Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse… Avec au moins 14 sièges acquis au parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella ou à leurs alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), le RN a rempli son objectif avant même l’officialisation des derniers résultats de la soirée.
« Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement national va constituer, avec ses alliés de l’UDR du président Éric Ciotti, un groupe au Sénat », a écrit Jordan Bardella sur X.
Une marche symbolique, mais pas que : elle sera synonyme de temps de parole accru, de moyens supplémentaires… et surtout de relais précieux pour la candidature de Marine Le Pen à l’Élysée.
Même s’il passe au second plan dans l’ombre de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à sept mois de la présidentielle.
Deux constats : l’implantation locale du RN est en nette progression, celle de la France insoumise reste faible, malgré l’élection du premier élu insoumis dans le Rhône.
Alors qu’on le disait battu, le député LFI Gabriel Amard, par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon, a créé la surprise. Les insoumis devraient toutefois être plus nombreux à la Chambre haute en 2029, avec le renouvellement des sénateurs d’Île-de-France et du Nord.
La mainmise des Républicains sur l’hémicycle, avec leurs alliés centristes, n’est pas bouleversée par ce renouvellement de 178 sièges sur 348, pas plus que la réélection probable de Gérard Larcher (LR) à la présidence de l’institution, programmée jeudi.
Mais l’érosion de LR (131 sièges avant le vote), qui pourrait perdre une dizaine de sièges en attendant les décomptes définitifs, révèle un certain affaiblissement, alors que Bruno Retailleau -facilement réélu en Vendée- espère damer le pion aux candidats du bloc central en vue de la présidentielle.
« Il n’y aura pas de porosité. Nous resterons sur notre ligne », a insisté le chef du groupe LR Mathieu Darnaud, réélu confortablement en Ardèche. Les Républicains ont souffert dans la couronne méditerranéenne. À gauche, la présence quasi-systématique de listes LFI en concurrence avec les autres formations politiques a créé une certaine dispersion des voix, comme chez les Français de l’étranger.
Le Parti socialiste (65 sièges avant le scrutin) a perdu quelques plumes, dans la Creuse par exemple, mais a obtenu quelques gains, dans le Doubs et l’Hérault notamment. Les décomptes définitifs diront si le PS reste ou non la deuxième force du Sénat devant l’Union centriste (59 sièges).
Quant aux Écologistes, ils ont perdu un siège en Gironde et en Alsace, conséquence logique de la bascule de Bordeaux et Strasbourg aux municipales. Le PCF conserve ses quatre sièges qui étaient en jeu : Jérémy Bacchi dans les Bouches-du-Rhône, Céline Brulin en Seine-Maritime, Gérard Lahellec dans les Côtes-d’Armor et Marie-Claude Varaillas, dès le premier tour en Dordogne.
Horizons, représenté par le groupe des Indépendants (20 membres), peut pour sa part légitimement croire à quelques gains, non négligeables pour la dynamique d’Édouard Philippe sur la route de l’Élysée.
Alors qu’une incertitude planait sur l’avenir du groupe macroniste RDPI (19 membres), orphelin de son influent président François Patriat décédé cet été, son représentant Xavier Iacovelli a assuré qu’il se maintiendrait.

Leave a Reply