Tag: Vaucluse

  • La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    Il est un peu plus de 8h30 à l’entrée du Marché d’intérêt national (MIN) d’Avignon. Une voiture entre vite et frôle quelques militants CGT. « Il est énervé lui, il ne doit pas être en grève », plaisante Carlos Acha Moreton. Aux côtés d’une cinquantaine de militants, le secrétaire de l’union locale d’Avignon a pourtant des raisons d’être en colère.

    « Les grands patrons, vous êtes les responsables de la détresse du peuple », adresse-t-il, devant le siège du Medef vauclusien, dont les bureaux sont dans le MIN. Au préalable, une longue déambulation dans les allées d’entrepôts et entreprises se déroule. « Vous vous faites voler par le grand patronat qui capte toutes les aides publiques », harangue Carlos Acha Moreton, à l’entrée de l’enseigne Metro. Le but de la matinée ? « Se faire entendre, distribuer 1 000 tracts et appeler à la grève du 18. »

    Devant le Medef, les militants CGT entonnent l’Internationale. Dans son propos, le secrétaire de l’Union locale dépeint les « galères engendrées par le patronat » : allongement du temps de travail, salaires de misère, délitement des services publics. « Vous êtes des assistés ! », lance Carlos Acha Moreton, rappelant « toutes les exonérations fiscales et sociales » dont bénéficient les entreprises. Ce discours est remis en mains propres à la déléguée générale du Medef 84. Une discussion courtoise s’engage entre deux portes, mais sans protocole d’accord trouvé. Le député Raphaël Arnault (LFI-NFP) fait un passage, se rendant aussi sur d’autres fronts avignonnais.

    En début d’après-midi, c’est cette fois l’union départementale CGT qui donne rendez-vous devant l’usine SEPR du Pontet, pour un « point de convergence » de tous les secteurs en grève. « On dénonce depuis longtemps les licenciements dans le secteur industriel », expose Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84, alors que la SEPR est sous le coup d’un chômage partiel, sans plan social annoncé pour l’heure. « Le sujet central n’est pas le casting du Premier ministre, mais le contenu de la politique d’austérité de Macron au service du patronat », estime la secrétaire de l’UD, pour qui « mettre le ministre des Armées à Matignon, c’est déclarer la guerre aux travailleurs ».

    Une autre bataille se profile, jeudi prochain : une manifestation intersyndicale partira à 10h30 de la cité administrative.

  • Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Une consultation pour réduire le bruit du réseau routier

    Au-delà du cas de la rocade d’Avignon, source de bruit et de pollution, dont un possible arrêté anti-poids lourds cristallise les tensions, le Département de Vaucluse planche sur son réseau routier. Et les nuisances sonores qui en découlent. Après avoir adopté, il y a 7 ans, son plan de prévention du bruit dans l’environnement, le conseil départemental mène sa révision. Jusqu’au 20 octobre *, une consultation est en cours sur ce document, qui « a pour objet d’informer le public sur la notion du bruit routier, ses caractéristiques et ses effets, et de présenter un diagnostic réalisé sur le réseau des routes départementales ».

    Ce plan concerne les routes dont le trafic est supérieur à 8 200 véhicules par jour, en moyenne. Soit 68 infrastructures routières départementales et 337 km, réparties en zones bruyantes et zones calmes. « À titre d’information, le réseau départemental, dans sa globalité, représente 2 340 km de linéaire, seuls 14% du réseau départemental sont donc concernés par la démarche », précise la collectivité. Selon le diagnostic, quelque 3 500 personnes sont exposées à un seuil de décibels supérieur aux normes. Dans le détail, il s’agit de 2 420 personnes touchées le jour (6h-22h) et 1 010 la nuit (22h-6h).

    Si la plupart des sons de la vie courante sont compris entre 30 et 90 décibels, le seuil diurne est de 68 db, l’équivalent d’une salle de classe bruyante. Quant au nocturne, il est de 62 db, soit le bruit d’un marché animé.

    Pour réduire les nuisances, le Département cible sept mesures à décliner pour les cinq prochaines années. Parmi elles, le renouvellement des chaussées avec « des enrobés spécifiques », l’intégration de la problématique du bruit sur tous les chantiers neufs ou la sensibilisation des divers concessionnaires intervenant sur le réseau routier. Le conseil départemental chiffre « à 500 environ » la diminution « du nombre de personnes exposées au bruit à l’issue de la mise en œuvre des mesures prévues ».

  • Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    Les habitants du Clos des Fontaines sont toujours à sec

    « Je dois porter ça au moins trois fois par jour depuis plus d’une semaine. C’est insupportable », déplore Mélissa Urbano, habitante de la résidence du Clos des Fontaines, à Avignon, pendant qu’elle remplit deux bidons d’eau d’un robinet coincé entre un mur et une poubelle. Avant de les porter, faute de mieux, jusqu’à son appartement, au 5e étage, où l’attend son fils âgé de quelques mois.

    Car ce point d’eau est, depuis ce lundi 1er septembre, le seul qui fonctionne pour environ 230 appartements. Et ce, car les pompes de la copropriété ont lâché. Ce qui entraîne un défilé de dizaines de familles devant ce petit local à poubelles lugubre pour remplir bidons et bouteilles. « Le rez-de-chaussée a un petit filet d’eau. Mais, au-dessus, on n’a rien et on en a besoin pour tout. J’ai même dû demander à déplacer la garde de mes enfants, le week-end dernier, car je ne pouvais pas les accueillir dans de bonnes conditions », confie de son côté Mourad Rahi, habitant au 6e étage d’un des bâtiments concernés. « On se lave depuis plus d’une semaine avec des lingettes et on va à la laverie alors qu’on a une machine. Et ça, personne ne va nous le payer », lance un autre habitant, excédé. Une distribution par la mairie, suite à des échanges avec la préfecture de Vaucluse, de trois packs d’eau par foyer, s’est tenue ce mardi 9 septembre, dans le quartier.

    Manque d’entretien

    Devant les fameuses pompes, visiblement en piteux état car pleines de rouille et baignant dans l’humidité et les moisissures, un technicien s’affaire depuis ce mardi 9 septembre, soit plus d’une semaine après l’arrêt des pompes. D’après lui, le précieux liquide devrait revenir d’ici ce jeudi, au plus tard, dans les robinets. Mais de nouveaux travaux devraient être engagés dans les prochains mois pour pérenniser le bon fonctionnement des machines. « Elles n’ont tout simplement jamais été entretenues correctement », pousse Rabah Kherrouf, l’un des copropriétaires particulièrement engagé dans la résidence.

    Il pointe du doigt le mandataire judiciaire, AJ Associés, avec lequel une scission est toujours demandée. Car ce n’est pas la première fois qu’il y a un conflit entre cette structure et les habitants. En septembre 2024, les parties communes de deux bâtiments de la résidence étaient privées d’électricité suite à des factures impayées. Contacté par La Marseillaise, le mandataire judiciaire n’a pas répondu.

    Le député de la 1ère circonscription, Raphaël Arnault (NFP/LFI), s’est également rendu sur place, ce lundi 8 septembre. Il a adressé une lettre à la mairie d’Avignon et à la préfecture, leur demandant notamment « d’assurer la coordination avec le mandataire judiciaire afin que ses responsabilités soient pleinement assumées. »

  • Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Le curieux banquet le long des remparts, c’est ce dimanche

    Derniers préparatifs en vue pour le curieux banquet. Commencé à être élaboré en octobre, le menu sera à la carte avignonnaise ce dimanche : la population est invitée à apporter un plat et se poser sur une tablée géante (alignement de 17 tables) de 1,7 km, qui prendra place (11h30-16h30) le long des remparts entre les portes de la République et Saint-Lazare (notre édition du 18 juin). Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de Terre de culture et dont un petit avant-goût a eu lieu, ce mardi matin, pour une photo, sur place, des principaux acteurs.

    À commencer par son instigateur, l’artiste Yvan Loiseau, à l’origine de plusieurs grandes tables de la sorte. « C’est vraiment une première de voir autant de structures mobilisées, d’habitude, il y en a une vingtaine, là il y a une cinquantaine d’associations culturelles, sociales, autour de l’alimentation, mais aussi 45 restaurants partenaires », se félicite-t-il. La Ville insiste bien sur le fait que les restaurateurs proposeront quelques-uns de leurs plats, mais qu’il ne s’agit en aucun cas de fournir un repas à chacun.

    « L’idée est d’amener un plat volumineux à partager, pas d’arriver avec son sandwich déjà prêt et se poser à une table, mais faire société assis à côté de gens que l’on ne connaît pas », dressait Cécile Helle, en juin, lors du point presse de présentation. Pas besoin de réservation, juste penser également à son assiette et couverts. Plusieurs déambulations artistiques et musicales rythmeront le banquet.

  • Les rendez-vous du 10 septembre dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Les rendez-vous du 10 septembre dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Dans les Bouches-du-Rhône

    Marseille.

    6h30 : Des points de rendez-vous sont programmés par « Indignons nous, bloquons tout » dès 6h30 à la Porte d’Aix, Place Castellane, au métro La Rose et sur le parking McDo de la Valentine.

    10h Réformés : appel à une manifestation rejoint par l’intersyndicale CGT, FSU, FO, Solidaires.

    18h Assemblés aux Réformés.

    Des blocages des autoroutes sont programmés au niveau de l’autoroute nord, du littoral et de la L2.

    La CGT AP-HM et la CGT des Territoriaux appellent à la grève.

    Pertuis. 10h Rond point MacDO

    Vitrolles. 6h30 Rond point Coca-cola

    Septèmes-les-Vallons. Grève des Territoriaux CGT.

    Aix-en-Provence. Un rassemblement est prévu à la Rotonde à partir de 12h à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Gardanne. Grève des Territoriaux CGT.

    Aubagne. 8h à la gare. Puis 17h assemblée populaire à l’espace des Libertés.

    Istres. Un rassemblement est organisé au rond-point du Auchan à 9h à l’appel de membres de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Marignane. Grève des Territoriaux CGT.

    Martigues. Grève à l’appel de la CGT au centre hospitalier.

    Salon-de-Provence. 8h30 Hyper Intermarché. Grève des Territoriaux CGT.

    Arles : deux rassemblements sont organisés à 7h, place de la République et au Rond-Point Point de Crau à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ».

    Saint-Martin de Crau. Des blocages d’entrepôts sont annoncés par « Indignons nous, bloquons tout ».

    Vitrolles. « Indignons-nous, bloquons tout » annonce un blocage de Ikea.

    Et aussi : les salariés CGT Mines Energies en grève continuent les piquets de grève à Marseille, Tarascon, Fos-sur-Mer, Gardanne, Roquefort-La-Bédoule, Bouc-Bel-Air et Aix-en-Provence.

    Dans le Var

    Deux rassemblements vont cibler des zones commerciales. Une opération de blocage à partir de 5 heures du matin, sur le parking d’Hyper U aux Arcs-sur-Argens. suivie d’un pique-nique partagé et d’une Assemblée Populaire et Citoyenne dans le parc du Réal. Une autre à partir de 9 heures sur le parking de Leroy Merlin à La Valette-du-Var, à proximité de l’Avenue 83.

    Des actions sont aussi prévues à partir de 7 heures au parking du collège de Montauroux et 7 heures 15 devant le lycée Dumont d’Urville à Toulon. À 11h, un « pique-nique militant » est annoncé sur les berges du Caramy, à Brignoles. Le rond-point du péage de Bandol devrait aussi être occupé.

    Dans le Vaucluse

    Avignon. 10h rassemblement place de l’Horloge à l’appel de « Indignons nous, bloquons tout ». 11h agora citoyenne place du Palais des papes. 14h30 : rassemblement devant la préfecture à l’appel du Snudi-FO. Appel à la grève de la CGT CPAM et des Territoriaux du conseil départemental 84.

    Carpentras. Agora à partir de 10h30 devant la mairie.

  • L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    L’opposition de gauche étrille le bilan Bompard

    Ce n’est pas encore pour aborder les municipales (15 et 22 mars) que Fabienne Haloui (PCF) et Patrick Savignan (DVG) ont reçu la presse, ce lundi. Les conseillers municipaux d’opposition ont encore une demi-année de mandat avant le nouveau scrutin. Certes, Fabienne Haloui confirme qu’elle ne se représentera pas malgré « les esprits tourmentés de juillet ». Allusion à la tentative avortée de créer une large et unique liste républicaine pour tenter de déloger l’extrême droite du clan Bompard et son maire, Yann (Ligue du sud), aux manettes depuis 30 ans. Quant à Patrick Savignan, il insiste sur le fait que le collectif Tous Orangeois, créé pour l’occasion en mars, continue d’exister.

    C’est donc en tant qu’opposants municipaux que les élus de gauche ont étrillé le bilan du maire et ses récentes actions. Un premier magistrat qui, comme son père Jacques, pourrait être empêché par la justice de se présenter. Yann Bompard ainsi que la députée RN et conseillère municipale Marie-France Lorho, seront jugés du 17 au 19 décembre à Marseille pour détournement de fonds publics, risquant l’inéligibilité.

    Une gestion « atypique » pour de mauvaises raisons

    Face au contexte national, « les services publics, la santé et la façon dont est géré l’argent public sont des questions importantes », selon Fabienne Haloui qui décline localement ces thématiques, comme autant de reproches à Yann Bompard. « Comment un maire peut redonner du pouvoir d’achat à ses administrés ? », questionne-t-elle. En cette rentrée, l’élue pense à la cantine et fait le parallèle avec Avignon, ville de gauche, qui a remunicipalisé la restauration municipale et a baissé les tarifs permettant à 52% des enfants de déjeuner pour moins d’un euro « avec un tarif maximal de 2,87 euros ». « À Orange, avec un tarif unique à 2,90 euros, 100% des familles paient plus cher que le prix maximum d’Avignon », grince Fabienne Haloui.

    « Mais de qui se moque la majorité ?  », embraye, dans une anaphore, Patrick Savignan, listant « les contribuables, les parents d’élèves, les associations avec une enveloppe de subventions équivalente à celle des villes de moins de 5 000 habitants ». Et l’élu de revenir sur le rapport de la chambre régionale des comptes de juin, qui qualifie « d’atypique » la gestion de la commune. « Pas pour délivrer un satisfecit, mais pour alerter sur des performances financières déconnectées des ambitions d’une ville qui a supprimé le service des sports et n’a pas de service jeunesse ou du logement », déplore Patrick Savignan. F.C.

  • Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Le collège Éluard en grève pour garder sa surveillante

    Collègues, cheffe d’établissement et même inspection académique s’accordent sur un point : Delphine Guiraud, assistante d’éducation (AED) au collège Paul-Éluard de Bollène, remplit parfaitement sa mission. Le rectorat, contacté par nos soins, parle de « bons états de service ». Le gros hic, c’est qu’au bout de six années de contrat à durée déterminée au sein du même collège, la surveillante s’est vu refuser un CDI à Éluard.

    Une décision incompréhensible pour l’ensemble de ses collègues, cheffe d’établissement et parents d’élèves, dont une centaine a signé la pétition pour que Delphine Guiraud puisse être titularisée. Une grève a donc été menée, ce lundi, impliquant l’ensemble de la vie scolaire et une quinzaine de professeurs. Devant l’établissement, une trentaine de personnes s’est réunie à l’appel des syndicats Snes-FSU et CGT Éduc’action, en présence également d’Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène et conseiller départemental qui a adressé un courrier de soutien.

    « Le 14 mars, le rectorat a refusé ma demande de CDI par une réponse non officielle, en prétextant que mon établissement comptait déjà “trop de CDI”. Après de très nombreuses relances, je reçois enfin une réponse officielle le 11 juillet : un refus sans aucun motif inscrit », retrace Delphine Guiraud, dépitée. Avec l’appui de la CGT, la justice a été saisie, le 1er août, afin de forcer le rectorat à revoir sa décision. Une requête qui a abouti le 21 août, puisque le tribunal administratif a suspendu en urgence le non-recrutement en CDI, enjoignant le rectorat à « réexaminer la situation ». Ce qui est fait puisqu’un « contrat à durée indéterminée à temps complet, au sein du collège Joseph-d’Arbaud de Vaison-la-Romaine, lui a été remis en main propre, prenant effet le 1er septembre », nous répond le rectorat, estimant qu’il s’agit du « poste non pourvu le moins éloigné de son domicile ».

    Cela reste « une injustice » pour Delphine Guiraud, qui a jusqu’au 13 septembre pour répondre à la proposition, située à 40 minutes de son domicile. « Rien ne justifie ce poste. En attendant, le collège Éluard, qui avait gelé son poste, va devoir embaucher quelqu’un d’autre en CDD », s’étrangle la CGT, qui ne comprend pas le soi-disant quota de CDI à respecter. « Le rectorat désorganise tout un établissement et une vie personnelle », ne décolère pas le syndicat, qui compte, à nouveau, sur la justice.

  • L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    L’interdiction des poids lourds sur la rocade se précise

    La municipalité d’Avignon maintient son choix d’exclure les poids lourds de plus de 38 tonnes de la Rocade Charles-de-Gaulle.

    En effet, celui-ci a été confirmé lors d’une réunion de présentation, en présence de représentants des services de l’état en Vaucluse. Ces véhicules seront ainsi interdits, à partir d’une date qui n’a pas encore été communiquée, de 7 heures à 19 heures tous les jours, sur la section du boulevard Charles-de-Gaulle comprise entre le carrefour de l’avenue de Tarascon et l’avenue Pierre-Sémard. Et ce afin de « dégager de la fluidité sur la rocade aux heures de pointe, de sécuriser les piétons et les vélos tout au long de la journée, d’améliorer la qualité de l’air ainsi que la qualité sonore, de faciliter la circulation des transports en commun et des véhicules de secours. » La première année servira d’expérimentation. Un nouveau comité de suivi réunissant les acteurs territoriaux et économiques est prévu le 17 septembre prochain.

    Un projet déjà défendu lors du dernier conseil municipal, le jeudi 26 juin, où la première édile de la Cité des Papes, Cécile Helle (PS), poussait encore pour la mise en place de cet arrêté « parce qu’il en va d’un enjeu de santé publique aujourd’hui pour tous les habitants ». Elle dénonçait également les remarques d’élus du nord du département des Bouches-du-Rhône qui sont contre cette interdiction, car elle déporterait le trafic sur leur territoire.

    Ceux-ci poussent pour la poursuite de la Liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui au point mort, car le Grand Avignon et Avignon s’y opposent, avancée comme une solution par Marcel Martel, maire (DVD) de Châteaurenard. Mais les échéances électorales à venir, avec les municipales de l’an prochain, bloquent le dossier au moins pour les prochains mois. Une mesure qui n’est pas non plus complètement nouvelle. Dès 2022, la municipalité souhaitait interdire les poids lourds sur ce même axe routier, très fréquenté aux heures de pointe. Mais sa mise en place n’avait alors pas pu se faire, notamment à cause d’une mobilisation des entreprises de transport.

    Péril économique

    « On peut entendre la question de la santé de la population, mais il aurait fallu faire les choses dans l’ordre et commencer par une concertation », regrette de son côté Stéphane Paglia, président de la CCI d’Arles, dont un collaborateur a assisté à la réunion de présentation de l’arrêté. « Tout le monde a dit non autour de la table. Il faut trouver une solution intelligente. Déplacer le problème de quelques kilomètres n’en est pas une. D’autant que les trajets vont s’allonger alors que le but est d’économiser des kilomètres. Malgré les frontières administratives, on vit tous sur le même territoire, car cette décision est un non-sens économique », ajoute-t-il.

    Les organisations syndicales de transporteurs s’opposent aussi à nouveau au projet. « Fermer la rocade ne supprime pas ces flux, cela détourne près de 600 camions quotidiens vers les communes voisines, allongeant les distances parcourues, générant plus de rejets d’émissions de CO2 et de risques routiers », assurent-ils, ajoutant que « la rocade constitue aujourd’hui la voie la plus adaptée pour concilier circulation des marchandises, sécurité routière et qualité de vie des habitants. » Pour eux, cette décision « met en péril les entreprises locales par des surcoûts logistiques », « déplace la circulation vers de nouveaux habitants et sature des axes secondaires moins adaptés ». Elle remettrait aussi en cause le report modal, car « 450 camions/jour qui circulent aujourd’hui par le rail reviendraient sur la route, compromettant l’avenir du terminal de Courtine, une centaine d’emplois et 90 000 tonnes de CO2₂ économisées chaque année », complètent-ils, les conteneurs étant chargés sur des trains à la plateforme rail-route en zone Courtine, à Avignon.

    La décision ne pourra être validée qu’avec l’accord du préfet, car la rocade dépend de l’état.

  • La Compagnie des amandes sur la voie de la rentabilité

    La Compagnie des amandes sur la voie de la rentabilité

    Arnaud Montebourg proche de regoûter à la victoire. Pas dans les urnes, mais dans les champs. Co-fondateur et président de la Compagnie des amandes, l’ex-ministre socialiste de l’Économie a le triomphe modeste, ce vendredi, au moment d’évoquer les actualités réjouissantes de sa société, chantre de la relocalisation et du made in France. La Compagnie des amandes organisait sa seconde récolte dans ses vergers de Sérignan-du-Comtat.

    « Nos ventes s’envolent, le problème c’est que nos arbres ne poussent pas aussi vite que les clients qui veulent des amandes françaises, que ce soit la grande distribution, la pâtisserie artisanale ou industrielle ou la confiserie », constate Arnaud Montebourg. Pour situer, la France produit 1 200 tonnes par an d’amandes et en importe 49 000. Entre Sérignan et Aix, les amandiers commencent à arriver à leur plein rendement : la Compagnie exploite 230 hectares, soit 20 de plus que l’an passé, avec 8 agriculteurs. « On fait plus du double avec la cinquantaine d’agriculteurs indépendants à qui on achète la récolte », détaille le directeur François Moulias. Une production provenant en grande majorité de la Drôme et des Pyrénées-Orientales.

    La casserie opérationnelle à la mi-octobre

    Résultat, la Compagnie des amandes table sur un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros cette année et 3,7 l’an prochain. En 2026, « on va atteindre la rentabilité, cela nous installe définitivement dans le paysage des relocalisations agricoles réussies », se félicite Arnaud Montebourg, aux côtés d’élus locaux. Dont la vice-présidente de la Région, Bénédicte Martin (DVD), qui se rappelle du lancement en 2018 : « Vous avez eu un projet visionnaire dans une démarche d’anticipation face au changement climatique, la relocalisation de la consommation et la diversification, alors qu’ici le territoire est trop monoculture en vignes de Côtes-du-Rhône », salue-t-elle.

    Pour se développer, la Compagnie des amandes ne compte pas forcément développer à foison ses propres vergers, car trop lourd financièrement, mais s’appuyer « sur de grosses coopératives en Occitanie qui battent de l’aile parce qu’elles ont produit sans se soucier de la commercialisation », expose François Moulias. Autre levier tant attendu, la mise en route d’une casserie, pour traiter et valoriser directement l’amande, à Brignoles (Var). La Compagnie est en train d’aménager un entrepôt de 1 800 m² qui doit être opérationnel à la mi-octobre (2 millions d’euros d’investissement).

    La renommée de la Compagnie des amandes pourrait inspirer d’autres cultures. « J’étais invité il y a peu par la ministre de l’Agriculture qui voulait faire renaître la production végétale sur le sol national, quel que soit le gouvernement je suis disponible pour populariser notre modèle », se targue Arnaud Montebourg, qui a déjà reçu des acteurs de la fraise, framboise, truffe et même de l’horticulture.

  • La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    La Ville prescrit une mutuelle pour plus d’accès aux soins

    Enfin. « Promesse de mandat », rappelle Cécile Helle (PS), la Ville vient d’acter l’instauration d’une mutuelle communale. Après un vote au conseil municipal de juin, la maire a signé, ce jeudi, une convention avec la Mutuelle familiale, complémentaire santé retenue parmi six candidatures. « Un partenariat gagnant-gagnant », résume la première magistrate qui n’engage pas la Ville financièrement mais assure la promotion et actions de communication de la Mutuelle familiale auprès des habitants. Cela commence d’ailleurs ce dimanche, où la complémentaire santé sera présente au forum des associations à la Barthelasse.

    Des réunions publiques devraient rapidement être organisées entre octobre et décembre. Le CCAS, les mairies annexes ainsi que les diverses ressources sociales, pour toucher ceux qui sont le plus éloignés des soins, ont été avisés de la mise en place de cette mutuelle communale. « En moyenne, 5% de la population n’est pas couverte par une complémentaire santé et 40% d’entre elles renonce ou diffère des soins pour des raisons financières », campe Cécile Mallah, responsable développement en Paca à la Mutuelle familiale, qui a son siège régional à Avignon et accompagne 1 400 communes en France, dont Carpentras ou Montpellier depuis le début de l’année, séduisant 3 000 nouveaux adhérents dans la préfecture de l’Hérault.

    « La mutuelle s’adresse à tous les Avignonnais mais aussi ceux qui y travaillent et les étudiants », précise Cécile Helle pour qui « la relation de proximité avec l’usager » a pesé dans la balance pour « restaurer le droit de l’accès aux soins à l’heure où des complémentaires santé augmentent leurs cotisations sans forcément augmenter les prestations ».

    Quatre offres « pour tous »

    La Mutuelle familiale se veut garante des valeurs de la sécurité sociale et de l’héritage de « son fondateur Ambroise Croizat », assure la présidente Sylvie Ben Jaber. « Nous n’avons pas d’actionnaire, nous voulons garantir l’accès à la protection sociale pour tous dans un esprit de solidarité », revendique-t-elle. Dans un secteur concurrentiel, où certains organismes refusent d’assurer des profils trop vieillissants, la Mutuelle familiale dit ne refuser personne et s’appuie sur le soutien de la Ville pour « rassurer et mettre en confiance » les usagers potentiels. « Ce n’est pas une solution low cost, nous avons 4 offres dont le premier niveau offre un reste à charge zéro pour les soins dentaires, optiques et auditifs », insiste Sylvie Ben Jaber. Les tarifs varient selon l’âge et les profils, allant par exemple de 53 à 101 euros par mois pour les plus de 65 ans ou de 25 à 52 euros pour un adhérent de 30 ans.