Parmi les lignes rouges du grand patron Patrick Martin, président du Medef, figure notamment une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), réclamée par la gauche. « Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises. La taxe Zucman intègre l’outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas ! Pour certaines entreprises – dans la tech notamment – qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente », s’est-il insurgé.
Plus généralement, Patrick Martin a estimé que les propositions budgétaires du PS auraient « un effet récessif » dans une conjoncture économique déjà difficile. Le Medef a décidé d’organiser le 13 octobre un grand meeting. Signe de sa fébrilité mais aussi de son intention de défendre ses privilèges.
Le patron du Medef a dû pousser un « ouf » de soulagement après la lecture de l’entretien du Premier ministre, samedi dans les colonnes du journal Le Parisien, – dont la rédaction se bat contre son rachat par Bolloré -. Sébastien Lecornu est, sans surprise, fidèle aux fondamentaux du « socle commun » réunissant LR et les macronistes, fermant la porte aux revendications phares des socialistes, qu’il s’agisse de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines ou de la suspension de la réforme des retraites.
Une position qui n’étonne pas la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « Pour la rupture, on reviendra ! », a-t-elle réagi dans la Tribune Dimanche au sujet des premières orientations exposées par le nouveau Premier ministre vendredi dans le Parisien. « Il ferme la porte sur les retraites et sur la taxe Zucman, ne s’engage toujours pas clairement sur les autres lignes rouges », a-t-elle commenté. « Cela confirme la nécessité de la mobilisation du 2 octobre. C’est uniquement après cette journée, et sur la base du rapport de force du 10 et du 18 septembre, que nous irons le rencontrer de nouveau pour exiger des réponses concrètes », a déclaré Sophie Binet. Les dirigeants syndicaux ont été reçus mercredi par M.Lecornu, à Matignon, mais ont jugé les échanges infructueux et ont décrété une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre, après une première journée de grève le 18 septembre.
Sébastien Lecornu a, lui, fait part de son intention de recevoir à nouveau l’intersyndicale dans les prochains jours, lui demandant des contributions sur plusieurs thématiques liées au travail et à la protection sociale. « Nous maintiendrons la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires, en décembre, pour que le budget soit sous la surveillance du monde du travail », a assuré Sophie Binet. « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron », a-t-elle mis en garde. Interrogée dimanche lors de l’émission Questions politiques sur France inter, franceinfo et Le Monde, la responsable syndicale a toutefois affirmé ne pas souhaiter le départ de Sébastien Lecornu. « Nous ne souhaitons pas la chute de ce gouvernement. C’est d’ailleurs pour ça qu’on fait tout ça maintenant, pour le forcer à revoir sa copie » et ce « afin qu’il réponde aux exigences sociales des travailleurs et des travailleuses ».
en deux ans
Elle a rappelé que cinq gouvernements étaient tombés depuis deux ans « à cause de cette politique de passage en force d’Emmanuel Macron, notamment sur la réforme des retraites ». Elle développe : « À chaque fois, c’est tout changer pour ne rien changer. On en a ras le bol de cette nuit sans fin du macronisme avec ce disque rayé », a-t-elle encore dit.
« Notre objectif n’est pas de faire tomber Macron. Nous n’avons rien contre lui », a-t-elle affirmé. « On a d’ailleurs besoin d’un président qui préside au niveau international au vu de la crise géopolitique », a-t-elle ajouté saluant comme « très importante » la reconnaissance de la Palestine par la France.
« Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron »
66
milliards d’intérêts : c’est le montant du financement du budget de la France entre les mains des marchés financiers, soit l’équivalent du financement de l’enseignement primaire
et secondaire.

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