Tag: Voile

  • Le vent perturbe le coup d’envoi des épreuves

    Le vent perturbe le coup d’envoi des épreuves

    En voile, un ingrédient est capital poir pouvoir lancer une épreuve : le vent. S’il n’y en a pas, la pétole cloue les bateaux à terre. Mais, s’il y en a trop, le chômage technique est aussi de mise. C’est ce que vivent les engagés des championnats de France élite, dont les premières séries étaient programmées jeudi. Alors que dans la matinée, trois manches avaient pu être mises en route pour les véliplanchistes, lorsque le mistral a forcé en début d’après-midi, tout le monde a été contraint de rester à terre.

    Des Marseillais placés

    Chez les femmes, la Marseillaise de La Pelle Ambre Papazian se retrouve provisoirement sur le podium, en embuscade derrière Hélène Noesmoen. Chez les hommes, un Marseillais a aussi réussi une belle première journée, Tom Arnaud, du club de la Pointe Rouge, est également troisième au classement provisoire.

    Les épreuves se poursuivent ce vendredi, avec l’espoir que le vent sera favorable. Une journée qui sera aussi l’occasion pour les partenaires et les jeunes des centres sociaux marseillais de vivre une journée d’immersion complète. Cette initiative s’inscrit dans une démarche d’inclusion et de partage des valeurs sportives, offrant à tous la possibilité de découvrir le monde de la voile.

    Les participants pourront ainsi s’initier aux diverses séries présentes sur le site de la marina Florence-Arthaud. Et côtoyer les champions qui, eux, espèreront bénéficier de meilleures conditions de course pour enfin lancer leur championnat de France.

    hn.ffvoile.fr/championnats-de-france-elite/voile-olympique/

  • Le gotha de la voile française à Marseille

    Le gotha de la voile française à Marseille

    Le stade nautique Florence-Arthaud, désormais site olympique depuis la venue des Jeux de Paris, accueille durant la semaine l’élite de la voile tricolore. Les championnats de France se tiennent entre le 18 et le 22 février. Une compétition nationale sous la forme de tremplin pour la saison à venir. 2026 démarre maintenant pour les cadors français, qui ont le droit à une nouvelle formule lancée pour l’événement marseillais. Les meilleurs athlètes nationaux ont, pour la plupart, passé l’hiver à l’étranger pour poursuivre leur entraînement dans les meilleures conditions.

    Ces championnats serviront de premier test avant d’attaquer le circuit international. La Fédération Française de Voile évoque « un véritable laboratoire grandeur nature, permettant de tester les nouveaux formats de course ou des outils plus difficiles à expérimenter sur les compétitions internationales ». Manager de l’équipe de France, Loïc Billon possède également ces visions à court et long termes.

    Cette compétition doit permettre à tous de hausser leur forme du moment. « Cette nouvelle formule s’inscrit dans la continuité du projet que nous construisons en vue des Jeux de Los Angeles. Avant le début de la saison internationale, nous avions besoin de revoir l’ensemble de nos effectifs après l’hiver, de rassembler les athlètes, les staffs et tous les spécialistes des différentes cellules de la performance. Ces championnats de France Élite seront à la fois une compétition de haut niveau avec des titres décernés, mais où nous allons aussi tester les formats proposés par World Sailing pour les prochains Jeux. »

    Dans ce contexte, beaucoup veulent briller, à commencer par les navigateurs locaux. Théo Peyre est engagé en ILCA 7, c’est-à-dire un dériveur solitaire, l’une des catégories olympiques. Absent des JO 2024, il veut virer de bord et figurer parmi la poignée de Français sélectionnés pour la prochaine échéance, à l’été 2028, en Californie.

    Démarrage

    des épreuves jeudi

    Le membre du club de la Pelle, dans le 8e arrondissement, est satisfait de voir cette centaine d’athlètes débarquée à Marseille, sur un plan d’eau idéal pour le haut niveau. « Faire ce championnat de France Élite à Marseille, c’est forcément spécial. Pour moi c’est jouer à la maison, c’est surtout une structure pensée pour la performance, et un plan d’eau que tout le monde connaît mais qui reste exigeant. » Réunir les meilleurs permet de créer de « l’émulation », d’après lui. « On a ici un des meilleurs outils en France, avec tout pour s’entraîner, récupérer et débriefer, donc il n’y a pas de meilleur endroit pour lancer la saison » poursuit le jeune homme de 24 ans.

    Dès ce jeudi, la rade de Marseille sera l’hôte des courses qualificatives des championnats de France. La journée de dimanche sera consacrée aux courses à la médaille, où tous les titres seront décernés. Avant de lancer pour de bon la saison mondiale.

    « Il n’y a pas
    de meilleur endroit
    pour lancer
    la saison »

  • Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Entre 2020 et 2026, les réalisations se sont multipliées : le bassin extérieur de 50 mètres de la piscine Avatica a permis au club de gagner des dizaines d’adhérents et d’attirer l’entraîneur Philippe Lucas, les terrains de padel ont donné un nouveau souffle au club de tennis, le stade Francis-Turcan a été remis aux normes, le collège Henri-Wallon s’est vu doter d’un gymnase, la base de voile de Tholon a été rénovée et étendue, la « Zone Jeun’s d’Aurélio » a démocratisé la pratique du BMX, des plateaux d’évolution (ou city stades) ont été construits dans les quartiers…

    Martigues est « une terre de sport », affirme Éliane Isidore, conseillère municipale (DVG) en charge de la question. Et ce n’est pas nouveau. « On a 1 300 gamins qui s’essaient à plus de 25 activités dans nos Centres d’initiation sportive (CIS), qui sont un véritable fleuron de notre politique. Ces CIS ont été créés il y a plus de 60 ans. C’est dire si on a été précurseurs en la matière. » Depuis 2020, ces centres proposent du sport adapté aux enfants en situation de handicap. Trois créneaux par semaine sont animés par des éducateurs formés et habilités à encadrer ces publics.

    Mixité sociale et éducation

    Les amateurs de sport ont de quoi faire et les résultats sont là : la commune de près de 50 000 habitants compte 11 000 licenciés au sein des différents clubs. Éliane Isidore résume : « Notre politique est l’accès au sport pour tous. (…) On a à cœur de soutenir toutes les pratiques, qu’elles soient de loisir, de compétition ou hors du cadre fédéral. (…) Ces chiffres n’arrivent pas par hasard, c’est le fruit d’une politique sportive mise en place il y a longtemps, rendue possible par la stabilité politique de la ville. »

    L’élue souligne le travail mené par les associations et leurs bénévoles : « Je leur témoigne ma reconnaissance et leur dire à quel point ce qu’ils font est essentiel pour le lien social. C’est dans le sport que la mixité existe et c’est un endroit d’éducation populaire pour les jeunes. C’est là, aussi, où on apprend les règles du vivre ensemble, le respect de l’autre. »

  • Voile : le nouveau challenge de Gavino Puggioni

    Voile : le nouveau challenge de Gavino Puggioni

    Vendredi 2 janvier. Pour Gavino Puggioni, ce sera le jour du grand départ.

    Sur l’Alcyon, un 6.50 avec lequel il prépare la mini – Transat 2027, le Marseillais va relier Ajaccio au Pirée, 4 jours, en solitaire. « Ce sera pour moi un test, en vue de la grande course qui m’attend avec trois semaines en solitaire », avoue-t-il.

    Si ce marin autodidacte se lance dans la course au large, c’est par passion. Mais aussi pour relayer les voix de centaines de personnes qu’il a sauvées d’une mort certaine, lorsqu’il était logisticien à bord de l’Ocean Viking.

    Ses interventions à bord du navire de SOS Méditerranée lui ont appris à maîtriser plusieurs aspects de l’intervention en mer. « La priorité, c’est maîtriser la panique qui peut amener à la catastrophe, gérer le stress d’un sauvetage imminent qui peut mal tourner si la peur prend le dessus », détaille t-il.

    Pour Gavino, la course au large « est un bon vecteur pour transmettre des valeurs et faire comprendre que tout le monde peut se retrouver, un jour, dans la situation d’un migrant ».

    Pour tous ceux qu’il a sauvé des eaux. Pour tous ceux qui, chaque jour, mettent leur vie en danger en défiant la mer pour fuir la guerre et la faim, il a donc décidé de se lancer dans la mini – Transat. « Sur deux ans, je vais multiplier les sorties pour me qualifier. Et mon 6.50, qui reprend le slogan “Tous sur le même bateau” sur sa grand voile, sera un lieu de partage et de sensibilisation au sauvetage en mer. Le but étant de susciter des discussions et des échanges. »
    Les dons sont les bienvenus.

    www.tousdanslememebateau.org ou @gavino.minitransat
    @gavino_minitransat

  • « Rêve à perte de vue » dans la dernière ligne droite

    « Rêve à perte de vue » dans la dernière ligne droite

    Ce qui, sur le papier, ressemblait à une mission impossible, le duo marseillo-breton est en passe de réussir.

    À savoir boucler une traversée de l’Atlantique, dans le cadre de la Transat du Café l’Or, une des plus exigeantes, alors qu’un des marins souffre de déficience visuelle. Il y a deux ans, la première tentative avait tourné court, à cause d’une rupture de barre. Mais cette fois, c’est bien engagé.

    Certes, le Rêve à perte de vue de Joël Paris et Goulven Marie ne va pas gagner l’épreuve en Class40, dans laquelle l’équipage est en course. Mais le simple fait d’arriver à Fort-de-France constituera la plus belle des victoires.

    Pétole malvenue

    Depuis le départ du Havre, les deux hommes ont dû se battre contre l’adversité. Enchaînant les pannes, les déchirures de voile, ils ont su surmonter les déboires pour franchir les tempêtes et les coups de vent. Passer outre également une pétole malvenue, en plein cœur de l’Atlantique.

    « Si nous sommes là, c’est bien sûr parce que j’y ai cru très longtemps et très fortement » nous a transmis Joël Paris, lors de son dernier point radio. Le Marseillais associe à sa quête ceux qui l’ont aidé. « D’autres y ont cru et ça, moi qui ai le syndrome de l’imposteur, je trouve ça dingue ! ».

    Le bateau est en approche de la Martinique. « Nous avons la vitesse, mais il nous manque l’angle optimal. ». Car, si l’arrivée à Fort-de-France est proche, il reste un dernier challenge à relever. Finir dans les temps. La perte d’un spi n’a pas aidé. Mais le compte à rebours est lancé.

    Pour être classé, Rêve à perte de vue doit franchir la ligne lundi, à 12h temps universel.

    Ce qui, semble encore possible.

  • Voile : la Réserve au soutien de la course au large

    Voile : la Réserve au soutien de la course au large

    S’il est la plus petite structure d’accueil des bateaux à Marseille, le port de l’Anse de la Réserve n’est pas en retard en matière d’ambitions.

    « Depuis 2018, nous avons mis en route une politique de développement autour de trois axes, à savoir les services et l’accueil, la certification “port propre” et l’animation sportive », indique Olivier Cèbe. C’est dans ce contexte que le représentant de la CCI Aix-Marseille Provence a signé une convention de partenariat avec l’Union nautique de Marseille.

    « Ce partenariat avec le port de l’Anse de la Réserve est une étape majeure pour notre pôle course. Il nous permet de structurer nos activités de voile sportive, d’accueillir les équipages dans de meilleures conditions et de préparer sereinement les grands rendez-vous de 2026. C’est aussi une reconnaissance du travail accompli par nos bénévoles et nos sportifs, qui portent haut les couleurs de Marseille », détaille Frédéric Forestier.

    Le club qu’il préside, le deuxième plus ancien de France et la plus ancienne association sportive marseillaise (fondée en 1882), a été choisi pour accueillir deux championnats du Monde. « C’est un des aspects de nos activités qui va être mis en lumière », poursuit le dirigeant.

    Rendez-vous mondiaux

    L’UNM propose en effet de découvrir la voile, dans un cadre de loisir. Mais elle offre aussi la possibilité de se lancer dans la compétition, que ce soit des régates côtières ou des courses au large. Et les deux événements à venir balaient ces deux aspects.

    Il y aura le championnat du Monde de la série J-70, du 23 au 30 mai, co-organisée avec le club de La Pelle, sur le site de la marina Florence-Arthaud, qui sera une épreuve côtière. Puis le mondial de Sun Fast, à bord de Class30, du 23 septembre au 2 octobre, qui est une étape dans l’apprentissage des grandes courses au large.

    « Le Class30, c’est un très bon bateau pour ceux qui veulent se lancer dans une course transatlantique. Il est une étape intéressante et permet de se faire la main, tout en étant plus abordable financièrement », explique le skipper marseillais Alexandre Ortega.

    Le mondial qu’organisera l’UNM sera la troisième édition, après celles de Lorient et l’île de Wight.

    Le port de l’Anse de la Réserve va donc être la base sur laquelle l’UNM va pouvoir travailler sereinement dans le cadre de son pôle course. Accueillir au mieux les bateaux de passage. Mais aussi développer son école de voile, la Massilia sailing académie qui sera l’occasion « de partager la passion de la voile avec le grand public et qui aura une mission de compagnonnage dont le but est de découvrir, chaque année, un duo mixte et l’accompagner dans son apprentissage de la course au large », détaille Frédéric Forestier.

    Marseille possède le potentiel humain pour devenir une place forte de la course au large. De nombreux « Bretons » viennent d’ailleurs en Méditerranée pour y peaufiner leur expérience, en se frottant à une mer qui est le concentré de toutes les conditions qu’ils peuvent rencontrer sur un océan. Le tout sur une superficie réduite.

    Avec la signature de la convention lui permettant de poursuivre ses activités dans l’Anse de la Réserve, l’UNM va pouvoir se concentrer sur la finalisation des deux manifestations. Fort d’une expérience reconnue en la matière, ils savent déjà que le succès sportif sera au rendez-vous. Avec des skippers venus du monde entier.

    En effet, sitôt ouvertes, les inscriptions pour les mondiaux de J-70 et de Sun Fast avaient fait le plein.

  • Une victoire « espresso » pour Franck Cammas

    Une victoire « espresso » pour Franck Cammas

    Parti du Havre le 26 octobre, le maxi-trimaran bleu a passé la ligne d’arrivée à 22h13 heure locale (2h13 GMT), après 10 jours 13 heures et 3 minutes de course.

    Franck Cammas, après ceux de 2001, 2003, 2007, 2021, décroche sa cinquième Transat du Café, alors que son coéquipier Tom Laperche a bu sa première tasse bien serrée. « C’est la première victoire de Tom mais je pense qu’il pourrait en gagner cinq facilement dans sa carrière, il a la vie devant lui et tout le talent nécessaire », a jugé le skipper aixois. « Cette transat a été compliquée, intense. On est partis du Havre face au vent dans des conditions difficiles. Nos adversaires n’étaient pas loin et ils allaient vite. Cela n’a jamais été facile », a-t-il ajouté.

    Avaries en cascade

    Plus tard dans la journée, ce sont les vainqueurs en Océan Fifty qui ont franchi la ligne. Avec une dernière journée à suspense opposant trois équipages (Wewise, Viabilis et le Rire médecin). Si pour les Ultim et les Océan Fifty, le titre est donc décerné, dans les autres classes, la lutte est encore sévère.

    En Imoca, Yoann Richomme et Corentin Horeau sont toujours en chasse. Les deux hommes, déjà peu épargnés par les avaries, continuent à avoir des problèmes. Avec cette fois une fuite sur le vérin de quille. Mais ils restent optimistes.

    En Class 40, le Rêve à Perte de vue de Joël Paris et Goulven Marie continue son petit bonhomme de chemin. Le duo Marseillo-Breton a lui aussi ses pépins de course. Le dernier en date concernait la grand-voile. « Nous avons pu intervenir rapidement, en moins de trente minutes, c’était réglé », a confié Joël Paris.

    Au large des Açores, Rêve à Perte de vue est sortie d’une mer difficile et pour le Marseillais, « c’est désormais frisette après ce que nous avons traversé ». Eux ne visent pas la victoire, juste d’arriver en Martinique. Ce qui constituerait une très belle victoire sur eux-mêmes.

  • Transat du Café l’Or : le skipper marseillais Joël Paris est à La Corogne

    Transat du Café l’Or : le skipper marseillais Joël Paris est à La Corogne

    Joël Paris a réussi. Associé à Goulven Marie, le skipper marseillais est parvenu à amener à bon port son « Rêve à perte de vue » dans le port de La Corogne (Espagne). Les organisateurs de la Transat du Café l’Or avaient ajouté cette escale technique, afin que les Class40 ne soient pas pénalisés par l’énorme tempête que la flottille a dû traverser pour rejoindre la Martinique.

    « Nous sommes super contents d’arriver sans casse majeure » confie Joël Paris, après une nuit de sommeil réparateur. Mais qui dit escale, dit aussi travail sur le bateau, avec la quête d’un « aérien », élément majeur de sécurité que l’équipage a perdu lors d’un coup de vent au large de Cherbourg. « Ce qui nous a privés d’informations météo importantes et nous a fait perdre du temps », avoue le Marseillais.

    Une fois le nouveau matériel installé, le tandem va pouvoir se remettre à l’ouvrage et se projeter vers la seconde partie de la course. Et tenter de regagner quelques places au classement général. « Sans la perte de l’aérien, nous aurions pu conserver notre place dans le top 25 et rester connecté aux bulletins météo », reconnaît Joël Paris.

    Samedi, à midi, temps universel, avec Goulven Marie, il repartira au large. En espérant ne plus s’arrêter avant de rejoindre la Martinique.

  • Voile – transat du Café : escale technique à La Corogne

    Voile – transat du Café : escale technique à La Corogne

    Les premiers équipages sont arrivés à La Corogne, mercredi. C’est le duo Corentin Douguet – Axel Tréhin, sur son bateau aux couleurs de la SNSM (photo), qui a franchi la ligne le premier. Les Class40 vont attendre que la tempête passe et reprendront la mer lundi.

    Chez les Imoca, après avoir dû rentrer au Havre pour réparer une avarie, Yoann Richomme et Corentin Horeau cravachent dur pour refaire leur handicap.

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.