Author: tecnavia

  • Les croix de la discorde à Comps

    Les croix de la discorde à Comps

    Sommes-nous revenus au XIXe siècle, époque durant laquelle l’Église catholique avait entrepris une reconquête symbolique de l’espace public en installant des croix au sommet des montagnes en opposition à la déchristianisation de la fin du XVIIIe siècle et à la Révolution française ? Dans le Gard, certains doivent le penser, puisqu’ils ont accroché deux croix catholiques sur les hauteurs de Comps, près de Beaucaire.

    Tout commence en 2025. Une première croix en bois est installée sans autorisation et y restera plus d’un an, jusqu’à ce qu’un inconnu la démonte. Mais en mai dernier, une nouvelle croix, cette fois en métal, est solidement accrochée à la roche au même endroit. L’association Action citoyenne anti-raciste et antifasciste à Beaucaire (ACAAB) alerte alors la Ligue des droits de l’Homme et la Libre pensée du Gard pour que cette croix illégale soit démontée, en respect de la loi de 1905.

    La polémique devient alors particulièrement violente. Laure Cordelet, présidente de l’association ACAAB, reçoit plusieurs menaces. Dans le même temps, de très nombreux habitants se mobilisent pour sauver cette croix symbole, selon eux, du patrimoine et de la culture française… Une pétition est même lancée en ligne pour rassembler les soutiens à la présence du symbole religieux dans l’espace public (348 personnes l’ont déjà signée).

    « Sur des parcelles qui appartiennent à une collectivité publique, c’est interdit d’apposer des symboles religieux quels qu’ils soient en vertu de l’article 28 de la loi de 1905. Sur une parcelle privée, chacun fait ce qu’il veut, même si elle est visible de l’extérieur. Toutes les croix installées avant 1905 peuvent être restaurées sans problème parce qu’elles sont devenues patrimoniales et qu’elles datent d’avant la séparation historique de l’Église et de l’État », recadre Nicolas Cadène, ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité.

    Une deuxième croix apparaît

    Pendant que la polémique enfle et s’accompagne de tags de soutien, une nouvelle croix, celle-ci en bois, apparaît, toujours sur les hauteurs de Comps. Après vérification, il s’avère que ces croix ont été apposées sur des terrains appartenant à la mairie de Beaucaire pour la première, et au Département du Gard pour la seconde. Le maire de Comps, Alain Laget, a ainsi contacté les deux collectivités pour leur demander d’appliquer la loi. Le Département a rapidement réagi en signifiant que la croix en bois serait retirée. Pour l’heure, la municipalité de Beaucaire n’a pris aucune décision et son maire RN Nelson Chaudon, qui avait été condamné à 103 000 euros pour avoir laissé une crèche dans la mairie, ne semble pas opposé à la présence de la croix.

    D’autres militants d’extrême droite ont même tenté un parallèle hasardeux entre la présence de la croix dans l’espace public et le port du voile islamique. « Ça n’a rien à voir. Est-ce que les croix sont interdites sur les gens ? Grâce à la laïcité, les gens ont le droit à la liberté de conscience et de conviction. Il y a d’un côté l’administration qui doit être neutre pour traiter tout le monde à égalité. De l’autre, les citoyens qui ne sont pas neutres, sinon on est dans un régime autoritaire où plus personne ne peut avoir des idées. Porter un voile n’est pas du prosélytisme. Le prosélytisme, ce sont des prises de parole, des écrits, des slogans, ça n’a rien à voir », rappelle Nicolas Cadène. Reste que la croix, à l’instar de la crèche, pourrait bien devenir la nouvelle marotte du maire RN de Beaucaire.

  • La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    La LPO en congrès national, mobilisée pour la biodiversité

    Table ronde, échanges, sorties nature… La cité phocéenne accueille le congrès national de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) ce samedi 20 juin. Une première se félicite Danielle Castagnoni, présidente de la LPO Paca D’abord, « c’est vraiment une ville où on a développé des partenariats importants, que ce soit au niveau de la sensibilisation, de la protection des espèces et des espaces, de l’éducation à l’environnement, on mène beaucoup d’actions avec la Ville », explique-t-elle. Dans une région « très riche en biodiversité » mais aussi « fragile » sous la pression du tourisme et du développement urbain, ce congrès a aussi toute son importance estime Danielle Castagnoni.

    Avec plus de 400 bénévoles et près de 5 000 adhérents sur l’ensemble du territoire, la LPO Paca est engagée depuis près de 30 ans sur « un grand nombre de fronts », rappelle sa présidente. Une priorité cependant : informer et sensibiliser. Citoyens, entreprises, collectivités, établissements scolaires, la LPO implique une large palette d’acteurs. Où l’on peut apprendre à identifier les libellules à Hyères, se former sur les reptiles méditerranéens dans les Bouches-du-Rhône ou suivre un webinaire sur le campagnol amphibie.

    Une trame verte

    Parmi les projets phare, ajoute Danielle Castagnoni, le réseau de refuges LPO. « Ce sont des personnes, des entreprises ou des institutions, qui vont décider de transformer leur terrain, leur jardin, en refuge de manière à accueillir la biodiversité », explique-t-elle, « notre volonté, ça serait de faire une trame verte pour permettre à cette biodiversité de se déployer sur tout le territoire ».

    L’école ornithologique, avec six formations théoriques et terrains destinés aux particuliers comme aux professionnels, a également « un gros succès » se félicite-t-elle, 90 personnes ayant participé cette année. L’association réalise aussi des études aux côtés des scientifiques. Comme celle publiée ce 16 juin sur la Pie-grièche méridionale dont la région abrite la plus grande population malgré le déclin de l’espèce en Europe, avec l’Institut méditerranéen biodiversité et écologie. Il faut dire que grâce à son réseau d’observateurs, la LPO Paca dispose d’une base de 13 millions de données sur la faune sauvage, des observations récoltées depuis 2009 au moyen d’une application sur smartphone. « On vient aussi de reprendre en 2026, en cogestion, les marais du Vigueirat en Camargue. Un hot spot particulièrement riche en oiseaux », annonce Danielle Castagnoni.

    Toujours dans cette optique de préservation, le congrès abordera notamment les 50 ans loi de protection de l’environnement. Parce qu’on « assiste à la volonté de dégrader », déplore Danielle Castagnoni. Et la LPO ne compte pas laisser faire.

  • Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    Matheos Jaadar n’a pas froid aux yeux

    C’est par son père qui dirige une petite société de climatisation, que Matheos Jaadar a découvert ce métier. « Ce domaine, c’est grâce à mon père que je m’y suis intéressé », confie le jeune homme de 20 ans. Cela fait maintenant six ans qu’il pratique, – après avoir débuté dans le domestique – dans la climatisation et les centrales de traitement d’air, avant de passer par une entreprise mêlant agroalimentaire et froid industriel, et de se spécialiser entièrement dans le froid, le domaine qui le passionne le plus aujourd’hui.

    Son parcours de formation est dense. Après un CAP où il apprend les bases du montage comme les raccordements fluidiques et le câblage électrique, Matheos poursuit avec un brevet professionnel en froid énergétique au CFA d’Aix-les-Milles, puis un bac pro en froid et énergie domotique. Une étape clé, qui lui permet d’apprendre à calculer la puissance frigorifique nécessaire pour chaque installation. Aujourd’hui, il prépare un BTS Fluides, Énergies, Domotique (FED), en alternance, pour approfondir encore ses compétences et accéder, à terme, au bureau d’études.

    Son métier ? Concevoir des systèmes frigorifiques destinés aux supermarchés et à l’industrie agroalimentaire. « On fait de la commande de meubles et de centrales du système frigorifique », explique-t-il. Son rôle couvre tout le cycle : raccordement, démarrage, dépannage et entretien des installations.

    Un métier tous les jours
    différent

    « C’est un métier qui est très polyvalent », résume-t-il. Sur chaque chantier, tout est à « construire depuis zéro. » Il faut d’abord réaliser le lotage, qui consiste à planifier le chantier en différentes zones de travail, pour avancer de façon méthodique plutôt que dans le désordre. Ce n’est qu’une fois cette préparation terminée que le raccordement des tuyaux et la mise en route du système peuvent commencer. Une organisation rigoureuse, indispensable selon Matheos pour mener à bien chaque installation. « J’ai appris à travailler sans être bordélique », confie t-il. Vient ensuite le supportage, c’est-à-dire poser les structures métalliques qui vont fixer et maintenir les tuyaux sur les murs ou les plafonds, avant même de pouvoir installer la moindre tuyauterie.

    Pour Matheos, c’est précisément cette diversité qui rend le métier passionnant. « Chaque jour, on voit une nouvelle évolution et on continue d’apprendre », souligne-t-il. Cette polyvalence, mêlant technique, calcul et organisation est, selon lui, ce qui distingue ce métier des autres filières de l’énergie. « Mon but, c’est de continuer d’apprendre, d’évoluer et de pouvoir monter les échelons », jusqu’au bureau d’études qu’il vise à terme. Un objectif qu’il compte bien atteindre en poursuivant ses études après le BTS, par une licence professionnelle dans les métiers de l’énergie. Et c’est cette ambition qui l’a poussé à se qualifier aux Worldskills, à Marseille en octobre dernier, une compétition nationale où de jeunes professionnels s’affrontent sur leur métier.

  • A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    Dans l’une des salles de classe ultra-modernes, dont les baies vitrées donnent sur la Sainte-Victoire, un tableau tactile permet de faire défiler l’avant et l’après du lieu. Dans ce qui était autrefois une maison de famille, dont les murs sont loués par un particulier, une unité dite Dys vient d’être inaugurée ce vendredi, en présence des équipes et des partenaires officiels. Parmi lesquels l’Agence régionale de santé (ARS), l’Éducation nationale, la Ville de Mimet et l’association Climatique d’Aide à l’Enfance, qui gère l’établissement.

    Extension du service de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) historique du Valprévert, cet espace, l’un des rares sur le territoire, permettra dès la rentrée prochaine d’accueillir une trentaine de jeunes élèves atteints de troubles sévères et spécifiques du langage et des apprentissages, plus communément appelés troubles Dys, puisque regroupant la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, les troubles du langage oral… L’unité n’a pas attendu l’inauguration des locaux officiels – spacieux etmodernes – pour enclencher les accompagnements. Depuis septembre 2023, l’installation de pré-fabriqués permettait d’accompagner une dizaine d’enfants et les équipes. En parallèle étaient menés les travaux sur cette bâtisse qui garde ses murs ocres et ses espaces verts.

    Quarante élèves accueillis en septembre

    D’ici la rentrée, quarante élèves – certains accueillis en hôpital de jour, d’autres sous le statut d’internes – occuperont les lieux pour un suivi spécialisé, le temps d’une à deux années. « Ils seront sur place pour une rééducation intensive avec un projet thérapeutique propre à chaque enfant, détaille Pascale Colas, médecin pédiatre en charge de l’unité Dys. Ils ont une pédagogie différenciée suivie par des enseignants spécialisés. On a des enfants qui ont des difficultés scolaires, des apprentissages avec une lecture non fonctionnelle. Qui sont intelligents, mais qui ont un trouble neuro développemental (…) qui, avec de la rééducation, à plutôt une évolution favorable. » L’objectif du travail dans ce lieu, reste « de consolider les apprentissages fondamentaux, pour que l’enfant retourne en milieu ordinaire en sachant lire, en ayant un niveau de transcription, d’orthographe et de grammaire suffisant pour pouvoir, avec des adaptations, continuer en milieu ordinaire », poursuit Pascal Colas. Pour qu’un enfant puisse être intégré au suivi de cet établissement, une orientation du médecin généraliste est nécessaire, sur recommandation de l’école ou référent MDPH. « On a quand même beaucoup plus d’espaces, de moyens, et le fait d’avoir d’autres professionnels qui soient arrivés apporte un peu plus de richesse », estime Blandine, neuropsychologue. Dans ce lieu, les équipes confient espérer gommer les stigmates qui planent autour des troubles Dys. « Nous inaugurons un lieu dédié à des enfants que l’on a parfois regardé trop vite, trop mal, ou trop peu, rappelle Christophe Imbach, directeur du SMR Valpérevert. Des enfants dont les difficultés d’apprentissage ont parfois été confondues avec du manque d’effort, d’attention, du manque de volonté (…) Cette unité est née pour cela, pour regarder autrement.»

  • Les opposants à la Très haute tension demandent un moratoire à l’État

    Les opposants à la Très haute tension demandent un moratoire à l’État

    Trente-six associations, une quarantaine d’élus, plusieurs syndicats agricoles. C’est forts de ces chiffres et personnalités du territoire concernés par le futur projet de ligne à Très haute tension que les opposants à RTE et l’État, porteurs du projet, ont réalisé une « photo de l’union sacrée » jeudi matin au Mas des Bernacles.

    « Le passage en force de l’État constitue une remise en cause de la démocratie territoriale » affirme le collectif THT13/30, mobilisé pour demander « un moratoire sur l’instruction de la déclaration d’utilité publique et l’arrêt des démarches de RTE pour préparer les futurs travaux ». Dans la même veine, l’opposition de l’Union pour Arles renouvelle sa « proposition de consultation citoyenne » et affirme que « les propositions concernant l’enfouissement méritent d’être examinées ». Le président (Ren) de la Région Paca Renaud Muselier a également pris position dans un courrier au préfet de région le 11 juin. « Il faut trouver une solution d’équilibre, avec une définition des besoins assortie d’un calendrier des projets industriels » avance l’élu, soulevant « l’idée d’un miniréacteur nucléaire à étudier » à plus long terme.

    Le patronat presse

    Le collectif patronal Provence Fabrique des possibles balaie ces perspectives. « Les besoins électriques de notre région ont été établis par RTE à +4GW d’ici 2030, communiqués lors du débat public global » affirme le collectif, insistant : « La seule solution à même de répondre aux délais et à la consistance électrique. » Et aligne les promesses : « 60 000 emplois directs et induits » pour 2030. Les deux enjeux sont-ils irréconciliables ?

  • Force trois pour les treizistes au France

    Force trois pour les treizistes au France

    Il va faire chaud dans le Nord de la France et plus précisément sur le boulodrome du Douaisi, cadre du championnat de France triplette féminin 2026. À moins de deux semaines du coup d’envoi du GP féminin Paprec, dans les allées du parc Borély, les meilleures joueuses tricolores sont en répétition générale ce week-end. Le Comité bouliste des Bouches-du-Rhône aura pour la circonstance trois fers au feu, depuis que les joueuses de Saint-Barnabé ont rejoint par le chemin de la ligue, les championnes départementales ciotadennes et leurs dauphines, les Salonaises des Canourgues.

    Championnes des Bouches-du-Rhône, Cassandra Dumas, Mégane Cacciatore et Sandra Herrero, aborderont leur France (poule 25), face aux joueuses d’Isabelle Lanneau (Loiret). Véronique Randrianarizafy, Ghislaine Faralli et Valérie Fornelli, les vice-championnes, entameront (poule 12) face à Cyrielle Bonnard et ses partenaires des Pyrénées-Orientales. Enfin, les trois « S », Sabine Fara, Stéphanie Fournier et Séverine Roche, ouvriront dans la poule 16, face à un trio de la Nouvelle-Aquitaine conduit par Karine Soroca.

    Pour les représentantes du 13 on attendra une belle compétition et pourquoi pas de les voir ramener le Graal le 3 juillet au parc Borély, pour un tour d’honneur qui saluerait ce succès au rythme de l’hymne national.

  • SOS Méditerranée, lueur d’espoir et d’humanité

    SOS Méditerranée, lueur d’espoir et d’humanité

    Toujours là. » C’est au sein de l’auditorium du Mucem à Marseille que SOS Méditerranée a dévoilé, vendredi, un rapport inédit : « En pleine tempête ». Le document revient sur les dix années d’opérations de l’association de sauvetage et de recherche en mer. « J’espère que le Mucem continuera à être ce que vous recherchez : un port sûr », martèle Cécile Dumoulin, responsable du département du développement culturel et des publics du musée. C’est dans ces lieux qu’en 2015 l’association, nouvellement fondée, avait organisé l’une de ses premières manifestations. Et c’est toujours ici que sont célébrés, ce samedi, ces dix ans en mer (lire ci-contre). « On partage ces valeurs républicaines et humanistes », insiste Cécile Dumoulin.

    En dix ans, SOS Méditerranée a secouru avec ses deux navires 43 418 personnes, au cours de 464 opérations menées en mer. Des enfants, des femmes, des hommes, qui, sans le secours des équipages auraient pu sombrer au fond de la Méditerranée. Dans ce rapport, l’organisation documente comment, au fil des années, les États européens se sont désengagés du sauvetage en mer, ont externalisé le contrôle des frontières et accentué la criminalisation de l’action humanitaire. Pour l’association, le point de bascule intervient en juin 2018, lorsque la coordination des secours est transférée des garde-côtes italiens aux garde-côtes libyens. Cette année-là, sont atteints des « sommets de harcèlement administratifs », assène Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée. Les équipes sont alors contraintes d’arrêter l’affrètement de l’Aquarius, qui a secouru entre mars 2016 et décembre 2018 quelque 29 523 personnes.

    Entraves de Rome

    et Tripoli

    Le deuxième navire, l’Ocean Viking est allé au secours de 13 895 rescapés entre août 2019 et juin 2026. Ce contraste entre les chiffres symbolise à lui seul la répression accrue. « On est beaucoup moins opérationnels, beaucoup moins efficaces dans notre mission parce qu’on ne nous transmet plus les alertes de détresse. En dix ans, on est passé de 70% des cas de détresse signalés par les autorités maritimes à 4% », déplore Sophie Beau. Entre 2020 et 2023, le navire a été détenu à trois reprises pour des raisons techniques, pour un total de 150 jours. Près de cinq mois durant lesquels les morts se sont accumulés dans ce cimetière marin qu’est devenue la Méditerranée.

    C’est également en 2023 que le décret Piantedosi que le gouvernement d’extrême droite italien impose aux navires de sauvetage de rejoindre immédiatement le port assigné par les autorités, souvent très loin de la zone de sauvetage.

    À ce tableau déjà sombre, s’ajoute la violence de Tripoli. « En août 2025 on a été pris pour cible, attaqués à balles réelles par les garde-côtes libyens alors qu’on patrouillait en eaux internationales », relate Soazic Dupuy, directrice des opérations de SOS Méditerranée, appuyant sur le « traumatisme » provoqué par cette épreuve. Face à toutes ces entraves, « on se retrouve très seuls, très impuissants », regrette-t-elle. Mais partout, des lueurs d’espoirs subsistent. « Depuis que la Méditerranée se vide des navires civils de sauvetage, on est plus en interaction avec les navires marchands », atteste Soazic Dupuy.

    « Résistance »

    L’association qualifie son action de « résistance ». Car cette semaine, le Parlement européen, phagocyté par la droite et l’extrême droite, a voté la mise en place de « hubs » de retour pour les migrants, soit des centres de rétention en dehors des frontières de l’UE. « La société civile n’a jamais été indifférente malgré tout ce qu’on entend de discours défaitistes ou sombres sur cet écrasement de nos valeurs fondamentales. En fait, beaucoup de personnes sont attachées à ces valeurs d’humanité, de solidarité, de fraternité et ça s’incarne très concrètement dans notre mission », insiste Sophie Beau.

    Les bénévoles n’ont jamais été aussi nombreux et conscients de cette mission vitale. « Nous sauvons des vies. Si notre bateau n’est pas là, ces personnes meurent en mer, cette évidence-là s’impose chez beaucoup de citoyens ». Et pour cause, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense 1 342 personnes disparues en mer depuis le début de l’année.

    « Nous sauvons des vies. Si notre bateau n’est pas là, ces personnes meurent en mer »

    43 418

    C’est le nombre de rescapés sauvés par SOS Méditerranée depuis mars 2016 avec ses deux navires, l’Aquarius et l’Ocean Viking, au cours de 464 opérations de sauvetage. Parmi lesquels figurent 10 524 enfants, dont 80% étaient non accompagnés.

    35 002

    C’est le nombre de personnes décédées en Méditerranée depuis le début du recensement par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Depuis le début de l’année, au moins 1 342 personnes ont disparu en mer. Ce qui fait de 2026 l’année la plus meurtrière.

  • À Nîmes, l’archéologie creuse son sillon populaire

    À Nîmes, l’archéologie creuse son sillon populaire

    À Nîmes, il suffit parfois de creuser un parking, de restaurer une arche ou d’ouvrir une tranchée pour que la ville, soudain, se mette à parler. Vendredi 12 juin, la Ville de Nîmes et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont renouvelé leur partenariat scientifique et culturel, en présence du maire Vincent Bouget et du président de l’Inrap, Dominique Garcia.

    Derrière la signature, une ambition : faire de l’archéologie non pas un luxe de spécialistes, mais « un moteur de connaissance, de transmission et de rayonnement pour la ville », dans cette ville où l’on construit souvent sur les strates du passé. Depuis plus de 40 ans, l’Inrap accompagne les transformations urbaines de Nîmes. Plus de 400 diagnostics et près de 140 fouilles préventives ont déjà été réalisés, révélant une richesse qui court de la Préhistoire à l’époque contemporaine.

    La ville sous la ville

    La célèbre mosaïque de Penthée, découverte en 2007 lors du chantier du parking Jean-Jaurès, ou encore les traces d’un amphithéâtre antérieur aux Arènes, rappellent que chaque aménagement peut devenir une porte ouverte sur le passé. « Nîmes a participé à la construction de l’archéologie préventive en France », a salué Dominique Garcia.

    Mais le partenariat ne se limite pas aux fouilles. Expositions, conférences, visites de chantiers, colloques, publications et bientôt atlas numérique doivent rendre ces savoirs accessibles aux habitants, aux scolaires, aux chercheurs comme aux visiteurs. « Ces recherches méritent d’être diffusées auprès de tous les publics », insiste Vincent Bouget. Le Musée de la Romanité, dont les collections reposent largement sur ces découvertes, demeure au cœur de cette dynamique.

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.

  • Célébrer la nature au château de la Saurine

    Célébrer la nature au château de la Saurine

    C’est en pays d’Aix et plus précisément sur la commune de Meyreuil, dans le parc du château de la Saurine que l’association Arc Fleuve Vivant organise la deuxième édition de la Fête de la nature ce samedi entre 10h et 18h. « Nous organisons cette édition dans ce lieu majestueux avec un espace extérieur d’une quinzaine d’hectares au milieu duquel passe le fleuve de l’Arc », explique Stéphane Salord, co-président de l’association Arc Fleuve Vivant créée il y a trois ans.

    « Cette journée est un rassemblement associatif avec une cinquantaine d’associations présentes le jour de l’événement mais il y aura aussi beaucoup d’animations diverses et pour tous les âges parce que la nature, la biodiversité et l’environnement concernent les plus jeunes comme les plus âgés », détaille-t-il.

    Des rendez-vous pour petits et grands

    Stands associatifs, expositions, conférences et animations prévues rythmeront cette fête. « Le but c’est aussi d’ancrer différents éléments à travers les thématiques principales que sont la santé et l’environnement puisqu’on ne peut pas être en bonne santé dans une nature malade et la nature ne peut pas être en bonne santé si nous la polluons», campe Stéphane Salord avant de développer : « Il sera également question de débat de civilisation, c’est-à-dire que nous avons besoin d’un droit spécifique pour la nature et du développement d’autorités de contrôle pour le maintien de la biodiversité. Enfin, il est important de rappeler que la situation climatique est urgente, les alertes canicules sont de plus en plus précoces et nous ne sommes à l’abri de rien que ce soit pour les forêts ou pour la Méditerranée ».

    Un fleuve qui a façonné les paysages de Provence

    A l’ombre des arbres, cette journée est faite pour « flâner, prendre le temps et partager » le tout aux abords de ce fleuve témoin de l’histoire et acteur à part entière dans la création des reliefs que l’on connaît en Provence.

    « Le fleuve de l’Arc est un fleuve collinaire qui prend naissance dans la Sainte-Baume et son sillon se poursuit jusqu’à la commune de Berre-l’Etang où il se jette dans la mer », précise Stéphane Salord. « Peu connu du grand public, nous avons pour ambition à travers la Fête de la nature et grâce aux actions que nous menons au sein de l’association, de le remettre au cœur du village, de lui redonner toute son importance et sa superbe. Tant pour ce qu’on lui doit historiquement que géologiquement sans oublier que ce climatiseur naturel est un outil et in instrument de premier plan pour notre avenir. » Et de poursuivre : « C’est aussi un cours d’eau de 89 kilomètres qui est vecteur de biodiversité mais qui est menacé parce qu’en cette période il risque d’arriver à un débit proche de zéro. Nous observons également des épisodes de pollution et nous nous devons d’être des lanceurs d’alerte sur le sujet ».

    Samedi de 10h à 18h.

    Entrée libre