« Le monde entier crie pour la paix. Les Palestiniens, les Israéliens crient pour la paix. Tout le monde veut que ça s’arrête, et ce qu’on voit, c’est une escalade continue qui est totalement et parfaitement inacceptable », a déclaré Volker Türk à l’AFP et Reuters. « C’est absolument clair que ce carnage doit cesser », a-t-il ajouté. « Nous voyons une accumulation de crimes de guerre sur crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et potentiellement, même davantage », a poursuivi le dirigeant onusien.
Pour la première fois, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé, mardi, Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023 avec l’intention de « détruire » les Palestiniens, mettant en cause le Premier ministre et d’autres responsables israéliens. Israël a rejeté un « rapport mensonger ».
L’armée israélienne a annoncé le lancement, mardi avant l’aube, de son offensive terrestre majeure à Gaza-ville, après le soutien « indéfectible » affiché par l’allié américain pour éliminer le mouvement islamiste palestinien Hamas. Cette offensive a été condamnée par l’ONU, l’Union européenne et Londres, alors que la Défense civile a fait état de 31 morts à travers le territoire palestinien, dont plusieurs à Gaza-ville.
L’assaut a été annoncé juste après le départ d’Israël du secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a qualifié de « groupe de sauvages » le Hamas, dont l’attaque sans précédent en Israël le 7 octobre 2023 a provoqué la guerre dans la bande de Gaza.
Les troupes israéliennes avancent « vers le centre » de Gaza-ville et ont « étendu les activités terrestres dans ce principal bastion du Hamas », a dit un responsable militaire. « La phase principale de l’offensive a commencé pendant la nuit (…) », a-t-il dit en estimant à « 2 000 à 3 000 » le nombre de combattants du Hamas opérant dans l’agglomération dont l’armée veut s’emparer.
Des témoins ont fait état de bombardements intenses et incessants sur Gaza-ville, déjà en grande partie détruite par l’offensive israélienne lancée il y a près de deux ans dans la bande de Gaza assiégée en riposte à l’attaque du 7-Octobre.
« On peut entendre leurs cris », a raconté un habitant, Ahmed Ghazal, en allusion « aux nombreuses personnes bloquées sous les décombres à Gaza-ville », la plus grande agglomération du territoire située dans le nord. « Nous avons retiré des enfants déchiquetés », a dit un autre, Abou Abd Zaqout, alors que des Palestiniens fouillent sous des blocs de béton.
L’armée israélienne « frappe d’une main de fer les infrastructures terroristes (…) pour créer les conditions nécessaires à la libération des otages et à la défaite du Hamas. Gaza brûle ! », a déclaré le ministre de la Défense Israël Katz, en allusion aux otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre et retenus à Gaza.
Selon le responsable militaire, environ 40% des habitants de Gaza-ville et ses environs, estimés à un million par l’ONU, ont quitté la ville. Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.
« Les Israéliens ont commencé à mener des opérations là-bas [Gaza-ville]. Nous avons une petite fenêtre pour qu’un accord [de cessez-le-feu] puisse être conclu », avec le Hamas, a dit Marco Rubio avant son départ d’Israël, mardi, évoquant « probablement quelques jours, peut-être quelques semaines ».

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