« Le PCF prendra toute sa place dans la liste de gauche à Saint-Cyr »

La Marseillaise : Où en est-on du rassemblement de la gauche à Saint-Cyr-sur-Mer pour 2026 ?

Sylvie Vinceneux : Nous y travaillons activement et nous comptons y prendre toute notre place. À ce titre, j’ai été désignée comme cheffe de file du PCF pour la commune. Initialement, le Parti socialiste devait conduire la liste d’union de la gauche, mais le conseiller municipal sortant, qui avait été candidat en 2020, ne se représente pas. Lorsqu’il y a eu les premières négociations, en novembre, nous avons dit qu’on laissait la place au PS, pour des raisons historiques et de légitimité. Donc c’était acté. Mais avant-hier, celui qui devait conduire la liste a renoncé.

Seriez-vous prête à assumer cette responsabilité ?

S. V. : Bien entendu, mais on se heurte, pour l’instant, à quelques résistances. Pourtant, si on regarde les résultats des élections législatives, on constate que notre liste a obtenu environ 400 voix de plus que celle dirigée par le PS. Lors de la prochaine réunion, le 19 septembre, nous allons aborder ce point de manière collective. Mais, je le répète, nous sommes prêts à prendre toute notre place et nous avons un certain nombre de propositions à mettre sur la table.

Justement, quelles sont les priorités que vous avez définies pour Saint-Cyr ?

S. V. : Le logement, pour commencer. C’est catastrophique, personne ne peut plus se loger. Ce qui est certain, c’est qu’aucun Saint-Cyrien ne verra jamais ses petits-enfants dans la maison d’à côté, parce qu’ils ne pourront pas acheter. Une étude, dans le cadre du PLH [plan local de l’habitat, Ndlr] intercommunautaire, va sortir. Il faut compter à peu près 850 000 euros pour loger une famille de quatre personnes. Et sur le marché locatif, il n’y a pas grand-chose. Parce que la caractéristique de Saint-Cyr, c’est d’avoir 49% de logements qui sont des résidences secondaires. Le maire actuel ne veut absolument prendre aucune disposition. On est une des rares communes à ne pas appliquer la taxe sur les résidences secondaires. Sans compter que la ville est en carence de logement social. La solution est de faire des petites opérations et non pas une grosse concentration, comme celle prévue dans le projet de déplacement de la gare.

Vous avez également des propositions pour faciliter l’accès aux soins…

S. V. : Oui, mais pas par des maisons de santé qui se montent presque toutes les semaines, où sont pratiqués des dépassements d’honoraires et qui ne sont ni ouvertes tard le soir ni accessibles 7 jours sur 7. Nous, ce que l’on défend, ce sont des centres de santé accessibles à tous avec sa carte Vitale. Même au Beausset, la mairie a poussé pour qu’il y en ait un. Et à La Cadière, il vient de se faire.

Aujourd’hui, si on a une urgence médicale, on est obligé d’aller à l’hôpital de La Ciotat.

Et concernant la prise en charge de la dépendance ?

S. V. : Il existe une résidence pour personnes âgées valides, mais il n’y a plus de place. On a besoin d’un autre établissement de ce style-là, pour commencer. Mais, aussi, d’avoir une réflexion sur un Ehpad public. Aujourd’hui, il y en a deux privés, où il faut débourser minimum 3 000 euros par mois. C’est quelque chose qui inquiète les gens et dont on nous parle tout le temps sur le marché.

Et pour ce qui est de la défense des terres agricoles ?

S. V. : Le mantra du maire LR, qui ne se représente pas, était toujours : un tiers entreprise-artisanat, un tiers logement et un tiers agriculture. En réalité, le troisième tiers, à chaque fois, est complètement mité. Il y a des constructions qui arrivent à se faire sur des terrains agricoles parce qu’on a, d’un seul coup, donné un permis à un ayant droit. Cela ne favorise pas l’installation de jeunes agriculteurs. Nous défendons la mise en place d’une zone d’agriculture protégée. Nous souhaitons renforcer le partenariat avec les agriculteurs pour développer les circuits courts, notamment pour approvisionner les cantines scolaires.

Comment comptez-vous associer la population à la construction de ce programme ?

S. V. : Le problème qu’on a à Saint-Cyr, qui est un vrai problème démocratique, c’est qu’on n’a aucun accès aux salles publiques. Le maire refuse, en s’appuyant sur un règlement complètement débile interdisant aux partis politiques l’accès à ces salles communales. Je vais saisir le préfet. On va voir si ça bouge.

C’est pour ça que, pour l’instant, on est un peu en circuit fermé. Mais on va essayer de travailler sur des questionnaires, en porte-à-porte et sur le marché, pour interroger la population.

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