Author: tecnavia

  • [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    Il faut les voir tous ces minots se déhancher sur de la funk et du hip-hop d’un autre temps en ce samedi 12 septembre. Tandis que Dj Selma fait cracher du Chaka Khan, George Clinton et autres Busta Rhymes ou Bouga sur les enceintes, Eden et Nelya, fratrie d’à peine quelques années au compteur, ne se laissent pas inhiber par ce groove envahissant en se déhanchant en toute assurance sur le Cours Landrivon. « Quand je me mets à danser, je vois que tous les gens sont gentils autour de moi », explique la jeune fille. « Peace, love, unity and having fun », théorisait dans les années 1980 l’un des pionniers de la culture hip-hop, Afrika Bambaataa. Une bienveillance propre à l’esprit hip-hop que propage jusqu’à nos jours La Marseillaise Breaking Cup, de passage à Port-de-Bouc ce jour-là.

    L’amour du partage

    « Une mesure, c’est une phrase dans une œuvre. Un couplet, c’est 16 mesures et ensuite, il y a le refrain », dispense Salim à des dizaines d’adolescents captivés par son atelier d’écriture rap. Pour ce bénévole de l’association Dar Yumi [« la maison de ma mère » en arabe, ndlr], « le hip-hop, c’est avant tout le partage ». Une animation qui fait des émules auprès d’enfants encore bien plus jeunes, venus eux du centre social Mandela, quartier Tassy-Bellevue. « Le hip-hop, ça vient de la rue et c’est notre identité. Ça permet de véhiculer la solidarité, l’entraide, l’amour et la passion », rappelle quant à elle Amel Ben Messaoud, fondatrice de cette association valorisant « les mémoires populaires » de Port-de-Bouc.

    Le graff aussi

    L’effusion de cette culture semble contaminer tout le Cours. Un peu plus loin, la discipline du graff est elle aussi prodiguée, avec le fruit du travail des passants exposé sur une banderole affichant fièrement « Port-de-Bouc 13110 ». Un beau décor pour le Melt’in Crew, collectif de jeunes danseuses, qui fait le show. En toile de fond, une péniche navigue sur le Rhône. Comme le symbole de l’évasion et des possibilités émancipatrices offertes par la culture hip-hop.

  • [Regard sur l’Italie] Le général avance et l’Italie retourne en arrière

    [Regard sur l’Italie] Le général avance et l’Italie retourne en arrière

    Son auteur est un général – ou plutôt « le » général – qui, en l’espace de quelques jours, parvient à placer l’ouvrage chez un petit éditeur et frôle le cap des 700 000 exemplaires vendus, générant pour lui, en tant qu’auteur, des revenus supérieurs à 800 000 euros.

    Mais que contient ce texte devenu l’Évangile de tant d’Italiens ? Il mondo al contrario (Le monde à l’envers) de Roberto Vannacci se veut l’éloge d’un certain bon sens populaire à travers l’analyse de plusieurs thèmes. L’ouvrage commence par contester les mouvements progressistes, féministes et de défense des minorités, que le général accuse d’imposer une pensée unique au mépris de la majorité. Viennent ensuite la réaffirmation de l’identité italienne – avec un refus catégorique de l’immigration et du multiculturalisme – et la défense de la famille traditionnelle : il y attaque la normalisation des modèles non traditionnels, qualifiant les homosexuels d’« anormaux ». Enfin, il aborde la question de la sécurité, prônant une justice plus sévère et le renforcement du droit à la légitime défense.

    Fort de ce succès, le général publie un second livre, autobiographique cette fois, où il se dépeint comme un homme d’une droiture absolue et exalte la valeur d’une discipline de fer, tout en relatant ses missions.

    Comme on pouvait s’y attendre, il se lance en politique sous les couleurs de la Ligue de Matteo Salvini. Il est élu député européen en tant qu’indépendant. Parallèlement, il élargit son champ d’intervention à d’autres sujets, notamment le handicap. Il propose ainsi de créer des classes séparées pour les élèves en situation de handicap, accusés de ralentir l’apprentissage des élèves « sains ».

    Une déclaration qui a suscité l’indignation non seulement des associations œuvrant dans le domaine du handicap, mais aussi de la Conférence épiscopale italienne et du Vatican. Mais le général poursuit sur sa lancée ; mieux encore, Matteo Salvini le nomme secrétaire adjoint de la Ligue. Toutefois, « Roberto le Grand » ne s’en contente pas. Il lâche Salvini en février 2026 pour fonder son propre parti : Futuro Nazionale. Il se dote d’un manifeste programmatique dans lequel il s’en prend aux mouvements progressistes, à l’idéologie du genre et aux droits LGBTQ+, tout en réclamant des restrictions concernant la présence de certains sujets dans les médias et à la télévision publique. Et bien entendu, cela va sans dire, il prône l’expulsion de tous les immigrés qui ne s’assimilent pas à l’identité italienne.

    Une épine dans le pied pour Giorgia Meloni et son entourage. Car Vannacci ne fait qu’exposer les principes fondamentaux de Fratelli d’Italia tels qu’ils sont réellement, sans le vernis démocratique que Meloni tente de leur donner. On imagine aisément la colère de Salvini et de la coalition, malgré le silence de Meloni.

    Mais qui est Vannacci ? Walter Di Munzio, psychiatre et journaliste, tente de l’expliquer dans un article publié par L’Ora della sera : « Les informations concernant Vannacci sont étranges, à commencer par celles de Wikipédia. Alors qu’il était encore inconnu, sa biographie a été modifiée avec une précision chirurgicale, dans le but de créer un récit viral. L’auteur de ces modifications est un certain Hockler73, qui ne dispose d’aucune page de discussion active : il apparaît, modifie le contenu et disparaît. En l’espace de 24 heures, on a enregistré quelque 100 000 recherches Google et une véritable ruée sur le livre. Une trajectoire aussi parfaite ne peut être que l’œuvre d’une organisation puissante. »

    Selon les derniers sondages, le général est d’ores et déjà crédité de 8% des intentions de vote, s’imposant ainsi comme la quatrième force politique nationale. Pauvre Italie !

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome

  • [Recette] Les Spritz artisanaux de Terrakoa

    [Recette] Les Spritz artisanaux de Terrakoa

    Pour une trentaine de biscuits, il vous faudra :

    – 380g de beurre

    – 140g de cassonade

    – Une pincée de fleur de sel

    – 80g de blancs d’œufs

    – 450g de farine

    – 2 gousses de vanille

    – 200g de chocolat

    Une belle pâte à biscuits

    Pour commencer, réalisez un beurre pommade, c’est-à-dire un beurre assez mou, mais non fondu, que vous pourrez travailler plus facilement. Pour ce faire, rien de plus simple : passez-le quelques secondes au micro-onde après l’avoir grossièrement coupé en morceaux.

    Déposez-le dans un saladier à l’aide d’une maryse et ajoutez le sucre glace. Pour réaliser votre sucre glace maison, il suffit de prendre du sucre en poudre, ici de la cassonade, mais le sucre blanc classique fonctionne aussi très bien, et de le passer au mixeur. Incorporez-les au beurre et mélangez jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.

    Ajoutez ensuite la farine en plusieurs fois pour éviter les grumeaux et faciliter le mélange. Attention : mélangez toujours avec une maryse et non avec un fouet, sinon, le beurre risque de coller.

    Un chocolat brillant

    Ajoutez ensuite une pincée de fleur de sel, puis les blancs d’œufs, également incorporés en plusieurs fois. Mélangez l’ensemble jusqu’à obtenir une préparation homogène et lisse.

    Une fois la préparation à gâteaux terminée, coupez vos gousses de vanille en deux, dans le sens de la longueur, et grattez l’intérieur à l’aide d’un couteau. Ajoutez les grains à la pâte et mélangez à nouveau.

    Mettez le tout dans une poche à douille avec, si possible, une douille cannelée. Sur la plaque du four recouverte de papier cuisson, vous pouvez ensuite former vos biscuits soit en zigzag comme les Spritz classiques, ou selon la forme de votre choix. Enfournez ensuite à 170° pendant une quinzaine de minutes.

    Une fois cuits, laissez-les refroidir au frais complètement et, pendant ce temps, préparez le nappage au chocolat. Vous pouvez faire fondre du cacao en poudre au bain-marie. Puis faites redescendre la température à 30°. Trempez enfin la moitié des biscuits dans le chocolat fondu et déposez de nouveau sur la plaque de cuisson. Dégustez et surtout, régalez-vous !

  • Une exploration hors du commun du Château d’If

    Une exploration hors du commun du Château d’If

    Deux personnages vous accompagneront dans votre découverte et mèneront une enquête où la science de l’imaginaire répond à des mystères… qui n’existent pas ! À la fois guides, détectives et conférenciers, ils sont quelque peu anachroniques et s’amusent à brouiller les repères temporels à travers une science appelée la pataphysique.

    Un mélange de vrai et de faux

    « La pataphysique est une science qui cherche des solutions à des problèmes qui a priori n’existent pas, souligne Lucie Bondoux. Pour autant, c’est un mouvement littéraire, une science de l’absurde reconnue dont fait partie le metteur en scène des explorations. » C’est donc une aventure à la croisée de l’histoire, de l’humour, du théâtre et du patrimoine qui vous attend. « Ce qui est intéressant avec ce lieu, au-delà du fait qu’il est magnifique, c’est qu’il est lui-même pataphysique puisque certains éléments qui le composent ne sont pas réels », poursuit Lucie Bondoux. C’est d’ailleurs le cas de la cellule d’Edmond Dantès par exemple, héros du roman Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas.

    Au fil de cette visite contée, les personnages vous feront revivre leur enquête, leurs questionnements et leurs déductions au cœur de ce lieu chargé d’histoire. « Le vrai et le faux sont mélangés dans l’exploration, mais ce sur quoi on va le plus s’attarder, ce sont les petits détails que l’on ne remarquerait pas de prime abord et c’est d’ailleurs ce qui tient les spectateurs en haleine tout au long de la visite. Ils vont à leur tour chercher et essayer d’enquêter pour voir ce qu’ils auraient pu rater », ajoute la comédienne.

    11 euros par personne,

    hors traversée maritime.
    chateau-if.fr.

  • Célébrez l’huile d’olive en famille à Villes-sur-Auzon

    Célébrez l’huile d’olive en famille à Villes-sur-Auzon

    « La Ville est coorganisatrice de l’événement avec les Disciples d’Escoffier Paca depuis maintenant trois ans. C’est un moment qui nous tient à cœur puisque nous mettons à l’honneur l’huile d’olive, un produit d’exception de notre région, explique Frédéric Rouet, maire de Villes-sur-Auzon. Nous faisons aussi en sorte, chaque année, d’associer à l’huile d’olive un produit typique du Vaucluse qui se marie à merveille avec elle. Après l’ail de Piolenc et les légumineuses du plateau de Sault, c’est le cochon du Ventoux qui est l’invité d’honneur cette année. »

    Au-delà des produits gastronomiques, de nombreuses animations sont proposées aux familles pour cette fête, avec de la musique provençale moderne appelée Condor, des déambulations poétiques et théâtrales, mais aussi la présence de 70 exposants avec « uniquement des producteurs du coin », issus des secteurs de la gastronomie ou de l’artisanat.

    Le terroir et le local à l’honneur

    « Notre credo, à Villes-sur-Auzon, c’est “Auzon consommer local”. C’est ce que nous voulons montrer avec la Fête gourmande de l’huile d’olive du Ventoux, sourit-il. Il est primordial pour nous de mettre en avant le travail formidable des producteurs qui œuvrent au quotidien autour du Ventoux et ils gagnent à se faire connaître. C’est aussi ça notre objectif. »

    Parmi les nouveautés de cette édition, plusieurs conférences se tiendront dans l’après-midi autour de l’olivier. Des professionnels viendront partager leurs précieux conseils avec le public et aborderont des thématiques d’actualité, comme l’adaptation de cet arbre aux changements climatiques ou encore les bonnes pratiques pour son entretien.

    Les Disciples d’Escoffier mettront quant à eux en avant leurs produits coups de cœur et leurs bonnes adresses du territoire. Pour les enfants, des balades à poney, une mini-ferme pédagogique, des manèges d’antan, des ateliers de cuisine et des dégustations d’huiles d’olive seront proposés tout au long de la journée.

    « N’oublions pas qu’une huile d’olive se déguste comme un bon vin », conclut le maire.

  • [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    Le Montpellier Football Club* est unique. Depuis juillet, il est le seul club indépendant 100% féminin à évoluer dans l’élite (l’Arkema Première Ligue) et entend faire grandir de jeunes joueuses au sein de son centre de formation dirigé par un grand nom du foot, Jean-Louis Zaez.

    À la direction sportive, Laura Agard, ancienne joueuse professionnelle, est viscéralement attachée au bien-être et au suivi des athlètes tandis que Ségolène Levelut (au centre sur la photo), responsable de la communication, entend ancrer le MFC dans la cité et au-delà et fédérer les « supporteur.ices ». Il et elles sont cette semaine au micro de Divergence-La Marseillaise.

    Françoise Verna : Comment est organisé le Montpellier Football Club notamment pour l’accueil des plus jeunes ?
    Jean-Louis Zaez : Nous avons une association qui gère les enfants, filles et garçons de 6-7 ans jusqu’à 15 ans, et après les deux sociétés sportives, Montpellier Hérault Sport Club s’occupe des garçons, et maintenant le Montpellier FC s’occupe des filles. Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot et vers le sport en général. Je pense qu’il n’y a pas encore assez de filles qui arrivent dans le sport à l’âge de 6 à 8 ans, 10 ans, pour que l’on puisse les accueillir. Nous sommes prêts à le faire au Montpellier FC. Nous commençons des partenariats avec des clubs autour de la métropole. On sent que le foot féminin est en train de grandir même si depuis 4, 5 ans il y a une stagnation. Mais je sens que par la masse, on arrivera à sortir une élite.

    Olivier Nottale : Pour que le club s’installe, il faut que les petites filles viennent en nombre se former ?
    Jean-Louis Zaez : C’est tout à fait ça. Tous les clubs sportifs doivent être capables d’accueillir les filles comme on accueille les garçons. Forcément, les installations ne sont pas toujours accueillantes pour les filles mais depuis les années 2010, on sent une émulation. Pour tirer une bonne élite il faut que l’on ait plus de jeunes joueuses qui arrivent dans les clubs féminins.

    Françoise Verna : En quoi consiste le rôle de directrice sportive ?
    Laura Agard : Il y a déjà la relation entre le staff et les joueuses. Étant une ancienne joueuse je connais les difficultés rencontrées par les joueuses mais aussi par le staff, le médical. Il s’agit de gérer au quotidien et un peu dans tous les sens. C’est aussi un rôle qu’a tenu Jean-Louis pendant longtemps. Il y a aussi le suivi avec l’académie [le centre de formation] pour faire sortir les meilleures jeunes et les intégrer au groupe pro et leur faire signer leurs premiers contrats pro aussi. Depuis que Crux a repris la section féminine on a un directeur de la stratégie du football et quelqu’un au recrutement. Il y a aussi le côté après carrière. Je trouve important de travailler avec les universités, les formations, qu’elles n’aient pas que le foot. Parce que oui, c’est pro mais une carrière c’est 5 ans, 6 ans et ce n’est pas comme chez les garçons qui vont pouvoir en vivre après. Il est important qu’elles se forment à l’extérieur, qu’elles aient accès à des études. C’est important qu’elles se projettent. Il y a un gros travail sur l’après. C’est la grande différence entre foot féminin et masculin.

    Olivier Nottale : L’identité d’un club cela se travaille. Il y a l’héritage glorieux du MHSC et il faut aussi construire une indépendance. Comme travaillez-vous cela ?
    Ségolène Levelut : La volonté de Crux au moment du rachat c’était d’avoir un club indépendant, 100% féminin. Une indépendance qui soit visible. Il fallait qu’aux yeux du public on ait un nouveau nom, un nouveau logo, une identité visuelle qui évolue pour vraiment marquer aux yeux du monde cette indépendance-là. Donc, cet été on a dévoilé un nouveau logo, avec un magnifique flamant rose en son centre et on a aussi la chance d’avoir un magnifique maillot domicile et extérieur avec notre nouvel équipementier, Adidas. Cette identité, elle a été pensée, au sein du logo, pour aussi refléter l’héritage du club. On est un nouveau club mais on a un héritage qu’il faut souligner et qu’il est important de marquer parce que Montpellier reste pionnier au niveau du foot féminin en France. C’était le premier club à offrir un contrat pro à une joueuse en France. Donc, on a la date de fondation qui est 2001 et deux losanges qui était dans l’ancien logo. Cela souligne la transition. La particularité aussi avec ce nouveau nom, le Montpellier FC, on est le seul club 100% féminin dont le nom n’inclut pas le mot « féminine ». Par exemple si vous jouez contre le PSG, c’est « PSG féminine », contre l’OM, c’est « les Marseillaises ».

    Françoise Verna : Quels sont les projets du Montpellier Football Club côté liens avec le territoire ?
    Ségolène Levelut : On a pour objectif cette année de développer un tissu de partenariats avec les clubs amateurs qui ont des sections féminines à Montpellier et sur le territoire de la région (…) Il faut arriver à dégenrer le sport et les mentalités doivent évoluer. Sur le match à la Mosson le 19 septembre [le Montpellier FC reçoit Marseille], il va y avoir un tifo qui porte un message fort : « 14 ans, c’est pas un âge pour prendre sa retraite », porté par un nouveau partenaire de l’Arkema Première Ligue, la mutuelle MGEN. Aujourd’hui, une fille sur deux arrête le sport à l’adolescence.

    *La section féminine du MHSC a été rachetée en octobre 2025 par Crux Football. Le Montpellier Football Club.est né de cette acquisition en juillet 2026.

  • Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    Chez Auchan, le coup de pinceau n’a pas effacé la colère

    On a refait le magasin, il est temps de s’occuper de ceux qui le font tourner. » Le communiqué de FO et de la CGT, qui appelaient à la grève mardi 8 septembre, n’y va pas par quatre chemins.

    Le magasin d’Auchan Pérols (au Sud de Montpellier) a beau avoir été rénové durant l’été, les revendications des salariés restent identiques : « Des effectifs adaptés à la charge de travail, des rythmes supportables, des conditions de travail dignes, une reconnaissance des efforts fournis ainsi qu’une politique disciplinaire juste et proportionnée. »

    Des requêtes portées de longue date par FO et la CGT jusqu’ici restées lettre morte auprès de la direction, avec qui le dialogue semble difficile. « Le climat social est plus que catastrophique. Les salariés et la hiérarchie sont sous une pression énorme. Entre la baisse d’effectifs et la hausse de charge de travail, les salariés sont à bout », alerte Quentin Leclerc.

    Une action en justice ?

    Selon le délégué syndical FO, le dernier PSE a laissé des traces. Clôturé en juin 2025 mais invalidé ensuite (la décision du Conseil d’État est attendue), ce plan social a dégraissé le magasin (330 salariés) de 8 emplois qui s’ajoutent à la centaine perdue en 5 ans, selon FO. Et ce n’est pas la réduction de surface (8 000 m² au lieu de 12 000 avec le projet Cap 8 000) qui rassure. « L’interdiction des engins autoportés sur le nouveau sol du magasin génère des trajets en plus pour la mise en rayon des palettes », illustre à titre d’exemple Quentin Leclerc.

    Il s’insurge aussi contre des procédures disciplinaires (dont une le vise) jugées « infondées » ou des menaces de sanctions, notamment contre les boulangers. Depuis l’arrivée en 2023 de la nouvelle direction puis de la perte par FO du bureau au Comité social d’entreprise (CSE) au profit de la CFE-CGC, le syndicaliste déplore un « manque de transparence ». Nouvelle organisation du travail (semaines hautes et basses), projet Cap 8 000, désamiantage, procédures disciplinaires… Le CSE rechignerait à fournir les documents à FO et à la CGT. Au point que si leur demande d’expertise des risques psychosociaux n’était pas inscrite à l’ordre du jour, Quentin Leclerc envisage « une procédure disciplinaire au tribunal pour entrave ».

    À terme, certains salariés craignent pour l’avenir même du magasin, certains supermarchés d’Auchan ayant laissé la place à des Intermarché. Le maire de Pérols, Jean-Pierre Rico (UDI), l’avait d’ailleurs laissé entendre fin 2024 avant de faire volte-face dans la presse et d’affirmer qu’Auchan restait bien à Pérols.

  • Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Le PCF alésien annonce une rentrée chargée

    Cette nouvelle direction, « rajeunie et féminisée avec 50% de ses membres en activité professionnelle », n’a pas lésiné cet été pour préparer la rentrée. Après avoir vu la gauche disparaître du conseil municipal, le Parti communiste alésien souhaite repartir à l’offensive. Pour cela, il s’est déjà mobilisé cet été contre « la décision du maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas (ED) d’augmenter les tarifs de la cantine et de la garderie » et a lancé une « campagne de solidarité auprès des familles victimes des incendies » tout en réclamant « davantage de moyens humains et matériels pour les sapeurs-pompiers, pour l’Office national des forêts et une politique publique de prévention et d’adaptation face aux conséquences du changement climatique ». La section alerte également sur la fermeture d’une classe à Bagard et soutient la mobilisation à l’école Joséphine-Baker au Près-Saint-Jean pour l’ouverture d’une classe supplémentaire.

    « Nous voulons aussi porter haut et fort les intérêts des travailleurs et les porter avec eux : hausse des salaires bruts, retraite à 60 ans à taux plein, réindustrialisation, revalorisation du point d’indice… Les sujets ne manquent pas », détaille la nouvelle secrétaire de section, Cécile Alphon-Layre. Pour cela, le PCF alésien participera aux journées d’actions du 15 septembre sur la santé et l’énergie et surtout celle du 29 septembre pour la fonction publique.

    Lutte contre l’extrême droite

    Face à la montée de l’extrême droite (44% aux dernières élections municipales à Alès) et les violences qui l’accompagnent, la section organise un « forum unitaire contre les idées d’extrême droite et la montée des fascismes » le samedi 26 septembre (14h-23h à l’espace Cazot, entrée libre). 28 collectifs, organisations politiques, associations et librairies locales se sont joints à l’appel pour proposer des débats et conférences avant une grande soirée musicale. Ce premier forum unitaire sera également l’occasion de rappeler la violence qui s’est exercée au Prolé lors de la feria 2025 par le groupuscule Bloc Montpelliérain et d’appeler à un grand rassemblement le 6 octobre (8h30) pour l’ouverture du procès de trois de ses membres. « Nous sommes soulagés qu’il y ait un procès mais aujourd’hui, le caractère prémédité et politique n’est pas mentionné. Or, ils ne sont pas venus par hasard donc les avocats des victimes vont vraiment insister sur ces deux points », souligne Cécile Alphon-Layre.

    Après ce rendez-vous attendu depuis de longs mois maintenant, le PCF alésien participera le 16 octobre aux initiatives organisées autour de l’anniversaire du Front Populaire et organise un débat le 17 octobre sur les menaces contre la culture avec Pierre Dharréville, Denis Lanoy et Patrick Malavieille.

  • Monieux met les vautours à l’honneur

    Monieux met les vautours à l’honneur

    C’est au belvédère du Castelleras à Monieux, et plus particulièrement sur la route touristique des Gorges de la Nesque, face au rocher du Cire, que les naturalistes du groupe local Ventoux de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca vous donnent rendez-vous ce samedi, de 9h à 17h.

    « Nous attendons le public sur ce belvédère face à une formation géologique extraordinaire que l’on ne soupçonne pas et qui surplombe les gorges de la Nesque dans un paysage à couper le souffle, précise Cécile Boule, bénévole du groupe local Ventoux de la LPO Paca. Cette journée de découverte que nous proposons s’inscrit dans le cadre des Journées mondiales des vautours. Le point de rendez-vous est parfait, car il abrite toute une faune de vautours fauves, qui sont des oiseaux sédentaires, revenus s’installer naturellement sur le site entre 2022 et 2023, alors que c’est une espèce qui a été réintroduite par l’homme dans d’autres endroits de la région. »

    Un animal indispensable

    à l’aide de jumelles et d’outils d’observation fournis par les bénévoles, les curieux, petits et grands, pourront admirer ces oiseaux sur les falaises ou en vol. « C’est un oiseau dont le plumage se confond avec la roche. Ainsi, les jumelles sont nécessaires pour les observer s’ils sont à l’arrêt, mais lorsqu’ils volent, le spectacle est magique. Et on peut les voir à l’œil nu car c’est une espèce majestueuse qui peut atteindre les 2,80 mètres d’envergure dans les airs », continue-t-elle.

    Au-delà des moments privilégiés d’observation proposés, vous pourrez en apprendre davantage sur ces rapaces à qui l’on peut parfois mener la vie dure à cause des préjugés qui leur collent au plumage. « Il y a beaucoup d’idées reçues sur les vautours, car ce sont des charognards, mais peu de gens savent à quel point ce sont des animaux au caractère pacifique. Nous voulons mettre à mal ces idées reçues pour que le grand public connaisse mieux ces oiseaux, précise Cécile Boule. Nous présenterons leur vie, leurs mœurs, leurs habitudes mais nous expliquerons aussi aux visiteurs à quel point ils sont utiles dans la nature et la biodiversité, car ils nous débarrassent des animaux morts et permettent ainsi d’éviter la propagation de maladies par exemple. »

    Vautours et passereaux

    Mais les vautours fauves ne seront pas les seuls oiseaux à observer. Des vautours percnoptères pourraient également être de la partie. « Les vautours percnoptères sont des oiseaux migrateurs, ils ne sont pas sur les falaises tout au long de l’année, mais si nous avons de la chance, le couple qui revient chaque année sera peut-être encore là. Cette espèce est quant à elle beaucoup plus rare et vulnérable. Les observer serait une chance », conclut la bénévole de la LPO Paca.

    Sans oublier les autres oiseaux et passereaux qui viendront se joindre à eux.

    Mail : ventoux@lpo.fr

  • [Grand entretien] « C’est une renaissance de ma carrière »

    [Grand entretien] « C’est une renaissance de ma carrière »

    Larry McCray : Ayant été dans l’industrie musicale aussi longtemps que je l’ai été, ça ressemble à une renaissance dans ma carrière parce que j’avais été un peu hors des radars pendant un moment. Les collaborations avec Joe Bonamassa et Josh Smith m’ont redonné de la visibilité dans le milieu. Donc, c’est ma renaissance. Je viens de perdre mon frère aîné Carl et ce genre de choses est difficile à surmonter. Mais je prie pour avoir la force de continuer parce que j’aime toujours la musique et je suis heureux de la partager.

    De quelle manière l’Arkansas et votre ville natale de Magnolia ont influencé votre vie et votre carrière ?

    L. M. : Si je n’étais pas venu d’un endroit comme Magnolia, je ne serais pas le musicien que je suis aujourd’hui. Ça a totalement influencé mon écoute, mes goûts et ma compréhension de la musique. Je pense que les gens qui vivent ce genre de vie ont une connexion spéciale avec le blues à cause des luttes nécessaires pour survivre dans une telle situation. La musique est parfois le seul mode de vie pour faire face à l’oppression et à la dépression.

    L’Arkansas s’est fait remarquer, il y a quelques années, en interdisant l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste. Quelles luttes sont à l’œuvre dans cet état ?

    L. M. : C’est difficile pour moi de parler de ce qui se passe actuellement dans l’État parce que je n’y vis plus depuis longtemps. Mais, en Amérique comme en Arkansas, beaucoup de choses sur lesquelles nous avons lutté il y a des années sont encore présentes : les préjugés raciaux, les injustices à cause de la haine, de l’abus de pouvoir et des guerres de classes. Certaines personnes ne veulent tout simplement pas voir les autres réussir et tant que le monde entier ne reconnaîtra pas que nous sommes tous égaux, les choses ne changeront jamais.

    Le blues est-il toujours, selon vous, un moyen de se dresser contre les injustices ?

    L. M. : Le blues offre définitivement un boulevard pour s’exprimer politiquement. Mais je ne pense pas que le blues soit le seul moyen. Le facteur important, c’est que toute la musique nous donne une voix pour être entendus et pour nous exprimer, donc c’est vraiment à chacun de dire ce qu’il a en tête. Je pense juste que le blues est plus ciblé et direct sur ce qu’il se passe et semble être la manière la plus populaire pour parler.

    Vous êtes revenu sur le devant de la scène en 2022 après une longue absence. Pourquoi ?

    L. M. : Je suis un parfait exemple de comment, si vous ne correspondez pas à un certain protocole ou ne recevez pas l’approbation, malheureusement, faut-il le dire, de certains individus blancs qui contrôlent la musique et en grande partie tous les aspects de nos vies, il est facile d’être réduit au silence. J’ai donc eu une carrière de 30 ans à être réduit au silence jusqu’à ce que quelqu’un de beaucoup plus puissant que moi, comme Joe Bonamassa, décide de me tendre la main et d’aider le monde à savoir que je suis toujours là.

    Votre album s’ouvre par le titre « Try to be a good man » (Essaie d’être un homme bien). Comment essayez-vous de l’être au quotidien ?

    L. M. : à ce stade de ma vie, j’en suis venu à la conclusion que la chose la plus importante que je puisse faire est d’essayer d’enseigner aux jeunes hommes l’importance d’être un homme bien et de montrer un bon exemple, parce que les jeunes sont l’avenir. Donc, c’est à nous de faire notre part pour essayer de garantir que le genre humain survivra avec classe et civisme.

    Qu’est-ce qui vous a poussé à redonner vie à « Bright side », chanson écrite à l’origine pour le grand bluesman Bobby Blue Bland ?

    L. M. : Cette chanson m’était totalement inconnue, mais c’est Josh Smith qui me l’a fait connaître. Il pensait que je pourrais interpréter cette chanson à ma façon. Je pense que le titre lui-même en dit long : nous avons tous besoin de voir le bon côté des choses parce que la vie n’est pas jolie et n’est pas facile. Et selon votre situation financière, certains le ressentent beaucoup plus douloureusement que d’autres. Cette chanson parle de tirer le meilleur de ce que nous avons en nous et jouer avec les cartes qui nous ont été distribuées.

    Joe Bonamassa a dit à votre sujet : « Nous le connaissons depuis 30 ans. C’est l’un des derniers grands chanteurs de blues de la Rust Belt. Larry est parmi les meilleurs, dans l’esprit de BB King, Luther Allison et Little Milton. Il appartient maintenant au monde de le redécouvrir. » Que vous inspirent de tels éloges ?

    L. M. : Je ne sais pas si je peux être à la hauteur de ces éloges et de ces attentes. Mais venant de quelqu’un comme Joe, avec le statut qu’il a, c’est l’un des plus grands compliments que j’aie jamais reçus. Il est très important dans la carrière de chacun de savoir que l’on est respecté parmi ses pairs et de ressentir qu’on a gagné sa place plutôt que de recevoir quelque chose qu’on ne méritait pas. J’adore l’équipe de Bonamassa et je n’oublierai jamais ce qu’ils ont fait pour moi. C’est un peu comme l’histoire du lion et de la souris qui a retiré l’épine de son pied. Il ne l’a jamais oublié et moi non plus.