Author: tecnavia

  • Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    DES MANIFESTANTES SOUTIENNENT LAËTITIA

    Carmen Buelga, membre du CIDFF

    Les violences faites aux femmes et aux enfants sont l’objet même du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). C’est une réalité très malheureuse qui occupe nos pensées, c’est une réalité dans notre pays et dans le monde entier. C’est important de soutenir cette femme qui a subi pendant des années. Ce procès va être compliqué, il faut qu’elle sache qu’on est derrière elles. Il y a une double peine pour les victimes à qui on reproche souvent plein de choses. On est solidaires. »

    Léa, membre du collectif féministe départemental

    « C’est important d’être là parce qu’on salue la démarche de Laëtitia qui a demandé la levée du huis clos. C’est aussi important dans nos territoires ruraux : les statistiques montrent qu’il y a plus de féminicides en ruralité, les mouvements féministes sont plus présents en ville. Les femmes ont plus de mal à se faire entendre en ruralité. Les structures qui prennent en charge les femmes victimes de violences sont beaucoup plus rares en ruralité. »

    Marie-Claire Bataille, membre du collectif « 8 mars toute l’année »

    « Il nous a semblé totalement normal et plus que légitime d’être là pour Laëtitia, d’être présentes pour la soutenir.

    On est sur de la barbarie, au-delà du patriarcat et de la puissance masculine. On est essentiellement là pour la soutenir. On la croit, on reconnaît ce qui lui est arrivé et on la soutient. »

  • L’horreur en face

    L’horreur en face

    Avec le procès Pelicot, on pensait avoir touché le pire de ce qu’un homme pouvait faire subir à sa femme. La première journée du procès de l’ex-compagnon de Laetitia R. fait vaciller cette conviction.

    L’abjection des actes reprochés à l’accusé donne la nausée et en vient à faire douter de l’âme humaine.

    Les deux affaires qui ont éclaté dans notre région, l’une en Vaucluse, l’autre dans les Alpes-de-Haute-Provence, sont-elles révélatrices d’une escalade de comportements effroyables ?

    Probablement pas. En réalité elles nous mettent l’horreur en face.

    Elles accompagnent le grand mouvement de libération de la parole initié par #MeToo et mettent en lumière un continent de violences et de traumatismes jusque-là immergé dans la honte des victimes et l’hypocrisie de la société.

    Le patriarcat asservit les femmes et déshumanise les hommes

    Là où la justice avance parce que des femmes comme Gisèle Pelicot ou Laetitia R. ont eu le courage d’affronter leurs agresseurs mais surtout le qu’en-dira-t-on, c’est l’impunité des auteurs de violences qui recule et la honte qui change de camp.

    Ces affaires ne sont pas des faits isolés, elles révèlent l’ampleur d’un système de brutalité et de domination.

    Elles doivent donner aux victimes de toutes les formes de violences sexistes et sexuelles, le courage de dénoncer les comportements hideux.

    Le patriarcat asservit les femmes et déshumanise les hommes.

    Aucun projet sérieux d’émancipation humaine ne peut faire l’économie de sa remise en cause.

  • Plus de 80 artistes à un battle de breakdance à Septèmes

    Plus de 80 artistes à un battle de breakdance à Septèmes

    L’association a réuni plus de 80 artistes, dimanche après-midi, lors de la sixième édition de la Zemen Breaking, à l’Espace Culturel Jean Ferrat de Septèmes-les-Vallons, en collaboration avec le Centre Social de la Gavotte Peyret, l’association pennoise AC2N et le collectif Break2Mars.

  • Soirée de solidarité avec Cuba à Marseille

    Soirée de solidarité avec Cuba à Marseille

    Organisée par France Cuba Marseille 13 et la section PCF du 8e, l’initiative s’inscrivait dans les journées internationales de solidarité avec Cuba initiées il y a quelques semaines par le Parti communiste français, dans la continuité du convoi de solidarité, destiné à soutenir le peuple cubain face au blocus imposé par les États-Unis, renforcé sous Donald Trump et imposé à l’île depuis plus de 60 ans avec ses conséquences économiques et sociales désastreuses. Les participants ont permis de collecter 1 130 euros pour soutenir le peuple cubain et ses actions de résistance face aux sanctions.

  • La vice-présidente des Bouches-du-Rhône Marie-Pierre Callet tête de liste RN aux sénatoriales

    La vice-présidente des Bouches-du-Rhône Marie-Pierre Callet tête de liste RN aux sénatoriales

    Après le ralliement de l’ex-présidente des Républicains dans les Bouches-du-Rhône Laure-Agnès Caradec à l’UDR mardi dernier, c’est une autre vice-présidente du conseil départemental, Marie-Pierre Callet, qui rejoint le RN. Après avoir obtenu le feu vert des commissions d’investiture des deux partis, celle-ci sera la tête de liste de l’union d’extrême droite pour les prochaines sénatoriales, a annoncé ce lundi matin le responsable départemental du parti lepéniste Franck Allisio.

    Ancienne présidente de la filière bovine dans le département, celle qui est élue sur le premier canton de Salon-de-Provence et qui siège depuis 2015 dans la majorité de Martine Vassal au Département avait quitté les Républicains en 2024 avant de rallier le RN ces dernières semaines. Avec cette tête de liste hors-Marseille, l’extrême droite vise deux sièges au Sénat sur les huit en jeu dans les Bouches-du-Rhône lors des scrutins qui se tiendront le 27 septembre prochain.

    Le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, tête de liste en 2020, devrait de son côté mener une autre liste à l’extrême droite, indique Franck Allisio. «Notre intérêt aux sénatoriales c’est d’avoir une liste RN – UDR et lui d’avoir une liste indépendante, nous sommes d’accord pour avoir une liste séparée », explique le député de Marignane.

  • La ministre de la Mer à Marseille

    La ministre de la Mer à Marseille

    Elle interviendra dans l’après-midi en clôture d’une table ronde de présentation de « l’état des lieux de la féminisation du secteur maritime », à l’École nationale supérieure maritime. L’occasion de réaffirmer sa volonté d’accélérer cette féminisation d’ici 2030.

    Elle visitera ensuite le centre de formation et d’innovation « le Tangram » de la CMA CGM basé dans la cité phocéenne.

  • 2 000 enfants invités à débrancher en Uzège

    2 000 enfants invités à débrancher en Uzège

    Et si, pendant onze jours, les écrans passaient au second plan ? Du 18 au 28 mai, le Pays d’Uzès relève à nouveau le Défi sans écran. L’initiative, citoyenne et pédagogique, invite enfants, adolescents et familles à réduire leur temps passé devant téléphones, tablettes, télévisions et consoles, pour retrouver d’autres usages du temps : jouer, lire, bouger, créer, discuter. Rien d’une croisade technophobe, mais une question simple : quelle place laisse-t-on encore au réel dans la vie des plus jeunes ?

    Cette année, le dispositif franchit un cap. Porté par l’association « À l’Asso des écrans », née pour structurer et amplifier la démarche, avec l’appui de la Communauté de communes Pays d’Uzès, il concernera plus de 2 000 élèves. Le projet, lancé il y a trois ans autour de l’école Jean-Macé d’Uzès par des parents d’élèves, s’étend désormais largement : 22 écoles primaires dans 18 villages, l’Institut Jean-Paul II, les classes de 6e de Saint-Firmin et depuis cette année le collège Lou Redounet participent à l’édition 2026. « C’est beau de se dire que tout a commencé dans un conseil de classe à Jean-Macé », confie Jean-Christophe Quilez, président de l’asso et parent d’élève co-créateur du défi.

    Éteindre sans culpabiliser

    Le principe est volontairement concret. Chaque enfant dispose d’un livret de bord pour consigner son temps d’écran, ses efforts, ses découvertes. L’objectif n’est pas seulement d’éteindre, mais de remplacer : par du sport, de la culture, du jeu, de la nature, du lien familial. Dans un contexte où l’exposition précoce aux écrans est devenue un sujet de santé publique, l’Uzège choisit une méthode douce : ne pas culpabiliser, mais entraîner tout un territoire. « Cette initiative montre que l’enjeu de la gestion des écrans ne passe pas toujours par l’interdit », salue Christophe Mauny, directeur académique du Gard, soulignant l’importance d’une démarche menée « par le jeu, par l’invitation ».

    Le programme donne la mesure de cette mobilisation. Dès le 18 mai, les enfants pourront choisir entre initiation à l’escalade, kung-fu ou visite guidée au musée Borias sur les loisirs d’autrefois. Le lendemain, place aux échecs, à un atelier de fabrication d’une boîte de rangement des téléphones, puis à une conférence à l’Ombrière, « Grandir à l’ère du numérique », avec le pédopsychiatre Patrick Ben Soussan et la psychanalyste Sophie Marinopoulos.

    Le reste de la semaine déroule un véritable inventaire des possibles : multisports, lectures de contes, ludothèque, concert d’ados, portes ouvertes de Radio Fuze, bowling, ateliers photo, ou encore « 36 heures à la rédac » pour se glisser dans la peau de jeunes reporters. Même les crèches entrent dans la boucle, avec « Au jardin avec Papagena », un opéra pour bébés proposé dans plusieurs structures du territoire. Le 27 mai, la journée des enfants et des familles à Vallabrix, le nettoyage des berges de la vallée de l’Eure avec véhicule hippomobile et la balade contée en pleine nature prolongeront cette ambition.

    À travers ce défi, l’Uzège assume un choix politique au sens noble : faire de l’éducation, de la culture et du collectif des réponses à une inquiétude partagée par de nombreux parents. « Ce projet est né de parents pour les enfants, mais il ne peut grandir que collectivement », résume l’équipe fondatrice. Le téléphone ne disparaîtra pas du quotidien. Mais pendant onze jours, les enfants pourront vérifier qu’il existe mille et une façons de grandir sans être capté par un écran.

  • En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    « Luttopia a besoin de vous pour survivre. Cinq salariés sont menacés de perdre leur emploi, des dizaines de personnes leurs repères, une utopie qui serait marquée par l’adversité et la logique budgétaire », alerte l’association dans le texte qui accompagne la collecte en ligne solidaire lancée mi-avril sur le site Helloasso*.

    Objectif : rassembler, d’ici fin juin, 50 000 euros qui manquent à une trésorerie exsangue. « On a dû faire le choix d’arrêter nos activités principales pour se concentrer exclusivement sur cette levée de fonds, car on arrive au bout de notre trésorerie fin juin. Ce qu’on a en banque va nous permettre d’assurer nos charges fixes jusque-là, mais pour l’instant on n’est pas en capacité de se projeter plus loin », explique la directrice de l’association, Gwen Lasne.

    Depuis 2022 et un accord trouvé avec la Ville de Montpellier, le squat des anciennes archives départementales, devenu association d’utilité publique, poursuit sa mission de mise à l’abri et d’accompagnement des plus vulnérables dans une maison située 88 bis, avenue de Toulouse, mise à disposition par la collectivité. Deux fois par semaine, Luttopia permet ainsi à une cinquantaine de personnes – hommes, femmes, enfants – « de répondre à des besoins primaires : douche, linge, repas, collation, animation, vestiaire, repos, accompagnement social global », liste Gwen Lasne. Au point que la maison de l’avenue de Toulouse est devenue le 4e lieu d’accueil de jour de la Ville de Montpellier.

    Un avenir incertain

    « Depuis environ un an, et c’est encore plus vrai depuis 6 mois, on a quasiment doublé l’effectif. On est passé d’une moyenne de 22-25 personnes accueillies deux fois par semaine à 48-52 personnes désormais », indique la directrice. Hélas les financements, eux, sont inversement proportionnels à la fréquentation. « Les dotations à la baisse qui frappent les collectivités locales se répercutent sur le mouvement associatif. Quant aux Fondations, elles ont moins de donateurs donc elles allouent un peu moins d’argent aux associations qu’elles soutiennent ». La Métropole de Montpellier contribue ainsi cette année à hauteur de 9 000 euros, « largement en deçà de ce qu’on a eu les 3 premières années, où on tournait autour de 40 000 euros » ; la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) verse 20 000 euros (au lieu de 35 000 auparavant) ; la Fondation de France, quant à elle, apporte 12 500 euros sur l’année. Des sommes qui ne suffisent pas à absorber l’augmentation des charges fixes et surtout l’embauche, devenue nécessaire, de 5 salariés (3,5 équivalents temps plein). « Sur un an, il nous faudrait une enveloppe d’un peu plus de 90 000 euros », évalue la directrice de Luttopia. Le choix a donc été fait de stopper les activités de l’association -qui dispose aussi d’un espace d’hébergement dédié à l’accueil de femmes en situation de vulnérabilité- afin de se consacrer à une levée de fonds pour tenter de rassembler 50 000 euros. « C’est ce qui nous permettrait de tenir une année supplémentaire », indique le texte présentant la démarche. « Tout don, même modeste, compte », insiste Gwen Lasne, qui précise que ces dons peuvent être défiscalisés. Le 11 mai, 20% de l’objectif avait déjà été atteint.

    Outre la question financière se pose celle de la convention d’occupation du bâtiment de l’avenue de Toulouse, qui arrive à échéance au 30 septembre. « On attend de voir ce que vont proposer, ou pas, les services de la Ville », indique la directrice de Luttopia. « L’idéal serait que la collectivité nous mette à disposition un nouveau site, mais pérenne cette fois-ci, dans lequel on puisse déménager nos missions d’accueil de jour et pourquoi pas créer quelques places d’hébergement. Il faut qu’on sorte de cette précarité permanente si on veut pérenniser notre activité », insiste-t-elle. Une rencontre est prévue le 28 mai pour évoquer le sujet avec la nouvelle adjointe aux solidarités, Muriel Ressiguier.

  • [Passerelle interculturelle] Mini-séries chinoises : le nouveau phénomène mondial venu d’Internet

    [Passerelle interculturelle] Mini-séries chinoises : le nouveau phénomène mondial venu d’Internet

    Depuis deux ans, un nouveau format audiovisuel connaît une croissance fulgurante en Chine : les « mini-séries », ou micro-dramas. Courtes, rythmées, pensées pour le téléphone portable et les réseaux sociaux, ces séries, dont les épisodes durent de quelques dizaines de secondes à quelques minutes, sont devenues un véritable phénomène culturel et économique.

    Contrairement aux séries télévisées traditionnelles, les mini-séries chinoises adoptent un rythme extrêmement rapide. Chaque épisode dure généralement entre une et trois minutes, avec une narration très condensée : intrigue immédiate, rebondissements fréquents, suspense permanent et émotion directe.

    Un format né pour le mobile

    Leur mode de diffusion correspond parfaitement aux habitudes numériques actuelles. Elles sont principalement regardées sur smartphone, via des plateformes de vidéos courtes ou des applications spécialisées. Le spectateur peut ainsi enchaîner plusieurs épisodes dans les transports, pendant une pause ou avant de dormir.

    Le modèle économique repose souvent sur un système « freemium » : les premiers épisodes sont gratuits afin d’attirer le public, puis les suivants deviennent payants ou accessibles par abonnement.

    Derrière cette apparente simplicité se cache une véritable industrie. En Chine, certaines mini-séries sont tournées en seulement quelques jours, avec des budgets relativement modestes par rapport aux productions télévisées classiques.

    Les équipes privilégient l’efficacité : scénarios courts, décors limités, tournage intensif et montage rapide. Mais cette production accélérée ne signifie pas absence de professionnalisation. De nombreuses plateformes utilisent désormais des outils d’analyse de données pour identifier les thèmes les plus populaires : romance, revanche sociale, histoires familiales, fantasy, entrepreneuriat ou encore drames historiques.

    L’intelligence artificielle commence également à jouer un rôle, qu’il s’agisse de recommander les contenus, d’analyser les tendances ou, parfois, d’accompagner l’écriture des scénarios.

    Un nouveau moteur de l’industrie culturelle numérique

    Le phénomène dépasse désormais le simple divertissement. Les micro-dramas deviennent à la fois un outil d’influence culturelle et un nouveau relais de croissance économique. Leur succès attire aussi l’attention à l’international, notamment aux États-Unis, où ce format est déjà considéré par certains observateurs comme l’un des futurs terrains de conquête de l’industrie audiovisuelle.

    Dans la ville de Quzhou, dans la province du Zhejiang, dans l’est de la Chine, un véritable pôle industriel dédié aux micro-dramas est en train d’émerger. À la Meigao Short Drama Super Factory, plus de 200 décors prêts à tourner – hôpitaux, aéroports, villas, tribunaux – sont réunis dans une même zone de production. Les jeunes créateurs peuvent y entrer et commencer à filmer presque immédiatement.

    Le modèle est simple : produire vite, tourner efficacement, raconter sans interruption. Pour les autorités locales, il s’agit aussi d’une stratégie de transformation industrielle : associer les ressources traditionnelles du territoire à la créativité numérique, afin de faire des micro-dramas un nouveau levier de développement culturel et économique.

  • Un cessez-le-feu qui peut exploser à tout moment

    Un cessez-le-feu qui peut exploser à tout moment

    Si le cessez-le-feu annoncé le 8 avril a largement mis un coup d’arrêt à la guerre déclenchée par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, le contexte reste inflammable. Washington a présenté une liste de cinq points, exigeants notamment que l’Iran ne maintient qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi aux États-Unis, a rapporté l’agence de presse Fars. Selon cette même source, les États-Unis ont également refusé de débloquer « ne serait-ce que 25% » des avoirs iraniens gelés à l’étranger ou de verser des réparations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre. De son côté, l’agence Mehr a affirmé que les États-Unis n’avaient accordé à l’Iran « aucune concession tangible », dénonçant « des conditions excessives » imposées par Washington.

    Frappes sur une centrale nucléaire émiratie

    Lundi, la diplomatie iranienne avait indiqué que Téhéran avait appelé, dans ses propositions, à une cessation immédiate des hostilités dans la région, notamment au Liban, ainsi qu’à la levée du blocus imposé à ses ports par la marine américaine. L’Iran a également réclamé le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, visés de longue date par les sanctions américaines.

    Par ailleurs, un incendie s’est déclaré après une frappe de drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, sans faire de blessés ni provoquer de hausse de la radioactivité, ont annoncé dimanche les autorités locales. L’incident survient alors que des monarchies du Golfe accusent l’Iran d’avoir mené des frappes de drones sur leur territoire malgré le cessez-le-feu. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a exprimé « sa profonde préoccupation » dans un message publié sur X. « Toute activité militaire menaçant la sûreté nucléaire est inacceptable », a ajouté le chef de l’agence onusienne.

    Au début du mois, les Émirats avaient déjà imputé à Téhéran une frappe de drone contre une installation énergétique à Fujaïrah, dans l’est du pays, accusation démentie par l’Iran. Téhéran accuse de son côté des pays du Golfe d’avoir permis aux forces américaines d’utiliser leur territoire pour mener des attaques contre la République islamique.

    La tension est encore montée cette semaine après des informations de presse faisant état de frappes menées directement par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite contre l’Iran pendant la guerre.

    Des Européens négocient le passage par Ormuz

    Malgré la trêve, la République islamique continue de bloquer le détroit d’Ormuz tandis que les États-Unis maintiennent leur propre blocus des ports iraniens. La télévision d’État iranienne a affirmé samedi que des pays européens étaient en discussion avec Téhéran afin d’obtenir des autorisations pour franchir cette voie stratégique du commerce mondial de pétrole bloquée depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient.

    « Après le passage de navires en provenance de pays d’Asie de l’Est, notamment de Chine, du Japon et du Pakistan, nous avons reçu aujourd’hui des informations selon lesquelles des Européens ont entamé des négociations avec la marine des Gardiens de la Révolution » pour traverser le passage, a annoncé la télévision d’état sans préciser les noms de ces pays. Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

    CHRONOLOGIE

    1957

    Lancement du programme nucléaire iranien par la signature entre le Shah et les États-Unis en 1957 d’un accord de coopération civile sur l’utilisation pacifique de l’atome nommé « Atome pour la paix ».

    1968

    L’Iran s’engage pour le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) qu’il ratifie en 1970.

    1974 Création de l’Organisation de l’énergie atomique de l’Iran (OEAI) et début de la construction de deux sites industriels atomiques à Bushehr.

    1979

    La révolution iranienne éclate, le programme nucléaire est suspendu. La France refuse de remettre à l’Iran l’uranium enrichi inclut dans l’accord d’Eurodif pour lequel Téhéran a avancé 1 milliard de dollars. Une série d’attentats éclatent. La République islamique créé un centre de technologie nucléaire pour assurer sa propre production.

    2002

    Des opposants exilés iraniens dévoilent l’existence de sites nucléaires jusqu’alors inconnus. Quelques mois plus tard, l’AIEA se rend sur place et demande à l’Iran de prouver qu’elle ne développe pas l’arme nucléaire.

    2015

    Un accord historique est conclu entre l’Iran et le groupe des « 5+1 » (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) après des années de négociations. Donald Trump s’en retire dès son arrivée à la Maison Blanche.

    2025

    Israël déclenche ce qui sera nommé la guerre de 12 jours contre l’Iran qui réplique. Les États-Unis bombardent les sites nucléaires qu’elle dira alors avoir totalement détruits… Jusqu’au déclenchement d’une nouvelle attaque en février 2026.