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  • [Grand entretien] Médéric Gasquet-Cyrus : « Motchus a avant tout une vocation sociale »

    [Grand entretien] Médéric Gasquet-Cyrus : « Motchus a avant tout une vocation sociale »

    La Marseillaise : Le jeu Motchus fête sa quatrième année avec toujours autant de succès. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

    Médéric Gasquet-Cyrus : Au départ, on a créé Motchus pour rigoler et s’amuser. On pensait que ça allait durer quelques jours, puis ça s’est compté en semaines. Finalement, les gens se sont pris au jeu, c’est le cas de le dire, et nous voilà quatre ans plus tard. C’est devenu un rituel pour beaucoup puisqu’il est entré dans la vie des gens.

    Ce jeu est-il aussi un moyen de partager le parler marseillais et la culture de la ville ?

    M.G.-C. : C’est un des aspects qui est très intéressant avec ce jeu. Il permet d’apprendre des choses, des mots aussi bien aux jeunes qu’aux anciens en passant par ceux qui viennent d’arriver à Marseille. Motchus est devenu très inclusif, alors que ce n’était pas du tout prévu au départ. On se rend compte qu’il y a une certaine utilité à faire connaître à la fois la diversité de la ville et de son parler, mais aussi le patrimoine ou la culture puisque je cite souvent des exemples littéraires ou de chansons.

    Motchus fête ses quatre ans dans quelques jours, doit-on s’attendre à des nouveautés ?

    M.G.-C. : Ce mardi 20, on entre dans la cinquième année d’existence de Motchus, donc l’interface du jeu va être complètement changée, des mots plus longs et des fonctionnalités vont apparaître au fur et à mesure pour plus d’interaction tout en restant gratuit et accessible à tous.

    Justement, comment fait-on pour se renouveler après quatre années d’existence ?

    M.G.-C. : Il faut toujours trouver un équilibre entre les fadas qui jouent tout le temps et ceux qui voudraient se faire plaisir. On oscille entre des mots très courants le lundi et des plus complexes ou rares le dimanche. Certains mots courants reviennent de temps en temps en variant sur les orthographes ou les prononciations et pour les quatre, on remet tout à zéro comme si on n’avait jamais joué.

    Ce samedi, un « Motchus laïve » est organisé à l’hôtel de ville. Ce n’est pas la première fois à Marseille. Est-ce un moyen de le faire connaître au plus grand nombre ?

    M.G.-C. : Les lives n’étaient pas prévus non plus quand on a créé le jeu, mais on en est déjà à dix événements de ce genre et on fait une tournée mondiale de proximité (rires). ça plaît énormément parce que les gens ont peu d’occasions de se retrouver en public pour jouer et c’est très sympa ! On est entre l’ambiance loto populaire qu’on adore et le e-sport. C’est un moyen de créer du lien social et c’est super parce que le parler sans les gens qui parlent, ça ne sert à rien !

    Le même jour, vous vous exportez dans le Vaucluse pour la première fois…

    M.G.-C. : On avait déjà fait une démo à Carpentras, mais le live en Vaucluse est une première et on est très attendu à Mérindol. On va aussi aller dans le Var. On essaie, à chaque fois, s’adapter au lieu dans lequel on va, de coller à la réalité des gens, la culture dans les villages. C’est une super aventure pour nous parce qu’on s’en fait deux le même jour dans deux départements, c’est un truc de fou !

    Le fait d’organiser le jeu en live, est-ce un moyen de mettre un peu de couleur dans la société telle qu’on la connaît actuellement ?

    M.G.-C. : Oui, parce qu’on en a besoin. On l’organise toujours avec des partenaires avec qui on a des valeurs communes. On ne va pas faire ça avec n’importe qui, on n’en vit pas, donc on ne va pas se vendre. Sans compter qu’on porte un message d’inclusion, de découverte du patrimoine et, quand on récolte un peu d’argent avec le jeu qui est gratuit, on le reverse à des associations. C’est un engagement social à notre petite échelle, mais c’est important pour nous.

    Quel regard portez-vous sur la situation géopolitique actuelle ?

    M.G.-C. : C’est terrible. On pensait que pour les générations qui n’ont pas connu la guerre, ça n’arriverait plus parce qu’on sait comment le nazisme est arrivé. Or, nous sommes face à une nazification de certains états, de l’Europe aussi et ça arrive en France. Je suis en colère parce que je me dis que la manipulation fait que les gens vont faire et voter des conneries. Les situations qui sont déjà fragiles vont devenir terribles. Je pense aux minorités, aux femmes, aux étrangers, mais aussi aux personnes trans, gay et j’en passe. On va vivre des choses qui sont dégueulasses et je suis horrifié de ça.

    Le sondage La Marseillaise / Experts et Territoires / Ipsos-BVA, publié en début de semaine en vue des municipales, montre que le maire actuel (DVG) est à égalité dans les intentions de vote avec le RN à Marseille. Qu’en pensez-vous ?

    M.G.-C. : Là aussi, ça me révolte. Les médias dominants, nationaux ou locaux ont fait, comme le fait Macron, le marchepied du RN et ses idées. Je me bats depuis l’adolescence contre le racisme et l’extrême droite, c’est le racisme. J’ai des valeurs humanistes, de gauche très clairement, mais je respecte la droite républicaine qui n’existe plus à Marseille et en France. Ce qui se dessine clairement, aujourd’hui, c’est une alliance droite et extrême droite… J’espère que les Marseillais seront assez intelligents pour comprendre que leur ville, qui est à part en matière de cosmopolitisme, où on vit et on existe parce qu’il y a des différences, mérite mieux. Il faut vraiment être anti-marseillais et ne pas comprendre Marseille pour voter ça, parce que ça ne résoudra aucun problème, mais en créera d’autres.

    Si vous deviez utiliser un mot marseillais pour résumer cette situation, ce serait lequel ?

    M.G.-C. : Le « oaï » est un mot trop gentil parce que ce serait un désordre, mais pas inquiétant. Alors je dirais « bordille », les ordures, parce qu’il y en a trop !

  • [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    [Monde du travail] Chronique des invisibles : en 2026, faire reculer un peu la nuit

    Les mêmes choses, d’une année sur l’autre : la paix, la santé, un peu de bonheur, et que le monde, tel qu’on le connaît, existe encore jusqu’au Printemps.

    Nous les enverrons par cartes (tant que La Poste perdure toujours, le Danemark vient de la fermer définitivement), par courriels, par SMS, par messages pressés entre deux courses au supermarché. « Bonne année, bonne santé ! ».

    Et pourtant, malgré leur apparente banalité, ces mots conservent une force intacte : ils témoignent qu’au cœur des épreuves, du labeur quotidien, de ce climat anxiogène où la haine l’emporte sur l’empathie, l’espérance persiste.

    Je me surprends à penser, en écrivant mes vœux, que nous sommes pareils à ces jardiniers d’hiver. Ils retournent la terre gelée, convaincus que quelque chose finira bien par pousser.

    Nous savons que la saison est rude. Nous savons aussi que le simple fait d’écrire « bonne année » est déjà un acte de résistance contre la détresse généralisée du monde. Il n’existe pas de geste inutile lorsqu’il s’agit de dire aux autres qu’ils comptent, ne serait-ce qu’un instant.

    C’est l’idée même de cette série de portraits de jeunes travailleurs de « La Marseillaise » et au-delà de cette nouvelle chronique où seront abordés les gens humbles, ceux par lesquels la vie est réellement influencée, écrite, bouleversée, magnifiée. La mondialisation n’écrase pas seulement les hommes, elle digère les valeurs humaines fondatrices. Elle transforme la solidarité en opportunité commerciale, la culture en produit dérivé et la dignité en slogan publicitaire. Sous ses apparences d’universalité, elle uniformise les consciences. Notre rêve collectif ne doit jamais devenir un flux de données. Dans ce grand mouvement sans visage, sans âme, l’humanité se dissout lentement dans une logique capitaliste dépourvue de morale.

    Alors souhaitons, maladroitement, imparfaitement, sans garantie, avec force, détermination « une bonne année 2026 » mais souhaitons-le tout de même.

    Car les vœux, comme les mots, parfois, ont le pouvoir de faire reculer un peu la nuit, ces ténèbres vers lesquelles nos ennemis veulent nous entraîner.

    Sébastien Gehan

    Né en 1973, il est écrivain, auteur de polars, contes et nouvelles plusieurs fois primées. Deux fois papa, il vit à Istres. Douanier, ancien responsable syndical, il dédie cette chronique à celles et ceux qui font le monde du travail d’aujourd’hui.

  • [Travailleur de demain] Célian Bert, jeune soudeur prodige : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert »

    [Travailleur de demain] Célian Bert, jeune soudeur prodige : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert »

    Je veux tout essayer dans la soudure : le nucléaire, l’aéronautique ou la pétrochimie. » À 20 ans, Célian Bert, apprenti soudeur au CFAI Provence, centre de formation d’apprentis d’Istres et pôle de formation de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), voit grand. Médaillé d’excellence aux Worldskills, c’est pour lui la récompense d’un travail acharné et d’une quête permanente de « perfectionnement ». « On m’a dit que pour un soudeur et une première présentation aux Worldskills, faire médaille d’excellence c’est vraiment pas mal. Ça montre que je fais partie des meilleurs », explique-t-il, sans un brin de vantardise mais avec une fierté sincère.

    Et pour cause, le jeune homme est à sa cinquième année d’apprentissage dans le milieu du soudage, actuellement en train de faire un titre professionnel. Après un CAP, un brevet professionnel et une mention complémentaire, il est visiblement tombé amoureux du métier. « Ce n’est qu’à partir de la mention complémentaire que j’ai commencé le soudage, avant je faisais de la serrurerie-métallerie », se rappelle-t-il. Un début de formation où il a « appris les bases », après s’être rapidement dirigé vers un cursus scolaire professionnel : « Je savais que le cursus général n’était pas fait pour moi. Je suis passé de 9 de moyenne au collège à 18 en CAP, c’est là que j’ai trouvé ma voie. »

    Une voie qui lui réussit plus que bien et dans laquelle « il se donne à fond ». « Je ne suis jamais satisfait de ce que je fais. Je veux toujours faire mieux, en apprendre le plus possible », assume-t-il. Il faut dire que le milieu l’attire depuis un bout de temps. Né à Marseille, il a grandi en région Paca, alternant avec l’Ardèche, la Drôme et le Luberon et son idée originelle était d’allier sa passion de la plongée et le travail sur les métaux : « De base je voulais faire soudeur scaphandrier. Ça m’attirait car depuis tout petit je fais de la plongée. » Mais il a évolué avec le temps. « J’ai préféré me reporter sur le nucléaire, mais au final je regarde plutôt dans l’aéronautique. Je préfère les ateliers plutôt que les chantiers », développe-t-il. Des domaines d’activité qui collent avec ses qualités. Son métier demande en effet un certain sens de la précision, il faut travailler « la lecture de plan » et respecter les consignes au millimètre près : « Il ne faut pas d’erreur, sinon on doit tout reprendre. Une fuite dans la tuyauterie en pétrochimie, ça peut être très dangereux. » Pas naïf, il est bien conscient de la réalité des conditions de travail de sa profession et est attaché aux process de sécurité.

    Enfin, il met beaucoup de sens dans son métier : « J’aime voir ce que je sors, ce que je crée, où ça va et à quoi ça sert. » Et autant dire qu’il accorde une grande importance à la pratique. La preuve, il travaille actuellement à Socomelu à Pertuis, alternant généralement trois semaines en entreprise et une semaine de cours. Il habite à Ceyreste en Luberon, à 40 minutes de route de son boulot et une heure de plus pour aller au CFAI. Heureusement, sa grand-mère habite à Istres et il sait pouvoir compter sur le soutien inconditionnel de sa famille et de ses parents restaurateurs : « Ils m’ont toujours soutenu dans mes choix, ce sont mes plus grands fans. »

  • Le sando halloumi du Rosso café

    Le sando halloumi du Rosso café

    Cette semaine nous vous invitons chez Rosso, pour réaliser une recette à la fois street, qui se mange sur le pouce et savoureuse !

    Pour commencer, la veille découpez de belles tranches d’halloumi que vous faites mariner toute la nuit au frais dans de l’huile d’olive, de l’origan, des herbes de Provence et du thym.

    Le lendemain, au moment de réaliser votre recette il vous faudra prendre de belle tranches épaisses de pain de mie que vous pouvez trouver chez un boulanger. Réalisez si vous le pouvez une belle mayonnaise et un pesto maison. Pour le pesto, mélangez le basilic, les pignon, l’ail, le citron et le parmesan puis montez à l’huile d’olive. Salez et poivrez. Si vous ne pouvez pas les faire, le chef vous conseille de les acheter déjà prêts et mélangez les deux sauces pour avoir un seul et même condiment.

    Un fromage avec appellation protégée

    Coupez le concombre en rondelles et émincez l’oignon rouge et la sucrine. Au moment du montage du sandwich, passez vos tranches de pain de mie au grille pain pour ne pas que le pain ait le temps de sécher à l’air libre et ainsi durcir. Déposez une belle cuillère de mayonnaise au pesto sur les deux tranches de votre sandwich et étalez sur toute la surface du pain. Ajoutez sur l’une d’entre elles une poignée de sucrine, quelques lamelles d’oignon, deux tranches généreuses d’halloumi mariné.

    L’halloumi est un fromage chypriote qui se rapproche de la féta et est protégé par une appellation d’origine protégée depuis 2021 à l’échelle européenne. Quatre rondelles de concombre, quelques feuilles de menthe parsemées pour la fraîcheur et enfin les tomates séchées. Refermez avec une tranche de pain de mie badigeonnée de mayonnaise. Vous pouvez fermer le sandwich avec un papier spécialisé un peu comme un paquet cadeau et le couper en deux pour une dégustation plus simple le sandwich étant assez volumineux. Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – Des tranches de pain de mie épaisses

    – Un concombre

    – De la menthe fraîche

    – De quoi faire une mayonnaise ou déjà prête

    – Du basilic, des pignons, de l’ail, du citron, du parmesan et de l’huile d’olive ou du pesto

    – Une sucrine

    – Un oignon rouge

    – Du fromage halloumi

    – De l’origan, du thym et des herbes de Provence

    – Des tomates séchées

  • [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    Robert Rossi : C’est l’histoire d’un macho, un tombeur d’origine italienne, qui est arrivé à Marseille à l’adolescence et qui s’est lié d’amitié avec un futur musicien. Ils ont tout deux dépassé la soixantaine. L’un enchaîne les petits boulots, tandis que l’autre est sûr de lui avec un métier qui consiste à tomber les femmes. Tous les deux sont diamétralement opposés. Le musicien est très respectueux des femmes, il a une éthique politique, artistique et il porte d’ailleurs un regard très critique sur son ami. Tandis que le héros est tout le contraire. Ce qui est intéressant dans ce bouquin, c’est que l’on confronte les attitudes, les idées et les positionnements dans la vie.

    De quoi ou de qui vous êtes-vous inspiré pour écrire ce livre ?

    R.R. : Pour l’essentiel, ce sont des personnes que j’ai réellement connues. Ce qui m’a plu, c’est que tout en dénonçant le masculinisme, c’est quand même le sujet du bouquin, on est dans la faconde italo-marseillaise avec des passages complètement abracadabrants. Il y a quand même des passages que j’ai trouvés truculents, que j’ai connus et que j’ai essayé de placer à l’intérieur. C’est beaucoup d’expériences personnelles et j’ai utilisé les caractères ou attitudes de plusieurs personnes pour n’en créer qu’un, le personnage principal, avec des anecdotes qui sont pour la grande majorité réelles.

    Pourquoi c’était important pour vous de dénoncer ce masculinisme ?

    R.R. : ça faisait un moment que le sujet me trottait dans la tête et ce qui m’a décidé, ce sont ces passages truculents marseillo-marseillais dont je parlais et à la fois ce phénomène qui est de plus en plus dénoncé. Malgré les dénonciations et mouvements féministes, je trouve, d’un point de vue personnel, qu’il est en mauvaise posture. Je ne sais pas si les jeunes générations sont si évoluées que ça, j’entendais sur France Inter qu’un sondage montrait que les jeunes sont encore plus masculinistes que leurs aînés… J’ai l’impression qu’avec la politique générale, le masculinisme est encore au goût du jour. ça ne va pas en s’arrangeant. Sans oublier ces jeunes qui apprennent ce que sont les relations amoureuses sur les sites pornos, ça ne présage rien de très intéressant, c’est même plutôt dramatique…

    Pourquoi Gino, personnage principal, est-il d’origine italienne ? Est-ce pour jouer sur le cliché de l’Italien, marseillais dragueur avec humour ?

    R.R. : Oui, bien évidemment, mais il est bien plus que dragueur, c’est le tombeur par excellence qui sait comment s’y prendre pour arriver à ses fins. Mais, au-delà de ça, ce qui m’intéressait, étant d’origine italienne et en y allant souvent, c’est que j’ai observé qu’en France, il y a toute une campagne d’extrême droite qui dit que si on avait pas Macron, mais plutôt une femme comme Giorgia Meloni, une femme qui en a, le pays irait beaucoup mieux. Alors que moi, ce que je vois là-bas, c’est le contraire, par exemple maintenant pour se faire avorter en Italie, il faut aller à l’étranger. La loi existe toujours, mais les médecins qui la pratique sont très rares avec la remontée du catholicisme… Quand j’étais ado, je pensais que ce pays allait évoluer, mais au final, c’est un pays qui était fasciste et qui est redevenu fasciste. Je me demande finalement si ce n’est pas dans son ADN…

    Au-delà de la politique italienne, quel regard portez-vous sur la politique en France, mais aussi au niveau local avec l’arrivée imminente des municipales ?

    R.R. : Comme sur le territoire national, je sens une poussée RN gigantesque. Je le vois par exemple sur les réseaux sociaux. Même si je n’ai que Facebook et des amis qui sont carrément de gauche, mon mur est envahi de liens d’extrême droite, alors que l’algorithme ne devrait pas me présenter ça. Ça veut donc dire qu’ils y vont fort, qu’ils nous envahissent et le truc qui me fascine aussi, c’est que je ne pensais pas qu’on puisse aujourd’hui encore avoir autant le culte de la personnalité. Je ne pensais pas non plus que les gens seraient à ce point perméables à toutes ces idées horribles. Évidemment, mes parents m’ont parlé de la guerre, de la résistance ou de la lutte sociale, mais qui maintenant va parler de tout ça aux jeunes ? Personne. On leur parle de choses tout à fait différentes et ça fonctionne malheureusement. Je suis toujours assez pessimiste, mais j’essaie tout de même de voir ça avec le second degré, au moins dans le rapport artistique et littéraire.

    Vous avez toujours été proche de « La Marseillaise » et avez participé à
    de nombreux événements avec Quartier Nord. Ce lien avec le journal et son histoire est important pour vous
     ?

    R.R. : Je trouve aujourd’hui que c’est quasiment fondamental parce qu’honnêtement, je suis comme beaucoup de gens, je ne retrouve plus ma gauche. Il y a la gauche que certains ont nommé à juste titre de droite complexée et de l’autre les insanités et alliances que je répugne de l’extrême gauche, d’ailleurs, je ne sais pas si on peut vraiment l’appeler ainsi parce que pour moi, quand on est allié aux Frères Musulmans, c’est la pire des choses qui soit. Il y a plein de choses sur lesquelles je suis en désaccord avec le Parti communiste, mais pour moi, c’est le socle, c’est ce qu’il faut défendre bec et ongles.

  • « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    « La protection des milieux profite d’espèces qui suscitent l’empathie »

    Michel Raymond : Cela permet de voir comment se met en place ce que nous avons observé chez l’adulte. D’autant plus qu’il n’y avait pas un âge fixe chez les enfants : nos participants avaient entre 5 et 12 ans. Nous voyons ainsi comment se construit la réponse empathique envers d’autres espèces avec l’âge, avec une accentuation de l’empathie envers celles phylogénétiquement proches de nous.

    Quels enseignements en tirer ?

    M.R. : C’est intéressant pour la préservation des espèces et la sensibilisation à la vie sauvage. Les espèces ne sont pas égales quant à l’empathie que nous éprouvons envers elles, et donc notre envie de les protéger. Le public sera plus touché par une espèce proche, qui nous ressemble, que par une espèce avec qui nous partageons très peu, voire qui a un aspect repoussant.

    Pourtant, d’un point de vue scientifique, il n’y a pas de raison d’en protéger l’une plus que l’autre…

    M.R. : Effectivement, souvent, ce n’est pas une espèce qu’il faut protéger mais un milieu ou un écosystème. En le protégeant, nous protégeons toute une série d’espèces. Et la protection d’un milieu profite des espèces qui suscitent l’empathie : il faut parfois mettre en avant celle, emblématique, qui en suscite le plus. Tout cela est à prendre en compte pour développer des politiques de conservation

  • [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    [Recette] Le carpaccio de Saint-Jacques et truffes melanosporum

    Il vous faudra :

    – Cinq noix de Saint-Jacques par personne

    – Une ou deux truffes noires

    – Un quartier de citron jaune

    – Une échalote

    – Du vinaigre de framboise

    – Un bouquet de ciboulette frais

    – Du piment d’Espelette en poudre

    – De l’huile d‘olive truffée

    Des saveurs raffinées

    Pour commencer la recette et si possible 24 heures à l’avance, réalisez une brunoise avec l’échalote et déposez-la dans le vinaigre de framboise pour lui laisser le temps d’infuser et de prendre toutes les saveurs du vinaigre. Réservez.

    Le jour J, ôtez le corail des noix de Saint-Jacques et coupez-les en fines lamelles dans le sens de la longueur. Il est préférable pour plus de facilité d’avoir un couteau bien aiguisé. Le chef vous conseille également, si vous en avez la possibilité de prendre des noix assez grosses pour une coupe plus fluide.

    Faites de fines tranches de quelques millimètres et réservez. Vous pouvez ensuite trancher la truffe à la mandoline pour avoir de fines lamelles. Attention des tranches de truffe trop fines prendraient trop le pas sur la saveur de la coquille dont la chaire est très délicate.

    Une fois que vous avez émincé la totalité de la truffe il vous restera ce que l’on appelle un coude. N’hésitez pas à le plonger dans de l’huile d’olive pour que celle-ci prenne une saveur truffée et ainsi assaisonner le carpaccio.

    Une rosace délicate

    Dans une assiette, alternez une tranche de noix avec une de truffe et ainsi de suite pour former une rosace jusqu’au centre de l’assiette. Une fois que vous avez rempli la totalité, l’astuce du chef pour déposer la dernière tranche de truffe c’est de soulever votre ultime lamelle de Saint-Jacques et d’intercaler les deux pour avoir un rendu harmonieux sur l’ensemble de l’assiette.

    Assaisonnez le tout avec votre mélange au vinaigre de framboise et échalote, Parsemez un peu de jus de citron jaune. ces deux éléments vont permettre de cuire légèrement notre poisson puis un petit filet d’huile d’olive aromatisée, de la fleur de sel de Camargue, le piment d’Espelette et enfin la ciboulette coupée finement pour la fraîcheur. Vous n’avez plus qu’à déguster. Bon appétit !

  • Genesis, portraits de paysages préservés

    Genesis, portraits de paysages préservés

    Ce projet photographique de longue haleine, débuté en 2004, s’est achevé en 2012 avec plus de 30 expéditions dans des zones éloignées et souvent même inaccessibles. Genesis, constitue la troisième grande exploration de Sebastião Salgado sur les enjeux mondiaux. Après ses célèbres séries Workers et Migrations, qui s’attardaient sur les conséquences humaines des bouleversements économiques et sociaux, il s’est cette fois tourné vers la nature elle-même, offrant un poème visuel en hommage à la majesté et à la fragilité de la planète, ainsi qu’à sa genèse.

    Une nature brut
    qu’il faut préserver

    « C’est une quête des origines, à la rencontre de territoires épargnés par le monde moderne : paysages majestueux, peuples ancestraux et faune sauvage composent une mosaïque d’une nature demeurée intacte », écrit Lélia Wanick Salgado, commissaire de l’exposition.

    « Cette exposition nous présente des paysages, des animaux et des peuples qui ont échappé au monde contemporain. Elle met à l’honneur ces régions vastes et lointaines où, intacte et silencieuse, la nature règne encore dans toute sa majesté. » Des photos envoûtantes en noir et blanc qui vous transporteront des régions polaires aux déserts arides en passant par les forêts tropicales ou encore les montagnes glacées, pour dévoiler une beauté brut. Avec Genesys, l’artiste, à travers son objectif, rend un hommage à une nature souveraine tout en lançant un appel à la préserver. Au-delà des paysages, dont la plupart ont des climats qui ne permettent pas la plupart des formes de vie, d’autres clichés vous invitent à aller à la rencontre d’animaux ou de peuples qui ne pourraient survivre sans cet isolement.

    Un ensemble photographique majestueux qui a été couronné par de nombreuses expositions dans le monde et que vous pouvez découvrir en famille gratuitement au sein de la Vila Tamaris.

    Sans oublier une compilation dans un bouquin de 520 pages publié aux éditions Taschen. Les photographies y sont réparties en cinq chapitres en fonction des zones géographiques : confins du Sud, Sanctuaires, Afrique, Terres du Nord et Amazonie puis Pantanal.

    Vous pouvez donc vous émerveiller et voyager à travers ces clichés uniques tous les jours, du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h.

    Exposition gratuite et ouverte
    à tous jusqu’au 11
     janvier 2026.

  • [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    [Science] Les enfants ont plus d’empathie envers les espèces qui nous sont proches

    Cela rejoint ce qu’il avait déjà observé dans deux précédentes études réalisées avec ses collègues Aurélien Miralles (Muséum national d’histoire naturelle) et Marine Grandgeorge (Université de Rennes) : l’une chez des adultes de la population générale et l’autre chez des adultes diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (TSA). « Une hypothèse veut que plus une espèce est proche de nous, plus nous partageons de similarités avec elle », explique Michel Raymond. Qu’elles soient morphologiques ou comportementales. « Or, plus une espèce nous ressemble, plus cela active facilement les modules de notre cerveau qui nous font reconnaître un humain et déclenchent l’empathie », poursuit le chercheur.

    Construction avec l’âge

    Toutefois, si la tendance est la même chez les adultes et les enfants, il existe quelques différences : quand l’espèce est très éloignée de nous, les enfants éprouvent généralement plus d’empathie envers elle que les adultes. À l’inverse, quand l’espèce est très proche de nous, les adultes éprouvent plus d’empathie envers elle que les enfants. « Cela laisse penser qu’il y a une construction d’un module empathique envers l’humain qui se forge au fil des expériences vécues », indique Michel Raymond. Avec l’âge, l’humain renforce son empathie envers sa propre espèce – et celles qui lui ressemblent.

    Enfin, la comparaison des courbes d’empathie en fonction de la distance phylogénétique chez les enfants et les adultes ayant un TSA est surprenante. « C’est un des résultats les plus frappants », notent les chercheurs. Les deux courbes sont presque identiques, sauf pour l’empathie envers les humains – la faible empathie envers sa propre espèce étant un symptôme du TSA. Dans l’expérience publiée en 2022, les adultes ayant un TSA éprouvaient autant d’empathie envers l’humain qu’envers des espèces de vertébrés à sang froid. Difficile d’expliquer cette similarité des courbes pour l’instant. Il serait intéressant d’établir celle de l’empathie envers d’autres espèces chez des enfants diagnostiqués avec un TSA, et son évolution. « C’est une suite évidente de notre étude », conclut Michel Raymond.