« Je me demande ce que je fais dans cette salle »

La Marseillaise : Vous entrez dans votre 23e saison professionnelle. Est-ce que vous avez subi beaucoup de commotions cérébrales dans votre carrière ?

Teddy Da Costa : Je n’en ai pas eu beaucoup dans ma carrière, mais j’en ai subi une, la saison passée, un peu par accident. J’ai pris une charge et je suis tombé sur le genou d’un joueur qui était dans mon dos. C’est une blessure pas comme les autres, dans le sens où je ne ressens pas trop de douleurs. Mais ça se joue plus sur l’appréhension, car ça se passe dans la tête. Et quand je me suis rendu à l’hôpital pour passer des examens, les médecins m’ont dit que j’avais une microhémorragie à l’arrière du cerveau. Même avec le casque, je n’y ai pas échappé. Mais je n’avais pas mon protège-dents ce jour-là, parce qu’il se faisait vieux et que j’avais la flemme d’aller en refaire un autre. J’ai pris des centaines de cartouches avec et je n’ai jamais rien eu. Je pense que ça peut jouer, ça évite de trop se contracter.

Quels ont été les effets de cette commotion cérébrale ?

T.D-C. : Au-delà de la petite douleur derrière la tête, on se sent faible pendant plusieurs jours. La lumière me provoquait comme une sorte de migraine. J’avais besoin de me reposer. De toute façon, je ne pouvais quasiment pas faire d’efforts. Un peu comme quand on a chopé une bonne grippe. J’avais aussi du mal à dormir, parce que j’avais peur que le mal de tête s’amplifie.

Est-ce que ça pouvait jouer sur votre humeur aussi ?

T.D-C. : Je dois avouer que je m’énervais assez vite et que j’étais de plus en plus impatient. C’est surtout la fatigue qui parlait. J’avais l’impression que tout me saoulait. Le pire, c’est quand j’ai commencé à avoir des pertes de mémoire. Souvent, dans la journée, je me demande ce que je fais dans cette salle. C’est étrange comme situation. Encore récemment, je dormais parfois mal à cause de ça, parce que je me demandais si j’aurais des séquelles bizarres comme ça, quand je serais vieux. Mais, avec le temps, ça va bien mieux. Ce n’est pas facile à vivre, surtout que ça arrive à la fin de ma carrière. C’est dommage, mais ce n’est pas une catastrophe. Il ne faut pas faire peur aux gens, ça reste une pathologie très rare et les équipements sont de bien meilleure qualité. Pour moi, ce n’était qu’une question de poisse et c’était tombé sur moi, cette fois-là.

Est-ce que c’était un sujet tabou quand vous avez commencé le hockey sur glace ?

T.D-C. : On n’en parlait pas beaucoup. Quand on se prenait une mauvaise charge, on avait mal à la tête et puis c’est tout. Il n’y avait pas de protocole commotion comme aujourd’hui. Heureusement que les choses évoluent.

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