Author: tecnavia

  • Les sinistrés du 8 juillet à Marseille demandent réparation

    Les sinistrés du 8 juillet à Marseille demandent réparation

    Les assurances et expertises traînent en longueur. Six mois après le violent incendie qui a ravagé quelques 90 habitations, accusant le manque de réactivité qui freine les réhabilitations, les habitants de l’Estaque se sont réunis au sein d’une association.

    Créée à la mi-décembre, dans le sillon d’un collectif venu en aide aux sinistrés, l’association veut « devenir l’interlocuteur des pouvoirs publics et des assurances, afin d’assurer un meilleur suivi et une meilleure prise en charge des personnes sinistrées », explique leur communiqué. Ils ont ainsi interpellé les autorités pour exiger la tenue d’un Clav, structure garantissant un suivi des dispositifs d’aide, notamment en termes d’indemnisation et d’accompagnement dans les démarches administratives.

    À ce jour, « aucuns travaux n’ont pu être entrepris à cause de l’extrême lenteur de la conduite des expertises et contre-expertises par les différentes assurances concernées », déplore dans un communiqué publié mardi l’Association des victimes de l’incendie du 8 juillet. L’association a recensé 478 personnes « sinistrées » à des degrés différents, précise sa présidente Mathilde Favier. Elle-même concernée par des travaux d’ampleur qui s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros. Le temps presse et les relogements temporaires sont couvert plus ou moins sur 12 mois de loyers, selon les assureurs et les contrats.

    Un Clav en février

    En proie à un sentiment d’abandon profond. D’autant plus fort que l’incendie a engendré des difficultés cumulées par la suite. Fin septembre, les pluies violentes ont charrié des torrents de boues et inondé plusieurs habitations. Il y a quelques jours, les riverains de la montée Pichou se sont retrouvés privés de chauffage, suite à une avarie électrique, en pleine vague de froid. La préfecture des Bouches-du-Rhône a confirmé la tenue d’un Clav, indique l’AFP. Avec une première réunion potentiellement début février.

  • L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    Christel Stavros, AESH à Istres dans les Bouches-du-Rhône

    « Un statut pour pallier la pénurie »

    « Souvent, on se demande quelle est notre place dans l’équipe éducative. On a l’impression d’être des couteaux suisses. » Après 5 ans en tant qu’AESH dans le département, Christel Stavros, également membre de la FSU-Snuipp, a un regard critique sur ses conditions d’exercice « qui ne permettent pas d’accomplir ses missions ». Si elle précise que ça se passe bien dans son établissement, elle dénonce « des problématiques auxquelles ont fait toutes face ». « Le problème de fond, c’est notre statut, notre salaire, notre place dans l’enseignement. Nous sommes un vrai métier, donc on a besoin de vraies formations, d’un statut, d’une vraie rémunération. Si c’était le cas, il n’y aurait pas de pénurie car la profession serait attractive », explique-t-elle.

    Elle relate un quotidien où « le manque d’AESH mais aussi les conditions de travail ne sont pas à la hauteur des enjeux pour les élèves en situation de handicap ». Avant de développer : « L’enfant prend une place importante de par son besoin d’accompagnement. Pour certains, il faut avoir une attention permanente. » Mais l’absence de reconnaissance du métier provoque « une pénurie d’AESH ». « Ça a un impact sur la qualité de l’accompagnement. On prend beaucoup plus d’enfants à cause du manque d’AESH. Cela va jusqu’à 8 enfants, parfois 11, dans la semaine. » Le tout ayant « un impact sur la scolarité de l’enfant ». Elle résume le problème : « Pas assez d’AESH, pas assez de qualité d’accueil, pas d’inclusion réelle. »

    Amaury Baqué

    Julien Carboni, AESH à Toulon dans le Var

    « C’est un métier qui a du sens »

    Beaucoup de nos lecteurs connaissent déjà le militant des droits humains de tous les combats. C’est à travers sa profession d’AESH, qu’il exerce avec tout autant de passion, que nous présentons aujourd’hui Julien Carboni.

    « Je trouve que c’est un métier qui a du sens, très concret, puisqu’il s’agit le matin quand on arrive, d’accompagner un élève en situation de handicap et ce durant toute sa journée », analyse sobrement l’ancien président de la LDH. Un accompagnement, précise-t-il, dans ses habiletés sociales, et dans ses apprentissages. La difficulté étant d’adopter la bonne posture qui n’est pas toujours évidente à saisir professionnellement. « Il faut savoir aussi se détacher parfois, respecter l’autonomie de l’élève, afin qu’il puisse faire tout ce qu’il peut faire, et surtout pas le faire à sa place. »

    L’accompagnant d’élèves en situation de handicap précise aussitôt qu’il faut en même temps être là quand la sollicitation se présente, y compris d’ailleurs quand la sollicitation n’est pas forcément verbalisée ou formulée, être là en appui.

    Une reconnaissance de ce travail qui existe essentiellement par les élèves et par les parents des élèves, précise Julien Carboni. Bref, il ne manque plus que celle de l’administration.

    Et d’ajouter : « Je pense qu’on mériterait d’être un corps de fonctionnaires, puisque nous en avons déjà les devoirs, il ne reste plus qu’à acquérir les droits. »

    En attendant avec 1 100 euros par mois, il faut avoir, comme Julien, soif de justice et d’égalité pour résister.

    Thierry Turpin

    Audrey Marinelli, AESH à Avignon dans le Vaucluse

    « Un premier contrat à 777 euros »

    Des élèves en situation de handicap accompagnés seulement une heure par semaine, c’est ce qui pèse le plus à Audrey Marinelli, AESH depuis 8 ans dans des établissements scolaires d’Avignon, syndiquée à la CGT Educ’action. Dans le département, 1 300 accompagnants tentent de s’occuper au mieux de 5 800 élèves. « C’est très compliqué à gérer au quotidien. On en a de plus en plus chaque année et parfois, on commence un accompagnement en septembre et on ne sait pas si ça va être le cas pour toute l’année », explique celle qui est également représentante syndicale Éduc’action de la profession sur le département. Et qu’« en aussi peu de temps, on ne couvre pas du tout les besoins d’un élève, ce n’est pas possible ». La proposition de loi visant à intégrer les AESH dans la fonction publique « permettra clairement d’avoir un meilleur suivi des élèves, avec un meilleur suivi de l’apprentissage », estime-t-elle. Et ce, car « ce statut rend ce beau métier plus attractif », avec des « possibilités d’évolution de carrière ». Et donc plus d’AESH pour répondre aux besoins grandissants sur le territoire. Une question de salaire aussi. À ses débuts en tant qu’AESH dans des établissements avignonnais, pour 24 heures de travail par semaine, elle ne touchait que 777 euros par mois. Aujourd’hui, avec 32 heures travaillées par semaine, elle dépasse à peine les 1 300 euros, ce qui reste « très compliqué avec les prix qui montent et les salaires qui ne bougent pas ». Un changement en catégorie B est donc vu d’un bon œil, car cela permettrait « d’avoir un temps plein et de bien meilleures conditions de travail ».

    Mack Salman

  • Fil Rouge en redressement pour remailler son activité

    Fil Rouge en redressement pour remailler son activité

    « Sans cette demande de mise en redressement volontaire, on filait à la fermeture », explique Jean-François Aufort. S’il se veut confiant en une reprise de l’activité, le président de la société de production textile installée à la Capelette (10e) depuis 1995 et passée de l’artisanat à la production industrielle en 2014, reconnaît « traverser de grosses difficultés ». Des salaires versés en retard avaient conduit les petites mains des ateliers à plusieurs débrayages, dénonçant des conditions de travail éprouvantes, des coupures de courant… « 15 jours de KO administratif, le temps de mettre en place la procédure », regrette le président, qui n’en est pas au premier coup de sueur. « Il y a 8 ans, nous avions déjà traversé une période difficile, puis on est reparti. »

    Pourtant dix ans après, le pari de la production locale et de l’insertion semble attirer les clients. Fil Rouge produit 103 000 maillots pour les bénévoles des JO de Paris 2024, En 2020 Puma passe commande pour 30 000 pièces estampillées OM et Décathlon 20 000 autres… Avec 350 000 pièces sorties de l’atelier par an, la direction s’enflamme et fixe l’objectif de production à 1 million pour 2026. C’est sans compter les nombreux freins : manque de formation pour une main d’œuvre qualifiée, longueur des processus de commercialisation, complexité administrative pour les marchés hors hexagone… « et l’insertion est tributaire d’une commande publique sécurisée », souligne Jean-François Aufort. En début d’année dernière, un marché avec le Département des Alpes-Maritimes est mis en stand-by. « Aujourd’hui on gagne une respiration, les clients nous suivent, les salaires et les fournisseurs sont payés », espère le président de la société qui doit revenir au tribunal le 19 janvier.

  • Le site d’Orange à nouveau fermé le temps de l’enquête

    Le site d’Orange à nouveau fermé le temps de l’enquête

    Trois jours après la découverte d’impacts de balles sur des bâtiments du site d’Orange Massalia dans le quartier de Saint-Mauront (3e) à Marseille, la direction Grand Sud-Est a pris la décision, ce mercredi, de fermer le site à ses salariés. à compter de ce jeudi 8 janvier, « le temps de l’enquête, les collaborateurs doivent travailler sur un autre site du département ou se mettre en télétravail » indique un communiqué.

    Premiers éléments

    Cette décision guidée par le fait que « la sécurité des collaborateurs » reste « une priorité absolue », intervient après que « les premiers éléments sur cet incident » aient été portés à sa connaissance, mardi soir. Des mesures d’accompagnement pour les collaborateurs ont également été mises en place afin d’apporter le soutien adéquat face à cette situation, précise également le groupe expliquant rester « en lien étroit et régulier avec les forces de l’ordre pour toutes questions de sécurité ».

    Dans la journée, la direction en a informé les organisations syndicales. « On est soulagé, malheureusement notre direction met encore du temps à réagir. On va écrire au plus haut niveau un courrier avec Sébastien Crozier pour demander d’acter la fermeture définitive du site de Sainte-maure et officialiser le déménagement », a réagi de son côté la CFE-CGC. Mercredi dans la journée, les sites de repli étaient encore en cours d’identification par la direction indiquait de son côté la CFDT.

    Entre le 28 novembre et le 15 décembre, en raison « d’événements répétés » et de « montée en tension sur le site » sur fond de narcotrafic, après deux confinements, le site avait déjà été temporairement fermé pour deux semaines et les équipes administratives mises en télétravail.

  • Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    Vague de licenciements confirmée à l’ex-Holiday inn

    « C’est officiel, nous sommes tous licenciés. » À la sortie de son entretien de pré licenciement, ce mercredi, Karima Malagouen, qui travaille depuis 15 ans au sein de l’hôtel Marseille centre gare saint Charles, est déçue mais reste déterminée. Après une semaine et demi, les casseroles et les slogans du piquet de grève des salariés de l’ex-Holiday inn, résonnent ce mercredi encore, malgré le froid, pour exiger de meilleures conditions pour leur licenciement.

    La mobilisation a débuté lundi 29 décembre, après que six salariés aient appris leur licenciement le lendemain de Noël pour des raisons économiques, selon la direction. Un mouvement de grève qui a poussé la directrice des ressources humaines du groupe Alboran, propriétaire de l’hôtel depuis trois ans, a rencontré quatre représentants vendredi dernier. Une réunion lors de laquelle les licenciements ont été confirmés (notre édition du 3 janvier).

    Des difficultés remises en question

    Ces mardi et mercredi, les salariés concernés ont eu leur entretien de pré-licenciement, où leur a été transmis un contrat de sécurisation professionnelle, que l’employeur est légalement tenu de proposer. « On a beau essayé de discuter avec eux, ils ne veulent rien entendre et nous disent que c’est économique », se désole Karima Malagouen, coordinatrice du petit-déjeuner. Une explication qui a toujours du mal à passer pour la salariée : « Ils ne nous ont rien donné pour prouver que l’hôtel était en difficulté. Ils nous l’ont juste dit à l’oral. » Une décision d’autant plus incompréhensible pour ces employés, que certains avaient reçu des félicitations pour leur travail quelques jours avant et que l’hôtel entame des gros travaux pour passer à quatre étoiles.

    Les négociations avec la direction sont toujours en cours et la grève est reconduite ce jeudi à 11h, et « tant qu’aucun accord de fin de conflit est obtenu et signé » affirme Gaëlle Barbero, défenseure syndicale de la CNT-SO 13.

  • La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    « Le soir on va dans des trous, dans des garages qu’on trouve ouverts », lâche Berny. L’homme, âgé de 69 ans, est assis, mercredi, sur un banc de l’Esplanade de Gaulle, grande étendue de bitume à l’ombre, battue par les vents. Son frère Mokhtar, 61 ans, vomit sa bière. La nuit, continue Berny, « il fait super froid, mais on est bien couverts. On a des couvertures et des coussins que nous a donnés Emmaus ». Un hébergement ? « Il y a le 115*, mais on n’aime pas aller dans ces centres d’hébergement, il n’y a que des voleurs », assure Berny. Algériens, ils sont en France depuis une vingtaine d’années. Ils ont tous les deux bossé, en maçonnerie, électricité, mais « au noir ». Donc pas de retraite. « On est quelquefois un peu désespérés. Il y a des gens qui nous chassent de leur garage, et jettent les matelas, les couvertures et tout ce qu’on a… », raconte Berny. À propos des réfractaires au 115, « certains ne sont pas prêts à aller dans du collectif. Ou bien ils ont un confort précaire auquel ils sont attachés. Certains craignent, s’ils sont hébergés par le 115, qu’au retour on leur ait chipé leurs affaires… », commente Eliès Hannai.

    Les assos sur le pont

    L’homme gère l’accueil de jour « La maison du partage » régi par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville d’Aubagne à l’Espace Ambroise Croizat, au 384 boulevard Marcel-Pagnol. « Depuis que les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance jaune, on a augmenté l’amplitude horaire de l’accueil de jour, de 7h à 11h (d’habitude 10h), et de 14h à 17h30 (d’habitude fermé). Le matin, les personnes à la rue peuvent venir se doucher et prendre un petit-déjeuner. On a aussi des temps de maraude, de 10h à 12h et de 14h à 16h30 », explique-t-il. La maison du partage reçoit environ 40 personnes par jour. Elle est ouverte toute l’année du lundi au vendredi, et un samedi sur 2 du 1er novembre au 31 mars. « Comme les températures ont chuté rapidement, le maire (LR) Gérard Gazay nous a demandé, mardi, de mettre à l’abri les personnes. Les 10 places ont été pourvues », explique Eliès Hannai. C’est suffisant, affirme-t-il, car des sans-abri ont été orientés vers les gymnases ouverts par la Ville de Marseille. À Aubagne, les assos Urgence et solidarité, Croix rouge, Restos du cœur, Secours populaire se relaient pour s’occuper des sans-abri et leur amener des repas chauds. Ce mercredi soir, les bénévoles de la Croix rouge seront sur place, assure Jean-Pierre Turchaini, président de l’union locale d’Aubagne. « On n’est pas fermés à l’idée de récupérer des couvertures en bon état », glisse Eliès Hannai.

    * Numéro à composer pour demander un hébergement d’urgence.

  • Verglas, double accident : l’A8 en partie fermée

    Verglas, double accident : l’A8 en partie fermée

    « Très probablement liés aux conditions météorologiques dégradées », d’après un communiqué de la Préfecture de Région, les incidents auraient été favorisés par l’apparition de plaques de verglas sur la chaussée. Deux d’entre eux, impliquant deux poids lourds, se sont déroulés sur l’A8 dans le secteur de Trets. La circulation sur l’autoroute a été interrompue entre la bifurcation A8 et A52 dans les Bouches-du-Rhône, et entre l’A8 et l’A57 dans le Var. La route, après que les véhicules accidentés ont été dégagés, s’est faite envahir par une trentaine de chasse-neige, chargés de racler la chaussée pour retirer le verglas causé par la neige et le froid.

  • L’aide aux élèves handicapés reste précaire

    L’aide aux élèves handicapés reste précaire

    Dans l’hémicycle de la chambre haute du Parlement, le constat est unanime ce mercredi soir : la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) est indigne, leur rôle crucial et leur statut précaire. Et pourtant, la proposition de loi (PPL) socialiste visant à les intégrer dans la fonction publique et à garantir une meilleure inclusion des élèves en situation de handicap et à besoins éducatifs particuliers a été rejetée. La majorité sénatoriale de droite s’est en effet attelée à déposer des amendements de suppression sur chacun des articles composant le texte, avec le soutien de ses alliés centristes et sous l’œil bienveillant du gouvernement.

    Ce texte a été porté par le groupe PS dans le cadre de sa journée réservée et défendu par la sénatrice Marie-Pierre Monier. « Peut-on accepter que l’école inclusive tienne uniquement grâce à des personnes précarisées ? », lance l’élue de la Drôme à la représentation nationale. Et pour cause, l’auteure de la loi estime que le « salaire moyen » de ce qui est « le deuxième métier de l’Éducation nationale » est de 850 euros, donc sous le seuil de pauvreté. Un maintien dans la précarité de ces plus de 140 000 agents sans lesquels l’école inclusive n’existe pas. À noter que près de 50 000 élèves porteurs de handicap étaient encore en attente d’un tel accompagnement à la rentrée 2025.

    La mesure phare de ce texte est la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH afin de « sécuriser leur situation, améliorer leur rémunération et créer des opportunités d’évolution de carrière », veut croire Marie-Pierre Monier. C’est une revendication portée par l’intersyndicale FSU, SE-Unsa, CFDT Éducation formation recherche publiques, CGT Éduc’action, SNALC et SUD éducation, qui avait appelé à la mobilisation le 16 décembre dernier pour réclamer « la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH aussi bien au niveau national qu’au plus près des lieux de travail », résumait le tract officiel. Une pétition* mise en ligne en mai 2025 a, à ce jour, recueilli près de 94 000 signatures.

    Le deuxième métier

    de l’Éducation nationale

    Au Palais du Luxembourg, la gauche a soutenu d’un seul bloc la proposition de loi socialiste. « À nos yeux, cette proposition de loi permet de substituer à la précarité, une reconnaissance, à la gestion comptable, une ambition éducative et à l’improvisation, une vision de long terme », fait valoir la sénatrice réunionnaise Évelyne Corbière Naminzo, siégeant au sein du groupe communiste. « Ce texte apporte une réponse structurelle, cohérente et courageuse », renchérit-elle.

    Mais la droite et le centre s’y opposent, soulevant le coût d’une telle mesure estimée à plus de 4 milliards d’euros. « Comment croire qu’un système qui n’arrive pas à résoudre un problème à 30 millions d’euros, puisse absorber du jour au lendemain 4 milliards d’euros sans effets pervers ? », justifie le sénateur Cédric Vial (SE rattaché au groupe LR), selon lequel « le risque est réel de geler durablement toute augmentation des capacités d’accompagnement, voir, à terme de réduire le nombre des agents et des mesures d’accompagnements existantes ». Pour le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, « le résultat serait objectivement intenable par rapport au reste de la fonction publique », a-t-il estimé. Avant d’évoquer des « tensions structurelles, budgétaires » mais sans pour autant balayer le sujet d’un revers de la main, il a appelé à l’inscrire « dans le cadre général de la Conférence nationale du handicap » qui se réunit tous les trois ans.

    « Dont acte. On va quitter ce soir cet hémicycle et la droite sénatoriale, le gouvernement n’auront pas souhaité que les AESH soient titularisés », déplore la socialiste Colombe Brossel. « Mais demain matin, nous devrons, les uns et les autres, dans nos territoires, dans nos permanences, là où nous allons rencontrer les habitants, les élus dans les cérémonies de vœux, assumer ce vote », martèle-t-elle.

    EN CHIFFRES

    7 587

    enfants en attente d’AESH dans l’académie d’Aix-Marseille sur les 22 568 enfants notifiés, soit un taux de carence de 33% selon les chiffres de la direction générale de l’enseignement scolaire (DGSCO) pour la rentrée scolaire 2025. Les Bouches-du-Rhône sont, avec l’Île-de-France, le département où la situation est la plus tendue.

    48 726

    le nombre d’enfants en attente sur les 352 102 élèves qui y ont droit au niveau national selon ce même rapport du service de l’Éducation nationale transmis aux députés de la commission d’enquête sur les défaillances de prise en charge du handicap et de la santé mentale, Un chiffre qui s’est légèrement réduit à la rentrée des vacances de la Toussaint – 42 000 – mais qui reste très supérieur à celui de la rentrée 2024, où l’on décomptait 36 186 élèves en attente.

    *Pour signer : www.mapetition.org/AESH/

  • Aucun enfant ne doit être mis au ban de l’école

    Aucun enfant ne doit être mis au ban de l’école

    Le droit à la scolarité et donc de l’accès à l’école de la République est inscrit dans la loi : Le service public « veille à la scolarisation inclusive de tous les enfants, sans aucune distinction » stipule le Code de l’éducation. Sauf que chaque année, nombre d’enfants en situation de handicap restent sur le bord du chemin, à la porte de l’école. Plus de 48 000 chaque année, en moyenne. La faute à l’absence de moyens humains pour les accueillir et les accompagner. La faute à la précarité d’un métier pourtant essentiel, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Plus de 140 000 travailleurs exercent ce vrai métier sans reconnaissance. D’où la proposition du groupe socialiste au Sénat d’accorder le statut de fonctionnaires à ces accompagnants.

    Un métier payé au rabais

    La mesure permettrait de pérenniser la deuxième profession de l’Éducation nationale, de répondre aux besoins des familles et de sortir de la précarité les accompagnants en augmentant les salaires. La fiche de paie d’un accompagnant plafonne à 850 euros en moyenne. En dessous du seuil de pauvreté.

    C’est une question de choix politique en faveur du développement du service public de l’éducation. Aujourd’hui, quelque 355 000 enfants ont droit à un accompagnant dans leur scolarité. Les avancées médicales ont permis de diagnostiquer de plus en plus de troubles de l’apprentissage et donc ont accru les besoins en accompagnement. C’est un progrès qui doit se traduire dans les faits. L’avenir de dizaines de milliers d’enfants, d’adolescents et jeunes adultes en dépend.

  • L’extension du tramway mise en service

    L’extension du tramway mise en service

    Un gros coup appuyé sur l’immense buzzer rouge vif, et la nouvelle rame de tramway se dévoile. La foule était dense ce mercredi midi, sur les bords du nouveau terminus du T3 à Capitaine-Gèze (15e), pour la mise en service commerciale de l’extension du tramway marseillais sur douze stations, au nord et au sud de la ville. « Il est haut, il est immense ! », soufflent sur le quai les collégiens de l’établissement privé Loyola (15e). Avant que la cohue des premiers voyageurs ne s’engouffre dans la rame.

    « Ce n’est plus une chimère et encore moins un caprice, c’est une réalité tangible au service des habitants de la ville », célèbre la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, après le premier arrêt du voyage inaugural. Inscrite parmi les seize projets du volet mobilité Marseille en grand, cette extension a bénéficié d’un soutien exceptionnel de l’État à hauteur de 50 millions d’euros, sur les 350 millions du projet (dont 102 millions de la Métropole). « Les transports sont particulièrement importants dans une ville de la taille de Marseille, sans ambition nous n’aurions pas de cohérence », souligne le préfet Jacques Witkowski. La veille, il a lui-même signé les arrêtés autorisant la circulation des quinze nouvelles rames, avec une série de nouvelles prescriptions qui réclament encore une fois la finalisation des aménagements urbains (notre édition du 27/12). De derniers réglages pour ces 6,2km de nouveaux rails, permettant de rallier Belsunce depuis Gèze en 13 minutes, la place Castellane depuis la Gaye en 16 minutes. Au total, 93 000 voyageurs quotidiens sont attendus à l’horizon 2030.

    La campagne sur les rails

    « Nous avons fait en temps, en heure, en respectant les budgets », célèbre sur l’estrade dressée la présidente (DVD) de la Métropole, remerciant les institutions qui ont apporté leur obole. Avant de s’en prendre, à mots couverts, à la municipalité marseillaise, déplorant « le manque de vision de certains élus en poste ». C’est qu’au milieu des remerciements, la maire adjointe (DVG) Samia Ghali n’avait pas hésité à doucher l’enthousiasme. « Cet instant, c’est juste une remise en ordre de ce qui était en désordre », taclait-elle, attendant encore la phase 2 de l’extension jusqu’à la Bricarde. « Mais au-delà de ça, c’est aussi important d’avoir des bus qui ne s’arrêtent pas à 19h quand on habite à la Savine, à la Solidarité, à Kallisté », ajoutait-elle. « Avec de la police municipale », se contente de répondre la présidente de la RTM.