Partout où il est passé, Youssouf M’Changama a fait l’unanimité. Comment l’expliquer ? Le natif du quartier de La Savine, dans le 13e arrondissement de Marseille, est décrit par ses anciens coéquipiers, dirigeants et même adversaires comme un « homme extraordinaire », « qui rend bons les autres » et un « meneur d’hommes formidable » au sein d’un collectif.
« Youssouf, c’est un amour », résume Salim Laassami, son ancien coéquipier à Marseille Consolat en 2015-2016. Les deux hommes se connaissent depuis l’enfance. Avant de se retrouver sous le même maillot, ils s’étaient affrontés à plusieurs reprises quand M’Changama faisait ses premiers pas à l’OM et Laassami à Air-Bel.
Ensemble, ils ont contribué à écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du club phare des quartiers Nord, passé tout près d’une accession en Ligue 2. « Youssouf était un moteur de notre équipe », souligne Jean-Luc Mingallon, président historique de Consolat et actuel dirigeant du SC Berre. Pour lui, le retour du milieu dans la cité phocéenne a relancé sa carrière, après plusieurs expériences à l’étranger, notamment à Oldham Athletic, en Angleterre, puis au RC Arbaâ, en Division 1 algérienne, où il s’est heurté à un contexte économique particulièrement difficile.
« Je devais signer avec lui là-bas », raconte Salim Laassami, qui a finalement rejoint l’USM Alger la saison suivante. À 36 ans, après avoir porté les couleurs de onze clubs, principalement en France, M’Changama retrouve aujourd’hui sa Provence natale. Cette semaine, le milieu de terrain a officiellement rejoint Aubagne.
« C’est un grand plaisir de revenir dans le Sud », confie-t-il avec le sourire. Une nouvelle étape pour l’international comorien, qui évoluait récemment à Al-Batin, en Arabie saoudite, où joue toujours l’ancien Martégal Simon Falette. « En venant à Aubagne, je me rapproche de ma famille et de mes amis », souligne l’ex-capitaine des Cœlacanthes. Sous les couleurs bleu et or, il retrouve deux coéquipiers de la sélection comorienne : le gardien Ali Ahamada et l’entraîneur adjoint Kassim Abdallah. Durant l’intersaison, M’Changama s’est entraîné avec le Scaab « pour garder le rythme ».
Convaincu qu’il peut apporter son expérience à un collectif assez jeune, le club provençal a décidé de lui faire confiance en lui proposant un contrat. « C’est ce qu’il y avait de mieux pour moi. J’étais dans le moule, je suis donc parfaitement intégré. Je me vois un peu comme le grand frère qui apporte son expérience et complète ce que les autres ont dans leurs bagages », explique-t-il.
Au-delà de son expérience, le Marseillais apporte sa maîtrise des coups de pied arrêtés, qui lui vaut le surnom de « Juninho comorien ». « Il restait plus d’une demi-heure après chaque entraînement pour travailler ses coups francs », se souvient Salim Laassami. Un investissement sans faille récompensé lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2021, avec un coup franc d’environ 30 mètres expédié dans la lucarne d’André Onana, puis, lors de la saison 2024-2025 en Ligue 2, face au Red Star, avec une frappe sans élan sous le maillot de l’Estac Troyes.
Surnommé « Canto », en référence à Éric Cantona, par les grands frères de son quartier, M’Changama est aussi réputé pour ses frappes spectaculaires et sa qualité de passe. Pour sa troisième et dernière saison (en 2021-2022) à l’En-Avant Guingamp, club cher à son cœur, il a signé la meilleure saison de sa carrière avec neuf buts et quinze passes décisives, décrochant une place dans l’équipe type de Ligue 2 et le prix du plus beau but de l’année aux Trophées UNFP.
Aujourd’hui, à plus de 1 000 km du Roudourou, le Comorien relève un nouveau défi. Celui de libérer, comme le maréchal De Lattre-de-Tassigny, nom associé au stade aubagnais, ses coéquipiers de la zone rouge.

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