C’est une victoire significative de trois grands champions et un clin d’œil au regretté Patrick Pedragosa qui avait triomphé en 2024 mais qui nous a subitement quittés il y a quelques semaines. Thierry Terreno l’a remplacé avec le talent et l’expérience qu’on lui connaît. Cette triplette partait un peu dans l’inconnu jeudi avec deux joueurs en manque de compétition : Benmostefa et Rouvin. Mais le talent a parlé et les deux hommes ont élevé leur niveau de jeu au fil des tours.
Sans dénigrer les autres joueurs, l’apogée de cette édition est arrivée en huitièmes de finale face au trio Christophe Martello, Julien Martinez et Anthony Kerfah. Un duel presque fratricide, accroché, intense, au cours duquel les tenants ont dû puiser dans leurs ressources pour décrocher leur qualification (13 à 12), avec une mène d’anthologie, quatre frappes pour ne pas succomber.
Mais une fois ce gros obstacle franchi, Rouvin, Benmostefa et Terreno ont progressivement pris le contrôle de la compétition. On pensait le finaliste 2024 Philippe Stievenart associé à Claude Salle et Alain Valdés capable de les contrarier en demi-finale mais leur prestation a été en deçà de leur talent.
À noter également, une nouvelle défaite dans l’autre demi-finale pour Hervé Fontani, , éliminé en demi-finale comme lors de la dernière édition avec ses deux jeunes partenaires Enzo Paolucci et Juan Lopez, le champion de France doublette qui défendra son titre la semaine prochaine à Briançon. Le grand varois aurait voulu inscrire une nouvelle fois son nom au palmarès pour honorer la mémoire de son neveu disparu il y a quelques mois.
Leurs bourreaux sont l’équipe surprise de ce 108e Provençal. Une équipe solide, solidaire avec comme chef de file Jean Pierre Rambla, le miraculé. Déjà demi-finaliste en 2013, battu par Kerfah, il est revenu créer un exploit authentique. Faire une finale du Provençal après un AVC subi il y a un mois à peine. C’est un miracle, un hymne à la vie.
Il a livré une prestation haut de gamme au tir, bien aidé par un Frédéric Poutet que l’on découvre mais très solide et Pasquin Cristofari plus connu dans le milieu.
Cette triplette a tout bousculé sur son passage pour venir échouer face aux maîtres de la discipline. Leur départ prometteur dans cette finale (4 à 3) laissait présager un combat équilibré. Mais le plus difficile face au Team France est de tenir la distance. Un terrible coup d’accélérateur permettait à Rouvin et les siens d’engranger cinq points alors que le score était de 5 à 4 en leur faveur.10 à 4. Le handicap était trop lourd. Deux mènes après, la cause a été entendue.
Au terme d’un parcours assez linéaire, les tricolores restent les maîtres de l’épreuve.

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