Le message de tolérance de Denise Toros-Marter

Le bruit s’élève d’une salle sombre du rez-de-chaussée du collège Albert-Camus. À l’intérieur, des élèves de 3e attendent l’arrivée de Denise Toros-Marter, qui vient les rencontrer pour la deuxième fois. Il suffit que la Marseillaise de presque 98 ans arrive sur la scène pour que le brouhaha cesse immédiatement.

En novembre, les collégiens avaient interviewé la rescapée du camp de concentration d’Auschwitz pour réaliser un film dans le cadre du concours national de la Résistance et de la Déportation. Cette fois, ils présentent leur production à leurs camarades et à la principale intéressée, revenue spécialement pour l’occasion. « Un lien particulier s’est noué entre eux, ça a été un réel coup de foudre pour certains, ils l’appellent mamie Denise », confie la professeure principale Virginie Peugnet-Wysocki, qui voit depuis cet exercice des vrais changements : « Il y avait beaucoup d’amalgames à cause de l’actualité des tensions au Moyen-Orient. Le peuple juif était assimilé au gouvernement israélien par certains élèves, avec des propos racistes qui pouvaient en découler. Après la venue de Denise, j’ai constaté beaucoup plus de tolérance. »

La relève de la jeunesse

Malory se souviendra toute sa vie du moment privilégié passé avec la survivante de la Shoah. « Ça m’a énormément émue, j’avais les larmes aux yeux. Ce qui m’a marquée, c’est la force qu’elle a de raconter les horreurs qu’elle a vécues, de les ressasser pour que ça ne se passe plus jamais. En sortant, j’en ai parlé à mes amis et à mes parents. »

La mission de transmission de Denise Toros-Marter est donc réussie. À la fin de la projection, elle rappelle aux jeunes : « Ne vous engrainez pas dans les partis extrêmes, qui sont des partis racistes, soyez solidaires peu importe les origines. Elles ne vous séparent pas, elles vous complètent ! »

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