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  • Voile : la relève en quête de sacre à la base de Martigues

    Voile : la relève en quête de sacre à la base de Martigues

    Alors que Brest est le cadre des championnats de France de planche à voile, Martigues renoue avec ceux des dériveurs et habitables.

    Sur l’Étang de Berre, les jeunes de 12 à 25 ans régateront sur 12 séries. Cette année, les épreuves en dériveurs et catamarans pour les minimes s’intègrent au championnat de France jeunes solitaire équipage. Avec 950 compétiteurs attendus sur le site de Tholon, ce choix permet aux jeunes talents de bénéficier d’une expérience de compétition plus riche, dans un moment fort de partage entre les générations.

    La grande majorité des engagés sont d’ores et déjà pied d’œuvre. Mardi, la base de vie du CVM était une véritable ruche. Passage devant les juges arbitres, inspection des bateaux et des licences, première sortie sur l’eau pour vérifier que tout est ok sur le bateau, ils avaient déjà la tête aux championnats de France.

    Métropole et outre-mer

    « Les Ligues ont envoyé du monde. Et nous avons des participants qui viennent de Guadeloupe, Martinique, Réunion et Nouvelle-Calédonie. Cela nous annonce de très belles régates », confie Bertille Beurel. La chargée de communication de la Fédération française de voile et son équipe étaient également en répétition générale, mardi matin.

    Si les compétiteurs devaient vérifier que tout était ok sur leur bateau, côté terre, il fallait également voir les connexions radios, les liaisons et autres postes de juge arbitre, afin que les épreuves, puissent se dérouler sans souci.

    « Nous devrions avoir de bonnes conditions météo », estime Bertille Beurel. Si le vent était un peu fort, mardi matin, « les prévisions avec 11 à 15 nœuds nous permettent d’envisager de belles courses ».

    L’Étang de Berre va être, jusqu’au 27 août, le terrain de jeu des engagés. Ils seront 450 sur la ligne de départ, pour la première semaine, dès ce mercredi à 13 heures, coup d’envoi des premières manches. Ce sont les Optimist, 29er, 420, ILCA 4, 6 et 7, Open 570 qui vont se mesurer, sur les quatre sites de course, jusqu’au 22 août. Du 23 au 27, ce seront les Nacra 15, Open Skiff, RS Feva, Tyka, Flotte Partagée qui prendront le relais.

    Si le Cercle de voile de Martigues apprécie d’être à nouveau sous les feux de l’actualité, du côté de la Fédération française de voile, ce retour à Tholon est également apprécié. « Nous avons de très bonnes conditions de travail. Il y a une véritable symbiose qui s’est créée et cela se ressent à tous les niveaux », souligne Bertille Beurel.

    L’autre atout majeur du site martégal est l’Étang de Berre. « Pour de jeunes compétiteurs, c’est un endroit parfait. Il est sûr et offre néanmoins de bonnes conditions de navigation. » Un plan d’eau parfait pour apprendre à naviguer notamment pour les plus jeunes, sur leur Optimists.

    Après une première journée où chacun a pris ses repères, avec en point d’orgue une cérémonie d’ouverture qui avait des airs de défilés des athlètes aux Jeux olympiques, les choses sérieuses sont donc au rendez-vous en début d’après-midi. Jusqu’à dimanche, pour la première vague.

    La reconnaissance du savoir-faire martégal

    Pierre Caste est un homme heureux.

    Le président du Cercle de voile de Martigues apprécie le retour des championnats de France jeunes sur la base de Tholon, avec à la clé deux semaines de compétition. « La Fédération nous a même annoncé que nous accueillerons également la prochaine édition, en 2027. Pour nous, c’est la reconnaissance du savoir-faire martégal. »

    Le site est le cadre régulier de grandes manifestations. Et avait déjà vu l’épreuve s’y dérouler en 2001, 2003 et 2005. « Les conditions sont idéales. La mise à l’eau est juste à côté des lieux de vie, c’est fortement apprécié par les participants. Et cela donne une belle carte postale de Martigues », souligne-t-il.

    M.Ga.

  • Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Nicolas Rouger est prêt pour reprendre la Route du Rhum

    Demain, c’est loin ! Derrière cette phrase, se cache la renaissance d’un projet fou.

    Celui de Nicolas Rouger, qui rêve d’être le premier Marseillais à s’aligner sur le Vendée globe. Sa présence au départ de la Route du Rhum aurait dû, logiquement, lui permettre d’enchaîner sur le tour du Monde sans assistance ni escale. « Mais il y a eu la poisse qui s’est mêlée à tout ça et j’ai dû laisser tomber », se souvient-il.

    Après avoir réussi la traversée de l’Atlantique et ramené son bateau au pays, « dans des conditions compliquées », un naufrage a eu raison de ses chances d’être au départ des Sables d’Olonne. Certains auraient renoncé. Pas lui. « C’est une course dans le Mont Blanc, avec un pote gendarme de haute montagne qui a trouvé les bons mots, que j’ai compris qu’il fallait repartir ».

    Nicolas s’est mis en quête d’un nouveau bateau, avec l’envie intacte de se surpasser. Et de faire de sa traversée à venir un événement hors normes. « Je me devais de trouver des partenaires, pour boucler le budget. Le premier à dire oui me suit depuis quarante ans. D’autres amis m’ont poussé. »

    Convention académique

    Parmi ceux qui ont rendu possible ce retour sur l’océan, il y en a deux que l’on n’attendait pas sur un tel terrain. « Les membres du groupe IAM et le graphiste Hervé Di Rosa m’ont rejoint. Leur présence va rendre un peu rock’n’roll ma participation à la Route du Rhum », clame Nicolas Rouger.

    D’autant plus que sa voile sera le support d’une œuvre originale réalisée par Hervé Di Rosa. Et dont les partenaires qui rejoindront l’aventure récupéreront un morceau, lorsque le skipper sera allé au bout de son projet sportif. L’occasion de s’offrir une authentique œuvre d’art pour 20 000 euros.

    Un autre partenaire surprise s’est manifesté. « Le Recteur de l’Académie Aix-Marseille m’a proposé une convention ». À chaque escale marseillaise, son Demain c’est loin sera ouvert aux élèves pour leur faire découvrir l’univers marin. « C’est une fierté de pouvoir leur montrer les capacités qu’offre la mer en matière de formation. »

    D’ici là, Nicolas Rouger va poursuivre sa préparation pour la Route du Rhum. « C’est Michel Desjoyeaux qui m’accueille pour préparer le bateau. Pour moi, c’est un rêve de travailler avec un tel marin ». La traversée Saint-Malo – Guadeloupe va lancer une dynamique qui doit l’amener, enfin, dans les mers du Sud.

  • « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    « Mon bateau est devenu mon meilleur ami »

    La Marseillaise : Depuis votre qualification, comment vous préparez-vous ?

    Mikaël Mergui : Après le rush en mars et avril, c’est la période creuse. Le bateau est à La Trinité-sur-Mer, où mon équipe est en train de travailler pour optimiser ce qui peut encore l’être. Et moi, je me ressource à Puy-Saint-Vincent.

    Cela fait quatre ans que vous naviguez sur Hirsch – Centrakor, qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

    M.M. : Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, partagé de belles aventures. Je peux dire qu’il est mon meilleur ami. Avec le temps, je commence à bien connaître ses qualités, ainsi que ses défauts.

    Quelles sont vos ambitions sur cette Route du Rhum ?

    M.M. : Aller au bout celle fois ! Lors de ma première, en 2022, j’ai cassé le bateau après six jours de course. Depuis, j’ai acquis une certaine expérience, grâce à trois Transat notamment. Je suis mieux préparé pour cet événement qui est hors-norme.

    Qu’elle est la différence entre Route du Rhum et transat du Café ?

    M.M. : Sur le « Rhum », vous êtes seul à bord. La part d’aventure est plus présente. Tu dois lutter contre les éléments, mais aussi contre toi-même, apprendre à gérer la fatigue. Alors que sur le « Café », nous sommes deux, ce qui permet de pousser le bateau. Il est possible de vraiment prendre du repos, alors que seul à bord, il faut de temps en temps s’en remettre au bateau. Et croiser les doigts pour que les éléments ne se déchaînent pas au mauvais moment. La « Route » est donc plus dure, car tu dois tout maîtriser, tout chapeauter à bord. Tu dois te battre contre les éléments, contre le bateau, mais surtout contre toi-même. Les arrivées sont également différentes. Pour le « Café », c’est direct au port, alors que le « Rhum » demande de faire le tour de la Guadeloupe, et cela peut changer beaucoup de choses. Car la mer à l’approche de l’archipel réserve pas mal de pièges. Il y a d’ailleurs souvent des rebondissements à ce moment de la course. C’est pourquoi je suis allé en repérage, en février dernier. J’ai fait le tour des îles pour prendre mes marques. Cela peut être utile. Si je devais faire une comparaison, c’est comme passer du rugby à XV au rugby à VII. En fait, la Transat du Café, c’est une épreuve sportive, alors que la Route du Rhum, c’est une aventure humaine. Toutefois, pouvoir courir les deux, c’est chouette.

    Vous pouvez aller chercher la victoire ?

    M.M. : Je suis accompagné d’une petite équipe. Avec Mylène, mon épouse, Sophie Claudon et Richard Aubin, nous sommes un peu David contre Goliath. Mais j’ai envie de montrer que les Méditerranéens sont capables de relever le défi. De plus j’ai des partenaires qui m’ont renouvelé leur confiance, comme Hirsch et Centrakor. C’est une aide précieuse pour moi.

    En parlant de Méditerranée, vous êtes en première ligne pour constater les changements climatiques qui l’impactent ?

    M.M. : La canicule maritime est un fait. Je vois son évolution depuis quelques années. L’eau est plus chaude, ce qui a un impact fort sur la faune, mais également sur les conditions météorologiques. Les houles sont plus marquées, les orages plus violents, les changements de vent également. D’ailleurs, j’ai constaté la disparition du ponant. C’était un vent d’après-midi thermique qui soufflait alors que l’eau se réchauffait en début d’après-midi. Cela a changé la façon de naviguer. Il est désormais nécessaire d’être plus vigilant, car les vents médians ont quasiment disparu. Cela commence à se sentir en Atlantique, où l’on constate souvent un manque de vent d’ouest dominant et une recrudescence des algues vertes. Je suis allé naviguer là-bas en mai et juin. J’ai trouvé des conditions inhabituelles, avec du grand soleil et très peu de vent. Alors qu’avant, c’était une période où les conditions de mer étaient plus musclées.

    Outre la course au large, vous avez aussi un programme qui est à destination des enfants ?

    M.M. : J’ai choisi d’utiliser mon expérience de marin pour sensibiliser les enfants à la mer, leur montrer qu’elle était un véritable trésor à portée de main. En collaboration avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée, je propose des ateliers dans une quarantaine de classes. Je suis allé rencontrer les élèves en amont de la Route du Rhum. Cela a donné de belles discussions. Nous avons parlé des métiers qui étaient liés à la mer. Pendant la course, je vais faire un film, qui sera projeté à mon retour. Eux-mêmes pourront me lancer des défis, via la Virtual regatta. Près de 1 800 enfants se sont portés volontaires pour me suivre. La majorité de Toulon et sa région. Mais il y a aussi des classes d’autres départements qui ont rejoint le programme.

    Pourquoi cette ouverture vers
    les enfants
     ?

    M.M. : J’ai pris conscience que dans mon département, même lorsqu’ils en sont à proximité immédiate, peu d’enfants connaissent la mer. J’ai senti une certaine appréhension vis-à-vis de cet élément. En utilisant la voile et les métiers de la mer, c’est une manière de désacraliser l’élément et ramener chez eux une certaine curiosité.

    Vous êtes maintenant un habitué des courses transatlantique, n’êtes-vous pas attiré par un autre challenge après la Route du Rhum ?

    M.M. : Certains me demandent si l’idée d’aller sur le Vendée globe me trotte dans la tête. C’est vrai que pour la course au large, c’est le mythe absolu, l’Everest des marins. Mais y aller implique énormément de choses, et je ne veux pas me mettre de pression inutile. Pour moi, naviguer, c’est rêver. Si je devais me lancer dans une course autour du monde, je serais plus dans la philosophie d’une Whitbread.

    Qu’est-ce que cette Whitbread ?

    M.M. : Cette course existait quand j’étais gamin, et je rêvais en lisant les récits qui en étaient faits. Si elle n’existe plus, je pense qu’avec l’Ocean race, je pourrais trouver mon compte. C’est une épreuve qui est plus dans ma vision de la navigation et de la compétition. C’est un tour du monde, en équipage, avec escale. Il y a donc autant de départs et d’arrivées, avec cette adrénaline spécifique. Et puis, il y a surtout la possibilité de mettre pied à terre. Dans le Vendée globe, ce qui me frustrerait, c’est passer au large de sites et de ports magnifiques, sans pouvoir y accoster, et partager avec les locaux ma passion. Vivre, même quelques heures seulement, une expérience hors-norme. Le Vendée globe va trop vite pour moi. Je suis adepte du partage, des rencontres avec le grand public. Et puis, quand tu navigues en équipage, tu peux mieux profiter du bateau. Le pousser au maximum. Faire également d’autres choix stratégiques.

  • La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    La Girolata pour apprendre la mer en toute confiance

    Marseillais de cœur, Emmanuel Witvœt a grandi sur le pont d’un bateau.

    Il a fait ses classes aux Glénan, avant que la voile devienne son métier. Et venir dans le Sud, sur les pas de l’un de ses arrière-grands-pères qui était marin à Marseille. Si naviguer est sa passion, transmettre son savoir est devenu une vocation. « Le côté partage et défi, ça me botte, je sentais que la mer m’appelait » confie-t-il.

    En petit comité

    Diplôme en poche, Marseille est donc devenue son port d’attache. Et s’il propose des formations classiques, avec mise en pratique dans la rade de Marseille sur son Grand Soleil 34.1, Emmanuel accueille à son bord d’autres apprentis marins.

    Il organise régulièrement des sorties en mer pour les minots du centre social de la Belle de Mai. « Ce sont de petits groupes de quatre, ce qui nous permet de bien appréhender les gestes et de progresser rapidement. Que ces jeunes deviennent des acteurs du port sur les rives duquel ils vivent » indique-t-il.

    C’est son passage aux Glénan qui a inspiré cette initiative, « car cette école est avant tout une école basée sur la solidarité, qui accueille des blessés de guerre et des personnes victimes de violences conjugales afin de les aider à se reconstruire ».

    Sur son Grand Soleil, Emmanuel Witvœt accueille également des migrants. « Le but est de leur montrer qu’un bateau peut aussi être un élément de plaisir. Généralement ils surmontent rapidement l’appréhension de revenir sur l’eau, qui pour eux est synonyme de danger absolu, pour qu’ils la voient comme un espace ludique. »

  • Le Paprec 2028 de Yoann Richomme prend forme

    Le Paprec 2028 de Yoann Richomme prend forme

    C’est un véritable travail d’orchestre, nécessitant l’investissement total de toute l’équipe, actuellement à l’œuvre à Vannes.

    Au pays de Saint Émilion, Yoann Richomme supervise avec une extrême attention la nouvelle phase dans laquelle est entré le chantier de son futur Paprec. Il s’agit d’un immense et enthousiasmant puzzle qui s’assemble patiemment à l’abri des regards, au sein du chantier Multiplast. Progressivement, l’Imoca Paprec prend forme. Les moules de coque ont été façonnés en août dernier, tandis que la coque a été drapée durant l’hiver et est sortie de son moule début juin

    « Maintenant, ça ressemble à un bateau qui se construit ! » résume Yoann Richomme, sourire aux lèvres. « Nous avançons en termes d’assemblage, les cloisons sont quasiment toutes en place », précise Jean-Charles Monnet, directeur technique du projet. « Ce qui est intéressant, c’est que la phase actuelle est très visuelle, plus ça avance, plus le bateau ressemble à la vue 3D ! »

    Un processus long

    Actuellement, ce sont les puits de foils qui focalisent l’attention de l’équipe technique. « On les a descendus dans le bateau, puis alignés grâce à un scanner », explique Jean-Charles. « Pendant les semaines à venir, Multiplast va assurer tout l’assemblage autour de cette zone, c’est une partie importante du chantier. » Yoann évoque également « un processus long où il convient de respecter avec précision l’ordre d’installation et qu’au chantier, chacun veille au moindre de ses gestes ».

    À la rentrée, viendra alors le tour du cockpit d’être installé, puis tous les systèmes de winches en novembre et la casquette en décembre, avant une longue phase consacrée à la peinture pour arborer les couleurs de Paprec.

    En parallèle de la construction, Yoann Richomme retrouvera la compétition en prenant part à trois matchs du circuit 52 Super Series avec la Paprec Sailing Team. « C’est une classe que j’aime beaucoup », confie-t-il. « Pour moi, c’est le summum en termes de régate en baie et en équipage. » Le TP52 (52 pieds, soit 15,85 mètres) est en effet réputé être un monocoque très agile et réactif, qui oblige à une sacrée débauche d’énergie et un fin sens tactique pour s’illustrer.

    Canaries et Méditerranée

    Des valeurs à forte résonance avec l’esprit Paprec, qui ont poussé en 2012 le PDG d’alors, et grand passionné de voile, Jean-Luc Petithuguenin, à lancer une équipe sur la série, s’évertuant à ce qu’elle en devienne l’une des grandes animatrices, et rivalise avec les meilleurs.

    « J’ai vraiment hâte de les rejoindre, assure Yoann Richomme. Ce sont des bateaux très différents, avec des régates à la journée, mais ça reste les mêmes problématiques et le même niveau d’exigence. »

    Le marin retrouvera l’équipe pour les deux manches de l’été, jusqu’au 25 juillet puis du 21 au 30 août. Deux courses à Lanzarote, l’île située le plus à l’est de l’archipel des Canaries, puis en octobre, à Valence.

    Vendée globe, comment se qualifier?

    Le dimanche 12 novembre 2028, quarante skippers au maximum quitteront les Sables-d’Olonne pour s’élancer autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance.

    Désormais, c’est le championnat IMOCA Globe Series qui sert de fil rouge pour décrocher son billet. L’objectif est clair : valoriser l’expérience acquise tout au long du cycle. Chaque départ, chaque classement et chaque point marqué contribuent à construire une campagne dont le point culminant se situe sur la ligne de départ des Sables-d’Olonne.

    Le championnat rassemble dix-huit épreuves disputées en solitaire, en double ou en équipage. Parmi elles figurent notamment la Vendée Arctique, la Route du Rhum, la Transat Café L’Or et la New York Vendée.

    M.Ga.

  • L’élite mondiale amateur s’affronte au large de Marseille

    L’élite mondiale amateur s’affronte au large de Marseille

    Dans la baie olympique marseillaise, les Corinthians sont de sortie.

    Jusqu’à samedi, qu’ils viennent d’Australie, Monaco, Estonie, Pologne, Suisse, Hongrie, et bien sûr de France, les équipages engagés dans ce qui constitue les championnats du Monde amateur de quillard n’ont qu’un objectif en tête : Ramener la victoire à la maison.

    « C’est un bateau très ludique, qui permet facilement de passer du dériveur au quillard et franchir ainsi une étape dans un parcours de champion », indique Benjamin Ezraty. Le dirigeant du club de La Pelle, qui coorganise la manifestation avec l’Union nautique marseillaise, affiche sa satisfaction d’avoir vu 88 équipages représentant 20 nations manifester leur intérêt pour l’épreuve.

    « Nous disposons d’un outil qui a son importance. Car venir régater sur le site des Jeux olympiques, c’est quelque chose d’exceptionnel », poursuit-il. Les 383 engagés, et leurs accompagnants, ont pris leurs marques sur la marina Florence-Arthaud. Après deux jours où le vent s’est fait appeler désiré, jeudi a permis de lancer enfin la compétition.

    Une série tremplin

    « L’intérêt de ces J-70, c’est qu’il est assez facile à barrer et permet de se préparer pour d’autres classes plus exigeantes. Elle est le tremplin idéal, après un apprentissage sur dériveurs », explique Benjamin Ezraty. Il souligne que « s’il y a un âge pour se lancer, je dirais autour de 15 ans, il n’y a pas de limite. Sur ces Corinthians, nous avons deux navigateurs qui ont 80 ans », confie-t-il.

    Mardi et mercredi, les équipages, qui se composent de quatre ou cinq membres, sont restés un peu sur leur faim. Néanmoins, ils ont pu prendre part à une manche par jour. À l’issue desquelles l’équipage Australien emmené par Sam Haynes et Celestial était en tête du Championnat après sa victoire lors de la course de mercredi. Le Norvégien Kristoffer Spone, à bord de Bagdad II, occupe la deuxième place du classement général, tandis que l’Américain Andrew Loew et Dime sont troisièmes. Celestial a remporté la deuxième manche mercredi, suivi par le Bermudien Alec Cutler et Hedgehog, et le Français Denis Infante, à bord d’Euro-Voiles, qui complétaient le podium provisoire.

    Les trois manches de jeudi, disputées avec un vent de 8 à 12 nœuds, ont permis de redistribuer les cartes. Mais à l’issue de trois jours de course, tout reste encore possible. La compétition se poursuit, entre la marina et les îles du Frioul, jusqu’à samedi.

    À suivre sur www.j70mcwc.com

  • À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    Ressentir ce que vivent les navigateurs sur les courses au large, c’est ce que l’écurie Sodebo a proposé à des clients privilégiés et aux médias. Leur trimaran de 15 mètres de long et de large est actuellement à Marseille pour quelques entraînements en Méditerranée, afin de préparer au mieux la Route du Rhum. L’attente est encore longue jusqu’au 1er novembre, mais cette mer du sud offre des conditions nouvelles. « On est hyper contents, parce que c’est une autre manière de naviguer. Les modèles météo sont différents, l’état de la mer est différent… Ce n’est pas de la houle longue comme on a en Atlantique, c’est une mer assez haute, assez courte, qui n’est pas toujours facile à naviguer, du coup, ça rend le truc intéressant », détaille Léonard Legrand, le skipper qui réalisera en solitaire la Route du Rhum 2026.

    Le multicoque étant déjà en mer depuis le petit matin, c’est en zodiac que les invités le rejoignent. Sur le bateau, ils sont quatre membres d’équipage. Outre Léonard Legrand, toujours la main sur le gouvernail, Philippe Legros est le routeur de l’équipe – « le monsieur météo » – et s’occupe aussi des voiles. Charles Defontaine est en quelque sorte le capitaine et Elie Canivenc est le directeur technique, l’homme à tout faire.

    C’est ce dernier qui s’occupe des invités à bord et explique le fonctionnement d’un navire comme celui-ci. En quittant le Vieux-Port, le moteur se coupe et les multiples voiles débutent leur travail. Le temps est gris, ce jeudi, le mistral souffle plus qu’à l’accoutumée. Après quelques instants, le cadran placé au pied du mât affiche déjà près de 20 nœuds. Le bolide fonce vers les îles du Frioul, et l’équipage prévient que les secousses vont arriver. Elles ne se sont pas fait attendre. Le Sodebo Ocean Fifty floqué du numéro 73 transperce à merveille les vagues, mais l’eau vient percuter les visages. Le sel se dépose rapidement sur les joues de chacun, un vent d’ouest aigu siffle dans les oreilles. Léo, lui, porte un masque de ski sur les yeux, accessoire idéal pour contrer l’eau de mer. « Sur la Route du Rhum, c’est comme ça pendant 10 jours ! », lâche ensuite Elie Canivenc.

    Léger comme un 3 tonnes

    Cette machine véloce atteindra, ce jour, 27 nœuds au maximum. Multipliez ce nombre par 1,8 et cela équivaut à une vitesse de 50 km/h. À cette allure, il est difficile de communiquer et de se déplacer. La marche en crabe est conseillée, alors que tous ont un casque sur les oreilles, pour échanger correctement. « Les journées comme aujourd’hui, on fait des allers-retours de travers au vent. Donc on a toujours quelqu’un qui regarde la mer devant et qui annonce les potentielles rafales qu’on va recevoir. C’est beaucoup ce genre d’informations là pour qu’on soit prêt à réagir. C’est quand même des bateaux un peu légers, un peu volages », décrit Léonard Legrand.

    En effet, difficile de croire que l’engin pèse trois tonnes, tant sa sensibilité est forte. Assis sur les trampolines placés de chaque côté de la coque, ressentir la mer est naturel. Cette mouvementée découverte se termine, Sodebo va retourner à Lorient dès lundi prochain, à cinq mois du départ de la Route du Rhum.

    La Route du Rhum, objectif de l’année 2026

    S’il est accompagné lors de ses entraînements en Méditerranée, Léonard Legrand va rapidement se retrouver seul sur ce grand trimaran. Au cœur de l’été, il participera à la Dream Cup, une compétition en solitaire au départ de Cherbourg, allant en Irlande et revenant vers Lorient. Elle est qualificative pour la Route du Rhum et il suffit de la terminer pour obtenir son ticket pour l’événement.

    Léonard Legrand l’attend avec impatience puisque ce sera sa première transatlantique en solo. « C’est tous les 4 ans, c’est un peu notre Coupe du monde ! » Surtout que la course part, comme d’habitude, de Saint-Malo, sa ville de naissance. Un moment « spécial » qui l’attend.

  • Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Parfois, la voile offre également des dénouements incertains et un suspense jusqu’aux derniers instants de la course. C’est ce qu’il s’est passé durant la 2e édition de la CIC Med Channel Race. Ce Marseille – Marseille, avec des passages par la Corse, la Sardaigne et Majorque, a finalement tourné en faveur d’un local. Membre de l’équipe Phare 40, le Marseillais Mathieu Claveau s’est imposé après 5 jours et 23 heures en mer avec son acolyte François Verdier. Les deux hommes ont empoché la victoire pour seulement 10 minutes et 15 secondes, par rapport au duo Naas/Torreilles sur leur bateau Stella Terra Nova. Le podium s’est même joué en 45 minutes avec la 3e place pour l’écurie RDT Logistic – Ocean Connect.

    « Cette victoire valide tout le travail engagé depuis le début de la saison. Nous avons eu des conditions très variées, du portant, du près, du petit temps comme du vent plus soutenu, et le bateau a répondu présent dans tous les registres. C’est extrêmement encourageant pour la suite. Le Class40 [voilier utilisé sur cette course, Ndlr] est très sain, performant et agréable à mener, et avec François nous avons trouvé un très bon fonctionnement à bord », détaille Mathieu Claveau, en pleine préparation pour la Route du Rhum, son objectif de l’année (1er novembre).

    Nouvelle course

    cette semaine

    Le skipper originaire de Lozère améliore son résultat lors de la première édition puisqu’il était 3e en 2025. Il l’évoque rapidement, mais son entente avec François Verdier s’est avérée être une évidence. Les deux navigateurs n’ont eu que trois jours ensemble avant la Paprec 600, à Saint-Tropez, mais « l’osmose » est présente entre eux. Ils ont justement remporté cette première course et enchaînent un nouveau succès avec la Channel Race. « Remporter deux courses d’affilée en Méditerranée donne beaucoup de confiance avant les grands rendez-vous de la saison. Chaque mille parcouru est précieux dans la préparation de la Route du Rhum, et cette course nous permet de franchir un nouveau cap sportivement. »

    Les événements s’enchaînent pour la paire Claveau/Verdier. Dès ce mercredi et jusqu’à dimanche, ils participeront à la Porquerolles Race, mais cette fois en équipage. Avec les deux hommes, des blessés de guerre comme compagnons de navigation. Car c’est bien le but premier de l’équipe Phare 40 et leur bateau Phenix, permettre à des militaires et gendarmes de retrouver une mobilité par la pratique de la voile. Les rendez-vous sont encore nombreux avant ce fameux départ de la Route du Rhum, à Saint-Malo.

  • Marseille regroupe le gotha des navigateurs amateurs

    Marseille regroupe le gotha des navigateurs amateurs

    C’est tout simplement la première compétition internationale de voile à se disputer sur le stade Florence-Arthaud, depuis les Jeux Olympiques 2024. Entre le 23 et le 30 mai, Marseille accueille la 4e édition des championnats du monde Corinthian dans la catégorie J/70. Pour le dire d’une façon moins baroque, l’événement est exclusivement amateur et se déroulera sur des bateaux d’environ 7 mètres de long.

    L’organisation est revenue à des clubs locaux centenaires, l’UNM et La Pelle. C’est ce dernier qui organisait, mardi, la conférence de presse. Frédéric Forestier, président de l’UNM, expliquait qu’il « fallait un alignement des planètes et que les classes mondiale et française veuillent bien de nous. Et c’est ce qu’il s’est passé ». Philippe Hugon de Villers, son homologue de La Pelle, raconte sa fierté de recevoir ce type de compétitions. « C’est un honneur pour notre club de pouvoir participer à l’organisation de ce championnat. Il témoigne de la confiance en nos équipes et de notre engagement en faveur de ce sport indissociable de notre ville. »

    22 pays et plusieurs continents en compétition

    Les différents acteurs impliqués dans l’organisation de l’événement le disent d’une même voix : les dix courses au programme s’annoncent spectaculaires. Pour une raison simple, les embarcations sont « strictement identiques ». « Ces bateaux font 7 mètres de long et pèsent 812 kg. Ils peuvent aller jusqu’à 20 nœuds [environ 37 km/h, Ndlr.], ce qui est très rapide pour une embarcation de ce type. La différence se fait donc sur la qualité des équipages », décrit Philippe Bonavita, président de la classe J/70 en France. 22 nations seront représentées parmi les 100 équipages au départ. Beaucoup de pays européens comme l’Italie, la Suisse, l’Angleterre, la Suède mais aussi plus lointains avec l’Australie, le Mexique et même les Bermudes, tenant du titre mondial.

    Cinq jours de compétition sont prévus avec deux courses de 90 minutes par journée. La rade sud est l’hôte avec un parcours dit « tactique », quatre bouées et 3  m au total. La ligne de départ fera elle 1 000 mètres de long pour permettre à chaque embarcation d’avoir sa chance.

    Ce sont près de 500 navigateurs amateurs qui arriveront donc à Marseille à la fin du mois. Âgés de 24 à 80 ans, ils font partie des chanceux à avoir eu leur sésame puisque « 50% des places pour ce championnat du monde ont été réservées en deux heures », d’après Philippe Bonavita.

  • Yoann Richomme teste son « Paprec » en Bretagne

    Yoann Richomme teste son « Paprec » en Bretagne

    Le 17 mai, à bord de son « Paprec », Yoann Richomme prendra le départ d’une des courses les plus emblématiques : la Solitaire du Figaro.

    Pour s’y préparer, le Varois est allé naviguer dans les eaux bretonnes, afin de se familiariser avec les conditions locales. Il a pris le départ de plusieurs régates, durant lesquelles il est allé crescendo, peaufinant la maîtrise d’un Imoca revu et corrigé.

    Après la solo « Guy Cotten » et le trophée Laura Vergne, ce dernier couru en double avec Martin Le pape, Yoann Richomme a enchaîné sur le trophée Banque Populaire Grand Ouest, cinq jours de course en double au départ de Concarneau, disputé la semaine dernière. Un parcours exigeant durant lequel la flotte devait remonter jusqu’à l’archipel de Chausey puis longer de nouveau la Bretagne avant de traverser le golfe de Gascogne jusqu’à un point situé à la latitude d’Arcachon, et de revenir dans le Finistère.

    Les conditions de course ont été éprouvantes. Yoann a même donné de sa personne, « une déferlante m’a projeté dans le cockpit et je suis retombé sur la barre ». Mais à l’arrivée à Concarneau, le tandem figurait dans le top 10.

    À l’issue de cette préparation express, Yoann Richomme reste toutefois confiant. « J’ai pu rencontrer des conditions très différentes, naviguer au contact, tester les réglages et gommer mon déficit de vitesse à certaines allures. » Dans cet apprentissage, il souligne le rôle de Martin qui a été « un excellent co-skipper pour m’épauler », et rappelle au passage à quel point la concurrence est forte et qu’il « faudra rester sage dans mes objectifs à la Solitaire du Figaro Paprec », où « les paramètres pour être performant sont très nombreux ».

    Départ le 17 mai.