Tag: week-end

  • L’été rime avec festivités dans la Venise provençale

    L’été rime avec festivités dans la Venise provençale

    Ces samedi et dimanche, c’est un programme riche qui vous attend dans le cadre des festivités organisées par la Ville et ses partenaires. Sur ces deux jours, l’un des temps forts est la fête de la mer et de la Saint-Pierre. « La fête de la mer aura lieu un peu partout dans le centre-ville et dans le quartier de l’île. Chacun trouvera de quoi se rafraîchir et s’amuser », poursuit l’élu. « Sans oublier les processions habituelles et traditionnelles dont font partie la bénédiction des bateaux ou encore l’hommage aux marins disparus. »

    Art, gastronomie et fête

    Au programme, dès 16h, vous pourrez assister à un challenge à la rame depuis le parvis de l’Hôtel de Ville, à des jeux d’antan « comme le mât de cocagne » sur le canal Saint-Sébastien entre 17h et 19h. « Nous aurons aussi des artistes qui vont exposer leur art sur le thème de la mer lors d’un petit marché sur le quai Brescon », ajoute Marc Troulier. Le soir, place aux sardinades de l’Île pour déguster les produits de la mer dans une ambiance musicale festive et chaleureuse, sur la place de la Libération, accessible à tous sans réservation.

    Bien évidemment, le week-end sera aussi marqué par l’ouverture de la fête foraine de la Saint-Pierre, qui prendra ses quartiers sur le parking Francis Turcan dès samedi à 18h.

    Dimanche, les festivités se poursuivront dès 8 heures avec la deuxième manche du championnat de Provence dans le cadre du tournoi de la Saint-Pierre, toujours sur le quai de l’hôtel de ville.

    L’après-midi, dès 16h, une visite guidée de l’exposition « Carte blanche à Ernest Pignon-Ernest », vous ouvrira ses portes aux côtés d’un médiateur au sein du musée Ziem

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Madeleine en extase

    L’obscurité est grande, on aperçoit sous le bras droit de cette jeune femme le crâne sans âme d’une Vanité. Son extase et ses sensations sont intenses, irrésistiblement proches de la douleur. Sa bouche entrouverte reprend souffle. Cette apparition parmi les parois anonymes d’une grotte au milieu de la nuit, la solitude et les très vives émotions de Marie-Madeleine sont à la fois mystiques et charnelles, scandaleusement sensuelles. Un éclairage de théâtre, la lumière venue du crucifix, discernable à gauche, éclaire fortement son visage, le blanc et le rouge, les drapures et les plis de ses vêtements, son transport hors d’elle-même, un indissoluble mélange du sacré et du profane. Ses cheveux roux sont dénoués, ses mains se crispent. Sa surprise, son vertige et son tourment déclenchent un immense bouleversement. Sa beauté presque blafarde, sa tête, ses épaules et son buste se rejettent vers l’arrière afin de consentir à la violence de la sensation. Cette attitude dictée par l’inconscience du corps, elle l’aurait adoptée pour éprouver pleinement le choc de cette commotion. Après quoi, on peut imaginer qu’elle voudra se souvenir de ce soudain voyage jusqu’à l’extrême bout de la nuit et demander toujours plus.

    Un souffle abrupt et terriblement sacré, un choc clairement physique habitent les mouvements et l’immobilité de cette personne. Douleur et joie, Marie-Madeleine évoque Saint Jean de la Croix, préfigure les sensations complexes de jouissance et d’ignorance qui traversent un sommet de l’art baroque à Rome, le marbre où l’on découvre le sourire et la flèche d’or de l’Archange qui transpercent le sommeil de Thérèse d’Avila, la sculpture du Bernin qui fut commentée par Jacques Lacan. On pense aussi aux dessins d’Ernest Pignon-Ernest réalisés pour les portraits mystiques d’Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne et Madame Guyon.

    Les solides qualités de cette copie du Caravage, signée par le peintre flamand Louis Finson, expliquent les débats qui agitèrent les historiens de l’art. Avant de se rétracter, Roberto Longhi avait longtemps estimé qu’il s’agissait d’une œuvre du Caravage. Cette toile fut souvent sollicitée par les emprunteurs. Entre autres, en 2012 pour l’exposition du musée Fabre de Montpellier consacrée aux Corps et aux Ombres du Caravagisme européen. Récemment, pendant l’hiver 2025, afin de ponctuer l’exposition Georges de La Tour du musée Jacquemart-André.

  • Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Les Rencontres vocales investissent différents lieux de Marseille

    Une programmation variée

    Chorales en terrasses, ateliers participatifs, création mondiale et concert scolaire géant : le festival porté par l’association les Vallonés célèbre la voix sous toutes ses formes, entre amateurs et professionnels, dans un esprit de partage et d’ouverture. Et pour débuter les festivités qui s’ouvriront samedi à partir de 16h, le cours Julien et les abords de Notre-Dame du Mont se transforment en scènes à ciel ouvert pour les chorales en terrasses. Quatre adresses accueilleront les ensembles vocaux : le Black Bird Coffee, la Brasserie Communale, Asabiya et Le Petit 51. À partir de 21h, l’événement prendra un autre tournant et c’est à l’église Notre-Dame du Mont qu’un grand concert autour de créations originales et d’œuvres chorales contemporaines est organisé. Dimanche, rendez-vous est donné au parc Bagatelle avec une journée entièrement dédiée à la pratique et à la transmission. De 9h30 à 16h30, une large palette d’ateliers participatifs accueille amateurs et curieux, sans prérequis musical exigé.

    Événement gratuit et accessible à tous.

  • Ernest Pignon-Ernest à Carpentras

    Ernest Pignon-Ernest à Carpentras

    Des œuvres inédites à découvrir

    L’occasion de rencontrer et d’échanger avec ce célèbre plasticien français, premier artiste à avoir investi les murs, trottoirs et façades d’une ville pour délivrer un message.

    Plus tôt dans la journée, une visite guidée d’« Ombres de Naples » vous est également proposée. Plus de 200 œuvres y sont affichées dont certaines sont inédites : dessins, photographies, sérigraphies et issues de cette série créée entre 1988 et 2015 à Naples. Les œuvres d’Ernest Pignon-Ernest dialogueront avec une sélection d’œuvres de l’Inguimbertine, en écho à cette terre comtadine liée historiquement à l’Italie.

    Samedi à 11h et 15h.
    5
     euros la visite et pour la rencontre.

  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National de Port-Cros : l’actinie rouge

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc National de Port-Cros : l’actinie rouge

    On ne voit d’elle généralement qu’une bourse ressemblant à une petite tomate brillante de couleur rouge vif à brunâtre. Ses tentacules de 2 cm de long réunis en couronne sont déployés généralement la nuit, lorsque l’animal est immergé pour capter sa nourriture. Cette anémone de mer vit sur les rochers littoraux dans les zones ombragées.

  • [La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four

    [La recette du Vieux-Port] Saint-Pierre au four

    Eliane et Daniel, couple de Marseillais, sont chanceux : il y a un beau Saint-Pierre présenté sur l’étal de Philippe, ce matin-là, sur le Vieux-Port. Poisson star de la bouillabaisse, le Saint-Pierre est aussi excellent en solo. Eliane, toute contente de sa trouvaille, livre sa recette : « C’est le poisson préféré de Daniel, mon mari. Je le fais au four avec des tomates, des oignons frais, du fenouil et une feuille de laurier, avec un filet d’huile d’olive. Je mets le four à 180 degrés, et une demi-heure plus tard, il est prêt ! »

  • [Lecture] Edgar Hilsenrath, ou la voie de l’impertinence

    [Lecture] Edgar Hilsenrath, ou la voie de l’impertinence

    Succinct portrait dressé par Agathe Pin-Chomette, sa biographe : « Edgar n’est pas l’homme des compromis, ni des angles arrondis. Il est trop entier et solitaire. Il aime à se décrire comme à la marge. Il ne fréquente pas les écrivains médiatisés de son temps. Il ne fait que très peu d’efforts avec les journalistes et les critiques littéraires, souvent découragés par son tutoiement iconoclaste, et son laconisme savamment étudié en interview ».

    Vous saurez tout de lui en lisant les deux cents pages consacrées à ce génie qui aurait préféré ne pas naître pour ne pas avoir à mourir, ni à se souvenir de tout ce que la vie et la guerre lui avaient réservé. Heureusement que les fées, penchées sur son berceau, l’ont doté du pouvoir de l’insolence et de l’autodérision.

    Elles l’ont doté aussi du bonheur d’être heureux à la vue de celui qui grelotte et trouve une couverture, celui qui a faim et trouve un morceau de pain, celui qui est seul et trouve une lueur d’amour…

    Merci à Agathe Pin-Chomette de s’être plongée dans la vie tragiquement tumultueuse d’un écrivain, rescapé de l’Holocauste, et d’avoir convaincu les lecteurs que la légendaire outrecuidance, assaisonnée d’humour noir, glaçant, et ravageur d’Edgar Hilsenrath élevait ce romancier d’exception au-dessus de la médiocrité des censeurs-réviseurs, à l’âme trop timorée, ou à la plume pas assez crâne, pour accepter des vérités qu’une expression passée en proverbe voudrait nous faire accroire comme n’étant pas toujours bonnes à dire. Passionnant.

  • [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    [Chronique des invisibles] Un de mes héros s’en est allé…

    Il faut que je vous parle de quelqu’un qui a énormément compté pour moi. Pour tous celles et ceux qu’il a aidés au cours de son existence. Il s’appelait Guy Diaz. Ce fut mon camarade, mon ami et mon frère. Tu as lutté avec acharnement et dignité, dans ce dernier combat que nul ne choisit. Toi, l’immense militant, le syndicaliste, le mutualiste, l’homme debout. Toi qui portais le prénom de mon écrivain préféré, comme un signe discret, presque une promesse.

    Hier j’écrivais encore sur la lâcheté ordinaire. Aujourd’hui je perds l’un de mes héros. Je regrette aujourd’hui les mots tus, les silences trop lourds, les visites remises à plus tard.

    Je nous revois avec Renée, ton épouse, dans ces moments suspendus où la ville de Marseille devenait récit sous ta voix. Ta connaissance de la fascinante cité phocéenne était charnelle, précise, presque amoureuse.

    Tu en connaissais l’histoire comme on connaît un visage aimé. Chaque rue, chaque pierre, chaque porte chargée de mémoire, notamment dans ce Vieux Panier où tu avais usé tes fonds de culotte, devenait prétexte à raconter, transmettre, faire vivre.

    Je me souviens de mon coup de cœur pour le Vallon des Auffes. C’est à cet endroit où enfant, toi le fils d’immigrés espagnols, tu as appris à nager. C’est sur ce bord de quai où tu as conté fleurette à cette charmante jeune fille qui allait devenir ta femme pour la vie.

    Dans tes veines coulait le sang des républicains espagnols, cette noblesse de ceux qui ne baissent les yeux que pour faire leurs lacets, cette fierté de défendre les opprimés. Avec toi, je marchais aussi dans les pas de Pagnol. Et j’aime à croire qu’aujourd’hui, de l’autre côté du miroir, Marcel t’accueille pour une de ces discussions passionnées dont tu avais le secret. Ce monde donne trop souvent des noms indignes à ses places et à ses rues : anciens présidents douteux, esclavagistes, figures troubles que l’histoire n’a pas su juger à la hauteur de leurs fautes.

    Toi, Guy, tu méritais mieux que ces pierres sans mémoire. Tu méritais les Vivants. Tu es, et tu resteras, cette étoile au-dessus de nos vies. Celle qui continue de briller, même lorsque nous fermons les yeux.

    La maladie aura beau essayer de tout dévorer jusqu’à digérer ton dernier souffle, on ne peut avaler le feu sacré, dissoudre la mémoire de ceux qui t’ont aimé, enlever toutes ces luttes pour lesquelles tu as donné sans compter.

    Je t’embrasse fraternellement. Et je te pleure. Adesias mon ami, mon frère.

    À Monsieur Guy Diaz, un Grand Homme pour l’éternité.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Ingres efface et puis recrée Nicolas Poussin

    C’est un tableau plein de grâce et de mystère. Intrigant, immédiatement envoûtant. Il est accroché dans une encoignure du second étage du musée, les visiteurs pourraient ne pas l’apercevoir. Voici trois jeunes femmes, des vases et des cruches, la margelle d’un puits. Celle qu’on aperçoit à gauche semble avoir oublié qu’elle verse de l’eau dans un récipient. Sa silhouette est en suspens, son corps est distrait. Ses gestes restent pertinents, ses yeux et sa mémoire sont exclusivement captés par la figure centrale, une autre jeune femme qui voudrait maîtriser son émotion. Sur la droite, une troisième personne affiche une attitude impérieuse et désinvolte, un regard distant. Elle n’ignore rien de ce qui se passe à côté d’elle, mais prétend pourtant ne pas être du tout concernée.

    L’auteur de cette toile s’appelle Jean-Dominique Ingres. Sur ce petit format de grande modestie, en dépit de l’harmonie des couleurs des vêtements et de la finesse des traits des visages de ces personnes, on ne trouve quasiment rien qui puisse être aisément rattaché à Madame de Senonnes, à Jupiter et Thétis, à l’Odalisque, ou bien au Bain Turc. Le cartel nous sauve de cette indécision, il s’agit d’un épisode de la Bible. Ce tableau, c’est son titre, retrace la « Rencontre d’Eliezer avec Rébecca ». Le patriarche Abraham décide d’envoyer en Chaldée la caravane d’un homme de confiance pour qu’il puisse trouver une épouse digne de son fils Isaac.

    On est à Paris entre 1801 et 1806, Ingres vient d’avoir 20 ans. Le natif de Montauban voudrait partir pour Rome, visite souvent le Louvre, songe énormément aux deux maîtres qu’il vénère, Raphaël et Nicolas Poussin. Il choisit de copier trois silhouettes qui figurent dans une vaste et beaucoup plus solennelle composition de Poussin où l’on découvre dans un décor urbain, au beau milieu de douze jeunes femmes, cette mission qu’Eliezer entreprend afin de convaincre Rébecca.

    Jeune apprenti à la fois fidèle et audacieux, Ingres supprime l’argument central et synthétise la composition de Poussin. Point de négociation, ni de demande en mariage. Eliezer, l’agitation des suivantes et les architectures du paysage n’existent pas. Rébecca accepte sobrement son destin de future compagne d’Isaac. À droite, une jeune femme déclare son indifférence en face de cette éventualité. À gauche, une troisième personne accompagne rêveusement le départ de la mariée.