Tag: urbanisme

  • À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    Plus de mixité sociale en mélangeant logements privés et sociaux : tel est l’objectif affiché du projet de renouvellement urbain du quartier prioritaire Alicante – les Plantiers, présenté jeudi soir lors d’une réunion publique organisée au cinéma CGR, à Manosque. « Le projet a démarré en 2018 avec ce qu’on appelle le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), créé pour mener à bien la politique de reconquête de certains espaces publics qui abritaient des populations fragiles qui vivaient très en deçà des seuils de pauvreté, comme c’est le cas sur le quartier Alicante, en déshérence depuis de trop nombreuses années », a expliqué le maire, Camille Galtier, également président de l’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération).

    Deux bâtiments abritant des logements sociaux ont déjà été démolis dans le cadre de ce projet, et un troisième viendra s’ajouter prochainement. Ce dernier, l’Alicante, a pris du retard en raison de la résistance d’un propriétaire qui refuse de vendre son logement au prix proposé par l’agglomération. Le bâtiment devrait être démoli « d’ici quelques semaines », selon le maire, dont le but est de « tout détruire d’ici le mois de janvier ». Il s’est défendu face aux critiques jeudi, avançant que tous les habitants avaient été indemnisés et relogés dans « des logements de meilleure qualité ».

    Une deuxième médiathèque, un hôtel d’entreprises et une maison France Services doivent notamment être implantés dans le futur quartier transformé, qui sera renommé Pompidou. Le projet doit être livré dans sa totalité fin 2030, et la première livraison devrait avoir lieu en juin 2029 avec le CCAS.

  • Régis Martin condamné pour prise illégale d’intérêts

    Régis Martin condamné pour prise illégale d’intérêts

    « Mais quels intérêts avez-vous à vous acharner sur cette parcelle ? », persiste à demander le président. À la barre du tribunal correctionnel, Régis Martin, ancien maire de Saint-Marc-Jaumegarde, comparaît, mardi, dans une nouvelle affaire de prise illégale d’intérêts.

    À l’issue d’une longue après-midi de débats autour d’un dossier complexe, l’ex-édile est condamné à un an de prison aménageable sous bracelet, à 10 000 euros d’amende et à dix ans d’inéligibilité. Une peine inférieure aux réquisitions du procureur, qui avait demandé 18 mois de prison assortis d’un sursis probatoire – « ça me paraît être le minimum », a-t-il souligné – 15 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Les faits reprochés se sont déroulés entre janvier 2018 et décembre 2024. « On est dans tout sauf l’intérêt général », a fustigé le procureur. L’affaire repose sur un dossier particulièrement technique. Alors maire, fonction qu’il occupait depuis 1995, Régis Martin aurait favorisé la requalification de plusieurs hectares classés en zone naturelle en parcelles constructibles. Un signalement transmis par SOS Corruption au parquet a d’abord attiré l’attention des enquêteurs.

    Sur l’une des zones concernées, un adjoint au maire, en poste durant vingt ans et un temps chargé des travaux, possède notamment un sixième d’une copropriété. « Je ne connais pas son intérieur, je ne l’ai jamais reçu, s’est défendu Régis Martin à la barre. Nos relations ont toujours été liées à nos mandats. »

    Le tribunal a relevé plusieurs circonstances aggravantes, parmi lesquelles sa fonction de maire au moment des faits ainsi que plusieurs « avertissements », selon les mots du procureur : une opposition du préfet, un jugement du tribunal administratif de Toulon ayant annulé certaines zones du PLU (plan local d’urbanisme), puis un arrêt de la cour administrative d’appel allant dans le même sens. Le procureur a également dénoncé « l’obstination de l’intéressé qui, chassé par la porte, parvient à revenir par la fenêtre ».

    « Entaché d’irrégularités »

    « C’est une opération dont (Régis Martin) avait entièrement la charge. C’est le maire qui a tout élaboré », a encore estimé le représentant du parquet. Pour le magistrat, de possibles « projets immobiliers » constituaient la toile de fond de cette prise illégale d’intérêts : « Si une parcelle bascule en zone U (zone constructible), alors ça devient plus intéressant ». Saint-Marc-Jaumegarde figure parmi les communes les plus aisées du département.

    Autre élément revenu à plusieurs reprises au cours de l’audience : en juin 2025, une première condamnation avait déjà reconnu l’ancien maire coupable dans un dossier similaire. Il avait alors été condamné à cinq ans d’inéligibilité et à un an de prison avec sursis. L’intéressé ayant fait appel de cette décision, il demeure présumé innocent dans cette affaire.

    À l’issue du jugement rendu ce mardi, Me Julien Pinelli, son avocat, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. « Nous estimons d’une part que ce dossier apparaît entaché d’irrégularités, d’autre part que les éléments figurant à la procédure ne permettent pas de caractériser l’infraction de prise illégale d’intérêts reprochée à mon client », a déclaré l’avocat. L’affaire est donc appelée à se poursuivre devant la cour d’appel.

  • À Montpellier, la friche Chaptal fait monter la colère des voisins

    À Montpellier, la friche Chaptal fait monter la colère des voisins

    À dix minutes de la Comédie, les trois hectares autrefois occupés par la MSA, Groupama et les finances publiques ont été progressivement désertés. Après des mois de squats et de dégradations dénoncés par les voisins, le site s’apprête à changer de visage : un permis d’aménager a été délivré en mars. Les promoteurs Cogedim et Nexity projettent quelque 500 logements dans dix immeubles pouvant atteindre huit étages. S’y ajouteraient un hôtel, une crèche, une salle de sport, un parc de 3 600m² et une esplanade.

    Depuis son balcon du boulevard Renouvier, Delphine Jaoul contemple les anciens bureaux des impôts. Demain, un nouvel immeuble pourrait lui faire face. « On se sent complètement zappés, oubliés », lâche cette architecte, membre d’ACRe, l’Association Chaptal-Renouvier. Créé au printemps, le collectif approche désormais la centaine d’adhérents. À l’origine de cette mobilisation, les nuisances liées à l’abandon du site. « Au début, c’étaient des gens sans logement », raconte Delphine Jaoul. Puis seraient venus les trafics, les agressions et les dégradations. Selon elle, l’ancien bâtiment des impôts a été dépouillé de ses fenêtres, tuyaux et câbles de cuivre, malgré la présence d’amiante. « Ce site n’était pas du tout surveillé », dénonce-t-elle, pointant les risques sanitaires.

    Mais c’est la découverte du projet immobilier qui a fait grandir la colère : « On s’est rendu compte de l’existence du projet par pur hasard », déplore D. Jaoul, regrettant le manque d’information. Depuis, malgré plusieurs réunions publiques et échanges avec la mairie, elle ne constate que « de toutes petites améliorations ». De son côté, la municipalité défend une « opération de renouvellement urbain permettant de créer des logements sans artificialiser de nouveaux terrains ». Son cadre d’aménagement prévoit notamment « 40% de pleine terre, des cheminements piétons et la conservation d’une partie du bâti ». Des garanties insuffisantes pour le collectif, qui dénonce une concertation tardive.

    Une aberration écologique

    L’association conteste surtout la démolition de près de 60% du bâti existant, selon ses estimations. « Je ne peux pas imaginer qu’à l’heure actuelle, on détruise un bâtiment qui soit en bon état », insiste D. Jaoul. Architecte spécialisée dans la réhabilitation, elle dénonce le « coût carbone considérable des démolitions, entre matériaux détruits, déchets produits et nouvelles constructions ». L’abattage de vieux micocouliers, la hauteur des immeubles et les risques d’engorgement du quartier nourrissent également la contestation. Enfin, malgré l’esplanade publique annoncée, ACRe déplore que le futur parc risque d’être réservé aux seuls résidents.

    Les premiers permis de construire pourraient être délivrés dès fin octobre. « Au final, c’est aussi un acte manqué pour la municipalité : il y avait tous les ingrédients pour faire un projet emblématique », regrette l’architecte. À Chaptal, la question n’est plus seulement de bâtir un quartier. Mais de savoir avec qui.

  • Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    De PLU à PLUi ? Dans la jungle des acronymes administratifs, la loi a posé le principe, depuis 2014, que le plan local d’urbanisme propre à chaque commune soit désormais régi à l’échelle intercommunale (PLUi). En clair, que les communes membres de l’Agglomération disposent de règles similaires en matière d’aménagement et d’urbanisation. Aujourd’hui, le Grand Avignon ne dispose d’aucun PLUi et la situation devrait rester inchangée.

    Pourtant, comme nous le précise l’Agglo, « lorsque ce transfert n’est pas déjà intervenu, la loi prévoit qu’il devient effectif le 1er juillet de l’année suivant le renouvellement général des conseils municipaux et communautaires, soit, au regard du calendrier électoral actuel, le 1er juillet 2027 ». Mais les maires peuvent s’y opposer. Pas tous seuls, mais à plusieurs. Deux conditions sont nécessaires pour bloquer l’élaboration du PLUi : « L’opposition doit être exprimée par au moins 25% des communes membres représentant au moins 20% de la population de l’intercommunalité », expose le Grand Avignon. Soit ici, a minima quatre communes totalisant 40 000 habitants.

    Les communes doivent se positionner avant janvier. « Cela ne se fera pas, je ne connais aucune commune qui est favorable », indique Joël Guin. Le maire (DVD) de Vedène et son conseil municipal ont voté à l’unanimité, le 24 septembre dernier, pour s’opposer au transfert de la compétence urbanisme. « Le cadre sera trop rigide et pas assez réactif », juge Joël Guin. Deux jours plus tôt, la commune gardoise de Pujaut avait aussi délibéré en ce sens, alors qu’elle doit adopter son premier propre PLU d’ici à la fin de l’année. « On souhaite garder notre indépendance et avoir la main sur le développement urbanistique de nos villages qui reste particulier à chaque territoire », estime la maire Sandrine Soulier (SE), qui ferraille contre la « loi SRU qui ne peut pas s’appliquer partout ». Pujaut ne compte même pas 2% de logements sociaux et, début 2025, le préfet du Gard avait même pris le stylo à la place du maire pour délivrer la construction de 18 logements sociaux.

    À deux pas de là, Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre, se dit aussi « contre » ce transfert, mais n’a pas encore délibéré. Pas de position arrêtée pour l’heure à Velleron, où « le sujet n’a pas encore été abordé au sein de la majorité », glisse le maire Philippe Armengol (DVG).

    Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli

    Quant à la ville-centre, Avignon, on sait le projet déjà mort-né. « Le quota d’opposition sera là, je me serai posé la question si ma position pouvait faire basculer le choix », répond Olivier Galzi (DVD), maire et aussi président du Grand Avignon. « Cela aurait pu avoir du sens, mais déjà que les maires redoutent d’avoir moins de pouvoir, alors si on leur enlève l’urbanisme, ce serait encore plus compliqué », analyse-t-il.

    L’Agglo se pliera donc aux choix des communes et « arrêtera sa position une fois les communes consultées et leurs orientations connues, en conséquence, aucune démarche d’élaboration d’un PLUi n’est engagée à ce jour », assure la collectivité. Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli, « il y a assez d’autres sujets », importants à traiter. Notons tout de même que le Grand Avignon dispose d’un programme local de l’habitat avec des objectifs partagés de construction de logements. Dont le bilan est famélique, notamment dans la réalisation de logements sociaux qui a atteint, en 2024, seulement un quart de l’objectif.

  • Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    Le conseil municipal de Martigues sollicité pour confier l’urbanisme industriel à l’État

    C’est la pierre angulaire du renouveau industriel du territoire, du moins pour le volet administratif. Le conseil municipal de Martigues, prévu jeudi soir à 17h45, est sollicité pour émettre un avis sur le périmètre concerné par l’Opération d’intérêt national (OIN) sur la commune.

    En l’occurrence, il s’agit de l’emprise du projet de réindustrialisation et de décarbonation Fos-Berre-Provence, principalement établi sur les rives du canal de Caronte et sur toute la plateforme pétrochimique de Lavéra. Concrètement, cela veut dire que si le conseil municipal approuve cette décision, l’État prendrait la main sur les autorisations d’occupation des sols et sur les demandes de permis de construire, en lieu et place de la collectivité. Même chose pour les permis d’aménager, de démolir et pour se prononcer sur les projets soumis à déclaration préalable. Le droit de préemption est aussi transféré à l’État, qui peut décider ou non de zones d’aménagement concerté ou différé, des outils d’urbanisme.

    Des subventions

    Outre ce sujet d’ampleur, le début du conseil sera consacré à l’opération Martigues en couleurs. Trois délibérations sont prévues pour l’attribution des subventions de mise en valeur des devantures commerciales et d’activités, d’embellissement des façades et des paysages de Provence, ainsi que pour la réhabilitation des logements pour l’année 2026.

    Ce dispositif d’aide à la restauration immobilière avait été présenté avec le budget 2026, en mai dernier, et doté d’1,5 million d’euros à cet effet.

  • À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    À Montpellier, Delafosse promet de mieux loger les syndicats

    Non, les syndicats ne sont pas des pestiférés voués à se faire chasser des Bourses du travail comme dans les mairies détenues par l’extrême droite.

    À Montpellier, si l’intersyndicale s’attend à quitter ses locaux d’Antigone (474, allée II de Montmorency) d’ici deux ou trois ans, c’est dans l’idée d’être mieux relogée.

    Lors d’une réunion début septembre, Michaël Delafosse (PS) a commencé à donner vie à l’une de ses promesses de campagne : proposer une maison des syndicats plus moderne. « Notre démocratie a besoin des syndicats pour être pleinement une démocratie sociale. Les syndicats ont besoin de moyens pour assurer la défense, l’accompagnement et le soutien des travailleurs. Leur rôle est indispensable », a indiqué le maire socialiste. Et d’insister sur le volet politique. « À l’inverse, lorsque le RN dirige des communes, il fait le choix de fermer maison des syndicats, Bourse du travail, à l’image de ce qui s’est passé à Carcassonne affaiblissant les moyens de protection des salariés ».

    « La première chose que le maire nous a dite c’est qu’il veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », se souvient Mathieu Guy, présent autour de la table. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche  », salue le membre du bureau de l’Union départementale CGT de l’Hérault.

    Dans l’ancien ou du neuf ?

    Bien entendu, il y a aussi des raisons pratiques à ce choix politique. L’actuelle maison des syndicats conçue par Ricardo Bofill en 1985 dans le cadre du projet Antigone, commence à faire son âge. « Le bâtiment est très vétuste avec un chauffage et une clim’ qui fonctionnent à moitié », décrit Mathieu Guy. « Les services de maintenance galèrent à réparer la chaudière qui tombe régulièrement en rade parce qu’ils ne trouvent plus certaines pièces », illustre-t-il. Durant cet été en partie passé avec une climatisation défectueuse, le cégétiste se souvient que « des salariés ont dû être renvoyés chez eux à cause de la chaleur ».

    Fragile énergétiquement, le bâtiment n’est pas un modèle logistique non plus en dépit de son parking souterrain bien pratique. « On est un peu à l’étroit, il nous manque des bureaux pour loger toutes nos structures », assure Mathieu Guy. Selon lui, l’intersyndicale manque aussi d’espaces de stockage pour les tracts ou ranger l’encombrant matériel de manifestation (sonorisation). « On reçoit des grosses palettes qui n’entrent pas dans les ascenseurs qui ne sont pas des monte-charges. »

    Pour ce qui est du futur lieu, aucune décision n’a encore été prise. « L’idée de M. Delafosse c’est de partir des besoins de chaque syndicat », raconte le cégétiste Mathieu Guy. Voilà pourquoi les services de la Ville visitent actuellement chacune des centrales réparties sur les 6 étages du Carré Montmorency. La Ville prospecte l’existant mais ne ferme pas la porte à un bâtiment neuf.

    « Notre souhait, c’est d’être à proximité des transports en commun, près de la gare et d’avoir des places de parking à proximité », liste Mathieu Guy. Une seule certitude : l’actuelle Bourse du travail ne sera pas rénovée ni reconstruite sur elle-même. « La Ville a un projet immobilier. » À terme, c’est sans doute toute l’allée II de Montmorency qui pourrait être repensée. Michaël Delafosse ayant dans l’idée de mieux relier le quartier Antigone à l’Esplanade.

  • Le bras de fer continue pour la présidence d’Euromed

    Le bras de fer continue pour la présidence d’Euromed

    L’élection de la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon à la tête de l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée, le 25 septembre 2025, ne passe toujours pas pour la municipalité marseillaise. En ouverture du conseil d’administration, ce jeudi après-midi, les représentants de la Ville sont montés d’un cran en réclamant sa mise en retrait conservatoire. En cause, le cumul de sa responsabilité avec sa nouvelle profession d’agent immobilier, lancée en mai dernier comme le révélait alors La Marseillaise (notre édition du 22/05). De quoi alimenter un risque de conflit d’intérêts, selon la municipalité. Celle-ci a donc saisi le préfet, qui à son tour s’est tourné vers la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Face au refus de la présidente de se mettre en retrait de ses responsabilités, les élus municipaux refusent désormais de prendre part aux votes. « En attente d’éléments confirmant la capacité légale de la présidente de concilier activité professionnelle et direction de l’établissement public, nous n’avons pas de garantie nécessaire », explique-t-on dans l’entourage du maire. « J’avais évidemment questionné les services juridiques », répète une nouvelle fois Isabelle Campagnola-Savon, qui dit prendre « toutes les mesures » pour éviter le moindre conflit d’intérêts. Ainsi, elle se refuse à travailler avec les promoteurs, dans le périmètre de l’opération d’intérêt national et ne prend aucune vente dans le tertiaire. « J’ai été élue pour quatre ans, je ne vais pas me dérober, assume-t-elle. Rien ne m’oblige à cette mise en retrait. »

  • Des militants s’opposent au projet de centrale photovoltaïque au conseil municipal d’Oraison

    Des militants s’opposent au projet de centrale photovoltaïque au conseil municipal d’Oraison

    Ils protestaient contre la modification du plan local d’urbanisme votée pour pouvoir construire une centrale photovoltaïque sur la commune. Une partie d’entre eux a dû quitter la salle au début du conseil à la demande du maire (Ren.) Benoît Gauvan, la jauge n’étant pas respectée, alors que des personnes étaient assises par terre ou se tenaient debout. La séance a été suspendue en raison des allées et venues des manifestants, le maire rappelant que le conseil n’est pas « une salle de spectacle ».

  • Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    Nîmes, la ville minérale face à la fournaise

    À Nîmes, l’été semble désormais déborder du calendrier. Après des vagues de chaleur à répétition, septembre a encore fait tomber des records dans le Gard, le thermomètre pointant jusqu’à 38,2°C à Nîmes-Courbessac. Cet été, la ville a dépassé les soixante journées à plus de 35°C. Le 8 septembre, une semaine seulement après la rentrée, les cours ont même été suspendus dans trois lycées nîmois, où certaines salles approchaient les 35°C.

    Un avant-goût de ce avec quoi la cité romaine va devoir composer. Son centre historique très minéral, ses rues étroites et son bâti ancien emmagasinent la chaleur. Et tous ne disposent pas des mêmes armes pour y faire face. Au CHU, les médecins l’ont constaté cet été  : précarités sociale, économique ou médicale aggravent l’exposition. Quand un logement reste à 35°C, fermer les volets ne suffit plus. Travailleurs en cuisine ou dans les commerces, personnes âgées, enfants, habitants de logements mal isolés et même animaux subissent ainsi beaucoup plus durement la fournaise.

    Cet été, la réponse immédiate s’est déjà installée dans le quotidien municipal : registre canicule du CCAS, bâtiments climatisés ouverts comme refuges, carte des îlots de fraîcheur et, en cas de vigilance rouge, gratuité des piscines et musées. Dans les 83 écoles, 2 200 ventilateurs et 1 100 brumisateurs ont été déployés, tandis que la ventilation nocturne est expérimentée.

    Sortir de la gestion de crise

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas : la nouvelle majorité veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78M d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles.

    Symbole de ce changement de cap, la fontaine de la place aux Herbes, seule fontaine d’eau potable de l’Écusson, a été remise en service début août après plusieurs années d’arrêt, désormais avec un système à la demande. En parcourant le centre, les nouveaux élus n’avaient « pas trouvé une seule fontaine, cela nous a vraiment saisis ! », raconte Agnès Charaix-Py, adjointe à la végétalisation et à la renaturation.

    À plus long terme, la municipalité veut bâtir avec des paysagistes et les habitants un vaste plan de végétalisation, en identifiant les rues et places à renaturer. « L’arbre est le meilleur outil », défend l’adjointe, qui assume aussi le retard pris : « On est vraiment en retard comparé à d’autres villes de la même strate. » Brumisateurs sobres en eau inspirés de Grenoble et voiles d’ombrage, comme à Séville, doivent également être expérimentés dès les prochains étés. Le futur parc des anciennes pépinières Pichon, 14,5 hectares au sud du centre-ville, doit enfin constituer, à partir de 2027, un nouveau relais de fraîcheur à l’échelle de la ville.

    Le chantier dépasse donc largement quelques arbres et fontaines. Entre transformation de l’espace public et adaptation du bâti, Nîmes s’engage dans un travail de long terme dont les premiers effets seront scrutés dès les prochains étés.

  • Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    Pierre Jaumain (PS), adjoint à l’urbanisme à Nîmes : « Une révision du PLU est très importante »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre prise de fonction ?

    Pierre Jaumain : J’ai trouvé un service public municipal efficace et à l’écoute de nos nouvelles orientations. Il a fallu quelques mois pour que soit nommé un nouveau directeur général adjoint (DGA) et que nous ayons un mode de fonctionnement optimal. J’ai aussi passé beaucoup de temps avec les équipes de Nîmes Métropole pour veiller à ce que ces équipes se parlent et travaillent bien ensemble en s’appuyant sur le fait majeur qu’elles ont le même élu de référence, ce qui est nouveau.

    Quelles ont été les priorités à lancer à partir d’avril ?

    P.J. : Un état des lieux général d’abord. L’inflexion, ensuite, des dossiers qui n’étaient plus dans nos priorités ou contraires à nos principes, comme sur le projet de parking à la Placette. Mais on ne peut pas tout modifier d’un claquement de doigts car il y a des règles, des réalités juridiques et financières dont on ne peut pas s’extraire avec irresponsabilité. Un des premiers changements majeurs a été de signifier notre volonté de répondre à la crise du logement en impulsant la production de logements sociaux auxquels une grande majorité de Nîmois a droit. Nous essayons par exemple de pousser les porteurs de projets, les promoteurs, à faire du logement social, alors que ce n’était pas prévu initialement. Comme ce n’est pas imposé dans les documents réglementaires, c’est à eux de bien vouloir le faire ou pas. Ils sont aujourd’hui globalement coopératifs. Mais c’est pour cela qu’une révision du PLU est très importante.

    Comment va se dérouler
    cette révision du PLU ?

    P.J. : Nous avons lancé en conseil municipal le 4 juillet une procédure de modification du PLU dont la végétalisation est un des enjeux majeurs. On votera au conseil municipal les décisions de cette modification au mieux au printemps. Nous avons aussi lancé une révision du PLH (Programme Local de l’Habitat) à Nîmes Métropole. Ce sont deux dispositifs-cadres extrêmement importants. Mais aujourd’hui dans le PLU, il n’y a pas grand-chose qui contraigne à la création de logements sociaux. Il y a donc un décalage entre nos intentions politiques et les outils réglementaires qui permettraient d’imposer ces intentions politiques. Pour la révision du PLU, nous avons décidé de concerter très largement donc ça va prendre deux ou trois ans.

    Quels sont les autres grands sujets qui vont vous occuper cette année ?

    P.J. : Se doter d’outils de pilotage et d’anticipation qui manquent cruellement pour maîtriser le foncier, construire des logements et développer cette ville harmonieusement. Nous sommes très mobilisés avec ma collègue Agnès Charraix sur la question du végétal en ville et de la réponse à apporter pour s’adapter au nouveau climat dans lequel nous vivons désormais. Et nous devons continuer à rencontrer l’ensemble des acteurs de l’urbanisme et du logement pour les comprendre, les associer et leur expliquer nos priorités.

    Où en est la rénovation engagée dans les quartiers prioritaires
    de la Ville ?

    P.J. : Beaucoup de choses sont contractualisées et nous sommes tenus de les suivre. Mais il y a des marges de manœuvre que nous allons activer. Je ne cesse de rappeler aux équipes que, même quand on travaille sur des plans, il s’agit toujours de la vie de femmes et d’hommes et que la dimension humaine de notre urbanisme est fondamentale. Je pense notamment que les financements liés aux aménagements ont été trop faibles. Et puis nous sommes déjà très mobilisés pour l’Anru 3 afin que notre territoire bénéficie des financements nécessaires et que soient prises en compte des problématiques nouvelles comme l’accompagnement des copropriétés dégradées. Nous sommes sur le pont sur les dossiers de renouvellement urbain et de politique de la Ville. Notre boussole, c’est la dignité, l’égalité et le respect. Nous avons pris un engagement durant la campagne sur l’égalité de l’ensemble des quartiers de notre commune. Nous le tenons et nous le tiendrons.

    Quel est votre rôle dans la mise en place des « places communes », l’un des axes les plus importants de la campagne de Nîmes en commun ?

    P.J. : C’est un travail collégial de nombreux élus et des services sous la houlette de ma collègue Maya Amer-Moussa. Je prends ma part, notamment dans le repérage foncier des lieux les plus adaptés et de leur intégration urbaine. Cela concerne les quartiers constitués comme ceux en mutation. C’est un travail très enthousiasmant car cela contribue totalement à cet urbanisme à échelle humaine qui est le nôtre. Un urbanisme qui recrée des lieux d’échange et de partage, des lieux de communication et de culture, des lieux de services publics et d’actions associatives, des lieux de citoyenneté.

    Sur ces sujets très techniques, comment parvenez-vous à faire participer la population dans la prise de décision ?

    P.J. : Par le dialogue permanent d’abord avec les corps intermédiaires, les comités de quartiers, les collectifs citoyens, les associations comme par l’information de tous les élus en refusant le fonctionnement cloisonné. Pour la révision du PLU par exemple, nous allons proposer un dispositif qui permette à toutes et tous de comprendre et de proposer des idées dans une dimension d’éducation populaire à laquelle je suis très attaché. Nous allons nous efforcer d’expliquer clairement ce qui est parfois très technique et un peu abscons. Nous souhaitons une large appropriation car nous allons parler de l’avenir de notre territoire et cela concerne tout le monde.