« J‘ai décidé de retirer la suppression de deux jours fériés », a déclaré le nouveau chef de gouvernement, dans son premier entretien accordé à la presse quotidienne régionale, publié après un déplacement à Mâcon samedi.
Quatre jours à peine après sa nomination, le nouveau Premier ministre, qui avait promis une « rupture » en arrivant à Matignon, a assuré aux quotidiens régionaux qu’il misait sur « le dialogue avec les partenaires sociaux » pour trouver « d’autres sources de financement » que l’abandon de deux jours fériés qui, selon François Bayrou, devait rapporter 4,2 milliards d’euros dans le budget 2026. En revanche, Sébastien Lecornu a coupé court aux spéculations sur une réouverture du conclave entre syndicats et patronats sur les retraites : « il n’en a jamais été question ».
Interrogé sur l’éventuelle mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » et le renoncement au 49.3, il est resté prudent. Pour la première, il s’est dit soucieux du « patrimoine professionnel » et pour le second, il préférerait ne pas l’utiliser mais ne veut pas se démunir d’emblée de cet outil constitutionnel pour faire adopter le budget.
Tendant la main à la gauche pour une « discussion parlementaire moderne et franche, de très bon niveau » avec les socialistes, les Écologistes et le Parti communiste pour sortir de l’impasse budgétaire, il a aussi annoncé le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation, et plus symboliquement la suppression des avantages bénéficiant aux anciens ministres.
« Envoyer le budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire »
Si le retrait de la suppression des jours fériés est qualifié de « première victoire » par Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT et une « première bonne nouvelle » pour Marylise Leon de la CFDT, l’heure reste à la grande mobilisation programmée pour jeudi. « Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire », a encore résumé dimanche Sophie Binet.
De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a annoncé dimanche qu’« une grande journée d’action » aura lieu le 26 septembre autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles. Quant au patronat, il est monté au créneau par la voix du président du Médef Patrick Martin pour avertir que le gouvernement ferait face à « une grande mobilisation patronale » sous la forme de meetings de milliers de chefs d’entreprise si les impôts sur les sociétés augmentaient.
Dans la sphère politique aussi, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Tout le monde a compris la manœuvre : renoncer aux deux jours feriés pour maintenir toutes les autres mesures toxiques du budget Bayrou », tacle le sénateur communiste Ian Brossat, avant de conclure : « Si c’est ça, Lecornu finira censuré comme les autres ».
« Si le Premier ministre souhaite demeurer en poste, il doit comprendre qu’il y a une soif de changement dans le pays. (…) La rupture, c’est suspendre la réforme des retraites, c’est permettre l’augmentation des salaires », a rappelé le député Philippe Brun sur Franceinfo. « Nous ne souhaitons pas, nous Écologistes, que M. Lecornu reste Premier ministre. Nous trouvons qu’il n’a rien à faire là », a pour sa part asséné Marine Tondelier dans l’émission Le Grand Jury RTL.
À droite, le patron des LR Bruno Retailleau a posé ses conditions pour participer au gouvernement : la lutte contre l’immigration et « l’assistanat » et le refus de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.

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