Author: tecnavia

  • [Biographie] Voyage dans 4 décennies d’histoire du cinéma

    [Biographie] Voyage dans 4 décennies d’histoire du cinéma

    À notre grande honte, nous devons admettre que nous ignorions l’existence de Maurice Tourneur (1876-1961), avant que le facteur ne sonne à notre porte pour nous distribuer une enveloppe dans laquelle se trouvait un livre, sur la jaquette duquel un mystérieux monsieur, au regard doux et charmeur, nous invitait à faire sa connaissance. Bien nous en a pris d’aller directement à la table des matières, car, grâce à elle, nous sûmes qu’il nous était impossible de passer sous silence la biographie d’un cinéaste qui connut le muet, l’avènement du parlant, qui travailla aux États-Unis, revint en France, dirigea nos plus grandes vedettes, dont Fernandel, Louis Jouvet, Jean Gabin, Fernand Ledoux, Danielle Darrieux, et se mit à la traduction de romans policiers après avoir été amputé d’une jambe, suite à un accident de voiture.

    Une intense réalité

    La honte passée, elle nous revint lorsque nous apprîmes que Tourneur était le réalisateur de Volpone, sorti avant notre naissance, et interprété par Harry Baur, inoubliable dans sa recherche obstinée d’une diabolique vengeance. Preuve sans doute que la jeunesse s’intéresse, ou s’intéressait, davantage aux acteurs (surtout lorsqu’il y en a toute une pléiade) qu’au metteur en scène, au dialoguiste, ou à l’accessoiriste. Il nous aura donc fallu attendre Christine Leteux, couronnée par l’Institut Lumière, pour le savoir. Mais n’est-ce pas le rôle des ouvrages, fortement documentés, de combler nos lacunes cinématographiques ? Ce qui communique à cette biographie une réalité si intense, c’est que les moindres détails sont évoqués et décrits avec une rigoureuse précision. Chapeau bas à l’auteur ! Reste à espérer qu’un héritier de Miloš Forman, ou une héritière de Julie Taymor, en fasse un biopic.

    Actes Sud, 28 euros.

  • Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    Main basse du RN sur deux intercommunalités gardoises ?

    C’est un nouveau palier que le Rassemblement national s’apprête à franchir. Si jusqu’ici les maires confrontés à l’élection d’un membre du RN dans une commune voisine faisaient front pour qu’il ne puisse pas présider l’intercommunalité, la digue à ce niveau aussi a cédé. Dans le Gard, deux d’entre elles sont en effet tout proches de basculer à l’extrême droite.

    Il y a d’abord Beaucaire Terre-d’Argence (CCBTA). S’il s’en était fallu d’un cheveu pour que Julien Sanchez (RN) n’enlève la présidence en 2020, le maire de Beaucaire Nelson Chaudon semble avoir, cette année, plus de soutiens. Si la possibilité d’une alternative à Juan Martinez, président sortant et maire de Bellegarde, a été avancée, ce n’est pas la gestion de l’ancien socialiste qui est remise en cause. Juan Martinez est donc candidat pour reprendre les rênes de la communauté de communes et devrait compter sur le soutien des élus d’opposition à Beaucaire, mais aussi sur les maires réélus à Jonquières-Saint-Vincent et Vallabrègues.

    Le Gard rhodanien

    dans la continuité ?

    C’est en réalité à Fourques, avec l’élection d’Alain Fouque, que la balance pourrait s’opérer. Les deux élus de la majorité qui siégeront à la CCBTA multiplient les rencontres avec la majorité sortante, mais aussi avec le RN. « On est assez pessimiste », confie un participant aux discussions. Les élus de la CCBTA se prononceront le 15 ou 16 avril.

    La situation est également mal engagée en Petite Camargue après la défaite de Jean Denat à Vauvert. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet (RN) a immédiatement annoncé sa candidature à l’intercommunalité, qui regroupe Aimargues, Aubord, Beauvoisin et Le Cailar. Aucun élu ne semble en effet vraiment souhaiter s’opposer à l’ancien député alors que la communauté de communes a toujours été dirigée par le maire d’une autre commune (à l’exception d’un bref passage sous Jean Denat, qui a assuré une transition). Selon plusieurs sources, les élus d’Aimargues se seraient aussi entendus avec Nicolas Meizonnet, lui assurant ainsi la présidence. Car avec un conseil qui se réduit de 37 à 30 élus, le nouveau maire de Vauvert et ses onze élus à la communauté de communes n’a que cinq voix à aller chercher. La date de la première séance du conseil n’est pas encore connue.

    Pour la communauté d’agglomération (la 3e du département après Alès et Nîmes) du Gard rhodanien, trois élus sont candidats alors que le président, Jean-Christian Rey (SE), a annoncé qu’il ne se représente pas. La nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze Pascale Bordes (RN) tente aussi de s’imposer à l’agglo mais elle manque aujourd’hui cruellement de relais dans les 43 autres communes qui composent le Gard rhodanien. Son opposant de gauche au conseil municipal, Jérôme Jackel (Debout !), également candidat, est confronté au même problème. Valère Ségal, réélu largement à Pont-Saint-Esprit, est lui candidat à la 1ère vice-présidence en charge de la santé « quel que soit le président ». Mais après les tensions entretenues avec les maires voisins, pas sûr qu’il soit entendu.

    Soucieux de travailler dans la continuité du travail engagé ces dernières années, Christophe Serre, maire SE de Saint-Paulet-de-Caisson et conseiller départemental, fait donc aujourd’hui figure de favori. « Nous sommes une très grande majorité d’élus sortants réélus au sein de l’agglomération et nous ne voulons pas qu’on balaie le travail réalisé. Nous allons proposer un nouveau projet de territoire que nous allons travailler avec tout le monde. J’ai le soutien d’une grande majorité d’élus », affirme-t-il. Le conseil communautaire qui élira le futur président est prévu le 7 avril à Laudun-l’Ardoise.

  • [On passe à table] Fatteh croustillant, ratatouille syrienne et sa sauce blanche

    [On passe à table] Fatteh croustillant, ratatouille syrienne et sa sauce blanche

    C’est une cuisine généreuse et savoureuse. Une cuisine qui raconte une histoire, que l’on aime partager et que l’on a du mal à oublier. Rencontre avec Nahed et Samar qui réalisent pour vous la ratatouille syrienne accompagnée de fatteh croustillant.

    Plusieurs préparations

    Pour commencer, coupez tous vos légumes en petits cubes. L’aubergine, elle se pèle à moitié pour ne pas s’écraser à la cuisson et se coupe en tronçons. Déposez-la sur un plat, arrosez d’huile et mettez au four à 200° pendant 30 à 40 minutes. Les cheffes vous conseillent de les saler et de les laisser dégorger toute une matinée pour faire sortir l’eau et ainsi éviter qu’elles s’imprègnent d’huile.

    Pendant le temps de cuisson, mettez une casserole sur le feu avec un fond d’huile d’olive et déposez-y directement les oignons. Le tout à feu moyen. Ajoutez ensuite la moitié de l’ail haché. Laissez cuire tranquillement et préparez votre sauce blanche en attendant.

    Pour la sauce blanche, mélangez dans un saladier le yaourt grec, le tahina ou crème de sésame, une pincée de sel et le reste d’ail haché. Mélangez au fouet et terminez en pressant la moitié d’un citron sur le dessus, mélangez à nouveau. Si la sauce est trop épaisse, n’hésitez pas à ajouter un peu d’eau pour la délayer.

    Une assiette généreuse

    Dans votre casserole, rajoutez la coriandre en poudre, les poivrons puis les concentrés de tomates et de poivrons. Viennent ensuite les tomates et un petit fond d’eau pour permettre à l’aubergine de cuire dans le tout et d’avoir une texture fluide et non sèche. Une fois les aubergines sorties du four, mettez-les avec les autres légumes puis le paprika et laissez mijoter. Attelez-vous ensuite au fatteh, pain libanais coupé en morceaux que vous allez frire dans de l’huile. Quand il est doré, sortez le pain et égouttez-le dans une passoire avec du sopalin.

    Pour le dressage, déposez en fond d’assiette le fatteh, recouvrez avec la ratatouille, la sauce et de nouveau du fatteh. Décorez avec la grenade, les pistaches et le persil haché. Bon appétit !

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra
     :

    – 3 aubergines, 2 tomates, 1 oignon, 1 poivron vert et un rouge, 30g d’ail haché

    – 1 càs de concentré de tomate et une de concentré de poivron

    – De la coriandre sèche en poudre
    et du paprika fumé

    – Du sel, de l’huile de tournesol et de l’huile d’olive

    – 150g de yaourt Grec, 70g de tahina, du jus de citron

  • Champions Cup : Au courage, Toulon arrache sa qualification pour les quarts de finale

    Champions Cup : Au courage, Toulon arrache sa qualification pour les quarts de finale

    S’il a encore montré quelques maladresses balle en main et parfois souffert face à la vitesse et au jeu de passes sud-africain, le RC Toulon a retrouvé des couleurs ce samedi après‑midi, et en a par la même occasion redonné au stade Mayol, qui en avait bien besoin. Joueurs et solidaires, notamment lors d’une fin de match où ils ont vaillamment défendu leur point d’avance, les hommes de Mignoni ont retrouvé un état d’esprit qu’ils semblaient avoir perdu depuis de longues semaines..

    Dominateurs dans les premières minutes, les Rouge et Noir ont été récompensés. Après un ruck au milieu du terrain, le ballon parvenait jusqu’à l’aile droite vers Dréan, qui prenait l’espace et servait White pour le quatrième essai du meilleur marqueur toulonnais en Champions Cup (10e, 7‑0).

    S’ils ont ensuite souffert pendant un quart d’heure — concrétisé par une pénalité de Matthee et un essai de Smith (7‑10, 24e) — les Toulonnais ont rapidement réagi grâce à Dréan, encore trouvé à droite, qui, cette fois, concluait seul et redonnait l’avantage aux siens (14‑10, 31e). Un avantage réduit juste avant la pause par une nouvelle pénalité de Matthee (14‑13), que les Varois conservaient grâce à un sauvetage in extremis de Ribbans devant l’ouvreur sud‑africain, à cinq mètres de l’en‑but, après la sirène.

    Une fin de match sous respirateur

    Toujours solidaires et animés par la volonté de jouer à l’entame du second acte, les Varois se faisaient surprendre sur un essai de Roos (14-20, 54e). Mais ils réagissaient une nouvelle fois très rapidement. Ferté, entré en fin de première mi-temps à la place de Domon, blessé, était trouvé à gauche suite à une longue phase de possession et aplatissait (21-20, 59e).

    L’arrière toulonnais, souvent sorti du banc ces dernières semaines, était bien décidé à se montrer. Sur une nouvelle course, il servait Ollivon, qui décalait Tuicuvu. L’ailier fidjien finissait sa course dans l’en-but et permettait aux siens de prendre huit longueurs d’avance (28-20, 67e).

    Mais le danger guettait toujours. Et après avoir défendu sa ligne pendant de longue minute, le RCT, réduit à 13 dans les six dernières minutes après les carton jaunes d’Halagahu et Nonu, finissait par céder, sur un essai de Khan consécutif à une percée du prodige Feinberg-Mngomezulu (28-27, 78e).

    L’atmosphère devenait irrespirable. Et alors que les Sud-Africains espéraient avoir arraché leur qualification sur un ultime essai sur la ligne alors que la sirène avait retenti depuis trois minutes, M. Ridley, après de longues minutes de vérification, estimait que le ballon n’avait pas été aplati, libérant un stade Mayol qui pouvait enfin exulter.

    Au courage, le RC Toulon valide son billet pour les quarts, et ira défier le vainqueur du match entre Glasgow et les Bulls de Pretoria le week-end prochain.

    TOULON 28 – 27 STORMERS (MT : 14-13)
    8e de finale de Champions Cup
    Samedi 4 avril, 16h
    Stade Mayol, Toulon
    Arbitre : Christophe Ridley (ANG)

    Points Toulon : 4E White (9e), Dréan (31e), Ferté (58e), Tuicuvu (67e) ; 4T Domon (10e), Albornoz (31e, 59e, 67e)

    Points Stormers : 2E Smith (24e), Roos (54e) ; 2T Mathhee (24e), Feinberg-Mngomezulu (54e) ; 2P Matthee (20e, 35e)

    Cartons Jaunes : Halagahu (74e), Nonu (80e)

    TOULON : Gros (Priso, 52e), Baubigny (Lucchesi, 59e), Sinckler (Gigaschvili, 52e) – Mézou (Halagahu, 46e), Ribbans (C) (Javakhia, 72e) – Kpoku (Mercer, 65e), Ollivon (Gros, 80e), Shioshvili – White, Albornoz – Tuicuvu, Frisch (Nonu, 72e), Brex, Dréan – Domon (Ferté, 35e)

    STORMERS : Kebble (Theunissen, 52e), Venter, Fouché (Mchunu, 52e) – Smith (Schikerling, 32e), Evans (Porthen, 52e) – De Villiers (Fourie, 64e), Dayimani, Roos – Reinach (Khan, 59e), Mathee (Feinberg-Mngomezulu, 52e) – Zas, Du Plessis (Simelane, 65e), Nel (C), Willemse – Gelant

  • [Travailleur de demain] Arnaud Gaillard, féru d’informatique

    [Travailleur de demain] Arnaud Gaillard, féru d’informatique

    Quand j’étais petit, je dessinais des prises, des fils électriques. Toute ma famille croyait que j’allais être électricien », se rappelle Arnaud Gaillard. Très vite, il bifurque sur les pas de son père : l’informatique. Le jeune Aixois se remémore les débuts : « Je jouais simplement aux jeux vidéo, comme Minecraft. C’est mon père qui m’a mis dans le bain. J’aimais l’aspect mais je ne comprenais pas grand-chose. » Un aspect qu’Arnaud approfondi à travers la spécialité Numérique et Sciences de l’information, dans son lycée aixois. « J’allais au-delà de ce qui était demandé pour les projets. J’ai découvert une véritable passion », se remémore-t-il. Cette matière est « un tremplin » pour le lycéen qui se dirige alors vers un BUT Réseau et télécommunications à l’IUT d’Aix-Marseille.

    Actuellement en troisième année d’étude, le jeune homme en a « profité pour aller en Suède », en Erasmus. Les températures négatives ont finalement laissé place au soleil dans un environnement où « les gens sont beaucoup plus ouverts », apprécie le jeune Provençal.

    Comme son père, il souhaite être intégrateur. « Par exemple, le client me dit : “j’ai besoin d’avoir un réseau sécurisé, un système de téléphonie, de paiements…”, scénarise Arnaud. J’organise les étapes, la sécurité… » Dans un premier stage dans l’entreprise Asap Network dirigée par son père, Arnaud a expérimenté ce métier à travers « 2-3 projets passionnants. J’ai découvert un monde, tel un enfant face à plein de boutons… »

    Intégrer l’IA au quotidien

    Au-delà de l’académique, sa passion s’intègre à son quotidien à travers de « petits projets personnels, comme la programmation d’un générateur de mots de passe », évoque-t-il. De nature curieuse, il s’intéresse à « l’ensemble des technologies, particulièrement l’IA. Pour avoir plein de billes à réutiliser. » Conscient de l’omniprésence de cette nouvelle technologie, il « essaye de remplacer [ses] tâches quotidiennes par l’IA ». Une manière pour lui d’anticiper les mutations de son futur métier même si le jeune homme reste convaincu que l’aspect humain aura toujours de la valeur. « Si j’étais recruteur, je me focaliserais sur l’aspect soft skills : la communication, le bon sens, la prise de recul, l’imagination… C’est ça qui va importer à l’avenir », juge-t-il, « 95% soft skills et 5% technique. »

    Arnaud affirme, d’un avis tranché, que l’IA « va remplacer une majorité de métiers, tout en nuançant, certains persisteront. Ceux qui ont besoin du côté humain. Par exemple, les infirmiers et infirmières… » Il reconnaît pour autant les dangers de l’IA, telles que « la vie privée et la question morale : le fait que l’IA pourrait avoir une conscience ». Quant à sa régulation, « l’éthique va orienter la direction de l’évolution de l’IA », conclut-il. L’année prochaine, son objectif est d’intégrer une école d’ingénieur. « Je vise Télécom Paris », acte Arnaud, école reconnue pour son « bon relationnel ». Dans une perspective plus lointaine, il souhaite travailler chez… Asap Network. Un long chemin d’apprentissage attend ce jeune qui ne « considère pas encore avoir les compétences. Peut être à l’avenir… »

  • Le bateau Plastic Odyssey est de retour à Marseille

    Le bateau Plastic Odyssey est de retour à Marseille

    Attendu au J4, c’est finalement au Vieux-Port de Marseille que le navire Plastic Odyssey a jeté l’encre, ce samedi, et déployé sa passerelle pour permettre au public de monter à bord.

    À son bord, une unité de revalorisation et de recyclage présente toutes les étapes de traitement des déchets avant qu’ils n’atteignent l’océan, en détaillant chaque poste jusqu’à la transformation finale.

    Véritable laboratoire flottant, le navire embarque un équipage d’une vingtaine de personnes et fonctionne quasiment sans plastique à bord. L’équipe est partie à la rencontre de celles et ceux qui subissent la pollution plastique, mais aussi de tous ceux qui cherchent et développent des solutions. Plus de 300 initiatives pour réduire au maximum les déchets ont ainsi été recensées.

    Outre des usines de recyclage déjà déployées, avec un objectif de passage à l’échelle, un partenariat avec l’Unesco pour restaurer des sites naturels majeurs a été engagé à travers le monde.

    Village des solutions à partir du 8 jusqu’au 14 avril au J4.
  • [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    [Chronique Méditerranéenne] La voie des échanges et de la coopération culturelle

    La vie te mène quelques fois d’un port à l’autre. La vie est comme une mer sur laquelle tu navigues sans boussole, sachant d’où tu pars, mais jamais où tu vas arriver, sur une mer calme et qui devient quelquefois agitée et à nouveau paisible, la vie quoi. Les ports m’ont toujours fasciné. Quand je me suis trouvé à Sète, journaliste localier pendant quelques années, j’ai découvert ce qu’était une ville portuaire. Chalutiers, thoniers, barques d’ostréiculteurs, ferrys, navires de croisière, catamarans et autres voiliers… apportaient à mon quotidien une jolie dose de rêveries. L’envie de larguer les amarres, de gagner le large chaque jour. Le rêve avait ses limites, celles de l’horaire du sacro-saint bouclage du journal… La ville vivait au rythme des embarcations qui accostaient et s’emplissaient de marins, touristes, de toutes nations, de toutes conditions. La Méditerranée fleurait bon dans toutes les rues de l’île singulière. Loin de Sète, j’en serai proche dans quelques jours pour assister à une grande fête populaire et maritime « Escale à Castellon » avec à la clé la chance de pouvoir assister à l’arrivée de « Via Méditerranéa » qui est la première grande traversée internationale reliant La Spezia en Italie, Sète en France et Castellon en Espagne. De majestueux voiliers traditionnels comme le Santa Maria Manuela, quatre-mâts portugais de 67 mètres, le Pascual Flores ou encore le Florette naviguent allant d’une fête maritime à l’autre. Après Escale à La Spezia qui s’est déroulée du 20 au 22 mars, c’est au tour d’Escale à Sète de recevoir jusqu’au 6 avril ces magnifiques voiliers historiques restaurés dans le respect de leur héritage maritime.

    La traversée se poursuivra ensuite pour rejoindre Escale à Castellon à compter du 9 avril. Quel bonheur, l’espace de quelques jours, de pouvoir se dire que la Méditerranée, loin du triangle des Bermudes puisse promouvoir le triangle de la coopération culturelle, entre les ports de trois pays si proches, favorisant le rapprochement et la meilleure connaissance des autres. Pourquoi ne pas imaginer que cette « Via Mediterranea », ouvre un jour la voie à d’autres escales, vers l’autre rive au Nord de l’Afrique portant, de port en port, haut le pavillon de la paix et de la fraternité… En attendant, ne boudons pas notre plaisir de voir que la Méditerranée peut-être, d’ores et déjà, un espace maritime d’échanges culturels, une découverte à chaque escale de musiques et danses traditionnelles, de gastronomie maritime, des navires du patrimoine local et international.

    Pour cette neuvième édition d’Escale à Castellon, les organisateurs attendent encore cette année 800 000 visiteurs à cette grande fête de la mer pour découvrir notamment une grande diversité de bateaux historiques. Parmi ceux-là le Nao Victoria, réplique de celui avec lequel Fernand de Magellan réalisa le premier tour du monde de 1519 à 1922, un des faits majeurs de la navigation dans l’histoire. La présence de ce bateau symbolise l’exploration, l’histoire navale et la rencontre des cultures. Castellon, escale finale de la « Via Mediterranea », accueillera donc les bateaux en provenance de La Spezia et de Sète, porteurs des traditions de chaque port rappelant que cette traversée n’est pas qu’une simple croisière, mais que la Méditerranée est un espace de partage, un lieu où les cultures se font écho, où les peuples se reconnaissent et peuvent construire ensemble l’avenir.

    Journaliste,

    président de l’Association pour le Souvenir

    de l’exil républicain espagnol

    (Aseref)

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Regards de Provence, le grand silence d’Albert Dubout

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Regards de Provence, le grand silence d’Albert Dubout

    Le tome quatre de son catalogue raisonné dénombre seulement 77 huiles sur toile ou sur bois. Entre autres, un David et Goliath de 1931 jovialement monstrueux et dissymétrique ainsi qu’un Autoportrait de 1938, ironique et songeur, deux toiles qu’on aperçoit au premier étage du Musée Regards de Provence.

    Dans ce très complet catalogue, des portraits d’amis, quelques natures mortes, des vues de village, des chats et des silhouettes burlesques – Don Quichotte, des petits-bourgeois vaniteux, une « Sous-maîtresse » pas du tout désirable et des vieilles matrones coiffées avec des chapeaux à fleurs – sont plaisants mais n’ont rien de miraculeux.

    Tableau bariolé et pointilliste

    En revanche, deux grands tiers de ces peintures sont consacrés à des silhouettes de matadors, aux courses de vachettes et aux corridas. Plusieurs des titres de ces toiles – « Le Moment des clarines », « l’Attente », « Monumental » ainsi que le rappel d’un très justement célèbre vers de Garcia Lorca – pointent la passion et le respect que Dubout pouvait éprouver en face des instants les plus tragiques de la corrida.

    Cet intraduisible de Lorca – « A las cinco de la tarde » n’est évidemment pas l’équivalent de « Cinq heures de l’après-midi – Albert Dubout en donne une vision à la fois ensoleillée et intranquille. Les bruissements de couleurs, les taches blanches, oranges ou bien rouges qui évoquent la foule sont interchangeables. Les hommes, les femmes et les enfants sont identiques. Les rumeurs et les ovations sont énormes, le souci du détail disparaît.

    Ce tableau bariolé et pointilliste laisse entendre que dans cette immense chorale, les rires et les sifflets peuvent soudainement s’interrompre. Dans ce gentil tournoiement de couleurs, au cœur de cette simplicité bon enfant, les lames et les découpes de la lumière sont d’ores et déjà omniprésentes. Les ombres pourraient brusquement grandir : la totale indécision de cet instant peut basculer du côté de l’insouciance de la fête, ou bien vers l’irrémédiable.

  • [Kallisté] Dio vi salve Regina

    [Kallisté] Dio vi salve Regina

    Au départ, un chant religieux italien ; composé entre 1676 et 1681 par Saint Francesco de Geronimo, prédicateur napolitain, c’est la paraphrase de l’hymne religieuse latine (Salve Regina) composée vers la fin du XIe siècle par Adhémar de Monteil. Les relations entre Naples et la Corse sont à l’époque assez étroites : des Corses vivent à Naples et des hommes d’église napolitains viennent prêcher en Corse. C’est alors que ce chant d’origine napolitaine se fait connaître en Corse. Au mois de janvier 1735, à la Consulta d’Orezza, est votée la Constitution démocratique de l’île de Corse, et la Corse est placée sous la protection de Marie. La Consulta choisit à cette occasion le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, comme jour de la Fête Nationale. Le chant devient en 1762 l’hymne national. Dans cette version, un nouveau couplet, écrit directement en langue corse, est ajouté.

    Évocation et puissance

    Il fait référence à la victoire sur les ennemis de la Corse et, par là, signifie la nouvelle fonction de ce texte : « Voi da nemici nostri (Sur nos ennemis) – A noi datte victoria (Donnez-nous la victoire)- E poi l’eterna gloria – (Et puis l’éternelle gloire) In paradisu – (Au Paradis) ».

    Gênes reprenant rapidement les choses en main, la plupart des chefs corses, dont le père de Pascal Paoli, sont contraints à l’exil, qui conduit la famille Paoli… à Naples ! Dans les années 1970, le chant connaît un regain de faveur dans la culture corse. Il est aujourd’hui pratiquement chanté à la fin de toutes les cérémonies, religieuses ou profanes, et interprété en polyphonie traditionnelle (paghjella) à trois voix. Il est même, parfois, de nos jours, utilisé à l’ouverture de certaines sessions de l’Assemblée de Corse.

    La qualité musicale, servie par le chant polyphonique, et la puissance évocatrice des paroles, expliquent sans doute l’attachement de toute une communauté à ce chant devenu la voix de notre île.

  • Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Vin de Pierrevert, compotes de Volonne, œufs de Mirabeau, miel d’Entrevennes… Le nouveau magasin de producteurs, ouvert depuis vendredi sur la zone industrielle Saint-Christophe de Digne-les-Bains, propose les produits locaux d’une soixantaine de producteurs du département. Quatorze d’entre eux se sont associés et ont investi dans la société (une SAS) pour faire naître ce projet.

    « Il est difficile de se faire une place et de trouver des endroits où vendre nos produits dans le département. J’étais obligée d’aller jusqu’à Aix, tous les marchés sont déjà pris », témoigne Alessia Anciaux Bach, éleveuse de chèvres à La Robine-sur-Galabre et présidente de la SAS Producteurs du Pays dignois, à l’origine du projet du magasin, appelé La Chèvre et le Chou. L’idée est d’ailleurs venue d’un producteur qui avait sollicité la Chambre d’agriculture, car il avait besoin d’un point de vente.

    Ici, chacun à tour de rôle, une trentaine de producteurs tiennent des permanences et travaillent dans le magasin, conseillent les clients et alimentent les rayons, deux demi-journées par mois. D’autres déposent juste leurs produits sans donner de leur temps et ont alors un taux de commission légèrement plus élevé (30% au lieu de 23%).

    Pratique et accessible

    « On a mis beaucoup de temps à trouver un local. Beaucoup étaient hors de prix, ou pas libres tout de suite. On a même fait une pause d’un mois et demi tellement on était démoralisés », se rappelle la présidente de la SAS. « On voulait que ce soit dans la zone industrielle Saint-Christophe, car on est très nombreux à être sur le marché, mais certains habitants ne peuvent pas y aller », explique-t-elle.

    « On a pas mal de producteurs dans les marchés, mais encore faut-il être disponible ! Ici, c’est plus proche de chez nous », abondent Eliane et Jean-Jacques, couple de retraités venus pour l’ouverture du magasin, contents de découvrir de nouveaux producteurs. Le magasin est facilement accessible et ouvert de 9h à 19h tous les jours, sauf le dimanche. Les travailleurs des alentours peuvent ainsi facilement y faire leurs courses sur leur pause déjeuner.

    Seuls quelques produits viennent d’autres départements voisins : des agrumes, du riz de Camargue ou encore des noix d’Isère. Dans les étalages, on trouve des fromages fourrés aux marrons, des produits de cosmétique à la lavande, des infusions de plantes locales, du safran de Provence, des fruits et légumes, des yaourts, et, à chaque fois, une photo et une présentation de l’agriculteur qui a produit les aliments proposés.

    2 avenue Gutenberg, Digne.