre Mignoni a fait le choix de se passer des services de deux internationaux, Gabin Villière et Melvyn Jaminet, pourtant disponibles. De même pour Mateo Garcia, plus apparu depuis le 17 janvier, lors du dernier match européen à Gloucester.

    Saison terminée pour Ludlam

    Coup dur pour le RCT. Sérieusement blessé à l’épaule gauche sur son essai marqué samedi dernier à Perpignan, Lewis Ludlam va être opéré la semaine prochaine. L’international anglais sera indisponible deux à trois mois et manquera la fin de saison.

    TOULON – LE CAP

    8e de finale de Champions Cup

    Samedi 4 avril, à 16h.

    Lieu : Stade Mayol, à Toulon

    Arbitre : Christophe Ridley (ANG)

    TOULON : Domon – Dréan, Brex, Frisch, Tuicuvu – Albornoz, White – Shioshvili, Ollivon (cap), Kpoku – Ribbans, Mézou – Sinckler, Baubigny, Gros.

    LE CAP : Gelant – Willemse, Nel (cap), Du Plessus, Zas – Matthee, Reinach – Roos, Dayimani, De Villiers – Evans, Smith – Fouché, Venter, Kebble.

  • L’OM pour l’échappée belle

    L’OM pour l’échappée belle

    Avant que Clément Turpin ne siffle le coup d’envoi, l’OM connaîtra les résultats de ses rivaux directs dans la course à la troisième place.

    Lille et Lyon, qui sont à une longueur derrière, auront affronté Lens et Angers. Alors que Rennes, qui compte deux points de retard, aura fait son voyage à Brest. « Ce que font les autres ne nous concerne pas. Quels que soient leurs résultats, nous n’avons qu’un objectif, gagner à Monaco pour être sûrs de rester troisième. » Amine Gouiri résume le sentiment du vestiaire olympien au moment d’aller défier Monaco au pied de son Rocher.

    Monaco qui est l’équipe en forme de ce premier trimestre 2026. Monaco qui a flirté avec l’exploit face au PSG en Ligue des Champions. Monaco qui, après un passage à vide, a su revenir dans la course à la qualification en Ligue des Champions.

    Les joueurs de la Principauté ne sont plus qu’à trois points du podium. Et lorgnent désormais sur la marche qu’occupent les Marseillais. Des Marseillais fragilisés après leur défaite au Vélodrome, face à Lille, avant la trêve internationale.

    « Cette page est tournée. En revenant de sélection, j’ai retrouvé un vestiaire avec beaucoup de sourires », confie Amine Gouiri.

    Son OM se voit offrir une opportunité de repousser un rival à six longueurs. Dans un choc frontal « qui n’est pas crucial, mais important. Très important », poursuit l’international algérien. « Nous sommes toujours troisièmes et avons notre destin entre nos pieds. Il faut faire le job pour rester devant », insiste-t-il.

    Pour lui, « être devant dans cette course à la Ligue des Champions n’est pas anodin ». C’est le symbole que les Marseillais sont suffisamment costauds pour encaisser les mauvais coups, nombreux cette saison sur leurs têtes.

    Les deux semaines de trêve auront-elles permis d’effacer les frustrations du match raté contre Lille ? « Nous allons affronter un adversaire qui est dans une très, très bonne dynamique. À nous de faire en sorte de la stopper », insiste Habib Beye. L’entraîneur marseillais a profité de la longue séquence sans match pour faire réviser certains fondamentaux. Il avait noté que l’OM « n’était pas assez menaçant dans la profondeur et les attaques placées, manquait de continuité et avait trop de déchets ».

    Il estime le moment venu « de montrer nos forces en évitant de subir à Monaco ». Même sans Mason Greenwood. « Je me repose sur les qualités de ce groupe », conclut-il.

    « Nous avons notre destin entre nos pieds. Il faut faire
    le job. »

  • Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Nîmes Métropole : un enjeu majeur

    Le 22 mars, Vincent Bouget a fait basculer Nîmes. Le 14 avril, il peut réussir le doublé : prendre aussi la présidence de Nîmes Métropole, ce mastodonte de 39 communes et 105 élus communautaires. Sur le papier, l’affaire ressemble à un boulevard. Dans les coulisses, c’est un vote à la calculette, où chaque maire vient avec ses lignes rouges. Depuis 2002, l’agglo a toujours été présidée par un élu de Nîmes. Et la ville centre reste la clé : 52 sièges sur 105. Problème : sur ces 52, Bouget n’en contrôle pas la totalité. Sa majorité nîmoise pèse 37 voix. Pour être élu, il lui en faut 53 : 16 voix sont donc à aller chercher ailleurs. Pas impossible, mais tout sauf automatique dans une intercommunalité encore très marquée à droite.

    L’heure des compromis

    Premier signal : Eddy Valadier, maire de Saint-Gilles (2e ville de l’agglo, 6 sièges), ne sera pas candidat. « Vincent Bouget sera président, de toute évidence », glisse-t-il au Réveil du Midi, sans promettre pour autant un soutien. Les élus le répètent : mieux vaut peser dans l’exécutif que jouer l’affrontement permanent. Car l’agglo, ce n’est pas un symbole : c’est la machine des compétences lourdes : transports, déchets, développement économique, grands équipements, et des arbitrages qui touchent directement les communes.

    Bouget, lui, promet une gouvernance « respectueuse de tous » et assure qu’il n’y aura « pas de passages en force ». Les maires des petites communes veulent des garanties : sur le PLUi, sur l’urbanisme, sur la crainte d’une montée en puissance vers une communauté urbaine, sur la répartition des investissements. Et ils savent qu’ils peuvent monnayer leur vote : l’exécutif compte des vice-présidences où les communes hors Nîmes pèsent traditionnellement. Reste l’inconnue : une coalition « anti-Bouget » est techniquement possible, mais complexe à stabiliser, et risquée si elle devait compter sur les voix RN.

  • Une soirée entre engagement, culture et solidarité

    Une soirée entre engagement, culture et solidarité

    Derrière l’atmosphère festive, la soirée se voulait aussi militante. Le Comité des activités sociales interentreprises (Casi) cheminots a, comme chaque année, organisé son concert pour la paix, la solidarité et l’humanité, ce vendredi 3 avril, au 6MIC.

    Avant le spectacle, manière d’en rappeler la dimension engagée et progressiste, un temps de débat était proposé. La salle, pleine, a d’abord accueilli plusieurs figures d’associations partenaires du Casi : Michel Dolot du Mouvement pour la Paix, Michèle Giovanetti pour SOS Méditerranée, Catherine Zaparty pour le Secours populaire, ainsi que Charlotte Soller et Cyrille Bottey pour Orphelinat des chemins de fer français (ONCF).

    Dans un second temps, le débat a suivi un fil rouge : la culture et l’éducation populaire. Étaient invités l’écrivain et défenseur de la culture Pierre Dharréville, Guizmo du groupe Tryo, Mike du groupe Sinsémilia – tous deux artistes engagés – et Sébastien Gronnier, secrétaire Casi cheminots Paca. Une rencontre animée par Émilien Urbach, journaliste à L’Humanité.

    « Aller de l’avant »

    « Il serait dangereux de laisser la culture, notre imaginaire, simplement entre les mains du marché, prévient Pierre Dharréville. Des politiques publiques doivent être au rendez-vous pour nous permettre de ne pas subir, mais bien avoir des outils communs. (…) Continuons à pratiquer la culture pour nous exprimer, pour vibrer, nous interroger, comprendre le monde et aller de l’avant. » Pour Mike, si « nos chansons ne peuvent sauver le monde », on peut « avoir le rôle de haut-parleur ». Pour l’artiste, la culture est un vecteur de mobilisations, de messages. Le lieu où elle se pratique compte tout autant, estime Guizmo, rappelant que Tryo est né dans la MJC de Fresnes : « Ce sont des espaces temps ou différentes personnes se rencontrent. »

    « Si vous n’étiez pas là, on ne pourrait pas faire de concerts pour la paix, soutient un syndicaliste, dans la salle. Une société sans arts, sans musique, ce n’est que de la terre, que du sable. » E.B.-G.

  • Les mairies de secteur au cœur du jeu municipal

    Les mairies de secteur au cœur du jeu municipal

    Une semaine après l’élection officielle du maire (DVG) de Marseille Benoît Payan par son conseil municipal (notre édition du 30/03), c’est au tour des conseils d’arrondissements, pour la première fois élus distinctement, de désigner en ce dimanche de Pâques les huit maires de secteur de la ville. Des secteurs qui ont été bousculés par la vague des municipales : pour la première fois, la droite marseillaise n’en dirigera plus aucun, tandis que, après la gestion calamiteuse du FN dans les 13e-14e entre 2014 et 2020, l’extrême droite en dirigera deux. La conseillère régionale (RN) Eleonore Bez devrait s’installer dans la mairie du 5e secteur, tandis que le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult devrait devenir maire des 11e-12e. « Je l’ai reçu la semaine dernière, pour lui expliquer comment fonctionnait la mairie de secteurs », confirme le maire (LR) sortant Sylvain Souvestre. Mais l’hypothèse d’un switch avec la députée RN du secteur Monique Griseti, à l’occasion des prochaines législatives, reste avancée par certains. Sollicité à ce sujet, Olivier Rioult n’a pas donné suite. « Nous sommes huit élus en mairie mais la résistance va au-delà », promet d’ores et déjà la tête de liste (PS) du Printemps marseillais dans les 11e-12e, Yannick Ohanessian.

    Les maires sortants du Printemps marseillais de leur côté devraient être reconduits : Sophie Camard (GRS) dans les 1er-7e, Anthony Krehmeier (PS) dans les 2e-3e, Didier Jau (EELV) dans les 4e-5e, Olivia Fortin (MadMars) dans les 6e-8e. S’y ajoute l’arrivée de Tina Biard-Sansonetti (DVG) dans les 13e-14e, remportés sur la droite. Si elle est allée à la rencontre des agents, elle n’a pas été reçue par la maire (DVD) sortante Marion Bareille. « Elle m’a de manière très courtoise orientée vers la directrice générale des services », explique la tête de liste du Printemps marseillais, qui a commencé à se pencher sur le fonctionnement de la mairie de secteur. « Pour être en mesure de respecter la parole donnée pendant la campagne, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement actuel », explique-t-elle. Avant de fouiller dans les détails des comptes, elle compte bien y installer un défenseur des droits des locataires. Dans les 15e-16e, après l’annonce de son retrait par la maire de secteur (DVG) sortante Nadia Boulainseur, c’est Jean-Marc Coppola (PCF) qui devrait prendre la tête d’un secteur qui a été dirigé jusqu’en 2008 par les communistes.

    Quelles compétences ?

    Les insoumis, pour la première fois, pourront bénéficier d’une tribune dans quatre des huit secteurs, avec au total douze élus. « La reconstruction va passer par là, croit aussi le maire sortant des 11e-12e, Sylvain Souvestre. Il est hors de question que je lâche le terrain, je serai vigilant à ce que tout ce que j’ai mis en place ne soit pas supprimé. » Son ancrage lui a permis de réaliser le double du score de Martine Vassal, et dans un courrier aux présidents d’associations et de CIQ, il promet de rester « disponible et engagé ».

    Reste l’épineuse question des compétences, absente du programme du Printemps marseillais. Le rapport gouvernemental qui devait être rendu en février ne le sera qu’en juin, et l’arrivée au pouvoir du RN dans deux secteurs change quelque peu la donne. « La réforme du scrutin n’est pas allée au bout », regrette encore Sophie Camard, qui reconnaît : « Nous avons les mairies de secteur les moins déconcentrées. » La nécessaire remise sur pied de la caisse des écoles et du centre communal d’action sociale lors du premier mandat n’a pas permis de les décentraliser. Au-delà des équipements de proximité, de l’état civil et politiques d’animations, des vœux et avis votés en conseil d’arrondissement, « la grande compétence qu’il faut y rajouter, c’est la démocratie locale », pointe-t-elle. Malgré tout, les mairies de secteur restent « un point de repère institutionnel et citoyen », qui permet d’être au contact des habitants et de mener une politique de médiation volontariste, notamment avec la préfecture de police. « Avec une loi vieille de 1982, je les trouve très modernes dans le monde d’aujourd’hui », sourit Sophie Camard.

    Les horaires des conseils d’installation de dimanche

    1er-7e arrondissements : à 14h30, au 61, la Canebière.

    2e – 3e arr. : à 14h30, au 2, place de la Major.

    4e – 5e arr. : à 16h30, au 13, square Sidi-Brahim.

    6e-8e arr. : à 16h30, au 125, rue du commandant Rolland.

    9e-10e arr. : à 14h30, au 150, boulevard Paul-Claudel.

    11e-12e arr. : à 16h30, boulevard Bouyala-d’Arnaud.

    13e-14e arr. : à 18h30, 72 rue Paul-Coxe.

    15e-16e arr. : à 18h30, au 246, rue de Lyon.

  • Les contours du budget présentés au conseil

    Les contours du budget présentés au conseil

    Notre objectif est de maintenir la trajectoire financière rigoureuse qui est la nôtre. Nous souhaitons continuer dans ce chemin-là. Nous vous présenterons la clôture des comptes 2025 au mois de juin, déroule Dominique Augey. Deuxième caractéristique, ce sont des objectifs budgétaires de continuité de la politique que la Ville a menée pendant le précédent mandat et sur les engagements de campagne. » Si les délégations des adjoints n’ont pas été dévoilées lors du conseil municipal d’Aix, ce vendredi, l’ancienne adjointe aux finances et désormais deuxième adjointe au maire Sophie Joissains (UDI), a présenté le rapport d’orientation budgétaire.

    Le budget doit s’articuler autour de trois priorités. à commencer par la « préservation des Aixois » : pas d’augmentation de la taxe foncière, objectif de 150 policiers municipaux d’ici la fin de l’année, acquisition de 50 caméras piétons… La deuxième orientation vise l’amélioration du « cadre de vie ». Elle comprend l’achat de deux à quatre balayeuses en plus des douze déjà en service, le développement des espaces verts, l’investissement dans les pistes cyclables, ainsi que la rénovation thermique des écoles et de l’éclairage public, avec un objectif de 100% LED. Un volet santé intègre aussi cette orientation : « La Ville soutient de manière active les six maisons pluridisciplinaires de santé », poursuit Dominique Augey. La municipalité ambitionne aussi de renforcer son attractivité culturelle et sportive. Côté logement, « la construction de logements sociaux sera prolongée à hauteur de 900 logements par an ».

    Pas assez « offensif »

    Reste un troisième volet, « construire la ville de demain de manière harmonieuse et apaisée ». « On continue ce qui a été commencé : des opérations patrimoniales importantes, des rénovations et des aménagements, de la réhabilitation urbaine, de voiries… », déroule l’adjointe. Des objectifs à intégrer dans un contexte où « sur la conjoncture, on ne sait rien, tout est très compliqué en ce moment, l’incertitude est maximum ». Concernant les projets inscrits pour 2026, « on imagine une recette à hauteur de 166 millions d’euros et on sanctuarise un certain nombre de choses, comme les subventions aux associations », précise Dominique Augey. Pour 2026, l’investissement est estimé à 60 millions d’euros, le remboursement de la dette à 15,3 millions d’euros.

    « Ce budget est décevant. Il est très peu offensif au regard des attentes, y compris dans votre électorat, des besoins et des attentes des Aixois, critique Marc Pena (PS), qui mène le groupe d’opposition Aix Avenir. Apparemment, vous n’augmentez pas l’impôt, sauf qu’à partir du moment où la Métropole elle-même augmente ses impôts, elle le fait par rapport à ce qu’elle peut donner aux communes. C’est donc simplement un transfert d’argent. » Sophie Joissains rétorque : « On n’est pas dans la grande machination avec la Métropole. On n’augmente pas les impôts parce qu’on veut préserver le pouvoir d’achat. C’est une ligne politique très forte. »

    Cyrille Blint, qui siège aux côtés de Philippe Klein (Horizons), par ailleurs conseiller départemental, pointe : « Pour moi, ce qui ressort de ce ROB est le mot incertitude, qui n’est pas forcément lié au contexte international qui, de mon point de vue, sert un peu à noyer le lecteur. Ce sont les chiffres de la Ville qui sont plutôt inquiétants quand on revoit les arrêtés 2025 prévisionnels. » Face aux différentes remarques émanent des groupes d’opposition, Dominique Augey résume : « Notre posture est justement de se dire comment on va pouvoir faire aussi bien, voire mieux, avec les contraintes financières qui sont les nôtres. »

    En fin de conseil, pourtant, les élus du groupe de gauche Aix Avenir ne sont toujours pas convaincus. « Le budget ne répond pas aux attentes et aux réalités que nous avons rencontrées sur le terrain, estime Agnès Daures (DVG). L’argument de ne pas augmenter les taux d’imposition, quand on ne fait pas suffisamment de logement social, que le service public des transports n’est pas à la hauteur et que finalement ça coûte de l’argent aux gens de se loger… », difficile d’être convaincus, pour l’élue.

    Le budget définitif sera présenté le 27 avril en conseil.

  • Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Troisième et dernier rendez-vous de la 4e édition de Newroz Marseille organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence pour célébrer le Nouvel an kurde. Ce samedi, dans les rotatives de La Marseillaise, cette séquence se penche sur la littérature avec une rencontre organisée à partir de 17h autour du livre Nous vous écrivons depuis la révolution : Récits de femmes internationalistes au Rojava publié en 2021 aux éditions Syllepse.

    Composé de textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews… « L’ouvrage a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient », résume l’éditeur. « Avec ce récit, elles invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base… » Pour en discuter, Sarah Marcha, Marie et Mireille Court, co-autrices du livre, et Yasmina Touaibia, docteure en Science politique.

    « Emblème

    de la résistance »

    Fête ancestrale de la culture kurde, le Newroz célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. C’est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité » et « l’emblème de la résistance », précise Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence qui orchestre l’événement avec le Collectif Solidarité Kurdistan 13 et le soutien de la mairie 2-3, de la Ville de Marseille… et de La Marseillaise.

    Cette manifestation permet d’attirer l’attention sur cette communauté bien implantée dans la région mais aussi sur le combat mené par ces résistants et combattants de la liberté au Moyen-Orient. La première soirée organisée en mairie des 2-3 a focalisé sur le sort réservé aux femmes dans la prison de Mardin en Turquie. La seconde étape a conduit en Iran. Direction le Rojava avec cette dernière rencontre à l’occasion de laquelle la librairie l’Ile aux mots tiendra un stand littéraire.

  • Des éléments de l’épave des Laurons restaurés

    Des éléments de l’épave des Laurons restaurés

    Le chantier-école se sera terminé de la même manière qu’il a commencé : dans le vent. Ce vendredi, les huit étudiants de deuxième année du Master d’archéologie maritime et côtière et leurs encadrants remballent le matériel après deux semaines de fouilles dans l’épave du XVIe siècle de l’anse des Laurons. Et ce n’est pas une mince affaire. D’abord, il y a l’équipement de plongée. Les bouteilles, les masques, les détendeurs, les combinaisons constamment en train de sécher sur un fil tendu entre deux poteaux… Ensuite, les appareils archéologiques, plus fragiles : l’aspirateur à sédiments, dont le moteur, posé sur la côte, ronronnait régulièrement, le scanner, disposé dans une salle sombre du petit poste de secours mis à disposition par la Ville, le nettoyeur haute pression et tout le reste.

    Marine Sadania, responsable du littoral de la région Sud pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), est satisfaite des deux semaines de travaux malgré des conditions météorologiques défavorables. « Les objectifs sont remplis, on a trouvé l’emplacement du mât ce qui va permettre de bien dessiner le portrait architectural du bateau. »

    Margaux Fasquelle, étudiante, confie : « Il a fallu charbonner, d’autant qu’on a pris énormément de retard avec le vent. On était sur site à 8h15, on faisait deux plongées par jour par étudiant quand on le pouvait, en sachant que quand on n’était pas dans l’eau on avait toujours quelque chose à faire : étude du bois, documentation, photographie, topographie ou l’organisation de l’accueil des publics, comme mercredi.»

    Mise en valeur

    du patrimoine

    La pédagogie envers les publics est un pan important du cursus des étudiants. « Ça n’a aucun sens de faire de l’archéologie si on la partage pas, surtout aux gens du coin qui parfois découvrent des sites à proximité de l’endroit où ils vivent depuis des années, développe l’apprentie archéologue. C’est aussi primordial de sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques pour qu’ils fassent attention au matériel archéologique qu’ils pourraient trouver, pour éviter le pillage et ce genre de
    choses.
     »

    Sa formatrice Marine Sadania ajoute : « L’idée c’est de former cette jeune génération pour qu’elle devienne sentinelle. Ce sont les acteurs du patrimoine de demain. »

    Pour pérenniser cette transmission, certains éléments retrouvés dans l’épave Laurons 11 vont être donnés à la Ville, qui participe financièrement à leur restauration. « Le maillet et la manne, donc le panier, sont aujourd’hui dans le laboratoire grenoblois de pointe ARC Nucleart, qui est spécialisé dans tous les matériaux organiques, précise Marine Sadania. Ils ont aussi un élément de décor qu’on avait découvert sur le bateau. Tous ces objets remarquables, encore en traitement pour un an je pense, sont destinés à revenir à Martigues. »

    À la question : où ? L’archéologue de la Ville Hélène Marino répond : « Ces objets qui appartiennent à l’État seront pris en dépôt pour exposition, soit au musée Ziem ou dans d’autres lieux. On les valorisera avec des conférences, des visites, etc. »

  • Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Belles enchères de 350 biens mal acquis repris aux voyous

    Il n’y a pas que des yachts et des villas que les juges confisquent aux trafiquants. Le tribunal de commerce était le théâtre vendredi d’une vente exceptionnelle organisée par l’Agrasc avec les Domaines d’objets confisqués. 350 lots de bijoux, d’or, de montres, de vêtements et de maroquinerie de luxe issus des scellés des tribunaux de Marseille, Aix-en-Provence, Draguignan et Nice sont partis sous le marteau des commissaires-priseurs.

    Portée par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués et son partenaire, les Domaines qui l’organisaient, cette vente a permis de mettre en exergue que « la justice ne se limite pas à sanctionner les auteurs mais aussi à restituer aux citoyens ce qui leur revient, tout en témoignant de la fermeté des institutions face à la criminalité organisée et aux trafics » explique Charlotte Hemmerdinger, la directrice de l’Agrasc.

    « Cette vente représente déjà tout le travail accompli en amont par les enquêteurs de police, de gendarmerie, des douanes. Elle permet à l’État de récupérer des sommes non négligeables » souligne pour La Marseillaise, Franck Rastoul, le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, présent avec des chefs de juridiction pour le lancement des enchères. « Il faut évidemment des réponses pénales contre les trafics et notamment des peines d’emprisonnement, mais on sait très bien que pour lutter il faut être capable d’infliger une sanction patrimoniale pour reprendre l’argent généré par les trafics et ces biens de luxe vendus qui sont des vecteurs de blanchiment. »

    Estimée à 750 000 euros, les organisateurs espéraient atteindre 1,2 million d’euros. « On verra à la fin, mais il ne faut pas perdre de vue que ces sommes considérables sont à mettre en regard avec les millions d’euros qui chaque semaine sont générés par les reventes de stupéfiants. On ne peut que se féliciter de la multiplication de ces ventes vertueuses qui sont la partie émergée de l’iceberg. C’est la réaction de l’État face aux trafics et l’Agrasc joue un rôle essentiel », ajoute M. Rastoul.

    Le procureur et les claquettes Louboutin !

    L’appât du gain et un goût immodéré pour le luxe tapageur qui motivent les délinquants s’exposent dans les vitrines surveillées par des vigiles. Des bagues, des colliers, des boucles de grands joailliers Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Mauboussin ou Chopard sont âprement bataillés, à la fois en direct dans la salle et en ligne pour les enchérisseurs discrets ou très éloignés sur les plateformes de vente Drouot.com et Moniteurdesventes.com. Mise à prix 12 000 euros, une bague de marque inconnue en or gris ornée d’un diamant ancien de 5,87 carats, a été adjugée à 24 200 euros. tous les acquéreurs doivent s’acquitter d’une taxe de 11%. Réservés aux professionnels, plusieurs lots de plaques d’or étaient proposés dont un de 620 gr d’or à 24 carats adjugé 71 920 euros.

    Les hommes n’étaient pas en reste pour se disputer des articles de grandes marques d’horlogerie : des montres Rolex, Hublot, Chopard, Audemars Piguet, Breitling, Patek, etc. Une Rolex GMT-Master II mise à prix 30 000 euros s’est vendue 54 000 euros. Une montre Werk en titane et or rose s’est vendue 32 200 euros pour une mise à prix de 6 000 euros. Débuté à 12 000 euros, un chronographe-bracelet Tourbillon Jules Audemars est parti à 27 500 euros. Le coup de marteau pour une superbe montre Yacht-Master en or rose estimée à 8 000 euros s’est posé au prix triplé de 24 500 euros.

    « 4 000 personnes sont inscrites ce matin à cette vente, et j’ai vu qu’il y en a des terres australes françaises, de Polynésie et sur trois continents avec des inscrits au Mexique, à Macao et Hong Kong », se réjouit Alain Caumeil, le directeur national des interventions domaniales (DNID). « Nous sommes en pointe ici dans la lutte contre le blanchiment », intervient Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille qui souligne que son tribunal contribue à « 73% des confiscations remises à l’Agrasc sur l’ensemble du ressort de la cour d’appel et qui rentrent dans le budget de l’État. Ce sont des politiques partenariales qui portent leurs fruits ». D’exprimer avec humour le regret de ne pouvoir par déontologie participer à une enchère : « Un lot m’aurait beaucoup plu, les claquettes Louboutin ! » Estimée à 80 euros, la paire de « Pool Slides » d’occasion en caoutchouc rouge avec des traces d’usure, peut-être celle que portait l’épouse d’un caïd le jour de son interpellation, est partie à 140 euros. Les enchères se sont achevées par la vente d’un rare sac Hermès, dessiné par et pour Jane Birkin, clin d’œil peut être au duo de gangsters Bonnie & Clyde.

  • Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    On a déjà fermé dedans, maintenant on ferme dehors ! » Devant l’hôpital psychiatrique, Édouard-Toulouse, les personnels sont inquiets. Déjà mobilisés en 2024 contre la fermeture de l’unité la Nef, puis par la fin du dispositif des accueillants familiaux en septembre 2025, c’est maintenant la fin des centres médico-psychiatriques et autres relais de soins de proximité dans les quartiers Nord de Marseille qu’ils redoutent.

    « C’est encore un nouveau coup porté aux patients de tout le secteur des 15e et 16e arrondissements et aux équipes médicales, déplore Olivier Boyer, secrétaire FO Édouard-Toulouse, c’est une fragilisation dans la prise en charge et la continuité du soin et une mise en difficultés des soignants, sans compter que cette suppression aura une répercussion sur les autres pavillons, voire sur tous les secteurs. » Une réunion du conseil de surveillance se tenait vendredi matin à l’hôpital. La question du pôle Littoral était à l’ordre du jour. Alors que le CHET est réputé pour ses hospitalisations sans contention avec des chambres d’apaisement pour les patients souffrant de crises de violence, et que « près de 100% des patients y sont hospitalisés sous contrainte, c’est-à-dire ordonnés par l’État », précise Kader Benayed, secrétaire SUD Santé sociaux, son avenir semble menacé. « Nous voulons mettre un terme à ces fermetures de lits et d’unités », exigent les soignants.

    Inégalité territoriale

    « Quand je suis arrivé, il y avait une centaine de lits, aujourd’hui il en reste 23 », fait le décompte Gilles, infirmier en poste depuis 24 ans. Les fermetures de services avaient été justifiées par les difficultés à recruter et le manque d’attractivité de la profession. Ses personnels restent pour autant très dévoués à leur mission qu’ils souhaitent exercer dans des conditions moins dégradées. « Voilà des années qu’on tient les services à bout de bras. Au regard des engorgements et files d’attente, les médecins se sont mobilisés, mais ce déficit va créer plus d’inégalités d’accès aux soins au détriment des 15e et 16e arrondissements », assure Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire du syndicat CGT.

    Une pétition a déjà réuni plus de 400 signatures. Josette Sportiello, conseillère départementale et présidente du conseil de surveillance de l’établissement hospitalier, a rappelé qu’elle soutenait le service public et indiqué qu’elle serait attentive aux décisions sur le pôle. Également venu assister à la réunion, Azad Balalas-Kazandjian, conseiller départemental et candidat sur la liste pour la mairie centrale de Marseille aux côtés de Benoît Payan lors des dernières municipales, assurait quant à lui « voir comment éviter d’éventuelles fermetures de services avec le Département et comment être en appui avec la Ville pour que tous les Marseillais puissent être soignés dans de bonnes conditions ». Quant au directeur intérimaire de l’établissement hospitalier, Benoît Thomassin, il a fait savoir qu’il répondrait le 14 avril.