Tag: Vaucluse

  • Chez les maires de Provence, l’inquiétude face à l’incertitude

    Quelles que soient les étiquettes politiques, quelle que soit la taille de leur commune, les mots qui reviennent chez les maires des Bouches-du-Rhône, du Var et de Vaucluse sont les mêmes. La consternation. L’inquiétude. Au milieu des nominations, démissions, consultations nationales, l’échelon local s’efforce de se montrer comme un pôle de stabilité. Alors même que budgets et élections menacent d’être percutés.

    « De chaos en chaos »

    « Nous allons de chaos en chaos, déplore ainsi le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Nous assistons, aujourd’hui, à un état qui se délite. Heureusement que les collectivités assurent une forme de stabilité, parce que tout le reste nous semble paralysé. » Sa commune avait déjà été ponctionnée à hauteur de 2 millions d’euros lors du précédent budget, alors il s’inquiète de la future loi de finances. « Si, demain, nous avons une contribution du même ordre, les conséquences pourraient être terribles », s’alarme l’édile, catastrophé aussi par les hypothèses d’une hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste ».

    Face aux scénarios sur la table, il défend : « J’aurais souhaité qu’on retrouve une forme de stabilité, avec un gouvernement qui puisse faire des propositions sérieuses, qu’on puisse aller dans les élections prévues. » Car il reconnaît que des législatives anticipées pourraient bousculer les municipales. Au risque de profiter à une extrême droite détachée du territoire, effacée même sur ses affiches de campagne par ses figures nationales.

    « Cela percute la fin de mandat »

    « Nous avons commencé un mandat inédit sous le Covid, nous le terminons dans une crise institutionnelle inédite », soupire de son côté le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. « Cela vient percuter le calendrier de la fin de mandat, perturber la logique des municipales qui sont totalement différentes des enjeux nationaux », reconnaît-il, s’attendant à des législatives anticipées. Avec, en plus, l’incertitude qui pèse toujours sur les finances locales. « Ce qui est angoissant, c’est d’avoir encore des perspectives de restriction budgétaire lorsqu’on arrive à la corde. Mais c’est moins gênant qu’en 2025, parce que c’était le dernier budget de fin de mandat, très stratégique. »

    « Dans une impasse »

    Maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet a de son côté appelé, dès lundi, à la démission du président de la République. « Les institutions ne tiennent pas, nous sommes dans une impasse, nous avons besoin de retourner devant les Français pour fixer un cap pour le pays, qu’il soit de droite ou de gauche », défend-il. C’est que l’instabilité a des conséquences : « En tant que maire, comme pour les entreprises, l’absence de visibilité ralentit le secteur économique. »

    D’autant que, si les communes ne lancent pas de projets avant les municipales, elles n’en restent pas moins de plus en plus dépendantes des financements extérieurs. « Nous avons 350 millions d’euros du Fonds vert prévus, dont 20 % en crédits de paiement. Est-ce que l’état va avancer ce qui est promis ? » interroge-t-il. L’édile s’alarme du climat politique : « Il y a un rejet, le sentiment qu’il y a une classe politique qui n’est pas à la hauteur et une déconnexion de certains élus, mais aussi de la population qui ne se rend pas compte du travail des élus locaux ».

    « Besoin de visibilité »

    « Il y a un décalage entre l’ambiance très compliquée au niveau international ou national, et ce que nous vivons », veut modérer le maire (Ren.) de La Roque-d’Anthéron, Jean-Pierre Serrus. Après une rentrée qui s’est bien passée, il insiste sur le rôle des maires de faire fonctionner leur territoire, de travailler sur les projets, comme ces salles de boxe et de danse qu’il prévoit. Mais, s’il assure que ce contexte ne percute pas encore les municipales à venir, l’élu régional reconnaît : « La situation est anxiogène, nous avons besoin d’une visibilité qui s’appuie sur un projet de loi de finances, indispensable dans la gestion de nos collectivités. »

    Une situation d’autant plus difficile quand on est dans le camp présidentiel. « Je constate que c’est compliqué, mais je ne renie pas mes engagements », répond-il. Promettant que les élus locaux, eux, restent ancrés dans le fonctionnement de leur territoire.

    « Très mauvais signal »

    « En échangeant avec nos collègues, nous sommes tous consternés », déplore le maire (SE) du Beausset (Var), Edouard Friedler. D’autant plus qu’il commence, la semaine prochaine, ses conférences financières dans l’incertitude. Il a certes obtenu des aides pour la rénovation de l’ancienne maison de retraite, mais pour les projets de rénovation de l’église, de mise en accessibilité de la mairie, de voirie, malgré les études lancées, il reste dans le flou. « Il peut y avoir d’autres élections avant les municipales, mais ce serait un très mauvais signal », estime-t-il. Espérant que les relations avec les institutions locales ne seront pas marquées par le contexte national.

    « Les maires travaillent »

    « Nous avons une vraie lassitude face à l’instabilité nationale », pointe le maire (DVC) de Bollène Anthony Zilio sur les ondes d’Ici Vaucluse, rappelant la ponction de 600 000 euros sur son budget. L’occasion de demander plus de décentralisation. « Quand Paris s’agite, les maires continuent de travailler », résume-t-il, inquiet pour les dotations futures au moment de négocier sur la dotation d’équipement des territoires ruraux. « La seule chose qui peut changer l’Assemblée, c’est soit que le président parte, soit qu’il change l’Assemblée. »

  • Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    Le marché solidaire s’installe au cœur du quartier de la Croix des Oiseaux

    La place du Tambour d’Arcole, dans le quartier de la Croix des Oiseaux d’Avignon, était particulièrement animée, ce lundi 6 octobre au matin, entre étalages de légumes, de produits et même d’un stand de vêtements et un autre de prévention contre le cancer. Et ce, à l’occasion du marché solidaire et bio qui vient de s’y installer pour la première fois.

    En effet, ce marché mensuel existait déjà depuis plus d’un an, mais se tenait dans la cour du centre social du quartier, « ce qui pouvait donner l’impression que c’était réservé à nos adhérents, alors que pas du tout », précise Jean-Michel Pelissier, directeur de l’établissement.

    Les produits frais sont proposés par l’association Semailles, qui les cultive à moins d’un kilomètre de là, dans la ceinture verte d’Avignon. Tandis que les produits secs sont vendus par le projet Gemvrac. Ceux-ci sont notamment proposés à des prix qui varient selon les moyens du foyer. Si les revenus sont de moins de 800 euros par mois, les fruits et légumes sont à moitié prix, moyennant une adhésion d’un euro par an aux structures.

    Lieu convivial

    « C’est vraiment un grand plaisir de voir ça. C’est top d’avoir la possibilité de manger bio. On sent la différence au niveau du goût, c’est très bon pour la santé, et je vais en parler autour de moi », se réjouit ainsi Souheila, habitante du quartier. « L’idée était de rendre cela plus visible pour les habitants et d’en accueillir le plus possible. Car c’est aussi un lieu de convivialité », poursuit de son côté Sophie Santana, chargée de mission en accessibilité alimentaire chez Semailles.

    Car, en parallèle du marché, Sylvie, bénévole de la structure, cuisine un plat à base de produits disponibles sur le marché, devant les habitants du quartier. « On promeut ainsi une alimentation durable dans un quartier politique de la ville. Souvent, l’aide alimentaire peut paraître de mauvaise qualité et on est là pour montrer que ce n’est pas le cas », poursuit la responsable de l’association. « Cela montre qu’il est possible de manger sainement, à bas prix, local. Il faut simplement bien choisir ses circuits de distribution », complète Marielle Martinez, cheffe de projet à Gemvrac.

    Détail des lieux et dates sur esscroixdesoiseaux.org

  • « Pas de poussière sous le tapis » dans la gestion de Tecelys

    « Pas de poussière sous le tapis » dans la gestion de Tecelys

    Avec 14,1 millions de voyages enregistrés en 2024 sur le réseau de transports en commun du Grand Avignon, la fréquentation progresse de 7,8% en un an. Mais, c’est bien là le rare progrès en matière de mobilités sur le territoire, à écouter les interventions, ce lundi soir en conseil communautaire, tenu à Vedène. Une thématique déjà abordée lors de la précédente séance de juin, alors que la mandature s’achève. Rappelons que la gestion des transports reste la compétence phare de l’agglo, avec un budget dédié annuel d’environ 50 millions d’euros.

    Une somme allouée à l’opérateur du Grand Avignon, la société publique locale (SPL) Tecelys, en charge des transports depuis 2022 et la reprise en main au privé Transdev. Depuis un an, Tecelys a surgi dans le débat public à la lumière du départ du directeur général des services (DGS) du Grand Avignon, qui dénonçait de multiples irrégularités et l’opacité au sein d’une « SPL en roue libre ». En réponse, la collectivité promettait un audit. Qui est enfin arrivé sur le bureau du président, Joël Guin (SE). « Je suis très serein, il n’y a pas de dérapage, aucun gaspillage, ni poussière sous le tapis », assure celui qui est aussi président de Tecelys, à une intervention d’Anne-Sophie Rigault (RN), s’inquiétant de ne voir « aucune fumée blanche sortir de la cheminée du Grand Avignon ». Pour l’heure, seules quelques bribes du rapport ont été délivrées en conseil d’administration.

    À quand la gratuité pour les scolaires ?

    À la demande de Julien De Benito (PCF), l’audit sera présenté en commission transports, début décembre, par la société qui a réalisé cet audit. Avant ensuite d’arriver sur la table du conseil communautaire, a priori lors de la prochaine séance le 8 décembre. « J’espère qu’il aura été mené avec impartialité et transparence », doute Joris Hébrard, maire (RN) du Pontet, élu le plus mordant sur le sujet. Qui parle de « dérapage » et regrette le délégataire privé d’avant avec une « SPL qui coûte 4 millions d’euros de plus par an ». L’élu d’extrême droite omet de préciser que les tarifs d’Orizo ont diminué à l’arrivée de Tecelys avec une baisse de 50% des abonnements. « On a récupéré en 6 mois la délégation, avec des véhicules en piteux état », justifie Joël Guin. Le président du Grand Avignon raille aussi son ex-DGS, un « lanceur d’alerte alarmant qui était à côté de la plaque car lui seul a négocié la DSP ».

    Mais au-delà du cas de Tecelys, c’est bien la performance du réseau « insuffisant en qualité », selon Annie Rosenblatt (EELV), qui est pointé. Malgré il y a un an et demi une réunion à huis clos de l’ensemble des élus communautaires sur les transports, rien n’a bougé comme éléments structurants avec surtout de multiples études engagées sur la poursuite du tramway vers l’hôpital ou Agroparc. Sans aller à réclamer la gratuité totale du réseau – 5 millions d’euros de recettes commerciales –, Julien De Benito ne « comprend pas pourquoi on n’accède pas » à la gratuité des scolaires, chiffrée à 40 000 euros. Une « mesure d’égalité sociale », selon l’élu communiste avignonnais. Dans la foulée, Anne Gagniard, élue en charge à Avignon de la vie étudiante, demande la gratuité pour les moins de 26 ans. En retour, Joël Guin se dit « ouvert à la discussion ». Qui ne devrait pas être close d’ici à la fin du mandat.

  • Bicentenaire flamboyant pour l’Opéra du Grand Avignon

    Bicentenaire flamboyant pour l’Opéra du Grand Avignon

    Deux cents ans d’accès gratuit à l’Opéra du Grand Avignon, soit jusqu’au 31 décembre 2226, c’est ce que fait miroiter l’établissement avec la grande quête du mystère de l’Opéra.

    Une opération inédite lancée à l’occasion du bicentenaire du lieu. Celui ou celle qui, à partir d’une série de 8 énigmes inscrites dans deux livrets distincts (l’un déjà disponible gratuitement à l’Opéra, l’autre le sera en janvier prochain), arrivera le premier à reconstituer une phrase mystère remportera ce prix inédit.

    Programmation chargée

    « Je me suis essayé à l’exercice en toute virginité. Et il faut quand même bien se creuser les méninges », confie avec un grand sourire Frédéric Roels, directeur de l’établissement culturel.

    L’Opéra du Grand Avignon conseille tout de même aux participants de se rendre sur place « afin de repérer les éléments qui pourraient manquer de précision sur le web ».

    Mais la fête ne s’arrête pas là, le Grand Avignon ne souhaitant pas « faire quelque chose d’intimiste mais partagé entre tous », comme le confie Claude Morel, vice-président de l’intercommunalité délégué au spectacle vivant. Et ce avec des événements comme un marathon de danse en avril prochain ou encore des travaux avec des établissements scolaires.

    Programme complet sur operagrandavignon.fr

  • Transports, finances, eau… la dense rentrée du Grand Avignon

    Transports, finances, eau… la dense rentrée du Grand Avignon

    Habituellement, un conseil communautaire de reprise se tient en septembre, où sont étudiés notamment les bilans annuels des délégations de services publics (transports, déchets, eau) avant une autre séance, en octobre, où les lignes budgétaires de l’année à venir sont présentées. Changement de pied, à l’approche de la dernière ligne droite de la mandature : l’ensemble de ces délibérations sera étudié ce lundi soir (18h, salle de Montfavet) sur la même séance.

    Un total de 20 rapports à aborder. Peut-être enfin l’occasion d’avoir un éclairage plus poussé sur la gestion de la SPL Tecelys, qui gère le réseau de transport depuis 3 ans. Il y a an, nous révélions les conditions fracassantes du départ du directeur général des services du Grand Avignon, dézinguant la gestion « en roue libre » de la SPL. Dans la foulée, un audit indépendant était annoncé dont on attend toujours les conclusions. Le sujet sera certainement remis sur la table, d’autant qu’une délibération traite des réponses apportées par l’agglo à un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les enjeux de mobilité. Là aussi, un contrôle poussé de Tecelys par la CRC avait été évoqué, sans indication nouvelle à ce stade. Sur le bilan annuel des transports 2024, notons une progression de la fréquentation du réseau Orizo de 7,8% avec 14,1 millions de personnes transportées.

    Encore trop d’eau

    de perdue

    La gestion des déchets – chaotique en 2024 avec le changement en cours d’année du délégataire – pourrait être aussi l’occasion de revenir sur le projet avorté de déchetterie-recyclerie à Agroparc, abandonné il y a un mois. La gestion de l’eau, confiée au groupe Suez jusqu’à fin 2028, est aussi scrutée de près notamment par le Collectif de l’eau qui réclame une gestion publique. Cette année encore des pénalités devraient être infligées (170 000 euros l’an dernier) au délégataire qui ne respecte pas le seuil de fuite d’eau dans les réseaux. En 2024, le taux de rendement, soit la part d’eau produite qui arrive bien au robinet, était au global de 75,35%, soit une baisse de 2,36%). Ce qui signifie qu’un quart de l’eau produite est gaspillé. Si le secteur gardois Pujaut/Sauveterre/ Roquemaure progresse (+8%), il partait de loin. En revanche, après avoir atteint 80% en 2022, le taux de rendement à Avignon recule encore (75,69%).

    Enfin, gros morceau placé en fin de séance, le rapport d’orientation budgétaire (ROB). D’année en année, au vu de l’instabilité gouvernementale, le document relève presque de la gageure. L’association des intercommunalités de France avait chiffré à 4,03 millions d’euros
    (-4,8%) les pertes de recettes pour le Grand Avignon du projet de budget 2026 version Bayrou. Le ROB prévoit d’ailleurs une forte rigueur avec une progression des recettes de fonctionnement de seulement 0,1% contre 3,7% l’an dernier. Les dotations de l’État seront au mieux « maintenues » ou pire « en léger repli ». Cela va se traduire dans les investissements avec des dépenses d’équipements en baisse (28,5 millions d’euros contre 43,5 l’an dernier). Un équilibre précaire qui sera très certainement amendé dans six mois à l’issue des élections municipales et communautaires où une nouvelle majorité s’installera au Grand Avignon.

  • FO se projette entre élections et volonté de blocages

    FO se projette entre élections et volonté de blocages

    C’était l’heure d’un premier bilan pour le plus jeune secrétaire départemental de Force ouvrière, Étienne Raoul, à l’occasion du comité général du syndicat, à mi-mandat, ce vendredi 3 octobre.

    Rejoint pour la journée par Michel Beaugas, secrétaire confédéral au secteur de l’emploi et des retraites au national, il se réjouit ainsi « d’instances qui fonctionnent bien », tout en concédant avoir eu besoin d’un temps d’adaptation. « Le plus gros travail a été fait sur la communication, notamment avec la refonte du site, qui est réussie, et nous avons également pu relancer le journal du syndicat », confie-t-il.

    « On effraie le patronat »

    L’objectif fixé est de remporter les prochaines élections professionnelles, en décembre 2026. Mais c’est également l’occasion de se projeter, notamment dans ce climat de tension et dans l’attente de la nomination du nouveau gouvernement par le Premier ministre. Et ce, tout d’abord, avec l’objectif « d’aller au contact des salariés, d’organiser des assemblées générales afin d’expliquer à tous ce qui se prépare. De donner notre lecture à ceux qui ne s’informent pas forcément ». Il demande notamment d’« arrêter les journées saute-mouton et mener une vraie grève massive afin d’établir un véritable rapport de force ». Un propos auquel acquiesce Michel Beaugas. « Ce que l’on est en train de faire effraie clairement le patronat, vu qu’ils organisent un meeting le 13 octobre prochain. La colère des salariés commence à se voir. Et pour être tout à fait entendus, il faut toucher les possédants au portefeuille. Et ce pendant un, deux, voire trois jours, comme on l’avait proposé en intersyndicale », poursuit le responsable national.

  • Un festival de l’animation pour sortir du « creux de la vague »

    Un festival de l’animation pour sortir du « creux de la vague »

    Un autre type de festival s’implante à Avignon. Ce mardi 7 octobre, la Villa créative va recevoir l’ensemble des acteurs de la filière d’animation (cinéma, web séries…) : studios, producteurs, formateurs, plateformes ou diffuseurs seront réunis toute la journée pour la 1ère édition du Loop festival. « L’idée est née de la volonté partagée des acteurs de l’animation du territoire que d’ouvrir des pistes d’amélioration pour la formation, la production et la fabrication afin de valoriser les talents et favoriser le renouvellement de la création animée », brosse Gilles Boussion, directeur du Loop festival, déjà à la manœuvre sur le Frames festival, dédié, lui, à la web création.

    Pour l’occasion, Jacques Bled, co-président d’Illumination Studios Paris (Moi, moche et méchant, Les Minions, Super Mario Bros), sera présent en tant que parrain. Il aura peut-être de précieux conseils à distiller autour d’une table ronde sur la formation et « rééquilibrer l’arrivée des talents et les besoins des studios ». Car après des années de forte croissance, le secteur traverse « une crise conjoncturelle, pas structurelle », veut rassurer Alexandre Cornu, producteur et président de Sud Anim, association qui regroupe 238 membres des acteurs régionaux de la filière. Rappelons qu’Avignon abrite plusieurs studios (Circus, Chromatik, station animation, etc.) et une école des nouvelles images. Le tout avec un fort soutien des collectivités locales (Région, Département, Grand Avignon).

    Depuis près de deux ans, la production décline alors que le nombre de professionnels formés explose. Quelque 12 000 personnes travaillent dans ce secteur quand, en cinq années, 10 000 personnes ont été ou seront fraîchement diplômés. « Avant, les studios embauchaient avant même la fin des études, 80% des étudiants avaient du boulot 3 mois après la sortie d’étude et 100% à un an, c’est plus compliqué désormais », constate Alexandre Cornu.

    Être plus intelligent que l’IA

    La raison est assez simple : la fin de l’appel d’air post-Covid, où les Netflix et autres Amazon se sont massivement lancés dans la production en tous genres. « La bulle a explosé, on est dans le creux de la vague qu’on n’avait pas vu venir tout de suite », analyse Alexandre Cornu. « L’animation est le format le plus apprécié des spectateurs en salle, c’est un genre qui marche bien », reste positif Loïc Etienne, directeur du studio Circus et vice-président de Sud Anim.

    « Il n’y a pas de saturation du marché, il y a de l’espace pour une reprise car on manque de contenus », abonde Alexandre Cornu, pas « inquiet ». Et ce malgré la place de plus en plus prégnante prise par l’intelligence artificielle. « L’enjeu est que l’IA ne prenne pas le travail aux jeunes mais au contraire qu’elle soit un support pour savoir en jouer », conclut le président de Sud Anim.

  • Un festival de l’animation pour sortir du « creux de la vague »

    Un autre type de festival s’implante à Avignon. Ce mardi 7 octobre, la Villa créative va recevoir l’ensemble des acteurs de la filière d’animation (cinéma, web séries…) : studios, producteurs, formateurs, plateformes ou diffuseurs seront réunis toute la journée pour la 1ère édition du Loop festival. « L’idée est née de la volonté partagée des acteurs de l’animation du territoire que d’ouvrir des pistes d’amélioration pour la formation, la production et la fabrication afin de valoriser les talents et favoriser le renouvellement de la création animée », brosse Gilles Boussion, directeur du Loop festival, déjà à la manœuvre sur le Frames festival, dédié, lui, à la web création.

    Pour l’occasion, Jacques Bled, co-président d’Illumination Studios Paris (Moi, moche et méchant, Les Minions, Super Mario Bros), sera présent en tant que parrain. Il aura peut-être de précieux conseils à distiller autour d’une table ronde sur la formation et « rééquilibrer l’arrivée des talents et les besoins des studios ». Car après des années de forte croissance, le secteur traverse « une crise conjoncturelle, pas structurelle », veut rassurer Alexandre Cornu, producteur et président de Sud Anim, association qui regroupe 238 membres des acteurs régionaux de la filière. Rappelons qu’Avignon abrite plusieurs studios (Circus, Chromatik, station animation, etc.) et une école des nouvelles images. Le tout avec un fort soutien des collectivités locales (Région, Département, Grand Avignon).

    Depuis près de deux ans, la production décline alors que le nombre de professionnels formés explose. Quelque 12 000 personnes travaillent dans ce secteur quand, en cinq années, 10 000 personnes ont été ou seront fraîchement diplômés. « Avant, les studios embauchaient avant même la fin des études, 80% des étudiants avaient du boulot 3 mois après la sortie d’étude et 100% à un an, c’est plus compliqué désormais », constate Alexandre Cornu.

    Être plus intelligent que l’IA

    La raison est assez simple : la fin de l’appel d’air post-Covid, où les Netflix et autres Amazon se sont massivement lancés dans la production en tous genres. « La bulle a explosé, on est dans le creux de la vague qu’on n’avait pas vu venir tout de suite », analyse Alexandre Cornu. « L’animation est le format le plus apprécié des spectateurs en salle, c’est un genre qui marche bien », reste positif Loïc Etienne, directeur du studio Circus et vice-président de Sud Anim.

    « Il n’y a pas de saturation du marché, il y a de l’espace pour une reprise car on manque de contenus », abonde Alexandre Cornu, pas « inquiet ». Et ce malgré la place de plus en plus prégnante prise par l’intelligence artificielle. « L’enjeu est que l’IA ne prenne pas le travail aux jeunes mais au contraire qu’elle soit un support pour savoir en jouer », conclut le président de Sud Anim.

  • Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Santé mentale : les élus locaux sont aussi en première ligne

    Il y a un an, lors de son discours de politique générale le Premier ministre d’alors, Michel Barnier, annonçait faire de la santé mentale une grande cause nationale en 2025. Parmi les objectifs, le développement de la prévention ou l’amélioration de l’accès aux soins. Un thème abordé, ce jeudi, lors d’une journée santé mentale et psychiatrie au centre hospitalier de Montfavet (CHM), qui s’adressait aux maires.

    « Vous n’êtes pas seuls », assure le préfet Thierry Suquet, venu ouvrir la journée, en insistant sur la prise en charge des personnes nécessitant des soins sans consentement. « Votre rôle est capital, vous êtes les premiers témoins de certaines situations, votre vigilance permet de déclencher une action rapide et proportionnée », cajole le préfet à l’adresse des maires. En face, le sentiment perçu par les édiles, principalement de petites communes, est tout autre. Ils se disent souvent démunis. « On se sent seuls, il y a des carences sur nos territoires où on n’a pas d’association vers qui se tourner », illustre Frédérique Angeletti, maire de Vaugines, à peine 500 habitants, dans le Luberon. « Une maman doit faire face à son fils jeune majeur qui refuse de se faire soigner, elle est au bord du burn-out », abonde Joëlle Richaud, maire de Saint-Martin-de-la-Brasque (800 habitants).

    Thierry Suquet rappelle « l’attaque au couteau perpétrée par un individu présentant des fragilités mentales », en janvier à Apt. les élus sont parfois des cibles. À l’instar de Pierre Gonzalvez, maire de L’Isle-sur-la-Sorgue, « agressé verbalement dans la rue puis par une lettre de menace par une personne dont j’ai appris, plus tard, qu’elle avait un passé psychiatrique très lourd ». Le président de l’association des maires de Vaucluse réclame une plus grande transparence sur l’état de santé des administrés sans non plus déflorer le secret médical.

    La CGT a échangé avec

    le préfet

    De manière plus globale, le préfet reconnaît « un certain nombre d’insuffisances » qui découlent d’un diagnostic territorial de santé mentale. « Prévenir, soigner, accompagner : ce sont les clés d’une société plus solidaire et plus sûre », revendique Thierry Suquet. Une incantation louable, très loin de la réalité vécue au sein de l’hôpital par bon nombre de salariés. La semaine dernière encore, une grève avait lieu à la Maison d’accueil spécialisée face au nombre insuffisant de personnels et de financements.

    Le syndicat CGT, non invité, a toutefois pu interpeller le préfet à l’issue de son discours. « On a alerté sur le manque de moyens, la sécurisation lors du transfert des détenus, une vraie prise en charge sanitaire et médico-sociale des enfants et des ados et enfin, au sujet des maisons médicales : elles deviennent des enjeux électoraux alors qu’elles doivent rester à la main du ministère de la Santé », résume Claire Moreno, secrétaire CGT des personnels du CHM. Avant vite de filer en manifestation pour exprimer toutes ces doléances (lire page 5).

  • « Aux municipales, je peux être l’alternative au RN »

    « Aux municipales, je peux être l’alternative au RN »

    La Marseillaise : Vous tenez ce vendredi soir l’assemblée générale de votre association politique Avignon Passion, lancée il y a un an. Pour quel bilan et quelles suites ?

    Julien Aubert : On a beaucoup travaillé, avec la volonté de fonctionner hors parti politique. Nous avons été les seuls acteurs à organiser une dizaine de réunions sur toute une série de sujets, réunissant à chaque fois entre 70 et 150 personnes. On a lancé deux enquêtes, l’une sur la circulation, l’autre sur la sécurité. Et puis on a grossi, puisqu’on était une quarantaine contre environ 400 membres aujourd’hui. Maintenant qu’approche l’élection municipale, l’association ne peut pas continuer à fonctionner normalement, donc elle va être mise en sommeil pour les six mois à venir. Désormais, on entre dans une phase plus politique et ce travail préalable de diagnostic de fond servira pour le programme. C’est la bonne manière d’aborder une élection : d’abord le fond des sujets puis les enjeux partisans et enfin les personnes.

    Vous lambinez depuis un an, mais serez-vous candidat ?

    J.A. : La Bible dit « veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure »… Je ne le dirai pas encore, mais j’ai une idée du timing. Les conditions pour être candidat, c’est d’abord d’être en capacité d’amener du changement : le sondage [publié lundi et commandé par LR] montre que oui. Deuxièmement, avoir une équipe, ça, c’est bon. Et, troisièmement, être en capacité de mettre en place une stratégie pour gagner. Ce sondage montre que je suis 2e en cote d’avenir [25%, derrière la RN Anne-Sophie Rigault, 29%], donc en gros 25% des gens ne seraient pas mécontents de m’avoir comme maire. J’ai le double en cote d’avenir par rapport aux intentions de vote, alors que les autres candidats ont le même score pour les deux thèmes. Je tends la main.

    À qui ? Au RN ? Aux macronistes, à Olivier Galzi ?

    J.A. : Cette ville est dirigée par la gauche depuis deux mandats : 60% des gens ne veulent plus entendre parler de l’équipe sortante et vont chercher une alternative. Aujourd’hui, cette alternative, c’est le RN. Si ce n’est pas le RN, a priori, je peux être l’alternative. Je n’ai aucun problème à parler aux électeurs du RN et à prendre leur défense. Ils ont des raisons objectives de ne pas être contents. En revanche, je ne suis pas dans une logique d’union de partis. La question qu’il faut se poser, c’est est-ce qu’on est là pour faire gagner le RN ou Avignon ? Si on est là pour faire gagner Avignon, est-ce que faire gagner le RN fait gagner Avignon ? Je réponds non, car Avignon est une ville de culture. Il y a le festival, et avoir un maire RN aurait plein de conséquences pour l’économie de cette ville. Mon travail sera d’expliquer aux électeurs que ça changera mieux et plus sereinement en passant par un autre vote alternatif que le RN. Olivier Galzi [ex-présentateur TV, pas officiellement candidat] m’a dit qu’il ne se rangerait derrière personne et voulait faire un truc totalement apolitique. Un peu comme Stéphan Fiori [DVD, notre édition de mercredi], qui était à Avignon Passion au début, c’est même lui qui a trouvé le nom. Les Voix d’Avignon [collectif du centre droit] éventuellement. Il y a une colonne vertébrale qui sera à droite, mais on peut très bien accueillir des gens de gauche.