Nouveau cri d’alarme sur la surpopulation carcérale

À Carcassonne, on dénombre 157 détenus pour 64 places, à Nîmes, 814 détenus pour 341 places… : en Occitanie la suroccupation des établissements pénitentiaires est devenue la norme et ne cesse de s’accentuer. Selon les dernières statistiques mensuelles du ministère de la justice, la région est la deuxième la plus surpeuplée du pays, après l’Ile-de-France. A

À

noter que le phénomène concerne principalement les maisons d’arrêt, c’est-à-dire les établissements où sont incarcérées les personnes en attente de jugement et celles condamnées à des peines de moins de deux ans.

La promiscuité dans les cellules atteint un niveau difficilement concevable. Selon le syndicat Ufap Unsa Justice, en Occitanie, plus de 2 300 détenus dorment sur des matelas posés à même le sol. La surpopulation compromet l’accès à l’infirmerie ou aux parloirs. Le risque d’agression entre détenus, mais aussi vis-à-vis des agents pénitentiaires, est permanent. D’autant que le nombre de surveillants est insuffisant. A Béziers, vingt postes restent non pourvus. Un surveillant doit s’occuper de 80 à 100 prisonniers. « Si nos missions, ce sont la surveillance et la réinsertion, aujourd’hui, on ne peut faire que de la surveillance », estime David Parmentier, secrétaire local de l’Ufap à Béziers. Le représentant syndical souligne que la « souffrance et le sous-effectif » touchent également les agents administratifs et techniques. « Il faut que les pouvoirs publics prennent conscience qu’on arrive à un point de rupture », alerte-t-il.

Adapter le nombre d’établissements

Dans l’immédiat, l’Ufap Unsa Justice demande une hausse des effectifs de surveillants et une meilleure association des syndicats aux décisions. David Parmentier considère également que le nombre de prisons n’a pas suivi la croissance démographique. « On a encore un parc immobilier pour 65 millions d’habitants. On n’a pas fini de construire un nouvel équipement qu’il est saturé le soir même. (…) On a pas assez d’établissements pénitentiaires pour accueillir les gens dignement et assurer la sécurité du personnel », avance-t-il. Trois projets de prisons sont en cours en Occitanie, à Muret, au sud de Toulouse, à Nîmes et à Rivesaltes, près de Perpignan.

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