Tag: week-end

  • Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    À travers un parcours à la fois chronologique et thématique, découvrez une vision du monde où le Sacré joue un rôle primordial, loin des religions telles que nous les pensons en Occident. En effet, pour les Incas, tout dans l’univers avait un caractère sacré de la nature aux hommes en passant par les ancêtres, le vivant et les dieux qui cohabitaient en parfaite harmonie.

    Ateliers et visites ludiques pour les petits

    Plongez au cœur de cette cosmovision andine lorsqu’au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole, l’Empire inca s’étendait sur un immense territoire, bien au-delà des frontières du Pérou actuel. Dans le cadre de cette exposition, petits et grands pourront profiter de visites guidées pour les adultes mais aussi pour les enfants avec des visites ludiques proposées les samedis et dimanches à 16h30. À travers différents jeux et accompagnés par un médiateur ce moment à la fois ludique et pédagogique invite à découvrir les objets fascinants de la collection.

    Pour les plus jeunes toujours, un espace ludique a été installé au 3e étage de l’Hôtel départemental et offre de nombreuses activités autour de l’exposition entre 14h et 16h les samedis et dimanche. Sans oublier une chasse aux trésors andins. Avec leurs équipements d’aventuriers, les enfants vont pouvoir se lancer sur les traces de ces civilisations et sur celles du dernier empereur inca, tous les week-ends d’août et de septembre à partir de 14h et toujours au 3e étage du bâtiment.

    Inca, héritage sacré des Andes, jusqu’au 27 septembre à l’hôtel départemental des expositions du Var à Draguignan.

  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • « Les mammifères s’adaptent de manière similaire face aux changements »

    « Les mammifères s’adaptent de manière similaire face aux changements »

    Jérémie Naudé : C’est notre hypothèse, car nous avons tous un cortex orbitofrontal – là où augmente le taux de noradrénaline face à un changement durable – et un locus coeruleus – où est produite la noradrénaline. Et que ce soit un chat, un éléphant ou un humain, quand l’environnement change et que la nourriture n’est plus au même endroit, les règles d’adaptation sont les mêmes. Mais il faudrait vérifier que c’est bien conservé.

    Comment ?

    J.N. : Des collègues à Lyon étudient ces questions chez les primates. Chez l’humain, c’est difficile de mesurer un taux de noradrénaline dans le cerveau. Mais il y a une possibilité avec des électrodes de stimulation profonde. Cela se fait de plus en plus avec des patients atteints de pathologies comme la maladie de Parkinson. Il est possible d’ajouter une sonde à noradrénaline.

    Le dysfonctionnement de ce mécanisme de production de noradrénaline pourrait-il être impliqué dans des troubles psychiatriques ?

    J.N. :C’est possible, par exemple dans des troubles compulsifs où une personne refait à l’identique les mêmes actions. Cela peut aussi être impliqué dans des troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) souvent réglés par des psychostimulants – qui augmentent les niveaux de dopamine ou de noradrénaline dans le cortex. Mais nous sommes encore loin de faire ces liens.

  • [Week-end] Rencontres d’Arles : des mondes à relire

    [Week-end] Rencontres d’Arles : des mondes à relire

    L’exposition Modèle animal, 200 ans de photographie parcourt deux siècles d’histoire et rassemble le travail de nombreux artistes. Un panorama visuel d’une grande diversité qui invite à repenser les frontières entre l’humain et l’animal, entre le regard et l’image, entre le réel et sa représentation.

    Exposition à voir à La Mécanique Générale.

  • [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    [Week-end] La Dame Blanche arpente Valréas

    La Dame Blanche est une déambulation lente, silencieuse et envoûtante portée par une marionnette géante accompagnée de ses quatre artistes-marionnettistes et deux musiciennes. Elle, figure féminine à la fois sage et puissante, avance avec grâce dans l’espace public. Eux, brillants et légèrement grotesques, l’entourent comme un cortège étrange et fascinant. Ensemble, ils composent une image à la fois poétique, surprenante et profondément troublante.

    Une création qui invite le public à vivre un moment suspendu, hors du temps, où la rue devient scène et le quotidien se transforme en expérience sensible. Une parenthèse enchantée ou le partage, la lenteur et la beauté sont au rendez-vous.

    Dimanche de 19h30 à 20h10. Gratuit.

  • [Week-end] Mont-Dauphin : un village fortifié par Vauban

    [Week-end] Mont-Dauphin : un village fortifié par Vauban

    Unesco, les sites classés en région

    Les fortifications du village font partie d’un ensemble de 12 groupes de bâtiments fortifiés et de constructions le long des frontières nord, est et ouest de la France. Parmi elles, on retrouve également la Citadelle de Besançon dans le département. Cet ensemble constitue un des meilleurs exemples du travail de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), architecte militaire de Louis XIV. à noter, des visites commentées de ces fortifications sont organisées tout au long de la période estivale.

  • [Lecture] Jean Giono, l’écrivain des bonheurs simples et gratuits

    [Lecture] Jean Giono, l’écrivain des bonheurs simples et gratuits

    Il y a presque quarante ans, Julie Sabiani nous rappelait que le monde naturel, et le « réalisme terrien », étaient au premier plan de l’œuvre gionienne. Ces cinq textes, publiés au mois d’avril 2026 dans la collection « sagesses vertes », que nous vous invitons à lire, le prouvent. Tous vous conduisent vers L’homme qui écrivait les arbres. Grâce à lui, vous marcherez le long des crêtes des collines et des vastes plateaux, couverts d’amandiers, vous essaierez patiemment de guetter la naissance d’une feuille, vous serez les témoins de « l’organisation la plus noble de la terre », vous vous inquiéterez aussi à la vue des oliviers malades, ces arbres qui nous sont tant familiers, et dont Virgile disait qu’ils symbolisaient la sagesse et la paix.

    Comme son berger, Jean Giono, écologiste avant l’heure, a réussi à faire surgir, sur ses pages provençales, un « pays de Canaan » – terre tout aussi promise que pleine de richesses. Son œil va du plus élevé au plus infime, et n’a nul besoin de la science pour comprendre les forces et le langage de la nature. Plus qu’un écrivain, le plus grand conteur de notre Provence est un peintre, à la riche palette. Dans ses textes-tableaux, rien n’est négligé, ni les végétaux, ni les animaux, ni les bruits, ni les lumières, ni les mystères derrière lesquels se cache l’évidence, ni les murettes de vieilles pierres, ni les silences qui lui semblent sonner comme des cloches, ni les « nobles chevelures de rosiers fleuris dans lesquelles chante un rossignol ». Transcendant.

    Folio, 4 euros.

  • [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    Permettez-nous de vous rappeler ce qu’est un fait-divers. Qu’importe le dictionnaire, il est défini comme un incident du jour auquel la presse consacre une rubrique particulière. Jusque-là, rien de nouveau, puisque, depuis le XIXe, il fait la une des journaux, et des revues illustrées. Il fait aussi le bonheur des romanciers, pour ne nommer que Flaubert dont l’histoire de sa Bovary est un frappant exemple du passage d’un fait-divers à une œuvre littéraire, ou, plus près de chez nous, L’Adversaire d’Emmanuel Carrère consacré à l’Affaire Romand. Ce qui est nouveau, c’est que depuis des décennies, les « True crime stories » (titre du livre de Hervy) se plaisent dans le sordide, et se mettent volontiers sous les feux des projecteurs. Dix s’y sont placés, parmi lesquels L’Exorciste, Terreur sur la ville, Massacre à la tronçonneuse.

    Bonjour, l’angoisse !

    Si nous n’avons cité que ces « trois piliers du cinéma de genre inspirés d’une histoire vraie », tous ont droit à l’historique de leur mise en scénario, au fil à retordre qu’ils ont donné à l’équipe des techniciens, avant de déferler, nous signale l’auteure, sur les écrans, tel un raz-de-marée. Il faut bien préparer les spectateurs à l’horreur, à la tension, à la panique, au suspense, et à l’apparition d’éléments surnaturels. Mais, sous leur côté répugnant (les acteurs en ont bavé), se dissimulent parfois la critique du monde capitaliste et la faillite du rêve américain, car nombre d’entre eux sont sortis de la tête d’un réalisateur d’outre-Atlantique. Flippant et accompli. Impossible de mieux allier l’imagination et l’atroce réalité.

    Le Rocher, 19,90 euros.

    ET AUSSI

    Le trésor des livres

    Pour George R.R. Martin, un lecteur vit mille vies avant de mourir, celui qui ne lit pas n’en vit qu’une. Nous sommes d’accord, et Martin Boujol, prescripteur littéraire, l’est aussi. À 31 ans, il a déjà lu des centaines d’œuvres (liste en fin d’ouvrage) ; et, attendu son jeune âge, il aura lu mille milliards de livres avant d’ouvrir une bibliothèque céleste. Pour l’heure, il a une santé de fer, et délivre sur ordonnance réseau-sociale (n’oublions pas qu’il est prescripteur littéraire) le meilleur médicament qu’il soit au monde : la lecture. Chapeau bas !

    Grasset, 20, 90 euros.

    La Tombe du cheval

    L’illustration de couverture est de Georges Peignard. Normal, il est peintre. Il est aussi l’auteur du roman mettant en scène une archéologue, en fin de carrière, partie fouiller, entre les deux Corées, la sépulture d’un cheval, et suivre les traces de son cavalier. Elle est loin de se douter que l’amitié liée avec une perturbante inconnue va prendre son destin en main. Un roman, écrit dans une langue souple et directe, où chaque chapitre se présente sous la forme d’un franchissement de frontière, et d’un tableau, dont chaque description parle à nos yeux.

    Le Tripode, 17 euros.

    La Conspiration des Ténèbres

    Théoricien de la contre-culture, Theodore Roszak, né en 1933 dans l’Illinois et mort en 2011 en Californie, nous revient avec la réédition (traduite par Edith Ochs) de son best-seller le plus machiavélique, du fait de sa tournure métaphysiquement surnaturelle, et de sa mordante satire du cinéma hollywoodien. Un chef-d’œuvre où les mots s’enveniment, se graduent jusqu’au déchaînement d’une violence à la limite du soutenable. À placer dans votre bibliothèque entre le glaçant fantastique de Stephen King et l’horreur cosmique de H.P. Lovecraft.

    Cherche Midi, 26,90 euros.

    Inventer sa chambre à soi

    Depuis que Virginia Woolf a, plus ou moins malgré elle, institué l’idée d’autonomie, à savoir la possibilité de s’administrer librement dans un cadre donné, et d’afficher son indépendance de caractère et de conduite, l’écrivaine Colette, sa contemporaine, et la poétesse artiste-peintre, Patti Smith, son héritière spirituelle, ont mis leur vie à l’ancre, en un point fixe qui n’appartient qu’à elles. Le livre ne peut être qu’excellent puisqu’il est signé Chantal Thomas, dont le propre cheminement vers ce besoin de « conquête de soi » nous est révélé.

    Rivages, 7,70 euros.

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : SFIO, PCF, Radicaux, trois partis unis avant la victoire

    [Week-end] L’esprit de 1936 : SFIO, PCF, Radicaux, trois partis unis avant la victoire

    L’union jusqu’alors inédite de la SFIO, du PCF en 1934, rejoints par le Parti radical en 1935 va permettre grâce à la discipline républicaine du retrait pour le candidat le mieux placé au premier tour de donner une majorité conséquente au Front populaire.

    Pain, Paix, Liberté. » Ces trois mots résument le programme des trois partis qui ont signé l’accord de désistement réciproque qui donnera la victoire au Front Populaire lors des législatives du printemps 1936. La SFIO, le Parti radical et le PCF vont ainsi constituer une coalition de gauche qui va marquer durablement l’histoire du pays. Chacun des trois partis va présenter ses propres candidats dans les circonscriptions, mais tous s’engagent à se retirer au second tour en faveur du candidat le mieux placé.

    El là encore, les régions du sud de la France vont donner le la et serviront de modèle au reste du pays. Ainsi, dans les Bouches-du-Rhône c’est en juin 1934 qu’est signé le pacte départemental d’unité d’action entre la SFIO et le PCF, une signature qui intervient un mois avant la signature d’un même accord à l’échelon national le 27 juillet 1934, pacte qui sera ensuite rejoint par les radicaux en juin 1935.

    « La mutation opérée par le PCF n’aurait toutefois pas eu l’effet escompté si, au même moment, au sein de la SFIO, une minorité très active n’avait pas poussé à des actions communes avec la SFIC (Section française de l’Internationale communiste, autre nom du PCF). La conjonction de ces efforts aboutit en juin 1934, un mois avant la ratification d’un accord similaire au niveau national, à la signature d’un pacte départemental d’unité d’action entre la SFIC, représentée par le tandem François Billoux-Jean Cristofol, et la SFIO emmenée par son secrétaire Rémi Roux et par Jean Calvelli », note l’historien Jean Domenichino, auteur de Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire (Editions Les Fédérés), qui ajoute que « ce rapprochement ne tarde pas à porter ses fruits ». « Cette unité retrouvée permet un succès des partis de gauches aux élections municipales de 1935, en particulier à Marseille avec l’élection du socialiste Henri Tasso qui bat la liste Pierre-Ribot-Sabiani. En fait, les élections de 1935 préfigurent le succès électoral des partis du Front populaire de mai-juin 1936. »

    À Marseille, lors du VIIIe congrès national des Jeunesses communistes au cinéma de l’Alcazar du 19 au 22 mars 1936 en présence de Jacques Duclos, Raymond Guyot secrétaire de l’Internationale communiste des jeunes et de Victor Michaut secrétaire des Jeunesses communistes, le mouvement décide de tout mettre en œuvre pour l’unité de la jeunesse ouvrière en une seule fédération et de rassembler toutes les forces de la jeunesse antifasciste.

    À Marseille toujours, François Billoux comprend que la progression de l’influence communiste passe par un combat acharné contre Sabiani et son équipe. Aussi, tout en développant la politique générale du parti, il lance celui-ci dans une vaste campagne dénonçant la corruption et le gangstérisme qui rongent la cité phocéenne.

    Cette campagne ardente pour un « Marseille Propre » est au centre de toute l’action communiste lors des élections législatives. Le 20 avril à la place Marceau, François Billoux décide d’affronter Sabiani dans son propre fief. La reculade de ce dernier lors de la réunion contradictoire montre que le rapport de force s’est modifié. Billoux est élu député de la 3e circonscription, au second tour avec 7 285 suffrages contre 6 323 voix à Sabiani, en ayant bénéficié du désistement du candidat SFIO, Ferri-Pisani.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défendre l’indépendance et l’unité

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défendre l’indépendance et l’unité

    La première question à l’ordre du jour était celle des salaires et de la préparation d’un mouvement revendicatif national. La résolution sur les salaires et les prix entraîna un premier incident.

    Une motion présentée par Cochinard s’opposa à la hausse générale des salaires réclamée par Pierre Lebrun.

    Le débat fut ouvert sur les manœuvres de scission que je dénonçai. Indigné, m’adressant aux diviseurs, je leur dis : « Camarades, après les interventions de nombreux camarades, celles de Benoît Frachon, Hernio de la fédération des cheminots que j’approuve entièrement, vous me permettrez de donner mon point de vue sur un aspect que je considère très sérieux dans la situation actuelle. Les trusts américains ne doivent plus intervenir ouvertement dans la vie politique et syndicale. L’indépendance économique et politique est menacée, l’obstacle majeur à l’intervention directe des trusts américains reste la Confédération générale du travail. C’est pour cela que nous assistons à une attaque concertée contre la CGT avec des complices de Truman qui, sous prétexte de défendre les syndicats contre une imaginaire emprise politique, développent leur campagne. »

    La résolution soulève le débat

    Je condamnai certaines interventions et en particulier celle de Bouzanquet, secrétaire confédéral : « J’ai en ma possession tes écrits où tu nous reproches de ne pas avoir condamné le pacte germano-soviétique et avec ce prétexte, tu portes de l’eau au moulin de la réaction qui se sert de ton autorité pour écrire dans ses journaux que la CGT est dirigée par des communistes. L’anticommunisme, voilà le véritable fléau, nous savons où cela nous a menés, de Munich à 1940. Bothereau a présenté une résolution qui approuve le plan Marshall et elle a été repoussée. Je demande au président de séance de présenter une résolution. »

    Il est intéressant de rappeler le débat que souleva ma résolution. Pour la défense de l’indépendance et de l’unité, la réaction la plus virulente fut celle de Capocci, secrétaire de la fédération des employés de commerce.

    Il essaya de justifier les actions qu’ils avaient menées pendant l’Occupation et déclara : « J’ai entendu Molino ressasser les vieilles histoires, j’en ai assez, nous en avons assez… On parle aussi de dollars que nous aurions touchés, je vous assure, camarades, que les dollars que nous avons pu toucher ne nous ont pas fait mal au ventre et qu’ils ne vous feraient pas mal au ventre si vous en mangiez autant que nous. »

    Et s’adressant à moi : « Tu as cité ma fédération ; permets-moi de te dire que s’il est une fédération qui peut parler d’indépendance, c’est bien la nôtre. »

    à suivre la semaine prochaine…