Celui qui prétendait être un président « disruptif » a réussi à mettre le macronisme en faillite et à faire disjoncter la Ve République.
En quelques heures, la crise politique déclenchée par le passage en force de la réforme des retraites puis amplifiée par la dissolution a pris un tour incontrôlable.
C’est de la droite LR, qui aime tant l’ordre et le respect du chef, qu’est venue la « chienlit ». Un tweet de Bruno Retailleau, a inauguré un enchaînement inédit. Pour la première fois, un ministre et chef de parti qui venait d’être nommé, annonçait son intention de quitter le gouvernement. Pour la première fois, un Premier ministre démissionnait une douzaine d’heures après avoir dévoilé son gouvernement. Pour la première, un président de la République était désavoué par le chef de son propre parti.
Méthode
En effet, Gabriel Attal, qui fut longtemps l’un des plus proches d’Emmanuel Macron, a confié sur le plateau de TF1 : « Comme beaucoup de Français, je ne comprends plus les décisions du président de la République. » Considérant qu’il avait essayé « trois fois la même chose » en nommant successivement Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu, il a considéré qu’il fallait « partager le pouvoir » et « changer de méthode ». Y a-t-il pire réquisitoire que celui qui vient des siens ?
La Ve République est en bout de course et le pays à bout de nerfs. Au lieu de confier à Sébastien Lecornu une mission impossible, Emmanuel Macron devrait suivre le conseil de son propre parti : changer de méthode. Il peut le faire en nommant un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire, qui doit s’engager à répondre aux urgences sociales et environnementales sans utiliser le 49.3. Si c’est un nouvel échec, le retour aux urnes sera indispensable.

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