Francis Scott Fitzgerald et Tennessee Williams, un duo choc

Au cœur de cette fiction, se trouve Gatsby, alias Fitzgerald. Personnage que nous connaissons bien, puisque jeune étudiante, nous avions fait un exposé oral sur l’auteur et son célèbre roman. Exposé qui commençait par un article de 1927, écrit par Victor Llona : « Pourquoi j’ai traduit Gatsby le Magnifique ». Si nous vous donnons à le lire, c’est parce qu’il résume ce que Hurstel a superbement fait ressortir : « Une tristesse désespérée s’exhale des pages ; c’est la danse macabre d’une société falote qui se démène en une folle sarabande rythmée par le tintement des dollars, fouettée sans merci par la cravache de l’ivresse »… Nous sommes le 29 février 1940, dix mois avant la mort de Fitzgerald. Conscient que la mort approche, il se transporte en songe dans les années 1920, et le tournage de l’adaptation à l’écran de son roman.

Un homme qui a été

Au lecteur de découvrir ce qui s’ensuit. N’est-ce pas le rôle d’une chronique de tenir sa curiosité en suspens ? Si nous voulions cataloguer ce livre, articulé autour de la fin du rêve américain, nous serions bien en peine. Histoire pure ? Vie romancée ? Qu’importe l’étiquette qui pourrait convenir, car son vrai mérite est de nous faire vivre, ou revivre, l’un des écrivains les plus illustres des Années Folles, aussi capiteuses et pétillantes que des coupes de champagne.

Une résurrection pareille ne pouvait être réussie que par un auteur, à savoir Daniel Hurstel, amoureux de la Littérature. Un grand talent d’écrivain auquel s’ajoute celui d’un metteur en scène, emporté par un personnage ténébreux qui est, d’abord et avant tout, un homme qui a été.

Cherche-Midi, 21 euros

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