Tag: week-end

  • Les souterrains de l’amphithéâtre se dévoilent à Arles

    Les souterrains de l’amphithéâtre se dévoilent à Arles

    Parmi les nombreux monuments arlésiens inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, l’amphithéâtre est certainement l’un des plus emblématiques et impressionnants. Il s’inspire directement du Colisée de Rome, construit quelques décennies plus tôt. Tout au long de l’année, des visites de ce monument sont proposées au public. Mais dans le cadre de sa saison estivale, la Ville a décidé de lancer une nouvelle visite flash, incluse dans le tarif du billet d’entrée de l’amphithéâtre.

    Immersion au temps
    des gladiateurs

    C’est une grande première puisque, dès ce samedi, les visiteurs pourront accéder aux souterrains de l’amphithéâtre, jusqu’alors fermés au public. Cette animation est rendue possible grâce aux travaux de restauration et de mise en valeur menés par la Ville dans le cadre de sa politique de développement de l’attractivité des monuments.

    Petits et grands sont ainsi invités à découvrir, ce samedi, les coulisses des combats de gladiateurs de l’Antiquité et à vivre une expérience inédite dans les entrailles de cet édifice remarquable. Cette immersion de 30 minutes permettra aux visiteurs d’explorer l’envers du décor de l’amphithéâtre. Accompagnés d’un guide-conférencier, ils découvriront tous les secrets des galeries souterraines de ce monument exceptionnel.

    Des reconstitutions de combats dans les arènes

    Cet amphithéâtre romain de forme elliptique compte 60 arcades en plein cintre. Sous le plancher de bois recouvert de sable qui formait la piste, un impressionnant système de trappes et de monte-charges avait été aménagé afin de modifier les décors de l’arène et de créer des effets scéniques. Durant l’Antiquité, ce lieu était un véritable temple du divertissement où les gladiateurs s’affrontaient devant des milliers de spectateurs. D’ailleurs, tous les mardis et jeudis de l’été, les familles peuvent assister à des spectacles de reconstitution de combats, comme à l’époque.

    Visite flash, ce samedi à 10h et 11h, comprise dans le billet d’entrée pour accéder à l’amphithéâtre.

  • Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Yannick Kerloch est un président satisfait d’un week-end bien rempli.

    Le club dont il est le président organisait les championnats de France d’épreuves combinées. Cinq catégories en décathlon, autant en hepathlon, qui ont bénéficié des installations entièrement remises à neuf du stade Georges-Carcassonne.

    « C’est devenu une très belle vitrine pour le club qui, de plus, a pu montrer sa capacité d’organisation aidée d’un outil exceptionnel. »

    Heptathlon et décathlon sont deux disciplines importantes au sein d’Aix Athlé Provence. Et Julien Foubert, qui était engagé sur les deux jours, a su mettre en avant le maillot sang et or, même s’il ne termine pas sur le podium.

    Question de dosage

    Parmi les observateurs, Stéphane Diagana a apprécié les prestations auxquelles il a assisté. « Décathlon et heptathlon sont des épreuves à part entière, dans lesquelles il faut savoir tout bien faire. Tout est question de gestion et de stratégie », confie l’ancien champion du Monde du 400 mètres haies.

    Il est clair que ceux qui se lancent dans les combinées doivent être bons sauteurs, bons lanceurs et maîtriser les courses. « C’est un peu comme pour réussir au golf, tout est question de dosage », précise Stéphane Diagana.

    Du côté du club aixois, on se porte déjà candidat pour accueillir d’autres compétitions. Les épreuves combinées constituent l’une des spécialités locales, avec des entraîneurs dédiés, qui travaillent en symbiose avec leurs collègues de discipline, mais aussi d’autres rendez-vous.

    La restauration du stade a permis de relancer le meeting d’Aix-en-Provence. La présence d’un second stade, en pleine nature, a permis la tenue en simultanée des championnats de France de décathlon et d’heptathlon. Aix Athlé Provence et ses 1 800 licenciés sont en tout cas prêts pour relever de nouveaux défis. Les retours positifs des participants à ces deux journées de compétition constituent un encouragement supplémentaire pour les bénévoles qui se sont fortement mobilisés pour la réussite de l’événement.

    Résultats et palmarès complets sur le site www.athle.fr

  • [Science] YOËL FORTERRE : « La physique a beaucoup à nous apprendre sur le monde végétal »

    [Science] YOËL FORTERRE : « La physique a beaucoup à nous apprendre sur le monde végétal »

    La Marseillaise : Vous êtes un physicien qui étudie
    les plantes. N’est-ce pas le domaine réservé des biologistes
     ?

    Yoël Forterre : Non, la physique et la mécanique sont aussi des portes d’entrée sur le monde végétal. Ces disciplines ont beaucoup à nous apprendre sur les plantes, en plus de ce qu’apportent déjà la biologie et la génétique. Les plantes n’ont pas de cerveau, pas de muscles, pas de nerfs… et pourtant elles perçoivent, réagissent et peuvent répondre et produire des mouvements rivalisant parfois avec les mouvements les plus rapides du règne animal. En tant que physiciens, nous pouvons étudier les moteurs au cœur de ces mouvements.

    Connaît-on d’autres plantes qui, comme la dionée, peuvent modifier rapidement la rigidité de leur paroi pour faire des mouvements rapides ?

    Y.F. : Pas à ma connaissance. Il existe une plante carnivore qui en est peut-être capable, mais cela n’a pas été démontré. Il s’agit d’une plante aquatique composée de capsules remplies d’eau qui sont en dépression. Quand un insecte passe à proximité, une porte s’ouvre et l’insecte est aspiré dans la capsule avant d’être digéré. Ce mécanisme d’ouverture de la porte utilise peut-être le même type de ramollissement de la paroi que la dionée. Il faudrait l’étudier.

    En plus de la dionée, sur quelles plantes travaillez-vous en ce moment ?

    Y.F. : Nous nous intéressons de près au « mimosa pudique », aussi appelé Sensitive, qui a l’air d’être capable de transporter de l’eau de façon ultra-rapide grâce à un système que nous sommes en train de mettre en évidence.

  • [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    Au début des années 2000, Yoël Forterre rencontre la dionée. Son chef d’équipe vient de se voir offrir cette plante carnivore qui referme son piège en une fraction de seconde sur tout insecte qui a le malheur de s’y aventurer. « J’étais fasciné, se remémore aujourd’hui le chercheur CNRS à l’Institut universitaire des systèmes thermiques industriels, à Marseille. Les mouvements des plantes sont généralement lents. Comment pouvait-elle produire un mouvement si rapide ? » Il est aujourd’hui en mesure de le décrire dans un article paru dans Science : pour se fermer en un claquement de doigts, la dionée modifie très rapidement la rigidité de sa paroi externe. « Cela n’avait encore jamais été observé et remet en question une hypothèse admise de longue date », assure-t-il.

    Robots mous

    Jusqu’alors, on pensait que ce mouvement était dû à un phénomène appelé « osmose » par lequel les plantes font gonfler la pression dans leurs cellules par transfert d’eau. Seulement, les mesures en laboratoire montrent que l’osmose ne peut être à l’origine du mouvement rapide : le transfert d’eau par ce biais pour traverser le piège est trop lent. « Cela prend entre 30 et 90 secondes, alors que le piège se ferme en une seconde environ », précise Yoël Forterre. En revanche, grâce à de délicates manipulations, le chercheur et la post-doctorante Jeongeun Ryu ont mesuré une baisse de la rigidité très rapide de la paroi externe du piège. « De l’ordre de la seconde », assure-t-il. Cela va dans le sens d’une hypothèse émise par deux chercheurs allemands dans les années 1980. « Ils avaient des résultats suggérant ce mécanisme mais n’avaient pas de preuve directe », souligne le chercheur.

    Pour expliquer comment la dionée modifie la rigidité d’une de ses parois aussi rapidement, il n’y a pour l’instant que des hypothèses. La principale ? La rupture des liaisons entre les fibres de cellulose de la paroi grâce à une modification de l’acidité du milieu. « C’est un mécanisme connu à des échelles plus lentes lors de la croissance de la plante, précise Yoël Forterre. Au déclenchement du piège, un signal électrique pourrait changer l’acidité de la paroi. C’est pour l’instant très spéculatif. » Il faudra l’étudier avec des biologistes.

    Pour l’heure, le mécanisme ultra-rapide de modification de la rigidité d’une plante pourrait bien attirer l’attention des ingénieurs ou autres chimistes. « Il pourrait y avoir des applications dans les matériaux ou la robotique molle, qui est un domaine en plein essor, souligne Yoël Forterre. Cela pourrait faire émerger des idées inspirées du vivant pour développer de nouveaux matériaux. » L’intérêt du chercheur, lui, est plus fondamental : « Nous aimerions étudier si ce mécanisme est présent chez d’autres plantes », glisse-t-il. Pour l’instant, la dionée est un cas unique. Mais le mécanisme est peut-être plus répandu qu’on ne le croit.

  • À Miramas, la soupe au pistou ason championnat du monde

    À Miramas, la soupe au pistou ason championnat du monde

    Bonne humeur
    et convivialité

    « L’idée de créer cet événement est née en 2011 ou 2012 alors que les équipes de l’office de tourisme étaient invitées à participer au championnat du monde de la garbure, une soupe à base de choux et typique de la cuisine du Sud-Ouest », continue-t-elle. « Après avoir goûté, ils ont trouvé que cette soupe avait un goût de Provence alors ils ont décidé de faire la même chose avec la soupe au pistou emblème de notre cuisine provençale. »

    Les différentes équipes peaufineront leur plat samedi avant la dégustation du jury de chefs en fin de journée. Les visiteurs eux pourront assister aux préparatifs, profiter d’un marché de producteurs locaux sur la place ou encore participer aux animations prévues tout au long de la journée. « Il y aura des animations musicales avec des peña qui sont des fanfanres de rue tout au long de la journée et quand les gagnants de cette édition seront donnés, les festivités se poursuivront avec un apéro, et un spectacle pour tous », souligne Manon Martinez.

    En cas de fortes chaleurs et de restrictions, le Championnat du monde ne sera pas annulé mais déplacé vers la salle des fêtes de la ville.

  • [On passe à table] Ceviche de maquereau et sa touche provençale

    [On passe à table] Ceviche de maquereau et sa touche provençale

    Un poisson bleu, de la fraîcheur, quelques touches provençales et vous obtenez un plat généreux, savoureux et idéal en été. Découvrez la recette du tout nouveau chef du restaurant de l’hôtel Villa M, Jules Girandon.

    Une sauce goûteuse

    Commencez par réaliser le leche de tigre, sauce phare du ceviche traditionnel. Pour cela déposez les ingrédients dans un blinder en les coupant grossièrement. Le blanc des cébettes, la partie basse de la ciboulette, le zeste d’un citron vert lavé et le jus de deux d’entre eux. Coupez grossièrement à la main un beau bouquet de coriandre en utilisant les feuilles puis coupez en deux chaque piment épépinez-les et coupez-les en petits morceaux. Utilisez uniquement la moitié d’un piment pour ne pas que ce soit trop fort. Si vous êtes sensible au piment préférez un piment végétarien, plus doux. Ajoutez ensuite le zeste d’un combava, deux gousses d’ail pelées puis le gingembre. Grattez la peau au couteau et râpez-le à l’aide d’une microplane ou râpe traditionnelle pour éviter le côté filandreux de la racine dans la sauce. Versez un beau filet d’huile d’olive et la moitié d’un verre d’eau. Mixez.

    Pendant ce temps, levez la membrane de vos filets de maquereau, coupez-les dans le sens de la longueur puis faites des cubes assez épais pour garder de la mâche. Déposez-les dans un cul-de-poule et ajoutez tout de suite le leche de tigre. Mélangez bien à la cuillère et laissez mariner pendant 30 minutes au frais de préférence.

    La fraîcheur à l’honneur

    Pour l’accompagnement, coupez à la mandoline quelques tranches d’oignon rouge, la moitié d’un fenouil dans le sens de la hauteur, coupez vos petits maïs en deux et la figue en six quartiers. Brûlez-les au chalumeau. Si vous n’en avez pas, une poêle chaude sans matière grasse fera très bien l’affaire. Ensuite, assaisonnez le fenouil avec de l’huile d’olive, du sel et le jus de la moitié d’un citron vert. Mélangez bien. Déposez-le en fond d’assiette puis déposez quelques belles cuillères de poisson mariné. Ajoutez l’oignon rouge, les petits maïs et trois quartiers de figue. Un filet d’huile d’olive et quelques pousses de coriandre et d’aneth. Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – 2 filets de maquereau, des cébettes, un oignon rouge, un fenouil

    – De la ciboulette, coriandre et aneth fraîches en bouquet

    – Un combava et 3 citrons verts, 2 gousses d’ail, du sel

    – Deux petits maïs, une figue, du gingembre, 2 piments antillais, huile d’olive

  • [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    [Science] « La vérité, rien que la vérité » : quelle efficacité du serment ?

    Le cheminement a été long. « Il y a eu quelques réticences au départ dans la communauté scientifique, se souvient Stéphane Luchini. Certains considéraient que le serment n’était pas un objet d’étude scientifique ». Après quinze ans de travail et des collaborations avec des collègues psychologues pour mettre au point et réaliser une expérience, les scientifiques sont aujourd’hui en mesure de l’affirmer : oui, les témoins mentent moins sous serment. « Ce n’est pas juste un cérémonial », résume le chercheur, coauteur d’un article paru dans Journal of Experimental Criminology. Et ce n’est pas anodin quand on connaît l’importance, lors d’un procès, d’un témoin oculaire qui a tout vu et quand on sait que « le faux témoignage est la première cause d’erreurs judiciaires », écrivent les auteurs.

    Gros menteurs

    L’expérience est à la croisée de la psychologie sociale et de l’économie. « C’est très original, souligne Stéphane Luchini. Cela n’avait jamais été fait. » Confrontés à la vidéo d’un vol avec agression dans un parking, les participants devaient ensuite répondre à des questions. Exemple : « Les assaillants arrivaient-ils de la gauche ou de la droite de la voiture ? » Seulement, certains étaient incités à mentir en se voyant retirer une petite somme d’argent à chaque bonne réponse, faisant fondre la rémunération qui leur revenait pour leur participation. La comparaison entre les individus ayant prêté un serment obligatoire et ceux qui en étaient exemptés montre une différence : « Le serment réduit le mensonge de 39% », résume Stéphane Luchini.

    Un autre groupe avait le choix de prêter serment ou pas. Dans ce cas, presque tous les participants acceptent. « C’était attendu », précise le chercheur. Plus étonnant en revanche : quand le serment est libre, les gros menteurs mentent moins. « Quand il est obligatoire, ils mentent pleinement, note Stéphane Luchini. Cela souligne l’importance de la liberté dans l’engagement ».

    L’efficacité prouvée du serment invite à l’étendre au-delà du procès, par exemple dès les premiers instants de l’enquête, quand les souvenirs sont frais, les pressions extérieures déjà présentes et le risque de mensonge élevé. Voire dans d’autres contextes, comme l’éthique professionnelle ou la protection de l’environnement, concluent les auteurs de l’article.

  • [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    [Recette] Sashimi de sériole, cornichon frais, basilic thaï et piment Gorria

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra :

    – Un filet de sériole frais

    – Deux cornichons frais ou un concombre

    – Un piment basque Gorria et un bouquet de basilic thaï

    – De la crème épaisse d’Issigny, de la fleur de sel

    – Une bonne huile d’olive

    Un poisson au goût naturel

    Pour débuter la recette, il vous faudra couper de jolies tranches de sériole dans le filet, sur la largeur, celles-ci doivent faire environ 5 mm d’épaisseur pour avoir quelque chose de doux en bouche, mais garder tout de même de la mâche. La sériole est un poisson blanc de Méditerranée, vous pouvez le remplacer par n’importe quel autre poisson blanc et demander à votre poissonnier de lever les filets. Assaisonnez ensuite avec un peu de fleur de sel afin de préserver le goût naturel et frais du poisson.

    Coupez ensuite vos cornichons frais en deux dans le sens de la longueur. Les cornichons frais ne sont pas plongés dans le vinaigre, il peut être donc assez compliqué d’en trouver. Cependant, le goût du légume cru se rapproche beaucoup de celui du concombre, vous pouvez donc le remplacer par celui-ci. Brûlez la face interne du cornichon au chalumeau. Si vous n’en avez pas, faites chauffer une poêle sans matière grasse et déposez-les dessus une fois que celle-ci est très chaude, pas plus de quelques secondes. Cela viendra apporter de la gourmandise et un goût fumé dans votre recette.

    Des produits frais et bruts dans l’assiette

    Découpez chaque moitié de cornichon en trois morceaux en biais. Réalisez ensuite de fines lamelles de piment gorria et sélectionnez quelques belles feuilles de basilic sur votre bouquet.

    Vient maintenant le moment du dressage. Pour cela, déposez dans un fond d’assiette creuse une belle cuillère à soupe de crème épaisse et faites un petit puits, ajoutez un léger filet d’huile d’olive, disposez les morceaux de cornichon ou concombre dans le fond de l’assiette, sur la crème, quelques lamelles de piment, puis superposez légèrement deux tranches de sériole que vous roulez légèrement sur l’une des extrémités. Déposez au centre, puis déposez quelques feuilles de basilic thaï.

    Bon appétit.

  • [Portrait] Fournel ne « voulait pas avoir raison tout seul »

    [Portrait] Fournel ne « voulait pas avoir raison tout seul »

    Pour évoquer leurs manières d’être, à la fois singulières et filles de leur époque, on retracera leurs premières années de mutations et de réflexions. Ils se sont connus à Montpellier. Le Vauclusien entamait ses études de sciences physiques, la fille d’émigrants espagnols voulait devenir institutrice. Ils prirent l’habitude d’aller en auto-stop au Festival d’Avignon. Vendre des bijoux sur la place de l’Horloge, planter une tente dans les parages de l’Auberge de Jeunesse, fut leur solution. En 1966, ensuite jusqu’au début des années 1970, ils découvraient Jean Vilar, Bread and Puppet, Patrice Chéreau, Pina Bausch et Georges Lavaudant.

    En 1970, pour faire le service militaire en qualité de coopérant, en attendant de décrocher un poste à la Faculté de sciences de Saint Jérôme, ils s’établissent en Algérie -leur fils est né à Oran- et puis en Tunisie. André et Molly étaient sensibles à la culture et à la vie quotidienne du Maghreb. Ils n’étaient pas des touristes ou des voyageurs, l’Espagne est le seul pays d’Europe qu’ils connaissent vraiment. L’autre côté de la Méditerranée n’a pas cessé de les émouvoir et de les questionner. Pendant les années noires, à compter de 1990, ils ont pratiqué le devoir d’hospitalité, hébergé ou bien caché dans leur appartement des hommes et des femmes en danger.

    Des engagements tenaces

    Sans doute par crainte de ne pas être vraiment compris ou bien parce qu’il n’a jamais fait l’important, André Fournel parlait rarement de son métier d’enseignant-chercheur qu’il exerça avec rigueur et bienveillance. Sans relâche, dans tous les domaines que son inlassable curiosité rejoignait, il fut un questionnant, un apprenant. À côté de sa prédilection pour des poètes comme Neruda et Mandelstam, il avait une vive passion pour les livres et les articles consacrés à l’homme de Néandertal. À la fin des années 1990, Fournel sut se remettre en question et se reconvertir hors de sa zone de confort : il transféra du côté de la biologie ses grilles de lecture de chercheur dans le domaine des supra-conducteurs. Dans son laboratoire qui s’appelait le BIP, Bioénergétique et ingénierie des protéines, on garde souvenir d’un sachant de grande finesse qui ne cherchait pas la célébrité. Dans sa vie professionnelle, André était à la fois lumineux et décalé, tolérant et respectueux du travail d’autrui.

    La grande affaire de sa vie, ses observations et ses convictions furent axées sur la politique. Ici aussi il ne privilégiait pas ses doutes et ses interrogations les plus intimes. Quand bien même le désir de changer le monde ou bien la vie pourrait devenir une illusion, ses exigences de démocrate n’avaient pas faibli. Fournel ne baissait jamais la barre de la combativité, estimait que l’histoire devait toujours commencer par en bas, sans invectives ni brutalité, à partir d’une écoute et d’une implication des acteurs de terrain. Dans de nombreux espaces de lutte et de revendications comme le comité Ombres et lumières de Noailles, antérieur aux effondrements de la rue d’Aubagne, avec Centre ville pour tous, avec la Fédération des conseils de citoyens, sa parole, son écoute des délogés et ses connaissances en matière d’urbanisme étaient sollicitées et respectées.

    Au crématorium du cimetière Saint-Pierre, le 11 avril, une amie écrivaine, Reine Prat prit la parole pour mémoriser son style de vie lors d’un ultime séjour au Queyras : « Je garde cette image de lui, le pied fragile et la marche rapide, filant sur les chemins sous les mélèzes pendant que Molly examine chaque plante, chaque fleur. Il attend, puis il repart. Ces derniers temps, il s’éloignait. Et il nous laisse dans une infinie tristesse et un sourire, à garder au cœur. » `

  • Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Exposition « Dévotion », les lendemains de la Peste de 1720

    Cette renommée ne concernait pas seulement les arts de la table. Dans le catalogue de cette exposition, Marina Laffon-Borelli, Régis Bertrand, Jean-Manuel Sanchez et Daniele Maternati-Baldouy, qui fut entre 1995 et 2012 la conservatrice du musée de la faïence du Château Pastre, examinent les liens profonds que les grands feux pouvaient entretenir avec les mutations de la vie religieuse. À côté de scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament de multiples provenances – le Sacrifice d’Abraham, un Bon Samaritain, le profil sur fond bleu de l’évangéliste Saint Jean qui figure sur l’affiche -le musée de Notre-Dame réunit en plaques décoratives des portraits qui se souviennent de Della Robbia, des Christs, des Crucifix et des statues de la Vierge, des objets du culte principalement issus de la fabrique de Joseph Fauchier, proche du quartier de la Porte d’Aix.

    Gravement endeuillé par les décès de six enfants, Fauchier œuvra jusqu’en 1751. Les séquences religieuses de son travail s’accordent avec le ressaisissement de Marseille au lendemain des catastrophes engendrées par la Peste de 1720. En témoigne à sa façon un mélange de sincérité et de fraîcheur, la singularité de la Vierge à l’enfant qui illustre cet article. Les polychromies bleues et jaunes de cette statue, les motifs floraux de ses vêtements, ses gestes qui ne cachent pas la nudité et la blondeur de l’enfant, son discret déhanchement ainsi que des menus détails (entre autres, au bout de ses sandales, le vernis de ses ongles) étonneront les visiteurs.

    Exposition « Dévotion », musée de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu’au 22 novembre, tous les jours de 9h à 17h.