Dans les rues pavées étroites d’Arles, les drapeaux créent un ruban coloré. Après la rencontre de l’intersyndicale avec le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le 24 septembre, les organisations, qui attendaient « des pistes sur une copie initiale » du budget 2026, une « rupture avec les mesures présentées en juillet » et un « engagement sur ce qui pourrait être des mesures sociales et fiscales » ont appelé à battre une nouvelle fois le pavé, ce 2 octobre, rappellent les représentants des syndicats.
Les exigences sont connues : « La mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus et contraignent le versement des dividendes pour une meilleure répartition des richesses, la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises privées, des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics, des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de notre pays avec des mesures pour lutter contre les licenciements. »
Dans le cortège, fort de 500 manifestants selon les organisateurs, 350 selon la Préfecture de police, Laurie porte un carton sur lequel elle a résumé une proposition de budget : « Taxer les riches pour financer les services publics. » La Salonaise, enseignante en maternelle à Miramas, déplore une inégalité sociale « monstrueuse ». « On est dans une forme d’autisme gouvernemental où les Français approuvent la taxe Zucman de la même manière que l’Assemblée nationale l’a votée [avant d’être rejetée par le Sénat, Ndlr.], et on n’est pas entendus, dénonce-t-elle. Je ne comprends pas comment on peut encore parler de légitimité et de démocratie. On braque le projecteur toujours du même côté, on court après la fraude à la CAF, ce genre de choses qui représentent des sommes infimes, alors que les aides publiques de l’État au privé, sans contrepartie, coûtent et nuisent beaucoup plus au bien commun. »
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