Tag: Ville

  • [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    [EQDD] Métropole de Lyon : des arbres de pluie au secours de l’eau qui ruisselle

    Ce dispositif consiste à aménager le pied des arbres avec une zone drainante remplie de cailloux, permettant de capter une partie de l’eau de ruissellement. Celle-ci s’infiltre alors dans le sol, profite à la végétation et limite la saturation du réseau d’assainissement, encore largement unitaire. Initiée en 2020, cette approche écologique réduit les rejets pollués dans le Rhône lors de fortes pluies. « Les effets se sont fait sentir au niveau des stations d’épuration, explique Pierre Athanaze, ancien vice-président de la Métropole de Lyon en charge de l’environnement. Et c’est vraiment gagnant-gagnant, les arbres grandissent mieux et ont un meilleur taux de survie ». Malgré des craintes sur la pollution, les analyses se sont révélées rassurantes pour les plantes. En plus d’améliorer la croissance des arbres, ces aménagements rafraîchissent la ville et favorisent la biodiversité, transformant des espaces urbains très minéraux.

    Par Émilie Charrel Le Progrès

  • [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    [EQDD] À Trèbes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain

    À Trèbes, le grondement des pelleteuses a remplacé celui des eaux en colère. Sur la rive droite de l’Aude, les engins redessinent le paysage, décaissant un important volume de terre sur plus de 13 hectares. Huit ans après avoir connu une crue meurtrière, la ville panse ses plaies en réinventant son rapport au fleuve.

    « Ici, on a compris qu’on ne pouvait plus lutter contre la nature », confie le maire, Eric Menassi. Cette nuit du 15 octobre 2018, l’eau est montée en quelques heures, emportant tout sur son passage. Six habitants ont perdu la vie, des dizaines de maisons ont été détruites. « Si on reconstruisait à l’identique, on savait qu’on risquait de revivre la même chose, c’était inconcevable », poursuit le premier édile.

    Alors la commune a fait un choix difficile : reculer pour mieux protéger. Une cinquantaine de maisons ont été rasées, laissant place à une vaste zone d’expansion des crues. « Il a fallu convaincre la population du bien-fondé de ce projet, car on ne peut pas imaginer ce que ça représente de quitter une maison familiale, poursuit l’élu. Mais notre responsabilité, c’était de dire la vérité : nous ne pouvions plus garantir leur sécurité ».

    Sur une étendue aujourd’hui herbeuse, une habitante désigne un point invisible. « Ma maison était là », dit-elle simplement. Évacuée avec ses enfants en pleine nuit, elle n’y est jamais retournée. « C’est dur, mais je préfère ça que revivre cette peur. » Plus loin, un commerçant installé en bord de quai observe le fleuve avec attention : « Cet hiver, l’eau est montée… mais elle est restée à sa place. Avant, on aurait eu les pieds dans l’eau ».

    Faire accepter les changements à la population

    Car l’idée est là : redonner de l’espace au fleuve pour réduire sa violence. En doublant par endroits la largeur du lit, la ville diminue la vitesse du courant et la hauteur des crues. « Ce sont les vitesses qui détruisent tout, insiste Eric Menassi. En élargissant, on absorbe les flux d’eau supplémentaires en cas de forte pluie ».

    Ce choix s’inscrit dans une logique plus large d’adaptation à la nature, portée par le Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR). Et si l’exemple de Trèbes n’est pas reproductible partout, chaque cas de figure étant unique, la philosophie qui a porté ce projet devient un exemple à suivre pour le SMMAR, qui insiste sur la nécessité de faire accepter ces changements à la population. « Il s’agit en réalité de réapprendre à vivre avec la rivière, de se réapproprier cet espace que l’on voyait uniquement comme un danger auparavant, souligne Jean-Marie Aversenq, directeur général du syndicat. Au-delà de l’élargissement, on a donc imaginé avec le maire de nouveaux usages permettant aux habitants de profiter du fleuve comme un verger citoyen, conçu grâce aux 17 000 mètres cubes de terre décaissée du fleuve, mais aussi un sentier pour les pêcheurs, des passerelles, des plages et une forêt alluviale ».

    Une école sur pilotis

    Mais si cette partie aménagement pour les nouveaux usages est en cours de finition, les travaux déjà réalisés depuis juillet 2025 ont fait leurs preuves cet hiver. Lors des crues récentes, aucun dégât majeur n’a été constaté. « Ce n’est pas non plus le risque zéro, tempère le maire de la commune, mais grâce aux travaux réalisés, on réduit fortement notre vulnérabilité face aux crues ».

    Au-delà du fleuve, c’est toute une ville qui s’est adaptée : l’école a été reconstruite sur pilotis, la maison de retraite déplacée sur les hauteurs. Certains équipements, comme la piscine, n’ont pas été rebâtis. « On a fait des choix pour préparer l’avenir, assume Eric Menassi. Aujourd’hui, notre priorité n’est plus de grandir, mais d’être résilients ». Ces choix forts ont vraisemblablement convaincu la population communale qui a choisi de redonner sa confiance au maire lors des dernières municipales, malgré le scepticisme suscité par le projet de réaménagement au départ.

    Désormais, à Trèbes, l’Aude n’est plus seulement une menace. Il devient un allié, imprévisible mais apprivoisé. Et dans cette ville marquée par le drame, une conviction s’impose peu à peu : face au changement climatique, l’adaptation n’est plus une option, mais un chemin.

    Par Joffrey Marcelin Midi Libre

    EN CHIFFRES

    2,5 millions d’euros : le coût du réaménagement, assumé à 50% par l’État, 20 % par la région, 10% par le département et 20% par le Smmar.

    17 000 mètres cubes : le volume de terre décaissée pour réaménager le fleuve.

    1,3 km : la distance sur laquelle le fleuve fut réaménagé.

    13 hectares : l’espace total réaménagé.

    8 ans : le temps qu’il a fallu entre la crue de 2018 et le réaménagement du fleuve.

  • À La Garde, un parc urbain au nom du résistant François Accusano

    À La Garde, un parc urbain au nom du résistant François Accusano

    Le lieu se veut un « îlot de fraîcheur » végétalisé accessible pour tous les habitants, les familles et les enfants. La réalisation d’un coût de 2,3 millions d’euros (HT) a été cofinancée par la Métropole TPM, la Ville de la Garde, le Département du Var, l’Agence de l’eau et la Région Sud.

  • [Entretien] Brahim Timricht : « Nager est fondamental,au même titre que lire et écrire »

    [Entretien] Brahim Timricht : « Nager est fondamental,au même titre que lire et écrire »

    Brahim Timricht porte l’amour de la mer en lui depuis tout petit. Dans son quartier du 14e arrondissement de Marseille, l’éducateur sportif a lutté contre le manque d’accès des petits à la mer en les emmenant chaque été à la plage. Il constate rapidement que la plupart des enfants ne savent pas nager. Aujourd’hui, le Grand bleu est l’association d’apprentissage de la natation la plus importante de Marseille. Elle dispense également des formations de maîtres-nageurs et de sauveteurs.

    La Marseillaise : Pouvez-vous expliquer le slogan de l’association : « L’avenir c’est l’insertion par les métiers de l’eau » ?

    Brahim Timricht : Nous avons ouvert le pôle formation en octobre 2022 et 80% des jeunes formés proviennent des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Ce pôle formation est nécessaire car la hausse du nombre de noyades est en partie liée au manque de sauveteurs et maîtres-nageurs. Au niveau national, on estime qu’il manque 5 000 maîtres-nageurs et à Marseille, nous sommes la première association à dispenser des formations pour obtenir le brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BSSA). On a remarqué que les besoins étaient énormes et que le manque de mobilité faisait partie des freins. C’est pour cela que le pôle formation, basé à Marseille, s’est déplacé à Avignon et à Aix pour former d’autres jeunes.

    De quelle manière l’association s’inscrit-elle dans la réponse aux hausses du nombre de noyades ?

    B.T. : Apprendre à nager est fondamental, au même titre qu’apprendre à lire et à écrire. L’an dernier, 2 500 enfants ont appris à nager au Grand bleu. Mais nous enseignons aussi la natation aux adultes. En 2025, 150 mamans ont appris à nager à l’association. Jusqu’ici nous avons enseigné la natation en piscine et en mer, notamment à la base nautique de Corbière, et nous avons récemment inauguré notre nouveau local : un tiers-lieu situé dans le 14e, avec une grande piscine bientôt fonctionnelle.

    Quels sont les défis auxquels vous faites face et quelles sont les solutions pour répondre aux lacunes en natation ?

    B.T. : Un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée en 6e et c’est un énorme problème. Nous sommes présents sur des quartiers où les enfants n’ont pas forcément accès à une piscine ou à la mer et dont les parents sont submergés, avec beaucoup de familles monoparentales et des mamans seules. Dans le 13e, il n’y a qu’une seule piscine, celle de Frais Vallon, et entre les écoles, les clubs et les particuliers, on ne s’en sort pas. Le « Plan piscine », initié par la Ville, prévoit notamment la rénovation de la piscine Nord, de celle de Bougainville et de Luminy. Mais cela prend du temps. Ce serait pertinent de centraliser les demandes des familles pour des stages et des cours de natation en créant une plateforme dédiée, regroupant Le Grand bleu et les quatre autres associations d’enseignement de la natation à Marseille.

    Entretien réalisé par Diane Villemin

  • Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Penser différemment la ville pour faire face aux vagues de chaleur précoces

    Chaque année, la Ville active son plan canicule. Mais cette année, les vagues de chaleur surviennent plus tôt. « On doit être beaucoup plus vigilant avec les vagues de chaleur précoces », souligne Peggy Pas, responsable sociale du CCAS d’Aubagne. Une à trois fois par semaine, selon le niveau de vigilance, le CCAS appelle les personnes vulnérables recensées, envoie des équipes de lutte contre l’isolement des personnes âgées et renforce ses actions de sensibilisation aux épisodes de canicule. Au-delà de ces actions essentielles de solidarité, ce sont les stratégies d’urbanisme qui permettent de s’adapter sur le long terme à la hausse des températures. « La nouvelle équipe municipale a cette volonté de créer des îlots de fraîcheur et de penser la ville différemment », précise Richard Guesnier, responsable du pôle numérique de la Ville.

    Objectif « ville basse température »

    Clémentine Fardoux, 1ère adjointe chargée de l’urbanisme, défend un plan global décliné sur trois temps – court, moyen et long – avec l’objectif d’une « ville basse température » dans laquelle la végétalisation de l’espace et l’eau seront la pierre angulaire. L’élue est convaincue qu’il est « essentiel de transformer la ville et ses usages ». Elle souhaite donner la priorité à la rénovation des logements sociaux et des logements du centre ancien, véritables passoires thermiques.

  • Avignon veut renforcer sa coopération avec la Chine

    Avignon veut renforcer sa coopération avec la Chine

    Dans le salon du maire d’Avignon ce mardi 26, à l’occasion de la visite du consul général de Chine à Marseille, Youlin He, le premier magistrat Olivier Galzi a annoncé souhaiter « une coopération beaucoup plus importante » avec le pays du Milieu.

    Une collaboration dans les domaines du tourisme, des industries culturelles et créatives, mais aussi des technologies de pointe autour de l’agriculture développées à Agroparc « qui intéressent beaucoup le gouvernement chinois », explique le maire. « Avignon a une très belle histoire. On va trouver une coopération pour aider les peuples de la France et de la Chine dans tous ces domaines », explique le diplomate chinois, qui affirme qu’il s’agit de sa troisième visite à Avignon. A aussi été évoqué un jumelage « à hauteur de la ville », assure Olivier Galzi, à savoir avec la ville de Yiwu qui est « un modèle de production », assure Youlin He.

    « Deux piliers »

    Le maire s’est aussi permis une pique à l’ancienne municipalité, assurant que la relation entre Avignon et la Chine était « quasi inexistante ». Et ce alors qu’il existait bien un jumelage avec le district de Bao’an-Shenzen où vivent 3 millions de personnes depuis 2023. « Ce n’est pas qu’il n’était pas important mais il n’était pas valorisé », assure le maire. Mais cette nouvelle possibilité « est un deuxième pilier », poursuit-il. « Les relations avec Yiwu et Bao’an peuvent exister et avancer en même temps », confirme le consul.

  • Le carnaval a fait vibrer le Vieux-Port de Marseille

    Le carnaval a fait vibrer le Vieux-Port de Marseille

    C’est un moment magique est féérique qui a eu lieu sur le Vieux-Port, samedi à Marseille, avec la grande parade du carnaval de la Ville offerte aux habitants et visiteurs. Une parenthèse enchantée dont ont profité petits et grands.

    Chars décorés, animaux enchanteurs ou encore troupes musicales et créatures aériennes, l’extravagance, thème de cette édition, était bien au rendez-vous !

    Les enfants des centres sociaux de la ville ont eu aussi eu droit à leur moment de gloire, véritables stars de ce carnaval.

    Venue de Paris, Gaby est tombée sur cette « belle surprise » qui enchante ses enfants et a « décidé de modifier le programme des vacances pour suivre la fête ».

    Alors que Baptiste, lui, est venu spécialement des Catalans avec son père et sa petite sœur, elle-même juchée sur les épaules de papa pour admirer le spectacle. « Incroyable ! » s’exclame le petit garçon devant la mante religieuse géante qui surgit devant ses yeux. Sa sœur est un peu impressionnée par la grosse bestiole et craint qu’elle ne dévore les deux équilibristes suspendues à ses mandibules…

    Du côté de La Criée, lieu de départ du défilé, la foule est dense. « C’est un moment fabuleux », selon Akim, en week-end chez son fils et qui accompagne ses petits-enfants au carnaval. Il apprécie particulièrement le « côté lien social dans la ville et cette très belle mixité qui fait chaud au cœur ».

    Quant à Libel, 12 ans venu de la Belle de Mai, l’enthousiasme est à son comble. Il hurle de joie sous une pluie de confettis et en ramasse des poignées pour faire « encore la fête ».

  • [Rue de la République] Arnaud Drouot : « Désormais, les choix des Marseillais vont être entendus à la Métropole »

    [Rue de la République] Arnaud Drouot : « Désormais, les choix des Marseillais vont être entendus à la Métropole »

    La nouvelle situation politique à Marseille

    Didier Gesualdi : Vous étiez le directeur de campagne de Benoît Payan, pourquoi, selon vous, avez-vous gagné ?
    Il y a une raison à la victoire de Benoît Payan et du Printemps marseillais, c’est la cohérence. Parce que nous avons travaillé jusqu’au dernier jour du mandat, en portant un bilan et un programme, avec une équipe rassemblée. Un des rassemblements de la gauche et des écologistes les plus puissants que la France connaisse.

    Didier Gesualdi : Ça compte encore, les étiquettes ?
    Les étiquettes en elles-mêmes ont relativement moins d’importance aujourd’hui, on le voit avec la décomposition politique nationale, mais le rassemblement des étiquettes, oui, ça compte. On sait d’où on vient, on connaît les convictions de chacun d’entre nous, mais ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui peut nous diviser. 14 formations politiques soutiennent le Printemps marseillais. Et au-delà, le maire a prouvé qu’il savait rassembler les Marseillaises et les Marseillais, quelles que soient leurs histoires, leur quartier, leur trajectoire… C’est cette cohérence qui nous porte en tête au premier tour et, ensuite, en tête au second tour avec Benoît Payan qui réalise le meilleur score qu’un maire de Marseille n’est jamais fait dans l’histoire de la Ville.

    Léo Purguette : Un score très important en effet, plus de 50% en triangulaire, avec sans doute une part de vote lié au rejet du RN. Comment convaincre une majorité absolue de Marseillais, dans la durée, sur votre projet ?
    On approche même des 55%. Effectivement, le score du RN doit nous amener à nous interroger. La hausse du score de l’extrême droite est liée, à nos yeux, à un contexte national difficile, parfois désespérant, et un contexte local d’effondrement terrible de la droite républicaine. Nous avons gagné, nous sommes en responsabilité, le maire, les adjoints, les conseillers municipaux délégués sont tous au travail au service de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Pas seulement ceux qui ont voté pour nous, tous les citoyens, quel que soit leur vote, ou leur non-vote d’ailleurs.

    L’extrême droite

    Didier Gesualdi : On a parfois dit que l’extrême droite posait de bonnes questions, mais apportait de mauvaises réponses. Quelles seront les vôtres sur la sécurité par exemple ?
    Je ne sais pas quelles bonnes questions elle pose, par contre, je sais qu’elle apporte de mauvaises réponses. Sur la sécurité, toutes les réponses que le RN a tenté d’apporter, pendant la campagne, ne dépendaient pas de la Ville, étaient illégales ou alors c’était le chaos. On se rappelle de la volonté d’interdire les plages aux jeunes, le « pass anti-racailles », ce n’étaient que des choses faites pour augmenter les tensions en ville. Les réponses apportées par le Printemps marseillais et le maire, Benoît Payan, sur la sécurité, sont très concrètes et de proximité. Lorsqu’on s’engage à ouvrir un commissariat de police municipale par arrondissement, lorsqu’on double les effectifs de policiers municipaux, on a fait plus en un mandat que depuis la création de la police municipale ! Ces agents ont des missions de proximité, d’îlotage, de contact avec les Marseillaises et les Marseillais, quel que soit leur quartier. Ils sont au contact des commerçants, des associations, c’est une police qui est là pour faire de la répression et aussi pour faire de la prévention. Chaque jour, ils empêchent des délits, mais aussi instaurent le dialogue pour faire en sorte qu’on vive dans une ville apaisée.

    Les marins pompiers

    Léo Purguette : Vous avez reçu de la part du maire la responsabilité des marins-pompiers. Quels sont les principaux défis à relever de votre délégation ?
    C’est une unité d’excellence de la marine nationale qui est placée sous l’autorité du maire de Marseille et qui a pour défi de pouvoir intervenir dans n’importe quel endroit de Marseille en moins de 10 minutes. Entre le moment où vous appelez les marins-pompiers et le moment où ils arrivent en bas de chez vous, il doit se passer moins de dix minutes. Le plus grand défi à relever, c’est celui du maintien d’un haut niveau de service public. On voit que par rapport aux crises climatiques, sociales, sanitaires, de plus en plus de gens font appel aux marins-pompiers, appellent le 18. C’est un défi quotidien, 365 jours par an, nuit et jour, de réussir à apporter des solutions aux Marseillais qui font face à une difficulté.

    Léo Purguette : Vous aviez reçu cette délégation en 2020 avant de devenir le directeur de cabinet de Benoît Payan, puis de redevenir élu. Qu’est-ce qui vous a guidé dans ces choix personnels ?
    L’envie de servir différemment, de découvrir de nouveaux horizons, d’être utile différemment à ma ville.

    Les moyens

    Léo Purguette : Vous en appelez à l’État pour boucler le budget de la Métropole, mais d’autres collectivités sont tout autant ponctionnées…
    On ne demande pas un traitement de faveur, on demande le même traitement que Paris sur le versement mobilité. Si on l’augmente d’un point, c’est minimum 200 millions d’euros qui rentrent dans les caisses.

    Didier Gesualdi : L’UPE 13 refuse.
    Il faut avoir un dialogue avec le monde patronal. Dans la campagne, plein de chefs d’entreprise nous ont dit que Marseille était un territoire exceptionnel pour investir. On n’est pas à Clermont-Ferrand – je n’ai rien contre – mais on a une population jeune, la plus grande université francophone du monde, des hôpitaux, 300 jours d’ensoleillement par an, les câbles sous-marins qui arrivent depuis la Chine ou les États-Unis. Ils nous ont dit « le vrai problème, ce sont les transports ». Paris ne s’est pas effondré économiquement avec son taux de versement mobilité. On demande moins.

    La nouvelle Métropole

    Léo Purguette : La « Métropole des maires » à laquelle vous participez devait mettre un terme aux tiraillements avec la Ville. L’impossibilité de trouver un budget équilibré met-elle tout par terre ?
    Non, pas du tout. Pour nous, la première étape était d’apaiser les relations avec la Métropole, de sortir de ce que le président de la République a pu appeler les « chicayas ». Effectivement, on a une Métropole qui s’opposait trop souvent à Marseille. Désormais, le président Isnard l’a dit, on a une Métropole des maires au service des habitants. Ce qui veut dire que Marseille est de retour dans la gouvernance métropolitaine, que les Marseillais vont pouvoir peser, que nos choix vont être entendus. C’est désormais le maire de Marseille et son équipe municipale qui vont pouvoir décider de ce que la Métropole fait à Marseille. C’est ce qui est normalement le cas dans n’importe quel établissement de coopération intercommunale. Les choses rentrent dans le bon sens.

    Léo Purguette : Oui, mais le maire de Marseille parle lui-même d’une possible tutelle sur la Métropole, faute de budget. C’est quand même très grave.
    C’est une deuxième chose après l’installation de la gouvernance. La question du budget nous concerne toutes et tous. Le président Isnard fait le choix de ne pas voter le budget, ce qui est, à mon sens, un choix courageux.

    Didier Gesualdi : Risqué ?
    Risqué, mais courageux et qui permet de mettre l’État face à ses responsabilités. Sur le mandat précédent, le maire de Marseille est allé négocier le plan Marseille en grand, qui est le plus grand plan qui n’ait jamais été fait pour Marseille. On se rappelle de l’effort fourni sur le rattrapage obtenu sur les policiers nationaux, sur la justice, les écoles, les transports… On a obtenu ce soutien de l’État et donc la Métropole a investi dans les transports, rénove le métro, a étendu le tramway… Évidemment, tout ça, quand il faut faire circuler un nouveau tram, une nouvelle ligne de bus, cela pèse sur le budget de fonctionnement.

    Léo Purguette : Tout le monde le savait, on ne l’a pas découvert il y a dix jours.
    On ne l’a pas découvert il y a dix jours. Toutefois, il y a une vraie incohérence pour l’État. Je ne vais pas entrer dans le détail, mais il y a des ponctions de l’État sur le budget des collectivités et notamment de la Métropole pour plusieurs dizaines de millions d’euros. Or, c’est complètement contradictoire avec ce que l’État nous a dit il y a quelques années : « Investissez sur les transports. »

    Léo Purguette : N’est-ce pas trop risqué de ne pas voter le budget de la Métropole ? L’État pourrait la mettre sous tutelle et imposer des coupes sanglantes.
    Les rapports de force qu’on perd son ceux qu’on ne mène pas. Il faut affirmer que les ponctions sur la Métropole sont insupportables et en contradiction totale avec ce que dit l’État sur la nécessité de développer les transports. Et, par ailleurs, bloquer le versement mobilité est une deuxième injustice. Si le gouvernement revient là-dessus, on débloque une situation politique, mais aussi budgétaire, et on permet à tout le territoire de se projeter dans l’avenir.

    La propreté

    Didier Gesualdi : Pourquoi feriez-vous mieux que l’équipe de Martine Vassal sur la propreté ?
    La propreté, c’est un défi. Nous pensons pouvoir le relever. Quand on est arrivé en responsabilité, l’état des écoles était catastrophique au niveau du bâti, mais aussi du social avec jusqu’à une centaine de cantines par semaine qui pouvait être fermée, avec des parents qui devait quitter leur travail en catastrophe pour s’occuper des enfants. Il y avait une forme de fatalisme. On a pris le problème à bras-le-corps, on a travaillé. Pour la propreté, on va faire pareil.

    Léo Purguette : Combien de temps va-t-il vous falloir pour la propreté ? Les écoles, ce n’est pas encore fini.
    Je ne vais pas dire qu’on va le régler d’ici l’été. Vous savez, le maire reçoit des centaines des milliers de courriers parce que c’est sale. Ce n’est pas la Métropole qui les reçoit. Quand une poubelle déborde, c’est qu’il y a un problème : soit il manque de tournées, soit de conteneurs. On va s’y attaquer. On va avoir le retour des cantonniers qu’on connaîtra dans les quartiers comme avant.

    La question des lecteurs

    Romain : Bonjour, je n’ai pas compris quelle va être votre responsabilité à la Métropole ? Quelle marge de manœuvre pour Marseille ?
    La responsabilité première, en tant que représentant de la Ville de Marseille, c’est de la remettre au cœur de la Métropole, de faire en sorte qu’elle soit de retour, que les choix des Marseillaises et des Marseillais soient respectés dans cette gouvernance. Je ferai tout pour que les projets, les aspirations, la volonté démocratique des Marseillaises et des Marseillais soient entendus. Le premier engagement métropolitain des élus qui siègent au nom de la ville de Marseille doit être celui-là. Le fait que je préside les élus du Printemps marseillais au sein du conseil municipal renforce cette mission. C’est un rôle qui nécessite de faire vivre ce rassemblement, cette unité qui ont été les nôtres durant cette campagne, et en même temps de faire vivre la diversité, puisqu’on a toutes les sensibilités de la gauche et des écologistes qui sont représentées.

    La République, c’est quoi ?

    Arnaud Drouot : « C’est autant un système institutionnel qu’un mode de gouvernance et un but. Le système institutionnel, c’est celui de la Liberté contre l’oppression, l’arbitraire. Le mode de gouvernance, je pense que ce doit être celui de l’égalité de traitement, le respect, la dignité. Et, pour moi, le but que doit se donner la République, sinon elle a peu de sens, cela reste la fraternité. C’est aussi le but du mandat qui s’ouvre. »

  • À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    Un mois après le second tour des élections municipales, la présentation du budget primitif 2026 figurait à l’ordre du jour du conseil municipal d’Arles. Une séance fleuve, marquée par l’examen de 82 délibérations, pour plusieurs heures de discussions.

    Le budget présenté par l’adjointe aux finances, Sylvie Petetin, s’articule en deux volets. Le premier porte sur le compte financier unique 2025 de la Ville, qui affiche 158 millions d’euros de recettes pour 144 millions de dépenses, soit un excédent de 14 millions d’euros. Celui-ci résulte du report d’excédents des années précédentes, d’une participation exceptionnelle de l’État et d’un recours à l’emprunt plus faible que prévu au cours des deux dernières années.

    Une épargne à 1,12 %

    Pour 2026, l’adjointe a présenté un budget de 170,73 millions d’euros, à l’équilibre entre recettes et dépenses, dont la charge principale demeure la masse salariale. Un élément soulevé par l’opposition hors gauche. « La masse salariale était de 5 millions d’euros en 2020, contre 62,5 millions en 2026, soit près de 60% des dépenses », pointe Jean‑Michel Jalabert, ancien premier adjoint (DVC) du maire Patrick De Carolis (Horizons). « J’avais donné l’alerte sur le sujet. Ce budget donne l’illusion de solidité, pour combien de temps encore avec une épargne ridicule ? », tance l’élu. « Je trouve ça fort de votre part sachant que j’ai alerté depuis 2021 sur les DRH qu’on laissait filer », rétorque Sylvie Petetin. « Qui a porté les négociations pour le passage aux 1 607 h ? Cherchons le responsable et on trouvera la lumière », souffle le maire, accusateur.

    À gauche, le budget est perçu comme « une continuité claire » des « certitudes dictées plus par la communication que par le quotidien des Arlésiens », selon Jean-Frédéric Déjean (PCF). « Vous avez choisi de réduire la dette sans toucher aux investissements ou la fiscalité, en augmentant le tarif du service public, pendant que la moitié des investissements sont financés par ce qui était autrefois du fonctionnement », analyse l’élu communiste, qui parle d’« impact sur la propreté, l’entretien des espaces publics et de qualité des services ».

    La 1ère adjointe, Mandy Graillon (DVD), se dit « étonnée » d’une « hypothétique baisse de service ou d’augmentation d’investissement en dépit du service aux habitants (…) Citez-nous des exemples ! Nous avons augmenté les places en crèche, les subventions au CCAS, triplé les subventions aux centres sociaux, fermé aucun service, seulement maintenu ou étendu des services ».

    En définitive, le budget a été adopté sans les voix de l’opposition, qui pointe un manque de solidité, notamment au regard d’une épargne jugée « extrêmement faible, à 1,12% », relevée par Jean-Michel Jalabert. Un indicateur qui constitue le « cœur de la solidité d’une commune », selon Jean-Frédéric Déjean. « Nous sommes précautionneux avec un fonds de roulement de 90 jours et des prévisions en dessous du réel », assume Sylvia Petetin.

    Les délégations

    Mandy Graillon, 1ère adjointe à la démocratie de proximité, relations aux usagers, sécurité, prévention de la délinquance, traditions

    Cyril Juglaret, 2e adjoint délégué à l’activité, transports, mobilités

    Claire de Causans, 3e adjointe délégué à la culture, patrimoine, vie associative

    Pierre Raviol, 4e adjoint délégué à la gestion des risques, l’hydraulique, l’irrigation, Rhône

    Sylvie Petetin, 5e adjointe aux finances, fonds européens, urbanisme, foncier

    Sylvère Bastien, 6e adjoint à l’éducation, écoles, enseignement supérieur

    Claire Mailhan, 9e adjointe à la transition écologique, espaces naturels, agriculture, aménagement du territoire, Gageron, Gimeaux.

    Antoine Parra, 10e adjoint à la voirie, éclairage public, bâtiments communaux, Plan-du-Bourg

    Ilham Bouaroua, 11e adjointe à la jeunesse, centres de loisirs, vie étudiante, Bariol

    Gérard Quaix, 12e adjoint à la police rurale et Raphèle

    Martine Gournes, 13e adjointe au social, solidarités, logement CCAS

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.