On ne l’a vu en action que 85 minutes depuis le début de saison. Mais pour sa seule titularisation, à Édimbourg, il y a deux semaines, Jérémy Sinzelle a montré qu’il en avait encore sous la pédale. « À 36 ans, ça m’impressionne », salue Cédric Béal. « Moi, j’ai arrêté à 34 ans car je n’en pouvais plus. Lui a une rigueur qui lui permet de jouer. » Moins qu’avant, « mais quand il joue, il est à fond. Ce n’est pas le meilleur, mais il rend les autres meilleurs ».
Car s’il n’est plus un leader de jeu, « Sinz » l’est d’autant plus dans le vestiaire, où il met son expérience au profit du groupe, particulièrement de ceux qui représentent, davantage que lui, l’avenir au poste de centre. « Ils progressent car il leur laisse la place. Je l’ai même entendu dire qu’ils devaient jouer plutôt que lui », affirme l’entraîneur de la défense toulonnaise. Preuve de la clairvoyance du bonhomme, dont il était prévu que cette probable dernière pige soit une année de transition avant de passer de l’autre côté de la main courante. « Il prend de la place naturellement, car il donne beaucoup et aide staff et l’équipe à progresser », appuie Cédric Béal.
L’intéressé, qui travaille physiquement pour « challenger les mecs et les rendre meilleurs », avoue tout de même qu’« il y a eu des moments difficiles ». « À moi de mettre mon ego de côté. Je le vis bien, car on les sent intéressés, ils se tirent vers le haut avec la Coupe du monde qui arrive », analyse-t-il. Sans oublier d’« apporter un truc » quand on fait appel à lui, car l’heure de la retraite n’a pas encore sonné.

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