Tag: Ville

  • Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    Dans le sillage de la grande épopée des chantiers navals de La Ciotat

    C’est le premier assaut du froid. Emmenés par Alba, médiatrice du patrimoine à la Ville, et Magali, la trentaine de personnes inscrites à la visite*, saisies par le vent froid qui transperce, hâtent le pas. Le soleil est au rendez-vous. Sitôt franchi une grille, le groupe rentre sur le site des chantiers navals de La Ciotat Shipyards (LCS). Pour éviter tout espionnage industriel, aucune photo n’est autorisée. Grande frustration. D’autant que le site ferait se damner tout amateur de photographie…

    Les 105 irréductibles

    Ici, tout est démesure. Gagnés pour trois quarts sur la mer, les chantiers navals actuels « occupent 34 hectares », renseigne Alba. Ils étaient concentrés sur 3 ha, à l’époque des tout premiers chantiers modernes Vence-Benet (1835-1851)… On construisait des bateaux en bois à La Ciotat depuis 1660. Juste avant la visite, cette histoire captivante est racontée, par le biais de diapos commentées et d’un film, aux visiteurs.

    Drôle de paysage. Sur une immense plateforme claire battue par les rafales, les 7 immeubles flottants que sont les mégayachts ont pris place. Ils ont été mis à quai et au sec par « Atlas », explique Alba. Inauguré en septembre 2022 après plus de deux ans de travaux, c’est le petit nom de « l’ascenseur à bateaux. Il peut soulever des yachts de 80 à 120 mètres de long, avec un poids maximal de 4 300 tonnes. Depuis sa mise en service, La Ciotat figure parmi les trois chantiers navals les plus performants au monde pour ce type de yachts. » Au loin, d’autres navires tout aussi gigantesques, comme le sont les fortunes qui permettent de les acquérir (les propriétaires sont en majorité issus des Émirats, de Russie, des États-Unis), ont été enveloppés dans des sortes de cocons pour être repeints. À l’emplacement même de la plateforme Atlas, était la cale de lancement n°1 empruntée par de nombreux pétroliers construits à La Ciotat, durant le fameux « âge d’or », de 1940 à 1982.

    Un bus attend les passagers. Il s’arrêtera à proximité de chaque grande infrastructure. Comme « la grande forme, de 350 mètres de long à l’origine, sur 59 m de large, où l’on peut construire un navire à sec. Puis on remplit avec de l’eau de mer avec les vannes », précise Alba. Il est alors prêt à prendre la mer. Mais aussi le fameux grand portique. Celui dont la poutre horizontale culmine à 83 mètres de haut, avec, écrit en bleu sur fond blanc : 105. Ce sont les 105 irréductibles. Ces gars du chantier qui refusèrent de voir mourir leur outil de travail. De 1988 à 1994, ils occupèrent le site. Et réussirent à le sauver.

    * Gratuit. Infos : MCN, 46, quai François-Mitterrand prolongé. 04.42.08.65.23.

  • Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Un chauffe-eau qui pète, une voiture qui lâche… Le Crédit municipal vient en aide aux « travailleurs pauvres », ceux qui n’ont pas accès au prêt bancaire, insiste son directeur, Benoît de Rosamel, 30 ans de carrière dans la banque, en poste depuis un an. Fier d’être à la tête de cette « très vieille dame qui a eu 350 ans il y a deux ans » et issue des Monts-de-piété dans l’Italie du Moyen Âge, il tient à en rappeler le fonctionnement « car son rôle s’est perdu, les gens ne savent plus que cela existe ou se disent que ce n’est pas pour eux », or « ce n’est pas plus humiliant qu’un crédit à la consommation ».

    Cet établissement bancaire de plein exercice, « satellite de la Ville », souligne Benoît de Rosamel, dont une part du résultat -environ 850 000 euros l’an dernier- est reversé au Centre communal d’action sociale (CCAS), se concentre sur deux activités : le prêt sur gage pour lequel les Crédits municipaux ont le monopole et le micro-crédit. « Un bien de valeur, quel qu’il soit, sauf l’immobilier, on l’expertise et on vous prête, dans les 10 minutes, sans conditions de ressources », précise le directeur du Crédit municipal qui ne compte pas moins de 16 000 clients actifs sur une base de 40 000.

    Permettre de « réaliser

    des projets »

    De quoi « permettre à 50 000 personnes à Marseille de vivre mieux ou de réaliser des projets ». Une centaine de personnes par jour ose pour le moment, passer la porte du 37, rue Saint-Bazile (1er). Le micro-crédit permet d’emprunter jusqu’à 8 000 euros sur une durée jusqu’à 84 mois pour un taux d’environ 4% sans frais de dossier, sachant que le contractant peut rembourser à tout moment sans pénalité. « On peut prêter des sommes très petites », témoigne Benoît de Rosamel.

    Cette année, le Crédit municipal renoue également avec sa grande vente aux enchères de prestige, organisée à l’hippodrome Borély le vendredi 5 décembre. Avec des pièces qui sortent de l’ordinaire comme ce lingot d’or ou ces montres et bijoux de luxe. Autre opération exceptionnelle pour Noël, un « dégagement » gratuit. Les clients du Crédit municipal bénéficieront de la restitution gratuite d’objets déposés en gage, jusqu’à 50 euros et pourront durant tous le mois de décembre récupérer leurs biens sans avoir à rembourser ni le capital emprunté, ni les intérêts, précise Christelle Gerlier, directrice générale déléguée.

  • Grains de sel, le festival qui fait dévorer le livre jeunesse

    Grains de sel, le festival qui fait dévorer le livre jeunesse

    Vingt-quatre auteurs de livres jeunesse invités, des illustrateurs, des scénaristes de bande dessinée, de mangas… Après deux jours consacrés aux scolaires, Grains de sel ouvre ses portes au public*. Avec un beau plateau d’auteurs et dessinateurs jeunesse. Et cette année, Jean-Claude Mourvelat pour invité d’honneur. Né en 1952 à Ambert, en Auvergne, l’auteur commence à écrire des livres jeunesse en 1997. Le Combat d’hiver, L’enfant Océan « sont reconnus comme des classiques de la littérature de jeunesse », renseigne le site Fabula. Ses romans se caractérisent « par des valeurs humanistes ». En 2021, il a été lauréat du plus important prix de littérature jeunesse, le prix Astrid-Lindgren. Pour Grains de sel, l’auteur viendra avec, sous le bras, son dernier livre, Jefferson se fâche, troisième enquête de son « hérisson timide ». Samedi après-midi, à la salle de spectacles, il lira à voix haute des extraits choisis parmi ses nouvelles, textes courts ou romans jeunesse ou adultes.

    Lectures, ateliers collaboratifs ouverts aux enfants et animés par exemple samedi après-midi par Loïc Clément, scénariste et auteur de bande dessinée, illustration avec Gaëtan Doremus, auteur et illustrateur, dimanche matin ; atelier manga dimanche en milieu d’après-midi avec Daniel Ballin, mangaka et illustrateur… À 15h samedi, à l’Espace Rencontres, le public a rendez-vous avec Isabelle Simler, autrice et illustratrice pour l’édition et la presse. Elle a réalisé l’affiche de Grains de sel. Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, son univers est un hommage à la nature dont elle pousse l’observation jusqu’au plus infime détail. Son dernier ouvrage paru est l’illustration d’Alice aux pays des merveilles, de Lewis Carroll (2025). La Partie, maison d’édition de livres illustrés pour tous les âges, créée en 2021, dévoilera son catalogue. « Nous souhaitons donner à lire des textes et des images qui questionnent et offrent à rêver », décrit-elle. De belles promesses de lecture.

    * Av. Antide-Boyer. Ouvert sam. 9h à 19h, dim. 9h à 18h.

  • [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    [EQDD Midi Libre] À Montpellier, quand les façades fleurissent, le quartier respire

    Rue de la Méditerranée, on respire. Deux ou trois étages au maximum, des façades un peu vieillies, et désormais, des cascades de couleurs pour égayer ces rues situées à deux pas de l’agitation de la gare Saint-Roch. Jasmin étoilé, clématite, solanum, rosier de Banks : les fleurs grimpent le long des murs, enjambent parfois la rue, cadrent les fenêtres, et s’emmêlent au street art posé sur les murs. Elles attirent oiseaux, papillons, abeilles. « On revoit des moineaux, des fauvettes, des bergeronnettes qu’on ne voyait plus ! » s’enthousiasme Christine Konopnicki, membre de l’association Mare Nostrum.

    Cet ancien faubourg ouvrier, né en 1864 pour loger les travailleurs de l’usine à gaz, n’attirait guère. « Le quartier était un peu triste à l’époque, minéral, un peu repoussoir, selon Frank Plana, le président de Mare Nostrum. On a voulu amener du vert. Les fleurs se sont épanouies très vite. Dès que leurs racines ont trouvé la nappe phréatique, elles se sont mises à pousser ! Ça a transformé très rapidement le visage du quartier ».

    « On a voulu amener
    du vert »

    Le collectif a en effet lancé dès 2013 l’idée de faire participer les habitants à la végétalisation des rues. Le concept, soutenu et financé par la mairie depuis dix ans, repose sur les « bons de végétalisation » distribués à ceux qui souhaitent planter sur trottoir ou au pied des arbres. La ville fournit les plantes via son Centre Horticole municipal, les services municipaux percent le sol, et les habitants installent eux-mêmes leurs grimpantes. Résultat : 2 000 bons distribués en cinq ans, et une transformation visible.

    Pour Stéphane Jouault, adjoint au maire délégué à la Nature en ville et à la Biodiversité, venu déambuler dans le quartier en cette matinée ensoleillée d’automne, le projet coche toutes les cases : « Il crée de l’embellissement, du rafraîchissement. Il s’inscrit dans notre volonté de développer des rues-jardins qui restent agréables pour marcher ».

    Jusqu’à cinq degrés
    de moins

    Les effets se mesurent aussi au thermomètre. « La végétalisation des rues crée des zones d’ombre immenses permettant de réduire la température non seulement sur les façades mais aussi sur les trottoirs. On constate jusqu’à cinq degrés de différence grâce à la transpiration des plantes », explique Frank Plana. Un atout précieux dans une ville méditerranéenne de plus en plus frappée par les épisodes de canicule, où de nombreux habitants souffrent des îlots de chaleur urbains.

    En offrant nectar, fruits et abris, ces plantes augmentent la biodiversité dans un milieu urbain souvent hostile. La mairie distribue désormais aussi des arbustes locaux, des haies et même des arbres fruitiers, à planter dans son jardin. Les Montpelliérains peuvent adopter des micro-fleurissements abandonnés par leurs propriétaires, souvent partis vivre ailleurs.

    L’initiative a généré des effets collatéraux inattendus : moins de poussière, plus de convivialité. Une « brigade verte » s’est formée pour entretenir collectivement les fleurs. « L’entretien des plantes permet le partage de savoir-faire entre générations, ça crée du lien social, des ramifications, comme les plantes. Les gens sont plus souriants, plus fiers de leur quartier », raconte Christine. Mais elle tempère : avec l’embellissement, les loyers ont flambé.

    « Tout le contraire
    de la climatisation »

    Stéphane Jouault résume : « Ce projet, à coût relativement réduit, a amené de nombreux bénéfices. Cela correspond à une vision de la ville où la nature reprend ses droits et apporte du bien-être aux habitants. Le micro-fleurissement, c’est une adaptation vertueuse face aux changements climatiques. C’est tout le contraire de la climatisation, de la technique ».

    Le quartier s’est même lancé cette année dans un nouveau projet, baptisé « Quartier sauvage », une expérimentation scientifique menée avec le Muséum d’histoire naturelle de Paris et Tela Botanica. Ici, plus de désherbage systématique : on observe et on préserve la flore urbaine spontanée, y compris les herbes dites mauvaises.

    Finalement, la rue de la Méditerranée n’a pas seulement changé de décor : elle a changé de rythme. Ici, chaque façade fleurie raconte une histoire de voisinage retrouvé, de ville qui se rafraîchit en douceur.

    Par Laure de Charette
    Midi Libre

    Par Laure de Charette de Midi Libre

  • À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    À Lodève, le PCF se pose en médiateur d’une union délicate à gauche

    Faire asseoir à la même table Fadelha Benammar-Koly (PS) et Sébastien Rome (LFI) dans les prochaines semaines. À quatre mois des municipales (15-22 mars 2026), tel est l’objectif de la section communiste de Lodève. « Le PCF se pose en médiateur, on travaille à ce que chacun prenne ses responsabilités », explique Florian Vire.

    Inquiet de voir que deux listes de gauche sont sur le point de se monter, le secrétaire de section prend l’initiative d’une première rencontre entre l’actuelle adjointe de la maire sortante Gaëlle Levêque (qui ne se représente pas) et l’ancien député Insoumis à la tête du collectif « Réflexions lodévoises ». « Les gens veulent une gauche unie, on l’a vu aux législatives avec le NFP. » Pas question d’une « soupe aux logos » mais d’un rassemblement à gauche coconstruit avec les citoyens.

    Suite au décès de l’ex-maire Marie-Christine Bousquet (PS) fin 2017, Gaëlle Levêque ne l’avait emporté en 2020 que de 8 voix face à la droite de Claude Laateb. Lequel pourrait cette fois être soutenu par le RN. Face au risque de bascule, Sébastien Rome tend lui aussi la main et propose un « processus de discussions » avec la relève de la majorité municipale qu’il a quittée il y a 5 ans. « Je tends la main au binôme (Fadelha Benammar-Koly/Nathalie Rocoplan). Je sais qu’il est possible de travailler avec elles. Il y a plein de formules possibles pour que chacun trouve son compte », assure l’Insoumis qui fait valoir sa notoriété et son expérience d’ancien député.

    Côté programme, l’instituteur soutenu par Génération.S, Nouvelle Donne et les Écologistes, propose de créer un réseau de chaleur à base de géothermie, une sécurité sociale alimentaire ou encore d’assouplir le régime indemnitaire IFSE des agents municipaux. Il promet un budget participatif et des référendums d’initiative citoyenne. « Il y a un manque total de proximité entre la mairie et les habitants », critique Sébastien Rome.

    LFI en épouvantail ?

    Des reproches qui passent mal du côté de Fadelha Benammar-Koly. « Sébastien Rome a eu des critiques acerbes contre Gaëlle Levêque, il est allé un peu loin. Et puis parler d’union en mettant sa tête sur les affiches, c’est étonnant… », déplore la conseillère régionale, protégée de Carole Delga (PS). L’actuelle adjointe pressentie pour être tête de liste veut d’abord travailler le programme. Avec les citoyens, elle veut « lutter contre le mal logement », « fluidifier la traversée de la ville » ou encore « embellir l’espace public ». « Tout n’a pas été parfait sur ce mandat, il y a des choses que j’aurais pu faire différemment », concède F.Benammar-Koly, évoquant une forme de « rupture » à avoir.

    Reste à savoir si LFI sera compatible ou fera figure d’épouvantail. « Il n’y a aucune consigne de Carole Delga, le sujet n’est pas là ». Prête à « discuter » mais pas pour « l’union à tout prix ». Avec S. Rome, F. Benammar-Koly craint les « chamailleries » voire « un blocage comme à l’Assemblée ».

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    La foire des santons de retour sur le Vieux-Port

    Depuis 1803, la foire des santons provençaux investit le Vieux-Port. Samedi, la mythique foire aux santons ouvre ses portes pour l’édition 2025, avec 21 santonniers provençaux. « Les visiteurs peuvent avoir l’absolue certitude qu’ils sont fabriqués en Provence », assure Philippe Risch, secrétaire de l’association IGSP. Une association qui organise la création et la gestion pour une indication géographique de cet artisanat traditionnel. « Le but est de protéger les santons provençaux », explique Daniel Coulomb, président de l’association. Les deux hommes espèrent que l’indication géographique sera effective en décembre 2026.

    Un patrimoine culturel que la foire tient, cette année encore, à mettre en avant. Comme l’année passée, les enfants pourront découvrir ce savoir faire tous les mercredis, en faisant leur propre santon d’argile. Les week-end seront animés par des chants et danses provençales.

    Une année difficile tout de même pour la foire, qui a perdu la subvention de la Métropole. « La filière d’argile de la Métropole a été transférée à la ville d’Aubagne, explique Michel Bouvier, président de l’Union des fabricants de santons de Provence. Comme ils organisent une foire concurrente, on a perdu nos subventions », se désole-t-il. Un manque à gagner de 20 000 euros.

  • La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    La discussion ouverte sur le futur du Camembert Cousteau

    Un pas en avant… Après une rencontre avec des représentants de la direction du Grand port maritime de Marseille le 30 octobre, le collectif « Camembert de Cousteau », qui réunit la fédération des comités d’intérêt de quartier (CIQ) du 16e arrondissement, le collectif Thala et la coopérative Hôtel du Nord, se félicite d’avoir réussi à ouvrir un espace de discussion.

    Cet été, habitants et associatifs s’étaient mobilisé pour évoquer l’avenir du bâtiment menacé de démolition et propriété du port, situé à deux pas de l’espace Mistral, tout à côté du hangar qui abrite le sous-marin Saga, machine imaginée par le marin au bonnet rouge, et du siège du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Une pétition avait été lancée pour sa sauvegarde. En parallèle, une quinzaine d’artistes avaient donné à voir toutes ses possibilités en le transformant en musée éphémère, empli de graffs et de fresques colorés. Le chantier de démantèlement avait finalement été suspendu. Un des pieux de la plateforme supportant le Saga ayant été fragilisé.

    « Trop tôt pour communiquer »

    « Nous allons entamer, dès janvier 2026, un travail sur une convention d’occupation », précise Michel Teule, président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Les demandes n’ont pas bougé : faire du Camembert un espace public, un lieu patrimonial et associatif avec « différentes activités en relation avec la mer et le quartier », rappelle Michel Teule.

    Leur projet a été présenté, reste à en définir les modalités de financement, à régler aussi la question du loyer. Des échanges « riches » s’est réjouit ce dernier. À terme, une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) pourrait même voir le jour. Autour de la table, ils ont insisté aussi pour que le Port soit partie prenante des discussions menées autour des projets de réaménagement du littoral qui seraient menés au sein du « grand Estaque ».

    Contactée, la direction du GPMM a confirmé ce vendredi 7 novembre que des discussions étaient en cours mais considéré qu’« il était trop tôt pour communiquer sur les modalités précises ». Et de réaffirmer que le Port travaille « en concertation avec la Ville et les acteurs locaux pour définir l’avenir du site », dans le cadre justement du « Grand Estaque ». Le GPMM rappelle que « toute occupation du domaine public du Port » doit « respecter les règles en vigueur » et « garantir la sécurité et la viabilité des projets ».

  • Rémi Esnault inaugure son local de campagne à Fos samedi

    Rémi Esnault inaugure son local de campagne à Fos samedi

    Ils inaugurent ce samedi à 11h leur permanence au 39 avenue Jean-Jaurès, à Fos-sur-Mer. Une adresse bien trouvée pour les forces de gauches de Fos-sur-Mer rassemblées autour de Rémi Esnault, connu pour être le directeur de cabinet du maire René Raimondi (ex-PS) depuis plusieurs années.

    « Ce local sera un espace de rencontres, d’échanges, d’écoute et de proximité, pour tous ceux qui croient qu’aimer sa ville, c’est aussi s’y engager concrètement, chaque jour », promet le candidat, qui y voit un lieu « à l’image de notre démarche : humaine, simple et collective ».

    Le prétendant à la succession de l’édile fosséen peut compter sur le soutien du PCF, représenté par son chef de file et actuel adjoint Nicolas Féraud, ainsi que sur celui de Place Publique par la voix d’Anne-Caroline Walter-Cipreo, également 2e adjointe.

    Le Parti socialiste et son responsable local Jean-Michel Leroy, rejoint par Jean-Louis Sanial de Génération écologie, ont de leur côté décidé d’une candidature autonome sur fond de désaccord à propos du projet Hyvence et de la création d’un parc naturel des étangs de la Ville.

    L’extrême droite

    en embuscade

    La coalition de Rémi Esnault se confronte actuellement, à quatre mois des élections, à trois candidatures annoncées. Celle de Jean-Michel Leroy, mais aussi du macroniste Jean Fayolle, conseiller municipal depuis 2008. Enfin, l’ex-LR Philippe Maurizot est soutenu par le chef départemental du RN Franck Allisio via son label « La Provence qu’on aime ».

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.