Author: tecnavia

  • Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Mieux vaut tard que jamais ? Évoquée au printemps 2024, l’étude sur les taxis de la ville de Marseille doit enfin démarrer début 2026. Le processus a été enclenché en septembre sur la base d’un cahier des charges « élaboré cet été », auquel les syndicats de taxis ont été conviés. Si les locataires (LUTM) ont joué le jeu, les propriétaires ont décliné l’invitation, regrette-t-on en mairie où l’on évoque deux réunions en signe de bonne volonté.

    Complexe et insatisfaisant

    Le sujet est brûlant. Dans une ville où aucune autorisation de stationnement (ADS) n’a été délivrée depuis 1963, seuls 1 115 taxis circulent. C’est 1,3 taxi pour 1 000 habitants, deux fois moins qu’à Lyon. Ils étaient 1 380 en 1995, lorsque ces licences sont devenues cessibles et rentables, certaines valant jusqu’à 250 000 euros. Il y a un an, lorsque Sami Benfers adjoint (Ambition citoyenne / GRS) chargé des taxis, a annoncé vouloir créer 80 ADS, tout s’est tendu sur fond de conflit ouvert entre chauffeurs locataires et propriétaires.

    « La situation est complexe et de mauvaises habitudes ont été prises mais Marseille s’est développée depuis soixante ans et personne ne peut dire qu’aujourd’hui l’offre en taxi est satisfaisante », tempère-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville où l’on estime que 100 à 400 nouvelles ADS sont nécessaires. 220 à 230 taxis sont sur une liste publique en attente du précieux sésame qui comme l’impose la loi ne sera plus cessible.

    Le nombre de nouvelles ADS doit être affiné par l’étude qui reposera sur la comparaison avec d’autres collectivités et une analyse des spécificités locales en termes de superficie, de liaison avec l’aéroport, de transports médicaux, d’offres touristiques. Elle portera aussi sur les nouvelles demandes des clients ou les stations d’accueil. « Le but est de créer un outil performant pour combattre les plateformes VTC », précise Sami Benfers. Une efficacité d’autant plus nécessaire que la faiblesse des transports collectifs est patente. La Ville espère aboutir après les élections municipales sans en faire « un enjeu électoral ».

    « La mise en route est tardive, c’est dommage », regrette toutefois l’élu marseillais quand le responsable du LUTM se montre plus incisif. « Cette étude est une victoire car c’est le fruit d’un combat dans lequel nous perdons beaucoup mais on a bien compris qu’elle a été retardée pour ne pas se retrouver pas dans l’embarras d’une décision à prendre avant les élections. Or c’est un enjeu de justice sociale », note son président Saïd Djefaflia. Lui surtout regrette qu’un « accord obtenu cet été pour la création de 65 ADS » n’ait pas été validé.

    En mairie, on explique ce retard par le conflit entre syndicats, l’héritage du passé et des équipes municipales sous-dimensionnées au service taxi. En attendant, la municipalité a prolongé la suppression des décades, ce système de rotation des taxis avec quatre jours de repos pour douze jours travaillés, qui réduit leur circulation…

  • [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    [Entretien] Nicolas Da Silva : « La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite »

    La Marseillaise : Dans quel contexte est créée la Sécurité sociale en 1945 ?

    Nicolas Da Silva : Il y a souvent cette idée que la Sécurité sociale viendrait d’un grand consensus national. Il n’en est rien. Si elle a été créée en 1945 et pas 1938, ce n’est pas parce qu’en 1945 on est plus riche – c’est le contraire – ni parce qu’on est plus intelligent. Ce qui change, c’est le rapport des forces politiques, parce qu’il y a un conflit militaire qui bouleverse l’ordre social. Deuxième élément de contexte important  : dans ce bouleversement de l’ordre social, tout le monde n’est pas d’accord. Il y a déjà une très grande conflictualité sur la Sécurité sociale. De nombreux acteurs sont contre : le patronat – le problème c’est qu’il a beaucoup collaboré, donc forcément sa légitimité est remise en cause -, la CFTC, qui va boycotter la mise en place de la Sécurité sociale ou encore les médecins. On a donc, dès le début, une matrice critique extrêmement contemporaine.

    Quel est l’esprit de la Sociale, cette sécurité sociale originelle ?

    N.D.S. : La Sécu crée deux choses. D’abord le régime unique, c’est-à-dire qu’on va rassembler tous ces risques dans une caisse unique qu’on va appeler le régime général. Et ensuite l’idée que plutôt qu’une gestion paternaliste (les caisses sont gérées à l’époque par des patrons, des religieux…), cette fois-ci elles seront gérées en majorité par ceux qui cotisent. Les comités d’administration qui ont le pouvoir de gestion sont ainsi composés aux trois quarts de représentants des salariés. Ce qui change beaucoup de choses, car forcément vous allez pouvoir influencer la politique.

    La position majoritaire des salariés va pourtant être remise en cause…

    N.D.S. : En 1967, les ordonnances Jeanneney imposent la séparation des caisses. C’est la réforme qui donne la Sécu qu’on connaît aujourd’hui, avec les caisses d’allocations familiales d’un côté et de l’autre les caisses de l’assurance maladie et de la vieillesse. Les ordonnances de 1967, c’est aussi l’introduction du paritarisme. Alors que les représentants des salariés, essentiellement ouvriers, étaient majoritaires (75%), on passe à du 50-50 avec le patronat. La parité paraît être de l’égalité, sauf que les patrons ne représentent qu’une partie infime de la population. Pourquoi ils auraient 50% du pouvoir de décision ? C’est très anti-démocratique. Alors qu’on attribue souvent la paternité de la sécurité sociale à Charles de Gaulle, cette réforme de 1967 menée sous son gouvernement, remet précisément en cause les originalités de 1945, à savoir le régime général et la démocratie sociale.

    Cela explique-t-il la contestation de plus en plus importante de l’objectif d’universalité de la Sécu ?

    N.D.S. : L’objectif de la sécurité sociale en 1945, c’est : « Chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins », avec l’idée de tendre vers un remboursement intégral. Sauf que progressivement, des forces sociales vont dire : ça coûte trop cher, on ne peut pas. Cela va prendre la forme d’une politique de ciblage, avec des personnes qui seront mieux remboursées (les affections longue durée par exemple) Du point de vue de la production, l’un des enjeux de la sécurité sociale est de financer des formes de productions publiques ou para-publiques. Par exemple des médecins sans dépassement d’honoraires, l’hôpital public plutôt que les cliniques privées. Avec le développement de l’étatisation, il y a l’idée que tout ça est un peu indifférent. La sécu va financer les plus performants, indépendamment du fait de savoir s’ils sont publics ou privés.

    Que penser des déclarations sur l’insoutenabilité financière de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : La Sécurité sociale est une extraordinaire réussite. La Sécu d’aujourd’hui est beaucoup plus développée que celle de 1945. On est beaucoup mieux couverts, on a accès à beaucoup plus de soins. Ça fonctionne beaucoup mieux que le passage vers le privé. S’agissant de la soutenabilité financière, je trouve que la question est posée de manière très biaisée, déloyale. Depuis sa création, la question du déficit de la Sécurité sociale est posée. Or ces déficits sont toujours instrumentalisés pour culpabiliser les patients. Ce qu’il se passe en réalité, c’est que les besoins augmentent, c’est donc normal que les dépenses en fassent autant. Plus la population vieillit, plus elle est malade. Par ailleurs on soigne mieux les gens, et l’innovation a un coût. Or face à cette augmentation des besoins, il y a une politique délibérée de limitation des ressources via les exonérations de cotisations sociales. L’évitement des recettes représente quelque chose de l’ordre de 100 milliards d’euros. C’est un choix de politique publique : on fait exprès de se passer de certaines ressources dans le but, nous dit-on, d’améliorer le niveau de l’emploi, en se disant que si les entreprises ont moins à payer pour embaucher, elles embaucheront davantage. Or les nombreuses études sur le sujet montrent que cet effet n’existe pas. Ou de façon infime.

    Peut-on légitimement s’inquiéter pour l’avenir de la Sécurité sociale ?

    N.D.S. : Oui mais pas parce que le système serait à bout de souffle, pas pour des raisons financières ou démographiques qu’on nous serine. La sécurité sociale est une institution très moderne, très efficace. L’archaïsme, c’est le marché. S’il y a du souci à se faire pour la Sécurité sociale, c’est pour des raisons d’économie politique : globalement, les classes dirigeantes n’ont pas les mêmes intérêts que le reste de la population et ne feraient pas les réformes qui sont faites si la Sécurité sociale était plus démocratique.

  • Sécu et retraites, le commun combat

    Sécu et retraites, le commun combat

    À l’Assemblée nationale, le marathon budgétaire se poursuit. Les députés ont jusqu’à dimanche soir pour examiner les 2 500 amendements déposés au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Au menu : doublement des franchises médicales, réduction de la durée maximale des arrêts de travail, cotisation sur les tickets-restaurants et bien évidemment la suspension de la réforme des retraites. Le gouvernement envisage des coupes massives pour ramener le déficit de la Sécu à 17,5 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards actuellement.

    « Le système est menacé, il est déséquilibré dans ses fondements même », justifie en ouverture des débats le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. « Si rien n’est fait, il [le déficit] sera de 29 milliards d’euros l’année prochaine », pousse-t-il. Pour la Cour des comptes, la situation financière de la Sécurité sociale « demeure préoccupante », estime-t-elle dans un rapport publié lundi. Et pour cause : son déficit devrait atteindre 23 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation de 7,7 milliards d’euros en un an. « Le projet que nous vous proposons n’est pas une purge. (…) Ce projet, c’est plus 11 milliards d’euros pour les Français et leur protection sociale », fait valoir la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin. « Bien sûr le texte initial n’est pas parfait », concède la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « c’est une copie de départ qu’il vous appartient de faire évoluer. Mais rien ne serait pire que le refus du dialogue, la politique du véto, les lignes rouges tout le temps et sur tous les sujets », renchérit-elle. Le Premier ministre a assuré la semaine dernière être prêt à renoncer au gel des pensions de retraite et des minima sociaux.

    L’article de suspension de la réforme des retraites a été adopté en commission des Affaires sociales, mais la droite et les macronistes persistent dans leur volonté de le supprimer. C’était la première condition des socialistes pour assurer la non-censure du gouvernement, d’autres ont été formulées depuis. « Une loi de financement de la Sécurité sociale peut être rigoureuse sans être punitive, elle peut être responsable sans être injuste », tempère la députée socialiste Sandrine Runel, plaidant en faveur d’« un partage plus équilibré des efforts et une solidarité mieux répartie ».

    Pour être adopté, le PLFSS devra a minima compter sur les abstentions des députés écologistes et communistes. Rien n’est moins sûr : « À l’unanimité, ce PLFSS ne nous convient pas. Il manque 10 milliards pour qu’il réponde aux besoins. Sur les retraites, nous sommes également très loin du compte », attestait le député communiste Yannick Monnet plus tôt dans la journée. Les insoumis ont, quant à eux, déposé une motion de rejet préalable au texte, qui n’a pas été adoptée avec 326 voix contre et seulement 61 pour. « Nous fêtons les 80 ans de la Sécurité sociale (…) une institution populaire dont la macronie veut la mort réforme après réforme », conspue le député LFI Hadrien Clouet. « La réalité de ce texte, c’est gaver les plus riches et prendre à celles et ceux qui sont les plus précaires », tranche celui qui est également rapporteur thématique de la commission des Affaires sociales.

    Un conclave 2.0 sans

    la CGT ni le Medef

    En annonçant la suspension de la réforme des retraites lors de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu a également esquissé la mise en place d’une conférence sociale Travail et Retraites. Un énième espace de discussions réunissant le gouvernement, les syndicats et le patronat, ressemblant peu ou prou au conclave convoqué par François Bayrou qui s’est soldé par un échec, il y a quatre mois seulement. Pour le ministre du Travail, c’« est un lieu de débat et pas de négociation », insiste-t-il. Une première réunion s’est tenue mardi en présence de la cheffe de la CFDT et celui de la CFTC, tandis que FO et la CFE-CGC ont dépêché leurs numéros 2. La CGT avait déjà annoncé qu’elle ne s’y rendrait pas, sa secrétaire générale refusant de « tenir les chandelles entre celles et ceux qui veulent un système à points [prôné par la CFDT] et ceux qui veulent la capitalisation », tacle Sophie Binet.

    Dans une déclaration transmise à l’AFP, le Medef a expliqué son refus d’y siéger : « Il y a déjà un agenda social autonome défini par les partenaires sociaux » et celui-ci « n’est pas indexé sur des échéances politiques », a estimé l’organisation. Les rendez-vous devraient ainsi se tenir au Conseil économique, social et environnemental (Cese) et s’étaler jusqu’à la fin de l’été 2026 : « Les écuries présidentielles, si elles le souhaitent, auront un matériau sur un sujet central pour le pays dont elles pourront s’emparer », indique Jean-Pierre Farandou, visiblement ambitieux sur la durée de vie de ce gouvernement.

    Les retraités en action le jeudi 6

    À l’appel du Groupe des 8 (CGT, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, Ensemble &Solidaires et LSR), une journée nationale de mobilisation est organisée ce jeudi 6 novembre afin de s’opposer aux projets de budgets 2026 marqués par l’austérité, le gel des pensions, l’alourdissement de la fiscalité et la remise en cause des droits sociaux.

    Dans nos départements, le rendez-vous est fixé à 10h30 sur le Vieux-Port à Marseille pour les Bouches-du-Rhône, avec un appel relayé par l’Union nationale interprofessionnelle des retraités solidaires (Unirs). À Avignon, l’intersyndicale appelle au rassemblement à 10h30 devant la préfecture. Dans le Var, le cortège se rassemblera à partir de 10h30 sur le parvis de la gare à Toulon, également à l’appel du groupe des 8.

  • La Sécu, ce combat fondamental

    La Sécu, ce combat fondamental

    La santé est la priorité des priorités des Français avec le pouvoir d’achat. Les députés en train de débattre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent mesurer combien laisser en l’état le texte horrifique du gouvernement serait une déclaration de guerre à l’ensemble des travailleurs et à leurs familles. Dans ce débat de société, la « suspension » de la retraite à 64 ans (arrêt provisoire à 62 ans et 9 mois jusqu’en janvier 2028), -qui devrait être examinée au plus tard le 12 novembre à l’Assemblée- ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des sévères coupes prévues dans les financements de notre système de santé. L’hôpital public notamment, pourtant applaudi pendant la crise Covid, pourrait être encore affaibli par des coups de tronçonneuse sans précédent.

    Éviter le pire

    Pour les fédérations hospitalières, c’est du jamais vu depuis 15 ans. Pas moins de 1,1 milliard en moins, soit l’équivalent de 20 000 postes d’infirmiers. Pour les patients, cela se traduirait par un accès aux soins encore plus difficile alors qu’ils vivent déjà une pénurie de médecins généralistes qui transforme de très nombreuses communes en désert médical. Des patients devront aussi payer de leur poche des franchises médicales augmentées, sans parler des personnes atteintes d’affections de longue durée qui verraient leurs droits reculer. Or, la Sécu n’est pas malade de déficit mais d’une politique qui la prive de recettes, en particulier les exonérations de cotisations qui se chiffrent en dizaines de milliards. Tel est l’enjeu de ce combat fondamental dans lequel le mouvement social doit prendre toute sa place pour éviter le pire.

  • La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    La Ville de Montpellier invite à parrainer une personne migrante

    Le parrainage républicain est une tradition qui remonte à la Révolution française. À l’époque, deux citoyens en parrainaient un troisième, l’accueillant ainsi au sein de la République française. Aujourd’hui, ce trinôme, composé d’une personne migrante (ou d’une famille), d’un citoyen et d’un élu, « contribue à sensibiliser l’opinion publique sur le droit à la citoyenneté des sans-papiers, des exilés et réfugiés et s’inscrit dans une volonté commune de mettre en place une autre politique d’immigration et d’accueil. Cet événement a une dimension chaleureuse, festive, mais aussi politique et médiatique : il s’agit de montrer que les citoyens de notre pays tiennent à ce que l’on reste une terre d’asile », détaille dans un communiqué la Ville de Montpellier. Jusqu’au 21 novembre, la collectivité lance un appel à volontaires auprès de la population montpelliéraine souhaitant rejoindre cette démarche coordonnée par l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) à l’occasion de la journée internationale des migrants, en décembre. Une initiative à laquelle s’associent également les élus de la collectivité volontaires et les bénévoles des associations mobilisées, qui orientent les personnes à parrainer.

    « Il y a des parrains citoyens qui proposent de recevoir la personne à manger, de faire des courses ensemble, d’aller au cinéma, voir des matchs de foot, des spectacles… Chaque parrainage dépend de ce que chacun y met, c’est très ouvert », décrit Michel Calvo, délégué à la ville fraternelle et solidaire. « Les personnes migrantes, durant les premières années sur le territoire, ne voient bien souvent que des gens spécialisés dans l’obtention d’un titre de séjour. L’idée du parrainage, c’est d’offrir un accompagnement d’humanité plus que de spécialiste », résume l’élu.

    Une première rencontre se tiendra le jeudi 27 novembre à 18h à la Maison des relations internationales de Montpellier pour que les trinômes se forment en vue de la cérémonie de parrainage républicain, qui aura lieu mercredi 17 décembre à l’hôtel de ville à l’occasion de la Journée internationale des personnes migrantes.

    * Pour candidater,
    une adresse mail a été créée
     : parrainagesrepublicains@montpellier.fr Via ce mail, il s’agit simplement d’exprimer
    son souhait de parrainer et d’indiquer son nom, prénom, adresse et numéro de téléphone.

  • [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    [Opéra] Un chef-d’œuvre de Verdi pour une ouverture de saison

    L’Opéra de Marseille ouvre dimanche en beauté sa nouvelle saison avec Falstaff de Giuseppe Verdi. Cette production, disons-le, quelque peu « revisitée », présentée à Lille en 2023 est une mise en scène (réalisée sur place par Jean-Christophe Mast) du comédien Denis Podalydès, de la Comédie Française dans une scénographie d’Éric Ruf, administrateur de la maison susnommée. Les costumes sont signés de Christian Lacroix. Tout cela, n’est-il pas déjà, en soi, gage de qualité ?

    La distribution alignera quelques-unes de nos bonnes voix françaises et le plateau, tous habitués de notre scène lyrique municipale, ira d’une prise de rôle. À commencer par le Pancione (le ventru) Giulio Mastrototaro qui sera un énorme (sens figuré) Sir John Falstaff. Autour de ce barycentre graviteront côtes dames (et pas des moindres) l’Alice Ford de Salome Jicia, la Nanette d’Hélène Carpentier, qui sera Blanche de la Force dans Dialogues des Carmélites cette saison. Marseille connaît bien Héloïse Mas, elle sera Mrs Page et appréciera la première invitation in loco de Teresa Iervolino pour la rouée Mrs Quickly. Elle sera de retour dans Ermione de Rossini en février. Passons côté messieurs. Si les rôles ne sont guère reluisants les voix cependant ont de quoi séduire avec le baryton Florian Sempey (Ford), les ténors Alberto Robert (Fenton) et Carl Ghazarossian (Bardolfo). Pour mener prestissimo tout ce petit monde en folie rien de tel que la baguette énergique de Michele Spotti, le fringant directeur musical de la maison.

    Quand Verdi compose Falstaff, son ultime chef-d’œuvre, il a 81 ans et 27 opéras au compteur. Rarement musique n’aura d’autant d’élan juvénile que ce génial pied de nez, opéra-bouffe sorti du sac à malice de ce vieillard prodigieux. L’œuvre est créée à la Scala de Milan le 9 février 1893. Après le triomphe d’Othello, Verdi compose pour son propre plaisir une partition qui lorgne déjà vers le siècle suivant. Shakespeare a toujours hanté Verdi. Il a toute sa vie rêvé d’un Roi Lear. Il s’est essayé à Macbeth dans sa jeunesse. Aidé par son librettiste Arrigo Boito, il retravaille la créature de Shakespeare, le compagnon de beuverie du jeune roi Henri V et l’éternel amateur de femmes des Joyeuses Commères de Windsor. Pour Alberto Savinio « Verdi écrit l’opéra le plus subtilement rythmique de toute l’histoire de la musique. Falstaff est de la première à la dernière note un énorme mouvement perpétuel ».

    Jamais crépuscule d’un génie n’aura été aussi lumineux. Suivant les préceptes de Wagner, Falstaff, fait exploser les formes traditionnelles de l’opéra italien. On a ici un discours vocal continu, un parlando vertigineux de science, de drôlerie, un tourbillon musical d’une verve effrénée et d’un raffinement plastique inouï. Pour Catherine Clément l’opéra illustre « la défaite des femmes ». La femme lyrique n’a jamais eu un sort très enviable. Pourtant Verdi, au crépuscule de sa vie, les venge toutes avec ce dernier opus. Falstaff, chef-d’œuvre absolu, est l’opéra qui célèbre la victoire des femmes. Falstaff est un ouvrage passionnant, drôle, exaltant de la première à la dernière note. À ne pas rater.

    Opéra de Marseille. dimanche 9 novembre 14h30. 14 euros, moins de 28 ans : 11 euros

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Barles

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Sébastien Barles

    Marseille, municipales, écologie, rassemblement de la gauche, actualité locale et nationale…

    À vous la parole ⤵️

  • Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Occitanie : bientôt un nouveau complexe funéraire à Juvignac

    Le secteur du funéraire est soumis à de fortes pressions concurrentielles, si bien que les familles endeuillées voient grimper le prix des obsèques de leurs proches », explique Éliane Lloret, maire de Sussargues et présidente des services funéraires de la Métropole.

    Face à ce constat et désireuse d’avoir les mains libres pour mener la politique qui lui paraît la bonne en matière de funéraire, la collectivité a décidé de procéder à un changement de statut juridique des Services funéraires de Montpellier Méditerranée Métropole (SFMA), adopté en conseil métropolitain le 14 octobre. D’une Société d’économie mixte (depuis 2015) qui comptait des actionnaires privés – la Métropole étant toutefois déjà largement majoritaire (82%) – la SFMA est devenue une Société publique locale (SPL). Un choix politique fort qui « découle d’une volonté de maîtrise d’un service public du funéraire de qualité, avec le maintien d’une juste tarification », insiste Éliane Lloret.

    Confrontée à une « démographie galopante, qui fait qu’on a vraiment une demande de plus en plus forte en termes de funéraire », la Métropole a déjà entrepris une extension du complexe de Grammont, dont les travaux ont débuté. De manière générale, la mortalité en France s’accélère et les prévisions démographiques démontrent un accroissement fort du nombre de décès à compter de 2030 et 2040.

    Un début des travaux prévu en janvier 2026

    Aussi, afin de « rééquilibrer le territoire en matière de service funéraire pour les familles de l’ouest de la métropole », la collectivité a décidé de créer un nouveau complexe funéraire à Juvignac, « dont la réalisation, la gestion et l’exploitation seront confiées à une structure dont la Métropole restera actionnaire principal, dans le cadre d’une future procédure de délégation de service public, sans mise en concurrence ».

    Pour ce faire, la Métropole va acquérir un terrain de 4 000m², adjacent à l’actuel cimetière communal de Juvignac. « Les travaux devraient débuter à partir de janvier 2026 et il faut compter environ 3 ans pour que le nouveau complexe funéraire soit opérationnel », indique Gilbert Saintemarie, directeur général des services funéraires de la Métropole.

    Le site de Juvignac « proposera les mêmes services que le complexe funéraire de Grammont, mais à une échelle moindre », développe Gilbert Saintemarie. « A priori, il y aura des salons de présentation où les défunts pourront être présentés à leur famille et veillés jusqu’au jour des obsèques ; deux salles de cérémonie ; un espace de crémation et la possibilité d’en créer un second ou bien de le consacrer à un nouveau mode de sépulture ; un espace de convivialité où les familles pourront se retrouver après la cérémonie ; enfin il y aura également un service funéraire dédié à l’accueil des familles pour organiser les obsèques », énumère le directeur général des services funéraires de la Métropole.

    « On a été confrontés, pendant le Covid ou plus récemment en janvier dernier, à des pics de décès. C’est dans ces moments-là qu’on mesure combien apporter ce service à l’ouest de la métropole sera utile pour réduire les délais entre le moment du décès et celui de la crémation ou de l’inhumation, afin d’éviter aux familles d’attendre 9,10, 14 jours pour rendre hommage à leur défunt. »

  • « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    « La stupéfaction » au Théâtre Joliette

    Trois humains tentant d’aller au-delà de leurs traumatismes respectifs : Peter, rescapé d’un AVC en convalescence, Fred, qui fait tout pour surmonter un burn-out, ainsi que celle de Mathilde qui « tente de comprendre une relation » toxique qui a fini par la « briser ». Pour autant, La stupéfaction, fable écrite et mise en scène par Marie Provence, « n’est pas un manuel de reconstruction, ni une ode à la résilience », indique le Théâtre Joliette. Mais plutôt la trajectoire et les blessures d’(anti)héros qui, « malgré leurs maladresses, veillent les uns sur les autres ». Avec « la nature, la musique, la poésie, comme autant de refuges ». Trois individus sur le fil du rasoir, mais surtout, une célébration de « la capacité de chacun à renaître ».

    Places encore disponibles jeudi 6  et samedi 8 novembre à 19h. www.theatrejoliette.fr

  • De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    De Béziers à Paris pour arracher leur classement en REP +

    Le rectorat se dit impuissant ? Le ministère fait la sourde oreille ? Qu’à cela ne tienne ! Les enseignants de La Dullague et Lucie-Aubrac iront directement frapper, le 5 novembre, à la porte du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Aux côtés de représentants de deux autres établissements dans la même situation (Montesquieu à Evry-Courcouronnes et Julia Nicolas, à Fort-de-France), avec lesquels ils ont formé un collectif, quatre enseignants de ces deux collèges biterrois porteront en haut lieu, chiffres à l’appui, leur demande d’un classement urgent en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+).

    « Ce collectif correspond aux établissements qui ont un IPS (indice de position sociale) extrêmement bas. La moyenne nationale des IPS est de 106 et nos établissements, eux, sont à moins de 76, chiffre qui correspond à la moyenne des REP + », explique une enseignante biterroise qui a souhaité rester anonyme. « Plus de la moitié des élèves de La Dullague sont issus du quartier prioritaire de la ville Iranget/Granget, qui est le 5e le plus pauvre de France, avec un taux de pauvreté de 71% », poursuit-elle. « Quant aux boursiers, ils étaient 71,5% en 2024-2025. Et on m’a dit que c’était encore pire cette année… »

    La situation est telle que malgré l’engagement constant des équipes pédagogiques, « c’est l’effondrement ». « Quand on est confronté à une population scolaire aussi marquée par la précarité, ça se traduit par de gros problèmes au niveau des résultats – moins de 60% de réussite au brevet, ce qui est catastrophique – mais aussi des problématiques sociales, avec des choses très lourdes et beaucoup de violence. La corrélation est très nette », assure l’enseignante biterroise.

    « Seul le classement en REP+ permettrait de garantir une réponse structurelle efficace, en cohérence avec les principes de justice sociale et d’égalité des chances portés par l’École de la République », estiment les établissements mobilisés dans un courrier en date du 7 octobre adressé, à l’époque, à l’ancienne ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne.

    « Tous les ans on nous dit : ce sera pour l’an prochain »

    Cela permettrait notamment « de pérenniser des moyens, alors qu’aujourd’hui à chaque année, il faut se battre. Je pense notamment à des effectifs réduits, qui font toute la différence. Ça créerait aussi une stabilisation des équipes dont on aurait bien besoin », détaille l’enseignante biterroise.

    « La carte de l’éducation prioritaire, établie en 2014, devait être revue tous les quatre ans à compter de cette date afin de tenir compte des évolutions des contextes sociaux. Or nous voilà en 2025 et il ne s’est toujours rien passé… Depuis 2018, on nous explique que ce sera pour la rentrée prochaine, si bien qu’on a déjà deux générations de collégiens qui sont passées entre nos murs, soit plus de 1 000 élèves qui n’ont pas eu droit à l’égalité des chances. Ce n’est plus possible, on parle de l’avenir des enfants ! », s’indigne-t-elle.

    L’enseignante souligne toutefois la bonne volonté du rectorat. « Depuis trois ans que nous nous mobilisons activement, il porte un regard bienveillant sur nos établissements. On est suivi, des moyens ont été octroyés. Ils font le maximum dans leur domaine de compétence. Mais la révision de la carte de l’éducation prioritaire, donc notre classement en REP+, n’est pas de leur ressort  ». Aussi, les représentants des établissements du collectif ont-ils décidé d’aller directement interpeller le ministre de l’Éducation, pour lui faire part de l’urgence de leurs situations respectives et l’enjoindre de prendre un arrêté pour modifier la carte de l’éducation prioritaire. Le 5 novembre, une délégation se présentera donc au ministère, dans l’espoir d’être reçue. De leur côté, pour « soutenir les professeurs qui vont à Paris défendre notre collège », les parents d’élèves de La Dullague organisent un rassemblement devant l’établissement le même jour à 9h30.