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  • [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    [Grand entretien] Ismaël Khelifa : « Tout est parti d’une rencontre à Marseille »

    La Marseillaise : Le 18 septembre, votre opération « Montagnes solidaires » va entrer dans le vif du sujet, en quoi cela va-t-il consister ?

    Ismaël Khelifa : Elle est née d’une volonté. À savoir répondre à l’urgence par l’action et le non-renoncement. Me dépasser pour transmettre de l’espoir tout en me confrontant au réel. Partager la grandeur des Alpes avec le grand public et embarquer chacun dans une action solidaire pour montrer aux enfants et aux adolescents démunis que nous nous tenons à leurs côtés. Voilà ce qui m’anime pour cette nouvelle expédition sportive et solidaire.

    Qu’allez-vous faire concrètement ?

    I.K. : Mon idée est de relier mes deux villes de cœur, à savoir Marseille et Annecy, en plusieurs étapes. Et varier les efforts, à savoir 44 kilomètres de nage en mer et dans trois lacs alpins, monter les cols mythiques des Alpes sur 846 kilomètres en vélo, et effectuer une randonnée de 110 kilomètres dans des paysages exceptionnels.

    Pourquoi un tel challenge ?

    I.K. : Tout est arrivé lors d’une rencontre, à Marseille. Celle avec une gamine que je vois partager son sandwich avec son frère. Je suis allé parler avec elle et elle m’a avoué que c’était en fait leur repas de midi. J’ai pris une énorme claque en constatant que dans mon pays, la France, des gosses vivaient dans une immense misère. Je n’en ai pas dormi de la nuit. J’ai ensuite appris qu’en France, aujourd’hui, un enfant sur cinq vit dans une extrême pauvreté. Ce que je ne peux pas admettre.

    Vous avez donc décidé d’agir ?

    I.K. : J’ai créé mon association, en 2018, et je me suis demandé comment mettre en place une initiative qui puisse toucher un maximum de personnes. J’ai songé au Secours populaire, car cette association est présente sur tout le territoire et j’y ai rencontré des gens qui ont la solidarité dans leur ADN. C’est d’ailleurs pour récolter des fonds pour leurs actions que je vais me lancer dans mes « Montagnes solidaires ».

    C’est aussi une victoire sur vous-même qui va se concrétiser ?

    I.K. : Disons que, lorsque j’ai eu cette idée, j’avais omis une chose. Je ne savais pas nager ! Ma priorité a donc été d’apprendre. Et c’est Théo Curin, alors que je venais de franchir le cap de la cinquantaine, qui m’a appris. Il a été un coach exceptionnel. Et maintenant, je suis prêt à défier les eaux de Marseille, entre le Frioul et les Catalans, et les lacs de Serre-Ponçon, Sainte-Croix et Annecy.

    Vous vous sentez comment à quelques jours du départ ?

    I.K. : Je me sens bien ! J’ai fait ce qu’il fallait pour être prêt le jour J. Je sais que le plus dur est à venir. Qu’il y aura des aléas, dans l’eau, mais aussi sur les routes. Néanmoins, l’idée de traverser des paysages époustouflants et des rencontres qui m’attendent sur le parcours seront mon carburant. Ce que je vis ces derniers jours est grisant.

    Comment va se passer cette traversée ?

    I.K. : Je vais partir des îles du Frioul jeudi, et une fois sur la plage des Catalans, ce sera le grand départ. Sur la terre ferme, les gens qui le souhaitent pourront faire un bout de chemin à mes côtés. À l’étape, des rencontres sont programmées avec les antennes locales du Secours populaire, qui récolteront les dons de ceux qui souhaitent contribuer à ces « Montagnes solidaires » en effectuant des dons qui seront au bénéfice des écoles, collèges et lycées de la région où nous serons. Au-delà de cette collecte, l’idée est que chaque rencontre soit une fête, placée sous le signe des échanges et du partage. Je vais traverser des sites magnifiques. Mais je souhaite aller au-delà de la carte postale. Faire prendre conscience du manque de solidarité et de fraternité dans notre société actuelle. Avec un rêve, que ceux qui vont me suivre lancent à leur tour une dynamique pour que ce défi transpire bien au-delà des mille kilomètres du parcours. Que des gens qui vont me croiser se disent : « Tiens si j’appelais mon centre du Secours populaire pour voir s’il est possible de faire quelque chose dans ce domaine ? » Cela afin que mon défi personnel dépasse son cadre.

    Pourquoi avoir choisi Marseille et Annecy comme point de départ et d’arrivée ?

    I.K. : Annecy, c’est ma ville de naissance. J’ai eu la chance d’y vivre une vie chouchoutée, d’avoir une famille aimante. Marseille, c’est ma ville de cœur. J’y ai découvert des gens qui ont appris à se débrouiller par eux-mêmes. Qui ont su mettre en place une solidarité formidable dans les quartiers, alors qu’ils ont des vies qui ne sont pas toujours simples. Je trouve à ce sujet que les Marseillais sont de vrais citoyens, qui savent ce que l’engagement personnel signifie. Ce sont eux qui m’inspirent au quotidien.

    À quelle date comptez-vous terminer votre défi ?

    I.K. : L’arrivée est prévue le 16 octobre, sur la plage de l’Albigny. Ce qui signifie que je terminerai le périple comme je l’ai débuté, par une épreuve de nage. Mais dans le lac d’Annecy, ce sera sans doute plus compliqué, car l’eau y sera beaucoup plus froide que lors de mon départ à Marseille. Je m’attends à des conditions terribles, en plein automne. Mais je le ferai. Le mental est là.

  • Le grand retour de la loutre en France

    Le grand retour de la loutre en France

    Perte de l’habitat, pollution des cours d’eau, et surtout chasse ont failli faire disparaître la loutre en France à la fin des années 1970. « Difficile de savoir combien il en restait », admet Simon Lacombe, doctorant au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier. Mais probablement très peu. Seuls trois noyaux de population subsistaient : en Bretagne, sur la façade Atlantique et dans le Massif Central. Mais l’interdiction de la chasser en 1972 et son statut d’espèce protégée depuis 1981 ont permis son retour. « Cela s’accélère nettement depuis les années 2000 », poursuit le doctorant, premier auteur d’un article paru dans Biological Conservation. Les trois noyaux se sont rejoints et la colonisation s’est étendue à de nouvelles régions : Bourgogne-Franche-Comté, Normandie et même la façade méditerranéenne.

    « Une preuve que les initiatives de conservation bien menées fonctionnent et une excellente nouvelle pour l’équilibre des écosystèmes », se réjouit Simon Lacombe. Car la loutre, carnivore, est un des prédateurs du haut de la chaîne alimentaire qui exercent un contrôle sur les espèces situées plus bas qui prolifèrent en leur absence. « Un cas d’école est celui des loutres de mer en Californie », indique Simon Lacombe. Leur retour a permis de réguler les populations d’oursins qui proliféraient et mangeaient des algues abritant une grande diversité de poissons. « Nous n’avons pas encore d’étude similaire pour la loutre d’Europe, mais il n’y a pas de raison de penser que cela se passe différemment », poursuit-il.

    Animal furtif

    Établir le retour de la loutre n’a pas été simple. « Cela a été un gros travail de sciences participatives », insiste le chercheur. Car le petit carnivore ne se laisse pas observer facilement, vit essentiellement la nuit et loin des activités humaines. De plus, il ne vit pas en gros groupe et il est difficile de distinguer les individus entre eux. Il aura fallu s’armer de patience pour récolter les plus de 40 000 traces et empreintes – notamment des déjections – via des suivis standardisés et des signalements opportunistes. Ces données ont ensuite été combinées à un modèle statistique permettant de s’affranchir de biais.

    Alors, la loutre en France est sauvée ? Simon Lacombe reste prudent : « Nous n’avons aucune idée de la connectivité génétique. » Rien ne garantit en effet que des contacts ont lieu entre les populations et qu’il y a bien un brassage génétique indispensable à la viabilité de l’espèce. « Une étude en Grande-Bretagne a montré que ce n’était pas si simple », nuance le doctorant. Enfin, la loutre est assez solitaire : lorsqu’elle est présente, il y a en réalité peu d’individus. « Cela la rend vulnérable et sensible à la moindre problématique », ajoute Simon Lacombe qui insiste sur l’importance de maintenir l’effort de conservation. Rien n’est gagné donc. Mais le chemin est le bon.

  • Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    On va utiliser des daurades royales car c’est un poisson local. La philosophie de cet art est de célébrer la vie du poisson, remercier l’animal. On utilise l’encre Sumi-e et du papier artisanal Washi et des pinceaux. », détaille Mauro De Giorgi, l’artiste peintre qui anime l’atelier. Et de poursuivre « L’art du Gyotaku en français ichtyogramme, est une technique ancestrale qui permet de prendre l’empreinte d’un poisson sur un support léger. En faisant ça, on donne une seconde vie à l’animal. »

    À l’initiative de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cet atelier intitulé « Imprime moi un poisson : traces de mer » est une première. Il s’inscrit dans le cadre du projet Biodiversité aquatique dans l’art (BiodivAquArt), une étude en écologie historique, destinée à mieux comprendre les écosystèmes aquatiques du passé. Jusque-là spécialisé dans le décryptage et l’explication des tableaux anciens (XVIe-XVIIIe siècles), l’idée de cet atelier est née d’une rencontre informelle avec l’artiste Mauro De Giorgi. Une approche originale et respectueuse du vivant, qui permet d’explorer autrement la biodiversité marine méditerranéenne. L’encre utilisée samedi est alimentaire et biodégradable, permettant ainsi de consommer le poisson après l’expérience artistique.

    Changer les mentalités

    « Depuis 2017, on développe un travail autour de l’art et la biodiversité aquatique, on monte des opérations qui associent le public et permettent de faire des comptes rendus scientifiques » explique Thomas Changeux, hydrobiologiste (IRD-MIO). La biodiversité aquatique est bien moins connue que celle terrestre. Pour exemple « on n’entretient pas la même relation avec les goélands, les lapins ou les poules qu’avec les méduses ou les poissons », illustre le scientifique. L’objectif des scientifiques étant de mieux cerner ce qui peut faire peur ou dégoûter. Et de poursuivre, « répugnant, sale ou cruel… sont des adjectifs que j’entends encore trop souvent quand on parle des poissons… »

    Plus d’infos sur ird.fr/imprime-moi-un-poisson-traces-de-mer
    L’atelier sera encadré par l’artiste Mauro De Giorgi et des experts AMU et des chercheurs. ce samedi, quai de la Fraternité, Vieux port de Marseille.

  • Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Les arts de la rue s’assoient à Port-de-Bouc

    Tourbillon » artistique en ligne de mire, samedi 13 septembre, pour les badauds du centre-ville de Port-de-Bouc. Une tempête portée par le souffle vibrant des arts de la rue, dès 15h, dans le parc de la Presqu’île, à l’angle de la rue Marceau et de l’avenue du Golfe, où le collectif BIM déploiera sa création Place assise, autour d’un banc. « Un théâtre gestuel » lors duquel ses cinq interprètes burlesques et poétiques « racontent la ville à travers ce qu’il peut se passer sur un banc. Cela peut être des amoureux, une personne âgée qui s’y assoit, quelqu’un qui se fait chourer son sac… », illustre Laurence Cabrol, à propos de ce spectacle de 40 minutes, premier jalon de la 6e édition de Sem’art rue !, petit festival aux grandes idées. Selon la directrice du théâtre du Sémaphore qui porte la manifestation, « avec son bord de mer, ses espaces dégagées et ses belles places, Port-de-Bouc se prête bien à ce type de format. C’est aussi un moyen de voir la ville sous un autre jour ».

    En suspension

    Pour les promeneurs, direction ensuite l’avenue du général de Gaulle et place au cirque avec la compagnie La Fauve. Le fildefériste Arthur Sidoroff et le guitariste Thomas Caillou mettront leurs talents respectifs en commun pour « donner à voir ce qu’est la prise de risques pour un circassien », résume Laurence Cabrol. Tissée autour de sa relation avec le musicien, une mise à nu « tout en mouvement, fragile et en suspension ».

    À 17h, la place Lazzarino sera quant à elle le théâtre d’Immobiles. Mené par la compagnie aixoise Les hommes de main, un duo de danse et de cirque à l’œuvre sur un tapis roulant. « Une histoire d’amour, physiquement engagée, métaphore du temps qui passe », souligne élégamment celle qui est à la tête du Sémaphore. Une heure plus tard, c’est au Port Renaissance que Les filles du renard pâle égaieront les rétines des spectateurs avec Roue giratoire. Avec, au centre, une « double roue cyr » – ce cerceau dans lequel on se love pour l’animer – « lancée à toute vitesse » par les performeurs.

    Clap de fin de la 6e édition en musique sur le parvis du Sémaphore, assuré par le groupe Les rustines de l’ange qui, au rythme de leurs six accordéons, revisitent les styles et les genres, « de Led Zeppelin à Marc Perrone, en passant par Madness et Bourvil ».

    www.theatre-semaphore-portdebouc.com

  • Un festival d’initiatives salées

    Un festival d’initiatives salées

    Une zone humide littorale d’environ 550 ha constituée de mosaïque de plans d’eau de profondeur, de surface et de salinité variables, qui abritent une biodiversité exceptionnelle : le salin des Pesquiers. Ce week-end, le site prodigieux accueille une nouvelle édition de la Fête des Salins organisée par la Métropole Toulon Provence Méditerranée. Une manifestation poétique et festive qui met à l’honneur la nature, le sel et la culture. De 10h à 18h, expositions, spectacles, ateliers, marché de producteurs, visites guidées, animations et concerts sont proposés en entrée libre. Ainsi, « Les ailes du désir » au Hangar de la Mouture, une exposition où une quinzaine d’artistes interrogent le rêve insistant de l’humanité de s’arracher à la pesanteur, d’imiter l’oiseau dans son envol. Des installations, peintures, sculptures ou dispositifs in situ convoquent Icare et ses ailes brûlées, le souffle poétique du film de Wim Wenders… Dans la même veine, est également présentée la série photographique de River Dillon intitulée Birdmen, les hommes oiseaux.

    La parade du sel emballera tous les volontaires dans son sillage, samedi 13 à 17h30 avec les ânes d’Hippothera, la Cie de Danse Lyken (Camille Vergnaud, Mae. Forte, Benoit Le Bars et Chloé Henneman), la musique de la Guinguette à roulettes et le Saint-Antoine (bateau traditionnel) de Sylvain Renard, port de la Capte où la fête se prolongera dans la soirée.

    Entre temps, chacun aura pu goûter aux nombreuses animations proposées comme une distribution de fleur de sel à la Cabane du saunier, un escape game, du cirque, des manèges… Sans oublier des stands artistiques, scientifiques et ludiques proposés par la LPO Paca, le Parc national de Port-Cros, Conservatoire du littoral, CPIE Côte provençale…

    Car l’événement est aussi l’occasion de célébrer les 10 ans de la marque Esprit Parc avec le parc national de Port-Cros. Pour l’occasion, l’équipe a concocté animations et visites particulières pour découvrir les salins, être sensibilisé sur la tortue Caouanne avec les écoguides du Parc national, ou rencontrer les bénéficiaires Esprit Parc national autour de produits locaux.

    Infos au 04.94.01.36.33

  • [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    [Entretien] « L’enjeu est maintenant de connecter les populations de loutres en Europe »

    La Marseillaise : La loutre est donc bien revenue sur le pourtour méditerranéen ?

    Simon Lacombe : Oui, tout à fait, en région Paca et en Occitanie. Ce qu’il s’est passé reste hypothétique, mais nous pouvons supposer qu’elle est revenue en Paca depuis le Massif Central via le Rhône et jusqu’à la Camargue et aux rivières de l’Est de la région par la partie italienne de la vallée de la Roya. Quant à l’Occitanie, c’est un carrefour entre plusieurs populations : certaines venues de la Camargue, d’autres du Massif Central et des Pyrénées.

    La loutre peut-elle s’installer partout ?

    S.L. : Il lui faut des milieux humides mais oui, cela semble être le cas. Elle a montré une capacité à s’installer dans des habitats variés. Elle s’adapte et explore. Nous l’avons vue dans des eaux qui n’étaient pas de très bonne qualité et dans des lits de ruisseaux à sec où il y avait peu de poissons. De quoi espérer une installation durable de l’espèce sur le territoire, même s’il y a peu de chance qu’elle s’établisse de manière pérenne dans des milieux dégradés.

    Qu’en est-il ailleurs en Europe ?

    S.L. : La dynamique a été la même : un déclin quasi généralisé au XXe siècle et une recolonisation. Aujourd’hui, il y a une population à l’Ouest de l’Europe (France et Espagne), une autre plutôt à l’Est (de la Finlande à la Grèce) et une au Sud de l’Italie – et une dernière au Royaume-Uni. Au milieu une large bande de l’Allemagne au Nord de l’Italie est vide de loutres. Tout l’enjeu est maintenant de connecter les populations continentales. Cela semble bien parti.

  • « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    « Les feux fréquents bloquent la régénération naturelle »

    La Marseillaise : Nous avons vu plusieurs feux de grande ampleur cet été, comme à Martigues et au nord de Marseille. Comment la nature reprend-elle ses droits après son passage ?

    Laurent Vélasco : Le feu fait partie de la vie des milieux naturels méditerranéens. La sécheresse et la météo ont conditionné les espèces végétales avant et après le feu. Certaines ont des mécanismes de résistance au feu, comme le chêne vert qui repart à la base car ces racines sont protégées. Un rejet de souche qu’on aide en coupant le tronc brûlé. D’autres espèces sont résilientes, comme le pin d’Alep qui a une écorce fine, qui résiste moins à la chaleur. Un coup de chaud et la plante s’assèche et dépérit même s’il reste du vert. En revanche son cône est sérotineux, il pègue en raison de la résine collante qui l’entoure, le protège du feu et les graines à l’intérieur restent vivantes. Le feu fait fondre la résine et fait du semis. Si les conditions sont favorables on obtient un arbre, comme on voit à Martigues et sur l’Arbois. Des espèces d’herbacées émergent rapidement après l’incendie, dès le printemps suivant on a des fleurs grâce aux graines ou aux parties souterraines, et des bourgeons sortent des rhizomes souterrains 8 à 10 jours après un incendie.

    On ne voit pourtant pas beaucoup d’arbres là où a sévi le feu par le passé.

    L.V. : Tout simplement car les feux répétés font qu’il n’y a plus assez d’arbres pour permettre cette régénération. Il faudra attendre beaucoup plus longtemps pour que les adultes au loin dispersent leurs graines et recolonisent les espaces vides. Mais si le feu passe plus d’une fois tous les 20 à 25 ans, la régénération est impossible, ça vaut pour toutes les espèces. Car le feu épuise les ressources naturelles et appauvrit le sol et la biodiversité. Sur le massif de la Nerthe, des zones ont brûlé plus de 5 fois en 60 ans. On observe beaucoup de roches affleurantes, la litière organique nécessaire aux plantes est très faible et la végétation est bloquée durablement au stade de garrigue, le cycle de régénération aussi, faute d’un réservoir de vie suffisant. C’est un cercle vicieux.

    Ne peut-on pas replanter en masse pour casser cette dynamique ?

    L.V. : Cela arrive ponctuellement sur un parc périurbain en interface avec les habitations, par exemple, avec les limites de coût et d’entretien induits. Car quand on plante il faut assurer l’arrosage derrière. Le dynamisme naturel est plus efficace que la main de l’homme, tant en nombre qu’en termes de survie bien meilleur au naturel tout en étant moins cher. Les plantations artificielles sont vouées à l’échec pour contrer ce cercle vicieux à plus grande échelle. La seule solution est le temps long par la reconstitution de l’humus, Ce qui prend plusieurs dizaines à milliers d’années. On ne sait pas le faire à échelle humaine, peu importent les perturbations, mécanique ou chimique. Le seul levier d’action est d’empêcher les feux, particulièrement dans le contexte de changement climatique où l’on s’attend à des saisons sèches et caniculaires à la fois plus fréquentes et longues. Dans cette perspective, on imagine bien que la sensibilité de la végétation au feu va également s’amplifier avec la sécheresse.

    Alors que peut-on faire pour lutter contre les incendies ?

    L.V. : À problème complexe réponse complexe. 90% des feux sont d’origine humaine, dont 60 à 70% sont involontaires, sachant que la pyromanie a régressé par rapport aux années 1980-1990. Du reste, cela signifie ne plus jeter son mégot et ne plus faire de disqueuse ou de barbecue quand on est proche du milieu naturel. C’est très simple, mais trop souvent la cause. Cela pose aussi la question de l’aménagement du territoire pour faciliter la circonscription d’un feu. Mieux vaut des lignes franches que des serpentins entre nature et habitations. L’accessibilité aussi, pour permettre aux pompiers d’avoir de l’eau et d’étouffer au plus vite le feu, car passé une certaine ampleur la lutte est beaucoup plus difficile. Le débroussaillement est primordial pour retarder la progression du feu et garantir la sécurité des pompiers. Les politiques publiques doivent communiquer sur la prévention et accompagner les populations, qui doivent aussi y mettre du leur. C’est une approche globale.

  • « La scène est une tribune super puissante »

    « La scène est une tribune super puissante »

    La Marseillaise : Vous avez démarré l’aventure Terrenoire en 2017. Depuis, un EP, deux albums et une Victoire de la Musique de la révélation masculine de l’année en 2022. Comment expliquez-vous ce succès ?

    Terrenoire : Le fait qu’on travaille entre frères, permet d’avancer avec plus de sérénité. Le déplacement de Saint-Étienne vers Paris nous a aussi permis de nous professionnaliser, de nouer des accroches avec l’industrie musicale. Et puis on voulait que ça marche, vivre de notre métier. On a gravi les échelons petit à petit, pris du plaisir à travers ce travail, en se disant que la musique est un métier d’artisanat, et qu’il fallait travailler le geste, la structuration, l’entourage, tout ce qu’il y a autour, au même titre que la musique elle-même.

    Votre musique, à la croisée des chemins entre la pop, l’électro, la variété et la musique urbaine, est assez inclassable. Comment la définiriez-vous ?

    Terrenoire : En 7 ans c’est une question à laquelle on n’a pas encore répondu ! Ce qui est sûr, c’est qu’on fait des chansons, puisqu’on a du texte et de la mélodie. Il y a plein de références aux musiques de film, instrumentales, des musiques très impressionnistes que Théo [qui s’occupe de la production, Raphaël du chant, Ndlr] va apporter avec sa sensibilité. On a des influences variées, parmi lesquelles Frank Ocean, Blood Orange… On a des textes un peu bizarres mais on aime que ce soit assez percutant, concret, que ça s’adresse directement à l’oreille. Il y a un lien entre cet aspect très concret, immédiat, et à la fois une sophistication artistique qui fait qu’on passe beaucoup de temps en studio. On essaye d’être accessible en gardant du mystère.

    Après l’EP « Terrenoire » en 2018, l’album « Les Forces contraires » en 2020, vous avez sorti votre troisième album, « Protégé.e », en 2025. Qu’avez-vous voulu évoquer avec cet album ?

    Terrenoire : C’est un album qui se veut préoccupé par l’état du monde. C’est un peu un sismographe : prendre le pouls de l’époque, sentir ce qui était là quand on l’a écrit, ce qui allait advenir politiquement, sociétalement et intimement. De nouvelles choses changent l’état du monde tous les trois mois. L’idée était d’avoir un album qui ait des sortes d’antennes pour sentir cela. Le titre évoque l’idée de protéger, que la musique protège. Et à la fois, sentir qu’il y a un autre type de protection, comme si les nations se refermaient sur elles-mêmes. Il y a un jeu d’ambivalence dans ce titre. On a essayé d’y mettre plein de choses différentes : de la joie, de la légèreté, du souci… C’est à travers cette tension qu’on fabrique nos chansons.

    Il y a des morceaux à la tonalité politique assumée, tels que « Le fou dans la voiture », qui parle des dérives droitières du président Macron. Vous avez aussi entonné des chants antifascistes lors de plusieurs concerts. Cet engagement a-t-il toujours fait partie de votre œuvre ?

    Terrenoire : Les chants, ce sont les gens qui les font naturellement. C’est la magie des réseaux sociaux, sur lesquels ils ont vu que ces chants avaient été entonnés lors d’un de nos concerts à Paris. Ils deviennent des moyens de se donner de la force, de rester concernés par ces choses qui nous inquiètent. Sur notre premier EP, il y avait un titre qui s’appelait Allons là-bas, qui traitait d’une sorte d’impuissance masculine, et qui se dirigeait vers Bachar Al-Assad. C’était plus à distance par rapport au Fou dans la voiture. On a pris ce tournant par rapport au sentiment d’urgence. L’accélération des idées xénophobes s’observe à travers le monde. On revient à des temps qu’on pensait derrière nous. Dire clairement les choses, c’est une manière de se relier aux gens, de leur dire qu’ils ne sont pas seuls à penser ça. Qu’on ne va pas avoir peur. La scène a ce pouvoir-là, c’est une tribune super puissante. Ça nous permet de sortir de cette neutralité dans laquelle on met les artistes, qu’on trouve très étrange, et de se rapprocher d’autres artistes, car on a besoin de ces réseaux de solidarité.

    Pour la tournée de ce dernier album, vous réalisez des médiations culturelles avec les populations locales. En quoi cela consiste ?

    Terrenoire : L’idée était de casser le sens de la tournée qui s’est industrialisée et fait partie d’un business. On le fait car c’était difficile de se connecter au public, de profiter de la richesse immense que peut être le voyage. Cette idée de médiation culturelle vient d’ici : rencontrer les gens, mettre en valeur la singularité d’un territoire. On le fait à travers des exercices d’écriture, de la chorale… On arrive en début de semaine, on travaille avec les écoles, les centres sociaux, les seniors, pour créer des choses ensemble. Et le jour du concert, on fait une restitution sur scène avec les participants. On ne pourra pas reproduire l’expérience à Marseille cette année, mais c’est ici, au festival « Avec le Temps », que l’artiste Fred Nevché nous y a initiés l’année dernière. On avait monté un spectacle avec des enfants d’une école primaire du quartier de la Busserine.

    Justement, que représente pour vous cette ville de Marseille ?

    Terrenoire : C’est assez similaire à Saint-Étienne. Le foot y est la religion. Ce sont des villes populaires avec beaucoup d’immigration, un sens commun de l’hospitalité. On y a passé beaucoup de temps, on la connaît bien, on y a beaucoup d’amis et on s’y sent bien. C’est une ville singulière, véritable, ce n’est pas Paris ! Ça fait du bien d’y aller, ça va être un super concert.

  • Une rentrée chargée sur la piste du Castellet

    Une rentrée chargée sur la piste du Castellet

    La rentrée s’annonce chargée sur la piste du circuit Paul-Ricard du Castellet. Différents événements prendront place dans ce haut lieu des sports mécaniques en France, tout au long du mois de septembre.

    Tout d’abord, du 5 au 7, se tiendra la 15e édition des Dix Mille Tours du circuit Paul-Ricard. 300 voitures de course des années 1950 à 2000 seront présentes et réparties en dix plateaux mêlant GT, prototypes et voitures de tourisme. Une exposition consacrée aux voitures des GT3 Revival Series et Legends of Le Mans se tiendra en marge de l’événement. Près de 500 véhicules de clubs et collectionneurs sont également attendus. Ils pourront prendre la piste lors de six sessions prévues tout au long du week-end.

    Le Bol d’Or s’associe aux Restos du Cœur

    Du 12 au 14 septembre, le circuit accueillera une course de karting en l’honneur de Jules Bianchi, pilote de Formule 1 décédé en 2015, après neuf mois dans le coma à cause d’un accident survenu lors du Grand Prix du Japon. Il s’agit d’une épreuve marathon qui durera 42h, 19 minutes et 50 secondes (en référence aux 42, 195 km du marathon), avec des équipages comptant entre 5 et 20 pilotes, répartis en deux catégories : « MK 270 kg » et « MK 245 kg ». Il y aura deux vainqueurs par catégorie, un vainqueur « Corporate » et un vainqueur « Pro », en fonction du nombre de pilotes licenciés dans l’équipage. L’objectif est d’honorer la mémoire du pilote défunt et de soutenir l’Association Jules-Bianchi, qui vient en aide aux patients de l’hôpital l’Archet à Nice.

    Enfin, la compétition motocycliste d’endurance le Bol d’Or se déroulera les 19, 20 et 21 septembre. Cette année, un partenariat a été mis en place avec les Restos du Cœur pour commémorer le record du monde de vitesse au kilomètre lancé à moto de Coluche. La machine sur laquelle ce record a été obtenu par l’humoriste sera exposée et effectuera même deux tours de démonstration. Cette manifestation permettra de récolter des fonds pour les Restos avec la possibilité de faire un don au moment de l’achat du billet, ou encore avec l’engagement des partenaires et de l’organisation à verser 1 euro par tour réalisé par les trois motos de tête. Une exposition de photos spéciale Coluche sera aussi proposée.

    Pierre Lucotte

  • Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100 % féminin de Provence revient

    Le 100% féminin de Provence est de retour pour une deuxième édition. Un National triplette Top 1 000 féminin aura lieu le week-end des 6 et 7 septembre, en même temps que deux triplettes de niveau départemental.

    L’objectif est de promouvoir la pétanque féminine. Le directeur général de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), Xavier Grande, a souligné que « la pratique féminine fait partie du projet fédéral et des moyens lui sont donnés, notamment en termes de médiatisation ». Mais comme l’a rappelé Sabine Fara, « le milieu bouliste est un milieu assez macho ». L’ancienne vainqueure du Mondial La Marseillaise participera au concours cette année. Elle est heureuse de voir des tournois exclusivement féminins être organisés : « C’est une belle compétition. Ça met en avant les femmes dans le milieu. Et l’endroit est magique. »

    Gérard Poncié, l’organisateur du projet, est ravi de voir la progression de la pétanque chez les femmes. « Le sport féminin est agréable à regarder. Donc je me suis dit pourquoi pas organiser quelque chose pour valoriser la pratique féminine. Et je ne regrette pas du tout ce choix. »

    Le 100% féminin de Provence sera également l’occasion de soutenir la bonne cause. Les recettes de la tombola et de la buvette seront reversées à Point Rose, qui offre un accompagnement aux familles confrontées à la fin de vie et au deuil d’un enfant.

    Début du National triplettes Top 1 000 à 9h30. Finale
    le dimanche à 15h.

    Début des triplettes départementales le samedi
    à 14h30, le dimanche dès 9h. Renseignements
    : 06.88.09.10.09.