Author: tecnavia

  • [Entretien] Igor Zamichiei, PCF : « L’élection présidentielle est un moment de lutte de classe »

    [Entretien] Igor Zamichiei, PCF : « L’élection présidentielle est un moment de lutte de classe »

    La Marseillaise : Le 40e congrès du PCF s’ouvre ce vendredi à Lille. Avec quel état d’esprit l’abordez-vousj’ai relu et prolexisé, tu peux le prendre ?

    Igor Zamichiei : C’est un congrès très important :  dans la nouvelle étape de la crise du capitalisme, il ambitionne de redonner une perspective au pays et à la gauche. C’est le sens du texte que nous avons adopté, « Un communisme de conquête », qui vise à ouvrir un chemin politique pour la conquête de nouveaux pouvoirs par le monde du travail.

    Parmi les concepts clés au cœur
    du débat, il y a l’idée de défendre
    un socialisme aux couleurs de
    la France. Pourquoi cette idée fait-elle son retour
     ?

    I.Z. : On assume de reparler du socialisme, non comme une formule nostalgique, mais vraiment comme un processus de transformation sociale pour l’émancipation humaine, en prise avec les réalités du XXIe siècle. Le socialisme que l’on porte dans ce texte, c’est le pouvoir des travailleurs et des travailleuses sur l’économie, sur le travail, sur l’argent et sur l’avenir du pays, pour la réponse aux besoins, à l’écologie, à la nécessité de la paix. Pour cela, nous mettons en avant plusieurs piliers : la planification démocratique, l’appropriation sociale et publique des moyens de production, l’émancipation culturelle.

    Les militants ont fait le choix de la base commune qui défend la légitimité d’une candidature communiste. Pourquoi choisir ce chemin ?

    I.Z. : Nous abordons 2027 avec beaucoup de gravité. Pour battre l’extrême droite, renforcer la gauche et gagner des avancées pour la classe travailleuse. Ces élections, présidentielle et législatives, ne sont pas une parenthèse institutionnelle, c’est un moment de lutte de classe. C’est une des raisons de la candidature communiste. Nous voulons mettre à disposition du pays une candidature qui met au centre du débat les salaires, l’emploi, une nouvelle politique industrielle, sociale et écologique, la paix. Et une candidature qui serve aussi à préparer les législatives parce que l’enjeu c’est aussi de faire élire le plus grand nombre possible de députés de gauche, et parmi eux de députés communistes, qui seront utiles pour le monde du travail.

    Certains s’inquiètent d’une division de la gauche face à l’extrême droite…

    I. Z. : Notre réponse à l’extrême droite, c’est de reconstruire l’unité du monde du travail. Il faut unir celles et ceux que l’on cherche à diviser, sinon nous ne renforcerons pas la gauche qui aujourd’hui plafonne à 30% des intentions de vote. C’est tout le sens de la candidature communiste, on fera reculer l’extrême droite en répondant à la colère qui s’exprime dans le pays.

    Fabien Roussel avait dénoncé les ingérences de la France insoumise dans le débat des communistes.
    Le message a été entendu
     ?

    I.Z. : Notre boussole est simple : rassemblement, oui, effacement, non. Et le rassemblement doit toujours partir du réel, pas de discussions de sommet. Malheureusement, on constate que LFI a joué la division aux municipales et ne conçoit le rassemblement pour la présidentielle que derrière Jean-Luc Mélenchon. Nous continuerons à tendre la main à toutes et tous pour combattre l’extrême droite et pour gagner des avancées.

  • La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    La SNCF veut rendre sa police ferroviaire plus efficace

    Tout sourire, Jean Castex déboule en gare centre d’Avignon, ce jeudi, ravi d’avoir emprunté la Virgule qui assure la liaison avec la gare TGV. Le PDG de la SNCF se remémore l’histoire de ces gares, à l’époque où il était secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, au début des années 2000. Mais l’ancien Premier ministre époque Covid est surtout là pour signer une convention de partenariat avec le parquet d’Avignon et la police nationale pour le compte de sa police ferroviaire [Suge, pour service de surveillance générale de la SNCF].

    Un dispositif déjà à l’œuvre dans une dizaine de territoires. Le principe doit à la fois rendre plus confortable le parcours des victimes, tout en simplifiant les procédures pour les agents de la police ferroviaire. « L’enjeu, derrière cette simplification, est de permettre à nos agents d’être plus sur le terrain et moins dans la paperasse », expose Jean Castex. Sur 3 200 agents en poste sur le réseau national, une brigade de 35 est affectée à Avignon. Il est important de souligner que la convention porte sur des interpellations en flagrant délit lors d’incidents à bord de trains, que ce soit agressions, violences sexistes ou vol de valises.

    Là où, jusque-là, la police ferroviaire devait enclencher une procédure assez lourde, devant être entendue par l’officier de police judiciaire par exemple, désormais, un protocole a été établi, qui reste évidemment dans le cadre légal juridique. « C’est très pratico-pratique avec un rapport d’observations type car parfois, il pouvait manquer des informations dans le passage de relais entre la Suge et la police, ce qui ne permettait pas au parquet de pouvoir caractériser l’infraction », détaille la procureure d’Avignon, Stéphanie Aouine.

    Le passager devra toujours déposer une plainte, mais pourra, par exemple, récupérer sa valise plus rapidement là où la rétrocession pouvait être longue. « On essaye d’immobiliser les gens le moins possible alors qu’ils sont déjà contrariés comme victimes et perturbés dans leur voyage », souligne Stéphanie Aouine.

    Canicule : comment la SNCF s’adapte

    Ce week-end marque le premier grand départ des vacances estivales avec 15 000 trains en circulation, ce vendredi. Le tout dans un contexte météo caniculaire. « Lors du précédent épisode, on a maintenu 9 trains sur 10 avec un taux de régularité de 80% », souligne Jean Castex. Pour viser le 10/10, le PDG de la SNCF annonce « qu’en 2028, on va augmenter de 30% le remplacement des caténaires ». « Il faut rendre nos voies plus solides, les caténaires, c’est ma hantise car certaines ont 40 ans d’âge et sont sensibles à la chaleur, pouvant entraîner l’arrêt du train faute de jus ». Des épisodes de train longtemps à l’arrêt avec des passager suffoquant ont marqué les esprits. Autre avancée, l’arrivée de TGV nouvelle génération [TGV-M en circulation à partir de septembre], équipés de batteries capable de prendre le relais en cas de panne de courant « et maintenir le chauffage, la clim voire amener le TGV en gare suivante à allure réduite », promet Jean Castex.

  • Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Après avoir fait virevolter jeudi l’Orchestre national de jazz dans le répertoire luxuriant de la cheffe et compositrice américaine Carla Bley, le Marseille jazz des cinq continents met le cap, vendredi 3 juillet, vers l’Égypte. Un pays dans lequel le chanteur et poète Abdullah Miniawy, en concert à la Vieille Charité, a émigré en 2011. Cette année-là, la Révolution égyptienne éclate en réaction notamment à la corruption du pouvoir et à l’incapacité des classes populaires à vivre dignement, se soldant par la démission du président Hosni Moubarak. En 2023, son projet Le Cri du Caire observait les cendres de cette époque.

    Voilà désormais ce « descendant contemporain de la tradition soufi », qualifie le festival, qui entremêle ses scansions à visées universelles aux cuivres rédempteurs de Robinson Khoury, Jules Boittin (trombones) et du trompettiste Erik Truffaz, dans Peacock dreams. Son dernier album en date qu’il fera entendre aux côtés de ces musiciens à Marseille, lors d’un concert dont la première partie sera assurée par Ubaq, trio basse-guitare-batterie à la musique ombrageuse et teintée d’éclats de lumière comme l’ubac d’une vallée, ce versant moins ensoleillé néanmoins sûr.

    Forces « diluviennes »

    Le lendemain, c’est la chanteuse franco-brésilienne Gildaa qui lancera le bal en ces mêmes lieux à 20h. Alternant violon, percussions et kora, cette artiste à la voix indomptable et aux Pensées diluviennes, suggère l’un de ses titres, livrera un spectacle aux accents de théâtre. Gabriel Gosse prendra le relais de la soirée à 21h. L’occasion pour ce chanteur et guitariste de défendre sur scène Mojo, son deuxième album diablement funky.

    Les 3 et 4 juillet à la Vieille Charité, à partir de 20h.
    15 euros pour les moins de 18 ans et 35
     euros en tarif plein. www.marseillejazz.com

  • La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    La galerie de la Marionnaise est désormais achevée

    Plus long, plus large, plus solide. La reconstruction de la galerie de la Marionnaise, tunnel paravalanche construit dans les années 1970 et devenu trop fragile, est désormais achevée. Un chantier inauguré ce jeudi par le président du Département, Jean-Marie Bernard, ainsi que par les maires du Monêtier-les-Bains et de Briançon, Jean-Marie Rey et Arnaud Murgia.

    La galerie se situe à 200 mètres sous le col du Lautaret, à 2 000 mètres d’altitude, sur l’un des plus hauts cols de France ouverts toute l’année à la circulation. Débuté au printemps 2024, le chantier s’est déroulé dans des conditions météorologiques complexes, entre vents violents et enneigement. Un défi de taille pour Razel-Bec, entreprise mandataire du groupement en charge des travaux. La contrainte consistait également à intégrer cette construction dans le paysage d’une zone classée Natura 2000, tout en maintenant une circulation alternée sur l’axe routier pendant les travaux…

    « Ici, au niveau climatique, en 200 mètres d’altitude, on dirait qu’on est montés de 1 000 mètres, a reconnu Terence Cusin, directeur régional Paca de Razel-Bec. C’était un chantier complexe aussi du fait de la circulation, très dense ici en été, avec beaucoup de véhicules et de cyclistes. » Au total, ce sont 490 mètres de tunnel reconstruits et 110 mètres d’extension. Les travaux, jour et nuit, ont nécessité 3 700 m3 de béton coulé et le travail de 80 ouvriers, pour un coût total de 27 millions d’euros, financé à 40% par le Département et par un cofinancement de l’État et de la Région.

    « Paradoxalement, ce n’est pas forcément la neige qui va le plus bloquer la circulation, mais le vent, qu’on appelle la tourmente, un vent tourbillonnant très positionné dans cet endroit. Le fait que le tunnel soit plus long va apporter plus de sécurité à ce niveau-là », a apprécié Arnaud Murgia. Le maire de Briançon a également salué l’installation d’une piste cyclable dans les deux sens de circulation ainsi que le maintien du trafic durant toute la durée du chantier. « C’est évidemment l’objectif pour les saisons hivernales puisqu’on vit du tourisme, et quand le tunnel ferme, Le Monêtier se retrouve avec des bus et des gens qu’il faut loger, donc, on ne veut plus que ça arrive », a-t-il rappelé, tout en mentionnant l’importance stratégique du col pour « avoir une logique de circulation entre les futurs pôles olympiques à Lyon et le Briançonnais ».

    « La galerie, il la faudrait tout le long »

    Pour autant, le vice-président du Département chargé des routes, Marcel Cannat, a rappelé les nombreuses fragilités qui demeurent sur le réseau routier haut-alpin. « On est face à un changement climatique avec des orages qui éclatent entraînant des coulées de boue à des endroits où ça n’était encore jamais descendu, anticipe-t-il. La galerie de la Marionnaise, il la faudrait tout le long, mais le coût de ce projet c’est 28 millions ; je rappelle le budget des routes, que je gère, c’est 30 millions par an. Notre département n’a pas assez de financement, donc on fait des rustines. »

    Enfin, Arnaud Murgia a donné rendez-vous à la délégation, dans quelques semaines, « 200 mètres plus haut », pour la présentation de la rénovation de l’ensemble du col du Lautaret dans le cadre du projet « Grands Cols » du Département.

  • [Entretien] Frédéric Vigouroux : « Je souhaite qu’un grand débat sur la mobilité ait lieu »

    [Entretien] Frédéric Vigouroux : « Je souhaite qu’un grand débat sur la mobilité ait lieu »

    La Marseillaise : La liaison routière Fos-Salon, passant par Miramas, est en concertation jusqu’au 15 juillet. Comment voyez-vous ce projet routier chiffré à 566 millions d’euros en tant que maire d’une cité cheminote ?

    Frédéric Vigouroux : Je n’oppose pas les modes de transport. Bien sûr, j’ai une sensibilité particulière pour le train puisque le nœud ferroviaire de Miramas est à l’origine de cette Ville. Le maître d’ouvrage de cette liaison, l’État, a rappelé, pour le financement, qu’il y aurait bientôt des négociations sur les concessions autoroutières. Il y a plusieurs options, comme la nationalisation ou le maintien en concession. Dans la discussion, il est envisagé qu’une partie des revenus des concessions alimente les réparations des réseaux ferroviaires. On peut difficilement dire « Vade Retro », car non seulement on peut faire porter sur le privé des investissements que l’État ne peut plus faire, mais en plus générer des recettes pour le rail.

    Le 22 juin dernier, en réunion publique, un péage a été annoncé. Comment l’accueillez-vous ?

    F.V. : Le péage sera négocié pour l’ensemble de la concession. Nous avons deux choix : soit on attend les financements publics, sans savoir quand ils tomberont, avec 60 ans de retard, ou alors on entre dans le jeu de la concession. Ça ne me dérange pas de faire payer les camions, quitte à reporter sur le train, mais ça m’ennuie pour les populations. À Istres et Miramas, nous n’avons plus de routes capables d’accueillir les gens qui ne voudront pas payer l’autoroute, car nous les avons réduites au profit d’espaces naturels. C’est pour cela que nous exigeons la gratuité entre nos villes. Mais aussi que les camions ne puissent plus passer par Grans depuis Salon, il faut les obliger à passer par l’autoroute.

    Pendant ce temps, le triage perd en activité. Comment éviter le drame social que représenterait son abandon ?

    F.V. : Déjà, par le doublement de la ligne électrique jusqu’au port. Ce n’est pas encore dans les tuyaux, mais on y travaille. Ensuite, il faut convaincre les industriels de remettre de la caisse et du vrac sur le train, outil industriel de déplacement. Le camion est plus simple, car il n’a pas besoin des mêmes infrastructures que le train. Mais le camion ne paye pas les siennes ! La concurrence est faussée depuis le départ, alors que le train offre un outil incomparable en matière de développement durable et de sécurité. De notre côté, avec des élus à la RTM, nous travaillons à refaire des trains au dernier kilomètre pour favoriser le report modal sur Marseille ou Gardanne, notamment pour le bois de la centrale. C’est un débat permanent et je pense qu’il faudra refaire un colloque. Il y a eu un tel démantèlement, avec séparation des métiers, arrêt des lignes secondaires, au moment où l’on relance des dynamiques industrielles et de décarbonation des transports. Et s’il passe des trains de marchandises, on peut imaginer des trains de passagers sur chaque voie, comme Rognac-Aix-Toulon. La situation générale ne permet pas d’affirmer quoi que ce soit. En revanche, il faut une concertation associative, des usagers, défenseurs de l’environnement, industriels et élus. Je travaille pour que le grand débat sur la mobilité ait lieu.

  • Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    « Tut tut ». Les camions de propreté de la Métropole de Marseille se succèdent dans la rue du Jet d’Eau, dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne. Les agents municipaux et métropolitains mobilisés ce jeudi matin s’activent pour la première opération de « Coup de neuf ! », un dispositif de propreté pensé par la Ville et la Métropole, qui sera déployé dans tous les arrondissements de Marseille.

    « Une forte demande des habitants »

    Pour l’instant, six rues du quartier sont concernées. « Il faut bien commencer par un secteur. Il y avait une forte demande des habitants », déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté dans la ville et désormais conseiller métropolitain.

    Jusqu’à présent, la propreté était une compétence de la métropole. La salubrité de la ville étant au cœur des débats, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, a créé ce poste et nommé Hedi Ramdane, pour « recoudre la ville et la métropole » sur cette compétence. L’idée étant de pouvoir coopérer et de « redonner un cadre de vie aux habitants ».

    Au delà de cette opération, un nettoyage des rues est réalisé quotidiennement dans différents quartiers de la ville. « On met les moyens nécessaires pour rééquilibrer les choses et rattraper toutes ces années où le travail n’a pas été à la hauteur », reconnaît Hedi Ramdane, également ancien adjoint au maire en charge de la jeunesse. Une ambition partagée par Hamza Aftis, adjoint à la mairie du 2e et 3e arrondissement, délégué au cadre de vie. « On se bat pour les habitants. Ils ont eu le sentiment de ne pas être écouté pendant des années. »

    Une colère qui s’exprime

    C’est le cas de cette riveraine, descendue de sa maison pour exprimer sa colère. « On est très énervés. Marseille est dégueulasse. On est à l’abandon ! » Et de ces deux amis âgés d’une quarantaine d’années, qui observent le travail des agents. « Ça fait deux ans qu’ils ne sont pas venus nettoyer », vitupère l’un d’eux. « C’est très bien, mais il faut que ça se poursuive », espère de son côté une habitante de la rue François Barbini.

  • Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Après une liesse populaire l’attendant dès son arrivée gare St Charles, Fadwa Barghouti s’est rendu dans la Maison des communistes jeudi. Sur place, les militants qui manifestent chaque dimanche porte d’Aix déploient une banderole représentant son époux. Sa visite à Marseille a été organisée dans le cadre de la campagne internationale pour la libération du leader palestinien Marwan Barghouti par la fédération PCF des Bouches-du-Rhône. Pour son chef et sénateur Jérémy Bacchi : « Le combat pour la libération de Marwan Barghouti est essentiel, à la fois pour l’homme mais également pour l’espoir de paix en Palestine. De notre point de vue il est le seul à tenir les clés d’une solution à deux États en Palestine, qui pourrait ouvrir la voie à une souveraineté du peuple palestinien sur ses terres », martèle-t-il.

    À ses côtés, l’épouse de celui qui est considéré comme le « Mandela de Palestine », insiste : « Marwan est un symbole de dignité nationale palestinienne. Ce n’est pas qu’un homme politique, c’est un être humain qui croit à la démocratie, aux droits, à la liberté et aux femmes », appuie-t-elle, « la responsabilité qu’il m’a donnée d’être sa représentante c’est un symbole de son respect », tient-elle à souligner. Alors, elle se fait sa porte-parole, partout dans le monde, appelant, depuis près de 25 ans à sa libération. Retenu dans les geôles israéliennes, Marwan Barghouti est constamment l’objet de violences physiques et psychologiques. Si l’on cumule ses périodes d’isolement il y aura passé plus de 10 ans. Sa femme ne l’a pas vu depuis quatre ans, il n’a pas vu grandir ses enfants, ne connaît pas ses petits-enfants. L’air grave, elle l’assure : « Il n’y aura pas de paix sans sanction. »

    Sur les murs de la fédération, l’une des affiches du Parti communiste en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. Celle-ci a été annoncée par Emmanuel Macron en septembre 2025. « Le combat ne s’arrête pas là pour nous, communistes. Il s’agit d’avoir maintenant une véritable représentation diplomatique de la Palestine en France avec une ambassade à Paris et des consulats en région », assène le sénateur.

    La veille, Marwan Barghouti a été fait citoyen d’honneur de Saint-Denis. Les maires communistes du département en discutent pour faire voter des délibérations en conseils municipaux. « Mais cette figure doit être défendue plus largement », insiste Jérémy Bacchi. C’est ce qui sera fait jusqu’à samedi, date de départ de Fadwa Barghouti. D’ici là, le programme est riche. « Nous sommes arrivés à une situation très difficile pour notre peuple. Cette solidarité que vous manifestez ici à Marseille arrive au bon moment. C’est ce qui prouve aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls face à l’occupation et au génocide », glisse-t-elle.

    Où la rencontrer

    Fadwa Barghouti sera honorée vendredi matin en mairie des 15-16 puis participera à une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail dès 15h30. Elle devrait rencontrer dans la journée Solidaires 13 et les élus insoumis locaux. À 17h, elle sera accueillie par l’association Schebba. À 19h30, la militante palestinienne sera au Gyptis pour la diffusion de Tomorrow’s Freedom, où Sawt Palestine préparera un repas. Enfin, Fadwa Barghouti participera samedi à 14h à Palestine United 2 que le collectif Union pour la Palestine Marseille coorganise sur le Vieux Port.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    La CGT démonte une entreprise de conquête idéologique

    Depuis l’automne, la CGT Éduc’Action essaie d’alerter sur un livret mal nommé Passeport du civisme, diffusé dans plusieurs communes de l’académie de Nice, « qui cherche à faire de l’école un terrain de conquête idéologique ». Nous avions relayé dans nos colonnes le 24 novembre la lettre ouverte envoyée à la rectrice. Nos confrères du Canard Enchaîné venant de révéler le pilotage par l’extrême droite de ce document présenté comme pédagogique.

    Parmi les soutiens de ce « passeport » mis en avant, figurent Geoffroy Boulard, maire parisien proche de la Manif pour tous, et David Lisnard, maire de Cannes. Et l’association qui porte le dispositif est financée par le « Fonds du bien commun » de Pierre-Édouard Stérin. Ce milliardaire « patriote » et exilé fiscal en Belgique déclarant le 22 mars 2026, dans les colonnes du New York Times, sans ambiguïté : « Je suis encore plus à droite que l’extrême droite. » Il est l’initiateur du programme Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes (Pericles) qui vise explicitement à fédérer toutes les forces réactionnaires dans une entreprise de conquête idéologique et électorale, explique Olivier Gérard, le secrétaire général de la CGT Éduc’Action. « Dans cette stratégie, l’école est à la fois un terrain d’influence, un espace de légitimation et une cible privilégiée des attaques », précise-t-il.

    Un « Passeport du Civisme » diffusé et revendiqué notamment par le très droitier maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qui nous répondait : « Rien ne se fait pas de manière cachée ou en catimini. »

    Il serait intéressant de savoir ce que pense le nouveau préfet du Var de ce livret.

    L’école ne doit pas se taire

    « Un Passeport du Civisme à ce point problématique que le ministère de l’Éducation nationale a retiré son agrément à l’association en novembre 2024, au motif de lacunes pédagogiques et d’atteintes à la neutralité », rappelle le responsable syndical.

    Pourquoi dans ce cas laisser faire les mairies qui continuent à distribuer aux élèves dans les écoles de la République cet outil de propagande ?

    « Dans un contexte où notre employeur invoque, use et parfois dévoie le principe de neutralité du service public pour encadrer strictement les personnels, il est pour le moins surprenant qu’il accepte de faire de l’école la vitrine d’un programme municipal », pointe également Olivier Gérard. Et d’insister : « C’est un outil politique, financé par un acteur politique. Quel que soit le travestissement de son propos, il porte des valeurs qui ne sont pas celles de l’école républicaine. »

    Et pour la CGT, l’émetteur plus encore que les propos parfois habillés de bienveillance, éclaire la perfidie de l’intention politique, le projet idéologique déterminant la portée réelle d’un discours aussi séduisant paraît-il. Comme : « La jeunesse représente l’énergie qui doit porter la nation vers son avenir. » Le problème c’est que la formule vient de l’ex-dictateur du Chili Augusto Pinochet, prononcé le 9 juillet 1977, fait remarquer Olivier Gérard.

    Et de poursuivre : « Nous savons ce que vise cette galaxie réactionnaire. Elle se bat pour remodeler la société selon une vision autoritaire, identitaire et inégalitaire, en faisant de l’institution scolaire un instrument de normalisation idéologique et de hiérarchisation sociale. » L’occasion, de réaffirmer que « la CGT ne cédera jamais, nulle part, face à l’extrême droite ». Pas question donc d’accepter les pressions, intimidations, tentatives d’entrisme et les récits identitaires. Le responsable syndical conclut : « L’École ne doit pas se taire au nom d’une neutralité dévoyée, mais tenir droite, fidèle à sa mission, et refuser de devenir le terrain d’une idéologie qui nie l’égalité et fragilise la démocratie. La CGT, elle, ne lâchera jamais rien. »

    La Marseillaise non plus.

  • Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Sébastien Lecornu expose sa vision pour remettre la France en mouvement

    Session « spéciale » des Rencontres économiques. Sur scène, ce jeudi soir, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a pris la parole aux côtés d’Éric Maury, patron d’April, ainsi que de Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025 et membre du Cercle des économistes.

    « La France traverse une période compliquée, pose d’entrée Philippe Aghion. Notre dette publique a presque doublé depuis l’an 2000 (…). On possède le deuxième déficit le plus élevé de la zone euro en 2025. Ces fragilités interviennent au moment même ou le pays doit absorber des chocs externes de grande ampleur. »

    Notamment à l’ère de l’intelligence artificielle. « Financer l’IA ne doit pas consister à punir le capital existant, mais à mobiliser l’épargne vers le capital productif de demain », juge Eric Maury.

    Sébastien Lecornu, qui rappelle prendre rarement la parole publiquement, accepte alors de donner « un peu de perspective » : « Je prends le risque, d’autant que lundi, le gouvernement va affronter sa 13e motion de censure depuis neuf mois, mais je pense qu’on est dans un moment ou il est bien de se poser pour réfléchir. » L’occasion de partager ce qui « l’inquiète » et ce qui le « rassure ». Sur le premier volet, le Premier ministre regrette « l’aversion profonde au temps long », « la déconnexion furieuse entre la vie politique intérieure et la géopolitique globale » et s’interroge : « Comment avons-nous pu être battus sur le plan culturel ? Le sujet n’est pas qu’un rendez-vous technique au Parlement, c’est évidemment le rendez-vous de l’an prochain. Il faut que les élites, pas seulement économiques, acceptent de reprendre leur bâton de pèlerin et expliquer pourquoi au fond, il faut s’y prendre différemment dans un monde aussi compliqué ».

    Sur les motifs d’espoir, « nous sommes dans un pays où l’État tient », assure Sébastien Lecornu : « Le paradoxe, c’est que notre État fonctionne ! » Seconde raison « sur laquelle j’ai de l’optimisme, c’est qu’on résiste sur un certain nombre d’appuis sur lesquels nous sommes forts ». Parmi eux, l’énergie, le logement « sur lequel on repart », l’agriculture, les réseaux de PME et d’innovation… Maintenant, « il va falloir embarquer les Français. On ne va pas décréter le progrès, il y en aura si on embarque le peuple ».

    Selon le Premier ministre, il faut « qu’un dialogue social s’engage vite sur la question de l’IA et son impact sur le droit du travail », le tout avec « patriotisme » et avec urgence d’éloigner le « populisme » et « en regardant en face le sujet de la dépense publique ».