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  • [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    Le cheminement a été long. « Il y a eu quelques réticences au départ dans la communauté scientifique, se souvient Stéphane Luchini. Certains considéraient que le serment n’était pas un objet d’étude scientifique ». Après quinze ans de travail et des collaborations avec des collègues psychologues pour mettre au point et réaliser une expérience, les scientifiques sont aujourd’hui en mesure de l’affirmer : oui, les témoins mentent moins sous serment. « Ce n’est pas juste un cérémonial », résume le chercheur, coauteur d’un article paru dans Journal of Experimental Criminology. Et ce n’est pas anodin quand on connaît l’importance, lors d’un procès, d’un témoin oculaire qui a tout vu et quand on sait que « le faux témoignage est la première cause d’erreurs judiciaires », écrivent les auteurs.

    Gros menteurs

    L’expérience est à la croisée de la psychologie sociale et de l’économie. « C’est très original, souligne Stéphane Luchini. Cela n’avait jamais été fait. » Confrontés à la vidéo d’un vol avec agression dans un parking, les participants devaient ensuite répondre à des questions. Exemple : « Les assaillants arrivaient-ils de la gauche ou de la droite de la voiture ? » Seulement, certains étaient incités à mentir en se voyant retirer une petite somme d’argent à chaque bonne réponse, faisant fondre la rémunération qui leur revenait pour leur participation. La comparaison entre les individus ayant prêté un serment obligatoire et ceux qui en étaient exemptés montre une différence : « Le serment réduit le mensonge de 39% », résume Stéphane Luchini.

    Un autre groupe avait le choix de prêter serment ou pas. Dans ce cas, presque tous les participants acceptent. « C’était attendu », précise le chercheur. Plus étonnant en revanche : quand le serment est libre, les gros menteurs mentent moins. « Quand il est obligatoire, ils mentent pleinement, note Stéphane Luchini. Cela souligne l’importance de la liberté dans l’engagement ».

    L’efficacité prouvée du serment invite à l’étendre au-delà du procès, par exemple dès les premiers instants de l’enquête, quand les souvenirs sont frais, les pressions extérieures déjà présentes et le risque de mensonge élevé. Voire dans d’autres contextes, comme l’éthique professionnelle ou la protection de l’environnement, concluent les auteurs de l’article.

  • [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra :

    – Un filet de sériole frais

    – Deux cornichons frais ou un concombre

    – Un piment basque Gorria et un bouquet de basilic thaï

    – De la crème épaisse d’Issigny, de la fleur de sel

    – Une bonne huile d’olive

    Un poisson au goût naturel

    Pour débuter la recette, il vous faudra couper de jolies tranches de sériole dans le filet, sur la largeur, celles-ci doivent faire environ 5 mm d’épaisseur pour avoir quelque chose de doux en bouche, mais garder tout de même de la mâche. La sériole est un poisson blanc de Méditerranée, vous pouvez le remplacer par n’importe quel autre poisson blanc et demander à votre poissonnier de lever les filets. Assaisonnez ensuite avec un peu de fleur de sel afin de préserver le goût naturel et frais du poisson.

    Coupez ensuite vos cornichons frais en deux dans le sens de la longueur. Les cornichons frais ne sont pas plongés dans le vinaigre, il peut être donc assez compliqué d’en trouver. Cependant, le goût du légume cru se rapproche beaucoup de celui du concombre, vous pouvez donc le remplacer par celui-ci. Brûlez la face interne du cornichon au chalumeau. Si vous n’en avez pas, faites chauffer une poêle sans matière grasse et déposez-les dessus une fois que celle-ci est très chaude, pas plus de quelques secondes. Cela viendra apporter de la gourmandise et un goût fumé dans votre recette.

    Des produits frais et bruts dans l’assiette

    Découpez chaque moitié de cornichon en trois morceaux en biais. Réalisez ensuite de fines lamelles de piment gorria et sélectionnez quelques belles feuilles de basilic sur votre bouquet.

    Vient maintenant le moment du dressage. Pour cela, déposez dans un fond d’assiette creuse une belle cuillère à soupe de crème épaisse et faites un petit puits, ajoutez un léger filet d’huile d’olive, disposez les morceaux de cornichon ou concombre dans le fond de l’assiette, sur la crème, quelques lamelles de piment, puis superposez légèrement deux tranches de sériole que vous roulez légèrement sur l’une des extrémités. Déposez au centre, puis déposez quelques feuilles de basilic thaï.

    Bon appétit.

  • [Portrait] Fournel ne « voulait pas avoir raison tout seul »

    [Portrait] Fournel ne « voulait pas avoir raison tout seul »

    Pour évoquer leurs manières d’être, à la fois singulières et filles de leur époque, on retracera leurs premières années de mutations et de réflexions. Ils se sont connus à Montpellier. Le Vauclusien entamait ses études de sciences physiques, la fille d’émigrants espagnols voulait devenir institutrice. Ils prirent l’habitude d’aller en auto-stop au Festival d’Avignon. Vendre des bijoux sur la place de l’Horloge, planter une tente dans les parages de l’Auberge de Jeunesse, fut leur solution. En 1966, ensuite jusqu’au début des années 1970, ils découvraient Jean Vilar, Bread and Puppet, Patrice Chéreau, Pina Bausch et Georges Lavaudant.

    En 1970, pour faire le service militaire en qualité de coopérant, en attendant de décrocher un poste à la Faculté de sciences de Saint Jérôme, ils s’établissent en Algérie -leur fils est né à Oran- et puis en Tunisie. André et Molly étaient sensibles à la culture et à la vie quotidienne du Maghreb. Ils n’étaient pas des touristes ou des voyageurs, l’Espagne est le seul pays d’Europe qu’ils connaissent vraiment. L’autre côté de la Méditerranée n’a pas cessé de les émouvoir et de les questionner. Pendant les années noires, à compter de 1990, ils ont pratiqué le devoir d’hospitalité, hébergé ou bien caché dans leur appartement des hommes et des femmes en danger.

    Des engagements tenaces

    Sans doute par crainte de ne pas être vraiment compris ou bien parce qu’il n’a jamais fait l’important, André Fournel parlait rarement de son métier d’enseignant-chercheur qu’il exerça avec rigueur et bienveillance. Sans relâche, dans tous les domaines que son inlassable curiosité rejoignait, il fut un questionnant, un apprenant. À côté de sa prédilection pour des poètes comme Neruda et Mandelstam, il avait une vive passion pour les livres et les articles consacrés à l’homme de Néandertal. À la fin des années 1990, Fournel sut se remettre en question et se reconvertir hors de sa zone de confort : il transféra du côté de la biologie ses grilles de lecture de chercheur dans le domaine des supra-conducteurs. Dans son laboratoire qui s’appelait le BIP, Bioénergétique et ingénierie des protéines, on garde souvenir d’un sachant de grande finesse qui ne cherchait pas la célébrité. Dans sa vie professionnelle, André était à la fois lumineux et décalé, tolérant et respectueux du travail d’autrui.

    La grande affaire de sa vie, ses observations et ses convictions furent axées sur la politique. Ici aussi il ne privilégiait pas ses doutes et ses interrogations les plus intimes. Quand bien même le désir de changer le monde ou bien la vie pourrait devenir une illusion, ses exigences de démocrate n’avaient pas faibli. Fournel ne baissait jamais la barre de la combativité, estimait que l’histoire devait toujours commencer par en bas, sans invectives ni brutalité, à partir d’une écoute et d’une implication des acteurs de terrain. Dans de nombreux espaces de lutte et de revendications comme le comité Ombres et lumières de Noailles, antérieur aux effondrements de la rue d’Aubagne, avec Centre ville pour tous, avec la Fédération des conseils de citoyens, sa parole, son écoute des délogés et ses connaissances en matière d’urbanisme étaient sollicitées et respectées.

    Au crématorium du cimetière Saint-Pierre, le 11 avril, une amie écrivaine, Reine Prat prit la parole pour mémoriser son style de vie lors d’un ultime séjour au Queyras : « Je garde cette image de lui, le pied fragile et la marche rapide, filant sur les chemins sous les mélèzes pendant que Molly examine chaque plante, chaque fleur. Il attend, puis il repart. Ces derniers temps, il s’éloignait. Et il nous laisse dans une infinie tristesse et un sourire, à garder au cœur. » `

  • Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Cette renommée ne concernait pas seulement les arts de la table. Dans le catalogue de cette exposition, Marina Laffon-Borelli, Régis Bertrand, Jean-Manuel Sanchez et Daniele Maternati-Baldouy, qui fut entre 1995 et 2012 la conservatrice du musée de la faïence du Château Pastre, examinent les liens profonds que les grands feux pouvaient entretenir avec les mutations de la vie religieuse. À côté de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament de multiples provenances – le Sacrifice d’Abraham, un Bon Samaritain, le profil sur fond bleu de l’évangéliste Saint Jean qui figure sur l’affiche -le musée de Notre-Dame réunit en plaques décoratives des portraits qui se souviennent de Della Robbia, des Christs, des Crucifix et des statues de la Vierge, des objets du culte principalement issus de la fabrique de Joseph Fauchier, proche du quartier de la Porte d’Aix.

    Gravement endeuillé par les décès de six enfants, Fauchier œuvra jusqu’en 1751. Les séquences religieuses de son travail s’accordent avec le ressaisissement de Marseille au lendemain des catastrophes engendrées par la Peste de 1720. En témoigne à sa façon un mélange de sincérité et de fraîcheur, la singularité de la Vierge à l’enfant qui illustre cet article. Les polychromies bleues et jaunes de cette statue, les motifs floraux de ses vêtements, ses gestes qui ne cachent pas la nudité et la blondeur de l’enfant, son discret déhanchement ainsi que des menus détails (entre autres, au bout de ses sandales, le vernis de ses ongles) étonneront les visiteurs.

    Exposition « Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.

  • [Travailleur de demain] Tristan Andrieux imprime sa passion

    [Travailleur de demain] Tristan Andrieux imprime sa passion

    Son travail consiste à réaliser différents produits imprimés, comme des cartes postales, des boîtes ou des flyers, à l’aide d’imprimantes numériques ou offset, qui permettent de produire en grande quantité. « J’apprends aussi à régler une machine, à faire des couleurs et à vendre des produits », ajoute-t-il. Et c’est aussi ce contact avec les clients qui plaît au jeune homme : « Il y a toujours cette lueur dans les yeux quand on crée un produit pour un client. J’adore voir leurs réactions. »

    Après la réalisation d’une première version, le client vient dans l’imprimerie afin de choisir ce qu’il préfère ou non, « mais il y a quand même beaucoup de liberté », confirme Tristan Andrieux, qui occupe une place importante dans la chaîne graphique. Il imprime, façonne et coupe.

    Un métier polyvalent

    Originaire de Saint-Cannat, près d’Aix-en-Provence, « pur produit du Sud » comme il se décrit, il est fier de la polyvalence que lui offre son métier. « C’est un métier qui permet de voir un peu tout. Je n’avais jamais réparé une machine avant, maintenant, en trois ans, je répare un peu tout et n’importe quoi », témoigne le Marseillais d’adoption, depuis maintenant quatre ans. « J’ai même réparé les machines du lycée, mais je n’ai pas eu d’augmentation… », sourit-il.

    Également en alternance à l’imprimerie Caractère, le jeune homme a déjà beaucoup progressé. « On travaille sur les machines pratiquement tout seul. ça m’a permis de voir un côté de l’imprimerie que je ne connaissais pas », explique-t-il. Bien plus que l’aspect technique, il apprend aussi les bases de la communication : poser les bonnes questions, démontrer son savoir. Le technicien en communication touche à tous les domaines : Festival de Cannes, élections, vacances d’été, rentrée des classes. « Je donne vie à l’art et à la publicité, avec des flyers d’événements par exemple. C’est parler librement à énormément de personnes. On travaille aussi pour des associations, pour des gens qui font le bien. »

    Ce travail est aussi une question de transmission. Tristan Andrieux a passé beaucoup de temps auprès d’un collègue parti à la retraite : « On faisait les après-midi, les nuits ensemble. être avec des personnes qu’on apprécie, ça permet aussi d’aimer son métier. »

    Ses proches le décriraient comme un « aventurier curieux et infatigable ». Tristan Andrieux est l’un de ceux que l’on pourrait qualifier de passionné. « Je pense qu’il faut aimer ce qu’on fait. Je m’intéresse à tout dans mon métier, je pose toujours 10 000 questions. » Cette passion n’est pas près de s’arrêter : « Je veux continuer dans ce métier et il faut trouver un but. ça fait très gourou, mais c’est ce que je pense. »

  • Le Ventoux est en fête au Mont-Serein

    Le Ventoux est en fête au Mont-Serein

    L’occasion de célébrer l’arrivée de l’été avec de nombreuses animations et rendez-vous variés. Un grand marché de producteurs et d’artisans animera la journée, tandis que les restaurants de la station seront ravis de vous accueillir le midi comme le soir. Pour profiter du grand air, vous aurez également la possibilité d’apporter votre pique-nique, avec des braseros mis à disposition, et des saucisses et de la viande à griller disponibles à l’achat sur place.

    Activités délirantes
    et défis

    Côté activités, vous pourrez vous défier en famille avec une course en sacs à 11h, 14h30 et 16h, de la pétanque et du Molkky accessibles entre 11h et 17h, un mur d’escalade ouvert à tous dès 10h, ou encore une course d’orientation et un jeu de piste chronométré. L’ensemble des jeux proposés est gratuit, mais certains nécessitent une inscription préalable auprès de l’office de tourisme de Malaucène. Les participants auront la chance de profiter de nombreuses surprises.

    Les activités estivales proposées habituellement par la station seront également mises à la disposition des visiteurs, avec une réduction de 10% sur les tarifs habituels. De l’Air Park au Futrampo, en passant par le Dévalkart, la trottinette, l’accrobranche et les balades à poneys, c’est tout un univers de loisirs qui s’ouvre aux plus jeunes dès 2 ans, selon les activités.

    Balades en pleine nature

    Côté balades, vous aurez de quoi faire avec diverses boucles et sentiers ouverts au public. À commencer par la Piste des Géants, sur le sentier Jean-Henri Fabre, où trois parcours allant de 1,5 à 4 km sont accessibles en famille : le Géant des Bois, au départ du chalet d’accueil en direction de la bergerie ; le Géant des Sciences, également au départ du chalet ; ou encore le Géant des Forêts, que l’on peut ajouter en complément du circuit du Géant des Sciences, puisqu’il s’agit d’une courte balade d’environ 45 minutes.

    Est également prévue une initiation à la marche nordique dès 10h, accessible à partir de 14 ans avec « Les Chemins de Pierre ». Dès 13 h 30, une randonnée familiale permettra de découvrir la forêt et sa biodiversité. Elle est accessible aux enfants à partir de 6 ans. Enfin, une dernière randonnée, proposée à 15h30, vous emmènera sur la piste du Pic noir du Ventoux.

    Dimanche de 10h à 18h.
    Accès libre toute la journée.

    Informations et inscriptions auprès des offices de tourisme de Malaucène : 04.90.65.22.59.

    Carpentras : 04.90.63.00.78.

    Mt-Serein : 04.90.63.42.02.

  • L’été rime avec festivités dans la Venise provençale

    L’été rime avec festivités dans la Venise provençale

    Ces samedi et dimanche, c’est un programme riche qui vous attend dans le cadre des festivités organisées par la Ville et ses partenaires. Sur ces deux jours, l’un des temps forts est la fête de la mer et de la Saint-Pierre. « La fête de la mer aura lieu un peu partout dans le centre-ville et dans le quartier de l’île. Chacun trouvera de quoi se rafraîchir et s’amuser », poursuit l’élu. « Sans oublier les processions habituelles et traditionnelles dont font partie la bénédiction des bateaux ou encore l’hommage aux marins disparus. »

    Art, gastronomie et fête

    Au programme, dès 16h, vous pourrez assister à un challenge à la rame depuis le parvis de l’Hôtel de Ville, à des jeux d’antan « comme le mât de cocagne » sur le canal Saint-Sébastien entre 17h et 19h. « Nous aurons aussi des artistes qui vont exposer leur art sur le thème de la mer lors d’un petit marché sur le quai Brescon », ajoute Marc Troulier. Le soir, place aux sardinades de l’Île pour déguster les produits de la mer dans une ambiance musicale festive et chaleureuse, sur la place de la Libération, accessible à tous sans réservation.

    Bien évidemment, le week-end sera aussi marqué par l’ouverture de la fête foraine de la Saint-Pierre, qui prendra ses quartiers sur le parking Francis Turcan dès samedi à 18h.

    Dimanche, les festivités se poursuivront dès 8 heures avec la deuxième manche du championnat de Provence dans le cadre du tournoi de la Saint-Pierre, toujours sur le quai de l’hôtel de ville.

    L’après-midi, dès 16h, une visite guidée de l’exposition « Carte blanche à Ernest Pignon-Ernest », vous ouvrira ses portes aux côtés d’un médiateur au sein du musée Ziem

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    L’obscurité est grande, on aperçoit sous le bras droit de cette jeune femme le crâne sans âme d’une Vanité. Son extase et ses sensations sont intenses, irrésistiblement proches de la douleur. Sa bouche entrouverte reprend souffle. Cette apparition parmi les parois anonymes d’une grotte au milieu de la nuit, la solitude et les très vives émotions de Marie-Madeleine sont à la fois mystiques et charnelles, scandaleusement sensuelles. Un éclairage de théâtre, la lumière venue du crucifix, discernable à gauche, éclaire fortement son visage, le blanc et le rouge, les drapures et les plis de ses vêtements, son transport hors d’elle-même, un indissoluble mélange du sacré et du profane. Ses cheveux roux sont dénoués, ses mains se crispent. Sa surprise, son vertige et son tourment déclenchent un immense bouleversement. Sa beauté presque blafarde, sa tête, ses épaules et son buste se rejettent vers l’arrière afin de consentir à la violence de la sensation. Cette attitude dictée par l’inconscience du corps, elle l’aurait adoptée pour éprouver pleinement le choc de cette commotion. Après quoi, on peut imaginer qu’elle voudra se souvenir de ce soudain voyage jusqu’à l’extrême bout de la nuit et demander toujours plus.

    Un souffle abrupt et terriblement sacré, un choc clairement physique habitent les mouvements et l’immobilité de cette personne. Douleur et joie, Marie-Madeleine évoque Saint Jean de la Croix, préfigure les sensations complexes de jouissance et d’ignorance qui traversent un sommet de l’art baroque à Rome, le marbre où l’on découvre le sourire et la flèche d’or de l’Archange qui transpercent le sommeil de Thérèse d’Avila, la sculpture du Bernin qui fut commentée par Jacques Lacan. On pense aussi aux dessins d’Ernest Pignon-Ernest réalisés pour les portraits mystiques d’Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Madame Guyon.

    Les solides qualités de cette copie du Caravage, signée par le peintre flamand Louis Finson, expliquent les débats qui agitèrent les historiens de l’art. Avant de se rétracter, Roberto Longhi avait longtemps estimé qu’il s’agissait d’une œuvre du Caravage. Cette toile fut souvent sollicitée par les emprunteurs. Entre autres, en 2012 pour l’exposition du musée Fabre de Montpellier consacrée aux Corps et aux Ombres du Caravagisme européen. Récemment, pendant l’hiver 2025, afin de ponctuer l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

  • Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Une programmation variée

    Chorales en terrasses, ateliers participatifs, création mondiale et concert scolaire géant : le festival porté par l’association les Vallonés célèbre la voix sous toutes ses formes, entre amateurs et professionnels, dans un esprit de partage et d’ouverture. Et pour débuter les festivités qui s’ouvriront samedi à partir de 16h, le cours Julien et les abords de Notre-Dame du Mont se transforment en scènes à ciel ouvert pour les chorales en terrasses. Quatre adresses accueilleront les ensembles vocaux : le Black Bird Coffee, la Brasserie Communale, Asabiya et Le Petit 51. À partir de 21h, l’événement prendra un autre tournant et c’est à l’église Notre-Dame du Mont qu’un grand concert autour de créations originales et d’œuvres chorales contemporaines est organisé. Dimanche, rendez-vous est donné au parc Bagatelle avec une journée entièrement dédiée à la pratique et à la transmission. De 9h30 à 16h30, une large palette d’ateliers participatifs accueille amateurs et curieux, sans prérequis musical exigé.

    Événement gratuit et accessible à tous.